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Commentaires et Cogitations sur l’Évangile de Thomas

Structures Mentales Tome 1

Structures Mentales Tome 2

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Structures Mentales

Tome 3

 

 

 

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Ou connais-toi toi-même

 

 

 

 

 

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Ludovic

 

Point de départ de ce document le 26 décembre 2013

Version 1.2 18 février 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous droits de reproduction ou de diffusion interdits sans l’accord écrit de l’auteur ou ses aillant droits.

Tous droits réservés. Les portions de texte définies comme des extraits d’auteurs conservent leurs copyrights respectifs (voir plus loin).

1.  Table des matières

 

1.      Table des matières. 3

2.      Convention d’écriture. 7

2.1.      Texte courant 7

2.2.      Texte poétique. 7

2.3.      Texte souvenir 7

2.4.      Extrait d’auteurs — Copyright 7

2.5.      Secret 7

2.6.      Notes de bas de page. 8

2.7.      Images — Photos. 8

3.      Introduction. 9

4.      Physique : Le corps. 12

4.1.      Les membres. 15

4.1.1.  La base, les appuis, la connexion. 15

4.1.2.  La posture. 16

4.1.3.  La saisie, l’action. 17

4.2.      Les organes. 19

4.2.1.  Les portes. 19

4.2.2.  Autonomie de croissance. 19

4.3.      Les besoins vitaux. 20

4.3.1.  Besoin et désir 21

4.3.2.  Un système interconnecté. 22

4.4.      Les capteurs. 23

4.4.1.  Dans la salle de bain. 24

4.4.2.  Les capteurs, Le contrôle. 24

4.4.3.  La vue. 26

4.4.4.  L’ouïe. 26

4.4.5.  Le toucher 27

4.4.6.  L’odorat 28

4.4.7.  Le goût 28

4.5.      Le cerveau. 28

4.5.1.  Filtres des sens. 30

4.5.2.  Filtres fonctionnels. 31

4.5.3.  Reconnaître l’autre. 32

5.      Liaison : la symétrie : matrice « 2 et 1 ». 34

5.1.      Associations. 42

5.2.      Dualité et complémentaires. 43

5.3.      La non-dualité. 46

5.4.      Symétrie magnétique. 47

5.5.      Symbole. 48

5.6.      Symétries lumineuses. 49

6.      Réseau : La structure. 52

6.1.      Les rapports du corps. 53

6.2.      Le corps comme outil de mesure. 54

7.      L’environnement 57

7.1.      Force universelle. 57

7.2.      Posture et environnement 59

7.3.      Le cadre limitant 59

7.4.      Sortie hypnotique du cadre. 63

7.5.      Des propositions de modèles. 66

7.5.1.  Modèle de Maslow.. 66

7.5.2.  Modèle de Dilts. 67

7.5.3.  Sociologie. 67

7.5.4.  Épicure. 68

7.5.5.  Machine de Turing, et modèle du monde. 68

7.5.6.  Théorème de Bayes. 69

7.5.7.  Méthode QQOQCCP. 73

8.      L’équilibre. 74

8.1.      La balance. 74

8.2.      L’empreinte. 78

8.3.      Un problème se soulève. 81

8.4.      L’équilibre de l’Humain. 83

9.      La mémoire. 85

9.1.      Le nombre magique sept, plus ou moins deux. 87

9.2.      L’art de la mémoire et temple de mémoire. 87

9.2.1.  Le zodiaque. 90

9.2.2.  Le calendrier 91

9.2.3.  Un supermarché. 94

9.2.4.  Des produits. 96

9.2.5.  Les bibliothèques, et autres étagères. 96

9.2.6.  Des documents. 97

9.2.7.  Les temples de mémoires aux quotidiens. 97

9.2.8.  Le corps. 98

9.3.      L’empreinte : EFT -  Emotional Freedom Technic. 100

9.4.      L’empreinte : PNL – Programmation Neuro - Linguistique. 105

9.5.      Inversion du temple de mémoire. 107

9.6.      Mémoire fractale. 107

10.    Le codage, décodage. 110

10.1.        La matrice « 2 et 1 » : La Symétrie. 110

10.2.        La langue, orale et écrite. 114

10.3.        La boucle. 115

10.4.        Les outils. 118

10.4.1.         Extension du corps. 118

10.4.2.         L’alphabet des outils. 123

10.4.3.         Les travaux de Roger Schank. 123

10.5.        L’alphabet 125

10.5.1.         Genèse de la graphie des lettres. 129

10.5.2.         L’origine ?. 132

10.5.3.         Le pictogramme. 134

10.5.4.         Correspondance, croissance. 136

10.5.5.         Les structures Universelles. 137

10.5.6.         Les Principes. 138

10.5.7.         Le sens de la vie. 142

10.5.8.         Alphabets naturels. 142

10.6.        Le modèle OSI 145

10.6.1.         Expérience du petit monde. 152

10.7.        Notre rapport avec les évènements : QQOCQCP. 154

10.8.        La matrice « 3 + 4 = 7 » : le transfert 157

10.8.1.         Couches Matérielles : bloc de « 3 ». 157

10.8.2.         Couches Hautes : bloc de « 4 ». 158

10.8.3.         Couche Zéro. 160

10.8.4.         Mémoire des lieux. 162

10.8.5.         L’individu. 162

10.9.        La matrice « 3 x 4 = 12 » : Intention – Information - Expression. 164

10.9.1.         Le modèle Dodécalogique. 166

10.9.2.         Les émotions. 168

10.9.3.         Mathématique – quatre opérations. 171

10.9.4.         Émotion et mathématique. 173

10.10.      Rapports entre les matrices « 3 + 4 » et « 3 x 4 ». 174

10.11.      Fusion des matrices « 3 + 4 » et « 3 x 4 ». 177

10.12.      L’interaction des blocs « 3 et 4 » dans les matrices. 181

10.12.1.      Transfert 181

10.12.2.      Intention – Information - Expression. 181

10.13.      La matrice des 5 sens. 183

10.13.1.      La vision. 187

10.13.2.      La gamme musicale. 187

10.14.      La matrice « 3 (5) + 4». 189

10.15.      Exemples de codage. 190

10.15.1.      Triangle de Pythagore. 190

10.15.2.      Les 9 entrées. 191

10.15.3.      La corde à 12 intervalles et treize nœuds. 193

10.15.4.      Un bol, une bouteille, un vase. 194

10.15.5.      Une pièce de monnaie. 195

10.15.6.      L’appui – (la liaison – la prise) - le contact 197

10.15.7.      La boucle active. 199

10.15.8.      Les objets ont-ils une âme ?. 200

10.15.9.      Objets signifiants - étiquettes. 203

10.15.10.   Spirales -  Énergie - boucle. 205

10.15.11.   Principes et formes primaires. 208

10.15.12.   Le système métrique. 213

10.15.13.   Les 12 méridiens réguliers. 214

10.15.14.   Triangle – Carré – Cercle. 218

10.16.      L’alphabet : temple de mémoire. 219

10.16.1.      Universaux linguistiques. 222

10.16.2.      Natural Semantic Metalanguage (NSM) 223

11.    La Projection, l’identification. 225

11.1.        L’automatisme des mécanismes. 229

11.2.        Arche d’alliance. 232

11.3.        Capter l’attention. 236

11.4.        Communiquer avec….. 238

11.4.1.         Alignement avec la source. 238

11.4.2.         Vaudou et Vévé. 247

11.4.3.         Les vœux de Bouddha. 248

11.4.4.         Les 7 bols. 250

11.4.5.         Instruction sur le chemin de la croix. 252

11.4.6.         Les sept dieux du bonheur 254

11.4.7.         Le dès à 6 faces égales 7. 255

11.4.8.         Équation de Drake. 255

11.5.        Architecture et construction humaine. 256

11.5.1.         Géométrie et édifice religieux. 260

11.5.2.         Ordres Architecturaux. 264

11.5.3.         La chambre funéraire Toutankhamon. 267

11.5.4.         Hémicycle Sénat 268

11.6.        Moi au centre du monde. 270

11.7.        Les vices et les vertus. 277

11.7.1.         Les sept arts libéraux. 279

11.8.        Vampiriser les modèles. 280

11.9.        L’homme ordinateur 283

12.    Conclusion. 286

13.    Table des figures. 291

14.    Référence des ouvrages cités ou liens en rapport 295

 

Je n’ai pas de compte à rendre au temps et à l’espace

Je ne suis pas leurs serviteurs

Je vais d’ici et maintenant

Ma place est celle que j’occupe

Je suis[1]

 

 

"Ne croyez rien sur la foi des Traditions alors qu'elles sont en honneur depuis de longues générations et en de nombreux endroits.
Ne croyez pas une chose parce que beaucoup de gens en parlent.
Ne croyez pas ce que vous vous êtes imaginés, vous persuadant qu'un Dieu vous l'a inspiré.
Ne croyez rien sur la seule autorité de vos maîtres ou des prêtres.
Après examen, croyez en ce que vous avez expérimenté vous-même et reconnu raisonnable et conformez-y votre conduite."
Siddharta Gautama, Bouddha

 

2.  Convention d’écriture

2.1.   Texte courant

Le texte courant est écrit en mode justifié avec la police : « Deja vu Sans » en taille 10 :

2.2.   Texte poétique

Des textes poétiques sont placés au fil des pages. Ils sont là pour exprimer certaines choses d’une autre manière ou bien pour rentrer dans une forme d’irrationnel. Ils sont une indication pour le lecteur qui ne doit pas prendre au pied de la lettre ce qui est écrit, mais qu’il doit se laisser aller à ses propres réflexions.

2.3.   Texte souvenir

Des textes basés sur des souvenirs ou des rêves, ils sont des résumés de situations ou de souvenirs qui permettent d’introduire ou de commenter d’une manière romanesque un chapitre. Ils sont parfois adaptés à la lecture du chapitre ou bien laissés en l’état.

2.4.   Extrait d’auteurs — Copyright

Pour illustrer certains chapitres, il a été fait appel à des extraits de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Quelques extraits de livres d’auteurs sont aussi présents dans ce document. L’ensemble de ces ajouts placé dans le cœur du texte est identifié par cette police de caractères et l’usage d’une encre de couleur violette de manière à les différentier sans ambigüité possible du texte principal. Les sources de ces textes sont généralement indiquées sous forme de notes de bas de page[2].  Lorsque ces ajouts sont placés en bas de page j’utilise la police suivante : « Ce document », Ils sont alors précédés de l’URL du site en ligne.

Tous les droits d’auteurs associés à ces portions restent la propriété intellectuelle de leurs auteurs respectifs et conservent leurs logiques de droits de diffusions et de copies d’origines. Les URL placées en bas de page permettent de retrouver le document d’origine ainsi que leurs auteurs. Les droits de reproduction de ces parties sont conservés tels que définis par leurs auteurs respectifs. Ces insertions sont considérées comme étant des informations permettant d’illustrer notre propos ou bien le rendre plus fluide. En aucun cas le texte de fond qui fait l’objet de ce document ne peut être considéré comme un travail dérivé de ces portions de texte qui ne sont là que pour illustrer le propos principal et aider le lecteur à situer certaines connaissances du domaine public dans un mode de type dictionnaire encyclopédique. Logiquement tous ces extraits sont utilisables en regard de leurs copyrights respectifs, cependant, il est possible que certains textes soient soumis à des droits d’usages restrictifs qui nous auraient échappés. Nous nous en excusons par avance et rectifierons le problème lors d'une nouvelle édition sur simple demande. Concernant le copyright appliqué à l’ensemble du texte principal, il est soumis aux dispositions légales internationales en vigueur concernant les droits d’auteurs[3].

2.5.   Secret

Certains secrets de guérisseurs sont transcrits dans ce document pour illustrer notre propos. Ils sont centrés de la même manière que les portions poétiques du texte.

2.6.   Notes de bas de page

Ce document exploite un ensemble de 15 tomes de notes collectées entre mai 2008 et 2014, et quelques livres de synthèse, Structures mentales Tome 1 et 2, soit plus de 3000 pages numériques au format A4. Pour faciliter la lecture du document, un remaniement a été réalisé et les notes n’ont plus l’ordre chronologique d’origine. De plus, seules les notes couvrant le thème de cet ouvrage ont été utilisées. Pour un usage futur, des notes en bas de page indiquent le numéro du tome, le nom du chapitre d’origine et la date de rédaction.

2.7.   Images — Photos

La majorité des médias de type photos ou dessins utilisés dans ce document ont été produits de manière personnelle, ou bien collectés pour enrichir le texte sur des sites libres comme Wikipédia. Une attention particulière concernant les droits d’auteurs des documents collectés a été réalisée, et des liens web de renvoi aux sites d’origines sont mis en bas de page, pour obtenir un visuel de meilleure qualité. Cependant, il est possible que certains visuels soient soumis à des droits d’usage restrictif, qui nous auraient échappés. Nous nous en excusons par avance, et rectifierons le problème lors d'une nouvelle édition sur simple demande.

Des images avec une ombre sont utilisées, pour faciliter la mise en page du document, et apporter une certaine dimension au propos du texte. Elles n’ont pas de commentaires associés.

 

 

 

 

3.  Introduction

Ce nouvel essai, d’analyse des structures mentales, est une synthèse des propos, et cogitations accumulés dans les deux ouvrages précédents, qui font référence à un ensemble de journaux rédigés depuis quelques décennies. Le temps faisant son office, ma structure interne a trié l’ensemble des informations précédemment captées, et tout ceci a maturé. Il en ressort, à travers des lectures, des rencontres, des discutions, des idées, des pensées, des cogitations, des prises de conscience diverses, que le corps est la clef directe d’un nombre important de pratiques et de réalisations. Cet ouvrage va essayer, à travers des exemples, de démontrer que la plupart de nos pratiques physiques ou psychiques sont en lien direct avec notre corps, sa géométrie, ses capteurs, ses besoins vitaux et ses représentations. Notre corps physique s’inscrivant dans un Univers, il y a une interaction permanente entre sa structure, et la structure de l’Univers, les deux étant liées de manière très intime à l’image d’une bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Je cherche à montrer dans ce document les liens existant entre l’esprit et la matière, et les règles qui sous-tendent ces interactions à travers des structures fonctionnelles. Différentes cogitations et analyses devraient permettre de faire prendre conscience que les réalisations humaines sont en grande partie des projections de structures fonctionnelles, basées sur des modélisations de nos propres structures physiques. Au-delà de cette relation corps / Univers, je désire montrer qu’il existe en nous un système d’adaptation au milieu, qui n’est pas lié au milieu lui-même, mais est d’une autre nature, hors du temps et de l’espace, et qui semble nous circonscrire. Le corps humain ne serait qu’une des réponses possibles de ce système structurant, pour exister de chair et d’esprit dans cet Univers. Une fois, la présence du système créateur découvert, et décortiqué, j’essayerais d’en montrer diverses projections à travers ce que nous sommes ou pensons être. Les projections de ce système structurant se matérialisent sous la forme d’incarnations diverses, qui forment les limites fonctionnelles dans lesquelles nous nous trouvons inclus, et en relation de fait. Nous commettons alors l’erreur de croire que nous sommes cette représentation, alors qu’elle pourrait être toute autre. Nous nous séparons alors du système créateur, pour devenir une créature incarnée, bien qu’en réalité nous sommes de base le système, qui s’exprime à travers les possibilités, qui lui sont offertes ici et maintenant, ou qu’il a déjà mis en place dans un autre niveau. Il apparait, alors, un mécanisme de type fractal, où la projection utilise la projection pour se construire, réitérant des principes communs, ce qui forme des boucles de rétroaction emboitées à l’infinie à l’image des univers fractals[4].

 

File:Solkoch.jpg

Fractale[5]

 

Ce préambule pose le postulat que le Tout appréhendé par les sens est lui aussi une projection de ce système créateur de sa plus infime partie à sa totalité. Chaque élément qui forme le Tout étant lui-même ce système créateur à l’image d’une simple fourchette, qui à son niveau est à la fois la chose et la fonction. Le mot « Tout » étant ici une étiquette pointant sur une chose virtuelle, car un « Tout » présente pour la Raison (automatiquement) des limites, qu’un système fractal ne possède pas. Un système fractal est à l’image de la roue du hamster, qui emmène l’animal où il croit aller, aussi longtemps qu’il désire avancer sur ce support, sans finalement aller nulle part, tout en allant vers son désir. Une simple illusion, mise en marche par un désir, lié à un système, qui lui fait croire par une rétroaction, que cela est. Cet outil rétroactif, qu’est le système, devient le vecteur du désir du système, qui est aussi le système, le système s’utilise lui-même, dans son propre système, pour être système, un mouvement apparait alors doté d’une certaine autonomie. Quelle que soit la direction, le sens vers lequel se dirige le système, il le fait alors en fonction de lui-même, et à travers lui-même dans toutes les directions de lui-même.

Dans notre quotidien la fractale Vie n’est pas fixe et répétitive dans son motif, mais elle est une sorte de principe, qui va s’appliquer à un environnement, ce qui veut dire, que ce n’est pas le contenu de la projection qui nous intéresse, mais son enveloppe, et au-delà l’essence qui l’anime. À l’image de l’équation d’une droite[6], qui nous permet d’envisager l’ensemble des droites pouvant être tiré dans un espace à X dimensions. Ces droites auront toutes une position, et une trajectoire différentes, mais elles seront mues par une logique unique : ce qui est formulé dans le plan par l’équation ax+by+c=0. Ce qui nous intéresse ici, c’est la logique unique s’appliquant de mille et une manières, toujours différentes, mais pourtant identique en essence (l’équation). Dans le cas de l’humain, ce qui nous lie dans un premier temps avec l’Univers, c’est la structure si particulière de notre Corps, et de ses Capteurs qui modélisent nos Actions. Nous sommes une sorte d’équation vivante, et les paramètres, qui vont venir jouer avec ce modèle en mouvement, sont d’autres structures en relation avec nous à travers nos rapports aux choses. Pour l’ensemble des organismes vivants, c’est le principe de l’association Corps, Capteurs, Actions. Pour la matière, c'est la logique atomique, et sa chimie, etc. Le modèle utilisé par le système structurant étant présent dans toutes ses parties, détailler une partie, c’est reconnaitre par analogie le modèle, le plus simple est donc de s’attarder sur des choses faciles à capter, et qui nous sont familières. Il nous parait plus simple d’analyser le connu que d’essayer d’élaborer de nouvelles théories. Dans les chapitres qui vont suivre, nous allons donc décrire des choses simples, et énoncer des évidences, des choses quotidiennes, des choses tellement basiques, qu’elles sont devenues des automatismes, des réflexes, des zones de non-réflexions, des actions inconscientes… 

Nous allons nous attarder sur des évidences physiques, qui nous définissent en tant qu’humains. Nous allons nous attarder sur des choses tellement visibles, qu’elles sont devenues invisibles…

 

Attention, les descriptions et commentaires, qui vont suivre, n’ont rien de scientifique, ils ne sont pas forcément exacts, ils peuvent même être d’une certaine manière irrationnels, ce sont juste des réflexions, qui ont pour but de poser des principes, et d’éveiller des réactions diverses. Des annotations en bas de pages renvoient à des liens vers l’encyclopédie libre en ligne Wikipédia, et d’autres sites de références, pour ceux qui voudraient creuser certains sujets. Certains passages proposent des équations, qui finalement ne sont là que pour faire comprendre que certains sujets peuvent être complexes, si on les regarde par un certain côté de la lorgnette, alors que sous un autre angle de vision, cela coule de source.

 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/05/Sierpinski_triangle_evolution.svg/500px-Sierpinski_triangle_evolution.svg.png

Sierpinski Triangle[7]

 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Sierpinski_triangle_%28blue%29.jpg

 

 

 

Le savoir-faire.

Le savoir-faire, je le cherche pour querir ce savoir.

Le savoir-faire, je le demande pour souhaiter ce savoir.

Le savoir-faire, je cogne aux  portes pour trouver à savoir.

Le savoir-faire il faut simplement le faire, pour l’avoir.

 

 

4.  Physique : Le corps

Le corps est un peu comme la fourchette évoqué dans un chapitre précédent, à savoir : qu’il est à la fois l’outil, et la chose, qui utilise l’outil, mais au profit de l’outil lui-même.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/Vue_ant%C3%A9rieure_de_humain_de_sexe_f%C3%A9minin_et_masculin.jpg

Figure 1 : Le modèle de base, le corps humain[8]

On débat dans beaucoup d’ouvrage et de lieux, pour savoir s’il existe en nous une source d’information innée[9], qui nous serait transmisse sans apprentissage, une connaissance cachée on ne sait où, peut-être dans le cœur, où bien ailleurs. On parle, d’instinct, des traits qui dépendent du patrimoine héréditaire de l'espèce, etc. Mais y a-t-il en nous une connaissance d’ordre divine, qui attend que nous venions la chercher ? Une porte d’accès, vers une connaissance universelle ?

 

Je n’attends pas d’une fourchette qu’elle s’ouvre en deux, et affiche soudainement un mode d’emploi. L’outil fourchette est à la fois outil, et mode d’emploi. Le corps humain est déjà dans sa forme quelque chose d’inné ; les différents mécanismes, qui nous permettent d’honorer nos besoins vitaux, qui sont eux aussi innés. Les différents sens, dont je dispose pour capter l’information, qui m’entoure, sont innés, personne ne m’a appris à entendre, ou à voir les couleurs. Même si l’enfant doit apprendre à tenir sa fourchette, cet apprentissage tombe sous le coup de l’inné, car cet apprentissage va simplement lui faire découvrir le bon usage de l’outil, et ce bon usage est inné. Il n’y a pas d'invention ici,[10] mais simplement découverte[11] (ouvrir la fourchette), découverte d’un potentiel déjà présent en nous, et qui nous permet d’utiliser cet outil. Le chercheur recherche la connaissance des secrets de l’univers, l’ingénieur utilise ces découvertes, pour inventer de nouveaux outils. On ne peut pas inventer avant d’avoir trouvé un ensemble de méthodes, qui va servir de base à l’invention. Le corps humain n’est pas quelque chose que nous pouvons modifier à notre convenance ; nous pouvons l’entretenir, le bonifié, le négligé, mais sa forme, et ses fonctions, sont quelque chose de déjà fini, qui nous est donné avec la naissance (con-naissance). Ce corps dont nous disposons, ainsi que les différents mécanismes associés lui permettent de s’auto maintenir, et sont de l’ordre de l’inné. Le corps et ses mécanismes sont de fait une connaissance, une connaissance que nous allons exploiter à tous les niveaux, car nous n’avons pas le choix de faire autrement. De plus cette connaissance est universelle, car elle touche tous les êtres humains, et elle est le canal de communication, qui est utilisé continuellement.  Cette connaissance peut être mise en Symétrie avec le reste de la création, et l’ensemble de nos besoins, et c’est ce que nous faisons continuellement. Cette connaissance est utile, et suffisante, pour nous amener là, où nous sommes aujourd’hui, et où nous serons demain. Tout notre savoir vient de cette connaissance, et savoir plus c’est simplement mieux comprendre, et utiliser cette connaissance. Un aveugle n’accède pas à la vision, et un sourd n’entend pas, ils font cependant avec leurs connaissances innées, et déploie leurs vies à travers elle. Si j’utilise un capteur infrarouge alors j’acquière de la connaissance, et je vois plus d’informations, et je peux comprendre encore plus. Cette connaissance est le divin, qui s’exprime directement à travers ma chair, ma structure, et leurs différents mécanismes associés.

 

6 Jésus lui dit: «C'est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. On ne vient au Père qu'en passant par moi. (Jean 14 :6)

 

Le corps et ses fonctions sont déjà une forme de mémoire basique, qui va s’activer, et s’adapter à son environnement. Cette adaptation va permettre de construire la mémoire que nous connaissons, celle de nos souvenirs que nous pouvons invoquer. La mémoire n’est pas quelque chose de fixe et d’invariable, mais s’adapte, et se reconstruit en permanence en fonction du nombre d’éléments invoquer. Le corps, et ses modes de fonctionnement nous imposent les méthodes de réalisations de l’ensemble de nos actions. Je ne plante pas un clou avec la tête, je ne mange pas avec mon nez, je ne respire pas de l’eau, etc. L’ensemble des rapports, que j’entretiens avec mon environnement, à travers mon corps est en dernière instance inné. Je suis soumis à la forme de mon corps, je suis soumis à l’ensemble des mécanismes, qui permettent sa survie, je suis soumis aux lois qui régissent mon environnement, et cette soumission est innée. Je suis moi-même la connaissance, qui va me permettre d’évoluer, et d’évaluer les choses par différent type de Symétrie, durant l’ensemble de ma Vie.

Il suffit de regarder autour de soi, pour constater que l'ensemble des constructions humaines est conçu pour, et par l’humain, et a ceci de commun, que d’êtres en rapport avec lui ! Le corps possède des caractéristiques, qui impactent de manières directes toutes nos productions. On imagine mal une porte d’entrée tellement petite que notre corps ne pourrait y passer, ou inversement tellement grande que nous n’aurions pas la force de tourner la poigné. La poignée de porte existe uniquement parce que nous avons des mains. Que serait le système de blocage utilisé sur nos portes sans nos mains, qui en actionne le mécanisme ? Détailler les éléments constitutifs de notre corps, c’est mettre en forme la structure qui nous soutient, et qui par osmose se projette dans l’ensemble de nos productions. Cette structure du corps, et de ses fonctions, a plusieurs axes d’analyses, mais c’est en premier lieu un ensemble, qui présente une certaine géométrie. Le corps est constitué d’une structure Symétrique passant par sa verticale. Dans la nature, rien n’est réellement Symétrique, rien n’est tout à fait identique, et pourtant tout est semblable… Mais, force est de constater que notre structure est basée sur une Symétrie, et que l’ensemble de nos parties physiques est doublé.

 

 

 

Figure 2 : Corps reconstruit simplement à partie de sa moitié gauche mise en miroir.

 

Cette Symétrie du corps nous permet d’avoir un certain choix lors de nos actions. L’humain possède un sens, il est comme une bouteille avec le goulot en haut, c'est-à-dire que cette structure géométrique est ordonnée, et que cette Symétrie s’inscrit à la fois verticalement et horizontalement. Tous nos membres sont dirigés vers le bas. C’est la gravité terrestre, qui nous impose un contact avec le sol, ou plus simplement nous sommes en permanence attirées vers le bas, ce qui nous impose une stratégie d’équilibre. Commençons donc par décrire rapidement les fonctions de bases de cet outil, qui à l’image d’un ordinateur, ou d’une machine dispose d’une panoplie de solutions directement utilisables, pour résoudre différents problèmes. Il est comme préprogrammé, et cette programmation donne naissance à l’ensemble de nos actes les plus complexes.

Le corps possède des parties appelées des membres[12], qui forment la partie visible du corps en interaction avec l’extérieur. Les ramifications de la partie centrale sont les bras, les mains, les jambes, les pieds, la tête, le cou, et les parties dites sexuelles. Les mains, et les pieds se terminent par 5 doigts, la tête accueille les principaux capteurs.  Le corps est recouvert de peau, qui cache le système musculaire, qui permet le mouvement des membres. Les muscles sont attachés à un squelette, qui conditionne en partie la forme de la structure.

 

Un ensemble d’organes, situé à l’intérieur du corps, au niveau du tronc, assurent la transformation des éléments nécessaires aux maintiens, et à la croissance du corps. Plusieurs systèmes cohabitent, et sont en relation avec les quatre besoins vitaux de base.

 

Un ensemble de capteurs positionné en interaction entre l’extérieur et l’intérieur nous permet de prendre connaissance de l’information, qui nous entoure, et produit notre perception. La plupart des capteurs sont situés au niveau de la tête, et les autres sont réparties sur la peau, qui entoure le corps.

 

La tête contient le cerveau, qui administre l’ensemble par un réseau de nerfs.

 

Ce document n’est pas un ouvrage d’anatomie, et les chapitres qui vont suivent, non pas pour objectif de détailler l’ensemble des parties du corps humain, avec ses différents mécanismes. L’idée de cet ouvrage est simplement de faire prendre conscience que le corps, et ses mécanismes sont une connaissance, qui va se retrouver directement, ou métaphoriquement dans l’ensemble de nos pratiques. Les informations contenues dans ce texte sont donc fournies dans une logique d’éveil aux raisons simples, qui nous poussent à avoir certaines pratiques, plutôt que d’autres. L’éveil à la reconnaissance de ces pratiques, liées à cette connaissance, étant un moyen d’appréhender les événements de la vie quotidienne, sous un jour nouveau. Savoir avec plus de précision, ce qui dirige une action, permet d’optimiser sa relation au monde.

4.1.   Les membres

Les membres principaux sont les pieds en contact avec le sol, et les mains en contact avec ce qui nous entoure.

4.1.1.  La base, les appuis, la connexion

Les pieds sont en contact semi-permanent avec le sol. Leurs rôles sont de nous permettre d’avoir une surface de contact suffisante avec le sol pour tenir debout. Les pieds sont reliés au tronc par l’intermédiaire d’articulations qui forment les jambes. Les jambes nous permettent de nous déplacer d’un endroit vers un autre. C’est donc tout naturellement que le pied, qui permet le déplacement, soit choisi comme unité de mesure des distances dans différents endroits du globe, sous l’antiquité. Le bas du corps est relié au sol, et permet d’en parcourir la surface. Au quotidien, le bas du corps, des pieds aux anches, constitue la zone de nos appuis forcés avec le sol, avec la terre. Cette zone de contact permanente définit une notion de Place, qui doit être occupée par nous, et qui est en compétition avec le reste de la création. Tout élément physique possède sa Place, qui n’est pas partageable, et est en contact avec le sol d’une manière ou d’une autre, nous sommes tous « mis à la Terre ». Nos appuis définissent la place de notre Être dans l’ensemble, à l’image d’un pion sur un jeu d’échecs. Dans un ouvrage précédent, une large place avait été donnée à la force de gravité, qui nous force à être en contact quasi permanent avec la Terre. Je pense qu'il est utile de rappeler ici : que la force de gravité[13] ou pesanteur nous impose une Posture, qui lors de nos déplacements implique une notion forte d’équilibres internes. Nous devons, avec l’aide de nos appuis, maintenir en permanence un jeu d’équilibre, qui peut être assimilé à une Symétrie de force, pour éviter un déséquilibre, et donc une chute. Notre corps a en permanence une logique de centre de gravité[14] actif, qui lui permet de se mouvoir par rapport aux autres structures. Le corps évolue sur la Terre, qui est une sphère, son équilibre est alors tangent à la surface de cette sphère, et il forme un angle droit par apport à la droite, qui va du centre de la Terre à son centre de gravité, quelle que soit la place qu’il occupe sur la sphère.

Les jambes forment une sorte de compas entre elles, ce qui permet au corps des mouvements divers, s’inscrivant sur des disques virtuels. 

 

Figure 3 : L'homme perpendiculaire

4.1.2.  La posture

Notre Être s'inscrit dans la gestion permanente d'un rapport, entre notre Posture[15], et la Place que nous occupons. Ce rapport est directement lié, à ce qu’il est censé représenter, pour notre imaginaire, et celui des autres.

 

Voici quelques extraits de texte, traitant de la Posture, tirés de Wikipédia :

 

« On sait que l'homme debout au repos se stabilise dans son environnement en utilisant les informations sur sa position dans cet environnement qui lui sont fournies par l'œil, l'oreille interne et le pied, les trois “exo-entrées” du système et jusqu'à présent nous n'en connaissons pas d'autre. Seuls des organes sensitifs et sensoriels en rapport avec l'environnement peuvent permettre la stabilisation précise de l'homme dans son environnement. Mais l'œil tourne dans l'orbite alors que le vestibule est bloqué dans le massif pétreux. Les informations de position fournies par la vue ne peuvent donc pas être comparées aux informations de position fournies par l'oreille interne si la position de l'œil dans l'orbite n'est pas connue du système postural. L'oculomotricité qui donne cette information est donc une entrée nécessaire du système postural bien qu'elle n'ait aucune relation directe avec le monde extérieur; c'est une “endo-entrée” du système postural. Le même raisonnement s'applique au rachis, en particulier à ses deux parties les plus mobiles, cervicale et lombaire, ainsi qu'aux articulations des membres inférieurs qui donnent la position de “l'exo-capteur plantaire” par rapport aux “exo-capteurs” céphaliques. L'information proprioceptive de tout l'axe corporel est donc aussi une “endo-entrée” du système postural, bien qu'elle n'ait aucune relation directe avec le monde extérieur. La simple énumération de ces informations multimodalitaires laisse entrevoir le nombre considérable d'intégrations que le système nerveux doit réaliser pour déterminer sa commande posturale et il doit les réaliser en temps réel sinon l'homme debout vacille. Il n'est donc pas absurde d'émettre l'hypothèse que cette interaction sensorielle puisse par elle-même faire problème. Tout médecin a rencontré de ces malades, qui se plaignent d'avoir du mal à tenir debout, soit qu'ils titubent, soit qu'ils souffrent dans cette posture, alors qu'un examen soigneux oto-neurologique, neurologique, ophtalmologique, etc., ne décèle rien d'anormal, tous leurs capteurs sont “bons” et pourtant ils ont du mal à tenir debout. On peut nier les problèmes de ces malades... mais on peut aussi penser que leurs problèmes, s'ils ne sont pas au niveau des capteurs, sont ailleurs, au niveau de l'intégration sensorielle. On peut remarquer par ailleurs que l'efficacité posturale du signal rétinien est logiquement liée à une intégration sensorielle. De soi en effet la signification posturale du glissement rétinien est strictement ambiguë, ce glissement peut être provoqué par un mouvement du corps, mais aussi par un mouvement de l'environnement ou par un mouvement de l'œil. La signification posturale du signal rétinien doit donc être décryptée par sa comparaison aux signaux venus des autres exo-capteurs – vestibulaires et plantaires – en tenant compte des données oculomotrices et proprioceptives. Sans cette intégration sensorielle, le signal rétinien n'a aucune valeur posturale. Le même raisonnement vaut pour les autres exo-entrées du système. Aucune exo-entrée du système ne fournit une information posturale suffisante à elle seule.

La “sortie” du système postural est le maintien de la ligne de gravité au voisinage d'une position d'équilibre, c’est-à-dire la stabilisation de l'homme debout au repos. [16] »

« Il faut se souvenir que la régulation posturale est donc essentiellement automatique, soutenue par notre cerveau “primitif”, essentiellement le système limbique. Elle reste cependant l'une des dernières acquisitions fonctionnelles de notre espèce, bien moins mature que les grandes fonctions telles que la respiration, ou la circulation, et surtout elle n'est pas supportée par tel ou tel organe spécifique, mais par une organisation complexe de relation entre diverses structures. La fonction de verticalité chez l'homme est donc bien fragile, expliquant ainsi la fréquence de ses dysfonctions. L'homme moderne naît d'ailleurs avec un système postural immature! [17] » 

4.1.3.  La saisie, l’action

Les mains, situées dans la partie médiane du corps, sont les membres, qui nous permettent de capter les éléments extérieurs à notre structure, et d’intervenir sur les différentes parties du corps lui-même, pour effectuer diverses opérations. Les mains permettent la saisie, la captation. Si les pieds restent fixes, alors une zone de captation (d’action) est de fait définie par la structure articulée des bras, qui rattachent les mains au tronc. Les bras forment des sortes de compas avec le tronc, ce qui permet au corps des mouvements divers, qui s’inscrivent sur des disques. 

 

Les mains permettent de saisir, et donc de capter, de prendre, elles sont en rapport avec notre Avoir, et c’est elle, qui nous aide à porter la nourriture à la bouche, qui elle aussi permet la saisie par intégration.

Dans notre culture, il est de bon ton d’être droitier, et très peu de personnes sont ambidextres[18] de manière naturelle. Ce point de détail, qui se répète pour l’ensemble de nos membres et organes, montre que la Symétrie qui nous habite, même si elle parait physiquement identique, est en réalité liée à une « préférence », une logique de choix, basé sur une performance inégale de la Symétrie, ou bien notre culture.

 

Les mains nous permettent aussi d’augmenter les capacités d’actions de la structure corps, en lui offrant une possibilité d’extension avec d’autres formes, qui peuvent être rendues captive, et que l’on appelle généralement des outils[19].

  

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/18/Klopfholz_mit_Beiteln.jpg/640px-Klopfholz_mit_Beiteln.jpg

Figure 4 : Un maillet et des ciseaux à bois[20]

 

Les outils de base sont des formes particulières, qui contiennent en elle-même à la fois la forme, et la fonction de la forme. Un outil de base ne nécessite pas d’autre énergie que celle apportée, par la « structure corps ». L'outil est directement utilisable, car en relation directe avec son usage, il est en général constitué de deux parties : une partie en connexion avec le corps présentant une Symétrie avec la main, et une partie en connexion avec le travail à effectuer, avec lequel il présente aussi une Symétrie (noté <->). C’est deux Symétries réalisent une intercession entre le corps, et une Symétrie en contact avec l’autre structure. Les outils, et leurs rapports avec le corps, et ses mécanismes, seront traités, plus en détail, dans un autre chapitre.

 

Main <-> Ciseaux à bois <-> Bois

Esprit (intention) <-> (Main <-> ciseaux à bois <-> bois) <-> Réalisation

4.2.   Les organes

Les organes servent essentiellement à construire des systèmes de gestions, en rapport avec les besoins vitaux de l’organisme. Un ouvrage précédent[21] est consacré aux besoins vitaux, qui sont principalement liés au corps, et que l’humain doit honorer pour lui permettre de survivre. Pour des raisons de cohérence, un simple résumé est réalisé ici, mais nous renvoyons le lecteur à la lecture de cet autre ouvrage, pour une meilleure compréhension de nos propos, et la présentation d’exemples concrets.

4.2.1.  Les portes

Le corps possède des portes d’entrées et de sorties, qui lui permettent une circulation d’éléments entre son intérieur, et son extérieur. Ces différentes portes correspondent à des ouvertures, pour inspirer, et expirer des éléments, qui sont intégrés par les mécanismes internes du corps. Ces ouvertures permettent d’honorer les besoins vitaux, largement détaillés, dans les autres ouvrages de cette série. La peau est un organe, qui permet la sudation, elle est donc aussi une porte. Certaines de ces portes sont closes, comme les yeux, ou les oreilles, mais elles permettent de capter une information.

4.2.2.  Autonomie de croissance

Le corps est une structure auto construite, à partir d’une simple cellule[22] appelée Ovule,  sa forme est très différente du corps usuel, elle assure sa création, et sa survie par duplications différentiées. La structure du corps est parfaitement adaptée à son milieu, dont elle est issue, une relation étroite relie cette structure à son environnement. Cette relation est en grande partie liée aux impératifs de construction, et de maintien de cette structure. Le corps est avant tout ordonné pour permettre à la structure de s’auto alimenter à partir d’autres structures compatibles. Les cellules se dupliquent à travers un processus intégrant une logique de Symétrie des doubles brins de ses molécules d’ADN[23], qui contiennent le code génétique.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7f/R%C3%A9plicationdelADN.png

Figure 5 : Réplication de l'ADN semi-conservative.[24]

 

L’ensemble de l’ADN est codé avec quatre éléments formant deux paires uniques.

 

« Il y a deux liaisons hydrogène entre une adénine (A) et une thymine (T), et trois liaisons hydrogène entre une guanine (G) et une cytosine (C). En face d'une adénine, il y a toujours une thymine ; en face d'une guanine, il y a toujours une cytosine. On a donc les interactions possibles suivantes : »

 

A-T et T-A

G-C et C-G

4.3.   Les besoins vitaux 

De nombreux auteurs depuis l’antiquité, et certainement bien avant, ont cherchés quel était les besoins indispensables à l’être humain, pour assurer sa survie dans son milieux. Vous pouvez vous-même faire cette recherche à partir de votre vécu. Rapidement vous aller trouver les besoins essentiel à votre survie, car ils sont évidents. Si vous ne trouvez pas tout de suite, ce qui serait étonnant, ils se présenteront simplement à vous au court de la journée, car ils s’imposent à nous et nous soumettent en permanence.  Certains sont tellement nécessaires à la vie qu’ils sont intégrés  à nous et fonctionnent de manière automatique. Je pense à la respiration et au battement de mon cœur. Si les battements de mon cœur sont un besoin vital, pour maintenir mon corps en vie, cependant ils n’ont pas besoin d’être assurés, comme manger ou boire. Mon cerveau fonctionne tout seul, ainsi qu’un nombre important d’organes. Les besoins vitaux dont nous parlons ici sont les besoins d’apports ou de pratiques, dont le corps a besoins pour assurer son fonctionnement. Dans un premier temps sont fonctionnement interne et dans un second temps sont interaction avec son environnement, physique, social et personnel. Pour nous les besoins vitaux premier sont au nombre de quatre, à savoir : se nourrir, s’hydrater, s’oxygéner, être conscient.

 

Ces besoins vitaux s’inscrivent dans différentes logiques de Symétrie nécessaires à leur déploiement. Pour rappel, l’être humain, qui se déploie de la première cellule à ici et maintenant, se doit d’apporter au corps, pour sa survie, un ensemble d’éléments. Il y a aussi des besoins vitaux, qui concernent la survie de l’espèce, et de la lignée, c’est le besoin de reproduction, mais qui n’est pas vital pour l’individu seul. Chacun de ses besoins vitaux est inscrit dans une Symétrie, qui trouve son expression dans une cyclicité physique, une cyclicité qui débute par une inspiration, et est suivi d'une expiration, ce qui génère métaphoriquement des dualités fortes au niveau de l’esprit. L’ensemble de nos actions basé sur des désirs est métaphoriquement transposable à ces besoins vitaux.

 

 

Besoin vital

 

 

État 1

Inspire

 

 

État 2

Expire

Se nourrir

manger

déféquer

S’hydrater

boire

uriner

S’oxygéner

inspirer

expirer

Être conscient

veiller

dormir

 

L’analyse d’une action va pouvoir se réduire en « dernier lieu » à des actes simple et fondamentaux comme avoir, ou être, ou faire… ou métaphoriquement à une addition, ou soustraction, en rapport avec le corps. Si on réduit à trois couches les rapports possibles de l’individu avec son environnement, nous avons une grille de douze cases, qui apparait, et nous montre une dodecalogie, qui permet de décoder l’ensemble de nos actions.

 

Mental

 

 

 

 

Émotionnel

 

 

 

 

Physique

 

 

 

 

Expression/besoins

Se nourrir

S’hydrater

S’oxygéner

Être conscient

 

Les quatre besoins vitaux ont pour Symétrie symbolique les quatre éléments :

 

Se nourrir

La Terre

S’hydrater

L’Eau

S’oxygéner

L’Air

Être conscient

Le Feu

 

Il existe bien évidement d’autres besoins vitaux, comme se reproduire (avoir), ou assurer notre sécurité (être), ou être reconnu par le groupe (être), ou faire de l’exercice (avoir) …. Nous utiliserons dans un autre chapitre le modèle dit de la pyramide de Maslow, qui propose un ensemble de besoins vitaux hiérarchisé, présenté en couche.  Mais en réduisant à l’essentiel, l’Universel, nous trouvons ces quatre besoins.

Faire pour Être… Faire pour Avoir

4.3.1.  Besoin et désir

Il peut être intéressant de faire la distinction entre le besoin et le désir, et de faire voir leurs interactions mutuelles[25].

Le besoin peut être d’ordre physique, social ou mental, il est quelque chose de ressentie comme une nécessité. On parle de satisfaction ou de non satisfaction, d’un besoin, ce qui va s’exprimer à travers des sensations : la soif exprime le besoin de boire, la faim le besoin de manger, la satiété un besoin satisfait après avoir mangé…

Le besoin est une nécessité, car s’il n’est pas satisfait  il entraine un blocage des processus de croissance, et d’expression de la vie à tous les niveaux (besoin vitaux, sociaux, mentaux…)

 

Le désir est exprimé par notre inconscient sous la forme d’une émotion, qui nous signale sa présence sous la forme d’une chose satisfaite ou à satisfaire. Le désir s’exprime donc à la conscience sous différentes formes, mais son origine est inconsciente et plus élaboré qu’un besoin qui lui exprime une chose précise et connu. Le désir est une sorte de sublimation, analogique ou métaphorique d’un besoins, qui va s’exprimer en passant par l’image, le symbole, l’analogie, la métaphore en masquant le besoin de base, qui le sous-tend. Vouloir posséder une armoire à confiture est un désir, vouloir manger pour assouvir notre faim est un besoin.

Le désir est en général l’expression caché, métaphorique d’un besoin…

4.3.2.  Un système interconnecté

Chaque besoin vital exposé précédemment possède un circuit qui lui est dédié, ils sont tous reliés par le circuit sanguin qui assure des échanges entre eux.

 Tableau des circuits physiologiques associé aux différents besoins vitaux [26] :

boire

 

Respirer

 

 

Circulation sanguine

 

cognition

 

manger

 

Il existe d’autres systèmes, comme le système lymphatique[27] ou le système limbique[28], qui interviennent dans notre métabolisme, mais ils sont plus discret, et ne sont pas en lien direct avec l’absorption d’une information extérieur.  Le système lymphatique, qui permet de drainer les organes, n’a été découvert que dans le courant du XVIIe siècle.

 

File:TE-Lymphatic system diagram.svg

Figure 6 : Système Lymphatique[29]

 

« L'étude du système vasculaire sanguin remonte au moins au VIe siècle avant J.-C., alors celle de la vascularisation lymphatique ne date que de 1622 avec la découverte par Asellius du réseau lymphatique dont l'importance semble être longtemps restée méconnue, probablement aussi parce que ce système est beaucoup plus discret que le système sanguin et parce que son fonctionnement est apparemment largement passif. Il joue pourtant un rôle essentiel pour l'immunité, le système hormonal et le retour des liquides extravasé, de certains déchets cellulaires et des protéines (albumine par exemple3) dans la circulation systémique. De plus, jusqu'à la presque fin du XXe siècle, on ne disposait pas de marqueurs moléculaires spécifiques de ce réseau4. Ceci explique les retards pris par l'étude de la vascularisation lymphatique. »

4.4.   Les capteurs

Les capteurs répartis sur le corps sont très nombreux, et principalement destinés à nous fournir une interface entre nous et l’Univers. Les plus classiques sont ceux alimentant nos cinq sens principaux. Un organe sensoriel[30] est une partie du corps qui offre un sens, c'est-à-dire, qui sert de capteur. Les organes sensoriels classiques sont les yeux, les oreilles, le nez, la langue, la peau, etc.… Du point de vue physiologique, les sens[31] sont les organes de la perception. Les sens et leur fonctionnement, leur classification, et la théorie épistémologique qui soutient leur étude sont des sujets abordés par plusieurs disciplines, principalement les neurosciences, mais aussi la psychologie cognitive (ou science cognitive), et toutes les philosophies ayant trait à la perception.

 

« La définition la plus largement admise, proposée historiquement par la physiologiste Bessa Vugo, est celle qui fait des sens un système de récepteurs, ou cellules sensitives capable de capter et de traduire plusieurs formes d'énergie (stimuli), et de les transmettre au système nerveux central sous forme d'influx nerveux. Ces influx nerveux, les sensations proprement dites, sont alors interprétés par l'encéphale, ou son équivalent chez les espèces qui en sont dépourvues, pour en permettre la perception. L'influx nerveux est ensuite codé sous forme de potentiels d'actions et l'information transmise à des régions spécialisées du cerveau. Selon le type de stimulation, les centres de traitement du cerveau diffèrent. Il existe en effet une zone spécialisée dans le traitement des stimuli olfactifs, visuels, tactiles, etc. »

4.4.1.  Dans la salle de bain

Nous sommes en vacances dans un gîte et ma femme et moi sommes tous les deux nus dans la salle de bain. Ma femme sort de sous la douche, alors que je finis de me brosser les dents. Elle est transie de froid, et je peux voir les frissons qui parcourent son corps. Je suis juste à côté d’elle, et quelques centimètres seulement nous séparent l’un de l’autre, nous partageons le même espace. Moi je ne ressens rien de spécial, il ferait même un peu chaud. Je lui tends une serviette et observe que sa peau est couverte de gouttes d’eau, et qu’elle a pris un aspect de peau d’orange. En fait, je remarque qu’elle est en train de gérer un froid localisé uniquement à la surface de sa peau, et certainement provoqué par la présence des gouttes d’eau. Il fait froid uniquement au contact des gouttes et de sa peau, juste à côté il fait bon… Moi qui suis à quelques centimètres je ne ressens strictement aucun froid.  Une idée me traverse l’esprit, « mais finalement pourquoi a-t-elle froid ? » Son esprit est en train de lui suggérer de réagir à du froid qui n’existe en réalité que localement, juste sur sa peau, mais qui pour elle est partout dans la pièce. Et si elle arrêtait tout simplement de croire qu’il fait froid ? Que peuvent bien lui faire ces quelques gouttes d’eau, il n’y a aucun danger, il faut simplement qu’elle s’essuie.

Nos perceptions sont totalement locales, elles sont juste ce qui se présente à nous. Nous pouvons croire qu’une pièce est froide, alors qu’il y fait bon vivre. Une lumière qui n’arrive pas à nos yeux, n’est pas perçue et n’existe pas dans notre champ de vision. Le monde que nous voyons en 3D, en profondeur, en largeurs, etc. n’existe qu’au niveau de nos capteurs, nous créons notre monde avec l’information qui nous parvient et à laquelle nous allons donner une coloration.

 

« Et Nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire » Qâf, v.16-18 

4.4.2.  Les capteurs, Le contrôle

La tête est située dans la partie haute du corps, et intègre la majorité des capteurs, qui nous permettent d’appréhender notre environnement. Le corps dans son ensemble est aussi un capteur à travers les éléments sensibles intégrés à sa peau. La tête intègre Symétriquement un ensemble de capteurs, permettant au corps de modéliser son environnement. Les sens, qui permettent à la conscience de construire une image fidèle de notre environnement, trouvent leurs origines dans ces différents capteurs.

Comme pour les mains, les capteurs travaillent par couple, et un des deux est privilégié par le cerveau, pour les yeux par exemple : on parle de l’œil directeur[32], un droitier peut avoir l'œil gauche comme œil directeur, et vice versa.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d7/Descartes_diagram.png/490px-Descartes_diagram.png

Figure 7 : Illustration du dualisme par René Descartes[33].

Les capteurs du corps humain sont en relation direct avec ce qu’on appelle les sens[34] généralement comptés au nombre de cinq : vision, audition, odorat, toucher, gout.

 

En réalité, le nombre de capteurs présent au niveau du corps est largement supérieur à 5, et certains sont très importants, et nous permettent différentes perceptions, par exemple la faim et la satiété, ou la thermoception (perception de la chaleur). Il est important de bien comprendre, que ces capteurs sont l’unique lien, qui nous lie au réel, et qu’une partie importante de nos analyses concernant notre environnement est basée sur les données captées par nos sens.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/22/Makart_Fuenf_Sinne.jpg/1155px-Makart_Fuenf_Sinne.jpg

Figure 8 : Les cinq sens (série), 1872–79, Hans Makart.[35]

À tout instant, nos réactions physiques, et par Symétrie, nos réactions psychologiques, sont contrôlées par les données fournies par nos capteurs. Une expérience amusante est d’aller Vivre un film en mode 360°, ou 3D[36] et de constater que les images nous trompent, et qu’instinctivement le corps réagit à des données virtuelles par des mouvements en réponse aux virtuelles, et non au réel. Il existe des milliers d’illusions d’optique[37] se jouant de l’interprétation erronée des données fournies par nos sens.

 

« Il n'y a pas d'accord véritable des neurophysiologistes sur le nombre exact de sens chez l'humain et les autres animaux. La multiplicité des rapports entre le monde sensible et le monde intelligible laisse augurer des difficultés rencontrées dans la recherche d'une définition précise. Une définition largement répandue et réductrice sous-entend le monde sensible comme restreint à cinq sens : goût, odorat, audition, vision et toucher. Mais il est admis que la perception sensorielle des animaux est en fait plus vaste. Pour les mammifères, dont l'homme, on peut citer le sens de l'équilibre perçu au moyen des trois canaux semi-circulaires de l'oreille interne, le sens de la proprioception qui nous signale la position relative des membres de notre corps et qui nous permet par exemple (même, aveugle ou simplement les yeux fermés) d'amener notre index sur le bout du nez. Ces sens et d'autres ne rentrent pas dans les cinq sens couramment connus. Les pigeons ou les dauphins sont capables de percevoir les lignes de champs magnétiques terrestres ou ses variations. »

 

File:Kaninchen und Ente.png

Figure 9 : Illusion Canard-lapin[38]

Nos sens sont notre fenêtre sur le monde, ils sont à la fois nos sentinelles et notre source d’informations au quotidien. Sans la possibilité de toucher, de voir, d’entendre, il nous est impossible de ressentir notre corps, de nous orienter dans l’espace, ou tout simplement d’avoir une conscience de soi.  Il est difficile de se projeter dans un être, qui n’aurait aucune perception, et encore plus d’imaginer exister sans elles. Dans les rêves, nous avons des perceptions imaginaires, mais des perceptions tout de même.

4.4.3.  La vue

La vue est le plus puissant de nos capteurs, il nous permet de capter des informations vibratoires situées dans le spectre de la lumière, et dont la source est à une très grande distance de nous. La nuit, nous pouvons voir des étoiles situées à de très, très, grande distance.  Même si finalement nous ne voyons que l’information, qui arrive à nos yeux, et donc sans logique réelle de distance, nous pouvons capter de l’information, qui arrive des confins de la galaxie. La lumière nous arrive à une vitesse de plus de 300 000 Kms, ce qui nous permet de voir en temps réel les informations proches de nous. La vision n’existe que dans notre tête, c’est notre cerveau qui traite les milliards d’informations, qui lui arrivent sous la forme de signaux électriques en permanence, et qui génère ce merveilleux monde plein de couleurs que nous contemplons devant nous avec seulement trois types de capteurs que sont les cônes (et les bâtonnets pour la nuit ou une très faible luminosité).

4.4.4.  L’ouïe

L’ouïe elle nous permet de capter des informations vibratoires situées dans le spectre des fréquences audibles sous la forme de sons, de bruits divers.  La distance d’où peut-nous provenir ces bruits est moindre que pour la lumière, et cela nécessite un substrat matériel comme l’air ou l’eau, pour arriver à nous. Le vide de l’espace nous isole des bruits de l’Univers, de plus la vitesse de propagation du son est beaucoup plus lente que pour la lumière. Il arrive fréquemment que les bruits perçus soient désynchronisés des scènes vues. Par exemple, il y a quelques années je regardais un bucheron au loin et je voyais sa hache frapper un arbre, mais le bruit du coup porté à l’arbre m’arrivait avec plusieurs secondes de décalage, ce qui était très étonnant. Le silence n’existe pas vraiment, même avec les oreilles bouchées, vous continuez, à entendre un ensemble de bruits intérieurs. Le bruit véhicule aussi des émotions et certains sons sont directement traduits en émotions. Les bruits sont captés par nos deux oreilles qui sont très sensibles, et une légère différence de réception à gauche ou à droite nous permet de spatialiser l’origine du bruit et de construire notre espace sonore, ce qui nous donne ainsi une notion de profondeur. Le son est une vibration régulière, alors qu’un bruit est une vibration désordonnée.  

4.4.5.  Le toucher

Le toucher est l’apanage des mains, qui nous permettent d’explorer dès l’enfance notre univers proche. En fait, toute la surface de notre peau dispose de multiples capteurs qui permettent de ressentir différents types de contact, mais la partie la plus sensible est située à l’extrémité de nos doigts. Nous sommes encore dans une forme de vibration, mais à des fréquences très, très, basse. Ces capteurs sont capables de recevoir des informations extérieures comme des vibrations de l’air, des souffles, des humidités, mais les mains ont besoin du contact physique. Avec le toucher, nous avons une idée de notre Univers très proche. La peau est notre organe sensoriel le plus vaste avec pour un adulte une surface d’environ 2 m2, elle est équipée de plusieurs types de capteurs qui permettent de discriminer des pressions, des vibrations, des différences de températures, des douleurs… Nos muscles et nos tendons participent aussi et fournissent en permanence au cerveau des informations, qui lui permettent de se représenter les positions relatives des membres, les uns par rapport aux autres. Notre peau est aussi comme un ensemble de mini thermomètres, qui nous permet d’apprécier l’eau de notre bain, ou nous avertit en cas de danger, comme celui d’une température trop élevée. Lorsque nous recevons de la pluie, elle nous semble rafraichissante parce que l’eau active les récepteurs qui détectent le froid.  La sensibilité de nos doigts permet aux non-voyants de détecter de subtils changements d’épaisseurs et de lire des livres écrits en braille[39].

 

File:Final braille.png

L'alphabet final de Louis Braille, selon Pierre Henri (1952)[40] basé sur une matrice 3 x 2.

4.4.6.  L’odorat

L’odorat nous permet de capter des vibrations très subtiles qui vont être portées par l’air et qui vont se transformer pour nous en odeurs. Notre nez capte l’invisible, c’est notre détecteur le plus fin et pourtant il n’est pas toujours très utilisé consciemment par l’individu, nous ne faisons pas attention. Nos muqueuses nasales contiennent environs 30 millions de cellules sensorielles, qui jour et nuit, que nous soyons éveillés ou endormies, détectent différentes substances. Ce sens est presque toujours en éveille et est une sorte de système de sécurité, nous devons pouvoir détecter la fumée d'un feu durant notre sommeil. Le nez utilise 350 types de détecteurs, qui permettent de discriminer une énorme palette d’impressions olfactives. Il y a une connexion particulière entre notre mémoire et les odeurs. Un article récent paru dans la revue Science et vie propose que les odeurs mères détectées par notre nez soient au nombre d’une dizaine.

4.4.7.  Le goût

Avec le goût, nous sommes dans la chimie, ce capteur est situé dans notre bouche ; et il nécessite de capter physiquement de la matière, pour la tester avec la langue, qui dispose d’un ensemble de capteurs spécialisés. Il est possible de capter avec la langue certaines vapeurs ou des gaz, qui vont pouvoir être détectés. Par exemple quand je rentre dans une pièce dont la peinture vient d’être refaite, si la peinture a nécessité l’usage de certains types de solvants, j’ai des picotements sur la langue et un gout bizarre dans la bouche.  Le goût est un sens qui nous apporte du plaisir, et en même temps il nous protège des aliments, qui ne nous sont pas compatible, il partage cette tâche avec l’odorat. Pourtant le sens du goût ne nous permet de détecter que cinq saveurs de bases : le sucré, l’acide, l’amer, le salé et l’umami[41] (un gout proche du bouillon de bœuf). Bien sûr, nous reconnaissons le sucre de canne du sucre blanc, mais nous pouvons synthétiser l’ensemble des goûts en cinq familles. Le goût travaille avec la vue, qui lui permet de préciser le goût, des études ont démontré que lorsque nous ne voyons pas les couleurs, nous avons du mal à reconnaître les goûts. Cela permet de faire des expériences amusantes ou après avoir bandé les yeux d’un ami, vous lui demander de reconnaître des aliments simples, comme une pomme, une poire, une pomme de terre crue, etc.

4.5.   Le cerveau

Chaque instant, nos organes sensoriels recueillent des millions d’informations, qui sont transmissent au cerveau sous la forme de signaux électriques. Et par un ensemble extraordinaire de processus mystérieux, ces signaux changent complètement de nature et deviennent des impressions et des sensations. Une sorte d’alchimie est à l’œuvre pour rendre cohérente l’ensemble de ces informations, et nous faire apparaître notre monde rempli de sons et de couleurs, alors qu’à l’intérieur du cerveau règne une obscurité totale. 

Une découverte étonnante a été faite par des scientifiques : tous les messages qui circulent dans notre cerveau sont rigoureusement identiques. Quel que soit le sens concerné, les impulsions sont créées, codées et transmissent de la même façon, et les neurones y réagissent de manière similaire[42]. Les cinq sens produisent donc à priori des signaux dans un format commun à destination des neurones, ce qui fait dire qu’il travaille à la manière d’un ordinateur, qui lui transforme l’information en une série de 0 et de 1.

·         Nos organes sensoriels envoient des signaux électriques au cerveau dans un format de codage commun.

·         Une sensation différente apparaît selon la région du cerveau, qui reçoit et traite ces signaux.

·         Une synchronisation de l’ensemble est réalisée et cela produit une « image globale » dans notre conscience. 

Des expériences montrent que le cerveau est très flexible et des essais ont été réalisés, pour augmenter le nombre de stimuli différent envoyé au cerveau, pour voir comment il allait les gérer. Des implants pour redonner la vue à des aveugles ont été réalisés avec un certain succès. 

L’ensemble de nos membres est doublé ainsi que certains organes vitaux, comme le cerveau, qui comporte lui aussi deux parties[43]. Chaque hémisphère est relié à la partie opposée du corps. C'est-à-dire que si quelque chose touche la partie gauche de votre corps l'information ira au cerveau droit, et si vous attrapez cette chose avec votre main droite, c’est que l'ordre vient du cerveau gauche. Nous avons une sorte de Symétrie croisée ou l’extérieur (sens - capteurs) est inversé avec l’intérieur (cerveau – analyse), mais tout ceci n’est qu’une image d’Épinal, et de nombreuses études sont en cours pour essayer de comprendre la répartition des fonctions cognitives dans ces deux hémisphères cérébraux. L’usage de l’IRM fonctionnelle[44], qui a débuté dans le début des années 1990, permet d’explorer et de cartographier les parties fonctionnelles de notre cerveau.

 

Des études ont essayé de déterminer l’usage spécialisé de chaque partie du cerveau.

 

« Les études pour trouver une latéralisation des fonctions ont permis d’abandonner l’hypothèse de la prédominance de l’utilisation de l’hémisphère cérébral gauche, et de découvrir les fonctions pour lesquelles c’est l’hémisphère cérébral droit qui est prédominant. Ainsi, le cours suivi par la recherche scientifique a fait établir une classification des fonctions selon leur dominance (plus ou moins marquées) dans l’hémisphère cérébral gauche ou le droit. »

 

Ces études nous donnent un tableau de répartition des dominances associé à des fonctions générales :

Capacités fonctionnelles présentant une latéralisation cérébrale[45]

Fonction générale

Dominance hémisphérique gauche

Dominance hémisphérique droite

Mouvement

Mouvements complexes, mouvements ipsilatéraux

Mouvements dans les environnements spatiaux

Langage

Parole, lecture, écriture, arithmétique

Contenu émotionnel

Mémoire

Mémoire verbale, mémoire sémantique

Mémoire non verbale, aspects perceptifs de la mémoire

Capacité spatiale

Rotation mentale des formes, géométrie, direction, distance

Vision

Mots, lettres

Visages, motifs géométriques, expression émotionnelle

Audition

Sons langagiers

Sons non langagiers, musique

Toucher

Motifs tactiles, braille Texte de la cellule

 

Ce tableau apporte quelques précisions et nous montre une classification de sept fonctions générales composées des 3 sens principaux (capteurs) : vision, audition, toucher, et 4 processus cognitifs principaux : mouvement, mémoire, langage, capacité spatiale.

 

Nous reviendrons dans la suite de ce document sur cette répartition, qui propose trois informations de base fournit par notre environnement et quatre processus qui vont être en relation avec cette information pour la traiter. Ce qui nous donne une logique « 3 + 4 = 7 », qui couvre d’une certaine manière, par le cerveau, la gestion d’un ensemble de données, de leurs acquisitions à leurs traitements final.

4.5.1.  Filtres des sens

Le corps n’a pas la capacité de capter de manière consciente l’ensemble des informations, qui l’entoure, nos sens nous permettent seulement d’appréhender une partie de notre environnement.

 

Par exemple, les yeux filtrent les vibrations qui lui parviennent, pour ne laisser passer que le spectre dit visible[46] alors que nous savons qu’il existe des ondes, au-delà de l’infrarouge, ou de l’ultraviolet, qui pourraient être représentées par des couleurs, qui apparaitraient dans notre champ visuel. Une simple caméra infrarouge[47] permet de simuler cette capacité, et nous savons que certains animaux possèdent cette faculté.

 

File:Infrared dog.jpg

Figure 10 : Image infrarouge de longueur d'onde moyenne d'un petit chien en fausse couleur.[48]

Il en est de même pour notre capacité à capter des sons ; notre audition[49] est directement liée à nos oreilles, et leurs mécanismes de capture.

 

« L'audition est le fruit d'un mécanisme complexe assuré principalement par les deux oreilles (pour permettre la perception binaurale stéréophonie) et les voies centrales, avec notamment un rétrocontrôle permanent du cerveau. L'oreille humaine perçoit les différents sons, allant dans les meilleurs cas, de 20 Hz (son grave) à environ 20 000 Hz (son aigu). »

 

L’image sur l’écran en face de moi est une solution adoptée par des ingénieures lors de la conception de l’écran uniquement parce que j’ai un système visuel, qui me permet de la capter. Je ne prête pas attention aux Acariens,[50] car ils sont trop petits, pour que je puisse les observer. Je n’appréhende l’univers que par apport à mes dimensions propres, et les perceptions que me fournissent mes sens.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/51/Rust_Mite%2C_Aceria_anthocoptes.jpg/1280px-Rust_Mite%2C_Aceria_anthocoptes.jpg

Figure 11 : Acarien[51]

Ne pouvant appréhender mon environnement dans un premier temps qu’à travers mes sens, je vais qualifier les choses en fonction des informations captées. Les paramètres, qui peuvent alors être appliqués à une information, seront en relation directe avec le nombre de mes capteurs. Pour faire simple, on peut admettre, mais c’est à vous de voir : qu’il y a environ 7 paramètres associés à une structure. Ces paramètres sont en rapport avec nos sens, et s’expriment métaphoriquement, en fonction du domaine où se trouve la structure. Si la structure est de nature physique, alors nous pouvons donner sa taille (vision / toucher), sa couleur (vision), son poids (toucher), sa densité (toucher), son odeur (odorat), son gout (le gout), sa température ( ), etc. Nous reviendrons dans un autre chapitre sur l’importance de ce point.

4.5.2.  Filtres fonctionnels

L’ensemble de nos constructions est réalisé en rapport avec nos dimensions, et même si les unités de mesure ne disent plus ce fait, il est simple de constater que l’ensemble des meubles, qui se trouvent dans une pièce est construit à nos mesures. La souris et le clavier que j’utile pour écrire ce texte sont directement construit en fonction des mesures de mes mains. Les touches du clavier n’existent uniquement que pour pouvoir être utilisées par mes doigts. Mes mains ont une taille, qui formate les dimensions minimum et maximum d’un objet que je peux saisir, je suis contraint par ces dimensions, et elles deviennent un critère dans l’ensemble de mes actions, où la saisie intervient. Par exemple, il ne me viendrait pas à l’idée de saisir le tronc d’un chêne avec ma main pour le soulever. 

 

File:Chêne bonsecours 2.jpg

Figure 12 : Chêne bon secours[52]

Même si certains lits nous paraissent plus grands que d’autres, en général ils font aux maximums 2,5 m de long. L’ensemble des éléments de literies, ainsi que les éléments d’infrastructures de nos constructions s’appuient sur nos mesures moyennes. Toutes nos réalisations fonctionnelles sont construites en rapport avec notre échelle. Il n’est pas question ici d’anthropocentrisme[53] ou d’autres théories similaires; l’homme n’est pas le centre de l’Univers, il est simplement le centre à partir duquel il mesure l’Univers. L’Univers du lapin n’est pas celui de l’homme, un lapin n’a pas nos mesures, et cela ne nous intéresse pas de savoir s’il pense comme nous.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ec/Down_the_Rabbit_Hole.png

Figure 13 : Portrait de lapin anthropomorphe de John Tenniel, Aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll[54]

4.5.3.  Reconnaître l’autre

 

Une des fonctions, la plus élaborée de notre cerveau est celle de la reconnaissance des visages. Nous avons implanté en nous un mécanisme, qui nous permet de reconnaître quasi instantanément un visage, parfois après plusieurs dizaines d’années d’intervalles.

Ce processus de reconnaissance a donné lieu à de nombreuses recherches[55] et il en ressort un certain nombre de constantes, qui sembleraient être d’origine génétique.   Lorsque nous croissons, un regard, un premier élément nous indique que nous avons déjà vu ce visage ou non. Nous avons la confirmation que nous possédons, stockés en nous, une référence pour ce visage. Ensuite, nous recevons des éléments de contexte, des souvenirs, qui sont liés à la personne dont nous regardons le visage. C’est uniquement après que c’est deux étapes sont franchi que nous allons retrouver le nom de la personne, qui se présente à nous. Il semble impossible que le nom soit donné sans passer par ces deux étapes :

Une confirmation de déjà vue et un souvenir associé nous retourne le nom.

Ce qui implique que nous ne nous demandons jamais si nous connaissons cette personne après avoir retrouvé son nom (CQFD). Finalement, le nom n’est pas primordial en terme de relationnel, ce qui est important c’est de savoir si oui ou non vous connaissez cette personne, et ensuite si elle est amicale ou « dangereuse ». Un autre processus se déroule en parallèle de celui de reconnaissance, et concerne la détection du type d’émotion, qui traverse l’individu au moment de la rencontre. Ce processus est très précis, et il s’appuie lui sur les mimiques diverses que peuvent prendre le visage d'un l’individu à tous instants, et qui sont-elles de l’ordre de l’Universel.  Il a été démontré que les mimiques qui expriment les émotions ou les états d’esprit sont visibles sur le visage, et sont communes aux quatre coins de la Terre, certains animaux partagent avec nous les mêmes pantomimes. Nous devons absolument pouvoir déterminer si un inconnu qui se présente à nous est en colère, soucieux, énervé, etc.…

La reconnaissance des visages semble ne pas avoir de limite, et il est possible de reconnaître des milliers de visages perçus parfois que quelques secondes. Tim Valentine du Goldsmiths College[56], de Londres a proposé une théorie de cartographie des visages basée sur la création en nous, avec le temps, d’une sorte de visage de synthèse représentant un visage de référence. Une fois, ce visage de référence auto crée, un mécanisme de comparaison nous permettrait à partir des différences entre ces deux visages de reconnaître le visage de la personne devant nous. C’est la théorie du « face-space », qui est utilisée dans des logiciels de reconnaissance vidéo, avec un succès certain. Il existe même des applications grand public tournant sur de simples iPhone permettant d’expérimenter ce système. Cette théorie implique que l’individu fait une sorte de synthèse d’un visage type correspondant à sa communauté, et qu’il va simplement stocker les différences significatives, qui vont lui permettre d’identifier à coup sûr un visage. Notre visage est un peu comme nos empreintes de doigts utilisés pour confirmer notre identité, et certains points mis en relation ne varient pas avec le temps.  Ce qu’il faut bien comprendre c’est que lorsque vous avez un visage devant vous, vous avez son image, d’après Valentine vous ne recherchez pas une image équivalente dans votre mémoire, mais simplement une référence de l’ensemble des différences, qui permettent à coup sûr de reconnaître ce visage. Bien sûr, vous avez le visage devant vous et tout ceci serait inconscient,  mais ce n’est pas vraiment cette image devant vous, qui est active, mais certaines différences par rapport à une image de référence inconsciente. Ce qui expliquerait que pour nous les visages des ethnies différentes à notre milieu de vie se ressemblent tous, et qu’il nous faut un certain temps avant de faire une discrimination pertinente. En fait, il nous faut le temps de construire un nouveau « face-space » de reconnaissance. Ce système proposé par Tim Valentine est très proche des mécanismes de compressions vidéo, où l'on va simplement sauvegarder les différences entre deux images, pour éviter de stocker des formes fixes et énormément de données inutiles. Une expérience avait été réalisée il y a quelques années consistant à produire une vidéo de plusieurs minutes composées exclusivement de visages humains différents, dans une position commune.  Il y avait donc 25 images secondes, avec des visages différents, l’œil n’avait pas le temps de reconnaître les 25 visages et il apparaissait devant vous un visage fixe d’une personne standard, mais en réalité certainement votre « face-space ». N’oublions pas que la reconnaissance du visage, comme étant connue ou non, n’est que la première étape du processus. Une fois, le visage reconnu un ensemble de souvenirs doit remonter de la mémoire, pour vous permettre de déverrouiller le nom, qui est la référence institutionnelle pour un visage. Certains ont poussé un peu plus loin cette théorie, et proposent qu’il existe d’autres types de « face-space », qui seraient utilisés pour reconnaître des formes autres que les visages. Pour ma part dans le reste du document je propose qu’effectivement il ne soit pas possible de reconnaître quelque chose sans le connaître déjà, et qu’il doive y avoir en nous une forme de référence, qui nous permet d’identifier une autre forme. Cette forme n’est pas forcément un calque de la première, mais une sorte de Symétrie (cette notion sera développée dans un autre chapitre) sous des formes diverses, qui permettent la comparaison et la reconnaissance avec plus ou moins de « bonheur » de la forme en présence. Le système de comparaison doit bien, à un moment donné, débuter sa construction, et une forme de base innée génératrice des plus complexes, se doit d'exister, un peu comme une sorte de graine, ou d’appui pour les autres à venir.

 

Lors d’une rencontre, nous allons nous appuyer sur la reconnaissance des émotions basées sur un modèle Universel, et une reconnaissance basée sur un référentiel graphique individuelle (notre face-space »), ce qui va entrainer l’évocation automatique de souvenirs, qui vont ouvrir la porte à un référentiel culturel avec le nommage de l’individu, ou simplement l’élaboration de son profil type, qui sera basé lui aussi sur une carte de référence (« c’est un gars qui a l’air bien », « lui c’est un casse-pieds »…). Si l’individu est un inconnu, alors nous restons dans un premier temps avec lui dans une relation basée sur l’Universel, au fur et à mesure de nos échanges nous allons le rattacher à notre mémoire et le qualifier.

 

 

5.  Liaison : la symétrie : matrice « 2 et 1 »

Une Symétrie, sous tous ses aspects, une fois reconnue dans un ensemble permet de l’isoler du chaos. Le chaos est un ensemble d’éléments sans Symétrie visible. Si deux éléments sont perçus comme symétriques, ils sont alors automatiquement liés entre eux par cette Symétrie, il y a une sorte de fusion de motifs communs qui ne font qu’un.

Qui se ressemble s'assemble[57]

 Plus subtilement, la conséquence de ce système de décodage implique que l’autre forme n’existe que si elle est reconnue, donc qu’elle est déjà connue, qu’elle doit être en nous, cachée dans l’une de nos mémoires, même si cette reconnaissance est faite à tort. Tout le monde s’est laissé berner, par une racine prise pour un écureuil, ou un corbeau…

Existence = Reconnaissance

Apparait alors un jeu de poupées russe où le décodage d’une forme va pouvoir être affiné vers le motif le plus cohérent, le plus Symétrique. Cela implique aussi un motif de type Joker qui va permettre d’appréhender le premier niveau de décodage d’une forme, c’est un truc, un mystère, un machin… le tout possible… qui va permettre la révélation « de la face » référentielle de la Symétrie. 

 

Je suis dans mon salon et je porte ma tasse de thé à ma bouche. Je prends conscience que je suis « moi-même » un récipient, et je suis en train d’échanger avec ma tasse son contenu, qui devient mien. Mais, n’était-il pas déjà mien, avant « même-moi »…

Une Symétrie n’est pas forcement géométrique, et visible par un simple pliage vertical, comme avec le corps humain.  Deux choses identiques, superposables, en rapport d’échelle, de sens, d’usage, toutes choses pouvant être mises en relation, sont d’une certaine manière en relation Symétrique, ou nous pouvons aussi parler d’automorphisme[58]. Les mathématiques ont codifié depuis longtemps ces logiques de Symétrie, et cet ouvrage n’est pas écrit pour déployer des formules algébriques, même s’il en propose, mais pour remonter avant elles, retourner à l’endroit d’où elles émergent. Une formule algébrique n’est que la Symétrie d’une chose qu’elle contient, elle est la chose et sa représentation, elle est une sorte de fourchette, qui permet de saisir ce qui lui fait Symétrie (une fourchette ne capture pas un liquide), ce qu’elle modélise et fait apparaitre. Ou plutôt, elle est la chose qui modélise ce qui était déjà, et n’avait pas besoin d’elle, à savoir la création…

Alors pourquoi la création modélise-t-elle la création pour pouvoir créer ?

Cette question n’a peut-être aucun sens, si l'on supprime celui qui se la pose. Nous verrons plus loin que la Symétrie est aussi un des moyens de duplication des structures dites vivante. Alors l’équation ne modélise pas la création, mais elle est simplement une autre forme de représentation de la création issue de la création elle-même.

 

Dans son dictionnaire raisonné de l’architecture française, Viollet Le Duc faisait justement remarquer que le sens du mot symétrie avait été déformé et qu’il devrait s’écrire Symmétrie comme dans d’autres langues :

 

« Symétrie veut dire aujourd’hui, dans le langage des architectes, non pas une pondération, un rapport harmonieux des parties d’un tout, mais une similitude des parties opposées, la reproduction exacte, à la gauche d’un axe, de ce qui est à droite. Il faut rendre cette justice aux Grecs, auteurs du mot « symétrie », qu’ils ne lui ont jamais prêté un sens aussi plat ».

 

Dans le reste de ce document, le mot Symétrie couvrira toutes les sortes de Symétrie possible, ce qui risque dans certains cas de troubler le lecteur, qui ne voit peut-être dans l’usage de ce mot que son image dans le miroir. Qu’il se rappelle, à ce moment-là, que le terme Symétrie est à prendre au sens large, et qu’il est peut-être question d’une analogie, d’une métaphore, d’une comparaison, d’une copie, ou un lien de type associatif, qui a pu être établi entre des parties à un moment donné de l’histoire.

 

Toutes Symétries, qui sont confirmées par un observateur, deviennent un ensemble de trois parties : la chose, la Symétrie de la chose, le lien que l’observateur vient de créer entre la chose et sa Symétrie. L’observateur est d’une certaine manière ce lien, qu’il maintient par son jugement, qu’il fait sien. La Symétrie est soit totalement extérieure et concerne deux choses qui sont observées, elle est objective, ou bien elle est extérieure et intérieure et dans ce cas elle fait appel à des références qui se trouvent dans la psyché de l’observateur, et elle est subjective. Cependant, une Symétrie extérieure peut faire l’objet d’une Symétrie Intérieure, qui forme une nouvelle Symétrie. Les Symétries ont ceci de fractal qu’elles peuvent en appeler d’autres et créer un ensemble de choses Symétriques. Ces diverses Symétries permettront aussi d’observer « un ordre des choses », qui n’est peut-être que son image dans le miroir.

 

Cette logique de Symétrie comporte 3 termes qui peuvent être décomposés, et présentés sous la forme logique :

Deux plateaux et Un observateur ou « 2 et 1 »

Cette matrice « 2 et 1 » n’implique pas forcément un observateur humain, mais tout processus capable de faire une comparaison simple ou complexe entre deux parties, ou un ensemble de parties mis en Symétrie, dans l’intention d’obtenir une réponse. Le « 1 » représente l’élément qui juge, ou possède l’équation du jugement, le « 2 » représente les deux parties, qui vous être mises en relation (liaison), pour que 1 puisse être exprimé. Nous verrons dans d’autres chapitres les équations de Bayes ou le modèle OSI, qui s’appuient sur des formules mathématiques ou des protocoles, pour réaliser le jugement.

File:Écu louis XII.jpg

Figure 14 : AV écu au Soleil (27mm, 3.42 g). Paris mint. Struck 1498[59]

Cet ouvrage n’est pas écrit dans une démarche scientifique, il cherche simplement à éveiller le lecteur à des évidences devenues invisibles par leurs simplicités. Travailler sur les Symétries, nous renvoie à des équations comprissent uniquement par des mathématiciens, ou des psychologues, et il devient alors difficile de capter le message simple qu’elles véhiculent.  Pour profiter pleinement de la suite de cet ouvrage, il vous faut laisser flotter votre imaginaire, et ne pas chercher la petite bête à chaque ligne, ou à chaque propos, mais vous rendre compte qu’à l'instant précis, où apparait votre désapprobation, vous êtes en train de vous confronter à une Symétrie, qui a du mal à passer. Ou bien au contraire, que nous sommes vous et moi en Symétrie sur ce sujet. 

« Quand il y a de l’ordre, il y a de l’information. Et quand il y a de l’information, il n’y a pas de hasard »… 

Alan Turing[60] (décodeur du code Enigma et créateur de la machine de Turing)

Une petite anecdote pour la route…

Tous les matins, je prends mon petit déjeuner, installé à la même place, sur un coin de la table de mon salon. Avant de m’installer, j’aime bien traverser la pièce dans le noir pour aller ouvrir les volets de la fenêtre, qui se trouve juste en face de ma place, et qui donne dans les bois. J’ai bon espoir de voir dehors, là devant moi, un animal sauvage, un renard, une biche, ou, que sais-je encore... En général, je prends mon petit déjeuner entre sept et huit heures. Ce matin du mois de janvier il fait nuit noire dehors, ainsi que dans le salon. J’ouvre la fenêtre, rabats doucement les volets, et reste seul à contempler les ombres du bois qui se présente à moi dans la brise matinale. Il n’y a que des formes folles, je ne vois rien d’autre que des ténèbres à travers les arbres proches, et j’entends simplement quelques bruits inaudibles. Je ferme la fenêtre, et continue d’observer le bois à travers la vitre dans l’espoir de capter un mouvement tout en me dirigeant vers l’interrupteur, alors que les bruits dus dehors se sont subitement interrompus, me renvoyant à moi-même. Au moment même, où j’ouvre la lumière, comme on pourrait ouvrir une porte, la salle s’illumine et je peux rejoindre ma place. Mon regard se porte alors naturellement dehors, à travers cette porte qui est la fenêtre en face de moi, dans l’espoir de capter cette présence sauvage révélée par la lumière. Surprise, juste en face de moi je vois ma face, la fenêtre s'est transformée en miroir, et je peux me contempler à loisir alors que rien ne fait obstacle entre moi et le bois en dehors de la fenêtre, qui est à la fois dedans et dehors, et qui forment une barrière invisible. C’est la vitre, pourtant transparente, qui par un mystère taquin vient de se transformer en miroir, et m’interdit maintenant de capter les ombres, et les bruits du bois. Alors qu’il est certain que la lumière se propage dans le jardin, et éclaire les arbres…

La lumière vient de détruire les ténèbres, et l’interrupteur a bien rompu quelque chose... Les ténèbres ne sont plus, mais à la place, à la limite de mon champ de vision, j’ai une image Symétrique de moi-même… La lumière et la vitre viennent de provoquer une limitation de mon champ de vision, me voici comme clôturé entre moi et moi. Même les bruits dus dehors ne sont plus que des pensées du dedans, tout ceci m’interdit le passage de cette porte transparente, que les ténèbres me permettaient elles de passer, mais sans rien me permettre de voir ? Je suis comme piégé dans une boucle dont je forme les parois à l’image d’une simple bulle de savon…

Hagard, ne pouvant combler mon désir, j’ai donc simplement observé cet animal sauvage que je suis et me suis attardé à méditer cette expérience facile à reproduire. Je me suis regardé, me regardant me regarder… je venais peut-être d’ouvrir une autre porte vers moi-même en fermant celle-ci par trop de lumière…  Deux miroirs face à face, se dupliquent à l’infinie, et font la joie des grands, et des petits. Ici et maintenant, nous n’étions que deux : une image sur la vitre, et..., je ne sais pas trop quoi en face, qui refusait le jeu du multiple avec elle… Bien sûr, nous avons la réponse scientifique à ce phénomène, qui nous semble complètement évidente, banale, mais en est-on bien sûr…

Le temps a passé, mon thé a refroidi, et le Soleil s’est levé progressivement, alors cette image a progressivement disparu « dans face de moi-même », comme un mirage qui se dissipe, et ..., j’ai pu m’observer au loin en arbres de la forêt… 

Cette photo a été prise le 29 décembre 2013 à Fontainebleau, ce jour-là la lumière blanche du Soleil était tellement puissante, et l’eau si noire que le reflet dans l’eau était d’une qualité supérieure à l’original ! Regarder bien… regarder bien…

 

Le mot symétrie d’origine grecque signifie « avec mesure » (sun ; avec, metron : mesure) est utilisé dans le langage courant ou les arts pour désigner des rapports, qui semble particulièrement harmonieux. Pour l’élève, il évoque des théorèmes à apprendre, et des figures de géométrie à réaliser. L’idée de ce chapitre n’est pas de faire de la mathématique, mais simplement d’essayer de vous faire prendre conscience de l’étendue de la symétrie et de ses représentations dans notre quotidien. La symétrie comme le dit Viollet le Duc n’est pas un simple jeu de miroir direct, mais peut se présenter à nous sous des formes inattendues et invisibles, pour l’œil non averti.  

Qu’est-ce qu’une forme symétrique ?

Une forme peut être un objet fini ou limité, par exemple un cube est un objet limité, car il est possible en pratiquant des découpes symétrique de produire d’autres cubes plus petits. Ou bien en assemblant 8 cubes, d’en produire un autre plus grand. Nous avons une symétrie par apport à ses faces, qui sont des plans.  On va pouvoir mettre ce cube en rotation en plaçant un axe, passant par le centre de deux de ses faces parallèles. On dit dans ce cas que l’axe que représente cette tige est d’ordre 4, puisqu’il permet quatre positions semblables du solide autour de lui, en tournant chaque fois d’un quart de circonférence. Si nous répétons l’opération avec une sphère, le nombre d’axes est infini, et nous avons une symétrie par apport à son centre.

Il y a le cas des formes infinies ou illimitées, qui sont par exemple les motifs qui se répètent à l’infini dans toutes les directions, par exemple un papier peint, une chaine de vélo, une frise, etc.

Pour résumer, nous avons les formes finies et les formes infinies.

Une reproduction à l’identique d’une forme par apport à :

·         un plan

·         un axe

·         un centre

Et quatre opérations de base, qui sont :

·         La translation

o    Cette opération est caractéristique des ensembles infinis, comme un motif de papier peint qui se déploie dans une direction donnée.

·         La rotation

o    C’est par exemple une roue qui tourne autour de son axe.

·         Mirage et réflexion

o    Symétrie par apport à un plan, par exemple lorsque vous vous regardez dans un miroir.

·         Inversion

o    C’est par exemple une image projeter à travers une lentille biconvexe et qui est inversée de l’autre côté.

Ces différentes opérations peuvent se combiner, pour réaliser des symétries étonnantes, comme le mouvement hélicoïdal.

Nous avons 3 types de reproduction et quatre opérations, ce qui nous donne une structure « 3 et 4 », dont nous reparlerons par la suite.

Toutes ces symétries sont concrètes, et peuvent êtres détecter par l’observation, elles sont de l’ordre du physique et peuvent s’exprimer par des mathématiques adaptées. Un excellent livre de Jacques Nicolle, la Symétrie, dans la nature et les travaux des hommes parus en 1955 et préfacé par Louis de Broglie présente dans le détail les symétries visibles. Il existe d’autres formes de symétries plus subtiles, qui introduisent une couche abstractive passant par l’humain, et qui sont l’analogie, la métaphore, l’association, la symbolique, le codage, le cryptage, etc. Certaines sont connues, et font parties de la tradition de la théorie des correspondances[61] et autres dictionnaires des symboles, d’autres par contre sont difficiles à saisir, car elles appartiennent au lexique interne de chaque individu, dont lui-même ne connait pas toujours l’existence, et que les divers courants de la psychanalyse ont essayé d’exploiter par divers procédés. Sigmund Freud[62] a mis à l’honneur la technique des associations libres[63] effectuées par Joseph Breuer, et qui proposent un travail dans ce sens, mais la pensée par analogies et correspondances remonte aux Sumériens, vers 2800 av. J.-C. Ils mettaient en correspondances le gypse et le dieu Nin, la torche et le dieu[64]. Orphée parle de "lien puissant", de "chaîne d'or" entre les choses[65]. Ou encore Pythagore, vers 530 av. J.-C. pose le principe : "La nature est en tout semblable à elle-même" (Vers d'or, 52).

Voici quelques exemples de Symétries telles qu’elles sont exposées dans ce document :

Forme 1

Relation de Symétrie

Processus

 

Forme 2

 

 

Transformations / Rapports d’échelles

 

Différentes formes et représentation

 

File:Golden lion.jpg[66]

Différents genres / familles

 

[67]

 

Différentes colorations

 

Associations analogiques / symboliques

Plik:Selassie-2.jpg[68] Plik:Conquering Lion of the Tribe of Judah.png[69]  File:Héraldique meuble soleil.svgImage illustrative de l'article Petit Lion[70]

Association avec des souvenirs personnels / métaphoriques

 

 

File:Isalo - savanne.jpg[71]

 

 

Dans une relation se codage

Lion, Panthera leo,[72]  

 

 

Tout ce qui est : de prêt ou de loin en rapport avec l’image et vous.[73]

File:Thoinan - Les Relieurs francais p 189.png

 

 

Je rappellerais que pour obtenir la stabilité, il faut au moins trois points d’appui.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/84/PuzzleDisassembly.jpg

Figure 15 : Symétrie des formes emboitées les unes dans les autres pour former un corps[74]

5.1.   Associations

Il existe des Symétries mémorielles, qui sont appelées des associations[75], c’est-à-dire que pour des raisons particulières, des choix abstraits, ou un ensemble d’éléments misent en présence par le hasard, un individu va lier deux choses n’ayant apparemment aucune référence culturelle, ou logique particulière. L’individu par exemple va lier un évènement à un lieu, ou un objet. Nous sommes dans la logique évoquée par Marcel Proust[76], dans sa suite romanesque « à la recherche du temps perdu », ou une simple madeleine et une tasse de thé vont lui rappeler son enfance. 

Un jour, sa mère lui proposa une tasse de thé et des madeleines, qu’il refusa dans un premier temps puis finit par accepter. C’est alors que, des années après son enfance, le thé et les miettes du gâteau firent remonter toute la partie de sa vie passée à Combray : « … et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé. »

 

L’association est une Symétrie d’ordre personnel, ou culturel, elle est un des mécanismes principaux de notre mémoire. Elle peut aussi être une porte d’entrée pour la manipulation mentale, comme la montré Ivan Pavlov[77] au début du XXe Siècle en associant un son de cloche au moment du repas de son chien, pour créer en lui une association : [bruit de cloche = repas]. Lorsque Pavlov faisait par la suite sonner la cloche, son chien commençait à saliver, alors que le repas ne lui était pas encore présenté.

Les associations psychologiques sont des liens existant entre deux représentations mentales[78]. On parle aussi de mémoire sémantique[79], qui représente le système mnésique[80] par lequel l’individu stocke ses connaissances générales. Il faut bien comprendre que les associations se créer automatiquement, et que notre mémoire est quelque chose de structuré, qui utilise notre vécu pour ce construire.  Il est possible d’utiliser sciemment le mécanisme des associations, pour mémoriser de manière plus logique des choses. Les mécanismes mémoriels d’associations ont fait l’objet d’énormément d’étude, et sont utilisés de manière quotidienne par tout à chacun, pour invoquer des souvenirs. Si je me dis : « qu’est-ce que je faisais là-bas », « là-bas » est un pointeur, une ancre, qui va me permettre de faire des associations. Pour certains associationnistes[81] la signification d’un mot est mesurée par le nombre de réponses associées à ce mot. Pour Aristote, le mécanisme d’associations privilégie la similitude, le contraste et la contiguïté. 

« Parmi les concepts, les uns sont conçus par contact, d'autres par similitude, d'autres par analogie, d'autres par transfert, d'autres par composition, d'autres par opposition. Par contact sont donc conçues les choses sensibles. Par similitude, les choses sont conçues à partir d'un objet voisin, comme Socrate à partir de son image. Par analogie, la conception peut se faire dans le sens d'un agrandissement, par exemple Tityos ou un Cyclope, ou d'une diminution, par exemple le pygmée. D'autres choses sont conçues par transfert, comme des yeux sur la poitrine. Par composition est conçu le Centaure (chevaux à tête et torse d'hommes). Par contrariété la mort (à partir de la vie) » (Diogène Laërce, VII, 52-53, p. 824).

 

Nous reviendrons sur ce type de Symétries, qui est exploité par l’ensemble des moyens mnémotechniques, dans les différents chapitres traitant de la mémoire.

5.2.   Dualité et complémentaires

Le choix, que nous donne la Symétrie objective, ou visible, d’utiliser l’une ou l’autre de ses faces, introduit une sorte de libre arbitre, mais en même temps, une distance entre les deux formes possibles. Une préférence peut s’installer avec le temps, pour telle ou telle face. Une notion de qualité fait son apparition, et on préférera utiliser sa main droite ou son œil gauche, pour réaliser tel ou tel travail. Cette simple préférence d’usage va se déployer à d’autres Symétries objectives, et on préférera le jour à la nuit, le silence au bruit, la santé à la maladie, etc. Une dualité, et ses analogies plus ou moins métaphoriques sont alors associées à différentes Symétries, qui deviennent subjectives. On rentre dans l’aire du : « je préfère ceci ou je préfère cela »… Rapidement, l’ensemble des choses se trouve sous la forme de deux extrêmes allant par paire, mise en opposition, en contradiction, le noir est le contraire du blanc, la nuit est le contraire du jour, un gentil est l'inverse d'un méchant, un homme ou une femme, etc. Dès l’Égypte antique,[82] tout, ou presque, allait par paire : soit complémentaire, soit antithétique.

 

M26M16

Le lotus (Šmˁ) et le papyrus (Ḥȝ), les plantes héraldiques de Haute et de Basse-Égypte

 

L’usage du duel[83], tombé plus ou moins en désuétude dans la langue française, s’oppose au singulier et au pluriel, et éventuellement à d’autres catégories plus ou moins courantes du nombre. Cette dualité, qui touche toutes les parties de notre existence, est une Symétrie subjective, qui souvent créer une opposition, dans l’esprit de celui qui la fait vivre en lui. La préférence est l’expression d’un choix, que l’individu va porter sur un ensemble, vu comme des parties s’opposant en raison de critères, soit subjectifs, soit objectifs. La subjectivité[84] et l’objectivité[85] étant eux-mêmes les représentants d’une dualité. Cette simple notion de préférence propulse l’individu dans une logique de sens, où il doit prendre position, se rendre lui-même Symétrique à son choix, et finalement incarné ce choix par l’esprit, et la chair.  Nous nous plaçons inconsciemment sur des sortes de courbes de tendance, construites sur des Symétries de genres ou d’affects, des Symétries que nous aurons construites par l’expérience, par notre éducation, ou tout simplement qui nous sont imposées. Nous sommes plus ou moins de gauche, de droite, au centre, ou dans un ailleurs qui nous reste à définir pour exister… Nous nous projetons sur un segment de droite AB qui forme une sorte de lien entre deux extrêmes virtuels. Pourtant, le jour n’a jamais été le contraire de la nuit, et la femme n’est pas l’inverse de l’homme.

 

 

La dualité introduit par analogie et association des incohérences. J’entends fréquemment la phrase suivante : « C’est triste, il pleut », comme si, le tempérament qui nous anime, était aligné avec le temps, qu’il fait. Cette simple phrase nous indique qu’une sorte d’échelle du bonheur, allant d’un point à un autre, en relation avec le temps qu’il fait, nous sert de modèle interne. Nous avons lié, par analogie, des événements avec des jugements, qui eux même se transforment en émotions. C’est-à-dire que nous avons relié le physique au mental pour produire de l’émotionnel. Nous avons créé une Symétrie entre le temps qu’il fait et notre humeur, une Symétrie que le mental peut constater en passant par l’observateur. Mais, nous savons tous que notre humeur n’est pas simplement régie par la courbe du temps, qui irait du plein soleil à une pluie torrentielle, mais que tous événements enchâssés dans une ou plusieurs dualités perceptibles sera automatiquement qualifié, et produira un sentiment. Inversement, toutes humeurs passagères provoquent en nous la recherche d’une dualité possible, qui les explique.

Une humeur qui apparait, et qui ne peut pas être qualifiée, qui reste sans symétrie, nous interpelle. Nous avons besoin de décoder les événements, les choses de la Vie, et la dualité est un des moyens Symétriques pratiques dont nous disposons pour lier une humeur à un fait. Une fois le lien trouvé, ce qui n’était finalement qu’un rêve éveillé devient réalité, et peut s’exprimer pleinement, ce qui nous donne une possibilité de correction, en jouant sur les paramètres de cette courbe dualiste, que nous avons liée à notre humeur.  Nous complémentons notre découverte dualiste par son contraire, qui va annuler pour un temps l’humeur qui nous habite. La magie de la dualité, c’est le point central où les deux extrêmes se rencontrent, et s’annulent, assurant pour un temps une stabilité à la structure. (La notion d’équilibre sera traitée dans un autre chapitre.)

 

Une autre Symétrie, basée sur la dualité, introduit la notion de complémentaires. C’est une autre manière d’appréhender les extrêmes en remarquant qu’à tout moment, quel que soit l’emplacement de mon humeur sur la courbe qu’ils forment : l’addition de la portion droite et de la portion gauche nous donne toujours la même valeur.

 

Quel que soit l’emplacement de C sur le segment AB : AC+CB=AB

 

Deux formes différentes, mais interconnectées par leurs “faces Symétriques” sont collées, et ne forment plus qu’une forme. La Symétrie c’est aussi une sorte de dualité[86] entre deux formes complémentaires formant un Tout indivisible.

 

La symétrie c’est deux termes en relation par une logique, ce qui nous donne trois termes (« 2 et 1 »), la dualité c’est une surcharge de ces termes par une qualification, qui sont une autre logique. Nous avons alors 2 qui devient 4 par dualité, ou 3 qui devient 6.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/83/PuzzleByAltekruse.jpg

Figure 16 : Un ensemble de formes formant un corps[87]

La Symétrie de base est de fait inscrite par mon corps, qui a servi de modélisation du principe de codage et de décodage. Je vais utiliser cette Symétrie fonctionnelle lors de la création de toute production, et je vais en fait me projeter dans ma création. Ma création étant un acte de production d’une structure exprimant quelque chose elle doit être fonctionnelle, et en rapport avec moi comme un outil n’est au niveau de sa partie de maintiens qu’une Symétrie de type empreinte. Un tournevis par exemple à une forme physique en Symétrie avec ma main, il doit s’adapter physiquement à ma dextre, la partie maintenue, son manche, doit être l’empreinte de ma main fermée, qui le saisit. L’ensemble, "main fermée avec un tournevis", ne doit faire qu’un, pour être incorporé à mon corps comme une extension, qui sera alors fonctionnelle. De la même manière, la partie en contact avec la vis doit épouser la tête de la vis pour assurer une continuité, ou une chaine de Symétrie. La Symétrie mise en œuvre ici permet une fusion des parties.

 

UN, la chose vue devient DEUX, la chose copier, ce qui donne TROIS avec celui qui observe.

Le peintre (3) s’utilisant comme peinture (4) pour produire sa toile (12).

5.3.   La non-dualité

La dualité est une logique d’organisation du monde, ou chaque chose est qualifiée en fonction du rapport que cette chose a avec nous-mêmes. Si cette chose m’apporte du positif : c’est bien; si cette chose ne m’apporte que du négatif : c’est mal. La dualité est donc fortement dépendante de l’observateur qui apprécie par le corps, ou l’esprit, l’événement qu’il juge. La dualité, qui peut être représenté par des modèles de références, n’est jamais réellement applicable au sein de l’observateur, qui lui intègre son propre modèle auto construit, qu’il a simplement mis en Symétrie. Accueillir les choses comme elles viennent, sans jugement, c’est une sorte de non-dualité[88], mais comment parler d’une non-chose ? La douleur n’est pas bien ou mal ; elle est un signal du corps vers l’esprit, qui doit alors réagir pour comprendre l’origine et la signification de ce signal. La douleur est un fait, qui s’inscrit dans une logique de signalétique, et porter un jugement c’est se raconter une histoire, qui n’aura pas d’efficacité sur la gestion de cette signalétique, à moins d'être une action correctrice.  Un jugement n’est efficace que s’il débouche sur une procédure de résolution, émettre une opinion sur une douleur n’a pas en soi d’efficacité.  Associer un sentiment à une douleur n’a pas de sens. Analyser la douleur comme une information, qui indique une zone en souffrance, et chercher son origine est une action, qui va permettre de corriger la cause, et réduire la douleur.  Il n’y a pas ici de dualité, mais simplement une recherche de causalité, dans une optique de réduction de la cause pour arrêter ses effets.

 

La non-dualité est une logique pour la raison, et en même temps une pratique, car nous sommes de base dans une dualité introduite par les Symétries qui nous habitent, et il nous faut faire l’effort conscient de comprendre les mécanismes automatiques qui nous anime pour pouvoir les dépasser. Il existe d’innombrables ouvrages sur les pratiques de méthodes, qui amènent à une vision non dualiste des choses, pour réduire la part d’humeur qu’introduit la dualité. Certains voient les pratiques de non-dualité comme une recherche de la non-souffrance, et le retour au nirvana.

 

« Face à des objets sans finalité s'élèvent des perceptions sans réalité. Dès que la conscience sans attachement se libère non duellement…. Ceux qui souhaitent se libérer entrent calmement dans le non-agir, où l'esprit demeure dans sa condition naturelle sans artifices.[89] »

 

 

5.4.   Symétrie magnétique

Le fait de reconnaitre une Symétrie, ce qui produit une réunion, provoque une sorte de magie. Reconnaitre une Symétrie, c’est mettre fin à une recherche, produire une complémentarité, et déclencher une détente intérieure. La recherche produit une tension, qui va être réduite par la découverte de l’objet de la recherche. Ce phénomène subtil introduit un effet de bord, qui est la recherche de nos Symétries intérieures non finalisées avec des éléments de l’extérieur. Sans vraiment nous en rendre compte nous allons rechercher nos complémentaires, objet de nos désirs, pour établir des Symétries équilibrantes. Nous serons attiré, par ces complémentaires, qui eux-mêmes nous cherchent, un phénomène d’attraction subtil entre les parties va alors se mettre en place, et créer des groupes d’intérêts.

 

Une chanson écrite[90] dans les années 30, par Jean Nohain sur une musique de Mireille, et interprétée par Maurice Chevalier,  et Georges Brassens, en est une bonne illustration :

 

Quand un vicomte

- 1 -
Quand un vicomte
Rencontre un autr' vicomte
Qu'est-ce qu'ils s'racontent ?
Des histoires de vicomtes
Quand une marquise
Rencontre une autr' marquise
Qu'est-ce qu'elles se disent ?
Des histoires de marquises
Quand un cul-de-jatte
Rencontre un autr' cul-de-jatte
Qu'est-ce qu'ils débattent ?
Des histoires de culs-de-jatte.

Refrain
Chacun sur terre
Se fout, se fout
Des p'tites misères
De son voisin du d'ssous
Nos p'tites affaires
À nous, à nous
Nos p'tites affaires
C'est c'qui passe avant tout
Malgré tout c'qu'on raconte
Partout, partout
Qu'est-ce qui compte en fin d'compte
C'qui compte surtout, c'est nous
Chacun sur terre
Se fout, se fout
Des p'tites misères
De son voisin du d'ssous.

Il est difficile de ne pas faire une analogie avec les aimants[91] permanents, qui eux aussi se complètent en s’attirant pour former un aimant plus gros.

5.5.   Symbole

Un symbole[92] est une structure, au sens large, qui représente quelque chose d'autre, par  association, ressemblance ou convention. Voici la définition fournie par l’encyclopédie en ligne Wikipédia :

 

« Le mot « symbole » est issu du grec ancien sumbolon (σύμβολον), qui dérive du verbe sumbalein (symballein) (de syn-, avec, et -ballein, jeter) signifiant « mettre ensemble », « joindre », « comparer », « échanger », « se rencontrer », « expliquer ».

En Grèce, un symbole était au sens propre et originel un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité de contractant ou d'ayant droit, en rapprochant les deux morceaux, qui devaient s'emboîter parfaitement. Le sumbolon était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr. Le symbole est aussi un mot de passe. »

 

Le symbole est l’association d’une image, d’un son, d’une odeur, d’un concept, de toutes formes, ou structures, pouvant être capté par l’individu, et qu’il va pouvoir mettre en relation avec une autre forme, ou structure, du même type, ou d’un type différent. Le symbole est constitué de deux parties, et d’une logique qui les lie. Cette logique est soit physique, dans le cas du morceau de poterie, ou d’un autre ordre, et bien souvent culturel. Dans le cas des morceaux de poteries, les deux morceaux réunis apportent la preuve, que les deux propriétaires peuvent travailler ensemble.

  

« Au figuré, le symbole devient l'ensemble qui lie deux représentations de la même signification. Par dérivation, le symbole se réduit à l'élément imagé ou audible qui est relié à un sens caché qu'il signifie.

Par la suite, des formes d'abstraction, comme le langage ou la gestuelle, ont pu remplacer les objets dans leur fonction de représenter un engagement, une promesse, une alliance, un contrat, un pacte scellé entre deux partenaires (par exemple, une poignée de main sera le symbole d'un accord). Dans ce sens, un symbole est donc un objet sensible qu'on « pose côte à côte avec » une réalité abstraite ou surnaturelle qu'il est destiné à représenter. Le symbole est le terme visible d'une comparaison dont l'autre terme est invisible. »

 

Un symbole nous rappelle une information, qui est contenue en nous, et qui pourra être réactivée lors de sa reconnaissance. C’est une sorte de pense-bête, qui nous renvoie à une connaissance. Si sa structuration est plus ou moins explicite, et très répandue, il peut devenir la chose, qu’il est censé représenter, et donné lieu à des interprétations diverses. Ce qui ne devrait pas être le cas puisqu’il scelle de manière absolue les deux parties, qui le composent. Un symbole est donc un tout signifiant, composé au minimum de deux parties, lesquelles se complètent de manière précise en formant une union, et valident le message que délivre le symbole, chaque partie étant Symétrique entre elles. Un contrat moderne est un document signé par l’ensemble des parties, qui reconnaissent ainsi la validité du contenu, de ce document.

 

 

5.6.   Symétries lumineuses

La lumière nous propose des expériences sympathiques, qui mettent en œuvre des Symétries complémentaires.  Nous avons, bien sûr, les Symétries des miroirs, et des reflets, mais il y a aussi les couleurs, et leurs ombres, qui permettent de mettre en évidence des Symétries plus subtiles. Le spectre lumineux, ou spectre visible est traduit par notre cerveau sous la forme des couleurs, ce qui nous permet de discriminer un décor et de voir.

 

File:Spectrum roygbiv.jpg

Figure 17 : Spectre visible[93]

Le nombre de couleurs visible est lié à la nature de l’œil, qui contient différents capteurs appelés cônes, qui permettent d’isoler trois longueurs d’onde qui s’apparentent au rouge, au vert, et au bleu, et qui s’appelle les couleurs primaires. Le mélange de ces trois composantes permet la génération de l’ensemble des couleurs du spectre visible.

 

Figure 18 : Mélange des lumières primaires (synthèse additive)[94].

La saturation du spectre visible nous donne la couleur blanche, alors qu'un manque de réception nous donne la couleur noire. Or, lorsque nous observons une forme, et que nous la discernons à partir de sa couleur, qu’elle nous donne à voir, en réalité, elle a été arrosée d’une lumière blanche, et seule la lumière non absorbée par la forme nous est parvenue.  Ce mécanisme est utilisé pour réaliser des photos en couleur à partir de négatif[95].

 

Figure 19 : L’image et son négatif

Bien sûr, ceci est tellement évident que nous n’y prêtons pas attention, et finalement ce n’est pas visible, puisque nous ne voyons que ce que nous voyons, et pas son complémentaire. Une expérience peut connu basé sur sorte d’illusion, permet de faire voir que même l’ombre d’un objet intègre une logique de complémentaire. Si nous projetons deux sources lumineuses de couleur différente sur un objet, leurs ombres respectives seront leurs couleurs complémentaires.

 

 

En réalité l’ombre du rayon bleu est couverte par la lumière rouge et l’ombre devient rouge et vise et versa.

 

 

Ces expériences nous montrent que toute chose est vue, dans une logique de rapport avec un complémentaire, qu’ils s’expriment toujours ensemble, même si une des deux parties n’est pas apparemment visible. Si nous voyons rouge, c’est que le vert, et le bleu sont cachés dans la partie invisible, ce qui lui permet d’apparaitre, et que le blanc est là aussi pour les contenir.

Figure 20 : Fixez le centre de cette image pendant environ 30 secondes, puis fermez les yeux ![96]

 

 

6.  Réseau : La structure

Tel que nous apparait notre Univers, nous sommes une structure avec des contraintes et des capacités, en appui sur une surface, où se trouvent d’autres structures. Les structures sont soit connectées entre elles par le sol, soit déconnectées, comme un oiseau, un avion, une planète... nous pouvons rejoindre une autre structure en utilisant nos jambes, et la toucher avec notre corps, ou saisir cette structure avec nos mains. Si cette structure est spécifique et répond à certains critères, il est possible de la faire entrer dans notre corps, où elle sera traitée, ou bien nous pourrons l’attaché à notre corps où elle sera posée comme une sorte de séparation entre nous et les autres formes. La structure corps a une forme spécifique, qui lui permet de s’interconnecter physiquement à d’autres structures. Les sciences du vivant nous montrent que nous sommes constitués d’un ensemble de structures plus petites, qui interagissent entre elles selon des mécanismes très complexes, et dont nous n’avons pas conscience. Notre conscience nous donne simplement à voir des informations concernant la structure du corps en relation avec son environnement, et elle garde sous silence les mécanismes et sous-structures, dont nous sommes constitués. Il existe aussi des structures, et des mécanismes, de type superstructure comme par exemple l’humanité, dont nous sommes des éléments constitutifs. Les règles des superstructures ne nous sont pas faciles d’accès, et nous pensons les comprendre, car elles sont souvent le fruit de notre réflexion, par exemple les lois de la république. Malheureusement, ces constructions, que nous pensons inventer, et concevoir, s’imposent à nous, et elles ne sont en général, que des Symétries tirées des autres couches, qui les maintiennent en état, et les font s'incarner. Nous croyons être l’inventeur d’un système, alors qu’il n’est que la partie immergée d’une structure préexistante, qui va s’incarner à travers notre soi-disant invention.

 

Notre corps est une structure composée de systèmes complémentaires, la charpente est constituée par un squelette, sur lequel vont s’appuyer les autres systèmes.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2e/Human_skeleton_front_fr.svg/436px-Human_skeleton_front_fr.svg.pnghttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/09/Human_skeleton_back_fr.svg/436px-Human_skeleton_back_fr.svg.png

Figure 21 : Squelette humain[97]

6.1.   Les rapports du corps

Léonard de Vinci a déjà posé avec son dessin de l’Homme de Vitruve[98] les bases des rapports de Symétrie qui existe au niveau du corps humain, et le plus simple est de relire ses écrits[99] :

 

 

Figure 22 : L’Homme de Vitruve Léonard de Vinci vers 1492

« La nature a en effet ordonné le corps humain selon les normes suivantes : le visage, depuis le menton jusqu'au sommet du front et à la racine des cheveux vaut le dixième de sa hauteur, de même que la main ouverte, depuis l'articulation du poignet jusqu'à l'extrémité du majeur : la tête, depuis le menton jusqu'au sommet du crâne, vaut un huitième ; du sommet de la poitrine mesuré à la base du cou jusqu'à la racine des cheveux on compte un sixième ; du milieu de la poitrine au sommet du crâne, un quart. Quant au visage, le tiers de sa hauteur se mesure de la base du menton à la base du nez ; le nez, de la base des narines jusqu'au milieu de la ligne des sourcils en vaut autant ; de cette limite jusqu'à la racine des cheveux on définit le front qui constitue ainsi le troisième tiers. Le pied correspond à un sixième de la hauteur du corps, l'avant-bras à un quart, ainsi que la poitrine. Les autres membres ont également des proportions spécifiques, qui les rendent commensurables entre eux…. [100] [101]» (…) ;

 

Ces rapports d’échelles ont « donné lieu » à toute une littérature, et amené à la notion de module[102] ou d’unité de mesure, qui seront traités dans d'autres chapitres. En sculpture, le canon[103] est un ensemble de règles servant à déterminer les proportions idéales du corps humain.

 

 « La proportion est le rapport que toute l'œuvre a avec ses parties, et qu'elles ont séparément, comparativement au tout, suivant la mesure d'une certaine partie. Car, de même que dans le corps humain, il y a un rapport entre le coude, le pied, la paume de la main, le doigt et les autres parties, ainsi dans les ouvrages qui ont atteint leur perfection, un membre en particulier fait juger de la grandeur de toute l'œuvre[104]»

 

6.2.   Le corps comme outil de mesure

Le corps peut être vu comme un outil au service de l’esprit, je ne suis pas trop d’accord avec cette vision des choses, mais c’est un point de vue direct. Comme tout outil, le corps devient alors une forme qui nous permet d’agir, mais avant de réaliser une action nous pouvons l’utiliser comme une gauge, une règle, un compas… Le corps par lui-même est un modèle que nous pouvons utiliser pour jauger notre environnement. Ne dit-on pas: « C’est à portée de main », ou « C’est juste à trois pas de chez toi », etc.  En fait, le corps humain est l’outil de mesure par excellence, le système métrique[105] que nous utilisons, et qui compte sept unités de base nous a éloignés des systèmes de mesures plus anciens, qui étaient eux en Symétrie (rapport) directe avec le corps. Le fameux mètre étalon ne date que de la Révolution française :

 

« Les étalons du mètre et du grave, en platine, prévus par les décrets de la Convention nationale sont déposés aux Archives nationales de France le 4 messidor an VII (22 juin 1799), ce qui est parfois considéré comme l’acte fondateur du système métrique.

Introduit par la loi du 1er vendémiaire an IV (23 septembre 1795), le système métrique a été rendu obligatoire en France à l’occasion de son cinquième anniversaire par l'arrêté du 13 brumaire an IX (4 novembre 1800), l'emploi de tout autre système étant interdit. »

 

Napoléon, qui avait soutenu l'expédition géodésique en vue de déterminer la nouvelle mesure, écrit dans ses mémoires :  

 

 
        Figure 23 : Estampe de 1800 montrant l’usage de six nouvelles unités de mesure 

 « Le besoin de l'uniformité des poids et mesures a été senti dans tous les siècles ; plusieurs fois les états généraux l'ont signalé […] La loi en cette matière était si simple, qu'elle pouvait être rédigée dans vingt-quatre heures […] Il fallait rendre commune dans toutes les provinces l'unité des poids et mesures de la ville de Paris […] Les géomètres, les algébristes, furent consultés dans une question qui n'était que du ressort de l'administration. Ils pensèrent que l'unité des poids et mesures devait être déduite d'un ordre naturel, afin qu'elle fût adoptée par toutes les nations […] Dès ce moment on décréta une nouvelle unité de poids et mesures qui ne cadra ni avec les règlements de l'administration publique, ni avec les tables de dimensions de tous les arts […] Il n'y avait pas d'avantage à ce que ce système s'étendît à tout l'univers ; cela était d'ailleurs impossible : l'esprit national des Anglais et des Allemands s'y fût opposé […] Cependant on sacrifiait à des abstractions et à de vaines espérances le bien des générations présentes […] Les savants conçurent une autre idée tout à fait étrangère au bienfait de l'unité de poids et de mesures ; ils y adaptèrent la numération décimale […] ils supprimèrent tous les nombres complexes. Rien n'est plus contraire à l'organisation de l'esprit, de la mémoire et de l'imagination […] Enfin, ils se servirent de racines grecques, ce qui augmenta les difficultés ; ces dénominations, qui pouvaient être utiles pour les savants, n'étaient pas bonnes pour le peuple […] C'est tourmenter le peuple pour des vétilles[106] !!! »

 

L’histoire des systèmes d’unités[107] de mesure est l’histoire des rapports entre les homes, pour réaliser des échanges Symétriques, tant scientifiques que culturels, économiques, et financiers.

 

Les systèmes de mesures antiques[108] renvoient directement au corps, et les unités sont le pied, le pouce, la coudée, ce qui ne laisse aucun doute sur leurs origines…

 

« Dans l’Antiquité romaine, on utilisait douze unités de mesure : le doigt, l'once (ou pouce), la paume, le pied, la coudée, le [simple] pas, le double pas, la perche (ou decempeda), la longueur d’arpent, le stade, le mille et la lieue.

Pour des mesures plus petites que le doigt, les Romains parlaient d’un demi-doigt, d’un tiers de doigt, d’un quart de doigt, etc. Le simple pas fut peu utilisé. La perche était généralement équivalente à dix pieds (decempeda). Vers la fin de l’Antiquité, les arpenteurs utilisaient aussi une perche de treize pieds romains et demi (216 doigts) ou d’une perche de douze pieds à 18 doigts, avec toujours 216 doigts.

Les Grecs appelaient « pygme » (l'avant-bras: de la coudée jusqu'au poignet) un « pied » de 18 doigts. Il s’agit en fait du « pied » (mieux: pygme) dit de Charlemagne (18 × 18,525 mm = 333,45 mm), connu et utilisé plusieurs siècles avant la naissance de celui-ci. Cette attribution est donc seulement légendaire. Aussi dans ce même texte de la fin de l’Antiquité, on peut citer : « Ulna habet pedes IIII ». Il s’agit précisément de l’aune de François Ier (1540), qui se voulait exactement de quatre pieds romains. (4 × 29,64 cm = 118,56 cm)

L’arpent, ou plus précisément une longueur d’arpent, servait essentiellement pour calculer les mesures agraires. Le stade est le huitième du mille. La lieue gauloise (« leuga gallica », de 2 223 m) et la lieue gallo-romaine ont aussi coexisté avec le mille.

 

Cet extrait de Wikipédia nous rappelle que la meilleure mesure de distance est celle, qui est un multiple de notre pas. Mais malheureusement, lorsque je dis à mon voisin, « C’est juste à trois pas de chez toi », s’il n’a pas ma taille, alors cela sera peut-être quatre pas pour lui. Mais cette information contient une référence en lien avec son propre corps, qui est Symétrique avec le mien, et il peut faire un rapport d’échelle en me regardant pour adapter l’information à son usage. Chez les Romains les mesures pour les liquides et les volumes sont aussi en rapport avec les mesures du pied.

 

Le setier (lat. sextarius, en français ancien : « sextier » ou bien parfois, de manière abusive: « septier ») est la sixième part du conge.

Ce dernier est la huitième part de l’amphore quadrantal, c’est-à-dire du pied romain cube. Une cuillérée (ligula en latin) est 1/48 eme d’un setier et le boisseau romain est le pes cube etc. »

 

Nous retrouvons chez les Égyptiens la même logique de Symétrie entre le corps humain et la mesure des choses, le doigt étant la mesure de base…

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/96/Coud%C3%A9e-Turin-sch%C3%A9ma.jpg/1280px-Coud%C3%A9e-Turin-sch%C3%A9ma.jpg

Figure 24 : Schéma d'une coudée royale étalon construit à partir de la coudée royale du musée égyptologique de Turin[109]

 

7.  L’environnement

La spécificité d’une structure autonome, pouvant se déplacer dans un environnement, l’oblige à avoir un système de reconnaissance des autres structures, qui se trouvent dans son entourage. Une structure est visible ou pas, c’est-à-dire : qu’elle est ou pas captée par nos sens (vue – ouïe – odorat – toucher – goût). On peut savoir qu’une structure se trouve à un emplacement défini, sans en avoir un contrôle par les sens, mais dans ce cas, cette information n’est pas fiable. On va donc élaborer des mécanismes, pour s’assurer que certaines structures non perceptibles sont bien là où notre mémoire les places. Si ces mécanismes sont fiables, alors nous pourrons prendre appui sur eux. Cette digression nous apprend : qu’il existe des appuis non physiques avec lesquels nous allons pourtant réaliser des choses. Nos raisonnements vont en fait, en permanence, mixer des appuis physiques concrets, avec des appuis virtuels plus ou moins fiables. Avez-vous fermé la porte de la salle de bain, ce matin ?

7.1.   Force universelle

Nous sommes entourés par des forces universelles, la principale pour le corps étant la gravité terrestre. Ces forces nous imposent leurs spécificités, et notre corps est certainement en grande partie conçu, pour se lier avec elle, dans les meilleures conditions. Ces forces sont perçues comme des forces, car justement elles nous imposent leurs règles. Ou plus précisément, ces forces n’existent que parce que nous les percevons d’une manière ou d’une autre. Un cosmonaute dans la station MIR, ou ISS, se libère de la gravité, et son corps se modifie en conséquence. En fait, nous ne connaissons directement que les forces, qui interfèrent avec nos capteurs sensoriels. La recherche scientifique nous a apporté un certain nombre d’outils, qui nous permettent de capter des informations, dans des fréquences que nos capteurs ne peuvent pas percevoir. Les scientifiques nous parlent depuis des années de la matière noire[110], mais qui l'a vue, ou même perçue, nous la cherchons encore… Simplement, nous n’avons pas de capteur pour la mettre en évidence, et elle n’est perceptible que par l’empreinte qu’elle forme, par son absence de reconnaissance. Les forces Universelles sont de fait, à travers les filtres de nos capteurs, une information fiable, qui nous permet d’élaborer l’ensemble de nos réalisations. En effet, le monde est parfait, car toutes les choses sont soumissent à ces forces, et nous pouvons grâce à cela élaborer des raisonnements viables, et tout simplement vivre au quotidien, au travers de l’expression de ces forces. Toutes nos actions physiques sont impactées par ces forces, et elles sont réalisées en les utilisant comme des outils. Lorsque je jette un simple caillou, j’utilise la gravité, pour m’assurer qu’il va retomber sur ma cible. L’usage de ces forces est tellement intégré en nous, que nous n’y prêtons plus attention. Je marche d’un endroit vers un autre, sans me préoccuper le moins du monde des différentes forces que je mets à contribution. Mon corps est optimisé pour les exploiter, et ce pré câblage fait partie de la connaissance innée de ces forces. La lumière du Soleil me fournit dans la journée une lumière blanche, qui me permet d’observer le monde à l’aide de mes yeux, et de ses trois types de cônes, l’ensemble des couleurs, qui me sont accessible. Les ondes sonores se propagent dans l’air et arrivent à mes oreilles, et j’entends des sons, sans me préoccuper le moins du monde de la forme de ces ondes, qui peuvent être observées avec un équipement spécialisé. Ces forces universelles forment, par leurs expressions, une connaissance innée, qui est de type Universel. Cette connaissance Universelle vient s’ajouter à celle déjà donnée par le corps en tant que modèle Universel. La science parle d’interaction élémentaire[111], et en compte quatre : Ce sont l'interaction nucléaire forte, l'interaction électromagnétique, l'interaction nucléaire faible et la gravitation. L’interaction nucléaire forte, qui assure la cohésion des noyaux atomiques, et donc de la matière, est tellement évidente qu’elle est presque totalement ignorée au quotidien, qui pense à elle...  L’interaction électromagnétique qui assure les phénomènes comme la lumière, l’électricité, le magnétisme, est peut-être plus connue des étudiants. L’interaction nucléaire faible s’est fait connaitre avec la radioactivité, cette chose si dangereuse, mais que l’on ne voit pas. Enfin la gravitation qui nous soumet en permanence en nous plaquant au sol et qui reste un mystère pour les scientifiques.

« La gravitation est le phénomène d'interaction physique qui cause l'attraction réciproque des corps massifs entre eux, sous l'effet de leur masse. Il s'observe au quotidien en raison de l'attraction terrestre qui nous retient au sol. La gravité est responsable de plusieurs manifestations naturelles : les marées, l'orbite des planètes autour du Soleil, la sphéricité de la plupart des corps célestes en sont quelques exemples. D'une manière plus générale, la structure à grande échelle de l'univers est déterminée par la gravitation. »

 

Propriétés de la gravitation :

 

Elle ne peut pas être neutralisée comme les forces électromagnétiques, elle est dominante pour les grandes structures de l’univers, car elle est toujours attractive.

 

C’est la plus faible de toutes les interactions, 1038 fois plus faibles que l’interaction nucléaire forte. Le vecteur responsable de la gravité est inconnu bien que certaines hypothèses avancent l’existence d’une particule, le graviton[112] , qui est serait l’origine.  

 

Avec la gravitation, tout est en réalité attiré vers le centre. Et avec la mise sur orbite,[113] ce centre est lui-même en relation avec un autre, qui le lie.

 

L’ensemble de l’Univers semble relié à travers ces centres de manière invisible, mais bien concrète. Il existe en ces centres une information commune à toutes les formes, qui les lient. La Terre n’est pas le Soleil n’y la Galaxie, pourtant ils orbitent les uns par rapport aux autres, comme liés par des fils invisibles, comme une chèvre attaché à son poteau par un fil élastique. On peut aussi voir comme un arbre, dont la Galaxie serait le tronc, les étoiles la limite des branches invisibles, etc.… Ce qu’il faut retenir c’est que nous sommes tous attirés par le centre de la Terre, nous sommes en permanence en relation de fait à travers ce centre. Lorsque je suis en relation avec une personne ou une forme, il y un triangle, qui peut être tracé, dont la pointe est, géométriquement le centre de la Terre et les deux autres points nos centres de gravité personnels.

 

7.2.   Posture et environnement

Comme nous l’avons vue dans un autre chapitre, nous devons pour assurer notre locomotion, et notre stabilité, contrôler un certain nombre de paramètres, qui vont préciser notre posture. La posture de l’humain, c’est son rapport avec sa place, qu’il négocie en permanence avec les différentes forces, qui le contraignent. Le maintien de la posture fait intervenir au minimum quatre paramètres, qui sont un appui avec le sol (le toucher), la vision de l’environnement (vue), l’audition des sons qui nous entoure (ouïe), et la proprioception[114], qui est la perception du corps. Bien sûr, toute information complémentaire va renforcer la posture. La posture étant en rapport avec des forces agissantes, l’objectif est un équilibre entre le corps, l’environnement et ces forces. La force principale est la gravité, mais nous pouvons aussi avoir le vent, la chaleur, et toute autre énergie, qui vont pouvoir être en contact avec le corps et le contraindre.

7.3.   Le cadre limitant

Cette différence, entre les choses visibles dans notre environnement et leurs analogies mémorielles conscientes, ou inconscientes, introduit une logique subtile, et invisible, fruit de ce lien entre l’environnement et son décodage, à l'aide de nos acquis. Les choses perçues s’inscrivent autour de nous, et nous sommes toujours le centre de notre environnement. Cet environnement a une limite, qui est également notre limite de perception. Nous sommes donc perpétuellement inscrits dans des limites, qui sont un cadre dans lequel nous évoluons. Ce cadre se déplace avec nous, et fait apparaitre le décor qui nous entoure. Pour la mémoire, c’est exactement la même chose : le cadre est alors la somme des informations que l'on peut évoquer à un moment donné. Pour la majorité des individus, nous ne sommes pas dans la vacuité, mais contraint à un cadre de perceptions qui nous limitent.

Dans ce « cadre », nous allons pouvoir, à l’aide de la mémoire, déchiffrer un lieu, puis un décor, puis des objets, des formes, enfin une situation, de l’information. Notre environnement est avant tout, une sorte de patatoïde en couche d’oignons, qui va des limites de perception à l’information contenue dans ces limites. Mais, tout est là en même temps mélangé dans ce cadre, et de plus chacun aura son propre point de vue, basé sur son acquit mémoriel, ainsi que son propre décodage des différentes couches.

Figure 25 : Du cadre à l'information

 

 

Couche

 

 

Exemple 1

 

Exemple 2

 

Exemple 3

 

cadre

 

Une forêt le jour

 

Ma maison

 

Je pense à mes vacances d’été

 

 

Le décor

 

Une clairière avec des ruines

 

Un coin douche et des serviettes

 

Du sable et de l’eau

 

 

Le lieu

 

Un petit temple

 

Ma salle de bain

 

Un bord de mer

 

 

 

Objets / formes

 

Une pierre avec une épée

une pancarte

 

Une savonnette un gant

 

Un château de sable

Une serviette

 

 

Situations / informations

 

Sur la pancarte il y a écrit : « celui qui retirera l’épée du rocher sera le nouveau Roi »

 

 

L’eau coule, elle est chaude

 

Je suis allongé sur le sable

L’exemple 3 introduit le fait que le cadre n’est pas forcement sensoriel, mais peut être purement imaginaire. L’imaginaire va pouvoir se mixer avec le réel (capté par les sens) à tous les niveaux de cette encapsulation. Les travaux de Robert Dilts[115] proposent un autre type d’encapsulation, avec son modèle des « niveaux logiques », où se mélangent le réel et l’imaginaire du patient, qui présentent un intérêt opératif, car jouer sur une des couches, c'est agir directement sur celles qui se tournent vers nous.

Je suis ici et maintenant, dans le néant

 

Une cadre apparait, limitée par mon champ de vision.

Il contient un décor : le ciel, la plage, l’eau…

 

À partir du décor je reconnais le lieu : un bord de mer, ainsi que ce qui s’y trouve : un couple sur la plage, un avion dans le ciel, un serpent au bord de l’eau.

Le décor s’anime et contient de l’information : le couple parle d’une personne, l’avion fait du bruit, le serpent se dirige vers l’eau.

 

Je m’inscris dans l’ensemble, et je me raconte une histoire : je sors du néant, mais rentre dans mon rêve, qui peut devenir une sorte de Symétrie du contenu, du cadre.

 

Nous est-il possible, à l’image de l’image du livre de Camille Flammarion, de sortir du cadre, et pour y trouver quoi ?

Dans le livre de Flammarion, l'image[1] comporte une légende : « Un missionnaire du Moyen Âge raconte qu'il avait trouvé le point où le ciel et la Terre se touchent ... » En regard, le texte suivant accompagne l'image : « Qu'y a-t-il, alors, dans ce ciel bleu, qui existe certainement, et qui nous voile les étoiles durant le jour ? », ce qui nous renvoie à l’anecdote de la vitre du salon évoquée dans un autre chapitre.

 
 Figure 26 : L'atmosphère, météorologie populaire, au chapitre La forme du ciel p163

« Les poètes latins placèrent sur cette voûte, au-dessus des planètes et des étoiles fixes, les divinités de l'Olympe et l'élégante cour mythologique. Avant de savoir que la Terre est dans le ciel et que le ciel est partout, les théologiens avaient installé dans l'empyrée la Trinité, le corps glorifié de Jésus, celui de la vierge Marie, les hiérarchies angéliques, les saints et toute la milice céleste.

Un naïf missionnaire du moyen âge raconte même que, dans un de ses voyages à la recherche du Paradis terrestre, il atteignit l'horizon où le ciel et la Terre se touchent, et qu'il trouva un certain point où ils n'étaient pas soudés, où il passa en pliant les épaules sous le couvercle des cieux. Or cette belle voûte n'existe pas ! Déjà je me suis élevé en ballon plus haut que l'Olympe grec, sans être jamais parvenu à toucher cette tente qui fuit à mesure qu'on la poursuit, comme les pommes de Tantale. Mais quel est donc ce bleu qui certainement existe, et dont le voile nous cache les étoiles pendant le Jour ? Cette voûte, que nos regards contemplent, est formée par les couches atmosphériques, qui en réfléchissant la lumière émanée du Soleil, interposent entre l'espace et nous une sorte de voile fluide qui varie d'intensité et de hauteur suivant la densité variable des zones aériennes. On a été très longtemps à s'affranchir de cette illusion et à constater que la forme et les dimensions de la voûte céleste changent avec la constitution de l'Atmosphère, avec son état de transparence, avec son degré d'illumination. »

7.4.   Sortie hypnotique du cadre

 
Figure 27 : Coupes ou visages paradoxe 

Un événement extérieur ou intérieur a toujours lieu quelque part, c’est le cadre de l’événement, ou bien simplement la limite du lieu, où se déroule l’événement, qu’il soit réel, ou imaginaire, ou encore d’un autre type.  Ce cadre, limitant le lieu, n’est pas forcément une image, ou bien quelque chose de lié à la vision. Et alors même que tous les événements s’inscrivent en général dans un cadre, et qui peut d’une certaine manière être imaginé, ou pas, et à la convenance du sujet, qui pourra, s’il le désire y revivre cet événement, ou un autre. Comme une simple conversation intérieure, qui possède elle aussi généralement un cadre, un sujet, un thème, une information, ou toutes autres choses, et il est possible, et si le sujet le désire, pour lui, de dialoguer intérieurement en fermant les yeux, ou de rêver les yeux ouvert, et cela lui permet d’expérimenter un autre type de cadre, et ce peut être un simple souvenir, ou un film, ou une affiche, ou une image, ou un tableau, ou bien un écran d’ordinateur, ou encore tous autres types de cadre, ou forme possédant des limites, ou non. Un aveugle, comme un sourd-muet, ou une personne en pleine possession de ses sens, a le droit de revisiter, ou raviver, ou même d’imaginer un événement, ou toutes autres histoires de son choix, qu’elle soit réelle, ou de fiction, et de l’inscrire dans un cadre, qui lui correspond,  un cadre à sa dimension, un cadre à son potentiel, que lui seul, au fond de lui, peut reproduire, ou imager, ou imaginer à sa convenance.

Comme dans tous lieux, un décor est présent, ce décor n’est pas uniquement, ou simplement décoration, ou présence de formes, il est aussi en quelque sorte la chose, ou l’ensemble des choses, qui donne vie à ce lieu. Comme le son, d’un orchestre symphonique, que l’on peut goûter en fermant les yeux, ou encore en se laissant bercer par les vibrations émissent par les différents instruments, ou simplement en observant passivement les arabesques, que font les archers des instruments à cordes, à l’image des champs de blé au printemps, lorsque le vent s’empare des tiges chargées de grappes, composées de lourdes graines, et qu’il dessine avec des arabesques folles vers le sol, et bien d’autres images encore, ou analogies, ou métaphores, également à votre disposition, qui sont stockées en vous à l’intérieur, et qui n’attendent que vous pour rejaillir, et se répandent dans ce lieu, ou se déploie votre rêve. Les rayons du soleil, qui éclaire votre chemin, dans cet endroit ou jadis encore vous aimiez à vous promener, ou simplement le bruit de ce ruisseau, ou ces odeurs de confitures, ou ces matins d'hiver aux brouillards givrant, ou la vision de cette belle maison, ou encore cette sensation de chaud, que l’on peut ressentir sûr sa peau, ou dans son corps, dans certains lieux, et à certains moments, ou même simplement la présence de ces meubles, et de leurs histoires, simplement là avec vous dans cette pièce, et tant de choses, qui vous ont fait rêvé, et continuerons à le faire. Ici, juste à la limite de votre corps, formant comme une limite visible, et sensible, entre l’intérieur, et l'extérieur il y a, et c’est logique, ce décor extérieur, et vous pouvez le toucher, ou l’entendre, ou même le sentir à travers quelques parfums, ou odeurs, comme lorsque l'on traverse un champ de colza en fleurs, ou que l'on rentre dans une boulangerie, mais parfois cette limite n’en est pas une, et ce décor a juste comme limite votre imaginaire, qui comme vous le souhaitez peut créer à l’intérieur un autre décor à votre mesure. Votre imaginaire, qui peut s'il le désire créer, ou recréer, tous les détails utiles d’une ambiance, d’une décoration, d’un lieu, d’un événement, ou de simples sensations légères. Bien souvent, et parfois, et pour certains événements, le lieu peut se résumer à quelques éléments physiques, ou psychologiques, ou spirituels, et qui marquent, d’une certaine manière, le souvenir de ce lieu. Il peut même arriver que ces éléments soient d’un autre ordre, comme une émotion, ou une sensation, ou un rêve, ou tous autres événements non physiques, ou physiques, ou qui s’y rattache….

 

Ce cadre, posé par l’esprit conscient, ou inconscient, et les acteurs réels, ou virtuels, qui vont naturellement trouver leurs places dans ce lieu intérieur, ouvre des portes nouvelles à l’événement, qui peut alors se jouer, ou se rejouer dans ce décor imaginaire, ou reconstruit, en correspondance avec vos souvenirs, ou votre fantaisie. Des choses, qui étaient statiques d’une certaine façon, comme en attentent en vous, et qui vont, dans quelques instants, pouvoir s’animer pleinement à l’intérieur, et à votre allure, et dans votre propre monde intérieur, vont permettent ainsi à plusieurs parties de vous-même de dérouler ce scénario du passé, ou cette fiction,  ou ces légers ressenties. Un scénario complexe, ou très simple, qui n’est pas forcément une sorte de reproduction très précise de l’événement, mais, qui si vous le désirer, sera comme un rêve très coloré, ou éventuellement une forme simple, ou une forme sans forme, ou simplement des sons, ou un sentiment, ou toutes autres choses. Comme certaines métaphores organiques, qui peuvent se déployer à tous niveaux, qu’elles soient sensorielles, ou pas, et ceci à votre convenance, ou à l’insu de votre plein gré. Ou bien, tous autres moyens en rapport direct, ou indirect avec l’événement, et qui le représente, sans forcément le représenter, mais cela n’a pas d’importance, car à l’intérieur cela sait, ce que cela a à faire, et vous le savez aussi, même si une partie de vous pense ne pas le savoir, l’autre elle le sait, et cela vous suffit, et cela se fait. Une sorte de cheminement intérieur à la mesure du rêve, se déploie actuellement en vous, consciemment, ou inconsciemment, et construit simplement par le-vous de vous-même, qui sait pour le-vous, qui ne sait peut-être pas encore, et le vous qui sait vous permet de parcourir ce rêve, de rêve, en toute sécurité, et vous aide à le comprendre dans les meilleures conditions possible. Un cheminement peut être visible, ou invisible, et un trajet n’est pas forcément une trajectoire, et un déroulé n’est pas forcément un rouleau, ou une vague, qui se déploie, mais toutes choses que votre esprit inconscient va pouvoir utiliser à sa convenance, pour exprimer dans votre style, ce qui n’appartient qu’à vous, et formule votre histoire. Ce scénario, qui se déroule dans ce décor, aussi étrange ou clair qu’il puisse paraitre, construit sur vos mesures, et à votre mesure, par votre esprit inconscient, pour votre esprit conscient, et où vos différentes parties vont pouvoirs en toute sécurité se déverser, ou se diffuser,  pour enfin pouvoir classer cet événement, objet de ce scénario, et vous permettre, si vous le désirer, de le ranger dans la boite des simples souvenirs du passé.

 

Finalement, un cadre est une sorte de récipient, ou une chose plus liquide, plus fluide, plus intérieure, va pouvoir se déverser, ou encore va pouvoir se laisser glisser pour prendre, ou reprendre forme. Le récipient finalement n’a pas d’aspect préconçue, il est juste ici et maintenant le cadre, que votre inconscient va créer pour vous, à sa guise, pour simplement honorer cette demande de recréer un lieu d’accueil, qui va permettre à l’événement du passé, qui pourra se présenter sous une forme métaphorique, de se dérouler une nouvelle fois, accompagnée par cette partie de lui-même, qui le représente comme, ce qui a survécu dans sa totalité à l’événement, et par cette partie de lui-même, qu’il était juste avant l’événement.

 

Tandis, que vous visualisez ces quelques lignes, et qu’au même instant votre corps est positionné dans l’espace, qui autour de vous, et que vous pouvez aussi peut-être entendre les sons qui vous entourent, vous pouvez probablement, ici et maintenant, simplement constater que vous lisez ce texte, et que ce texte soit sûr une simple feuille de papier, ou sûr votre écran d’ordinateur, tout cela vous permet déjà de constater qu’une chose étrange se produit en vous. Et que tant que vous êtes là, devant ce texte, et que cette lumière magique vous parvient, ainsi que quelques bruits, vous pouvez, constater que ma voix résonne dans votre esprit. Une voix venant de nulle part, et qui vous accompagne, dans votre lecture, à votre propre rythme. Et alors que vos yeux regardent ces formes simples, et ces quelques lettres, et les espaces, qui les séparent, et que le bruit de fond de la pièce arrive à vos oreilles de l’extérieur, sans aucun effort, vous pouvez prendre conscience qu’une partie de vous c’est comme détaché, et donne vie à cette voix à l’intérieur. Et alors même, que vous voyez ces formes dessinées, sur ce support, cette voix elle, résonne à l’intérieur, et se déploie automatiquement, comme associé à cette vision graphique. Elle vous accompagne comme un ami, qui vous connaîtrait déjà, venant du plus profond de vous, comme un autre vous-même, qui ne serait pas autre, mais qui pourtant, en quelque sorte, vous fait face. Et dont chaque nouveau mot, qui résonne en vous, vous entraîne plus profondément encore à l’intérieur. Cette simple voix, venant de l’intérieur, comme vivante, et qui vous accompagne, alors que ce texte statique lui est là, simplement placé devant vous à l'extérieur. Des sons, présents en ce lieu vous parviennent peut-être encore, comme une sorte de brouhaha, mais ils sont à l’extérieur et ne vous concernent pas, tandis que cette voix à l’intérieur s'adresse directement à vous. Vous ne s’avez pas forcément si cette voix est la vôtre, ou bien la mienne, ou encore peut-être celle d’un autre, mais peu importe, elle vous entraîne à l’intérieur, car sans doute possible c’est de là qu’elle vient, et c’est là qu’elle vous transporte, et vous conduis, de plus en plus profondément, et elle vous accompagne dans cette plongée à l’intérieur, et elle vous guide en vous-même en vous éloignant du monde extérieur, en générant une juste détente intérieure, ou comme une sorte de relaxation, ou un  lâcher-prise, ou une forme de transe, ou toutes autres relâchements dont vous avez en ce moment le ressentie, et qui n’appartient finalement qu’à vous, et dont vous êtes l’auteur. Alors que vous pouvez encore voir ce texte, pour quelque instant, ou bien un peu plus, vous pouvez, si vous le désirer, jouer avec cette voix étonnante, qui vous entraîne vers l’intérieur de vous-même, par vous-même, et pour vous même, vers les profondeurs d’une profonde détente, et vers votre propre décontraction que vous nourrissez vous-même à votre propre rythme. Un lien invisible vous est visible, entre cette voix et vous, et cette voix qui résonne à l’intérieur, et qui vous entraîne de plus en plus vers cet état de détente qu'une partie de vous-même désire profondément. Laisser donc cette partie de vous-même vous installer profondément dans cette détente, et profiter pleinement de ce nouveau cadre, qui se transformera, si vous le désirez, en un rêve positif, ou en sommeil récupérateur, ou de toute autre sorte de moment agréable pour vous. Vos yeux peuvent maintenant eux aussi se fermer à l’extérieur et vous pouvez, si vous le souhaiter, rejoindre ces profondeurs, et la voix, cette autre partie de vous-même, peut continuer, à votre convenance, de vous entraîner à votre rythme, vers l’intérieur de vous-même, de plus en plus profondément, alors qu’à l’extérieur, tout continu de se faire, comme cela doit se faire, et que cela se fait finalement très bien sans vous.

 

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Figure 28 : Sarcophage des Muses, représentant les neuf Muses et leurs attributs. Marbre, première moitié du IIe siècle ap. J.-C., découvert sur la Via Ostiense.[116]

Et lorsque vous aurez fait ce que vous avez à faire, à votre rythme, à votre vitesse, en prenant tout votre temps, vous pourrez dans quelques instants, ou quelques minutes, revenir au cadre de la pièce, où certainement vous vous trouvez déjà. Les quelques bruits de la pièce se rappellent maintenant à vous, et vous permettent d’expérimenter cette autre limite, plus concrète, qui vous replace ici et maintenant, devant ce simple texte.

 

7.5.   Des propositions de modèles

Voici ici résumées rapidement des modélisations de nos besoins réalisées par différents auteurs, afin de vous faire une idée plus précise, et constater la permanence de nos quatre besoins vitaux, comme point départ de notre interaction avec notre environnement.

7.5.1.  Modèle de Maslow

Abraham Maslow[117] a modélisé,  sous la forme d’une pyramide, la hiérarchie des besoins, il expose sa théorie dans « A Theory of Human Motivation » en 1943. En réalité, la forme pyramidale est une interprétation plus tardive de ses travaux, qui est beaucoup exploitée dans le marketing, pour vendre des produits. Faire une Symétrie métaphorique, entre la réponse à un besoin, et un produit, est une sorte de magie, ou le client, qui pense que le produit pourra répondre à son besoin, sera berné, et provoquera l’achat. Connaitre les besoins, c’est pouvoir créer des illusions analogiques en rapport avec le besoin. Quelqu’un qui a besoin de reconnaissances, et de sécurité va par exemple porter un teeshirt avec un tigre menaçant. Pour rappel, étaient condamnées à mort, en chine, toutes personnes autres que l’empereur, qui portaient sur ses vêtements l’image d’un dragon.  Ou encore, étaient condamnées à mort toutes personnes portant le violet, couleur réservée aux cardinaux et au pape.

 

Besoin d'accomplissement de soi

se reconnaitre

Besoins d'estime

confiance et respect de soi, reconnaissance et appréciation des autres

Besoins d'appartenance et d'amour

affection des autres

Besoins de sécurité

environnement stable et prévisible, sans anxiété ni crise

Besoins physiologiques

faim, soif, respiration, sommeil, sexualité,  élimination

 

Ce modèle, comme tous les modèles, a été contesté et modifié, voire invalidé, mais il nous donne quelques pistes de compréhensions des Symétries qui parfois s’éveillent en nous, face à des formes, qui deviennent des désirs. Les besoins définis dans le tableau ne sont pas vraiment des couches, mais des besoins subtilement enchâssés. La courbe suivante, proposée par l’encyclopédie en ligne Wikipédia précise le modèle.

Figure 29 : Représentation dynamique de la hiérarchie des besoins[118]

7.5.2.  Modèle de Dilts

Le modèle de Robert Dilts comporte six niveaux, qui sont tous formulables au moyen de questions, qui font appellent au système mnémotechnique CQQCOQP, et au modèle OSI que nous verrons plus loin.

 

Spirituel

« Qui d'autre ? »

C'est le niveau d'appartenance et qui répond à la question : « À quel monde je me sens appartenir ? »

Identité

« Qui ? »

C'est le niveau qui identifie une métaphore illustrant l'identité et la mission du sujet

Croyances

« Pourquoi ? »

C'est le niveau des croyances et des valeurs, sur soi, sur les autres ou sur la vie.

Capacités

« Comment ? »

C'est le niveau des compétences et de l'organisation.

Comportement

« Quoi ? »

C'est le niveau des actions qui sont réalisées ou non.

Environnement

« Où et quand ? »

C'est le niveau du contexte dans lequel le sujet évolue.

 

Le modèle de Dilts propose de modéliser la manière donc nous traitons les informations de notre environnement. Dans ce chapitre, nous voulons simplement faire constater qu’un environnement physique, ou virtuel (film, pièce de théâtre, rêve…), se présente à nous comme quelque chose de structuré, quel que soit l’environnement dans lequel nous nous trouvons placé, et quel que soit la manière dont nous traitons l’information. Nous sommes de fait dans une structure, allant du cadre à l’information, le tout s’utilisant lui-même, pour construire les différentes couches.

7.5.3.  Sociologie

La sociologie propose une classification réduite à trois niveaux :

·         Besoin primaire[119] ou besoin vital, physiologique. Ces besoins sont Universels et concernent toutes les sociétés.

·         Besoin secondaire ou besoin social. Il est impossible de vivre en société et de ne pas respecter ces besoins pour avoir une vie normale. Ce sont des choses physiques comme se laver,  mais des obligations comme porter un nom, savoir parler et lire, avoir une adresse ou un lieu de contact, porter des vêtements aux normes…

·         Besoin tertiaire ou besoin personnel. Ils servent à se sentir bien, à être en bonne santé mental ou simplement de bonne humeur. Ce sont nos activités de loisir, nos collections, nos désirs…

7.5.4.  Épicure

 

Épicure propose une classification en quatre catégories[120] :

Résumé dans ce tableau :

Classification des désirs selon Épicure

Désirs naturels

Désirs vains

Nécessaires

Simplement naturels

Artificiels

Irréalisables

Pour la vie (nourriture, sommeil -

Besoins vitaux)

Pour la tranquillité du corps

(aponie)

 

Pour le bonheur (ataraxie)

Variation des plaisirs, recherche de l'agréable

ex : richesse, gloire

ex : désir d'immortalité

 

7.5.5.  Machine de Turing, et modèle du monde

 

« La machine de Turing est un modèle abstrait du fonctionnement des appareils mécaniques de calcul, tels un ordinateur et sa mémoire, imaginés par Alan Turing en 1936 en vue de donner une définition précise au concept d’algorithme ou « procédure mécanique ». Ce modèle est toujours largement utilisé en informatique théorique, en particulier pour résoudre les problèmes de complexité algorithmique et de calculabilité. »

 

Une machine de Turing est un septuplet (Q,\Gamma, B, \Sigma, q_0, \delta, F) où :

 

·         Qest un ensemble fini d'états ;

·         \Gammaest l'alphabet de travail des symboles de la bande;

·         B\in\Gammaest un symbole particulier (dit blanc) ;

·         \Sigma est l'alphabet des symboles en entrée (\Sigma\subseteq\Gamma\setminus\{B\}) ;

·         q_0\in Qest l'état initial ;

·         \delta : Q\times\Gamma\to Q\times\Gamma\times\{\leftarrow,\rightarrow\}est la fonction de transition ;

·         F\subseteq Qest l'ensemble des états acceptants (ou finaux, terminaux).

 

Bien sûr 99 % des personnes qui viennent de lire, cette liste de paramètres n’a rien compris, voir ont pris peur, et peut-être même se sont dit : ce livre n’est pas pour moi. Les choses sont bien plus simples, et ce qui veut être montré ici, c’est que l’ensemble des mesures, et jugements d’ordres qualitatifs, que nous pouvons avoir, est réalisé à partir de Symétrie avec nous-mêmes. Je vais faire un commentaire sur la beauté des couleurs d’un paysage, alors que ces couleurs sont produites par mon cerveau, en relation avec les stimuli qui ont été captés par mes yeux. Je vais considérer que la maison de mon voisin est loin de chez moi, simplement parce qu’il va être à plus qu’un certain nombre de pas de ma position. Je vais trouver ce plat mauvais, parce qu’il me provoque une réaction désagréable dans la bouche, alors que mon voisin de table le trouve excellent. Mon corps est mon outil de mesure du monde, et lorsque je qualifie quelque chose, en réalité je fais un commentaire sur la mesure qu’il a fait, et pas sur la chose qu’il a mesurée. Si j’utilise des outils de mesures indépendants de mon corps, il faut bien voir qu’ils ont été établis à partir de celui-ci, et que s’ils sont plus impartiaux, ils me donnent de toute manière qu’une information que je suis capable d’appréhender, et qui a préalablement été étalonnée sur mes sens. Dans ce contexte, on peut dire que ce qui est observé est une Symétrie de l’observateur, ce qui fait dire à certains que : « l’observateur est l’observé[121] ».

7.5.6.  Théorème de Bayes

Les travaux du révérend Thomas Bayes, au XVIIIe siècle, ont mis en évidence des équations mathématiques de calcul de probabilités, qui sont actuellement considérées comme une éventuelle connaissance. C'est-à-dire que ces équations seraient le modèle mathématique de la méthode utilisé au sens large par la création, pour organiser la matière, et le vivant. Ces équations seraient câblées directement dans notre cerveau, et dans la matière elle-même, qui prendrait des décisions en fonction de ce théorème[122].

 
Figure 30 : Thomas Bayes

« L’école bayésienne utilise les probabilités comme un moyen de traduire numériquement un degré de connaissance (la théorie mathématique des probabilités n’oblige en effet nullement à associer celles-ci à des fréquences, qui n’en représentent qu’une application particulière résultant de la loi des grands nombres). Dans cette optique, le théorème de Bayes peut s’appliquer à toute proposition, quelle que soit la nature des variables et indépendamment de toute considération ontologique. »

 

 

« En théorie des probabilités, le théorème de Bayes[123] énonce des probabilités conditionnelles : étant donné deux évènements A et B, le théorème de Bayes permet de déterminer la probabilité de A sachant B, si l’on connaît les probabilités :

de A ;

de B ;

de B sachant A.

 

Ce théorème élémentaire (originellement nommé « de probabilité des causes ») a des applications considérables. Pour aboutir au théorème de Bayes, on part d’une des définitions de la probabilité conditionnelle : »

 

Soit le théorème de Bayes :  P(A/B) = (P(B/A) x P(A) ) / P(B)

 

:                   Événement dont on cherche à évaluer la probabilité.

Par exemple : va-t-il venir me voir ce soir.

 

B :                   Événement auquel on souhaite confronter l’événement A.

Il peut s’agir d’une connaissance préalable (il a dit qu’il viendrait peut-être) ou d’une observation dont on vient de prendre connaissance (il n’est pas chez lui)

 

P(A/B) :          Probabilité a posteriori de A. Voici l’objet du calcul : ce terme quantifie la probabilité que l’événement A se réalise, sachant qu’un événement B a eu lieu.

Quelles sont les chances qu’il vienne, sachant qu’il y a n’est pas chez lui.

 

P(B/A) :          Nommé « fonction de vraisemblance de A », ce terme quantifie la probabilité de l’événement B, sachant que l’événement A s’est produit.

Quelles sont les chances qu’il ne soit pas chez lui  s’il vient ? C’est grâce à elle que la formule remonte depuis les conséquences vers les causes.

 

P(A) :                          Probabilité a priori de A : c’est la chance qu’avait l’événement A de se réaliser avant que l’on connaisse l’événement B.

La probabilité qu’il vienne.

 

P(B) :                         Probabilité a priori de B : ce terme quantifie la chance que l’événement B se réalise, sans considérer l’événement A.

La probabilité qu’il ne soit pas chez lui.

 

Tout ceci est incompréhensible pour un non-mathématicien, alors voici un exemple fourni par l’encyclopédie en ligne Wikipédia dont est tiré ce chapitre.

 

« À titre d’exemple, imaginons deux urnes remplies de boules. La première contient dix (10) boules noires et trente (30) blanches ; la seconde en a vingt (20) de chaque. On tire sans préférence particulière une des urnes au hasard, et dans cette urne, on tire une boule au hasard. La boule est blanche.

 

Quelle est la probabilité qu'on ait tiré cette boule dans la première urne sachant qu'elle est blanche ?

 

Intuitivement, on comprend bien qu'il est plus probable que cette boule provienne de la première urne, que de la seconde. Donc, cette probabilité devrait être supérieure à 50 %. La réponse exacte (le nombre de boules blanches de la première urne divisée par le nombre de boules blanches total, soit 30/50=60 %) peut se calculer à partir du théorème de Bayes.

 

Soit H1 l’hypothèse « On tire dans la première urne. » et H2 l’hypothèse « On tire dans la seconde urne. ». Comme on tire sans préférence particulière, P(H1) = P(H2) ; de plus, comme on a certainement tiré dans une des deux urnes, la somme des deux probabilités vaut 1 : chacune vaut 50 %.

 

Notons D l’information donnée « On tire une boule blanche. » Comme on tire une boule au hasard dans une des urnes, la probabilité de D sachant l'hypothèse H1 réalisée vaut :

 

P(D/H1) = 30/40 = 75% de chance de tirer une boule blanche

 

De même la probabilité de D sachant l'hypothèse H2 réalisée vaut :

 

P(D/H2) = 20/40=50% de chance de tirer une boule blanche

 

La formule de Bayes dans le cas discret nous donne donc.

 

P(H1/D) = (P(H1) x P(D/H1)) / (P(H1) x P(D/H1) +  P(H2) x P(D/H2))

 

P(H1/D) == 50% x 75% / (50% x 75% + 50% x 50%)

 

P(H1/D) = 60% de chance que la boue provienne de la première urne

 

Avant que l’on regarde la couleur de la boule, la probabilité d’avoir choisi la première urne est une probabilité a priori, P(H1) soit 50 %. Après avoir regardé la boule, on révise notre jugement et on considère P(H1/D), soit 60 %, ce qui confirme notre intuition première. »

 

Même avec cet exemple, il est possible que ce chapitre ne soit pas très bien perçu. Le théorème de Bayes ne nous donne pas les réponses à nos questions, mais montre le mécanisme, qui semble être utilisé par le vivant, pour prendre des décisions à partir d’un ensemble de données en relation avec un questionnement. Il me vient à l'esprit la réflexion déjà présentée dans un autre chapitre : « la signification d’un mot est mesurée par le nombre de réponses associées à ce mot. », ce qui peut se transformer en : « mon choix est mesuré, par le nombre de réponses associé à ce choix. ». Ou encore plus simplement : plus j’ai d’information sur un sujet, et plus je prends la bonne décision. La mémoire étant un système associatif, lorsqu’un problème se pose, la réponse à ce problème sera plus fine si nous possédons un nombre important d’association, dont nous connaissons les résultats. Je peux dire que d’habitude, lorsque je fais cette action, cela marche à 80 %, car je me rappelle de 10 associations, dont 8, qui ont eu un résultat positif. Bien sûr, cette logique se déroule de manière inconsciente, et câblée directement dans notre cerveau, elle est de l’ordre des automatismes, qui nous habite. Stanislas Dehaene[124] qui occupe la chaire de psychologie cognitive expérimentale au collège de France propose un ensemble de documents, qui précisent ces théories.

 

Voici un extrait d’un cours en ligne de Stanilas Dehaene du Collège de France :

 

À quoi ressemble une prise de décision « Bayésienne » ?

 

Interférence Bayésienne :

 

·         Chaque indice sensoriel fournit de l’évidence probalistique, qui contraint l’interprétation du monde extérieur.

·         Ces fragments d’évidence se combinent entre eux selon la règle de Bayes, et les a priori que nous pouvons avoir sur le monde.

 

Fonction de Gain :

 

·         La tâche motrice impose une certaine fonction de gain ou de perte.

·         Nous choisissons l’action qui maximise le gain attendu. 

 

Figure 31 : Introduction Cours N° 6 Stanislas Dehaene[125]

La mise en œuvre de l’équation de Bayes n’est possible que si A et au minimum B existe, nous sommes dans une logique de Symétrie de type statistique, qui va nous permettre de prendre une décision ou d’avoir un avis.

Figure 32 : Équation de Bayes – Balance

L’utilisation de ces équations est de plus en plus répandue dans toutes les branches de la science, un article du magazine Science et Vie la présente comme « La formule qui décrypte le monde[126] ». On retrouve ici la matrice « 2 et 1 » évoqué dans un autre chapitre, mais l’observateur est une « simple » équation mathématique.

 

La connaissance de cette équation permet d’agir en amont pour influencer un résultat, qui sera jugé, ou décodé à partir de cette formule. Il est facile de créer de faux événement B, qui une fois introduit dans les calculs les rendront erronés, mais juste pour celui qui les réalise. C’est la base de nombreuse escroquerie, où par exemple un joueur va en laisser gagner un autre, pour faire monter les mises, et lui fait croire qu’il gagne souvent. Lorsque les mises seront à un certain niveau, le tricheur va gagner, et récupérer ses mises perdues avec un bénéfice. C’est aussi une technique de vente où de faux acheteurs dans la foule vantent les qualités d’un produit, pour pousser les autres clients à acheter sur la base de leur propos. C’est la base des techniques de manipulation, où on va intégrer dans le réel de fausses informations, qui serviront d’éléments d’analyse aux autres, pour leur faire croire des choses de manière indirecte, et leur faire prendre la décision prévue. 

7.5.7.  Méthode QQOQCCP

Tout comme pour les filtres des sens, les filtres fonctionnels vont se déployer dans un ensemble de variables en rapport avec nos filtres : s’il s’agit d’un événement nous pourrons par exemple le qualifier et le cerner en utilisant la formule [127]QQOQCCP, pour « Qui fait quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Et pourquoi ?  Qui est également connu sous la variante mnémotechnique QQOQCCP.

 

« QQOQCCP est un sigle résumant une méthode empirique de questionnement. Toute démarche d'analyse implique en effet une phase préalable de « questionnement systématique et exhaustif » dont la qualité conditionne celle de l'analyse proprement dite. Ceci en vue de collecter les données nécessaires et suffisantes pour dresser l'état des lieux et rendre compte d'une situation, d'un problème, d'un processus. »

 

Cette méthode est très simple à comprendre, car elle nous parle directement, nous la reverrons plus en détail dans un autre chapitre.

 

8.  L’équilibre 

Cette logique de Symétrie entre deux choses introduit aussi une notion d’équilibre, c'est-à-dire qu’une structure objective doit être Symétriquement viable avec une autre structure, qui sera par exemple une référence mémorielle. De base, une Symétrie simple est comparable à une balance avec deux plateaux. Une balance introduit une notion de différence de quelque chose, c’est-à-dire que dans le cas d’une balance de boucher, par exemple, pour être justes, le poids de référence et la viande doivent pouvoir être comparés à travers la Symétrie (la balance), et avoir la même masse de chaque côté (il faut faire : deux poids et deux mesures, ou être partial). Dans le cadre du décodage des événements de notre environnement, la comparaison est faite entre notre réalité captée « ici et maintenant », et une référence mémorielle, présente, imaginaire, fantasque, ou un mixte d’un peu de tout. C’est-à-dire que nous avons l'apparition d'une résonnance, entre du vivant qui surgit, et du vivant préexistant. En fait, le vivant préexistant est de type référentiel, et d’une certaine manière il est inerte tant qu’il n’a pas été réévalué, lorsque l’on compare deux personnes elles peuvent être vivantes. Le décodage introduit aussi une notion d’extensions de notre corps, car la Symétrie à la base est liée à la structure et à l’équilibre de notre corps. Ce qui veut dire que lorsque je décode un événement et que j’active une ou des structures mémorielles je me mets en équilibre entre ces parties internes en mémoire (mon corps intérieur, mes souvenirs…) et la partie externe que je décode. Lors du décodage, on peut se poser la question de savoir où je suis en réalité, car se mettre entre un souvenir, et une chose extérieure, nous place dans une zone floue, un trouble qu’il nous faut lever, des ténèbres qu’il nous faut éclairer. Ce positionnement va créer une sorte de Symétrie entre, moi et la chose extérieure, et cette Symétrie, qui s’est installée va m’interpeller au niveau fonctionnel. Je me dois d’avoir un corps sain, pour survivre, et il est remis en question par la qualité de cette nouvelle Symétrie, qui essaie de s’installer.

 

Par exemple, quelqu’un me dit un mensonge, et je décode son propos, un mécanisme automatique cherche en moi des informations Symétriques, qui répondent à l’équation de base. En fonction du type d’information décodée, je pourrais ou non percevoir une partie du mécanisme de décodage. Bien sûr, cela se fait d’une manière automatique, et en grande partie inconsciente, mais on peut capter des Symétries analogiques de type images, ou souvenirs, qui remontent à la conscience durant la période de décodage. Si mes Symétries internes sont incomplètes, ou non superposables, je vais refuser ou douter de l’information, et détecter un mensonge ou une incohérence. Par contre si mes Symétries sont en équilibres avec le mensonge, je vais me laisser prendre au piège, et dans ce cas je vais déstructurer de facto la justesse de mes Symétries de références, perturbant ainsi mon propre corps.

Idem je suis avec un groupe de personnes, et l’ensemble du groupe est une analogie d’une Symétrie familiale, mais il manque une personne dans le groupe pour une Symétrie parfaite, alors je ne sais pas exactement pourquoi, mais quelque chose cloche, et je ressens un malaise (émotion – déstabilisation du corps)…

Je suis dans un lieu, qui ne correspond pas à mes valeurs internes (conscientes ou inconscientes), alors l’ambiance est désagréable, et je désire m’éloigner de ce lieu qui me stresse…

8.1.   La balance

Lorsque l’on prend comme modèle d’équilibre une balance[128], cela implique une logique d’égalité passant par un tiers : le poids doit être égal de chaque côté, quelle que soit la nature des choses posées sur les deux plateaux. Une balance à deux plateaux est un instrument très précis, qui propose uniquement trois états, à gauche, à droite, égalité,  ou milieu, ou justesse.

 

 

La masse devient l’élément fédérateur de l’équilibre, ce qui fait que ce système ne peut s’appliquer que si nous sommes soumis à la gravité terrestre, de plus la balance ne peut fonctionner que s’il y a un point d’appui, qui oppose une résistance, et un lien rigide reliant les deux choses.

 

  
Figure 33 : Poids de 2 kg hexagonal en fonte de fer, muni d’un anneau.

Le point d’appui[129] doit être fixe, et permettre au lien une rotation, qui servira de repère à la mesure. Pour pouvoir tester une Symétrie, en passant par un tiers, avec une balance, il faut posséder un centre fixe, « deux bras » ou « deux demi-liens » en égalité fonctionnelle, et que l’ensemble soit en relation de rotation avec le centre, lui-même connecté à la Terre d’une manière ou d’une autre. Toute balance est connectée à la Terre où je suis moi-même connecté, formant ainsi un lien entre moi et elle.

 

 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fc/Balance_ordinaire.jpghttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e2/Balance_a_fleau.jpg/746px-Balance_a_fleau.jpg

Figure 34 : Une balance ordinaire, une balance à fléau[130] [131]

En fait pour utiliser un système de décodage de type balance, il faut déjà avoir une référence, qui est la balance elle-même. Comme le corps ou la fourchette, la balance est à la fois la structure et la fonction de la structure. Bien sûr, la balance n'est qu'une balance, que si un observateur lui donne ce nom et ce rôle, un rôle que l’observateur fait jouer à la balance en incarnant en elle le rôle qu’il lui réserve, alors qu’il compare ce rôle avec celui en lui, qu’il veut lui faire jouer, formant ainsi une nouvelle balance d’un autre type, entre lui et l’objet. L’observateur possède déjà de base à travers l’usage de son corps une balance, qu’il peut facilement mettre en œuvre avec ses deux mains et ses bras. Avec cet outil incorporé à son corps, il peut évaluer le poids de deux objets placés dans chacune de ses mains. Son esprit, qui évalue les informations reçues, est alors le centre de cette balance[132].

Ici la matrice « 2 et 1 » est un « simple » principe physique, mise en œuvre de fait, par la gravité terrestre.

  
Figure 35 : Euclide

Un autre type d’équilibre peut aussi être trouvé en considérant un Tout de référence, et des parties qui vont en s’additionnant reformer le tout. Par exemple, je prends une première bouteille pleine, et j’en verse la moitié dans une deuxième bouteille identique, mais vide, me voici alors avec une première bouteille à moitié pleine, et une seconde bouteille à moitié vide. Si je place les deux bouteilles sur les deux plateaux de ma balance, j’ai l’équilibre. Si je finis de remplir la deuxième bouteille avec la première, alors le plateau de la deuxième bouteille est complètement enfoncé, et mon déséquilibre est total. Dans ce cas, on constate que la balance nous montre une répartition du Tout en deux parties, qui vont être : égales ou disproportionnées. Mais, dans tous les cas, la totalité est toujours présente, et elle n’est pas le joué d’un déséquilibre. Ce qui est en déséquilibre ce n’est pas l’eau, mais les quantités d’eau dans les récipients, qui la contiennent et qui sont soumis au système de la balance. En fait, c’est la balance qui introduit le problème concernant la quantité d’eau disponible de chaque côté, et c’est elle qui présente un déséquilibre à l’observateur, ce n'est pas l’eau, qui est un simple tiers, ou sa quantité totale, qui anime la balance. La balance est donc plutôt un système, qui permet de comparer deux choses distinctes en passant par un tiers de référence. On peut comparer cet exemple au système des vases communicants[133], où l’eau est le joué de la gravité, ici l'eau se moque des deux récipients qui la contienne, simplement parce qu’elle est liquide, et qu’elle prend la forme des récipients en présence.

 

File:Communicating vessels.png

Figure 36 : Vases communicants[134]

On peut aussi avoir un autre type d’équilibre, qui va être basé sur une notion de choses complémentaires. Une chose va en contrecarrer une autre, et l’équilibre ne sera présent que si les deux choses se neutralisent ou s’annulent. La perpendicularité de la balance trouve son analogie, dans la neutralité obtenue par la réunion des complémentaires, ou des contraires. Cet équilibre peut être codé, avec les mathématiques des nombres dits réels[135] sous la forme d’équations[136] par exemple : 

 

(X) + (-X) = 0

 

Ou encore :

 

X = X (on retrouve la balance) ou encore X-X = 0 (neutralisation)

 

Dans le cas de la balance nous avons vu que :

 

(X) = (x) est possible, CAR ce qui importe ce n’est pas X ou x, mais un tiers qui sera un poids ou bien une quantité ou toute autre propriété attachée à X ou x.

 

L’équation devient :

 

Il y a [équilibre entre deux choses] SI [une propriété P de référence est égale en chacune de ces choses] 

 

P(X1) = P(X2)

 

Ici X1 et X2 pouvant par ailleurs n’être pas équilibrés pour un autre paramètre P. Une pomme et une poire peuvent avoir la même masse, mais ne sont pas des fruits provenant du même type d’arbres, la Symétrie entre ces deux structures est pourtant valide pour un nombre important de paramètres. La quantité de paramètres de comparaison n’est pas dans la structure, mais dans le processus qui la décode. Un article du magazine Science et Vie[137] précise qu’il y aurait 7 indicateurs utiles et suffisants dans un domaine pour décrire les phénomènes du domaine[138].

  
Figure 37 : Attracteur étrange de Lorentz

Si on considère une balance, on peut donc s’apercevoir qu’elle est à la fois l’outil et le principe de l’outil, elle Est pour pouvoir Être. En fait, sa structure même est construite sur les bases d’un principe qui l’anime, et son usage est direct. L’usage de la balance n’est pas d’ordre intellectuel, la balance produit directement le résultat de sa comparaison sans passer par une computation. Le fait de mettre des formes de chaque côté de la balance produit un résultat exploitable directement en rapport avec les masses des deux formes à juger. Le jugement est direct, et sans discussion possible, la balance de base n’a pas besoin d’énergie extérieure autre que la gravité terrestre, pour produire le résultat. La balance utilise une force, qui est en rapport avec l’ensemble des éléments en présence, cette force est le tiers commun à toutes formes matérialisées présentes sur Terre. La seule erreur possible est l’utilisation de poids de référence truqués, ce qui de tout temps a été source de procès, et de jugements humains. L’erreur n’est pas dans la balance, mais dans les structures posées dessus avec une mauvaise étiquette.

 

Cette notion de forme signifiante, contenant en elle-même l’équation pour laquelle on l’utilise, introduit la notion du traitement direct ou indirect. C'est-à-dire qu’il est possible d’avoir une réponse traitée directement par un processus câblé à l’image d’un ordinateur analogique[139], ou bien une réponse traitée par des circuits spécialisés avant affichage à l’image d’un ordinateur numérique. C’est deux modes de traitements différents introduisent des logiques temporelles, en effet, le temps de traitement d’un processus direct est lié à une logique de temps de stabilisation, alors que pour un traitement indirect il introduit une logique de temps de traitement de l’information elle-même après stabilisation. Dans le cas d’une balance mécanique, il faut attendre que le fléau se stabilise pour confirmer visuellement la mesure. Dans le cas d’une balance numérique le processeur doit traiter les informations fournies par les capteurs, qui eux sont basés sur un traitement direct, et doivent se stabiliser avant la capture des données finales, le traitement des données va ensuite produire un affichage utile à l’observateur. Dans les systèmes directs, lorsque la période de stabilisation est nulle le traitement est instantané. Les sciences cognitives nous apprennent que notre cerveau met en moyenne 140 ms pour produire l’information[140], qui apparait dans notre conscience, alors que les gestes instinctifs de survie sont eux produits avant même que d’être répercutés dans notre conscience.

 

Le Tout est par définition en équilibre puisqu’il ne peut pas être dupliqué sans fusionner en lui-même, les parties ne peuvent être que dans le Tout, il est donc possible d’être en déséquilibre dans un ensemble (Tout) équilibré, le déséquilibre n’est possible qu’à l’intérieur d’un ensemble. Si on considère un système de l’extérieur, alors il y a fusion des deux pour juger de leur équilibre. La notion d’équilibre contient en elle une logique de lien unissant les deux parties mises en équilibre, ce lien apparaissant au moment même de la confrontation des parties.

 

http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2008/11/20081129Justice_1.jpg

Figure 38 : La balance de la Justice, sur un mur de l’Assemblée nationale à Paris (Charles Platiau / Reuters).[141]

8.2.   L’empreinte[142]

Je peux constater facilement que je suis « un truc », qui s’auto adapte en permanence. Le reste de l’Univers fait la même chose au même moment, et à tous les niveaux, ce qui implique que si je joue un rôle, ou que je crois que je suis ceci ou cela l’Univers s’adapte, car il n’a pas le choix. Nous sommes en interrelation, la matière est en interrelation (en relation avec la Terre), et chaque chose matérialisée ne peut logiquement occuper qu’une seule place physique. Si je vais à gauche, l’ensemble des éléments de l’Univers s’adapte à ce déplacement. Si je me prends pour ceci ou cela, et que j’en porte les attributs et les paramètres, l’Univers fait avec. Soit j’accepte certaine chose, et je me plie, soit je ne suis pas d’accord, et je résiste. Mais dans les deux cas, je m’adapte. J’accepte ou pas les propos de mon interlocuteur, mais dans les deux cas je fais avec, je m’adapte.

Je marche, les pieds nus dans le sable humide et je laisse l'empreinte de mon pied sur le sol. Ici c'est le sable, qui s’adapte mécaniquement à la forme de mon pied. Si je me raconte des histoires, et que j’y crois je deviens l’empreinte de ses histoires, et l’Univers fait avec.

 

Une action, un événement, ou  toutes informations, qui me parviennent, et dont je prends connaissance, me laissent une empreinte. Sans cette empreinte je n’ai pas le moyen de savoir que l’information existe. Le système dont je dispose pour créer des empreintes est essentiellement ma mémoire, qui peut être interne ou externe. Un texte, ou une trace de pied sur le sol sont une empreinte laissée par un autre humain. Il faut simplement que je dispose dans ma mémoire d’une référence me permettant de reconnaitre l’empreinte, et à quoi elle fait référence. Cette empreinte que je vais constater est donc en relation avec autre chose, qui la représente. L’observateur reconnait et juge l’empreinte à sa plus juste définition. Nous sommes ici encore dans une logique d’équilibre et de balance.

Figure 39 : Empreinte et équilibre

Pour pouvoir reconnaitre les premières empreintes, qui vont me parvenir, j’ai besoin de références élémentaires, ou primaires, qui vont me permettre de commencer mon référencement. Je dispose donc certainement en moi d’un ensemble de références racines. Ces références sont pour certaines physiques, et s’appuient directement sur la discrimination des fréquences que nous fournit l’ensemble de nos sens. Par exemple la vue nous permet de discriminer les couleurs[143], et de détecter les formes qui se trouvent dans notre champ de vision. L’acquisition de la vision des couleurs est liée à des capteurs appelés cône : L'humain possède trois types de cône, et est trichromates. Certains animaux en possèdent moins, ou pas du tout, ainsi la plupart des mammifères (comme le chat- sont dichromates), ne possédant que 2 types de cône, mais le rat est monochromate avec un seul type de cônes. La plupart des oiseaux sont trichromates, avec des exceptions, comme les pigeons par exemple, qui sont pentachromate grâce à 5 types de cônes.

 

L’image, ou le son sont des empreintes que nous pouvons facilement mémoriser, pour en faire des références, qui nous permettront de juger une nouvelle réitération, et de donner du sens.

 

En fait la référence de base, celle qui est totalement, et toujours disponible est nous-même, à travers notre corps, et ses modes de fonctionnement. Nous sommes notre propre référence, et tout ce, qui nous arrive comme information, pourra être décodé avec ce modèle, qui nous construit, et nous fait être en rapport avec le reste de la création. Le corps est la première référence non mémorielle, viennent ensuite les éléments mémorisés, et qui raconte notre histoire.  L’empreinte est bien celle de mon pied sur le sol, et elle est ma référence en terme d’appui mémoriel. Toutes informations, qui me renvoie directement à cette empreinte physique est de l’ordre de la création, et sort du contexte de mon histoire personnel. 

 

Figure 40 : Le corps comme mémoire de référence

Un bâtiment public, qui par sa forme évoque le corps humain, ou ses fonctions, sera automatiquement en résonnance, et logiquement placera l’observateur dans un équilibre de fait. Les ordres architecturaux évoqués dans un autre chapitre, sont conçu pour qu’à la vision du bâtiment, l’observateur soit mis en relation avec, ce qu’il a de plus profond en lui, à savoir lui-même. Mais pas lui en tant qu’individu nommé, mais lui en tant que copie de la création, ou lui en tant qu’Homme. Le corps peut être modifié par la pratique d’un sport, ou d’une autre discipline, et dans ce cas, la référence sera également modifiée. Mais, il n’est pas possible de se faire pousser un troisième bras, et les différents mécanismes, qui nous animes sont en dehors de notre apprentissage, nous pouvons simplement les optimiser pour être plus harmonie avec un modèle de base imaginaire, ou fonctionnel. Il est par exemple préférable d’être musclé pour réaliser certaines tâches physiques. Le bon manche pour un tournevis c’est d’être à la dimension de ma main. Si je dois choisir un outil, au-delà d’être capable de réaliser l’action que je veux entreprendre, je vais prendre celui, qui me correspond le plus psychiquement, et physiquement.

8.3.   Un problème se soulève[144]

L’horizon est calme, et tout va bien, je suis au milieu de mon monde, centré, en équilibre, sans limites…

 

 

 

Soudainement un problème se soulève, ou est soulevé (souvent par moi-même), et se dirige vers moi…

 

Je mets en place une solution, qui est un contre problème…

 

Il y a confrontation, et résonnance, ce qui provoque l’apparition d’un nœud…

 

Le nœud est une mémoire (« fais un nœud à ton mouchoir »), qui crée une borne, un point de repère, cela crée une interférence, une zone délimitée sur 2 côtés…

 

Je possède alors des limites, qui définissent une surface créée par le déploiement de cette interférence, et je peux me percevoir à travers cette cage, qui vient d’apparaitre…

J’existe à travers ces limites, je peux me sentir, il y a une rétroaction, alors je fais apparaitre une entité image de ces limites, qui me caractérise, et je risque de croire que je suis effectivement cette entité…

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f1/Interferenz.jpg/200px-Interferenz.jpg

Figure 41 : Interférence d’ondes circulaires émises par deux sources voisines[145]

 

Je prends conscience du problème, que je nourris, et qui se déploie en boucle dans cette interférence créant une vibration désagréable, j’existe en tant que résultat de cette rencontre du problème, et de ma résistance. Il me faut alors « remettre à plat » l’interférence pour restabiliser le système, et être vraiment moi...

8.4.   L’équilibre de l’Humain

Un matin[146], une idée sous la forme d’une sentence m’a traversé l’esprit :

La posture de la raison, c’est la cohérence !

Cette idée m’a interpellé, et je me suis demandé, ce qu’il en était des autres couches de l’humain tripartite, je vous propose ce tableau, qui demande peut-être à être complété avec votre vécu.

 

 

Partie

 

 

Type d’équilibre

 

Mental

 

La raison, qui est la gestion des appuis mémoriels, qui assure la cohérence des choses, et ma santé mentale.

 

 

Émotionnel

 

Le ressenti de l’Âme, qui est la gestion des sensations, qui assurent mon relationnel avec mon environnement, mes « Âmitiés ».

 

 

Physique

 

La posture, qui est la gestion des appuis physiques, qui assure la stabilité de mon corps.

 

 

Que ce tableau soit juste pour vous ou pas, il montre qu’il existe pour chacune des couches constituant notre contact avec le monde une structure de contrôle, qui va assurer de manière automatique son rôle régulateur. Dans le cadre d’une Symétrie analogique, on entrevoit que les mécanismes de la posture, qui sont des choses faciles à appréhender vont aussi exister dans les deux autres couches, où ils sont plus subtilement déployés. Ce qu’il faut comprendre, c’est que tout comme les mécanismes de la posture, qui vont nous contraintes de ne pas chuter, la raison va assurer un cadre de sécurité au mental. La raison va nous empêcher, par exemple, de nous mettre dans une logique de lâcher-prise, qui analogiquement est une chute dans la couche physique. Nous aurons du mal (Émotionnel) à lâcher-prise sur un événement, qui trouble la cohérence de nos idées ou croyances.

Figure 42 : Balance Posture, Raison, Âme

 

 

 

 

9.  La mémoire

Pour commencer ce chapitre, je vous propose ce petit poème :

Pécheur[147]

Il y a l’encre, qui fige sur le papier, pour que les écrits restent.

Il y a l’ancre, qui maintient le bateau, le protégeant de la dérive.

Il y a moi, encre, qui m’ancre.

Je suis impermanent, et mon encre est invisible.

Je suis juste ancré ici, et maintenant, balloté par les flots. 

 

Qui tient le stylo ?

Qui parle ?

Qui souffle le vent sur le voile ?

 

Un trésor est là, dans l’épave engloutie.

Le plongeur, qui descend ne doit pas manquer d’air.

La terre de sous l’eau, comme l’ivrogne est changeante et volage.

Elles m’entourent en arabesques folles les algues du fond.

Il faut garder un lien avec la surface, tenir ce fil d’Ariane, qui ne tient qu’à un souffle.

 

Pensée, poisson.

Angoisse, pieuvre.

Peur, requin.

Désir, sirènes.

Illumination, étoile de mer.

Pavillon, maison pirate.

 

Il fait nuit, il fait noir.

Mais j’y vois !

Les yeux fermés je vois !

Oh ! Poséidon intercesseur de Dieu.

Mon encre est lumineuse, car elle est lumière dans les ténèbres.

 

Grâce à elle je peux m’entendre lire ce poème.

Je peux sentir le vent dans ma voile.

L’encre est maintenant ancrée dans le coffre, trésor vivant.

Une structure va être définie par un ensemble de caractéristiques, en rapport avec l’information collectée par nos capteurs. Nous avons aussi la nécessité de mémoriser cette information, pour pouvoir la retrouver plus tard. Sans mémoire, il nous est impossible de décoder une structure. Mais la mémoire[148] n’est pas tout, il faut aussi un ensemble de modélisation de reconnaissance, des sortes de motifs, qui vont permettre, par subdivision, de reconnaitre une autre structure. Notre motif de référence ne peut être ici que nous-même. Nous sommes nous même le modèle de base, innée, c’est ici une connaissance, qui nous permet la conscience,  la capacité de cartographier les autres structures, et de les conserver dans notre mémoire. Les autres structures sont alors ipso facto, des dérivés fonctionnels associés à notre forme. Un programme, ou processus de computation est aussi indispensable, pour réaliser l’acte de comparaison, et de reconnaissance, entre le mémorisé et le nouveau. Ici, il y a un mécanisme de codage / décodage, utilisant une base de données de type motif. Les capteurs collectent de l’information, qui va être décodée au moyen de protocoles divers, qui vont permettre la reconnaissance d’une information mémorisée, ou bien vont venir ajouter un nouveau motif dans la base, pour un décodage futur. Les motifs de base sont nos propres références physiques, tout simplement notre corps et ses différents éléments, c’est notre mémoire inné, la racine de notre histoire. Vient ensuite la mémoire de notre vécu, qui crée notre moi (moi j’ai fait). Elle est encapsulée par la mémoire extérieure, cachée dans les livres, la culture, les divers ordres, et les différents objets ou support que nos sens peuvent percevoir (percer et voir).

Attention, la mémoire n’est pas dans le passé, elle contient des informations passées, et la vitesse de récupération de ces informations peut être instantanée et non liée à leurs positions historiques. Il n’y a pas besoin d’attendre 5 minutes un souvenir d’il y a 5 minutes. La mémoire a comme inconvénient de s’effacer plus ou moins vite en fonction des souvenirs, et de leurs anciennetés. Des études montrent, que chaque fois qu’un souvenir est invoqué il est reconstruit, et que cela provoque dans le temps une dérive, qui impacte la validité du souvenir. Il y a de très nombreuses études sur le fonctionnement de la mémoire, et ce document ne prétend pas en faire le tour, mais simplement préciser certains points pour enrichir notre propos. Voici deux schémas proposés sur Wikipédia, qui montre la complexité des différents types de mémoires.

 

File:Memoire.gif

Figure 43 : Les formes et fonctions de la mémoire en sciences[149].

 

 

Figure 44 : Le mécanisme sur 5 couches de la mémoire

9.1.   Le nombre magique sept, plus ou moins deux

Une étude de Georges Miller[150] des années 50 à essayer de démontrer que notre mémoire immédiate ne pouvait contenir que « 7 plus ou moins 2 » informations en même temps. Ce qui limiterait notre capacité à traiter de l’information sur le moment. Nous aurions la capacité d’augmenter le nombre de choses à traiter en même temps en les regroupant, mais les groupes deviennent alors des unités. Ce qui implique que pour traiter un ensemble d’informations important, de façon immédiate, nous devons faire des synthèses et des compressions. On pourrait se dire que compresser le monde en 7 plus ou moins deux sous-ensembles permettraient de l’envisager, et donnerais une réponse à tous ces sous-ensembles de 7 quelques choses, qui font notre quotidien, comme les 7 jours de la semaine, les 7 notes de musiques, les 7 dieux du bonheur… En fait, ces listes de 7 ne seraient alors qu’une conséquence d’une capacité cognitive réduite de l’humain concernant le traitement de sa mémoire à court terme. Des recherches récentes démontrent que la loi du nombre magique sept est fondée sur une interprétation erronée de l'article de Miller. D’après Farrington, le nombre correct de nouveaux éléments pouvant tenir dans la mémoire courante est probablement de trois ou quatre[151], ce qui est encore moins que les prévisions de Miller. Des expériences faites pour déterminer ce chiffre, réalisé avec un ensemble de 210 élèves de la seconde à la terminal, ont montré que la moyenne du rappel immédiat est de 6,91[152], ce qui nous rapproche du chiffre 7, et confirme qu’il est une sorte de limite fonctionnelle de l’humain. Il peut être plus facile de mémoriser un texte de sept phrases, comme un poème, qu’une phrase de 7 mots, ou qu’un ensemble de 7 lettres. Ces études montrent qu’en fait la mémoire à court terme serait comme un bloc d’environ 7 cases, où nous pouvons placer des choses à retenir dans l’instant, et à nous d’y mettre ce qu’il faut pour traiter notre besoin du moment.

9.2.   L’art de la mémoire et temple de mémoire

Dans l’antiquité l’homme avait la nécessité d’utiliser sa mémoire, il n’avait pas comme nous des outils mémoriels, comme une calculette, un livre, un iPad, ou Internet. Il a créé des méthodes de mémorisation appelée « Art de mémoire[153] ». Ces arts ne sont plus enseignés de nos jours, mais avec la rhétorique et la dialectique ils étaient très importants dans l’antiquité. Ces méthodes sont très simples, et consistent à mémoriser des lieux dans lesquels se trouvent des pièces, et des alcôves contenant des objets signifiants derrière lesquels on va placer l’information à mémoriser. Les lieux doivent être interconnectés entre eux, et répondre à un certain ordre facile à retenir. Les objets servant d'étiquette à l’information doivent marquer l’esprit (des marqueurs), pour une meilleure mémorisation.

 

« On conseillait autrefois d'utiliser des endroits existants pour l'usage de l'art de mémoire, par exemple un marché ou une église. Pour utiliser la méthode, on visitait plusieurs fois l'édifice, en examinant toutes ses parties, toujours dans le même ordre. Après plusieurs visites, on était capable de se remémorer et de visualiser chacune de ses pièces avec acuité.

Pour mémoriser ensuite un discours, on le découpait en partie, chacune symbolisée par une image saisissante ou par un symbole. En pensée, on déposait chacune de ces images dans l'édifice de référence. On pouvait ensuite se remémorer chaque image dans l'ordre, en imaginant qu'on visitait l'édifice dans l'ordre habituel.

Au Moyen Âge, cette technique ancienne fut modifiée, probablement sous l'influence des traditions médiévales juives, en prenant comme lieu de référence des édifices décrits dans la Bible, et idéalisés: Le Tabernacle (Bible), le Temple de Salomon, la vision du temple du Livre d'Ézéchiel ou la Nouvelle Jérusalem de l'Apocalypse. Cette architecture, imaginaires dans certains cas, aurait influencé la construction des édifices médiévaux réels, tels que les monastères, les églises situées sur les pèlerinages et les cathédrales.

Dans tous les arts de mémoire, il était conseillé d'utiliser des univers mentaux bien éclairés, clairement organisés dans un ordre particulier, et proches les uns des autres. Plus il y avait de pièces, de passages et de niches et mieux c'était. Au XVIe siècle, un tel enchaînement de lieux était parfois dénommé un “palais de mémoire”. Cependant, ces lieux étaient aussi regroupés ou au contraire éclatés mentalement en sous-ensembles que l'on pouvait mentalement contempler d'un seul regard, dans une sorte d'équivalent médiéval de ce que l'on appellerait de nos jours une “mémoire de travail ».

Dans la pratique, ces lieux peuvent être utilisés pour mémoriser plusieurs séries ordonnées d'objets. Les images mentales qui y sont accrochées peuvent être remplacées par d'autres, les lieux se comportant alors comme une tablette de cire ou une page sur laquelle on inscrit les images.

Les caractéristiques des images mentales utilisées sont capitales. Elles doivent être inhabituelles et frappantes, et il est préférable qu'elles aient une valeur émotionnelle. Des images humoristiques, obscènes ou sacrilèges étaient souvent utilisées, l'objectif étant de créer un tableau particulièrement mémorable.

Comme il est facile de se déplacer dans un tel lieu imaginaire en partant de n'importe quel point, il est tout aussi facile de se remémorer la liste d'objets en partant de n'importe quel point, voire de la parcourir mentalement, donc de la réciter, dans l'ordre inverse. Certains faits de mémoire prodigieuse ont été attribués à cette technique. »

 

Ce qui nous donne le schéma suivant, et nous éclaire sur la logique secrète de la forme de certains bâtiments, basée aussi sur les divers ordres :

On peut faire la constatation que certains mécanismes mémoriels éprouvés nous montrent, qu’il y a un rapport entre la perception de notre environnement, et notre système mémoriel. Il y a une sorte de boucle, avec un processus bidirectionnel de codage <-> décodage. Un excellent livre sur l’art de la mémoire de France Yates[154] décrit l’histoire de cette pratique. Cet art méconnu, montre qu’il est possible de structurer en soi un environnement virtuel Symétrique à ’un environnement existant, ou imaginaire, qui pourra venir accueillir des informations, qu’il sera alors possible d’invoquer par un simple mécanisme de rappel de la Symétrie. Nous sommes ici dans les prémisses de l’étiquetage des choses, en utilisant des analogies de boites, de placards, de pièces, de bâtiments…  ce qui est intéressant, c’est que l’image sur la boite est plus performante si elle est signifiante et grotesque…

 

9.2.1.  Le zodiaque

Où trouver un temple de mémoire, indestructible, et toujours disponible pour renforcer ce temple mémoriel si nécessaire à l’homme, qui ne peut pas encore déposer sur un support extérieur la précieuse information ?

L’observation des mouvements des astres a permis de constater que les étoiles dans le ciel étaient fixes, les unes par rapport aux autres. Le mouvement relatif de la Terre, par apport au soleil, a permis de réaliser des tracés virtuels à travers ce champ d’étoiles. Des zones contenant un certain nombre d’étoiles ont alors été délimitées, et associées à des tracés signifiants, à l’image de ces jeux d’enfants, ou il faut, à partir de simples points, dessiner une forme connue. Ces zones se sont appelées des constellations[155], et actuellement ce système, qui existe depuis l’antiquité, et peut-être même la nuit des temps, est toujours en vigueur, et compte actuellement 88 locations, basées sur la tradition pré-hellénique. Chaque culture a cartographié à sa manière la voute étoilée, mais les groupements les plus évidents sont communs à plusieurs traditions. Les constellations parcourues par le déplacement apparent du Soleil autour de la Terre sont au nombre de 12 (13 Ophiuchus), et sont reprises dans notre zodiaque,  et elles sont  : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons, qui achèvent le cycle. Nous verrons, dans un autre chapitre qu’il ne faut pas confondre les signes du zodiaque, qui délimite des secteurs équidistants d’un cercle, avec les constellations, qui elles occupent des surfaces très différentes, mais il est évident, qu’il y a un lien, et que les constellations proposent ici 12 lieux différents bien visibles dans le ciel, et complètement indestructibles. La connaissance de ses constellations, et des mouvements cycliques de la Terre par apport à elles, permet de réaliser différents points de positionnement, et instaure une dimension temporelle aux cycles.

Le zodiaque dans sa conception reprend l’ensemble des points nécessaire à un système mnémonique. C’est une sorte de roue avec 12 lieux égaux, divisés eux-mêmes en 3 parties égales, qui sont organisées dans une suite, qui est parcourue par le soleil, ou bien l’esprit de la personne qui connait cette suite, ou peut la retrouver, simplement en levant la tête. Chaque lieu correspond à une image codée par une constellation, et chaque constellation dispose d’un certain nombre d’étoiles, qui sont comme un décor permettant de coder de l’information.

 Alain Lieury, dans son ouvrage : « Le livre de la mémoire [156]», propose que Métrodore de Scepsis[157] ait pu utiliser, pour sa méthode mnémonique les constellations du zodiaque avec pour chacune trois étoiles, ce qui donne 36 étoiles. Chacune de ces étoiles pouvant être rattachées à 10 jours pour faire 360 lieux dans le ciel.

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Figure 45 : Carte du ciel et Constellations[158]

Les signes du zodiaque sont tellement anciens que leur existence semble naturelle pour tout le monde, rarement on nous donne leur origine exacte. On évoque les cycles planétaires de la Lune, ou d’autres tracés dans le ciel. Pour ma part, je ne vois là qu’une volonté de repérer dans le ciel des groupements d’étoiles pour réaliser des lieux dans la voute céleste. L’encyclopédie nous dit :

« Le zodiaque est une zone circulaire de la sphère céleste, dont l'écliptique occupe le milieu, et qui contient les douze constellations que le Soleil semble traverser en une année. »

Certains comptes 12, et d’autres énumèrent 13 constellations, dans ce parcours des astres dans la voute céleste. Alors quel est la logique qui a divisé par 12, ou 24, nos jours, nos années, et tant d’autres systèmes. L’encyclopédie nous précise : 

« Celui-ci a été divisé au Ve siècle av. J.-C. en douze parties égales (une pour chaque mois de l'année) auxquelles on a donné le nom de l'astre le plus proche. »

9.2.2.  Le calendrier

Concrètement le cycle de la Terre autour du Soleil présente uniquement quatre périodes évidentes, pouvant faire l’objet de mesures, qui sont les équinoxes et les solstices. Bien sûr il est possible de compter le nombre de jour et de nuit, durant ces quatre périodes, et de commencer à faire un calendrier.  Bien sûr, on peut observer l’apparition et la réapparition des étoiles à des points précis du ciel et en déterminer des cycles. Mais pourquoi 12 périodes, qui finalement n’ont jamais été très satisfaisantes en terme de cyclicité ? L’élaboration du  calendrier[159] peut nous donner des réponses : « Les calendriers historiques sont basés sur des unités naturelles de durée définies par des phénomènes astronomiques observables. »

 

Dans toutes les civilisations, l’alternance du jour et de la nuit semble avoir été l’unité fondamentale du repérage de l'écoulement de l'année. Celle-ci étant due à la rotation de la Terre, le changement du jour n’est pas simultané d’un point à l’autre du globe terrestre.

Le repère de passage d'un jour à l'autre est d'ailleurs une notion arbitraire qui a différé selon les civilisations : la journée peut être mesurée de midi à midi, de minuit à minuit dans le calendrier romain, à partir du coucher du Soleil comme dans les calendriers hébreu, musulman et chinois, ou à partir du lever du Soleil, ce que firent Chaldéens, Égyptiens, Perses et Syriens.

 

Par convention, le jour est la plus petite unité du calendrier.

 

L’éclairage de la lune par le soleil permet un repérage temporel, mais un mois lunaire comporte de 29 à 30 jours, ce qui nous donne environ 360 jours et 12 mois, mais avec un décalage de 5 jours, pour finir le cycle Terrestre autour du Soleil.

 

File:TerreOrbiteLuneEtPhases.png

Figure 46 : Orbite de la Lune et phase vue depuis la Terre[160]

 

Apparemment issu des mouvements planétaires de la lune, le calendrier est lui aussi un temple de mémoire, qui contient les douze mois de l’année auxquelles sont associées les différentes tâches à accomplir, et bien d’autres informations.

 

Figure 47 : Travaux des mois de l’année[161]

File:Prag - Rathausuhr Monatsarbeiten.jpg

Figure 48 : Prague - Astronomical Clock Detail, calendar from the 19th century[162]

Sur cette photo on peut voir l’association du zodiaque avec les travaux des mois de l’année.

 

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Figure 49 : Xylographischer Kalender von 1439[163]

Ce calendrier précise les éléments associés aux jours, et qui seront utilisés comme point de repère temporel pour décrire des actions.

9.2.3.  Un supermarché 

Pour donner un exemple de temple de la mémoire,  on peut prendre nos grandes surfaces, qui sont de fait des temples mémoriels, à tel point, que des études sont consacrées aux parcours des clients à l’intérieur. Régulièrement, les emplacements sont réactualisés, pour éviter que le client suive son cheminement habituel, et pour le forcer à découvrir des produits, qu’il n’aurait jamais eu l’idée d’aller chercher. Si le client suit un parcourt bien précis, dans le magasin, c’est qu’il en possède un modèle dans sa mémoire, et que son cheminement est en relation avec ses souvenirs. Si le commerçant déplace des produits, le client va utiliser le système mémoriel que lui proposent les pancartes, et autres signalétiques. 

 

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Figure 50 : Un rayonnage classique de grande surface[164]

9.2.4.  Des produits

Les produits, qui se trouvent sur les rayons, sont rangés de la manière suivante :

9.2.5.  Les bibliothèques, et autres étagères

Un autre temple de la mémoire que tout le monde connait, c’est le lieu de stockage de l’information que sont les bibliothèques. Là, il est préférable d’être sérieux, si l’on ne veut pas perdre un livre, il faut suivre une logique efficace. Alors les documents sont stockés dans un bâtiment, avec des étages et des allées, dans ces allées il y a des rayonnages, dans ces rayonnages il y a des documents.

 

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Figure 51 : Bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall (IXe siècle, patrimoine mondial, Suisse)[165]

9.2.6.  Des documents

Les documents qui se trouvent dans une bibliothèque sont construits sur le modèle suivant :

9.2.7.  Les temples de mémoires aux quotidiens

En fait tout système ordonné, devient un temple de mémoires potentiels, et est utilisé de manière naturelle par notre esprit lorsqu’il invoque un souvenir. Certains parkings de grande surface, par exemple, associent aux emplacements des panneaux avec des images étonnantes, qui vont permettre au client de retrouver leur véhicule.

 

File:Mnemonique.jpg

Figure 52 : Exemple de mnémonique visuel, pour aider à mémoriser l'emplacement de sa voiture dans un stationnement.[166]

Notre système de numérotation des maisons, et le nommage des lieux sont un temple de mémoire.

La liste des numéros de département est un temple de mémoire.

Les tables de multiplication sont un temple…

Tous systèmes ordonnés sont potentiellement un temple mémoriel à l’insu, de notre plein gré.  Toutes listes apprisses par cœur,  ou qui s’imposent à nous par sa présence et sa reconnaissance est un temple de mémoire.

Notre vie et notre histoire sont le temple standard que nous utilisons à longueur de journée pour invoquer nos souvenirs. Un événement en appelle un autre de manière naturelle, et nous permet de faire des associations.

9.2.8.  Le corps

On peut aussi prendre conscience que le lieu structuré, dont nous disposons tous depuis notre enfance, et qui ne nous quitte pas, est simplement notre corps, et qu’il est le modèle idéal pour cacher de l’information. Il existe une symbolique du corps de fait, totalement intégrée à travers les expressions populaires, qui font correspondre les différentes parties du corps avec de l’information signifiante.

 

Il me casse les pieds

J’en ai par-dessus la tête de toi

Il a un cœur de pierre

Il a la tête dure

La médecine du moyen âge a réalisé des Symétries[167] entre certaines parties du corps, et le zodiaque, dont on peut trouver quelques traces visuelles dans les enluminures de manuscrits, où les bâtiments religieux comme les cathédrales.

 

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Figure 53 : Très Riches Heures du duc de Berry[168]

Le corps de l'homme était vu comme lié au macrocosme et chaque signe relié à une partie de son corps (du haut en bas en partant du Bélier jusqu'aux Poissons).

 

Ainsi nous avons :

 

·         Bélier : tête

·         Taureau : cou, gorge

·         Gémeaux : bras, mains, poumons

·         Cancer : estomac, seins

·         Lion : cœur, nerfs

·         Vierge : intestins

·         Balance : reins

·         Scorpion : organes respiratoires

·         Sagittaire : hanches, cuisses

·         Capricorne : genoux

·         Verseau : mollets, chevilles

·         Poissons : pieds

9.3.   L’empreinte : EFT -  Emotional Freedom Technic [169]

Mr Gary Craig propose une réflexion sur une pratique de soins : l’EFT, ou Emotional Freedom Technic[170]. Il explique dans son ouvrage que :

 « La cause de toute émotion négative est une perturbation du système énergétique corporel »

L’auteur expose son propos avec un simple dessin, où Il essaie de démontrer qu’il y a trois étapes pour l’apparition d’une émotion, ou une douleur.

 

Figure 54 : Les trois étapes-choc, empreintes, douleur, qui deviennent : souvenir, empreinte, douleur.

 

Étape 1

 

Étape 2

Étape intermédiaire

 

Étape 3

 

Souvenir traumatisant

 

Une perturbation dans le système énergétique corporel.

 

 

Émotion négative

 

L’étape 2 serait une sorte de distorsion de fonctionnement d’un « canal énergétique » (méridien d’acupuncture), qui engendrerait l’émotion. L’émotion ne serait pas due à la cause (étape 1), mais à l’impact de la cause sur le corps énergétique, qui ensuite fonctionne mal, et génère une émotion. L’étape 2 installe un ancrage au niveau énergétique, qui va réactiver l’étape 3. Travailler sur l’étape 1, le souvenir traumatisant, ne fait que réactiver l’étape 2, qui va réactiver de nouveau plus, ou moins l’étape 3. L’EFT travaille sur l’étape 2, et propose de réorganiser harmonieusement le niveau énergétique.

 

Ce texte, et ce schéma m’ont inspiré le fait qu'il y a une sorte de métaphore dans cette présentation des choses. En effet, si je m’appuie sur un événement physique, je peux aussi dissocier trois étapes :

 

 

Étape 1

 

Étape 2

Étape intermédiaire

 

Étape 3

 

Événement / Choc physique

 

Zone d’impact

 

Douleur ressentie

 

 

Dans le cas d’une douleur physique, elle est en général identifiée par une localisation correspondant à la zone concernée par la douleur. En cas de choc physique, une zone du corps est touchée, et une douleur apparait au point d’impact. Le corps mémorise l’impact, par une déformation de la chair visible, et évidente… Si je me coupe, il y aura une plaie, qui peut être vue comme une mémoire de la coupure, et une zone de la douleur, qui sera située au niveau de la plaie.

 Il y a une métaphore subtile entre un événement d’ordre physique, et un événement d’ordre psychique :

 

 

Étape 1

Choc

 

Étape 2

Zone de référence

 

Étape 3

Effet

 

Événement / Physique

 

Zone d’impact du corps

 

Douleur ressentie

 

 

Evénement / Psychologique

 

Une perturbation dans le système énergétique corporel

 

 

Émotion négative

 

On retrouve, dans cette logique tripartite, la notion d’intercesseur déjà rencontré avec les secrets, et autres prières. C'est-à-dire que pour établir une communication entre « l’étape 1 », et « l’étape 3 », il me faut un support permettant la liaison. « L’étape 2 », qui peut aussi être vue comme une sorte de preuve de « l’étape 1 », et qui permet à « l’étape 3 » de s’exprimer. Lorsqu’un enfant vient en pleurant vers sa mère en lui disant, qu’il s’est fait mal ; la mère regarde la zone d’impact, et en fonction de ce qu’elle voit ; elle informe l’enfant de la gravité du problème. « L’étape 2 » est une sorte de langage, une sorte de mémoire, qui va permettre de maintenir « l’étape 3 » active, ou bien de mémoriser le souvenir de « l’étape 1 ». Si je me coupe, j’aurais une cicatrice. Si je me casse un membre, je pourrais voir le problème avec une radio. Dans tous les cas un événement de type physique à la capacité de laisser son empreinte dans la chair, le corps physique.

 

  
Figure 55 : Plaie par balle

Dans l’art de la mémoire, il a été constaté que les images mnémoniques les plus performantes sont celles, qui justement présentent des plaies sanglantes, ou des scènes à caractères sexuels[171].

 

Le physique, et plus particulièrement le corps, est à mon avis une sorte de référence pour la mémoire. C’est ma structure de référence, avec sa posture, et sa position dans l’espace et le temps. Le corps est soumis à des règles, des lois, des principes, qui forment un ensemble concret, et cohérent, qui peut servir de références mémorielles. Métaphoriquement, pour qu’une émotion en association avec un événement puise apparaitre il faudrait, en plus de l’événement, une zone d’impact (étape 2). Cette zone d’impact s’inscrit naturellement sur le corps, mais pas toujours sur le corps physique, car il n’y a pas forcement de contact. On peut alors imaginer un corps énergétique, ou virtuel,  en lieu, et place du corps physique, contrôlé par l’esprit consciemment, ou inconsciemment, et capable de faire office de zone d’impact. Il y aurait alors un corps physique en contact avec le monde matériel, et un corps subtil en contact avec le monde de l’esprit. Ces deux corps étant virtuellement dans les mêmes limites d’espaces, mais le corps subtil pourrait travailler par analogie à travers une sorte de symbolisme.

On peut peut-être entrevoir ici la notion de « corps de souffrance [172]» des traditions bouddhique.

Figure 56 : Corps physique, et psychique superposé.

Dans son ouvrage présentant, l’EFT Gary Craig prétend que ce corps subtil est représenté par les réseaux de méridiens décrits par l’acupuncture[173]. Dans « Le symbolisme du corps humain par Annick de Souzenelle[174] [175]» un essai de cartographie est proposé, qui pourrait aussi faire l’affaire. Dans l’EFT visiblement les méridiens d'acuponcture sont utilisés pour réharmoniser le corps, et supprimer par une action concrète (du tapotage de zones) et symbolique (des phrases clefs)  l’impact virtuel de « l’étape 2 ».

 

Figure 57 : la réactivation du souvenir réactive la douleur.

File:ChineseMedecine.JPG

Figure 58 : Ancienne carte de médecine chinoise représentant un des 12 méridiens[176]

Il y a ici une sorte de Symétrie, ou le corps servirait d’appui mémoriel en utilisant une logique symbolique. Le corps, et ses parties serviraient métaphoriquement d'images aux événements psychiques, qui nous arrivent au quotidien, et qui vont être mis en rapport avec les besoins vitaux physiques, ou des zones spécifiques du corps. Mais l’EFT semble permettre en jouant sur « l’étape 2 », ou la zone de connexion mémorielle de désamorcer « l’étape 3 », et finalement de ne conserver que « l’étape 1 », qui n’est alors plus qu’une image, un souvenir inactif de l’événement. Tout comme je vais mettre une pommade sur le bleu que je me suis fait en me cognant contre une forme extérieure, et qui va réduire le choc. 

 

On peut aussi représenter les trois étapes sous la forme d’une boucle, ou la zone deux sert d’interrupteur à un circuit virtuel de maintien de la situation.

Figure 59 : Boucle active maintenant le problème.

Si l’empreinte est désactivée alors la réaction n’est pas opérante.

Figure 60 : Boucle désactivée.

Si un événement physique n’est pas trop important, il va se réduire avec le temps au niveau de l’impact, une blessure se cicatrise, et peut être observé par l’individu, c'est-à-dire que la douleur diminue, et disparait avec la résolution de l’impact, ou la réduction de la plaie. Dans le cas d’un événement psychique, il faut aussi que je puisse cicatriser pour que l’événement arrête d’être actif.

 

Ne dit-on pas : « les paroles s’envolent seuls les écrits restes ».

 

Les poètes nous ont tous parlé de ces empreintes mnémoniques, et de leurs effets divers:

 

Léo Ferré dans une de ses chansons nous rappelle : « qu'avec le temps vas, tous s’en vas[177] », alors que Jacques Prévert[178] nous décrit le supplice de la réactivation des empreintes, dans son poème « La Grasse Matinée », tiré de son recueil Paroles.

 

Il est terrible
le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim

Malheureusement, mes sens n’ont pas accès à la zone d’impact d’un événement psychique, il est alors difficile de le réduire, ou même de constater qu’il se réduit. Je vais alors pouvoir réduire la zone d’impact en utilisant des processus de type psychiques, tels que des rituels, des verbalisations, des restructurations mentales, l'EFT, la PNL, etc. Mais ces processus sont légèrement empiriques parce que je ne travaille pas directement sur la zone d’impact, j’essaie d’appliquer une sorte de médicament, un baume psychique, une astuce de renversement, une suggestion, etc. Ici visiblement le processus mis en œuvre avec l’EFT agit sur la zone d’impact virtuelle, pour déconstruire l’empreinte métaphorique, qui a été créée par le système lors de l’événement.

 

9.4.   L’empreinte : PNL – Programmation Neuro - Linguistique

Anthony Robbins[179] dans son livre « Pouvoir illimité » traite d'une autre méthode tirée de la PNL : les sous-modalités[180], qui trouveront une extension dans les techniques d’ancrage. Il explique la manière de travailler avec. Les sous-modalités sont une sorte d’empreinte symbolique, choisie par un patient pour lier un souvenir (conscient ou inconscient) à son émotionnel, qui est actif. Toute la stratégie consiste à observer une activité émotionnelle, et de noter les sous-modalités, qui l’encadrent (les informations qui remonte naturellement à l'esprit, comme des idées, des images, des sons...), et le représente. Une fois les sous-modalités repérées, il est alors possible de les modifier volontairement, pour changer leurs caractéristiques, et jouer directement sur l’émotionnel, qui leur est associé. Nous sommes dans un système à trois niveaux comme pour l’EFT. La sous-modalité qui s’est présentée à l’esprit du patient est utilisée, en passant par son imaginaire, comme un potentiomètre virtuel. Par exemple, un sujet exprime une angoisse, l’intervenant lui demande comment il se représente métaphoriquement son angoisse. Le patient parle d’une boule dans le creux de son estomac. Le thérapeute lui demande alors de se concentrer sur cette représentation, et de la faire évoluer en taille, en densité, en position, pour en finale la réduire à la taille d’une bille située en dehors du corps, qu'il fait disparaitre dans un trou, qu'il rebouche.

 

Avec les sous-modalités, j’ai aussi trois étapes :

 

 

Étape 1

 

Étape 2

Étape intermédiaire

 

 

Étape 3

 

Événement

Souvenir

Oublié ou encore actif

 

Mémorisation sous la forme d’une empreinte codée par des sous-modalités de représentations

 

Mise en place d’un État d’être.

 

En fait, dans les trois cas il y a un système à trois couches :

 

·         La première couche est dans le passé

·         La deuxième couche est de type EMPREINTE.

·         La troisième couche est activée par l’Évocation de l’EMPREINTE.

 

L’Empreinte est le codage de l’information pour obtenir un état. L’empreinte est aussi d’une certaine manière la Preuve d’un événement. Il est possible de modifier, ou de supprimer les empreintes, pour déconnecter le souvenir de l’action, qui est activé ici et maintenant. Il est possible de modifier sa forme avec la technique des sous-modalités, et finalement de modifier l’état d’un individu.

Un souvenir est codé à partir de modalités de type d’empreinte ; réactiver l’empreinte mémorielle en jouant avec les sous-modalités, c’est mettre en mouvement cette structure, et provoquer un état précis associé à cette empreinte. La pratique semble montrer que les sous-modalités ne sont pas en relation direct avec le souvenir, mais plutôt avec le type d’état que le souvenir à provoquer. On peut alors conserver le souvenir, mais changer sa représentation, et la qualité des sous-modalités, pour modifier l’état, qu’ils provoquent chez la personne.

 

Figure 61 : Diminution de l’empreinte réelle, ou symbolique, égale diminution de la douleur.

Dans son livre Anthony Robbins nous explique comment pratiquer la modification des sous-modalités, et donc de l’empreinte.

Figure 62 : Suppression de l’empreinte, et disparition de la douleur, ou du symptôme.

·         Le tampon, ou la signature sont des métaphores de l’empreinte…

·         Une métaphore est elle-même une sorte d’empreinte.

·         L’empreinte existe, et sert de modèle à l’archétype, ou l’inverse.

·         Pour l’humain l’empreinte est codée de base par les informations fournies par les 5 sens principaux. Il est possible de modifier l’empreinte en passant par l’EFT ou le « Switch Pattern » de la PNL[181] , ou bien d’autres méthodes, plus, ou moins efficaces.

·         L’empreinte est le lien entre l’événement, et l’état résultant.

 

 

Événements

 

 

Type d’Empreintes

 

États

 

Réels

Fictifs

Énergie brute

Question

 

Choc

Trace (cicatrice, bosse…)

Décor

Lieu

Cadre

Écrits

Paroles

Gestes

Langages

Équations

Objet

Analyse

 

 

Émotionnels

Ambiance

États de conscience particulière

Mouvement

Actions

Situations

Résultat

Réponse

Idée

Pensée

 

File:Jigsaw-PNL.svg

9.5.    
 Figure 63 : Carte heuristique

Inversion du temple de mémoire

Inversement il est possible de retrouver des sortes de temples de mémoires, ou cartes heuristiques[182] [183], qui nous habitent à notre insu en jouant au « mind mapping[184] ». Cette technique consiste à trouver des associations d’idées sur un sujet donné, bien sûr ces idées nous habitent, et nous ne faisons que les visualiser. Généralement, et « en dernier lieu », ces cartes heuristiques représentent des arbres de connexions entre des groupements d’idées. Cet exercice est très intéressant, car l’arbre évolue en même temps que les idées remontent, et il semble se construire dynamiquement, alors que les idées en appellent d’autres par association. Une fois l’arbre réalisé, de nouvelles connexions apparaissent, qui simplifient l'arbre, et le complètent. Une sorte d’alchimie opère alors, et elle nous restructure intérieurement, comme si nous venions de ranger une pièce en désordre.  Il est reconnu que cette méthode permet de clarifier nos idées, et permet d’appréhender des environnements complexes, en les organisant à travers ce travail, et le schéma résultant.

9.6.   Mémoire fractale

Les exemples précédents nous montrent qu’il existe une sorte de logique qui se réitère à chaque niveau de mémorisation. Si nous reprenons les exemples précédents et que nous créons un lien entre eux en passant par une autre structure mémorielle, qui est simplement la logique des voies de communication entre les bâtiments, cela nous donne la chose suivante :

 

Bien sûr, ces schémas sont très discutables, et il est possible de les reconstruire différemment en ajoutant ou supprimant des couches. Mais ici, l’objectif est simplement de faire prendre conscience de la réitération du système en portions Symétrique. Nous affinerons le modèle en couche dans d’autres chapitres.

 

Figure 64 : Arbres mémoriels, fractals.

Nous avons une sorte d’arbre où chaque interconnexion nous fait entrer dans une nouvelle itération d’un modèle identique, qui ne diffère que par son contenu, et pas par sa structure. Ce modèle correspond à notre vision des choses, au sens propre et figuré.

 

 

 

10.     Le codage, décodage

Nous allons voir dans ce chapitre les différents niveaux de codage décodage utilisés au quotidien par un individu. Nous recherchons l’Universel, et notre propos sera donc très synthétique. Il est évident que toutes analyses plus poussées nous emmèneraient vers le multiple et ses cas particuliers, qui ne peuvent que compliquer les choses et nous noyer dans des contradictions. Ici, nous cherchons le simple, le logique, le trivial, le basic, l’Universel. 

10.1.              La matrice « 2 et 1 » : La Symétrie

La Symétrie[185] du corps est de base une sorte de mécanisme direct de décodage, car le corps étant Symétrique à lui-même verticalement il est une sorte de calculateur de Symétrie. C’est une équation écrite directement par le corps, qui dit :

Si [je suis Symétrique avec] Alors [c’est un corps ou un ensemble fonctionnel en relation].

L’individu peut, s'il utilise cette formule innée, reconnaitre une autre structure identique à lui ou pas. La notion de Symétrie relative peut être utilisée, et est juste, puisque nos deux parties Symétriques ne sont pas elles aussi parfaitement exactes. Le système fait alors l’expérience du relatif, qui par extension va devenir analogique, et métaphorique, ou simplement n’aura pas le même rapport d’échelle à l’image des homothéties[186]. La portion [je suis Symétrique] de l’équation peut devenir [X = x] ou X et x sont deux choses en rapport d’échelle, de fonctionnalités, de sens concrets ou abstraits, ce qui introduit l’analogie au cœur de notre logique mémorielle et cognitive. L’équation se  transforme de devient :

  
Figure 65 : Le jeu de la vérité

Si [X est en rapport avec x] Alors [X est lié à x et forme une structure en équivalence].

La racine innée de notre mémoire est alors notre corps dans sa forme physique et fonctionnelle directe, et notre mémoire acquise est un ensemble de motifs, qui vient par Symétrie s’attacher à lui. La Symétrie pouvant être relative, analogique, voire métaphorique, une symbolisation devient possible, et il apparait un système de codage organisé, qui peut être comparé au langage.

 

Il y a aussi des phénomènes physiques ou psychiques étonnants qui peuvent être perçus lors d’une opération de décodage, même pour quelque chose de simple, d’évident, mais qui restent bien souvent invisibles. Un décodage présente un certain nombre de phases, dans un ordre généralement toujours identique.

 

·         Je suis stable

·         Une chose apparait qui m’interpelle.

·         Un processus de décodage se déclenche.

·         Un temps de traitement est nécessaire.

·         La chose est décodée.

·         Je réalise ou pas une action.

·         Je suis stable

 

Ce scénario semble correct, mais il manque sa contrepartie virtuelle, qui est de l’ordre du personnel, du vécu de chacun. Je vais donc proposer ma contrepartie, qui sera certainement mise en cause dans votre esprit, vous serez d’accord ou pas, mais ce n’est pas le problème, et c’est même bien, car vous vivez alors un décodage, et avez votre propre exemple en direct…

 

 

Extérieur

 

 

Intérieur

 

Je suis stable

 

 

 

Une chose apparait, qui m’interpelle

 

 

J’éprouve le besoin de comprendre cette chose.

 

Un processus de décodage se déclenche

 

 

Je raisonne, je rentre en vibration, je deviens fébrile, j’invoque des souvenirs, je suis traversé de pensées, je ressens des émotions…

 

 

Un temps de traitement est nécessaire

 

Je suis dans une sorte de déséquilibre durant lequel le processus de traitement semble me prendre de l’énergie. Je suis en état de recherche.

 

 

La chose est décodée

 

 

Je suis sorti de la phase précédente, et je peux ressentir une sorte de libération. Certaines énergies sont libérées…

 

 

Je réalise ou pas une action

 

 

Je prends un chemin, une direction, je suis dans l’action…

 

 

Je suis stable

 

 

Me voici marqué par cet événement, qui est maintenant un souvenir qui potentiellement aura un écho… Je ne suis plus vraiment le même…

 

 

Il apparait que lors de la période de décodage nous sommes dans un état d'esprit particulier, et qu’une fois le décodage réussit, nous pouvons ressentir intérieurement, comme une sorte de libération subtile de cet état, qui s’était installé durant le décodage.

 

Un exemple simple est celui du nom que nous avons au bout de la langue pour nommer une chose, mais qui nous résiste, et tarde à venir. Une chose apparait, nous voulons la nommer, mais cela ne vient pas… et sans raison le nom réapparait et nous voici libérés. Que se passe-t-il à ce moment-là ? Nous sommes comme suspendus, en attente, dans un « nomansland », si la situation perdure nous pouvons même avoir une émotion qui apparait, un petit énervement, un léger malaise, nous sommes dans le « trou de mémoire[187] » ... Nous sommes presque dans la même situation que celle qui se présente dans les mécanismes de « ruptures de patterns », qui sont utilisés par les hypnothérapeutes[188] pour provoquer une transe rapide chez leurs patients. C’est une chute en dehors du connu, là où nous n’avons plus de prise… Mais pourquoi chutons-nous ? Et pourquoi sommes-nous libérés, en quelque sorte, après le décodage ?

 

Je suis face à quelque chose, je cherche en moi, de manière automatique, une Symétrie qui va me permettre de nommer, ou reconnaitre cette chose. Tant que la Symétrie n’est pas trouvée, je suis la chose en face de la chose, je fusionne avec l’inconnu par ce jeu de miroir, j’ai une part d’inconnu en moi, elle m’envahit, je suis cette part… Aussitôt que je peux trouver en moi le motif, qui va pouvoir prendre ma place, me voici libéré… je suis de nouveau rien, et peux avancer…

On peut aussi faire quelques schémas simples pour nous aider à comprendre ces mécanismes :

 

Figure 66 : Décodage statique

Figure 67 : Décodage Dynamique

 

Figure 68 : Boucle de rétroaction

 

Dans un autre chapitre (7.5.6) consacré aux théorèmes de Bayes, nous avons repris un schéma proposé par Stanislas Dehaene dans ses cours en lignes, qui introduit la notion de gain et un système de choix utilisant des probabilités selon des équations découvertes par Mr Bayes.

 

 

Figure 69 : Évaluation d'une Symétrie entre l'extérieur et la mémoire

 

On peut aussi représenter le décodage comme un mécanisme de Symétrie entre une base de données, des processus de choix, et le réel…

 

Nous retrouvons la matrice « 2 et 1 » ou le « 1 » est le système de décodage, et le « 2 » : la chose à décoder et le résultat du décodage.

 

Figure 70 : Observateur utilisant sa mémoire pour comparer deux formes

Présenter notre interaction avec le monde comme une logique de codage décodage est un peu schématique, mais offre l’avantage de nous aider à appréhender notre mode de fonctionnement en le dissociant en phase de traitement. Pour essayer d’exprimer mon propos par un exemple, j’ai simplement cherché en moi une Symétrie de ce que je voulais formuler. La meilleure qui m'est venue à l’esprit est liée directement à mon vécu, qui est finalement mon principal réservoir à Symétries. L’exemple qui m’est apparu est le modèle OSI, qui est utilisé en informatique, et que je vais décrire dans quelques chapitres. J’aurais été mécanicien, je vous aurais parlé de voiture, de moteur, de circuits de distribution. J’aurais été postier, je vous aurais parlé de ville, de route, de boites à lettres. Je suis informaticien, alors évidemment c’est un exemple en rapport avec moi-même, qui est venu à mon esprit, pour répondre au besoin. Mais avant de rentrer dans la théorie, nous allons voir les différents processus, qui nous permettent d’exprimer le vivant à nos congénères et nous-mêmes. 

10.2.              La langue, orale et écrite

Le langage n’est qu’une extension d'un principe de Symétrie, ou deux parties constituées d’un mot et d’une forme sont liées. Ils ont perdu leurs Symétriques apparences du niveau physique, mais ils ont gardé une logique de structure Symétrique à travers un mécanisme de codage. Le contenu visible des deux parties apparaît comme différent, mais la structure commune est signifiante, et permet le lien qui se trouve créé par ce codage Symétrique. Le langage n’est pas une invention humaine, mais simplement la conséquence de cette Symétrie, que la structure du corps nous fournit comme modèle, et qui a introduit la séparation de réel vers son image déformée. Le langage est avant tout un moyen d’échanger de l’information entre structures, c’est une variante du mécanisme de l’usage d’une monnaie, où le troc n’est plus direct, mais passe par un tiers symbolique. Ici, le tiers c’est les mots et leurs étiquetages. Le langage contient un ensemble de motifs signifiants, qui vont être combinés entre eux pour produire des structures plus ou moins complexes, images d’autres structures. Ces structures formées par le langage sont des analogies de choses réelles, ou virtuelles, comme tout mécano ou légo, le fait de posséder des éléments de construction permet de construire, on confond alors le langage simplement descriptif, et le langage abstractif qui permet de décrire des chimères. La limite, entre le réel et le virtuel, lorsque nous utilisation le langage est difficile à définir, car de base il est déjà une virtualisation; il introduit une porte d’accès à l’imaginaire par sa capacité de construire des fantaisies mentales. Tous les peuples de la terre possèdent un ou plusieurs langages[189], ce n’est pas une invention locale, c’est un mécanisme qui s’impose à toutes sociétés ou structures devant communiquer pour échanger de l’information. L’introduction de l’évangile de Jean[190] a fait couler beaucoup d’encre…

 

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu »

 

Ou encore[191] :

 

1.    Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

2.    Elle était au commencement avec Dieu.

3.    Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle.

4.    En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

 

Ou encore : « Je suis le peintre, qui s’utilise comme peinture, sur sa propre toile dont il est lui-même les fibres »

10.3.              La boucle

Il est très facile de constater que : quel que soit l’endroit du monde, où l’on se trouve, il y aura toujours un interprète pour nous permettre d’échanger de l’information avec un autre peuple, simplement parce que tous les langages, quelle que soit la manière dont ils sont constitués, codent la même chose. Le Langage code la création, il est une de ses incarnations, il est Symétrique à ce qu’il représente. Le langage, tel qu’il est réalisé dans nos modèles européens est un système basé sur une compression de donnée, c'est-à-dire qu’il utilise des motifs de base, qui représentent les fondamentaux de sa Symétrie, et qu’il se déploie vers des contenus les plus variés. 

Il est intéressant de constater que dans la langue française nous utilisons en tout et pour tout que 26 lettres[192]. C'est-à-dire que le nombre de motifs, qui nous sont nécessaires pour coder l’ensemble des mots[193], qui sont les étiquettes qui nous permettent de cartographier les formes, et les structures, se limite à 26. Un jeu de lettres s’appelle un alphabet, et la plupart des alphabets[194] de par le monde comportent un ensemble de signes oscillant autour de ce chiffre. L’alphabet est en rapport avec des sons distincts émis par la bouche, que l’on appelle des phonèmes[195]. Que les motifs de base soient des sons ou des signes, peu importe, il est important de comprendre que la base de notre codage est possible avec simplement 26 références. Ces motifs sont utilisés pour créer des structures Symétriques symboliques de la création, ils sont donc des images de la création, et ils nous informent qu’elle peut être compressée par un simple jeu de combinaisons, qui utilise ces 26 signes. Ces signes sont donc la Symétrie symbolique de la création, et comprendre ces signes c’est logiquement se placer au niveau de la capacité créative. Le mot est un assemblage de lettres, et forme un corps ou ses parties son définit par l’assemblage des lettres qui le qualifie. Nous sommes avec les lettres dans le même principe que la notation musicale, ou les notes représentent des vibrations réelles, qui peuvent être expérimentées. La notation[196] de la note Do par exemple est un motif, qui a son équivalence directe avec une fréquence vibratoire reproductible, et transmissible, ce n’est pas une chimère, mais un codage d’une chose réelle. Les lettres codent des choses réelles, qui sont les bases de la création, qu’il nous est donné d’appréhender à travers notre corps.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/25/Guitar_Tabulature.png

Notation musicale[197]

 

On parle par exemple des quatre sens de l’écriture[198], qui vont de l’historique (sens littéral - mémoire) en passant par l’allégorique (analogie – rapport - métaphore), le tropologique (sens moral – lois – références), et enfin l’anagogique (principes – essence des choses). En fait il y a un mécanisme de compression, qui va des contenus vers une essence, qui par définition va couvrir un ensemble de contenu, qui pourront être très différent. Nous avons alors une sorte de simplification du nombre des  motifs de reconnaissance, qui nous dirige vers un point unique.

 

 

Si on met en relation les deux schémas de compression fournis, on peut percevoir qu’ils forment une sorte de boucle, qui partant des principes de base y retourne.

 

 

Ce schéma nous présente une Symétrie, la décompression des lettres, codant les principes, permet le multiple, qui s’il est comprimé pour en chercher l’Essence nous ramène au principe, à l’unité indivisible des choses. Les principes premiers représentés par les motifs sont comme les nombres premiers[199] mis en lumière par les mathématiques, avec qui il forme une sorte de Symétrie.

 

Il est question ici de mise en lumière des principes en passant par leurs incarnations, et non pas d’invention ou de création; ils ne peuvent pas être créés, car ils sont la création dans son Essence; ils n’ont besoin de rien pour Être et ils sont de toute éternité, car sans eux rien n’est possible. C'est-à-dire que même là où il n’y a rien ils sont, avant même qu’ils y aient quelque chose ils sont déjà. S’ils ne sont plus, plus rien n’existe, ce n’est pas un concept, c’est ce qui permet l’incarnation du concept.

  
Figure 71 : Lentille convergente

Il existe une sorte de mystère dans certains montages optiques, où on peut observer qu’une information lumineuse, qui traverse une lentille biconvexe[200] [201] va se compresser vers un point, pour ensuite se décompresser de l’autre côté à l’identique, mais inverser, formant une Symétrie, que ce passe-t-il au point de convergence ? Pourquoi tout ne se mélange-t-il pas ?

10.4.              Les outils

Comme nous l’avons vue, dans d’autres chapitres, l’ensemble des outils fabriqué par l’humain à la particularité de se connecter d’une manière, ou d’une autre à son corps, qui lui sert de référence. Un boitier de contrôle automatique d’une installation n’est pas directement relié à un corps, mais il répond à un besoin formulé par l’esprit de l’individu, qui a désiré le mettre en place. Pour simplifier notre propos, et rester simples, nous allons essayer de proposer une suite d’outils de base, facilement identifiable, et en rapport direct, avec l’extension des besoins du corps.

Un outil de base est en contact avec le corps, et est conçu pour réaliser une action, en relation avec un besoin d’un individu.

10.4.1.               Extension du corps

Tout débute au point, ou au poing de la main. C’est-à-dire, à l’ensemble des doigts d’une main repliée sur eux-mêmes. 

 

L’outil de base le plus simple est le percuteur[202], qui peut être un simple caillou, ou un galet. Il va permettre d’augmenter la puissance de frappe de la main, pour enfoncer ou modifier une forme. Il est utile de constater que le percuteur simple, mis en contact direct avec la main, outil de préhension du corps, forme un point, et qu’Il y a une analogie entre la main, avec les doigts fermés sur le percuteur qui forme le poing, et le point.  Cet outil de base est aussi le point de départ de cette liste.

File:Percutores duros.jpg

Figure 72 : Percuteur de pierres[203]

 

Le point va en se déployant devenir une ligne, qui à partir de notre main deviendra un bâton[204]. Ce bâton va permettre d’étendre le rayon d’action du bras, et de la main. Le bâton est l’outil par excellence, et l’extension principale du corps, il est le meilleur ami de l’homme. Il serait possible d’écrire une encyclopédie sur les différents types de bâtons, et leurs dérivés, allant du simple bâton de berger à la baguette du chef d’orchestre, en passant par les armes de combats, et tant d’autres applications. Le bâton est une copie du bras qu’il étend d’une certaine longueur.

 

File:Bâton de hogon.jpg

Figure 73 : Bâton[205]

 

L’outil suivant va être un mixte des deux premiers, où le percuteur va trouver sa place tout naturellement au bout du bâton. Une nouvelle famille d’outils très importante va apparaitre et permettre d’augmenter la puissance de la main par une logique de levier, et de déplacement de masse. Le marteau[206], la hache sont les représentants de base de cette série d’outils.

 

Figure 74 : marteau[207]

 

Revenons à la main, et libérons les doigts, pour les rassembler en formant un creux étanche, qui va nous permettre de capter des formes non solides, comme des liquides.

 

L’outil de base qui va nous permettre de retenir des liquides est un récipient, qui finalement est une sorte de poing creux. C’est une forme creuse qui utilise la gravité terrestre, pour maintenir prisonnier un liquide. La forme la plus simple est le bol, qui est une sorte de demi-sphère creuse. Le nombre de variantes de récipient existant est énorme, on ne compte plus les vases, amphores, bouteilles et autres pots ayant été fabriqués de tout temps.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b2/Sekhemib_Vase.jpg/1280px-Sekhemib_Vase.jpg?uselang=fr

Figure 75 : Vase en albâtre de Sekhemib Perenmaat portant une inscription reproduite sur la droite de l'image. Musée des Antiquites Nationales, St-Germain en Laye.[208]

L’outil suivant va être un mixe du récipient, et du bâton, et il va nous permettre de capter des liquides, pour les manipuler plus facilement. On peut donner l’exemple de la cuillère, de la louche, etc. Il y a des variantes amusantes, car de base les doigts peuvent former un récipient étanche, ou bien laisser passer le liquide. Nous avons alors la passoire, l’épuisette, et tout un ensemble de nouveaux outils qui vont voir le jour.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/73/Cuill%C3%A8res_bretonnes.jpg/1280px-Cuill%C3%A8res_bretonnes.jpg?uselang=fr

Figure 76 : Cuillères de mariage, et louche à amidon. Exposition « Les Bretons et l'argent » au Musée de Bretagne.[209]

 

Mes mains me permettent de saisir des formes, et avec l’aide de mon pouce je peux pincer ces formes, et les capturer. C’est l’usage classique d’une main, qui avait déjà été utilisée pour tenir le percuteur.

 

L’outil suivant va réunir deux bâtons avec un axe, ou une chaine, pour imiter la pince de mon pouce, et obtenir avec la longueur des bâtons une plus grande puissance de pince.  Nous avons ici aussi un nombre considérable d’outils.

File:Pinces.JPG

Figure 77 : Pince simple[210]

L’outil suivant est inspiré par la réunion du pouce, et des doigts, qui forment comme un anneau. Cet anneau est aussi une sorte de nœud, ou un bâton souple, et une foi repliée sur lui-même, il va permettre une ligature.  Nous voici dans le monde de la corde, qui est un bâton souple, qui permet de maintenir un ensemble de formes entre elles. Cet outil a donné un nombre considérable d’extensions en tout genre. 

 

File:Nœud de cabestan.jpg

Figure 78 : Nœud de cabestan[211]

 

L’anneau va devenir l’outil par excellence de l’union de deux parties ou plus. Qu’il soit torique, et très régulier, ou souple comme un élastique, il permet de créer une union.

 

File:Portivy - anneau amarrage.jpg

Figure 79 : Anneau d'attache[212]

Mes mains peuvent simplement s’appuyer contre une forme, et par pression, contre une autre paroi l’empêcher de partir.

 

L’outil suivant est un lien, qui permet de coller deux formes entre elles, et de libérer la main de la pression qu’elle devrait exercer.

 

File:Joint colle.jpg

Figure 80 : Colle PVC[213]

Mes mains peuvent aussi gratter, avec leurs ongles creuser la terre, ou peigner mes cheveux… J’aurais alors le rasoir, la pelle, la fourche…

 

De nouveaux outils vont pouvoir être créés à partir de ces outils de base, directement issue de la forme du corps, qui a servi de connaissance, pour les faire apparaitre. Par exemple le seau pour récupérer l’eau du puits est un mixte entre la corde, l’anneau, et le récipient.

 

File:Seau incendie.jpg

Figure 81 : Seau[214]

Je ne passe pas mon temps à décortiquer le fait que si je veux saisir quelque chose, il faut que j’utilise mes mains, cela va de soi. C’est une évidence. Cette évidence va alors devenir pour ma raison une sorte d’équation, pour saisir il faut une main. Si je regarde comment marche une main, je m’aperçois que je dispose de cinq doigts, et que quatre sont en opposition avec le cinquième, qui permet la pince de l’objet à saisir. Ma main est l’équation fonctionnelle d’un ensemble d’outils créés par l’être humain, qui permettent de saisir, et de maintenir attachées des formes. Ma main de par sa fonction me permet par analogie de créer des outils, qui la représentent, je déploie ce principe de manière évidente sans me poser de questions particulières. Je peux même me raconter que je suis l’inventeur de la pince[215] crocodile, ou tout autre système bêtement copier sur ce principe…

Je vous laisse continuer ce petit jeu de la découverte des outils, et fonction de base des besoins de l’humain. Retrouver les outils issus des pieds, des yeux, etc..

 

10.4.2.               L’alphabet des outils

 On peut, si on le désire, faire des correspondances entre ces outils de base, et d’autres informations représentant des sortes de principe issus de la connaissance du corps, comme ici les lettres de notre alphabet. Bien sûr, ce tableau est imaginaire, et n’a aucune prétention. Nous traiterons dans un autre chapitre de l’Alphabet, et de ses possibles logiques associatifs, mais il faut être joueur, et laisser l’esprit faire de libres associations.

 

Outils de base

Extension

Commentaire

Percuteur

Balle de fusil

.

Racleur

Couteaux, faux

D

Bâton

Javelot, flèche, fusée

I J L

Le marteau, la hache

Marteau piqueur,

T

Le bol

Bouteille, ballon

U V

La louche

Excavateur

P

La pince

Tenaille, étau

C G

Le nœud (le lien)

Le tapis

K N Z

L’Anneau

La chaine

O B

La colle

Mortier, ciment

Les lettres avec symétrie : A H M W X

Pelle, Fourche

Bulldozer

Y F E

10.4.3.               Les travaux de Roger Schank

En collectant des informations, pour enrichir ce chapitre, j'ai croisé les travaux de Roger Schank[216], qui peuvent nous éclairer sur l’origine des primitives utilisées pour construire les bases de nos linguistiques. De plus, sa démarche s’inscrit à propos dans les idées développées dans ce document.

« Schank fut l'un des premiers contributeurs influents à l'intelligence artificielle et à la psychologie cognitive dans les années 1970 et 1980. Ses principales innovations dans ces domaines furent ses concepts de raisonnement par cas (case-based reasoning) et de mémoire dynamique, qui s'opposaient tous deux aux manières traditionnelles d'envisager la mémoire et le raisonnement. La conception cognitiviste classique à l'époque envisageait la cognition comme une manipulation de symboles contrainte par des règles (ou algorithmes). Schank, au contraire, énonça que la mémoire prenait la forme de scénarios (stories) porteurs de sens (et non simplement d'information inerte décontextualisée), et que la résolution de problèmes s'effectuait par l'utilisation de « cas », ou exemples, stockés dans la mémoire. Par exemple, selon la conception « classique », lorsque nous nous rendons dans un magasin, nous le faisons en fonction d'un algorithme tel que :

 

·         ouvrir la porte,

·          

·         sortir dans la rue

·         etc.

 

Selon Schank en revanche, nous exécutons ces actions parce que nous avons accès à un « schéma » stocké en mémoire et basé sur notre expérience préalable qui nous dit à quoi cela ressemble de nous rendre dans un magasin, et nous n'avons pas besoin de règles pour nous le décrire. Schank et ses étudiants à l'Université Yale appliquèrent ces idées au problème de la reconnaissance de l'anglais par un ordinateur (la compréhension automatique du langage naturel) autour de 1980, mais les progrès dans ce domaine finirent par s'essouffler, et ces méthodes par être abandonnées. »

 

Robert Schank cherche à élaborer une représentation universelle, indépendante de la langue et du contexte applicatif, ce qui nous renvoie à une connaissance Universelle partagée par tous les peuples de la Terre. Il envisage plusieurs classes de concepts, correspondant plus ou moins aux grandes catégories syntaxiques :

·         Les objets physiques (cf noms),

·         Les actions (cf verbes),

·         Les attributs d'objets (cf adjectifs)

·         Les attributs d'action (cf adverbes).

S'y ajoutent deux classes définissant le contexte :

·         Le lieu

·         Le temps.

 « Le système de Schank est basé sur la théorie de la dépendance conceptuelle, qui consiste à affirmer que tous les verbes de toutes les langues sont exprimables au moyen d'un petit nombre de primitives[217] ». 

 

Ce qui veut dire que Robert Schank a réduit le nombre d’actions associé aux verbes d’une langue à un nombre restreint de verbes racines non réductible. Les verbes décrivant une action, ils nous renvoient directement à nous. La liste des actions de base proposées nous rappelle le chapitre sur les outils (chapitre Erreur ! Source du renvoi introuvable.), et nous fournit une connaissance Universelle en rapport avec le corps et ses besoins. Dans la démarche initiale, cette réduction de l’ensemble des verbes en verbe racines s’inscrivait dans des processus de traduction automatique, et plus. Plutôt que de s'attacher au sens de chaque mot d'une phrase, on cherche à en cerner le sens de façon globale, tenant compte de l'implicite.


Il considère onze actions de base :

·         PROPEL           (appliquer une force à quelque chose)

·         MOVE              (déplacer une partie du corps)

·         GRASP            (attraper un objet)

·         INGEST           (ingérer, pour un objet animé)

·         EXPEL (expulser physiquement, pour un objet animé)

·         PTRANS          (déplacer un objet physique)

·         ATRANS          (modifier une relation abstraite, ex: possession)

·         SPEAK             (Produire un son; support d'une action telle que "communiquer")

·         ATTEND          (appliquer son attention à une perception ou un stimulus)

·         MTRANS          (transfert d'information)

·         MBUILD           (création d'une nouvelle pensée)


ET les rôles conceptuels suivants (représentés par des symboles graphiques fléchés) :

 

·         ACTEUR          (être animé effectuant une action)

·         OBJET (ce sur quoi porte l'action)

·         BÉNÉFICIAIRE (d'une action)

·         DIRECTION     (points de départ et d'arrivée)

·         ÉTAT                (valeur d'un attribut)

·         INSTRUMENT  (élément contribuant à l'action)


« Il tient également compte des « modalités » (passé, futur, conditionnel, négation, interrogation, continuité, début de transition, fin de transition, non précisée) et de la causalité, et attribue des valeurs numériques entières aux états graduels (ex: pour l'attribut SANTÉ, une valeur -10 pourra signifier mort, -9 ou -8 signifiera gravement malade, 0 = normal, +7 ou +8 = en pleine forme...) »

 

On voit que Robert Schank s'attache essentiellement au plan des réalisations physiques, ce qui n'est pertinent que dans certains types de situations.

10.5.              L’alphabet

File:Strigel 1506-detail.jpgL’alphabet est le système de signes, de pictogrammes, d’idéogrammes, qui nous permet de transcrire sur un support de l’information, et de communiquer avec l’autre et aussi nous-mêmes. L’alphabet permet de laisser une trace d’une information qui est aussi souvent un langage sur un support, ceci à travers une opération d’écriture. Par exemple, nos pensées, qui bien souvent utilisent le langage, sous la forme d’une narration intérieure, vont pouvoir être codées sur un document, comme ce texte que vous lissez actuellement. Il y a pour certaines langues, une sorte de fusion entre l’oral et l’écrit, et il est difficile de dire si l’oral a précédé l’écrit ou l’inverse. Pour d’autres langues, ils n’existent pas de système d’écriture, mais simplement parler est une forme d’écriture, où les signes sont des sons. Dans notre propos, le mot langage est utilisé au sens large, et l’alphabet est vu comme tout système permettant de coder une information. Par exemple la notation musicale permet de coder de la musique. Un ordinateur utilise des tableaux d’instructions élémentaires, pour coder des programmes. Il n’existe pas d’alphabet pour coder les dialogues des oiseaux. Tout lexique ou liste de signes simples non composés est une sorte d’alphabets, ou un ensemble de signes codant. En fait toutes formes, qui vont pouvoir être reconnus et interprétées sont des signes, qui vont permettent de communiquer avec sois même en premier, et avec les autres dans un second temps. L’arbre qui se trouve devant moi est une forme, un signe, qui me permet de dire que c’est un arbre. Aucun arbre n’est identique à un autre, mais lorsque je vois cette forme je sais qu’elle a pour étiquette le mot arbre. L’arbre qui est devant moi est le premier signe, l’original, l’unique, mais il ne m’est pas possible de le transporter pour communiquer avec vous, alors le mot arbre, qui est une pâle réplique de cette forme, me permet de communiquer de l’information le concernant. L’alphabet permet de produire des assemblages, pour coder l’ensemble des formes, des actions, des concepts, etc. La particularité d’un alphabet est qu’il permet de coder des choses, qui n’ont pas de réalité physique. De la même manière, le compositeur va écrire une partition avec les signes d’écritures de la musique, et la musique sera jouée plus tard. Elle n’existait pas avant que d’être écrite et jouée. Il ne suffit pas de créer des mots avec un alphabet, pour faire apparaitre des formes, et le fait d’écrire le mot arbre ne le fait pas s’incarner autre part que dans votre tête. L’écriture est un moyen simple de construire des sous-ensembles de signes, qui sont appelés des mots, en utilisant la palette de graphiques offerte par l’alphabet et de les assigner à de l’information générique. Il y a obligatoirement une logique de correspondance entre le codage et la chose codée.  Le mot arbre utilise 5 signes de l’alphabet latin, et est une simple étiquette, qui peut être posée sur l’ensemble des formes qui sont pour nous des arbres. Les assemblages de lettres forment des mots, qui eux même sont assemblés avec différentes règles pour former des phrases… les différentes couleurs peuvent être vu comme un alphabet, où les nuances peuvent être des mots, si une association a été créer entre ces couleurs et une forme (au sens large). Tout ensemble de signes qu’il nous est possible de  lire, de décoder, de simplement voir,  est une sorte d’alphabet, qui écrit une information sur un support. La forme des nuages qui se donnent à voir dans le ciel est un alphabet, qui nous permet de lire le temps qu’il fait. Les différents types de feuilles présentent sur les arbres sont des signes, qui nous permettent de déterminer l’espèce de l’arbre, et l’état de celui-ci. Toutes les formes sont finalement des signes, qui s’inscrivent à travers nos perceptions, et qui peuvent faire l’objet d’un décodage, d’une lecture. Tout est alphabet… et il apparait de fait aussitôt qu'il est possible de discriminer des formes.

Nous sommes un petit peu devant un mystère concernant la genèse des alphabets basée sur un ensemble de signes spécifiques partagés entre les hommes, pour transmettre de l’information, et d’innombrables chercheurs ont essayé de retrouver les origines de ce système de codage. Un point intéressant à noter est que l’écrit ou le tracé de ces signes est en général une action faite par le geste, ce qui laisse une trace, une empreinte du signe de référence. Les signes des alphabets sont le résultat de gestes, faits avec des outils, et qui laissent une trace (le signe).

« Les plus anciennes traces de l'ancêtre de tous les alphabets[218] actuels se situent dans le désert du Sinaï aux alentours du XVe siècle avant J.-C. Cet alphabet est exclusivement consonantique. Les lettres sont initialement représentées par des pictogrammes apparentés aux hiéroglyphes égyptiens, mais servent à noter une langue sémitique. Par exemple « A » figurait une tête de taureau avec ses cornes ; on a utilisé ce pictogramme pour noter le son initial du nom qui désignait la chose dans la langue (A=aleph, nom du taureau en Hébreu) ; enfin, on a donné à la lettre alphabétique nouvelle le nom de la chose que figurait le pictogramme originel (aleph est le nom de la lettre A).

Les premiers alphabets de l’histoire sont l’alphabet ougaritique et l’alphabet linéaire (ou alphabet protosinaïtique), deux abjad d’ailleurs déjà classés dans l’ordre alphabétique levantin. Il est suivi par celui des Phéniciens, dont les descendants sont nombreux : aussi bien l’alphabet arabe que l’alphabet latin.

Les deux premières lettres de l’alphabet grec, α (alpha) et β (bêta), ont pour origine les deux premières lettres phéniciennes : le coup de glotte et /b/, dont le nom signifiait vraisemblablement « taureau » et « maison ». »

 

Voici l’exemple de l’alphabet phénicien[219] (1050 à 200 av. J.-C.) tiré de Wikipédia, qui a l’avantage de donner une signification aux lettres ainsi que des correspondances avec d’autres alphabets plus récents.

 

« L'alphabet phénicien[220] (appelé par convention alphabet protocananéen pour les inscriptions antérieures à 1200 av. J.-C.) est un ancien abjad[221],, un alphabet consonantique non-pictographique. Il était utilisé pour l'écriture du phénicien, une langue sémitique utilisée par la civilisation phénicienne. Il s'agit d'un abjad, car il ne note que les sons consonantiques (une mater lectionis fut utilisée pour certaines voyelles dans des variétés tardives). »

 

Lettre

Nom

Signification

Transcription

Correspondances

Hébreu

Syriaque

Arabe

Grec

Latin

Cyrillique

Arménien

Aleph

alf

bœuf

'

א

ܐ

Α α

A a

А а

Ա ա

Beth

bet

maison

b

ב

ܒ

Β β

B b

Б б, В в

Բ բ

Gimel

gaml

chameau

g

ג

ܓ

Γ γ

C c, G g

Г г

Գ գ

Daleth

delt

porte

d

ד

ܕ

Δ δ

D d

Д д

Դ դ

He

he

battant

h

ה

louange

ܗ

ه

Ε ε

E e

Е е, Є є

Ե ե, Է է

Waw

wau

hameçon

w

ו

clou

ܘ

(Ϝ ϝ), Υ υ

F f, U u, V v, W w, Y y

(Ѵ ѵ), У у

Վ վ, Ւ ւ

Zayin

zen

arme

z

ז

ܙ

Ζ ζ

Z z

З з

Զ զ

Heth

het

mur

ח

barrière

ܚ

Η η

H h

Հ հ

Teth

tet

roue

ט

bouclier

ܛ

Θ θ

(Ѳ ѳ), Ф ф

Թ թ

Yodh

yod

main

y

י

ܝ

Ι ι

I i, Ï ï, J j

И и, Й й

Յ յ, Ի ի

Kaph

kaf

paume

k

כ

ܟ

Κ κ

K k

К к

Կ կ

Lamedh

lamda

bâton

l

ל

ܠ

Λ λ

L l

Л л

Լ լ

Mem

mem

eau

m

מ

ܡ

Μ μ

M m

М м

Մ մ

Nun

nun

serpent

n

נ

ܢ

Ν ν

N n

Н н

Ն ն

Samekh

semka

poisson

s

ס

appui

ܣ

Ξ ξ, Σ σ/ς, Χ χ

X x

(Ѯ ѯ), Х х

Խ խ

Ayin

eyn

œil

ʿ

ע

ܥ

Ο ο

O o

О о

Ո ո, Օ օ

Pe

pey

bouche

p

פ

ܦ

Π π

P p

П п

Պ պ, Փ փ

Sade

sade

papyrus

צ

hameçon

ܨ

(Ϻ ϻ, Ϡ ϡ)

Ц ц, Ч ч

Չ չ, Ճ ճ, Ց ց, Ծ ծ, Ձ ձ, Ջ ջ

Qoph

qof

singe

q

ק

nuque

ܩ

(Ϙ ϙ)

Q q

(Ҁ ҁ)

Ք ք

Res

rosh

tête

r

ר

ܪ

Ρ ρ

R r

Р р

Ր ր, Ռ ռ

Sin

shin

soleil

š

ש

dent

ܫ

Σ σ / ς

S s

С с, Ш ш

Ս ս, Շ շ

Taw

tau

marque

t

ת

ܬ

Τ τ

T t

Т т

Տ տ

 

File:Masiliana tablet.png

L'abécédaire de Marsiliana, vers 700 av. J.-C[222].

 

On peut remarquer que plusieurs autres alphabets trouvent ici leurs correspondances, ce qui montre que cet ensemble de signes est utile et suffisant pour coder la création, qui n’a pas de frontière, et qu’ils se retrouvent sous des graphies différentes dans d’autres contrées, mêmes s’ils en sont issus à travers des échanges entre peuples. Ces signes sont de fait des Symétries de principes fondamentaux non compressibles de la création, et doivent être intégrés dans toutes les dimensions pour pouvoir pleinement exprimer la création par ce moyen, leur étude doit donc mener à une compréhension des éléments fondamentaux de la création elle-même.

 

Beaucoup d‘auteurs et de chercheurs ont essayé de trouver les significations profondes de nos alphabets. L’alphabet hébraïque a fait l’objet de diverses analyses, la kabbale[223] utilise une interprétation des mots à travers le codage des lettres. Contrairement à une cosmogonie[224] qui nous explique la création du monde à travers un mythe, ou tout autre texte, l’alphabet est la racine même, qui permet d’exprimer cette cosmogonie. Dans la kabbale, les lettres de l’alphabet hébreu[225] (400 av. J.-C. à nos jours)  présenté plus haut dans le texte sont aux nombres de 22, et sont mises en relation à travers l’arbre de la connaissance[226], qui présente différentes Symétries.            

 

Le schéma de l’arbre de Vie[227]est lui aussi souvent représenté dans l’Art par une Symétrie :

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/89/Maria_Saal_Grabrelief_mit_Kantharos_Lebensbaummotiv_29062007_01.jpg/1280px-Maria_Saal_Grabrelief_mit_Kantharos_Lebensbaummotiv_29062007_01.jpg

Figure 82 : Arbre de vie, entouré de deux panthères, tenant une corne d'abondance[228]

10.5.1.               Genèse de la graphie des lettres

Un livre de Patrice Serres « Le mystère de l’ordre alphabétique[229]» nous propose une théorie de la genèse des alphabets issus des constellations du zodiaque, et des signes utilisés pour le représenter[230], tout ceci remontant aux Égyptiens, et qui semble assez probables. Sa théorie utilise les 12 signes du zodiaque qui auraient été utilisés (coupé en deux Symétriquement) pour coder les 24 lettres de base.

 

Lettres

Coupe Gauche

Signes

Coupe Droite

Lettres

Correspondance mois Lunaire Akkadien

Signes actuels

A

N

1er : An (poisson)

Image du caractère

poissons

B

O

2: Bo (Bélier)

Image du caractère

bélier

C

 

 

P

3 : Kap (taureau)

Image du caractère

taureau

D

 

Q

4 : Dexq (graine germée)

Image du caractère

gémeaux

E

 

R

5 : X’er (scarabée)

Image du caractère

cancer

F

 

 

S

6 : Fesh (couteau)

Image du caractère

lion

G

T

7 : Ghetêt (main, ceuillette)

Image du caractère

vierge

H

 

V

8 : X’ut (balance)

Image du caractère

balance

I-J

U-W

9 : Hiuv (scorpion ou serpent)

Image du caractère

scorpion

K

X

10 : Kex’h (arc flèche)

Image du caractère

sagittaire

L

Y

11 : Lilil (orix, chèvre)

Image du caractère

capricorne

M

Z

12 : MU ou Mutshep (eau, crue)

Image du caractère

verseau

 

Certains découpages sont un peu tirés par les cheveux, mais l’ensemble semble cohérent. Les 12 cycles lunaires mixés avec les quatre périodes de variation de la durée des jours représentent par les faits des principes du déroulement du cycle de la vie. Chaque nouvelle année terrestre réitère des cycles, qui ponctuent de manière régulière le déploiement de la vie. Les cycles lunaires impactent la croissance des végétaux, et on peut constater leur action sur les marées, et d’autres phénomènes terrestres. Ces signes codent des périodes précises du cycle de croissance de la vie sur Terre. Ils ne sont pas de simple pictogramme, mais sont en Symétrie avec des périodes d’un cycle, et de ses caractéristiques.

 

Si sa théorie est exacte, cela pose la question du rapport entre le nombre de signes réellement nécessaire pour coder la création, et le nombre de lettres utilisé pour coder les mots étiquetant le réel. De plus, le nombre de signes composant les alphabets n’est pas constant, mais aux environs de 24. La plupart des alphabets antiques codent des consonnes conçues plus pour coder les choses dans des « registres », comme de simples étiquettes, que pour parler, les voyelles étant absentes de ces alphabets.

 

En astrologie, les logiques associées aux signes du zodiaque[231] sont plutôt liées à la position du soleil dans un signe, et elles sont plus en Symétrie avec l’année d’environ 365 jours que les 12 cycles lunaires, qui ne tombent jamais juste, de plus les constellations, qui elles sont les reflets dans le ciel de ces 12 périodes ne sont pas de tailles identiques, mais variables.

Voici un tableau tiré de Wikipédia des signes et des constellations du zodiaque avec les dates auxquelles le soleil s'y trouve. Les deux colonnes montrent bien la différence entre un signe et une constellation du zodiaque.

 

Constellation

Symbole

Signe astrologique
Passage du Soleil dans le signe

Nombre
de jours

Passage du Soleil dans
la constellation

Nombre
de jours

Bélier

Aries.svg

Bélier
21 mars - 19 avril

30

18 avril - 13 mai

25,5

Taureau

Taurus.svg

Taureau
20 avril - 20 mai

31

13 mai - 21 juin

38,2

Gémeaux

Gemini.svg

Gémeaux
21 mai - 21 juin

32

21 juin - 20 juillet

29,3

Cancer

Cancer.svg

Cancer
22 juin - 22 juillet

31

20 juillet - 10 août

21,1

Lion

Leo.svg

Lion
23 juillet - 23 août

32

10 août - 16 septembre

36,9

Vierge

Virgo.svg

Vierge
24 août - 22 septembre

30

16 septembre - 30 octobre

44,5

Balance

Libra.svg

Balance
23 septembre - 23 octobre

31

30 octobre - 20 novembre

21,1

Scorpion

Scorpio.svg

Scorpion
24 octobre - 22 novembre

29

20 novembre - 29 novembre

8,4

Serpentaire

Ophiuchus zodiac.svg

Serpentaire

29 novembre - 18 décembre

18,4

Sagittaire

Sagittarius.svg

Sagittaire
23 novembre - 21 décembre

30

18 décembre - 20 janvier

33,6

Capricorne

Capricorn.svg

Capricorne
22 décembre - 19 janvier

29

20 janvier - 16 février

27,4

Verseau

Aquarius.svg

Verseau
20 janvier - 18 février

30

16 février - 11 mars

23,9

Poissons

Pisces.svg

Poissons
19 février - 20 mars

30/31

11 mars - 18 avril

37,7

TOTAL

365/366

366

 

« Une personne de notre époque née quand le Soleil se trouve dans la constellation de la Balance ne sera pas du signe de la Balance. La précession des équinoxes a déplacé le point de référence du zodiaque tropique, la position du Soleil par rapport aux étoiles lors de l'équinoxe du printemps, qui en est le point de départ (début du signe du Bélier).

Les constellations sont, elles, de tailles inégales - une astrologie entièrement sidérale verrait donc une proportion immodérée de gens nés sous le signe de la Vierge. - Une autre question pour l'astrologie sidérale est de situer précisément le début de son zodiaque. Les constellations n'ayant que des limites conventionnelles (dessinées en 1930), où situer la limite entre le Bélier et les Poissons autrement que par convention ? »

 

La réalité vécue est essentiellement l’observation de phénomènes cosmologiques cycliques, qui ponctuent la croissance de la Vie sur Terre (nous compris), et qui peuvent être classés par ordre d’apparitions, et de phénomènes associés :

 

·         Les périodes des nuits et des jours.

o    Le changement de chaleur, et de luminosité entre la nuit et le jour

o    Le déplacement des astres dans le ciel

o    Avec le soleil le jour, et le déplacement de la lune et des étoiles la nuit.

·         La variation de la durée des jours et des nuits

o    Il y a quatre périodes distinctes des variations avec 2 égalités et 2 extrêmes

o    Une position de départ du soleil dans le ciel différente chaque matin.

o    La durée d’un cycle stable de 365 jours déterminé par le retour du soleil a un point de départ donné.

·         La variation de la forme et de la position de la lune dans le ciel

o    La durée d’un cycle lunaire.

o    Le nombre de cycles lunaires dans un cycle solaire.

o    L’impact sur la croissance des plantes

o    L’impact sur la durée et la taille des marées

·         L’ordre d’apparition des fleurs et autres végétaux.

·         L’ordre des migrations et de reproduction des animaux

·         Etc.

10.5.2.               L’origine ?

Dans un système informatique, il a été montré que seulement deux signes sont nécessaires pour coder d’autres ensembles de signes, à savoir le 0 et le 1, et qu’en fonction du nombre de choses à coder on utilisera des combinaisons plus ou moins longues de ces deux signes. Ces deux signes, 0 et 1, correspondent aussi à deux niveaux électriques différents qui permettent de les identifier à travers des circuits câblés. Le Bit[232] est une unité unique, qui peut avoir deux états et qui représente le 0 et le 1. La plupart des choses qui nous entourent peuvent aussi être qualifiées à travers une dualité exprimant deux extrêmes ou deux états.

 

Contexte

Valeurs

numérique

0

1

journée

nuit

jours

humain

mort

vivant

respiration

expire

inspire

logique

non/faux

oui/vrai

espace

ici

interrupteur

ouvert

fermé

magnétique

nord

sud

optique

noir

blanc

physique

Vide

plein

 

 

 

En informatique on parle de mots de 2, 4, 7, 8, 16 bits, etc.

 

Par exemple, le code ASCII[233] utilise des mots de 7 Bits et code 128 signes différents.

 

Figure 83 : Table de correspondance du code ASCII

Le code binaire utilisé dans différents systèmes montre qu’il est possible de réduire tout codage à une série de 0 et de 1. Il nous montre aussi qu’il est utilisé pour produire simplement un nombre de signes, qui eux même vont permettre de coder d’autres choses. Donc, peut-être que le nombre de lettres de l’alphabet de base est issu d’une simple idée d’utiliser les signes du zodiaque, ou d’autre chose, sans arrière-pensée en lien avec la création. La seule contrainte est que le nombre de signes créé soit suffisant, pour permettre de construire les mots du langage. Une fois les mots créés, les lettres qui les constituent sont restées, et sont devenues un mystère alors qu’elles sont juste utilisées pour réaliser le travail de codage. Ou bien, les mots font l’objet d’un codage interne à travers les lettres, ce qui permet de pointer sur des principes fondamentaux, qui une foi associée entre eux permettent de lier un objet à son principe, à son Essence. Ou alors, ils sont construits sur une logique abstraite inspirée par la Vie. La logique voulant que le langage ait préexisté à l’écrit, à moins d’avoir recréé une langue totalement nouvelle à partir de signes et de phonèmes[234], qui leur sont associés, la création des mots a dû s’appuyer sur les phonèmes, et les mécanismes déjà existants. Les mots n’existant pas avant que d’être créés, et étant postérieurs à l’écriture, leur création a du faire l’objet d’une logique, qu’il est étonnant de trouver associé aux signes du zodiaque ou à une liste d’arbres. Le nombre de phonèmes de la langue française est au nombre de 36 (Phonèmes classiques du français : 16 voyelles + 3 semi-consonnes/voyelles + 17 consonnes = 36.)

 

Ce qui est sûr, c’est que les phonèmes sont produits par le corps humain[235], et que leurs nombres et leurs existences dépendent de nos capacités à les produire. Chaque mot codant une forme (au sens large) pourrait être très différent et totalement abstrait. Hors, le nombre de phonèmes utilisés par rapport au nombre possible est très réduit, et il est évidant qu’il existe des familles de mots codant des choses similaires, qui sont des assemblages cohérents, et logiques construits à partir des radicaux[236] ou morphèmes[237].

 Une hypothèse peut être avancée concernant l’alphabet, et le codage des mots, qui ont débouché sur la grammaire, et tous ces systèmes d’encodages, qui nous permettent de communiquer aujourd’hui. A l’origine il doit exister des langages uniquement oraux (des dialectes ou langages naturels[238]), qui se sont créés par conventions entre individus, et qui ont permis d’échanger de l’information. Ces dialectes ont dû se construire à travers une logique de Symétrie commune, un son ou un ensemble de son pour coder une forme, une chose… les sons de la nature peuvent par exemple être reproduit, et on peut évoquer le coq par son chant du matin ou un ensemble de signes.

10.5.3.               Le pictogramme

Il est possible aussi de représenter une chose par un simple pictogramme[239] ou un idéogramme[240], et par extension un ensemble de signes. Un article paru dans le magazine Science et Avenir[241] intitulé « l’Égypte des Rois Scorpions[242] » propose une explication sur les premières écritures. « Ce sont environs 150 à 300 petites plaquettes d’os ou d’ivoire d’à peine 2 à 3 centimètres… découvertes dans le caveau du roi Scorpions par Gunther Dreyer qui témoigne qu’il existait déjà 3400 ans av J.-C. “Une écriture phonétique ».

 

http://www.grands-reporters.com/local/cache-vignettes/L210xH128/arton135-b7a5c.png http://www.britishmuseum.org/images/ps346399_l.jpg

Figure 84 : Série de l’éteé /Et l’homme invnta l’écriture “étiquettes d’Abydos ».

Les productions écrites les plus anciennes[243], qui nous sont parvenues, nous montrent, qu’elles fussent plutôt utilisées dans des documents administratifs, et utilisés pour coder des lois, des droits de propriété, ou des listes[244]. Nous avons donc à un moment donné de l’histoire le besoin de coder de l’information sur un support non vivant, afin de laisser une trace plus fiable que notre mémoire personnelle. Les premiers codages sont des sortes d’étiquettes, comme celles trouvées dans le tombeau du roi scorpion, qui servait à identifier un contenu. Visiblement ce codage n’est pas forcement en lien direct avec le langage naturel en place, mais répond à une logique d’association de pictogramme. Les choses sont alors codées à travers une logique d’assemblage reprenant un nombre restreint de signes, et une logique interne spécifique aux codeurs. A ces époques du magique, et de l’association de toute chose au divin créateur, il n’est pas impensable que les signes utilisés soient en rapport avec le zodiaque, ce qui leur attribue alors une dimension sacrée. Les signes cosmologiques nous montrent la limite du monde visible, et deviennent les signes qui permettent de le coder, la dualité du jour et de la nuit, et de toutes choses étant exprimée par la division des 12 signes en 24, dans une logique de Symétrie, comme le propose Patrice Serres. Durant très longtemps, le jour et la nuit étaient divisés en périodes variables de 12 heures[245] en fonction des saisons. Cependant, l’écrit qui s’appuie sur un codage de signes contraint par une logique n’est alors pas en phase avec l’oral, qui lui existe déjà et n’a pas forcément de logique. Une langue sacrée construite à travers une logique cosmologique, ou naturelle apparait alors, et existe en parallèle d’une langue profane, ce qui permet à des connaissants d’échanger de l’information de manière codée. Les premiers écrits ne comportent pas d’indication de prononciation, et ne semble pas dédier à la lecture au sens d’un langage, une fusion des deux systèmes a dû se produire à une certaine époque pour certain lieu, et dès le début pour d’autres. Actuellement, le langage oral est une Symétrie du langage écrit, et il est difficile, voire impossible, de regarder un texte sans automatiquement en entendre la lecture dans notre esprit. Champollion a montré que les hiéroglyphes égyptiens étaient mi-phonétiques et mi-idéographiques.

 
Figure 85 : Seizième tablette de la liste lexicale HA.RA = hubullu, période néobabylonienne

File:Sales contract Shuruppak Louvre AO3760.jpg

Figure 86 : Tablette de vente de propriétés retrouvée à Shuruppak, XXVIe siècle av. J.-C., Musée du Louvre[246]

Alors, l’alphabet est-il une image des principes fondateurs de la création, ou simplement un ensemble de signes pratique pour coder à travers une logique donnée l’ensemble des formes et structures existantes, difficile à dire.

Alors les alphabets sont-ils un simple ensemble de pictogrammes pour coder facilement un nombre important de formes, et de structures, ou bien des signes en rapport, en Symétrie, en concordance avec des principes créateurs ?

10.5.4.               Correspondance, croissance

On constate en fonction du lieu d’observation que la croissance de la végétation, et donc de la vie est approximativement en phase avec ces différentes variations des positions du soleil et de la lune. On peut avec une certaine précision savoir à quel moment, et dans quel ordre vont apparaitre les fleurs des arbres, ou sortir les bourgeons. Myriam Philibert nous propose dans un de ses ouvrages un « alphabet des arbres [247]» de 18-20 signes, qui serait d’origine Celtes, l’écriture oghamique[248], qu’elle propose comme l’une des plus anciennes graphies et mesures du temps. « Il remonterait pour elle au néolithique, précéderait l’écriture, et se présente sous la forme de deux roues qui tournent à des rythmes différents : l’une comprend treize lunaisons/consonnes, et l’autre cinq jours/portes (équinoxes, solstices et jour épagomène). »

 

File:Ogham Con.jpgFile:Ogham Vow.jpg

Les consonnes et les voyelles de l’alphabet[249] Extrait du « the book of Ballymote » MS 23 P12  folio 170 r[250]

L'année celte débutait le 24 décembre par le mois du Bouleau. Chaque mois, portant le nom d'un arbre, comportait 28 jours. Nous avons ici une division de l’année en 13 mois se succédant dans l'ordre suivant :

Ordre

Nom celte

Nom français

Ordre

Nom celte

Nom français

1

BEITH

Bouleau

8

TINNE

Houx

2

LUIS

Sorbier

9

COLL

Noisetier

3

NION

Frêne

10

MUIN

Vigne

4

FEARN

Aulne

11

GORT

Lierre

5

SAIL

Saule

12

PEITH

Tilleul

6

HUATH

Aubépine

13

RUIS

Sureau

7

DUIR

Chêne

 

Ce calendrier implique la  nécessité d’un jour supplémentaire, car 13 mois de 28 jours totalisent seulement 364 jours. Un jour situé le 23 décembre clôturait l'année solaire de 365,25 jours.
Ce jour "tampon" était le jour de L'IF (idho)

 

Ce calendrier est associé à un poème : Câd Goddeu, le Combat des Arbres, traduction[251] de D.W. Nash

10.5.5.               Les structures Universelles

Dans un ouvrage exceptionnel de ENEL : «  Trologie de la Rota », l’auteur propose une analyse de l’alphabet hébreu associé aux différentes matrices évoquées dans les différents chapitres de cet ouvrage. Il découpe les 22 lettres de l’alphabet, en un bloc de 3 lettres mères, un bloc de 7 lettres doubles, et un bloc de 12 lettres simples.

 

·         Le bloc de trois représente le Ternaire ou la loi de l’équilibre universel (matrice « 2 et 1 »)

o    Aleph (א A),  Mem(מ M), Schin(ש Sch)

·         Le bloc de 7 représente la gamme de l’harmonie de la Création entière (matrice « 3 + 4 »)

o    Beth (ב B), Ghimel (ג C), Daleth (ד D), Caph(כ C Ch Kh), Phe(פ F Ph P), Resch(ק R), Tau(ת T),

·         Le bloc de 12 représente les douze limites dans lesquelles se déroule l’existence de l’homme (matrice « 3 x 4 »)

o    He(ה E), Vau(ו O OU, V W) , Zain(ז Z), Heth(ח E H Ch), Teth(ט T), Iod(י I), Lamed(ל L), Noun(נ N), Samech(ס S), Ain(ע U H Wh), Tzade(צ Tz), Koph(ק K)

 

« Nous avons développé le système de l’alphabet sacré, schéma de la création qui, en partant du Principe, ce dédouble en ternaire, se réalise en quaternaire puis de déroule en sept dans les douze limites pour créer les vingt-deux manifestations et revient au zéro par ce dernier nombre ». ENEL page 227

 

Saint-Yves D’Alveydre dans l’Archéomètre[252] propose aussi différent codage des alphabets de XXII lettres ou signes morphologiques en remontant à un alphabet aryen d’origine (ou Wattan).

 

« Il se distingue des autres dits sémitiques en ce que ses lettres sont morphologique, c'est-à-dire parlant exactement par leurs formes, ce qui en fait un type absolument unique. De plus, une étude attentive m’a fait découvrir que ses mêmes lettres sont les prototypes des signes zodiacaux et planétaires, ce qui est aussi de toute importance. ».  Page 125

Extrait de la page 130 de l’Archéomètre représentant cet alphabet d’origine.

 

L’alphabet de XXII lettres serait d’après lui  constitué de 3 lettres mères (associé à trois formes mères – point - rayon, - cercle), XII lettres involutives et VII lettres évolutives.

 

« Les alphabets de XXII lettres correspondaient donc à un zodiac solaire ou solaro-lunaire, armé d’un septénaire évolutif. C’étaient des alphabets schématiques. Les autres, suivant la même méthode, devenaient par 24 lettres des précédents ; par 28, leurs lunaires ; par 30, leur mensuels solaro-lunaires ; par 36, leur décaniques, etc.»

 

On ne trouve trace de cet alphabet que dans les écrits de Saint-Yves et quelques-uns de ses disciples, alors bon… pourquoi pas…

10.5.6.               Les Principes

Les ouvrages sur la langue des oiseaux[253] comme ceux d’Emmanuel Yves Monin[254] proposent une interprétation des hiéroglyphes français, où le A n’a rien à voir avec une tête de poisson et le N avec sa queue, mais nous renvoient à un codage des principes premiers associés à la graphie des lettres. Laissons Emmanuel Yves Monin introduire le sujet :

 

 «La langue française : langue sacrée ?

Depuis longtemps les alchimistes évoquaient cette possibilité, référence historique et exemples à l’appui ; or voici enfin une étude systématique sur ce sujet ! Elle réconfortera ceux qui ne connaissaient aucune des langues sacrées « officielles » (hébreu, sanscrit par exemple), ceux qui pressentent la richesse de notre langue, et ceux qui espèrent trouver dans cet outil quotidien autre  
Horae ad usum Parisiensem [Grandes Heures de Jean de Berry]. 1400-1410 p40
chose que des images profanes et des concepts matérialistes.

C’est, l’on pourrait dire, l’éthymologie de l’éthymologie, le retour aux sources des « racines », à ses composantes (les lettres) dont deviennent évidents après lecture de l’ouvrage la valeur hiéroglyphique et l’impact des sonorités. Notre langue, dérivée donc de la langue sacrée des Pelages, apparaît comme une série de lettres-images qui, jointes bout à bout, donnent les périphrases-mots : un jeu de Tarot, en somme, qui permet d’atteindre sa signification réelle, essentielle. Les lignes de Force, les Lois Universelles du Plan du Grand Architecte de l’Univers, mises en « mémoire » par ce support, s’y dévoilent une à une, éclairant à la fois ces mots tant dénaturés que profanés, et revalorisant notre existence qui se base sur leurs concepts. S’entend alors la sonorité des syllabes, non plus gratuitement, mais comme support d’une signification et pièce d’un puzzle gigantesque auquel la Kabbale hébraïque nous a préparés : cette lecture euphonique nous réserve tant de surprise alors ! [255]»

 

Avec la langue des oiseaux, nous sommes dans une sorte de poésie active, qui va amplifier le sens d’un mot ou d’une phrase, et nous faire prendre conscience qu’il nous dit autre chose. Souvent cette chose qu’il nous dit est une précision du sens premier, qui va venir confirmer notre choix dans l’usage de ce mot. Cela va provoquer une sorte d’effet cathartique, une prise de conscience, qui va nous projeter, pour un instant dans un ailleurs, qui est perçu (perce-et-voir) comme une validation d’un ordre supérieur, comme une vérité (vers I tu es).  Nous sommes très près d’un système métaphorique, euphonique qui permet de coder de l’information.

 

La langue des oiseaux, considérée par certains comme une langue secrète, consiste à donner un sens autre à des mots ou à une phrase, soit par un jeu de sonorités, soit par des jeux de mots (verlan, anagrammes, fragments de mots…), soit enfin par le recours à la symbolique des lettres. Autrement dit, la langue des oiseaux est une langue tenant de la cryptographie se fondant sur trois niveaux :

 

·         La correspondance sonore des mots énoncés avec d’autres non-dits permet un rapprochement sémantique qui constitue un codage volontaire, soit pour masquer une information, soit pour amplifier le sens du mot premier.

·         Les jeux de mots utilisés permettent un codage davantage subtil et ésotérique, les mots se reflètent ad libitum : verlan, anagrammes, fragments de mots, etc.

·         La graphie enfin, fondée sur la symbolique mystique des lettres des mots énoncés, peut renvoyer à un codage iconique renforçant le sens des mots, comme dans les hiéroglyphes.

 

Horae ad usum Parisiensem [Grandes Heures de Jean de Berry]. 1400-1410 p25

En fait les lettres reprennent les principes des différentes structures Universelles et des règles simples les font se combiner entre elles, pour produire les groupes de lettres, puis des mots, qui codent l’Universel (l’UN I vers EL). Aujourd’hui dans mon quotidien, le mot existe déjà et je l’utilise sans me rendre compte de sa structure interne, je ne sais pas qu’il est construit pour dire, car je l’utilise de manière globale dans une structure d’ordre supérieure, qui est la phrase. Et parfois, je peux prendre conscience que les mots que j’utilise sont bien ceux qui expriment ma pensée ou sont d’une autre dimension, ce qui m’aligne avec la genèse de ces mots au moment même où j’en prends conscience. Plus fort (Feu-Eau-Air-Terre) encore, je peux retourner à la source d’un mot pour en  saisir l’essence, comme une révélation du créateur vers sa créature. Il y a une sorte de magie qui opère, ce qui permet « de séparer le bon grain de l’I-vraie ».

Plus Fort (F expression du mental et de l’émotionnel…) encore, la graphie des lettres elle-même répond à une logique calquée aussi sur les structures Universelles. La graphie reprend en partie la logique des trois plans de l’existence que nous détaillerons dans le chapitre sur la matrice « 3 x 4 », et une logique de flux où le haut représente le Ciel d’où provient la source, l’origine, le point, qui se déploie vers le bas, le physique, en ligne droite, le I.

 

« La première des lettres de notre alphabet nous révèle par sa forme graphique qu’elle ne peut symboliser le commencement de notre ode : nous voyons certes en son apex le Point unitaire (Source, Unité, Dieu, etc.), mais il se divise (dualisme terrestre, masculin-féminin, oui-non, ying-yang) et s’établit (barre horizontale) sur la Terre… » Page 19

 

Le E par exemple est la graphie qui représente le déploiement sur les 3 plans (physique – émotionnel – mental) du I, qui est le pivot issu du point origine. Les combinaisons graphiques possibles avec le I et ces trois plans vont permettre de déployer un ensemble d’autre graphie comme : I T Y P F H K L X B D… et de leurs logiques associées.

 

Avec le modèle de la langue des oiseaux, j’ai accès à une compréhension du sens d’un mot, qui le rattache à la forme incarnée, à l’Universel et à son essence intime, ce n’est plus une simple étiquette informelle ou structurée, mais un transcodage des principes du vivant vers une incarnation, une forme. Le mot devient, d’une certaine manière, une Symétrie non plus de la forme qu’il code, mais des principes qu’il incarne, ce qui le rattache via le mot qui le désigne, à la création tout entière. Plus intéressant, un mot nouveau, dont la l’incarnation n’est pas connue, peut permettre en esprit, à partir de ses lettres, de se faire une représentation.

Cependant, la langue des oiseaux est mystérieuse, car si elle semble montrer que les mots sont construits selon un codage précis, qui répond à un ensemble de principes, en même temps, essayé d’exploiter ces règles pour l’ensemble des mots ne conduit souvent qu’à des contre-vérités, ou des choses fausses. Reste le côté poétique de ce système, qui permet de basculer par moment dans un ailleurs signifiant…

La langue des oiseaux n’est pas l’apanage de la graphie des lettres latines, mais a aussi été largement décrite avec d’autres alphabets, comme l’hébreu…

 

L’auteur nous fait remarquer que les lettres capitales de l’alphabet latin s’inscrivent toutes dans une géométrie où se retrouvent une croix grecque, un carré, des triangles et un cercle, des formes sur lesquelles nous reviendrons dans d’autres chapitres.

 

10.5.7.               Le sens de la vie

Dans un excellent ouvrage intitulé « À la découverte du sens de la vie[256] »,  Daniel Bertolino nous propose un voyage au cœur de notre alphabet. Ici, l’alphabet, en plus d’être un système de type langue des oiseaux, devient en plus un périple qui, de lettre en lettre, code le cheminement que l’individu qui recherche la source, l’origine, le sens de la vie, se devra de parcourir. Chaque lettre devient l’expression d’une étape, d’une aventure nous ramenant au divin. L’ouvrage fait fortement appelle à la langue des oiseaux et rattache chaque lettre à un mythe fondateur permettant de comprendre les fondements de l’étape concernée. L’alphabet est vu comme un ensemble cohérent, qui propose une incarnation suivie d’un retournement pour le retour à la source. Une sorte d’expire Divine de la lettre A à M, suivie d’une Apnée, et d’une Inspire Divine de la lettre N à Z. Ici la graphie des lettres contient en elle le principe qu’elle évoque, par exemple le A et la lettre germe du principe, qui va s’incarner sur Terre.

 

« C’est l’invisible qui devient l’UN VISIBLE et contient en son germe la dualité et la Trinité. Page 84 »

 

Le mythe associé à la lettre A par l’auteur est celui d’Apollon Dieu de la lumière, et est rattaché à un passage de la genèse  (Gen 1 – Vs. 16 à 19):

 

16 - Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit ; il fit aussi les étoiles.

17 - Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre,

18 - pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon[257].

 

L’ouvrage est très riche en informations, en intuitions et remarques. Il offre une synthèse des différentes propositions déjà évoquées dans d’autres chapitres de ce document.

10.5.8.               Alphabets naturels

Il faudrait des centaines de pages ou même de livres, pour décrire l’ensemble des alphabets humains existants, peut-être que certains sont sacrés et s’appuies sur des cosmologies, ou nous renvoient à des structures fonctionnelles. Peut-être que d’autres sont de simples systèmes d’étiquetage sans logique particulière. Chaque auteur nous présente une logique, en générale basée sur son intuition et son savoir, plus ou moins issus des traditions qu’il a fréquentées ou qui l’ont formée. Il cherche une cohérence qui le satisfasse, et qui calme, le trouble qui l’habite lorsqu’il se penche sur cette liste et ses mystères, qui se présentent à lui.

 

Nous avons vu dans ces pages différents types d’alphabets, l’alphabet Braille pour les aveugles, l’alphabet Morse pour transmettre de l’information sur un fil. L’alphabet hébreu, des arbres, des outils… La plupart s’appuient sur les alphabets traditionnels qui permettent de coder le langage. Il y a donc des alphabets racines et des re-codages d’alphabets, soit des simples changements des signes, pour s’adapter au média utilisé, en final, ce sont des adaptations, du transcodage, qui va permette de transmettre l’information, qui elle n’a pas besoin du symbole véhiculé par le signe. Dans le cas du Braille on va utiliser la sensibilité du toucher du bout des doigts à travers des petites bosses placées dans une matrice « 3 x 2 ». Avec le sémaphore[258] on va utiliser notre capacité à voir de loin des simulations de mouvement de bras tenant des drapeaux, et pouvant produire 8464 mots codés (idéogrammes). 

 

File:Chappe telegraf.jpg

 

Si la plupart de ces alphabets racines, ou leurs dérivés, semblent d’origine humaine, il y en a d’autres que nous utilisons au quotidien sans nous en rendre compte, et qui eux sont totalement naturel. Je citerais par exemple l’alphabet des mimiques émotives commun à l’ensemble de l’humanité, dont nous avons déjà parlé.

 

310px-Manga_emotions

Figure 87 : les émotions langage Universelles[259]

Il y a l’alphabet des couleurs, qui est commun à l’ensemble de l’humanité. Il y a l’alphabet des sons, qui est commun à l’ensemble de l’humanité.  L’alphabet des saisons et des tâches agricoles, qui est commun à une région. L’alphabet des phases de la Lune, qui est commun à chaque partie du globe… en fait, toutes listes ou lexiques sont un alphabet, et nous en possédons un nombre important, qui s’impose tout naturellement à nous. Certains sont liés à notre physiologie, comme l’alphabet des couleurs, et d’autres sont liés à notre cosmologie ou des phénomènes observables, comme l’alphabet des phases de la Lune. Certains alphabets sont cycliques, d’autres sont linéaires, etc.… Ces suites ne sont pas une invention humaine, mais simplement des choses qui se donnent à voir.  L’alphabet que nous utilisons au quotidien nous donne donc quelque chose à voir, puisqu’il est une liste. C’est même une liste qui permet de faire des listes; les dictionnaires sont une liste des mots d’un langage, et généralement ces mots sont placés dans l’ordre de la liste. Un alphabet c’est donc aussi quelque chose qui va donner un ordre.

 

Si je prends l’alphabet des notes : DO RE MI FA SOL LA SI DO

 

Tout le monde sait que chaque nouvelle note sera perçue comme plus aiguë, et cela simplement parce que la vibration correspondant à la note sera plus haute. L’ensemble des notes audibles sera compris entre deux bornes correspondant aux capacités de l’auditeur.

 

Fréquences des hauteurs (en hertz) dans la gamme tempérée

Note\octave

0

1

2

3

4

5

6

7

Do

32,70

65,41

130,81

261,63

523,25

1046,50

2093,00

4186,01

Do♯ ou Ré

34,65

69,30

138,59

277,18

554,37

1108,73

2217,46

4434,92

36,71

73,42

146,83

293,66

587,33

1174,66

2349,32

4698,64

Ré♯ ou Mi

38,89

77,78

155,56

311,13

622,25

1244,51

2489,02

4978,03

Mi

41,20

82,41

164,81

329,63

659,26

1318,51

2637,02

5274,04

Fa

43,65

87,31

174,61

349,23

698,46

1396,91

2793,83

5587,65

Fa♯ ou Sol

46,25

92,50

185,00

369,99

739,99

1479,98

2959,96

5919,91

Sol

49,00

98,00

196,00

392,00

783,99

1567,98

3135,96

6271,93

Sol♯ ou La

51,91

103,83

207,65

415,30

830,61

1661,22

3322,44

6644,88

La

55,00

110,00

220,00

440,00

880,00

1760,00

3520,00

7040,00

La♯ ou Si

58,27

116,54

233,08

466,16

932,33

1864,66

3729,31

7458,62

Si

61,74

123,47

246,94

493,88

987,77

1975,53

3951,07

7902,13

 

De la même manière, l’alphabet des couleurs visibles va être réparti entre deux fréquences, correspondant aux capacités de visions de la personne qui regarde.

 

Tableau de teintes

couleur

Longueur d'onde dans le vide (nm)

Fréquence (THz)

Énergie de photon (eV)

Infrarouge

 

> ~ 780-1000

< ~ 384-300

< ~ 1,6

rouge

 

~ 620-800

~ 483-375

~ 1,6 - 2,0

orange

 

~ 585–625

~ 508-472

~ 2,0 - 2,1

jaune

 

~ 560-590

~ 536-508

~ 2,1 - 2,2

vert-jaune

 

~ 550-575

~ 540-522

~ 2,2 - 2,4

vert

 

~ 497-560

~ 604-536

~ 2,2 - 2,4

vert-bleu

 

~ 492 - 530

~ 600

~ 2,4

cyan

 

~ 487-492

~ 612-606

bleu azur

 

~ 465-487

~ 652-625

bleu

 

~ 435-465

~ 689-645

violet

 

~ 380-440

~ 790-682

~ 2,8 - 3,2

ultraviolet

 

< ~ 300-400

> ~ 1000-750

> 3,3

 

Ce que je veux exprimer ici c’est que quand nous utilisons une liste, et plus généralement un alphabet, il est ordonné, mais ordonné par apport à quoi ? Quelque chose de naturel, de logique, de structurée, ou bien alors c'est un chaos sans logique particulière qui est arbitrairement positionnée, avec la simple idée de posséder une série de signes codant ?

 

Ce texte fait actuellement 94 599 mots, soit un certain nombre de caractères. Si je fais des statistiques d’utilisations des lettres, je vois rapidement qu’il n’y a pas une logique de fréquence d’utilisation de chaque caractère dans l'ordre alphabétique. Pour « a » j’ai 27 705 occurrences,  alors que pour « e » j’en ai 66 626, pour « h » 3813, et pour « l » 22256, etc.… Chaque auteur va pourtant essayer de retrouver l’ordre sous-jacent de cette liste alphabétique, alors que rien ne nous indique qu’elle existe en dehors d’une intuition, qui s’appuie sur…. une logique ? Un vécu ? Un exemple… ?. Bien sûr, si quelqu’un a compris quelque chose dans ce domaine, alors pour lui mon propos est hérétique, car sa structure interne possède une référence que je mets en doute, je taquine son modèle (le mot de EL).  

10.6.              Le modèle OSI

Dans le monde de l'Informatique, un problème s’est posé, lorsque l’on a voulu faire communiquer plusieurs ordinateurs entre eux : comment faire ? Des esprits brillants, et de simples bricoleurs de génies ont alors essayé de répondre au besoin, en imaginant des mécanismes permettant aux ordinateurs d’échanger des données. Ces individus ont cherché des idées en procédant à diverses méthodes de réflexion, en fait ils ont cherché des Symétries en eux, des choses déjà fonctionnelles, qui répondaient aux besoins posés. Tout naturellement, ils ont sans le savoir copié le vivant, et reproduit en imaginant inventer quelque chose de nouveau une simple analogie « d’eux-mêmes ».

 

DEUX même = UN

 

Je suis informaticien de profession, et j’ai été confronté au début de l’informatique dite en réseau. J’ai pu travailler sur une bonne dizaine de solutions fonctionnelles, plus ou moins faciles à mettre en œuvre. Je passais d’un système à l’autre au gré de mes clients, et s’il est vrai que chaque système semblait différent, en réalité (en vers IT), il était construit sur le même modèle (mode de EL). Les chercheurs ne s’étaient pas vraiment copiés entre eux, ils avaient simplement utilisé le même (qui m’aime) et unique modèle de base pour nourrir leurs réflexions, à savoir l’être humain qu’ils sont. Il faudrait des milliers de pages pour exposer les différentes solutions, qui existaient dans les années 80, chaque constructeur vantait les mérites de son architecture. Il y avait les solutions de la société IBM, celle de Bull, celle de Digital, celle d’Apple, de Novell, de Banyan Vines (Virtual Networking Systems), du DOD (Department Of Defense), et tant d’autres, une véritable guerre de la meilleure solution pour transférer des données entre machines était en mouvement, et chacun essayait de faire passer son système pour le meilleur. L’enjeu était de taille, car si vous choisissiez une solution d’un  constructeur, ensuite l’ensemble de vos machines vous était vendu par ce même constructeur, et vous deveniez captif. Il y avait des clubs pour chaque solution avec des réseaux d’influences, qui pratiquaient un lobbying[260] féroce… Tout ceci pourrait faire l’objet de plusieurs ouvrages, et ferait apparaitre un autre modèle. Il y avait à travers ces différents constructeurs plusieurs contenus d’apparences très différents, plusieurs images incarnant le même besoin, plusieurs structures viables, qui reprenaient simplement les principes sous-jacents des lois, qui dirigent la matière et la Vie, mais interprétés par des équipes différentes. Des scientifiques travaillaient aussi sur la question dans une logique non partisane, c'est-à-dire qu’ils n’avaient pas de matériel à vendre, mais qu’ils devaient simplement trouver la meilleure méthode, et donc le meilleur modèle, pour réaliser ce besoin de communication. Comme leurs collègues, ils ont cherché en eux des Symétries, mais sans les contraintes de l’environnement constructeur, au contraire les différentes solutions déjà en services leur ont donné des exemples (Symétries), qui les ont aidés dans leurs travaux à trouver les meilleures Symétries. Le résultat de ce travail a donné le modèle OSI[261], qui est le standard de communication des machines en réseau. Ce modèle décrit de manière précise les différents mécanismes nécessaires pour réaliser le besoin, si on compare le modèle OSI avec les différentes architectures, qui étaient déjà en place à l’époque, on constate que bien qu’elles soient toutes d’apparences différentes, on peut retrouver dans chacune d’elles la structure du modèle OSI. En fait, on constate ici que le principe doit être présent, d’une manière ou d’une autre, pour que la copie fonctionne.

DEUX ne peut pas être sans UN

Pour un non-informaticien, entendre parler de protocoles de communications peut devenir une véritable torture, alors je ne rentrerais pas dans les détails de chacune de ces architectures. Simplement, je vais faire un parallèle entre le modèle OSI, et le modèle humain que nous utilisons pour communiquer au quotidien, et essayer de montrer les Symétries existantes. J’entreprends cette démarche, qui peut paraitre farfelue, simplement parce qu’une mécanique fonctionnelle est plus simple à percevoir qu’un fonctionnement humain. Avec un exemple lié directement à l’humain, les choses sont perçues légèrement différemment par chacun de nous, et sont donc sujettes à des discussions sans fin. Rassurez-vous, je vais rester très simple, seul le modèle nous intéresse, pas le contenu.

 

Le modèle OSI répond à un ensemble de besoins dont les principaux sont, l’échange d’informations entre machines, et une redistribution de l’information dans chacune d’elles aux différents modules concernés. C’est-à-dire qu’une machine précise, où tourne par exemple un programme de traitement de texte, pourra aller chercher sur une autre machine précise une information, concernant le texte de référence en cours de rédaction. Ici, bien sûr, la première Symétrie à percevoir c’est que la machine c’est l’homme, et que par exemple si je pose une question à mon voisin, je désire une réponse en rapport avec ma question.

 

Pour réaliser ce simple besoin, dans ce domaine mécano électrique, les chercheurs ont dû s’appuyer sur les mécanismes offerts de base par la matière et la Vie, ils ont activé en eux de manière inconsciente la reconnaissance des Symétries à leurs dispositions. Ils ont rapidement vu que différentes étapes devaient être réalisées, pour aller du début à la fin de la résolution du besoin. Ce modèle nous apprend qu’il faut réaliser des étapes, pour aller d’un point à un autre, cette information est aussi une Symétrie de notre réalité. C’est une métaphore du temps qui passe, et des contraintes liées à tous voyagent d’un point à un autre. Ils ont nommé ces différentes étapes des couches, et le modèle OSI s’est construit sur 7 couches, ou 7 étapes. Les différentes architectures des constructeurs en production étaient elles aussi construites sur un empilage de couches, plus ou moins Symétriques à celles confirmées par le modèle OSI. Pour la petite histoire, en 2014 le modèle couramment utilisé pour communiquer sur Internet n’est pas le modèle OSI, mais le modèle du DOD avec le protocole TCP/IP, qui lui est en 4 couches. Il s’est imposé de fait, car il était libre de droits d’usage, mais le modèle du DOD implique de coder les couches manquantes en dehors de la norme pour chaque type d’application (FTP-WEB-EMAIL…).

 

Voici les différentes couches du modèle OSI, et les regroupements fonctionnels, qui lui sont associés :

 

Modèle OSI

Type de Donnée

Couche

Fonction

Couches
Hautes

Bloc de « 4 »

Donnée

7. Application

Point d'accès aux services réseau

6. Présentation

Gère le chiffrement et le déchiffrement des données, convertit les données machine en données exploitables par n'importe quelle autre machine

5. Session

Communication Interhost, qui gère les sessions entre les différentes applications

Segments

4. Transport

Connexion bout à bout, connectivité et contrôle de flux. Ici intervient la notion de port.

Couches
Matérielles

Bloc de « 3 »

Paquet Datagramme

3. Réseau

Détermine le parcours des données et l'adressage logique (Adresse IP)

Trame

2. Liaison

Adressage physique (Adresse MAC)

Bit

1. Physique

Transmission des signaux sous forme binaire sur un média de type fil ou radio.

 

Quel rapport avec un humain normalement constitué me direz-vous? Et bien, considérons que notre machine est un humain, et faisons des analogies. 

 

Tout d’abord, voici quelques petits dessins pour illustrer notre propos dans le cadre des couches dites matérielles (le bloc de « 3 ») …

 

Une machine A veut communiquer avec une machine B, ou bien deux individus veulent dialoguer ensemble.

 

A                                                         B

 

Il faut qu’entre A et B il y est un lien, qui permette la transmission des informations, c’est la couche physique, avec les ordinateurs la couche physique est constituée d’un câble (Ethernet…), ou d’un système radio (WIFI…), pour un humain il utilise la vibration de sa voix et ses oreilles.

 

Figure 88 : OSI Couche physique

Lorsqu’il y a plus que deux machines, ou deux humains, on a l’obligation de pouvoir cibler notre interlocuteur, c’est la couche liaison, chaque entité est alors gratifiée d’un nom lui permettant d’être identifiée par le reste du groupe.

 

Figure 89 : OSI Couche liaison

Si les entités sont regroupées, il est nécessaire de connaitre le groupe, son emplacement, et son porte-parole pour atteindre son interlocuteur, c’est la couche réseau. Avec la couche réseau apparait la notion d’intermédiaire. Dans notre exemple marcel 1 permet à Monique de communiquer avec Dupont 2. Dans le monde des réseaux informatiques, Marcel 1 est une passerelle ou une Gateway. 

 

Figure 90 : Couche réseau

 

La bonne compréhension, du fonctionnement des trois premières couches est primordiale, car pour un observateur extérieur ces trois couches sont ce qu’il peut voir et capter facilement, les couches suivantes sont échangées entre les deux parties, qui communiquent et qui peuvent être privées, et donc pour lui « inconscience ».

 

Je vais donc maintenant vous fournir quelques détails supplémentaires, qui par analogie se retrouveront dans d’autres logiques de communication.

 

La couche physique est un substrat sur lequel des vibrations peuvent circuler librement ou avec des règles simples. Par exemple, un fil de cuivre est un substrat où il est possible de faire circuler un courant électrique, le courant peut être alternatif (modulé) ou continu, mais il circule, et nous savons qu’il circule que si le circuit est bouclé. Un circuit simple peut être constitué d’une boucle avec une source d’énergie et une simple ampoule, si nous plaçons un interrupteur nous pouvons jouer avec l’ampoule et produire un clignotement lumineux. Nous obtenons deux états visuels avec la lampe : allumé ou éteint. Ce mini réseau équipe l’ensemble de nos pièces de vie, et notre réfrigérateur. Il ne faut pas perdre de vue que c’est nous qui voyons l’état de la lampe et qui appuyons sur l’interrupteur, ce circuit n’est qu’un médium, un montage, qui nous permet de transmettre et réaliser notre intention d’y voir clair dans cette pièce.

Si nous étendons la longueur du fil et que nous plaçons la lampe dans une pièce et l’interrupteur dans une autre, il devient impossible (si les murs des pièces son opaque) de voir la lumière de la lampe lorsque l’on actionne l’interrupteur. Par contre, si une autre personne est présente dans l’autre pièce elle peut en déduire que vous appuyez ou non sur l’interrupteur, nous voici avec une couche liaison, vous avez contacté un tiers. Une communication simple peut alors s’établir entre vous et l’autre personne par l’intermédiaire de la lampe et de l’interrupteur. Vous pouvez même doubler le circuit et le croiser pour que chacun dispose d’un interrupteur et d’une lampe chez l’autre. Vous pouvez communiquer en allumant ou éteignant votre lampe placée chez l’autre et vice-et-versa, on parle de communication bidirectionnelle point à point. Rapidement, vous allez essayer de coder le signal lumineux, en jouant sur sa longueur (le temps) et des intervalles. Vous venez tout simplement de réinventer une variante du code Morse et de passer dans les couches supérieures signifiantes.

 

File:International Morse Code-fr.svg

Code morse International

Un tiret est égal à 3 points !

L’espacement entre deux éléments d’une même lettre est égal à 1 point !

L’espacement entre deux lettres est égal à 3 points !

L’espacement entre deux mots est égal à 7 points !

 

Dans un réseau comportant plus de deux entités, il devient nécessaire, en utilisant le même substrat (la couche physique), de pouvoir différencier chaque participant se trouvant sur ce substrat de façon unique. L’information véhiculant de façon vibratoire, sur la couche physique, vas donc comporter au niveau de la couche liaison deux informations, qui vont être l’identifiant de l’émetteur et l’identifiant du récepteur.  Si une entité veut communiquer avec une autre entité, elle doit donc déjà connaitre son correspondant. Elle va alors construire un message ou elle va placer en entête l’identifiant du correspondant et le sien, pour que son correspondant sache qui lui adresse cette information (en vue d’une réponse éventuelle). Tant que les différentes entités sont sur le même substrat, alors il est facile de communiquer de cette manière sans erreur. Pour parler à une personne connue dans une réunion, vous l’interpellez par son nom. Vous vous adressez verbalement à Marcel1, qui vous répond. Le substrat physique c’est la pièce de réunion et l’air, qui vous permet de faire véhiculer la vibration de votre voix, et la couche liaison c’est votre présence en face à face avec votre interlocuteur. Lors de votre dialogue, vous décidez de poursuivre cette conversation plus tard de chez vous et vous échangez vos numéros de téléphone. Vous allez donc par la suite utiliser un autre réseau pour communiquer avec votre interlocuteur, la couche physique sera le réseau téléphonique et la couche liaison les numéros de téléphone. Si vous voulez envoyer une lettre à votre correspondant, le simple fait de connaitre son nom ou son numéro de téléphone ne vous permettra pas de la lui faire parvenir. Nous allons avoir besoin de la couche réseau, qui nous indique où se trouve votre correspondant. Dans le cas d’un courrier, vous allez devoir indiquer en plus du nom la ville, la route et le numéro du logement. Ces informations sont propres à la couche réseau, qui permet de communiquer d’un lieu vers un autre ou d’un substrat vers un autre, en passant par des intermédiaires, comme ici la Poste, qui va router ou transmettre votre courrier à votre correspondant.  Bien sûr, vous n’oublierez pas d’inscrire votre propre adresse, votre lieu de résidence, derrière votre lettre, pour être sûr que votre correspondant puisse vous répondre par le même moyen.  La couche réseau comporte donc aussi deux informations, l’adresse de votre correspondant et la vôtre.

Dans le cas d’une missive, d’un courrier, il est facile de comprendre que l’information correspondante aux couches suivantes est privée, car elle se trouve dans la lettre, qui est un récipient fermé, et l’intermédiaire (la Poste) n’a logiquement pas le droit d’en consulter le contenu, par contre les trois premières couches du modèle sont publiques, car cela est nécessaire, pour pouvoir acheminer la lettre contenant l’information.

 

Chaque nouvelle couche répond à un nouveau problème, qu’il faut gérer, et qui vient compliquer le modèle. Il serait possible de faire d’autres dessins, pour les autres couches dites hautes, mais un tableau d’équivalences est plus simple à réaliser et plus pratique à comprendre.

 

Couches

OSI

Fonctionnalités besoins

Génériques

Exemple 1

Le courrier, la  Poste

Exemple 2

Conversation humaine

7. Application

L’information est utilisée par les structures.

Le contenu du courrier à l’intérieur de l’enveloppe

Votre discussion vous permet d’échanger des informations, qui vont servir par la suite, ou tout de suite.

6. Présentation

L’information doit pouvoir être comprise par les structures en relation qui utilise un même procédé.

Le type de caractères ou le langage utilisé pour rédiger le courrier  …

Il est possible que la personne à qui vous vous adressez ne comprenne pas votre propos. Soit elle parle une autre langue, ou bien ne possède pas de Symétries de communication (elle ne voit pas de quoi vous voulez parler).

5. Session

Il faut pouvoir traiter plusieurs choses en même temps dans la structure.

Les feuilles, la carte postale, l’entête, la numérotation des pages

Plusieurs sujets peuvent être échangés simultanément durant une conversation, et il est nécessaire d’avoir des points de repère pour suivre l’échange.

4. Transport

L’information échangée entre structures doit être validée,  garantie, sécurisée.

Le timbre... le mode d’envoi : AR, colissimo...

Une conversion entre deux individus peut-être suivit, et comporter des questions/réponses, qui maintiennent la discussion, ou bien simplement être des ordres ou commentaires directs. De plus, une conversation peut être entretenue avec plusieurs interlocuteurs simultanément.

3. Réseau

Les structures sont réparties sur un territoire et il faut pouvoir les regrouper par zones ou affinités.

L’espace est vaste et il faut le découper en zones géographiques ou bien faire des groupements d’intérêts et savoir comment aller et revenir de ces zones.

Le pays, la ville, le code postal, le cedex

Le nom de la route

 

Chaque individu occupe une place sur Terre, qui le caractérise physiquement. C’est par exemple l’emplacement de sa résidence, ou l’interlocuteur pourra lui apporter votre message.

2. Liaison

Chaque structure est unique et possède une référence, un nom. Cela permet d’identifier si l’information est destinée à la structure, et qu'elle est la structure source.

Le nom du destinataire

Le numéro de la maison…

L’adresse de l’expéditeur écrite au verso...

Le prénom de la personne va nous permettre de l’interpeller directement s’il se trouve dans un groupe.

Le nom de famille nous permet d’identifier deux individus possédant le même prénom.

1. Physique

Ici on utilise le principe des propriétés vibratoires de la matière pour transmettre un signal à travers un média.

la route qui est devant la maison et le réseau routier

Vous allez utiliser notre organe vocal, et vos oreilles pour communiquer avec votre voisin.

 

Ce modèle propose donc 7 couches, et à chaque fois que deux structures voudront échanger des informations, nous verrons de manière plus ou moins analogique ces couches apparaitre. Chaque couche peut être traitée de manière différente, et c’est ce qui avait été fait par les différents constructeurs, mais le passage d’une couche à l’autre est une sorte de porte, qu’il est difficile d’ignorer. L’analyse montre, que le passage entre couches est une porte, qui s’impose comme une obligation fonctionnelle, c’est une sorte de principe invisible, qui s’incarne. D’autres modes de communications existent peut-être, mais nous obligent à un changement de paradigme. Par exemple, nous apprenons de la mécanique quantique[262] que deux objets intriqués[263] conservent une simultanéité d'accès à leur information, quelle que soit la distance qui les sépare, comme s’ils ne faisaient qu’un. De plus en plus d’étude nous montre que les modèles qui semblent logiques, et donc correspondent à des Symétries en nous, sont en réalité des phénomènes quantiques dont nous n’avons pas de références pour les percevoir.

10.6.1.               Expérience du petit monde

EN 1929 le hongrois Frigyes Karinthy a proposé la théorie des « Six degrés de séparation », aussi appelée Théorie des 6 poignées de main. Cette théorie évoque la possibilité que toute personne sur Terre puisse être reliée, à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relation individuelle au plus de cinq autres maillons. Cette théorie à été reprise en 1967 par Stanley Milgram à travers l'étude du petit monde. On pourrait penser que sans un réseau comme la poste il n’est pas possible d’envoyer un courrier à un correspondant, pourtant Milgram a réalisé en 1967 une expérience connue sous le nom de « Expérience du petit monde[264] » :

 

Le « phénomène du petit monde » (appelé aussi effet du petit monde également connu sous le vocable « paradoxe de Milgram », car ses résultats semblent contraires à l'intuition) est l'hypothèse que chacun puisse être relié à n'importe quel autre individu par une courte chaîne de relations sociales. Cette expérience reprend le concept de « six degrés de séparation ». Celui-ci suggère que deux personnes, choisies au hasard parmi les citoyens américains, sont reliées en moyenne par une chaîne de six relations. Par contre, après plus de trente ans, le statut de cette idée comme description de réseaux sociaux hétérogènes reste une question ouverte. Des études sont encore menées actuellement sur le « petit monde ».

[…]

Le protocole de sa première expérience de « petit monde », décrite dans un article non daté et intitulé « Results of Communication Project », est le suivant : Milgram envoie 60 lettres à des recrues de la ville d'Omaha dans le Nebraska. Il leur demande de faire suivre cette lettre à un agent de change, vivant à une adresse fournie, dans la ville de Sharon dans le Massachusetts. Les participants pouvaient seulement passer les lettres, de main à main, à des connaissances personnelles qu'ils pensaient être capables d'atteindre l'objectif, directement ou via les amis des amis. Bien que cinquante personnes se soient prêtées à l'expérience, seulement trois lettres arrivèrent à destination. Le célèbre article de 1967 de Milgram décrit le fait qu'une lettre ne mit que quatre jours pour atteindre sa destination, mais négligea de mentionner que seulement 5 % des lettres réussirent à rejoindre leur cible.

[…]

File:Six degrees of separation 01.png

 

En fait ce que montrent ces travaux, c’est que l’Humanité est organisée de manière naturelle comme un énorme réseau, et que le modèle OSI n’est que l’expression de cette organisation, qui s’impose à nous. Cette théorie peut se démontrer de nos jours avec des sites comme Facebook ou Linkedln, qui mettent en évidence les liens que nous avons avec les autres, et les liens que nous avons avec des personnes que nous ne connaissons pas (amis de vos amis).

 

« En novembre 2011, Facebook publie, en partenariat avec l'Università degli Studi di Milano, une étude traitant, en partie, du sujet du petit monde. Celle-ci est basée sur un échantillon de 721 millions de personnes (soit l'ensemble des utilisateurs du réseau social, à cette époque). On y apprend que, désormais, chaque personne est reliée en moyenne par une chaîne de 4,74 relations[265] à n'importe quelle autre. »

10.7.              Notre rapport avec les évènements : QQOCQCP

Si nous reprenons la formule QQOQCCP, déjà vue dans d’autres chapitres, nous pouvons constater qu’en réalité nous avons besoin, pour décoder une information, de répondre à un ensemble de questions, qui sont en rapport avec la création telle qu’elle se présente à nous. Le tableau suivant essaie de faire un lien avec le modèle OSI présenté, dans un autre chapitre et l’ensemble de ces questions. Bien sûr, ce tableau n’est pas la vérité, il est juste là pour proposer des pistes de réflexion, et nous aider à repositionner la formule dans un nouvel ordre. Pour rappel le modèle OSI est juste un modèle, et l’ensemble des architectures réseau, qui existait avant sa mise en forme était fonctionnelle, bien qu’elles ne supportaient pas forcément toutes les couches théoriques, en fonction de leurs capacités. 

 

 

Question

 

 

Décodage en rapport avec

 

Couche OSI

 

Concept

 

Qui

 

 

Quelle est la chose

 

 

Physique (1)

 

 

Origine

 

Fait Quoi

 

 

Le type d’action en cours de la chose, le rapport entre la chose et son action.

 

 

Liaison (2)

 

 

Relation

 

Statique / Actif

 

Où

 

 

Définis la place de la chose dans l’espace

 

 

Réseau (3)

 

 

Espace

 

Place occupée

 

Quand

 

 

Définis la période de l’action de la chose dans le temps

Dans le cas d’événement en temps réel cette question n’a pas d’intérêt.

 

 

 

Session (5)

 

 

Temps

 

Passé/présent/futur

 

Comment

 

 

Le mode d’emploi, le protocole, le modèle, utilisé par la chose.

 

 

Présentation (6)

 

Formule

 

Modèle

Archétype

 

Combien

 

 

Une logique quantitative, unité ou cycle

 

 

Transport (4)

 

Quantité - Type

 

Qualité

Force

 

Pourquoi

 

 

Une raison pour définir la cohérence de l’ensemble des autres réponses

 

 

Application (7)

 

Dessein

 

Logique

 

J’ai un petit doute pour la couche Transport (Combien), mais bon.  Pour la couche dite de transport, nous avons deux types de paquets : les unitaires envoyés sans logique de réponses, et les connectés, qui implique un dialogue (au moins deux) et des tailles de paquets négocier. La couche sessions (quand) introduit fréquemment une logique temporelle.

 

Ce qui nous donne dans l’ordre du modèle OSI:

 

Qui, fait Quoi, Où, Combien, Quand, Comment, Pourquoi = QQOCQCP

 

Qui se pose ces questions ?... Le décodeur, en fait l’individu, qui doit savoir ce qui se passe, pour pouvoir prendre une décision et réaliser une action.

 

Une information m’arrive : Qui est telle ? Que fait-elle ? D’où vient-elle ? Est-elle seule, ou bien plusieurs ? Quel est son périmètre d’action ou sa durée ? Que représente-t-elle ? Pourquoi m’arrive-t-elle ?

 

Dans la colonne Concept, je propose une extrapolation différente.

 

Une information m’arrive : Qu’elle est son origine ? Qu’elle ait l’action qu’elle provoque ? D’où provient-elle, qu’elle est sa place dans l’espace par apport à moi ? Quelles sont sa qualité, sa force ? Quels sont sa durée, son temps d’action ? Quel est son mode opératoire, le modèle ou la formule qui la caractérise ? Pourquoi m’arrive-t-elle, qu’elle est son dessein, sa logique ?

 

Faisons un autre tableau qui reprenne la colonne concept mise dans l’ordre du modèle OSI et propose d’autres alignements :

 

 

Couche OSI

 

Concept

 

 

Groupement

 

Mémoire des lieux

 

Application (7)

 

Dessein

 

Logique

 

Action / Mentalisation

 

Raison

Réalisation

 

Information

souvenir

 

Présentation (6)

 

Formule

 

Modèle

Archétype

 

Méthodes / apprentissages

 

Donnée / Jugement

 

Objets / bibelot /Forme signifiante

Sûr un meuble

 

Session (5)

 

Temps

 

Passé Présent Futur

 

Tâches / intention

 

5D

 

Les niches / alcôve / meubles

Dans une pièce

 

Transport (4)

 

Quantité - Type

 

Qualité

Force

 

Incarnation / service

 

Corps

Constitution

(Terre Air Eau Feu)

4D

 

Les pièces et couloirs

Dans le bâtiment

 

Réseau (3)

 

 

Espace

 

Place occupée

 

L’espace

 

3D

 

Le lieu

Bâtiment dans le décor

 

Liaison (2)

 

 

Relation

 

Statique / Actif / avec qui ou quoi

 

Union / rapport

 

2D-ualité

 

Décor

Le tout discriminé

 

Physique (1)

 

 

Origine

 

 

Essence

 

1D - Unité

 

Cadre

le tout non discriminé

Voici d’autres propositions, un peu plus tirées par les cheveux :

 

 

Couche OSI

Fonction Générale du cerveau

Chapitre (4.5)

 

Modèle de Dilts

 

 

Modèle de Maslow

 

Application (7)

 

 

Mouvement

 

Croyance (4)

 

Besoin d’accomplissement (4)

 

 

Présentation (6)

 

Langage

 

Capacité (3)

 

Besoin de se reconnaitre dans un modèle

 

 

Session (5)

 

Mémoire

 

Environnement (1)

 

 

Besoin d’estime (3)

 

Transport (4)

 

Capacité spatiale

 

Comportement (2)

 

 

Besoins de sécurité (2)

 

 

Réseau (3)

 

 

Vision

(voire la place)

 

Environnement (1)

 

Besoin du groupe

 

Liaison (2)

 

 

Audition

(ce qui nous interpelle)

 

Spirituelle (5)

 

Besoin de communiqué

 

 

Physique (1)

 

 

Toucher

(en contact)

 

Identité (4)

 

Besoins physiologiques (1)

 

 

Les cases grisées n’appartiennent pas au modèle de Maslow, mais ils peuvent se déduire du modèle pour faire 7 couches. Visiblement le modèle de Dilts est dans le désordre, si on l’associe aux questions que chaque couche évoque, mais il y a des points de similitudes. Comme chaque modèle, celui-ci permet de déployer des idées et d’essayer de décoder de l’information. Peut-être vous ne serez pas d’accord avec moi sur le contenu des cases, ou bien vous aurez l’idée d’une autre colonne. Tout ceci n’a pas trop d’importance, nous sommes dans la Symétrie métaphorique, Analogique. L’important c’est de voir qu’il y a un système qui va de A (le physique - statique) vers B (l’intention – le mouvement).

10.8.              La matrice « 3 + 4 = 7 » : le transfert

Si nous reprenons le modèle OSI présenté dans le chapitre, 10.2 nous pouvons nous attarder sur la première colonne du tableau, qui séparait les 7 couches en deux zones : les couches Matérielles, et les couches Hautes. Pour les non-informaticiens, tout ceci est du chinois, alors pour faire plus simple, il faut savoir que les trois premières couches concernent des mécanismes, qui vont permettre aux deux machines de rentrer en contact, alors que les quatre couches suivantes concernent des mécanismes, qui concernent exclusivement des services, qui tournent au sein des machines. Ou encore, les couches matérielles servent à rentrer en contact, alors que les couches hautes concernent uniquement les données, qui sont échangées. Ou encore, les couches basses sont l’enveloppe, alors que les couches hautes sont votre lettre et son contenu. Ou encore, les couches basses sont des données Universelles, alors que les couches hautes sont des données privées. Ou encore, l’ensemble des équipements du réseau a accès aux informations des couches basses, alors que les couches hautes sont réservées au seul destinataire.

 

·         Les couches Matérielles sont publiques. 1-2-3 (bloc de « 3 »)

·         Les couches Hautes sont privées.  4-5-6-7 (bloc de « 4 »)

10.8.1.               Couches Matérielles : bloc de « 3 »

 

Les couches Matérielles comportent dans le modèle OSI trois couches superposées, qui permettent de faire transiter des données placées dans les couches 4-5-6-7 à travers un ensemble d’équipements. L’ensemble des équipements est appelé un réseau. En réalité, un réseau n’est pas forcément uniquement représenté par des équipements informatiques connectés entre eux par des fils électriques. Un réseau c’est aussi un ensemble d’individus, qui se trouve dans différents lieux. Un réseau c’est aussi une forêt d’arbres, une bibliothèque avec des livres, le système postal, etc. Pour qu’un réseau permette à chacun de ses membres d’échanger des informations personnelles, le modèle OSI nous apprend qu’il faut disposer de trois couches basses. L’information contenue dans ces trois couches doit être publique et donc Universelle. Dans la logique QQOCQCP, le QQO est aussi la partie, qui donne une information publique, mais elle ne donne pas de réponses sur les raisons de l’événement.

 

 

OSI

 

 

QQOCQCP

 

La réalité

Universelle

 

Réseau (3)

 

 

Où ?

 

Mon lieu de vie

Ma place

Mon adresse

Et celle de la Symétrie

 

 

Liaison (2)

 

 

Fait quoi ?

 

La Symétrie concernée et pourquoi

 

Physique (1)

 

 

Qui ?

 

Mon corps

Je fais partie du monde

 

 

Si on ose une analogie avec les parties universelles d’un individu à savoir le corps, l’âme et l’esprit, ou le physique, l’émotionnel et le mental. Dire que nous aurions Le Physique (Physique), l’Émotionnel (Liaison), Mental (Réseau) est un peu tiré par les cheveux… Cette partie en trois couches peut aussi être vue comme la partie visible d’un ensemble, avec son extérieur et ses paramètres publics.

 

Cette partie se moque éperdument de l’information et de sa manifestation, elle est là uniquement pour permettre une communication entre les parties sans savoir ce qu’elle transporte. Cette portion du système permet la communication entre les parties en lui laissant le libre arbitre du contenu des données qu’elle véhicule.

 

Si l'on extrapole les trois premières couches à la création de l’individu, à partir de l’accouplement de ses parents, cela nous donne le schéma suivant :

 

Figure 91 : Les trois couches Universelles d'un Individu.

10.8.2.               Couches Hautes : bloc de « 4 »

Les couches hautes comportent dans le modèle OSI quatre couches spécialisées dans le codage / décodage de l’information, qui va être échangée avec un autre équipement appartement à la couche matérielle. Ces données sont privées, et concernent uniquement l’émetteur et le destinataire. Sur certains réseaux, ces informations sont chiffrées, et seuls les deux équipements ont la capacité de décoder ces données pour les utiliser. Attention, encore une fois nous sommes dans la métaphore, par exemple en informatique un équipement a des capacités multitâches (comme l'être humain). La couche transport : permets d’informer le destinataire du type de service demandé. La couche session : permets pour le service sélectionné d’avoir plusieurs traitements en parallèle.

 

Par exemple, si je demande une page web à un serveur : j’appelle, avec l'aide de la couche transport, le service N° 80 (WWW), et une session est créé, pour collecter la page Web. Si, en même temps je demande une autre page au même serveur, j’appelle, avec l'aide de la couche transport de nouveau le service N° 80 (WWW), et une nouvelle session est créé, pour collecter l’autre page Web. Le poste client charge alors deux pages web en même temps. Mais tous ces mécanismes non aucun impact[266] sur le transit des informations à travers le réseau, et ils ne concernent que les deux équipements, qui dialoguent.

 

 

OSI

 

 

QQOCQCP

 

La réalité

Personnelle

 

Application (7)

 

 

Pourquoi ?

 

Le sens

L’information finale

Mon histoire

 

 

Présentation (6)

 

 

Comment ?

 

La langue utilisée.

Le style / parlée / écrit  / chanté, etc.

 

 

Session (5)

 

 

Quand ?

 

Le cadre dans lequel s’inscrit le message traité…

 

 

Transport (4)

 

 

Combien ?

 

Mon nom[267]

Mon Patronyme[268]

Ma profession

 

 

On peut proposer que cette partie haute soit la manifestation des besoins de deux parties basses, qui cherche à communiquer ensemble. Dire que nous aurions la Terre (transport), l’Eau (session), l’Air (Présentation) et le Feu (Application) est un peu tiré par les cheveux…. Cette partie de quatre couches peut aussi être vue comme la partie invisible d’un ensemble, son intérieur et ses paramètres privés.

 

Cette partie va pourtant braser l’information pour lui donner corps et la manifester. C’est là que l’incarnation du message est placée avec les différents mécanismes, pour qu’il n’y ait pas de confusion possible.

 

Si nous complétons le schéma du chapitre précédent, où nous avons extrapolé la création d’un individu à partir des trois premières couches, à l’activité de ce même individu, cela nous donne :

Figure 92 : Les quatre couches personnelles d'un Individu.

10.8.3.               Couche Zéro

 

Si on considère le modèle OSI, il faut retenir qu’il est là pour permettre une communication entre deux machines, ce qui veut dire que ce système est simplement là pour véhiculer une intention, et que cette intention n’est pas explicitement dans l’ensemble des données échangé entre les deux équipements. Il y a donc avant la couche physique, une couche, qui contient l’intention d’envoyer un message vers une autre machine. Dans le cadre d’individu dialoguant avec leur PC il est évident que l’intention de communiquer est en dehors des 7 couches du modèle, mais qu’elle fait partie d’une couche d’ordre supérieur. Nous avons ici une sorte de logique fractale, où les individus utilisent le modèle pour élaborer leur intention, et le réseau réutilise le modèle pour transférer les données, qui sont l'expression de la couche supérieure. La couche zéro placée ici avant la couche physique est donc en fait la couche Application de l'intention.

 

Si je dis qu’une forme peut être caractérisée par 7 paramètres, alors si je m’attarde sur un  paramètre, qui est aussi une forme, je vais pouvoir le caractériser par 7 nouveaux paramètres, etc.

Figure 93 : Magic Forme 7/7

C’est cette image, qui m’a inspiré d’une certaine manière ce chapitre. Je réfléchissais à tout ceci dans ma voiture, coincé dans les embouteillages, et en levant le nez j’ai vu la magie de la Vie…

 

Toutes activités à Volonté !!

Figure 94 : Transparence du modèle OSI

Le modèle OSI n’est simplement qu’un système, qui permet de véhiculer de l’information, qui va de bloc de 7 couches en bloc de 7 couches se diffuser.

 

10.8.4.               Mémoire des lieux

Si nous reprenons la logique de cheminement de la mémoire des lieux, et que nous décomposons la structure en blocs fonctionnels. Nous avons placé, pour les trois premiers termes situés à l’extérieur.

 

Cadre -> décor -> lieu

 

·         Le cadre, c’est ce qui limite l’ensemble du système, c’est la couche physique

·         Le décor, c’est le discernement des formes qui se trouve dans le cadre, et qui permet de les nommé, c’est la couche liaison, le lexique.

·         Le lieu, c’est l’élément dans le décor dans lequel nous allons rentrer pour poursuivre l’indexation. Il est situé à un endroit précis du décor, c’est la couche réseau. C’est le temple proprement dit, ou le bâtiment, ou l’enveloppe, etc.

 

Pour les quatre suivants situés à l’intérieur, nous avons :

 

Pièce -> logement / alcôve -> objets signifiants -> information.

 

·         La pièce, c’est dans le bâtiment un lieu, qui a une fonction précise, comme la cuisine, ou une chambre, c’est la couche transport qui assure la qualité et la connexion entre les lieux, avec les couloirs.

·         Le logement, c’est dans la pièce un endroit particulier, comme le mur du fond, le coin cheminé, le mur fenêtre, le buffet, la table, la chaise au fond, etc. c’est la couche sessions, qui différencie les différents logements dans la pièce.

·         L’objet signifiant, c’est sur la table une photo d’un singe à l’envers, sur le buffet un ensemble de bibelot, quelque chose qui code, c’est la couche présentation.

·         L’information, c’est le souvenir attaché au bibelot, ou à l’objet signifiant, c’est la couche information.

10.8.5.               L’individu

 

Attention : tout ceci n’est que des métaphores, et elles n’ont pas valeur de vérité. Faites-vous votre propre opinion sur ces exemples, et éventuellement trouvez-en d’autres, qui vous parlent plus.

 

Finalement en tant qu’individu j’ai moi aussi un extérieur et un intérieur, mon extérieur se déploie dans un monde dit à 3 dimensions, et continue à l’intérieur avec les logiques de l’esprit. Ce qui nous fait dire que nous sommes corps et esprit. Dans une logique de rapport avec mes congénères, par exemple un médecin et son patient : je vais aussi avoir trois couches extérieures en analogie avec les couches OSI :

 

Corps -> Nom -> Place

·         Mon corps, c’est ma forme physique, je suis un homme.

·         Mon nom, ma filiation, c’est un moyen de me différencier des autres formes, je m’appelle docteur Marcel.

·         Ma place, c’est l’endroit où je me trouve dans l’univers 3D où nous vivons, je suis derrière mon bureau.

 

Et différentes couches à l’intérieur de moi :

 

Qualification -> objet de la requête -> forme (langage / écrit) -> La requête.

 

·         La qualification, c’est ce qui fait que mon interlocuteur m’adresse la parole, par exemple je suis médecin, mais je suis aussi père, joueur de tennis, collectionneur de timbres…

·         L’objet de la requête, c’est la raison qui pousse les interlocuteurs à dialoguer, pour reprendre l’exemple du médecin, le patient vient pour un rhume.

·         La forme, c’est le moyen qu’utilise le patient, pour me contacter, il me parle, il me fournit des radios, etc.

·           
Figure 95 : La Sainte Famille

La requête, c’est l’information que me fournit le patient lorsque je le questionne.

 

On peut remarquer que les trois premiers éléments me concernent directement, et m’appartiennent de droit. Alors que les éléments suivants sont des éléments extérieurs, qui me sont fournis par le groupe. Il y une sorte d’inversion intérieure / extérieure.

 

Mon Corps -> Ma filiation (Nom) -> Ma Place (physique)

C’est trois critères son universelle, et ne doivent pas être remis en question. La filiation fait l’objet de multiple contrôle pouvant maintenant aller jusqu'à un prélèvement ADN[269] qui va certifier notre origine parentale.  En cas d’enquête policière, il faut absolument pouvoir prouver notre emplacement à tel ou tel moment. On ne rigole pas avec ces trois couches.

 
Figure 96 : "carte civique" trouvée dans les archives révolutionnaires en Ille-et-Vilaine

L’identité civique[270] est une verrue ajoutée par l’administration, pour pouvoir identifier chaque individu appartenant au groupe des habitants d’un pays. Ce n’est pas quelque chose d’Universelle, mais un rajout, une surcharge, qui trouve sa place dans la couche Transport, c’est une sorte de qualification. La confusion entre l’identité et la filiation est la source d’innombrable problème, car nous ne pouvons pas être notre patronyme, qui n’est qu’une étiquette posée sur les trois premières couches. Cette identité virtuelle nous éloigne de notre origine universelle. Nous pouvons au cours de notre vie changer d’identité civique, mais il est totalement impossible de changer de filiation.

 

 

 

 

 La Qualification (diplôme) -> L’objet de la requête (non permanent) -> La forme (langage / écrit) (apprentissage) -> La requête (ici et maintenant).

 
 
Figure 97 : Diplôme de doctorat ès sciences (1810)

Une qualification est accordée par le groupe à un individu, et est sanctionnée en général, par une preuve, ou un diplôme[271] (« plié en deux ») [272], que l’individu devra porter avec lui, ou qu’il devra délivrer sur demande. Une carte d’identité par exemple prouve les éléments de la couche précédente. L’objet d’une requête concerne en général une chose en rapport avec nous, qui doit être traitée dans la temporalité, ce qui présuppose qu’elle va disparaitre. La forme est liée à l’apprentissage d’une méthode, qui va permettre de gérer la requête. La requête est l’information que nous délivre l’interlocuteur, et qui donne sens à sa présence.

 

10.9.              La matrice « 3 x 4 = 12 » : Intention – Information - Expression

Le corps humain est avant tout une structure, qui se déploie en permanence. Ce déploiement implique le maintien en état, de la structure, qui est assuré par l’apport d’éléments extérieurs, dans la structure elle-même. C'est ce que nous appelons les besoins vitaux, qui ont déjà fait l’objet d’autres chapitres. Ces besoins vitaux sont au minimum au nombre de quatre et correspondent à l’ensemble des mécanismes de maintien de la structure. Ces besoins étant vitaux, ils deviennent un but pour les couches plus subtiles du corps. C’est-à-dire que les mécanismes physiques doivent être alimentés, ce qui implique des stratégies, qui vont devenir des protocoles, des formules, des procédés, des méthodes, pour honorer la couche physique dans les meilleures conditions.  L’utilisation de procédés pour alimenter la couche physique va introduire la notion de réussite ou d’échec. Il y aura les bonnes et les mauvaises méthodes, et une graduation des méthodes employées, sera mémorisé pour assurer un perfectionnement, un apprentissage.  Les bons résultats seront gratifiants, car ils honoreront les besoins vitaux, et participeront à la croissance du corps. Les mauvais résultats seront décevants, et du fait du besoin vital (qui doit être honoré), directement ressenti comme un manque, voire par la mort physique. Ce système fait apparaitre trois couches, ou trois plans, ou encore trois niveaux, qui sont : la couche physique, la couche mentale, la couche émotionnelle.

 

 

Couche

Bloc de «  3 »

 

 

Commentaire

 

Physique

 

Elle est imposée par la croissance du corps, qui a besoin de matériaux de construction.

 

 

Mentale

 

Elle découle du fait que les matériaux de construction doivent être captés dans l’environnement. Il faut donc élaborer des stratégies, pour trouver les matériaux, les collecter et les utiliser.

 

 

Émotionnelle

 

Elle découle des résultats des stratégies élaborées par la couche mentale et de la couche physique qui ne supporte pas de ne pas être entretenue. C’est la couche des récompenses et des punitions.

 

 

Les besoins vitaux sont au minimum au nombre de quatre :

 

 

Besoin vital

Bloc de « 4+ »

 

 

Se nourrir

 

 

S’hydrater

 

 

S’oxygéner

 

 

Être conscient

 

 

Nous avons vu dans un chapitre précédent, et plus en détail dans un autre ouvrage que chaque besoin vital s’inscrivait dans un cycle de type Inspire / Expire, ou plus précisément :

 

Absorption de l’élément -> Intégration de l’élément -> Évacuation des déchets -> temps de repos.

 

Figure 98 : Cycle Inspire / Expire

 

On peut décomposer les cycles de réalisation des besoins vitaux en quatre étapes différentes, bien que souvent nous ne soyons conscients que de deux (inspire / expire). Ce cycle ressemble à une sinusoïde à l’image des quatre saisons, qui proposent elles aussi deux temps égaux avec les équinoxes, et un temps haut, et un temps bas avec les solstices. En fait, à partir du moment où un cycle est mis en relation avec une translation (ici le temps)  il va y avoir 4 moments spécifiques, comme dans le schéma précédent, où nous représentons le tracer d’un cycle[273], par apport à une ligne droite.

 

Le cycle c’est la sécurité, car nous tournons en rond et marquons ainsi un territoire, qui devient notre propriété. Mais en même temps le cycle nous enferme dans une routine, et nous empêche d’avancer. La cycloïde est une solution mixte, qui propose d’avancer tout en gardant une certaine part de connaissance, qui nous sécurise. 

Pour arrêter une corde qui vibre, il suffit de mettre la main dessus.

On retourne toujours au point d’eau, car c’est un cycle qui nous nourrit et nous protège.

Le retour à la source c’est le renouveau, la source de jouvence, une promesse d’éternité, car s’il est possible de remonter à la source, alors nous sommes immortels. 

10.9.1.               Le modèle Dodécalogique

Ces quatre besoins vitaux devant être gérés au niveau physique et mental, avec comme conséquence le niveau émotionnel, nous nous inscrivons dans une matrice « 3 x 4 +» en permanence, soit un tableau de 12 cases en perpétuelle activité. Traditionnellement, l’émotionnel est placé entre le physique et le mental. Les 7 cases grisées dans le tableau suivant sont Universelles, car elles concernent tout le monde, et elles sont la structure, alors que les 12 autres à l’intérieure elles concernent l’individu, et son incarnation. On peut constater que les trois couches : physique – émotionnel – mental, appartiennent à l’individu. Alors que les quatre autres sont à l’extérieur ou tout du moins sont universelles dans leurs essences.

 

Voici un tableau extrait de notre ouvrage précédent qui montre quelques Symétries, qui sont bien sûr à négocier avec vous-même au niveau des 12 cases (c’est votre individualité) :

 

 

Mental

 

Justice

La loi de la communauté

Appartenance / Vagabondage

 

Foi

Spiritualité, croyance

Spirituelle / Endoctriner

 

Espérance

Je croie en toi liberté

Libérer / Emprisonner

 

Sagesse

Équilibre entre non-action et folie

Passions / Folie

 

Émotionnel

 

Charité

Donner à manger à sa faim, être charitable

Satiété / Faim

 

Confiance

Être dans quelque chose qui baigne ….

Hydraté / Assoiffé

 

Patience

Retenir son souffle

Aération / Étouffement

 

Loyauté

Maintenir le chaud ou le froid dans une relation

Chaud / Froid

 

Physique

 

Force

Représenté par la prise de nourriture …..

Manger / Déféquer

 

Tempérance

Représenté par le mélange des eaux

Boire / Uriner

 

Prudence

Représenté par la gestion du souffle …

Inspirer / Expirer

 

Habilité

Être bien réveillé pour faire …………

Veille / Sommeil

 

 

Esprit.....   

                    ………Matière

 

Nutrition

Terre

Solide

 

Hydratation

Eau

Gazeux

 

Respiration

Air

Liquide

 

Être conscient

Feu

Plasmatique

 

Les 12 cases en construisent 24, avec l’apport de la dualité, qui crée deux extrêmes pour chacune d’elles. L’individu à tout moment, va pouvoir se positionner sur cette grille de manière métaphorique pour tout type de propos.

Il faut bien comprendre que les besoins vitaux ne sont pas de l’ordre de l’imaginaire, mais du concret, et que faire fi des besoins vitaux conduits logiquement à la mort physique. Il existe, dans toutes les traditions, des individus, qui dépassent certains besoins vitaux, comme la nutrition, ou l’hydratation, ou bien il reste en méditation durant des années, mais tout ceci est très controversé, et ne concerne pas monsieur tout le monde, qui lui est prisonnier de cette grille. On peut cependant remarquer qu’en nous élevant vers la couche du mental nous sommes dans la métaphore, et qu’il est alors possible de choisir une interprétation, qui impactera de la meilleure façon possible l’émotionnel. Une sorte de contrôle mentale des interactions du physique est envisageable, pour aménager l’émotionnel. Nous avons à notre disposition des milliers d’ouvrages, qui proposent des méthodes pour réaliser cela.

Un excellent livre d'Emmanuel-Yves Monin[274] : « L'univers en code-barres, dodecalogie et transdisciplinarité, la grande architecture de tout », basés sur une grille de douze casses (dodécalogie), présente cette grille de décodage avec un nombre impressionnant d’exemples. Un essai de Robert Régor Mougeot[275] : La « Dodécalogie appliquée à quelques textes de diverses traditions », basés sur les travaux de Monin, donne aussi quelques exemples significatifs.

Figure 99 : La Vertu d'après une sculpture de la cathédrale de Sens. Gravure de Viollet-le-Duc[276]

10.9.2.               Les émotions

Ces fusions possibles des différentes matrices entre elles montrent le côté fractal de ces structures, et les différentes subtilités que cela apporte, lors de leurs analyses.

Par exemple, les émotions[277] sont communes à l’ensemble des mammifères, et elles seraient Universelles. Elles ont été dénombrées par différents auteurs, comme Descartes,  Darwin, ou bien d’autres…

 

Les travaux de Robert Plutchik[278] sur les émotions, et leurs représentations sous la forme d’une roue de couleur nous renvoient à une structure cohérente. La théorie psycho-évolutionniste de Plutchik sur les émotions de base repose sur dix postulats :

 

·         Le concept d'émotion s'applique à tous les niveaux d'évolution et à tous les animaux, y compris l'être humain.

·         Les émotions ont évolué et amené diverses formes d'expression chez diverses espèces.

·         Les émotions ont eu un rôle adaptatif en aidant les organismes à régler des questions clés de survie posées par l'environnement.

·         Bien que les formes d'expression d'émotions varient selon les espèces, il y a certains éléments communs ou modèles prototypiques.

·         Il y a un petit nombre d'émotions de base, fondamentales ou prototypiques.

·         Les autres émotions sont toutes des états mixtes ou dérivés, c'est-à-dire des mélanges, composés ou combinaisons d'émotions de base.

·         Les émotions de base sont des concepts hypothétiques ou des états idéalisés dont les propriétés et les caractéristiques s'induisent de diverses manifestations.

·         Les émotions de base peuvent se systématiser en paires d'émotions opposées.

·         Les émotions varient toutes par leur degré de similitude.

·         Chaque émotion se manifeste à divers degrés d'intensité ou d'éveil.

 

Robert Plutchik propose de répartir les émotions sur un Circumplex[279], qui est une sorte de tronc de cône. Une fois le Circumplex déplié, nous pouvons le représenter sous la forme d’une roue de couleurs. Mais le modèle en forme de Circumplex nous permet d’appréhender la pertinence du modèle en 3D.

Fichier:Plutchik-wheel.svg 

Figure 100 : Roue des émotions de Plutchik[280]

« Dans sa roue des émotions Plutchik propose ses huit émotions de base ou fondamentales (la peur, la colère, la joie, la tristesse, la confiance, le dégoût, l'anticipation et la surprise, dont leurs fonctions respectives seraient la protection, la destruction, la reproduction, la réintégration, l'incorporation, le rejet, l'exploration et l'orientation) en paires d'opposés : la joie et la tristesse, la peur et la colère, le dégoût et la confiance, la surprise et l'anticipation. »

 

·         Extase (extasy) - joie (joy) - sérénité (serenity).

·         Adoration (admiration) - sympathie (trust) - résignation (acceptance).

·         Terreur (terror) - peur (fear) - appréhension (apprehension).

·         Etonnement (amazement) - surprise (surprise) - distraction (distraction)

·         Chagrin (grief) - tristesse (sadness) - songerie (pensiveness).

·         Aversion (loathing) - dégoût (disgust) - ennui (boredom).

·         Rage (rage) - colère (anger) - contrariété (annoyance).

·         Vigilance (vigilance) - excitation (anticipation) - intérêt (interest).

·         Amour (Love) – soumission (submission) – crainte (awe) – désapprobation (disapproval) – remord (remorse) – outrage (contempt) – aggrésivité (aggresssiveness) – optimisme (optimism)

 

Si nous opposons et positionnons ces  différentes émotions, comme le préconise Plutchik, cela nous donne le tableau suivant, où j’ai attribué un élément à chaque paire d’émotions :

Emotion

 

 

Gain

 

Sympathie

Colère

(on prend)

Excitation

Joie

 

Perte

 

Dégout

Peur

Surprise

Tristesse

 

 

TERRE

 

EAU

AIR

FEU

Wikipédia nous propose cette synthèse des différentes émotions et des sentiments qu’elles provoquent en nous. Attention ce n’est qu’un modèle, pour exprimer les liens internes entre niveau ou plan d’une matrice « 3 x 4 ». 

 

Dyades primaires

Résultats

Dyades secondaires

Résultats

Dyades tertiaires

Résultats

Joie et confiance

Amour

Joie et crainte

Culpabilité

Joie et surprise

Ravissement

Confiance et peur

Soumission

Confiance et surprise

Curiosité

Confiance et tristesse

Sentimentalité 

Peur et surprise

Crainte

Peur et tristesse

Désespoir

Peur et dégoût

Honte

Surprise et tristesse

Désappointement

Surprise et dégoût

?

Surprise et colère

Indignation

Tristesse et dégoût

Remords

Tristesse et colère

Envie

Tristesse et anticipation

Pessimisme

Dégoût et colère

Mépris

Dégoût et anticipation

Cynisme

Dégoût et joie

Morbidité

Colère et anticipation

Agressivité

Colère et joie

Fierté

Colère et confiance

Domination

Anticipation et joie

Optimisme

Anticipation et confiance

Fatalisme

Anticipation et peur

Anxiété

 

Il existe d’autres Circomplex, qui permettent de représenter les relations humaines, dans le couple et la famille[281]. Par exemple voici celui des interactions hiérarchiques proposées par Philippe A.  Genoud[282].

 

Figure 101 : Circomplex des interactions Hiérarchiques

 

10.9.3.               Mathématique – quatre opérations[283]

Tout raisonnement de type mathématique s’appuie sur quatre opérations de base. Ce sont les opérateurs[284] suivant.

 

·         L’addition

·         La soustraction

·         La multiplication

·         La division.

 

Ces opérations pouvant être intégrées au niveau de l’individu comme des concepts de modification de son statut à tous les niveaux. En réalité, ces opérations sont des additions. La division et la multiplication introduisent un modèle fractal et le « rapport » d’échelle (Thales).

 

Tableau des opérations mathématiques de base :

 

Opération

 

 

Analogie 1

 

Analogie 2

 

Analogie 3

 

Analogie 4

 

 

Addition

 

Je prends

 

Inspire

Demi-période haute

 

Voir plus

 

EAU

Union

Mélange

 

 

Soustraction

 

Je donne

 

Expire

Demi-période basse

 

Voir moins

 

FEU

Destruction

Combustion

 

 

Multiplication

 

Je reproduis en augmentant

duplication

 

 

Cycle

Mouvement

accélération

 

Agrandir

(échelle)

 

AIR

Dilution

Étirement

 

 

Division

 

Je reproduis en diminuant

Réduction

compression

 

 

Arrêt

Mouvement

ralentissement

 

Réduire

(échelle)

 

TERRE

Contraction

Compression

Pierreux

 

 

Les quatre opérations de base sont à mon image :

 

 

 

Figure 102 : les quatre opérations, dans le cadre de la vue (Thales)

Les quatre opérations de bases peuvent former quatre paires[285] :

·         Addition – Soustraction (opposé - contraire)

·         Multiplication – Division (opposé - contraire)

·         (forme une croix)

·         Addition – Multiplication (augmente)

·         Soustraction – Division (réduit)

 

Il y a le sous-groupe des contraires et le sous-groupe des semblables.

 

L’usage des Circomplex décrit dans d’autres chapitres (10.9.2) nous montre que le modèle « 3 x 4 » peut aussi être appliqué aux quatre opérations élémentaires. Si l’on reprend les Circomplex des « Qualités élémentales » associées aux quatre éléments d’après Aristote[286], on retrouve la logique suivante pour ces quatre paires.

Figure 103 : Qualités élémentales associées aux quatre éléments

En remplaçant ces différents termes dans ce nouveau schéma en relation avec les opérateurs nous avons :

 

Figure 104 : Circomplex des quatre opérations

10.9.4.               Émotion et mathématique[287]

Si je reçois un objet, je suis content (joie), en fait (en fête) j’ai fait une addition (plus) à moi-même en faisant l’acquisition d’un objet.

Si je perds quelque chose, il y a soustraction et dans ce cas je risque d’être triste.

Il serait intéressant de voir s’il existe une relation entre les Émotions et la notion de croissance / décroissance.

 

Soustraction <-contraire-> Addition

Un peu comme le besoin de manger (addition, addiction).

- <- contraire -> +

Faim <- contraire -> Satiété

Mort <- contraire -> Vie

Tristesse <- contraire -> Joie

Expire < - > inspire

Il faut noter que le « plus » ne peut n’être que premier, car il faut avoir, avant de perdre quelque chose. Il nous est donc donné au départ pour que tout ceci puisse exister.

 

Inspire -> expire -> inspire -> expire -> Inspire -> expire -> inspire -> expire

Le premier Inspire est le souffre créateur.

10.10.          Rapports entre les matrices « 3 + 4 » et « 3 x 4 »

La matrice « 3 + 4 = 7 », modélise la logique d’échange d’information entre des parties.

La matrice « 3 x 4 = 12 » est une grille de lecture qui finalement donne le sens, la direction, elle permet de caractériser, et de donner de la signification aux choses, c’est l’information.

 

Dans la matrice « 3 + 4 » l’Universel est représenté par son bloc de « 3 », alors que dans la matrice « 3 x 4 » l’Universel est représenté par son bloc de « 4 ». Son bloc de « 3 » est la transformation, la sublimation des besoins vitaux.

 

En fait les deux matrices ont l’air de s’associer, car finalement le contenue de la matrice « 3 x 4 » est en quelque sorte l’information véhiculer par la matrice « 3 + 4 ». Ce qui nous donne le schéma suivant :

 

Figure 105 : Association des deux matrices

L’information de la matrice « 3 x 4 » est échangée entre entités en passant par  la matrice « 3 + 4 ». Dans le cadre d’échange entre deux ordinateurs les données ne sont pas transformées, et sont sécurisées, car ils utilisent les mêmes lexiques, la même sémantique, et les mêmes procédés. Dans le cadre d’un échange entre individus, les lexiques et la sémantique sont différents, et l’information de la matrice «