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Commentaires et Cogitations sur l’Évangile de Thomas

Structures Mentales Tome 1

Structures Mentales Tome 2

Structures Mentales Tome 3

Structures Mentales Tome 4


Structures Mentales

Tome 1

 

 

Attentions, Expériences, Analyses, pensées de tous les jours…

Ou connais-toi toi-même

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ludovic

 

Point de départ de ce document le 15 mai 2008

Version 1.03 du 1 mars 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans sa version actuelle ce document est diffusé gratuitement et pour faciliter sa propagation l’auteur en a réalisé différents formats, HTML, PDF. Des copies ont été placées sur différents sites susceptibles d’en assurer la diffusion. Le site officiel pour télécharger les dernières versions de ce document est : http://www.llecointe.com.

 

Tous droits de reproduction ou de diffusion interdits sans l’accord écrit de l’auteur ou ses aillant droits.

Tous droits réservés. Les portions de texte définies comme des extraits d’auteurs conservent leurs copyrights respectifs (voir plus loin).


 

1.   Table des matières

 

1.      Table des matières. 4

2.      Préface. 5

3.      Convention d’écriture. 8

3.1.      Texte courant 8

3.2.      Texte poétique. 8

3.3.      Texte souvenir 8

3.4.      Extrait d’auteurs — Copyright 8

3.5.      Secret 8

3.6.      Notes de bas de page. 8

3.7.      Images — Photos. 9

4.      Introduction. 10

4.1.      Mise en garde. 11

4.2.      Comment lire ce document ?. 12

4.3.      Méthode de construction du document 13

5.      Prises de conscience, réflexions. 15

5.1.      Introduction. 15

5.2.      J’ai quel âge ?. 16

5.3.      Qui m’a fabriqué ?. 20

5.4.      Qu’est-ce que je fabrique ?. 21

5.5.      Qu’est-ce que je construis ?. 23

5.6.      Qu’est-ce que je regarde ?. 24

5.7.      Qu’est-ce que je fais vraiment ?. 28

5.8.      Qu’est-ce que mes idées ?. 35

5.9.      Pourquoi J’accumule des choses ?. 42

5.10.        Pourquoi je suis intéressé ?. 43

5.11.        Mises au point 52

5.12.        Des « trous dans la raquette ». 52

5.13.        Souvenirs et « trou de raquette » élastique. 54

5.14.        Une histoire de disque dur ?. 56

5.15.        Il y a quelqu’un là-dedans ?. 61

5.16.        Ça sert à quoi ce truc qui boucle ?. 62

5.17.        Une étrange continuité. 66

5.18.        Est-ce cohérent ?. 80

5.19.        Qu’est-ce que je mange ?ou suis-je ?. 93

5.20.        Avec quoi je communique ?. 95

5.21.        Qu’est-ce qui fait du réel ?. 98

5.22.        Je vis dans un monde à combien de dimensions ?. 105

6.      Méthodes. 109

6.1.      Équipement de base. 109

6.2.      Lecture de livre. 109

7.      Conclusion. 111

8.      Référence des ouvrages cités ou liens en rapport 112

 

Je n’ai pas de compte à rendre au temps et à l’espace

Je ne suis pas leurs serviteurs

Je vais d’ici et maintenant

Ma place est celle que j’occupe

Je suis[1]

2.   Préface

Cet ouvrage est le premier d’une série basé sur le thème de la recherche intérieure. Il reprend la recommandation : « connais-toi toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux », mainte fois proposée par des générations de sages et autres enseignants du développement spirituel, depuis la nuit des temps. Cette série compte déjà plusieurs tomes qui se proposent de nous accompagner vous et moi de plus en plus profondément dans les méandres de la psyché humaine, afin d’y retrouver les racines de notre être. Ces écrits, du fait du thème qu’ils couvrent, sont de l’ordre de l’expérimental et j’en suis le principal cobaye ainsi que le rédacteur. Se connaître soi-même est par définition une pratique personnelle qui ne saurait être réalisée par une autre que soi. Cependant, rien ne nous empêche de partager cette recherche avec les autres, je dirais même cette aventure et c’est ce que je me propose de faire ici. Les différents ouvrages, déjà issus de ce travail, sont les résultats de différents processus de déploiements et de créations expérimentés personnellement. Si certains passages sont de l’ordre de la biographie et de son analyse sur la durée, d’autres sont plus expérimentaux et proposent des ponts vers un ailleurs plus universel. D’autres enfin, sont issus directement de la psyché profonde qui a trouvée, à travers ces écrits, un canal pour s’exprimer. Les auteurs, sur ces différents sujets, nous proposent bien souvent le résultat de leurs recherches dans un style épuré et synthétique, afin de coller à un modèle universitaire ou à une sorte de consensus rédactionnel. Ils nous proposent une méthode qu’ils veulent universelle, ce qui a marché pour eux doit marcher pour les autres. Cependant, ils restent le plus souvent en dehors de cet aspect numineux que provoque quelquefois ce type de travail. On peut donner comme exemple le livre rouge de Jung qui resta caché aux yeux du grand public durant des décennies après la mort de l’auteur, afin que seule perdure l’analyse expurgée de son côté dérangeant. Cette approche rédactionnelle classique ne permet pas au lecteur d’entrevoir le cheminement qui a permis à l’auteur d’en arriver à la synthèse. Des zones d’ombres, des suppressions volontaires, des camouflages d’événements, qui ne mettent pas forcément en valeur le propos ou l’auteur, créer des trous dans la démarche et en dénature le fil. Vous avez alors un texte très dense qui fait fi du principal, à savoir : le mode opératoire qui a permis la genèse de l’œuvre mise en valeur.

 

Cette série d’ouvrage se propose de poser les bases de la démarche : « Connais-toi toi-même ». Cette démarche, qui est la mienne, est donc proposée ici de manière un peu brute, dans son jus, afin que chacun puisse en comprendre le déroulé. Ce déroulé n’est pas à copier ou à reproduire à la lettre, ce n’est pas un modèle, mais simplement une expression parmi d’autres possibles d’un cheminement. Il est posé là comme un partage, afin qu’il ouvre en vous comme en moi de nouvelles pistes qui seront peut-être les vôtres une fois transposées dans votre monde. En lisant ces textes vous rentrer de façon certaine dans un univers qui n’est pas le vôtre, mais où, vous pourrez picorer quelques graines. Et, pour se déployer, la graine a besoin de terre, d’eau de soleil et d’espace. Le processus de découverte de la connaissance de soi n’est pas linéaire et il aime à prendre des méandres, des circonvolutions labyrinthiques, afin justement de rassembler ces différents éléments nécessaires à l’épanouissement de la fleur. Ces écrits sont donc, en quelque sorte, de la matière première, utilisable à l’avenant, en fonction des besoins de chacun. Peut-être n’y trouverez-vous qu’un peu d’air et de pluie, mais cela sera déjà beaucoup à mes yeux. Les thèmes abordés, qui font le fond de ma psyché, vont et viennent, et reviennent, encore et encore, sous différentes formes, car rien ne se découvre directement à notre entendement sans avoir, au préalable, décrit des arabesques dans l’espace-temps, pour faire émerger de l’ailleurs des choses nouvelles. Alors, même si ce travail n’est pas le vôtre, il s’inscrit cependant dans des structures qui, elles sont universelles, et ne peuvent qu’être en résonnance avec vous.

 

Ce premier tome de la série[2], a été réalisé en parallèle d’un journal qui a été nourri durant plusieurs années et qui représente un matériel important, mais qui, malheureusement, ne pouvait pas être livré tel quel. Il est donc, d’une certaine manière, lui aussi une sorte d’ouvrage de synthèse à l’image de ceux décrits plus haut. Mais, il a été rédigé dans une logique de partenariat avec le lecteur, qui un jour serait amené à le rencontrer sur son chemin. Il contient donc, comme les suivants, du moi brut, afin de nous mettre au plus près du réel. Certaines turbulences peuvent donc par moment nous éloigner du thème pour mieux nous en rapprocher.

 

Ce document expose une suite d’expériences et de prises de conscience diverses qui mettent en place le décor d’une recherche intérieur. Il essaie de faire voir que nous sommes le jouer d’automatismes et de cycles de fonctionnements qui formatent nos actions quotidiennes.

 

Le tome suivant[3] construit sur le même modèle que celui-ci, en alternant également des souvenirs et des expériences vécues, nous montre que nous sommes soumis à nos besoins vitaux et que ces besoins s’expriment inconsciemment et métaphoriquement au niveau physique, émotionnel et mental. Il apparait alors une structure active basée sur nos quatre besoins vitaux de base s’exprimant sur trois niveaux pour former une grille de douze cases (3 x 4 = 12). Cette grille, qui apparait automatiquement, par le simple fait de notre constitution, devient un outil inconscient, de codage et décodage de notre monde. Cette grille est une sorte de matrice qui nous gouverne à notre insu et formate la manière dont nous codons l’information. Un ensemble d’exemples essaie de faire comprendre cette matrice qui nous habite au plus intime de nous-mêmes. Un ensemble de rappels à différentes traditions montre les interactions de cette matrice avec les quatre éléments. Des éléments qui servent de référence à un ensemble de représentations symboliques qui ne sont que des métaphores des besoins vitaux à différents niveaux de l'être.

 

Le tome suivant[4] expose une suite de prises de conscience et d’évidences qui nous montrent que nous utilisons toujours les mêmes étapes pour échanger et coder de l’information entre deux systèmes. Ces étapes sont en relation directe avec notre corps et son système de perceptions, ainsi que de nos mécanismes mémoriels. Une matrice de type fractale apparait alors, où sept étapes (plus ou moins deux) sont identifiées, sous la forme de deux blocs distincts composés de trois étapes externes, suivies de quatre autres qui elles sont, internes. L’ensemble forme alors un septénaire (3 + 4 = 7). Un ensemble d’exemples montre l’universalité de ce système de communication, qui est en rapport direct avec notre constitution physique et nos capacités sensorielles. Un ensemble de rappels à différentes traditions montre les interactions de cette matrice avec certaines, voire l’ensemble de nos actions. Une autre matrice, plus simple, est aussi présentée, elle concerne notre manière de raisonner, de nous syntoniser, de nous mettre en résonance avec notre environnement. Cette matrice nous renvoie à l’ensemble des symétries et homothéties qui nous permettent d’appréhender notre univers. Elle est nommée la matrice « 2 et 1 ».

 

Le tome suivant[5], s’attaque lui aux évidences qui limitent, au quotidien, notre profondeur de raisonnement et d’analyse. Dans sa deuxième partie, un essai opératif d’émergence de l’information à travers l’usage de différents procédés est proposé, en lien avec nos modes inconscients de traitement de l’information au quotidien.

 

D’autres tomes viendront enrichir cette série, si nous en trouvons l’inspiration et l’énergie.

 

Certains chapitres présents dans les différents tomes constituant cette série sont repris à plusieurs reprises dans d’autres tomes pour en approfondir la signification. Reprenant ainsi une des logiques de fonctionnement de la psyché qui bien souvent se déploie à travers des sortes de spirales.

 

 

Quelques parts en Normandie, le 26 février 2015

 

3.   Convention d’écriture

3.1.      Texte courant

Le texte courant est écrit en mode justifié avec la police : « Deja vu Sans » en taille 10 :

3.2.      Texte poétique

Des textes poétiques sont placés au fil des pages. Ils sont là pour exprimer certaines choses d’une autre manière ou bien pour rentrer dans une forme d’irrationnel. Ils sont une indication pour le lecteur qui ne doit pas prendre au pied de la lettre ce qui est écrit, mais qu’il doit se laisser aller à ses propres réflexions.

3.3.      Texte souvenir

Des textes basés sur des souvenirs ou des rêves, ils sont des résumés de situations ou de souvenirs qui permettent d’introduire ou de commenter d’une manière romanesque un chapitre. Ils sont parfois adaptés à la lecture du chapitre ou bien laissés en l’état.

3.4.      Extrait d’auteurs — Copyright

Pour illustrer certains chapitres, il a été fait appel à des extraits de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Quelques extraits de livres d’auteurs sont aussi présents dans ce document. L’ensemble de ces ajouts placé dans le cœur du texte est identifié par cette police de caractères et l’usage d’une encre de couleur violette de manière à les différentier sans ambigüité possible du texte principal. Les sources de ces textes sont généralement indiquées sous forme de notes de bas de page[6].  Lorsque ces ajouts sont placés en bas de page j’utilise la police suivante : « Ce document », Ils sont alors précédés de l’URL du site en ligne.

Tous les droits d’auteurs associés à ces portions restent la propriété intellectuelle de leurs auteurs respectifs et conservent leurs logiques de droits de diffusions et de copies d’origines. Les URL placées en bas de page permettent de retrouver le document d’origine ainsi que leurs auteurs. Les droits de reproduction de ces parties sont conservés tels que définis par leurs auteurs respectifs. Ces insertions sont considérées comme étant des informations permettant d’illustrer notre propos ou bien le rendre plus fluide. En aucun cas le texte de fond qui fait l’objet de ce document ne peut être considéré comme un travail dérivé de ces portions de texte qui ne sont là que pour illustrer le propos principal et aider le lecteur à situer certaines connaissances du domaine public dans un mode de type dictionnaire encyclopédique. Logiquement tous ces extraits sont utilisables en regard de leurs copyrights respectifs, cependant, il est possible que certains textes soient soumis à des droits d’usages restrictifs qui nous auraient échappés. Nous nous en excusons par avance et rectifierons le problème lors d'une nouvelle édition sur simple demande. Concernant le copyright appliqué à l’ensemble du texte principal, il est soumis aux dispositions légales internationales en vigueur concernant les droits d’auteurs[7].

3.5.      Secret

Certains secrets de guérisseurs sont transcrits dans ce document pour illustrer notre propos. Ils sont centrés de la même manière que les portions poétiques du texte.

3.6.      Notes de bas de page

Ce document exploite un ensemble de 15 tomes de notes collectées entre mai 2008 et 2014, et quelques livres de synthèse, Structures mentales Tome 1 et 2, soit plus de 3000 pages numériques au format A4. Pour faciliter la lecture du document, un remaniement a été réalisé et les notes n’ont plus l’ordre chronologique d’origine. De plus, seules les notes couvrant le thème de cet ouvrage ont été utilisées. Pour un usage futur, des notes en bas de page indiquent le numéro du tome, le nom du chapitre d’origine et la date de rédaction.

3.7.      Images — Photos

La majorité des médias de type photos ou dessins utilisés dans ce document ont été produits de manière personnelle, ou bien collectés pour enrichir le texte sur des sites libres comme Wikipédia. Une attention particulière concernant les droits d’auteurs des documents collectés a été réalisée, et des liens web de renvoi aux sites d’origines sont mis en bas de page, pour obtenir un visuel de meilleure qualité. Cependant, il est possible que certains visuels soient soumis à des droits d’usage restrictif, qui nous auraient échappés. Nous nous en excusons par avance, et rectifierons le problème lors d'une nouvelle édition sur simple demande.

Des images avec une ombre sont utilisées, pour faciliter la mise en page du document, et apporter une certaine dimension au propos du texte. Elles n’ont pas de commentaires associés.

 

 

 

4.   Introduction

Bonjour, je me présente, je m’appelle Ludovic, je suis né en 1959 et au jour de la rédaction de ce document j’ai 49 ans, j’en aurais 50 en juillet 2009. Ce document est un essai de synthèse d’un travail commencé en juillet 1959 et qui perdure depuis. Entre 1959 et aujourd’hui, ce travail a toujours été et sera toujours. Simplement, ce travail a été réalisé de différentes manières durant ces quarante-neuf dernières années. Les rencontres, les événements, les contraintes de la vie ont dirigé ce travail de différentes façons, il y a eu ce qu’on appelle des hauts et des bas. En fait, il y a tout simplement eu une continuité qui s’est exprimée en fonction des besoins.

 

Mais de quoi parlons-nous ?

 

De ma vie tout simplement, ce « travail », c’est ma vie. Un travail qui me concerne et qui m’oblige 24 heures sur 24. Je parle ici de travail, mais ce mot n’est pas forcément le plus juste, il est simplement adapté aux informations que je désire consigner dans ce document.  En fait, je veux parler ici simplement du travail du « travail ». Depuis toujours, je ris, je pleure, je suis joyeux, je suis triste… enfin bref je suis comme le commun des mortels, je vis. J’ai des impressions, des intuitions, des émotions, des sentiments… Mais en même temps que je vis, je me pose des questions, je me dis des trucs, je me fais des réflexions, je m’analyse. Pourquoi ?  Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Pourquoi j'ai peur ? Pourquoi je suis gai, Pourquoi j’ai parfois des impressions bizarres de déjà vues, des coïncidences étranges, des événements qui ce répètes, pourquoi ?

 

J’ai essayé durant ces 49 dernières années de répondre à ce type de question, comme tout le monde. Lorsqu’un événement important traverse sa vie, on se questionne et puis cela passe. Il est bien connu que « Le temps efface tout ». Il ne reste en mémoire que la trace de quelque chose qui à un moment donné nous a forcés à nous interroger. Il ne reste que quelque chose de vague et de peu fiable, se diluant avec le temps.

 

Tout le monde a fait ce genre d’expérience : je croise une affiche sur le bord de la route et son message publicitaire m’étonne, « Tient, on en discutait hier avec ma voisine ». Ou encore, j’ai une problématique au genou, et justement ce soir il passe une émission à la télévision qui présente un nouveau traitement. Le lendemain en discutant avec mes collègues de travail le sujet est bizarrement abordé dans une conversation, et j’apprends des précisions sur la résolution de ce problème.

Ce genre de choses arrivent sans arrêt, et dans certains cas elles servent de sujet de conversations entre amis ; des amis que l’on aura peut-être retrouvés par hasard en faisant ses courses, dans une bourgade, durant ces vacances.

 

Enfin bref, si je vous raconte cela, c’est simplement pour vous expliquer que l’année dernière à la suite d’événements banals de ce type, j’ai essayé de retracer dans ma tête le fils conducteur des événements, qui avaient précédé quelques coïncidences. J’ai, à ce moment-là, eu quelques difficultés à retrouver la suite « Réelle » des éléments, précédents la coïncidence. Pour ne rien arranger, il s’était écoulé du temps entre le moment où cette coïncidence avait eu lieu et le moment où j’y ai porté mon attention. J’ai donc pris mon ordinateur et j’ai essayé de coucher sur ce papier électronique les éléments qui me restaient en mémoire, pour essayer de reconstituer ce puzzle. C’était le 15 mai 2008. Pourquoi cette précision dans la date de début de ce document de travail ? Que ce soit le 15 mai ou bien le 17 qu’est-ce que cela peut bien faire ? Eh bien, la suite m’a appris que cela change tout, car entre le 15 et le 17 mai, cela n’est plus le même souvenir, il y a deux souvenirs, celui du 15 et celui du 17, et rien ne me prouve qu’ils soient identiques. Depuis cette date, je note les événements troublants, les coïncidences qui m’étonnent, enfin bref, je tiens un journal comme pas mal de gens le font depuis des siècles. Dans ce journal je note, ce qui m’étonne, ce qui me surprend et surtout, je cherche une logique dans ces suites d’événements, qui finalement sont liés, au fil de ma vie. Rapidement, le jeu a donc consisté à noter les événements, de faire des recherches sur leurs contenus, d’étendre le cercle en rapport avec l’événement, et de le faire parler. De faire des associations d’idées, de voir si l’événement ne m’en rappelait pas un autre, d’en faire une analyse, et surtout de noter tout ceci dans mon journal avec une datation précise. Rapidement, j’ai constaté des choses étranges, des choses qui m’ont étonné, des sortes de logiques sont apparues, et réapparues, en ordonnant d’une certaine manière tous ces événements les uns avec les autres, alors qu'au départ ils me semblaient disparates. Les événements m’ont amené, lors de leur analyse, à croiser des lectures, à retrouver des éléments de mon passé, qui bizarrement se cachaient derrière des coïncidences banales. Une sorte de fil conducteur est apparu dans tout ce fatras, et j’ai étendu petit à petit le cercle des événements à mes rêves, mes pensées, mes lectures, mes collections, mes centres d’intérêt,  mes échecs, mes succès,  mes rencontres… Ce fil conducteur m’a entrainé dans la lecture ou la relecture d’ouvrages, des ouvrages qui étaient en résonnance (eux aussi), avec ma vie. J’en suis arrivé à essayer de comprendre comment tout cela fonctionnait et je suis passé du contenu au contenant, du vécu au mécanisme. Aujourd’hui, au 9 mai 2009 les journaux qui ont été rédigés représentent environ un millier de pages A4. Ils contiennent en vrac : des faits, des pensées, des analyses et toutes sortes, des matériaux psychiques et physiques, dans une logique linéaire. Une logique de fil d’Ariane, mon fil d’Ariane.

 

Ce document a pour objectif principal de faire une synthèse de ce travail de rédaction journalière. Il faut donc comprendre que ce travail (le document entre vos mains) est l’étude du travail (les mécanismes) du « travail » qu’est ma vie. Ma vie n’est pas la vôtre, chaque vie est différente, ce document est un reflet de ma vie. Ma vie telle que je la synthétise, telle que je la comprends, que je l’appréhende, au 9 mai 2009[8]. Si vous lisez ce texte, il faudra que vous soyez vigilant, et que vous considériez que ce document n’est pas votre vie, il n’est pas le reflet de votre travail, c’est simplement mon fil d’Ariane, le mien, et pas le vôtre. J’ai compris que dans mon schéma de construction j’avais besoin d’équilibre, de cohérence pour accepter les choses telles que je crois qu’elles sont. Il en est peut-être tout différent pour vous. Je sais maintenant, de façon presque certaine, que la rédaction de ce document va me permettre de rendre encore plus cohérente cette compréhension (ou cette illusion) que j’ai de moi. Ce document est pour moi une sorte de dialogue interne que je vais avoir sur une durée importante. C’est un exercice qui me permettra de faire des connexions avec des éléments pour l’instant non révélés de ma psyché. Des connexions vont apparaitre qui me permettront d’aller encore plus loin, dans la compréhension des mécanismes que j’ai déjà mis à jour. Ce simple travail va générer des logiques, des coïncidences, des croisements d’idées, qui amèneront de nouvelles réponses. Je recherche à travers ce travail l’émergence de réponses. Je poursuis ce travail avec l’intention qu’il génère l’émergence de réponse, de réponses à mes questions, sur ma vie. Ces émergences se présenteront logiquement pour moi sous la forme de prise de conscience. Les journaux écrits durant cette première année m’ont déjà permis d’entrevoir des mécanismes, qui me permettent d’être certain que ce travail répondra à mes attentes. Je sais aussi qu’une prise de conscience en entraine une autre, et que ce document est en quelque sorte vivant, ce qui fait qu’un chapitre écrit, pourra devenir obsolète et devra être revu et réécrit à la lumière d’une nouvelle émergence. La logique d'écriture d'un journal à cet avantage d'aligner chronologiquement les événements. Un ouvrage de synthèse lui évolue, avec l’apport de nouveaux matériaux, avec la compression des données, il doit donc être réécrit, réadapté. Il suit la même logique que la pensée, les souvenirs, la mémoire. J’espère donc avoir à modifier régulièrement le contenu de ce travail, ce qui voudrait dire que ma compréhension, ou tout du moins que ma construction mentale, prend forme, pour atteindre une certaine cohérence. Plus concrètement lorsqu’un chapitre viendra à être repris ou modifié, j’essayerai de laisser une trace de l’évolution de ma pensée, en utilisant un système de version. 

4.1.      Mise en garde

Quoi qu’il en soit, ce document n’est pas neutre, car ma vie est réelle, et si vous le lisez d’une certaine manière, il devrait pour vous aussi déclencher des réactions. Les sujets traités dans ce livre sont des sujets traitants des mécanismes de la pensée, de ma pensée, mais le fonctionnement de ma pensée ne doit pas être très différent de la vôtre. Ce qui va changer c’est certainement le contenu, mais moins certainement le contenant, la bouteille… Pour transporter un liquide, il faut un récipient,  il en existe de toutes formes et de toutes tailles, mais tous ont le même objectif : contenir le liquide. Tout le monde n’a pas envie de voir la bouteille, sa bouteille, alors si vous ne voulez pas vous connaitre, ou vous reconnaitre, passer votre chemin. Ce livre n’est pas un roman, c’est un outil pour se connaitre, et parfois se connaitre, c’est prendre un risque. Chercher à se connaitre c’est découvrir ses structures mentales, ses structures de vies. Découvrir ses structures, c’est les remettre en question, les modifier. Modifier ses structures, c’est devenir quelqu’un d’autre, c’est changer ses habitudes et sa relation aux autres. C’est changé sa vie, mais pas forcément celle des autres. Une reconstruction est visible de l’extérieure, les gens que vous côtoyez peuvent être perturbés par ce type de travail, vos relations peuvent alors changer ou évoluer. Je ne suis en aucun cas responsable de vos choix, et le contenu de cet ouvrage et des autres, qui pourraient voir le jour, est mis à la disposition du lecteur, sous son entière responsabilité.

4.2.      Comment lire ce document ?

Eh bien ? Si vous avez décidé de lire ce document, il faut le lire tout simplement comme une sorte de dialogue intérieur avec moi. Vous lisez donc le texte, et en même temps vous laissez aller vos pensées, au fil du contenu du texte. Vous devez être attentif au déroulé du texte, et vous comportez comme s’il s’agissait d’une conversation entre gens bien élevés, entre amis. Vous devez laisser l’autre (moi) s’exprimer, mais en même temps, vous devez soupeser ses propos, et ne pas forcement être d’accord. Si vous n’êtes pas d’accord, automatiquement vous vous ferez un commentaire intérieur. De la même manière si mes propos vous agréez, vous réagirez aussi. Tout du moins, c’est comme cela que moi je fonctionne, c’est comme cela que je pratique quand j’écoute une conférence ou que je lis un livre. Une lecture ou une écoute devient une sorte de discussion entre amis, où je fais finalement partie du texte d’une façon invisible et sans laisser de trace. Si la lecture ou l’écoute deviennent difficiles pour différentes raisons, comme du bruit extérieur, ou la remontée de pensées en dehors du sujet, alors j’arrête, car il n’est pas poli de ne pas écouter son interlocuteur. Lire demande une certaine attention.

 

Vous devez « simplement » être attentif, lors de la lecture. L’attention n’est pas simplement une sorte de précisions dans la lecture mentale des mots du texte, car dans ce cas c’est de la concentration. Être attentif c’est une sorte d’écoute interne non polluée par des pensées ou des actions réalisées en parallèle, et n’ayant aucun rapport avec l’acte de lire ou d’écouter. Vous devez être attentif à vos réactions durant la lecture. Si vous partez dans une sorte de réflexion intérieure qui s’éloigne du texte, et se transforme en une sorte de rêvasserie, il y a certainement une raison à cela. Soit cette rêvasserie est liée à un événement extérieur, soit elle a pris son point de départ dans un passage du document lors de votre lecture. Dans ce dernier cas : êtes-vous capable de remonter en arrière, et de vous dire à quel moment précis du texte vous avez dévié de la lecture. Pouvez-vous dire qu’elles ont été les étapes, qui ont amené cette rêvasserie ? Si vous avez retrouvé cet instant, cet endroit précis, ce point de départ, alors là, je vous demande : pourquoi ici ? Pourquoi à ce point-là très précisément ?

 

Si vous été fatigué, alors laisser là ce document, car il n’a aucune sorte d’importance, c’est simplement mon texte, contenant une synthèse de mes travaux, concernant une recherche sur moi-même. Il n’est écrit que pour m’aider moi, à me comprendre moi. Ce document ne contient aucune vérité, aucune solution, il est simplement ma contribution à moi-même, pour me comprendre moi. Ma méthode n’est pas la vôtre, tout au plus vous trouverez ici l’expérience d’un être humain auto construit, tout comme vous. Vous devez trouver vos modes de fonctionnements, les techniques que vous utilisez au quotidien pour vous maintenir en état. Vos astuces pour vivre, pour survivre, pour vous empoisonner la vie, pour rire, pour être triste, etc....

 

Si mes cogitations peuvent, vous aidez à trouver des choses ou vous être agréable, et bien cela est super !! Sinon, merci d’avoir été un partenaire virtuel m’ayant permis d’écrire cette introduction et le reste de l’ouvrage. Oui, je dis bien le reste, vous êtes à présent mon prisonnier, ma chimère, car même si vous m’abandonnez ici, vous continuerez dans mon esprit à être présent, pour m’aider à rédiger ce texte. D’ailleurs êtes-vous réellement dans mon esprit, ou bien c'est moi qui suis dans le vôtre ? J’ai écrit ce texte bien avant que vous ne le lisiez, peut-être même pour certains biens avant leurs naissances, alors, comment expliquez-vous que je vous connaisse ? Qu’ici et maintenant, je vous parle ! Ma voix, que vous entendez actuellement dans votre tête (pour moi c’est là que j’entends), vous est-elle familière ?

 

C’est une histoire de dingue, quand j’écris, je me parle bien sûr à moi-même et lorsque vous me lisez, vous, vous parlez évidemment à vous-même… Mais en réalité en êtes-vous bien sûr ? Je suis un homme ou une femme ? J’étais quoi, pour vous, avant de lire cette ligne ? Je suis petit, grand ? Blancs, basanés ? Français, Belge?...

 

Depuis le début, vous vous parlez à vous-même, tout comme moi je me parle en ce moment à moi-même, pour rédiger ce texte. Ce texte n’est qu’un support pour ma réflexion, qui ne doit être qu’un support à votre réflexion. Une réflexion n’est pas une vérité, ni un dogme, ni une loi, c’est simplement un point de vue à un instant donné, sur un truc qui à ce moment-là a traversé votre esprit.

4.3.      Méthode de construction du document

Dans un premier temps, ce document va contenir des extraits remis en forme de points d’émergence, qui me semblent importants, tirés de la rédaction de mon journal sur l’année passée. Ils n’auront pas le niveau de détail du journal, qui permet lui de comprendre l’évolution d’une pensée ou d’un concept dans la durée. Ce document est une synthèse. Je conçois qu’il est plus difficile de comprendre, d’appréhender, des idées générales, que de vivre des événements réels, et de les relier entre eux, pour comprendre un mécanisme. Je serais obligé de généraliser et de reprendre peut-être des exemples fictifs pour expliquer mon propos. De plus, ce travail est en quelque sorte l’inverse du premier. Dans la rédaction d’un journal, le travail est réalisé dans une progression, c’est une accumulation de fait ou d’idées, qui ont provoqué chez moi une prise de conscience ou l’émergence d’une compréhension. La qualité de cette compréhension n’ayant en sois pas forcement de valeur pour vous. Nous sommes néanmoins devant un mécanisme, et ici le contenu n’a pas forcément d’importance. De plus, ce contenu m’est personnel et ne vous apportera rien, ce qui est intéressant ici, c’est l’émergence, ou le mécanisme de cette émergence. Dans ce document de synthèse, nous avons donc un mécanisme de création inverse du journal. Pour écrire ce document, j’ai une prise de conscience sur les bras que je peux exploiter, disséquer, avec des éléments virtuels ou réels. J’ai à ma disposition une sorte d’équation mentale que je peux montrer, manipuler, tester ... Malheureusement, cette équation mentale ne m’est apparue que grâce au mécanisme d’émergence du journal. Si je vous dis : « arrêté tout, la Terre est carrée », il va vous manquer mes éléments, les données de cette prise de conscience. Vous allez alors rentrer dans des mécanismes internes de consolidation de cette information avec vos éléments personnels. Vos souvenirs de Terre carrée vont remonter à la surface. On risque rapidement de ne pas être d’accord sur le fait que « la Terre soit carrée ». Alors que si je vous précise que je parle du contenu d’un rêve, vous admettrez certainement facilement qu’il est possible de rêver d’une terre carrée.[9]

 

Je vais donc dans ce document réaliser l’opération inverse du journal et en même temps finalement faire une sorte de compression de l’information. Je fais cela de façon délibérée, ce n’est pas pour me faire ou vous faire plaisir, c’est au contraire pour valider une prise de conscience, étendre sa compréhension, ma compréhension, mettre en valeur la découverte d’un mécanisme. Ici dans ce texte, je ne vous fournis que les pointes d’icebergs. Je lance un glaçon à la mer pour qu’il redevienne un iceberg dans votre esprit. Ce glaçon en tombant dans l’eau de votre océan intérieur va faire des vagues, il va perturber le calme plat de votre structure. Il va attirer à lui de l’eau en sommeil, la rafraichir, l’ensemble de votre système va tout mettre en œuvre pour retrouver son calme, sa chaleur, et surtout son équilibre. Tout ira bien pour vous de nouveau, lorsque ce glaçon aura fondu et sera intégré à l’océan par l’océan. Ce glaçon au départ va vous créer une contrariété, une sorte de froideur, vous allez manquer d’éléments de corrélations, ce qui va provoquer chez vous des mécanismes qui vont obliger votre Être à retrouver son équilibre. Cela va créer une nouvelle entrée, faire remonter des souvenirs, créer des associations, provoquer des prises de position et peut-être provoquer une nouvelle émergence, qui sera d’un autre ordre que la première. Une émergence à vous, un truc personnel ou une vérité profonde sur la vie (votre vie).

 

Finalement, vous aurez absorbé de l’eau qui ne vous appartient pas (mon glaçon), vous aurez peut-être eu la chance de voir votre océan, qui dormait, réagir à ce petit glaçon, pour l’intégrer à son immensité. Ne vous y trompez pas, quelle que soit la qualité de ce glaçon, il y aura une intégration qui se réalisera, et un mécanisme d’intégration associé se déclenchera. Le seul moyen de comprendre ou de percevoir une chose est d’interagir avec elle, et toute interaction implique une modification de l’ensemble.

 

Pour rendre les choses plus simples, et qui dit synthèse, dit aussi classement, j’ai donc réparti ce document plus ou moins par thème.

 

Bonne lecture.

 

5.   Prises de conscience, réflexions

5.1.      Introduction

Dans cette partie du document, je vais rassembler ce que l’on pourrait appeler des émergences, des réflexions, des prises de conscience. Attention, ici rien n’a de valeur, il faut considérer les textes qui suivent comme de la poésie. Il ne faut rien croire ou prendre au sérieux. Tout ici doit être sujet à critiques, à débats, à conversations. Nous sommes au café du commerce, près de la gare. Comme je l’ai expliqué dans l’introduction, j’écris pour moi et pas pour vous, alors ce que vous pouvez penser sur le contenu de ces informations, « C’EST VOTRE PROBLÈME ». Attention, ici j’insiste fortement sur le fait que : « C’EST VOTRE PROBLÈME ». Je ne cherche pas à faire lourd, mais simplement à expliquer un truc de base : si vous réagissez à quoi que ce soit à la lecture de ce texte, si cela vous gratte, ou bien si cela vous démange, alors c’est que cela doit certainement avoir touché quelque chose en vous, et que dans ce cas : « C’EST VOTRE PROBLÈME ». C'est-à-dire, qu’il est alors de votre responsabilité de comprendre en quoi, cela est votre problème, pas le mien, le vôtre. Par exemple, si je crie « On va tous les pendent par les couilles », ou encore « les fleurs de mon jardin sentent mauvais ». Si vous avez réagi à une de ces phrases, alors quelque part, il se cache un problème, un truc en vous, qui vous a renvoyé à quelque chose d’autre, un truc inconscient. Je dis un truc, car moi je ne sais pas, je ne suis pas là, j’ai écrit ce texte le 9 mai 2009[10], je ne vous connais pas. Je parle dans votre tête en ce moment que par l’effet de votre volonté, de votre acte de lecture, je suis une illusion, alors je ne peux pas être responsable de quoi que ce soit à votre niveau. Si vous avez réagi, alors c’est que, ici et maintenant, là, cette réaction, quel qu’elle soit, c’est vous, et vous tous seul qui l’avez. Et si vous avez une réaction, alors c’est que là, ici et maintenant, « C’EST VOTRE PROBLÈME », ou plus simplement, chercher pourquoi vous avez réagi. Il y a peut-être un de vos problèmes, qui se cache ici.

 

L’expérience m’a montré que rien n’est gratuit dans notre perception de notre univers. Je dis bien de « notre univers », mais en réalité il faut comprendre mon univers. Mon univers est quelques part aussi le vôtre, mais en réalité, il n’existe que le mien, je ne connais aucun autre univers. Jamais je ne pourrais me glisser dans votre peau, et vous resterez à tout jamais pour moi comme la poire que je peux voire, mais dont je ne connaitrai jamais le gout. Le seul univers que je connaisse est mon univers, seule la forme objective des choses semble pouvoir être partagée, tout le reste n’est que de l’abstraction mentale. Dans le cas des illusions d’optique, je ne suis pas sûr que nous voyons tous vraiment la même chose. J’imagine que vous ressentez comme moi les choses, que vos organes des sens vous communiquent les mêmes informations qu’à moi, j’imagine que vous avez-vous aussi cinq sens de base. J’imagine que vos oreilles reçoivent comme moi les sons qui nous entourent, que lorsque je vous parle vous m’entendez, et que les mots que je prononce arrivent à vos oreilles. L’expression « un dialogue de sourds » n’est qu’une métaphore, et nous devons être à quelque chose prêt fabriqué pareil. Les différences doivent être minimes et nous devons pouvoir échanger facilement de l’information. En gros, si je me comprends moi, je dois pouvoir vous expliquer comment vous fonctionnez, ce qui n’est pas utile, car vous le savez déjà ; vous fonctionnez comme moi, et moi comme vous. Il doit exister dans une bibliothèque un bon ouvrage répertoriant mes capacités, et un bon garage avec des pièces de rechange disponible en cas de pépin. En gros, il doit simplement y avoir deux modèles en boutique ; l’homme et la femme.

 

Tout cela ne me semble pas très juste et j’espère que pour vous aussi cela vous semble erroné. Sous des apparences trompeuses, nous apparaissons les uns pour les autres plutôt comme des entités complexes, ayant des modes de fonctionnement pas toujours logique les uns par rapport aux autres.

 

Ce qui m’intéresse dans ce document, c’est de faire émerger la compréhension de mon mode de fonctionnement, de « me faire émerger » cette compréhension. Aller vers la compréhension des mécanismes, qui font ou ont fait ce que je suis. Les paragraphes qui vont suivre sont donc des réflexions diverses sur ce qui me traverse l’esprit. Je recherche mes « trous dans la raquette », ceux qui me permettront de mettre à jour un rouage, un engrenage, un mécanisme, qui coincerait, laissant apparaitre une partie du système sous-jacent. Même si un mécanisme est invisible, il peut apparaitre, en nous laissant découvrir ses contours, un peu comme un homme invisible qui laisserait ses empreintes de pieds sur le sable fin d'une plage. Certains chapitres sont des élucubrations, des rêvasseries, des bêtises, des trucs pour faire réagir. Je le répète, ce document n’apprend rien, ne donne aucune vérité, ne fournit aucune réponse, il est simplement là pour refroidir mon océan intérieur, et l’obliger à retrouver son équilibre. Tout dans la nature recherche l’équilibre, la stabilité, c’est le moteur du monde, pour faire tourner la roue du moulin il faut que de l’eau appuie d’un côté, jouant ainsi avec la stabilité du système et lui donnant vie à travers le mouvement.

5.2.      J’ai quel âge ?

Il y a longtemps, je me suis posé cette question : « J'ai quel âge[11] ? » Je ne sais plus trop pourquoi, n'y a quel propos. À la base, cela me semblait simple : je suis né le 23 juillet 1959. En fonction de la date et de l’heure de votre lecture, j'aurais un certain âge, je vous laisse faire le calcul, parce que malheureusement cette donnée n’est pas stable et doit être réévaluée en permanence. En fonction de l’endroit où vous habité et la notion de fuseau horaire, il y a de fortes chances qu’il y ait une erreur d’une journée dans vos calculs. Si je vous dis que c’était à 0 h 30 du matin et dans le Loiret en France le calcul sera plus précis. J’étais content de cette trouvaille sur la relativité de mon âge, mais ce jour-là j’ai été plus loin dans ma remarque et cela m’a entrainé très, très loin en arrière.

La notion de fuseau horaire est peut-être trop intellectuelle et peut être mise de côté. Par contre, l’évidence de notre existence qui nous fait adhérer à cette logique de calcul nous fait oublier le principal, à quel moment j’apparais dans cette histoire de ma vie. Plus simplement, quel est le point de départ pour le calcul ? Nous avons vu que le point d’arrivé, en réalité, n’arrive jamais, car il bouge en permanence, et temps que je suis vivant il est difficile de bloquer l’horloge. Du coup, nous allons nous retourner vers le point de départ pour voir si nous pouvons y trouver un point de repère. Cette idée de se retourner vers le point de départ des choses sera utilisée en permanence, c’est une méthode pour comprendre ou appréhender la réalité. S’il a un effet, rechercher la cause, dans notre logique la cause est forcément avant l’effet, alors il faut regarder en arrière.

Donc, dans un premier temps je constate que cette date de naissance n’est en réalité que la date de ma sortie du corps de ma mère. Je viens de perdre neuf mois de gestation dans le ventre de ma mère qui ne seront jamais comptés. Si vous avez été plus rapide que moi lors de ce travail de création et que nous sommes nées le même jour dans la même clinique, rien ne prouve que si vous êtes sortie avec quelques heures d’avance, je ne sois en réalité pas plus vieux que vous d’un bon mois.

 

Intéressons-nous donc au point de départ, l’acte de création. Il faudrait poser la question à nos parents, ils ont peut-être encore en mémoire cet instant décisif qui forme notre maintenant.

 

En fait, si l'on remonte à la naissance on constate que nous sommes la réunion de deux gamètes, l’ovule et un spermatozoïde, qui vont en former une nouvelle cellule par fécondation.

 

Ce point est important et bien souvent oublié ; nous sommes le fruit de l’association de deux éléments ne nous appartenant pas. Ce spermatozoïde d’un côté et cet ovule de l’autre ont en fait l’âge de leurs propriétaires. Je ne suis à ce moment précis rien d’autre que la fabrication de cette cellule première, première pour moi. Si à ce moment je me demande quel âge j’ai, la réponse est ambigüe, l’émergence de ces deux gamètes vient d’apparaitre, logiquement c’est moi, la cellule, alors là, j’ai zéro an. Si je considère que cette cellule n’est qu’un assemblage des deux autres éléments, dans ce cas à ce moment-là : l’assemblage a globalement l’âge de chacun de mes parents, dans ce cas précis, l’âge du plus vieux. En réalité, ma première cellule n’est pas apparue toute seule, si je mélange deux vieux ingrédients dans un poêlon de cuisine je ne vais pas faire du frais.

 

Soyons fou : j’ai donc l’âge de ma carte d’identité, plus la durée de ma gestation, plus l’âge des gamètes de mes parents. Waouh.

 

Mais mes parents sont eux aussi le fruit de deux gamètes qui ont formé une cellule, et ils ont eux aussi leurs âges, plus l’âge de leurs parents, donc en réalité j’ai mon âge, plus l’âge de mes parents, plus l’âge de mes grands-parents.

 

On voit rapidement que cette logique nous ramène très loin en arrière ; en fait, avec ce raisonnement nous avons l’âge de « La Première Cellule », et nous ne sommes qu’une duplication de celle-ci à travers un mécanisme reproductif.

 

Le mystère, car il y a ici un mystère plus communément appelé : « le mystère de la poule ou de l’œuf » est dans le fait qu’il faut deux entités pour en faire une nouvelle, et qu’en suivant ce raisonnement à un moment donné cela devient impossible. Il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, « je suis » la duplication d’une cellule, qui elle-même est constituée au départ de deux éléments cellulaires, ne m’appartenant pas. Nous sommes ici devant une mécanique fractale et cette mécanique fractale est transposable à tout le vivant.

 

Si l’on pousse encore un peu plus loin le bouchon, et que l’on oublie le mystère, on peut dire que cette « Première Cellule » est certainement le fruit d’éléments constitutif, qui eux aussi ont un processus similaire, ce qui nous permet de dire qu’en réalité la première cellule, qui est constitué de matières est aussi vieille que l’univers.

Ceci fait émerger en moi quelques réflexions :

TECHNIQUEMENT, JE NE SUIS JAMAIS NÉ !

En effet, je ne suis que la suite logique de la duplication d’une cellule dont je suis incapable de préciser le point de départ exact. Par facilité, ma date de naissance est donc le moment où je sors du ventre de ma mère, mais en réalité je suis le fruit d’un mystère insoluble qui peut laisser penser que je ne suis jamais né.

NOUS AVONS TOUS LE MÊME ÂGE !

En fait, j’ai le même âge que mes parents, je me suis simplement incarné à un moment différent de l’évolution. Mon moi a commencé à ma naissance légale (carte d’identité), et se terminera certainement à ma mort, mais en réalité je suis passé de l’état de cellule unique, à l’état de cellule multiple, à l’état de cellule unique (en passant par une autre entité), à l’état de cellule multiple, etc. Cela depuis le début du monde. Lorsque je dis : que j’ai le même âge que mes parents, cela vient du fait que si je considère qu’au moment de ma procréation j’ai l’âge des cellules de mes parents, alors à ce moment j’ai le même âge qu’eux, et nous sommes dans la même continuité, et avons donc le même âge aujourd’hui.

 

On peut faire la même remarque pour le monde végétal et en remontant vers la « première cellule », constaté qu’il est certainement issu du même système.

NOUS AVONS LE MÊME ÂGE QUE LES PLANTES QUI NOUS ENTOURENT.

On peut faire le même type de remarque pour tous éléments qui nous entoure.

TOUT DANS L'UNIVERS A LE MÊME ÂGE

Cette sentence est bien sûr fausse, si l'on peut faire état de cas ou la matière apparaissait spontanément sans aucun lien avec l’environnement.

NOUS SOMMES TOUS À CHAQUE MOMENT PHYSIQUEMENT EN PHASE AVEC LE PRÉSENT.

Si nous avons tous les mêmes âges alors nous sommes tous « ici et maintenant ». Nous ne vivons pas à des heures différentes ou à des moments disjoints les uns des autres. Si je bouge ma main, au moment précis où je fais mon geste, ma main bouge pour l’univers entier quel que soit la distance. Je fais du temps réel, pas du différé ou de la retransmission. Si je vois une étoile dans le ciel, il parait qu’elle est peut-être ailleurs. Vrai, simplement je ne vois pas une étoile dans le ciel, je vois de la lumière émise par une étoile.

SI L’ON SE RAPPORTE À LA PHYSIQUE QUANTIQUE, NOUS SOMMES TOUS CORRÉLÉS (intriqué)

Tout est en expansion et n’est qu’une division et une duplication. Je procrée et ma cellule continue son chemin, en ce dupliquant à travers une autre entité, mon tas de cellules lui meurt et retourne à la case départ (matière), ou les cellules de la nouvelle entité pourront utiliser cette matière pour ce dupliqué. Avec les plantes, le schéma est très visible ; la plante née, elle produit la cellule (graine) qui donnera une nouvelle plante, qui en réalité n'est que la continuation de la première. Les cellules mortes retournent à la terre où elles servent (compost) à nourrir une nouvelle plante, etc. En réalité, nous ne sommes que des passeurs d’informations, nous assurons la continuation, la division de l’information. La matière se transforme, vers des structures plus complexes que nous appelons la vie. En fait, la vie est comme le « Big Bang », elle se propage dans toutes les directions, mais au départ il n’y a qu’un point de vie. Une explosion de vie.  La question de la conscience du moi et de son âge reste posée.

 

Si l’on reprend le schéma que je viens de brosser rapidement il peut être intéressant de constater qu’ici ce qui est important, ce n’est pas le contenu, mais le contenant. En réalité, l’âge que vous avez n’intéresse personne, la vraie structure sous-jacente est la poursuite du principe de reproduction et sa sécurisation par la duplication.  Nous avons décrit un mécanisme, mécanisme qui nous touche, parce que ce mécanisme actuellement c’est nous, en même temps il est utilisé par nos enfants comme il a été utilisé par nos parents et grands-parents avant eux. Nous sommes partie intégrante du mécanisme, nous en sommes l’outil et en même temps le mécanisme lui-même. Il y a une sorte de récursivité sous-jacente. Il paraitrait que nos cellules se régénèrent continuellement, et que de ce fait, notre corps d’enfant n’aurait rien à voir avec notre corps d’adulte ? La plupart de nos cellules auraient moins de dix ans, seules les cellules du cortex et de certains muscles nous suivraient toute notre vie. De plus, Leonard Hayflick[12] à découvert en 1965 que la limite de reproduction d’une cellule serait de 50 fois. Il y a sur Wikipédia une page sur l’immortalité[13] qui présente quelques autres points de réflexion. Cela devient paradoxal, d’un côté je peux considérer que je suis sans âge, et en même temps que je ne suis pas physiquement le même qu’à ma naissance, je n’ai pas seulement gonflé, mais je me suis aussi régénéré.

 

Si je peux me permettre voici une autre remarque de nature poétique : Imaginons que nous traversons les âges en faisant parler les membres de ma filiation qui se présente à vous.

Je suis Cro-Magnon fils de ?…Je suis Gaulois fils de Cro-Magnon…Je suis Moine fils de Gaulois…Je suis Paul fils de Moine…Je suis Ernest fils de Paul…Je suis Nicolas fils de Ernest…etc.

Je me suis permis de faire apparaitre en gras le terme commun « Je suis » qui ici, n’est personne en particulier, mais finalement tout le monde.

Encore un peu de poésie, mais cette fois, je ne parle que de moi.

Je suis né… Je suis à la maternelle… Je suis dans la cour… Je suis au lycée…Je suis à l’armée… Je suis marié… Je suis vieux maintenant… Je suis mort…Je suis gai… Je suis triste… Je suis amoureux… Je suis malheureux… Je suis…

Je serais presque tenté de dire : JE SUIS QUOI ? Ou JE SUIS QUI ? « Je suivre » mon chemin ? Je suis, est là depuis la nuit des temps. Je suis, se déploie, occupe l’espace, assure sa présence. Si « Je suis » était un programme informatique, il aurait tout du virus. Tout le monde est « Je suis », mais pour moi il n’y a qu’un seul « Je suis », et c’est moi bien sûr, vous, vous êtes simplement pour moi un « il est ». De toute façon, il n’existe qu’un univers, le mien, tous les autres, les vôtres, sont pour « moi » des supputations, et si je m’y intéresse ils deviendront des illusions, des vues de mon esprit, des rêvasseries, des histoires que je construirais au plus proche de mes connaissances et des informations que vous me donnerez.

 

Si je me tourne vers le monde animal je retrouve la même logique. On pourrait presque se prendre par moment pour un animal !!  La famille des mammifères ne contient pas que l’homme.

 

Si Je me tourne vers le règne végétal, je peux constater qu’il a la même stratégie, la même finalité. Même si nos amis les plantes ne parle pas, et ne se promènent pas sur les routes comme nous en voiture, elles sont dans une logique identique de diffusion, elles occupent le terrain. Si je regarde un arbre à une certaine distance, je vois un arbre, je ne me pose pas de questions. Je reconnaitrais certainement à son profil si c’est un chêne ou un peuplier[14]. Si je me pose la question ; « qu’elle est son âge », j’évaluerais avec des critères personnels la chose et je donnerais une réponse approximative.  En fait, si je regarde l’arbre d’un peu plus près je pourrais m’apercevoir qu’il a des branches de différentes tailles, et je n’aurais aucun mal à distinguer les branches récentes des vieilles branches.

 

Si c’est un arbre de type feuillu, un chêne par exemple, je pourrais même dire que les feuilles que je vois ont maximum un an d’âges. Tout le monde s’est amusé à compter les cernes d’un arbre et l'on sait que le dernier cerne est celui qui entoure le tronc et les branches. Alors quel est l’âge de cet arbre ? L’âge réel ? L’âge de l’arbre est ici comme celui de l’humain, il correspond en fait à une période ayant comme point de départ le début de son apparition dans mon champ visuel. « Il est là depuis cinq ans, avant je ne voyais rien à cet emplacement ». 

 

En réalité, la forme extérieure de l’arbre est récente, seul son squelette remonte au premier temps de sa vie. À la différence de l’être humain, l’arbre évolue dans sa forme et il est possible de voir l’évolution, parce qu’une branche donne une branche qui donne une branche, etc. Nous sommes ici devant une mécanique de type fractal, l’arbre ne se déplace pas, ce qui nous permet de l’observer à loisir.

 

L’âge d’un arbre[15]

 

Arbre généalogique[16]

 

Si l’on fait un parallèle grossier avec les mammifères, on peut par une vue de l’esprit, imaginer qu’une famille est une sorte d’arbre avec comme tronc nos parents et leurs parents avant nous, etc. Cela est même une discipline mondiale, pour certaines familles il est indispensable de pouvoir montrer son arbre généalogique pour garantir sa succession[17].Bizarrement en écrivant ces dernières lignes j’ai fait une pause et j’ai lu un chapitre de l’ouvrage de David Ciussi « Pratiquer L’instant présent »[18] ; je vous en livre un cours extrait :

 

« L’ADN a travaillé tout ce temps, sans faillir un instant, et aujourd’hui, nous sommes le témoin et l’héritier de ce perpétuel développement, le prolongement de tous ceux qui sont nés et morts dans la continuité de cet arbre de vie. » 

 

On a ici une sorte d’arbre de vie ou l’élément de base est l’individu.

Visiblement, quelque chose dont « Je suis » un élément se déploie en assurant sa survivance au niveau de chaque espèce, et en réalité au niveau du « Je suis » lui-même. Ce que je veux dire, c’est que si je généralise, ou tout simplement si je regarde tout cela avec un certain recul, tout le système du vivant semble participer au même but : Vivre, à tout prix. Je n’ai alors plus à faire de différence entre un brin d’herbe qui pousse dans mon jardin et moi qui le regarde poussé. Plus simplement, si je suis un extra-terrestre qui observe la Terre avec sa longue vue, il peut très bien ne pas faire de différence entre cet élément vert et cet élément rosé placé dans cette partie de cette planète qui est mon jardin. La conclusion de l’analyse de cet extra-terrestre sur la nature des portions verte et rose, risque d’être la même à ses yeux : « Une sorte de truc qui pousse partout sur une planète qui n’est pas la sienne ».

5.3.      Qui m’a fabriqué ?

Après ce chapitre sur : « j’ai quel âge », j’en arrive logiquement à me poser la question : qui m’a fabriqué ? Pour faire simple, je vais suivre la règle communément admisse que ce sont mes parents, il nous faut bien un point de départ. Me voici donc à ce fameux jour de ma procréation, je ne suis pas différent d’un autre et j’ai suivi la même logique que mes frères[19]. Cela devait ressembler à quelque chose comme une rencontre entre l’ovule de ma mère et un des spermatozoïdes de mon père. Mais ensuite, une fois que cette première cellule a été créée par cette réunion unique, que s’est-il passé ?

 

L’instant Zéro[20]

 

Qui est venue assembler la maquette Ludovic ? Avec les plans que mes parents ont conçus avant de « me faire démarrer » ? J’ai cru comprendre que tout simplement par mitose cette première cellule a commencé sa division et m’a construit toute seule en utilisant la « nourriture » mise à sa portée.

Premier stade de l'embryogenèse ; divisions successives par mitose de la cellule œuf. [21] [22]

Ici encore on peut remarquer cette logique de division et de multiplication de la cellule, qui donnera rapidement (en neuf mois) un être humain viable et techniquement autonome. On a ici une sorte d’arbre de vie ou l’élément de base est la cellule. En fait, depuis la fusion des gamètes de mes parents je suis en auto construction permanente, « je gonfle » à partir des informations de la première cellule.

 

5.4.      Qu’est-ce que je fabrique ?

Ici, nous allons changer de sujet, et nous poser des questions sur les objets que nous fabriquons.

 

Un matin, en regardant des statuettes que j’avais posées sur un meuble du salon, j’ai repensé à un commentaire de David Ciussi, entendu lors d’une conférence sur paris (le 22 mars 2009) à laquelle j’ai assisté. Il avait dit : « il faut être la cible, qui vise l’arc, qui vise la flèche », ou quelque chose de similaire, et, il a répété cette phrase à plusieurs reprises, comme s’il s’agissait d’une clef ? Sur le coup, j’avoue que j’avais trouvé cela un peu flou, et je m’étais demandé ce qu'il voulait bien dire par là. Il avait précisé que la cible c’était nous, que l’arc était les émotions, et que les flèches étaient les pensées. Cela avait créé en moi une interrogation : « Mais, de quoi parle-t-il ? » J’étais de plus très attentif durant cette conférence, pour ne pas rater quelque chose d’important. Quelque chose que je ne connaissais pas encore, mais qui pouvait émerger à tout moment. Une sorte d’illusion « idiote », qui vous fait croire que la personne va vous délivrer un secret ou nous adouber par sa présence. En fait, il est rare de comprendre réellement les propos d’un conférencier, en dehors peut-être de certaines matières scientifiques où nos connaissances nous aident à comprendre en direct les concepts déployés. Par contre, l’expérience m’a montré que lorsqu’une nouvelle information est perçue, je vais de façon directe ou indirecte, c’est-à-dire consciemment ou inconsciemment, essayer de « résoudre » cette information. Si l’information reste non résolue, non intégrée, elle va perturber mon système. On retrouve ici la métaphore du glaçon exprimée dans l’introduction de ce document. Un système en moi, va essayer de retrouver une sorte d’équilibre, une stabilité, et différents mécanismes seront mis en œuvre pour cela, et sur la période nécessaire pour finaliser l’intégration. L’information nouvelle va être intégrée et elle devra trouver sa place dans mon système interne de stockage. En fonction de son genre, elle perturbera plus ou moins le « classement » déjà réalisé, et inévitablement elle fera remonter à la surface, à la conscience, des choses. Ce mécanisme, d’ordre général, peut être observé de façon indirecte en portant son attention sur la genèse des pensées dans notre champ de conscience. Il peut aussi être observé en portant notre attention sur nos points d’accroches mentales dans le réel (les différents événements de la vie qui vous interpelle). Le rêve est le lieu classique où ces choses pourront être facilement observées, avec l’avantage d’être mis en scène, ce qui, après analyse, nous fournit des informations plus profondes, sur les liens internes que ces nouveautés ont réveillés ou consolidés. Mais, revenons à cette histoire de statuettes.

J’étais assis à la table du salon, en train de prendre mon petit déjeuner, et j’ai regardé comme d’habitude mes statuettes.

J’aime bien regarder mes statuettes, il y a une partie de ma collection dans le salon. Elle est composée d’un mixte, entre des statuettes que j’ai faites moi-même et des achats divers, qui se sont étalés sur plusieurs années. Finalement, c’est une sorte de rituel, je suis à table, et en levant les yeux je vois mes œuvres et des œuvres d’anonymes, qui ont attiré ma convoitise lors de promenades dans des brocantes, des vides greniers, ou d’autres lieux. Je suis dans mon décor, et j’aime bien ça…

Mais ces statuettes, ces créations personnelles, sont en réalité le résultat d’une envie de créer, une réponse à mes envies de faire quelque chose avec des bouts de bois. Un besoin subtil de transformer un bout de bois en quelque chose de concret. Cette chose concrète que je regarde, c’est une forme, un objet, un objet qui représente quelque chose, une idée, une envie. Lorsque j’ai fait cette statuette, je ne voulais pas faire une voiture, un lapin, un poste de télé, mais une tête. Et cette tête, cet objet, cette chose, j’ai choisi de la faire en bois et j’ai choisi de la mettre là, sur l’étagère, et depuis, tous les jours, je peux, lorsque je suis à table ou que je rentre dans la pièce, être observé par cette création. Je deviens la cible, de cette flèche, et cela me génère des émotions lorsqu’elle frotte la corde de l’arc. En fait, ces têtes en bois que j’ai fait, et que j’ai posées là, sont des pensées, mes pensées, que j’ai matérialisées à travers mon acte créateur, et je l'ai est rendu vivantes, en la mettent en scène dans MON décor.

Cette statuette est la flèche (pensé), qui me génère des émotions, des souvenirs (l’arc), lorsque je suis touché par son regard (cible).

Tout ceci est bien sur sorte d’illusion, car c’est moi qui regarde la statuette, et qui l’ai mise dans mon décor, pour pouvoir l’observer. Mais, est-ce bien sûr ? Ici, la statuette et ses petites sœurs sont dans MON décor, et génèrent une sorte d’ambiance, qui me permet d’être chez moi. De me sentir bien chez moi. Un rapide coup d’œil autour de moi m’a fait me rendre compte que je n’étais pas observé uniquement par ces statuettes, mais bien par l’ensemble des objets de la pièce. Fait surprenant, il n’y avait pas que des têtes qui m’observaient !!  J’étais « au milieu de mes pensées », et aussi de celles de ma femme et de mes enfants. Moi, au milieu de mes souvenirs, centre d’un Moi extérieur, me ciblant de ses regards. Objets, gardiens des lieux, formes et matières ayant dégouliné de ma pensée, ma pensée s’étant matérialisée à l’extérieur de moi.

 

Cette « vue de l’esprit », me regardant, m’a amené à analyser mon décor avec plus de finesse. Différentes époques se côtoyaient dans la pièce, et aussi différents symboles et représentations personnelles, déjà analysées lors de travaux antérieurs (psychanalyse de longue durée). De toute évidence, mon décor ne se contentait pas de me voir, « il me parlait » aussi, d’une certaine manière, pas avec des mots, mais avec des symboles, des concepts, une ambiance.

 

Ici, sur le mur, un peu comme un grigri protecteur, je pouvais voir la représentation d’une ancienne angoisse.

 

Ici, un souvenir de vacances, en réalité, de la mémoire à l’état solide, prête à être réutilisée (en cas de besoin brisé la vitre).

 

Plus hilarant encore, certains objets semblaient être en relation avec d’autres formants des lieux dans la pièce, des sortes d’îles aux trésors. J’ai compté ainsi plusieurs grottes aux trésors : une pile de DVD, des conglomérats d’idées, posées les uns à côté des autres dans une bibliothèque, etc. Ce n’est pas un salon, c’est la caverne d’Ali Baba, un lieu de vie pour des objets et des choses qui attendent mon retour. C’est moi, étalé comme de la confiture sur les murs, dégoulinant des étagères, ou poussant dans le tapis et les fauteuils… Tout ce petit monde présent, et vivant là, visant son géniteur, leur propriétaire, MOI. Un MOI à la troisième personne, un moi de miroir, une image de moi, un moi dans la pièce regardant le MOI, au centre de son univers. En fait, je me suis externalisé, ma pensée m’a fait sortir de MOI. Je me suis reproduit à l’extérieur, tous seul comme un grand, et visiblement : je ne suis pas le seul. Dans cette vision, tous les objets et choses autour de MOI, ont pris l’apparence d’idées, de pensées, de projections.

 

·         Cette maison vue dehors, à la forme bizarre et aux couleurs criardes : pensée d’un architecte.

·         Cette route à travers la cité : pensée d’un membre du conseil d’administration de la ville.

·         Cette affiche sur le bord de la route : pensée d’un publicitaire.

·         La couleur des abris bus : pensée de ....

·         La forme de l’aile gauche de ma voiture : pensée d’un ingénieur.

 

Tous objets créés par l’homme semblent être le fruit de la pensée. Si je prends une chose naturelle et que je me l’approprie, elle devient un objet[23] et trouve en mon esprit une logique qui la relie à MOI.

 

Le mot objet nous amène au mot objectif[24].

 

Nous ne sommes pas très loin, de la cible, de l’arc et des flèches ! Ou de la flèche, de l’arc, et de la cible.

5.5.      Qu’est-ce que je construis ?

Il serait compliqué d’expliquer ou d'analyser les liens psychologiques qui me lient au décor de mon salon, et cela n’aurait pas d’intérêt en soi. Par contre, l’analyse des éléments présents dans la pièce m’a confirmé que j’avais surtout matérialisé mes peurs et mes angoisses à travers ces objets. Peurs et angoisse pouvant être présentes dans des objets bienheureux, qui aspirent à la tranquillité. En effet, bien souvent, l’objet n’est finalement qu’une sorte de grigri, un porte-bonheur qui nous protège de son contraire. Une fois encore, j’ai eu l’impression que certains objets n’étaient là finalement que pour assurer une sorte d’équilibre, comme des contres poids matériels à des sentiments internes. J’avais eu tendance à reproduire dans mon décor des métaphores de mes pensées profondes, et mes créations ressemblaient plus à des actes de magies, d’exorcismes, qu’à des choses réfléchies, résonnées, ou tout simplement guidées par le bon sens. À vrai dire, si tout allait bien, la pièce aurait peut-être été décorée différemment. Cette histoire de formes pensées, d’objets pensés, d’ambiances pensées, m’a poursuivi plusieurs jours et c'est étendu à la structure des villes, et finalement à nos institutions. J’ai clairement fait une sorte de généralisation, de synthèse, et je me suis demandé si finalement, je n’étais pas entouré par les pensées des autres, à travers ce monde dans lequel je vis. Plus sérieusement, je me suis demandé si nous n’étions pas en train de nous reproduire par ce processus de pensée matérialisée à une échelle plus importante. La notion d’objets ayant laissé la place aux concepts, aux religions, aux partis politiques et autres objets abstraits que nous avons été capable de générer avec nos idées, notre pensée. Une sorte d’humanité à l’image de l’homme, de la pensée de l’homme. Tout ceci n’est pas nouveau et tout le monde a vu à travers la structure des villes, des états, de l’internet, etc., un reflet de l’être humain. Mais là, je me suis posé une question sur l’aspect psychologique de cette projection : sommes-nous en train de faire une humanité de type grigri pour évacuer nos peurs, nos angoisses ? Quel est l’objectif de ce méga décor que nous construisons tous ensemble ? Aujourd’hui, une société industrielle est considérée légalement comme une entité morale pouvant assigner un individu en justice ? Techniquement, une société est immortelle, les grands groupes ont leurs locaux répartis sur toute la planète, ils deviennent de plus en plus gros, de plus en plus indestructibles. Nous avons de plus en plus de lois pour nous protéger. De quoi avons-nous peur ? Nous faisons face à un déséquilibre, qui nous pousse à nous protéger ?

Il est dit dans la genèse que : « Dieux créa l’homme à son image[25] », j’ai l’impression que nous créons nous aussi notre monde à notre image, notre image physique par certains côtés et notre image psychologique, avec nos règles personnelles de fonctionnement. À l’instar de Dieux, nous créons des objets, des concepts, des religions, des partis politiques, une sorte de surhomme, ou plutôt une structure sur l’homme, une structure ayant comme élément de base l’homme, et un tapi d'entrelacs de règles et de contraintes, qui fusionnent le tout. La différence avec Dieux, c’est peut-être que tout cela n’est qu’un mirage, aucun des objets que nous avons inventés ou construits n’est vivant. Sitôt fabriqué, il est déjà mort et se décompose. Il y a moins de vie dans la dernière génération de lecteur MP3 que dans le moindre brin d’herbe. Nous savons par contre donner vie à des rumeurs, des concepts, des idées partagées, qui ne sont bien souvent que des illusions que nous entretenons mentalement.

5.6.      Qu’est-ce que je regarde ?

Ces réflexions du chapitre précédent sur les objets qui nous entourent m’ont fait me poser de nouvelles questions : lorsque je regarde un objet, finalement, qu’est-ce que je vois ? L’objet ou bien la pensée (ma pensée) qui se cache derrière ? Lorsque je regarde ma statuette sur l’étagère, ou que ma statuette me regarde, au choix, quelle est la logique de cet acte, et que se passe-t-il vraiment ? Pour être plus précis, pourquoi je regarde cette statuette et pas la planche, le meuble,  sur laquelle elle est posée ? Je vois la planchette, mais « visiblement », je n’ai pas l’air d’y prêter attention, mon attention est focalisée sur la statuette, le reste est là, comme quelque chose de normal. C’est chez moi, tout cela est connu, et ne me questionne pas, c’est cohérent. Il y a une sorte de rapport entre moi et la statuette, un lien invisible, qui fait que c’est la statuette qui capte mon attention, et que le reste est simplement le décor où se déroule cette rencontre entre moi et MOI. Tout cela est simple, cohérent, et représente la manière où dans la vie réelle, je regarde ou fais quelque chose. Ce lien invisible entre la statuette et MOI, est-il vraiment un lien ? Si c’est ma pensée que je regarde à travers la statuette, ce lien invisible c’est en fait du moi, qui regarde du MOI, il n’y a pas de distance, pas de lien, c’est MOI en MOI, qui me raconte un truc, en ayant devant les yeux une sorte de catalyseur de ce mécanisme, la statuette. Ce rapport n’est pas dehors, mais dedans, et dehors il y a juste un tas de matière, qui a été placée là, agglomérée, façonnée, dans le but d'être dans une sorte de rapport entre moi à MOI.

 

Ce rapport entre MOI et moi, dans ma vision du monde, pose la question de la réalité perceptive de ce qui m’entoure. En effet, si je crée mon décor à mon image, pas une photo de MOI, mais une représentation de MOI, quelque chose de profond, de symbolique, qui n’est pas visible directement par le MOI conscient, mais uniquement à travers un travail d’analyse. Nous sommes dans une logique « magique », c'est une sorte de rituel de protection, de bonheur virtuel, je m’entoure de moi-même et ça me rassure, ça me protège. Mais en réalité, finalement, je déplace du réel, de la matière, pour lui faire prendre la forme de mes fantasmes.

 

Un exemple que je trouve hilarant, par son côté aberrant, est celui de son jardin, pour ceux qui en ont un, ou bien un jardin public. Dans ce type de lieu, nous allons mettre sous coupe réglée une partie du réel, pour qu’il réponde à nos attentes.

Un arbre est planté là, ici il y a une zone de pelouse, à gauche une bordure de fleurs, et à droite quelques rosiers,

QUE C’EST BEAU !!

Nous sommes bien dans ces jardins, entourés par la nature. Ces lieux sont surtout le reflet de nos envies, nos envies de jardin, envies de décor, envies de théâtres ; le théâtre de notre vie. Si c’est mon jardin, alors j'ai moi-même façonné ce lieu de vie à mon image interne. Il faudrait prendre le temps d’analyser, comme pour un rêve, ces représentations, et essayer de comprendre la signification des formes géométriques ou symboliques que nous avons déployées. Cette mise en scène, cette représentation vivante de notre vie, cette scène du théâtre de notre vie, notre jardin : un simple décor à notre image.

 

Peut-être qu'un des arbres de ce jardin aura été planté à votre naissance, créant ainsi une sorte de fusion charnelle fantasque avec cet arbre. L’ironie de la chose c’est que la nature que nous observons dans ce lieu, et qui semble nous donner du bonheur, se moque éperdument de nos états d’âme. Même la logique de cette phase fait rire, car je viens de donner à l’arbre la capacité d’avoir un sentiment à mon égard. L’arbre est là parce que vous l’avez planté, ou transplanté, mais vous n’êtes pas son géniteur. Vous vous êtes institué de façon unilatérale, jardinier de l’arbre, gardien de sa pousse, et vous pensez certainement qu’il vous le rend bien en poussant pour vous : « Il n’est pas beau MON lilas !! ». L’arbre est là, un point c’est tout, il a lui aussi sa mission, il s’extériorise, il pousse, il grandit, il se duplique, il occupe l’espace, son espace, notre espace. Tout cela rompt notre équilibre, ce n’est plus notre jardin, notre rêve, « la nature reprend ses droits », notre bonheur, notre tranquillité sont menacés. Alors, inlassablement nous allons, tondre la pelouse, arroser les fleurs, tailler les rosiers, replanter des fleurs, chasser les taupes, mettre de l’engrais, pour que ce lieu magique, cette image de notre structure interne perdurent. Combien de fois cette pelouse a-t-elle été tondue, pour que le lieu conserve son charme, sa magie, son ambiance…

 

La nature ici n’est pas notre ami, mais plutôt notre ennemi, c’est une véritable guerre que livre le jardinier contre les « mauvaises herbes », les rejets d’arbres, les trous de taupes. C’est une guerre avec un seul belligérant ; MOI, ennemi de moi, MOI luttant, pour que moi, sois, qu’il soit présent d’une certaine manière dans ce lieu, une sorte de chimère me regardant à travers les branches de mes arbustes, ou les pétales de mes roses, mes arbres, mes fleurs, ma pelouse, mon lieu, ma vie…, moi, moi, moi…

 

Moi, sortie de MOI, passé comme par magie dans ce jardin, occupant le lieu pour assurer un dialogue de Moi à moi, une illusion maintenue en état par un esprit qui se raconte des histoires. Faire dire des choses aux plantes de son jardin, les obliger à prendre la pose. Il y a peu de chance que le « moi » de ce jardin persiste bien longtemps après mon départ. Le jardin n’est certainement pas conscient de tout cela, il n’a pas dû vous entendre, et il se pourrait bien que ce dialogue de sourds n’ait qu’un seul participant, « moi, dans MOI, discutant avec moi ».

Les plantes sont réelles, elles existent, elles sont de la vie, la vie, elles poussent. On peut scientifiquement les étudier, pour comprendre des logiques propres à leur croissance. Il y a par contre peu de chance, qu’une analyse scientifique des caractéristiques de l’arbre de mon jardin me fasse apparaitre sur les feuilles des savants, même sous la forme d’une chimère. Peut-être apparaitrai-je sur les croquis d’un paysagiste, mais il y a peu de chance qu’il me reconnaisse, et son croquis sera certainement une représentation de son « moi » à lui, plutôt que le « mien ».

 

Cette réflexion en appelle une autre, si je suis dans mon décor, il est facile de se sentir « chez soi », « Dans ses meubles », dans sa chambre, dans son salon. Que se passe-t-il si je suis ailleurs ?

 

Je me promène dans la ville, elle est déserte, il n'y a pas une âme, pas un chat, rien, que la ville avec « ses maisons », ses parcs, ses jardins, ses abris bus… Assurément, tout cela ne provient pas de mon esprit, tout est bien réel (tout comme mon jardin d’ailleurs). Logiquement, si tout le monde est câblé de la même manière que décrite plus haut, je devrais pouvoir voir les autres, ou tout du moins leurs reflets, dans ce qui m’entoure. Cet exercice n’est pas des plus facile, et demande un certain entrainement, car ce décor risque d’essayé de me parler à « MOI », en se faisant passer pour « moi », pas pour eux. Mais bon, si je passe devant la vitrine d’une librairie, je peux voir des livres exposés dans la vitrine et j'ai là, devant MOI, des « vues de l’esprit » d’autres « MOI », facilement identifiables : « Ma vie » par Machin, « Mon Hobby » par Truc… Mais quel intérêt cela peut-il bien avoir pour MOI (moi). La « Vie » de Machin n’est pas ma vie, et le « Hobby » de Truc ne m’a jamais intéressé.  

Tiens une maquette de 2CV, super ! Elle a la même couleur que celle que j’avais dans ma jeunesse. La mienne était un modèle avec 4 portes, mais celle-là n’en a que deux ?… C’était sympathique ces balades en « Deudeuche », dans les virages ça balançait grave… Je me revois encore pousser sur le volant, pour lui donner un coup de main dans les côtes, je souffrais avec elle. Je me vois encore, « ma » femme à côté de MOI… Nous sommes sur la route qui nous emmène à notre maison de campagne. Il fait beau, les champs de colza embaument l’air, c’est une super journée.

-       Oui Christine, tu dis ?

-       Super cette route.

-       Tu as raison et la 2CV est vraiment la voiture idéale pour ce type de balade.

-       Oh, regarde une orchidée, sur le bord de la route.

-       Du calme les enfants, je conduis...

Tiens, je suis déjà à la Superette -- Mince, je n’ai pas regardé si la boulangerie était ouverte. – Hop, demi-tour.

-       Bonjour, il vous reste des baguettes ?

-       Oui, mais de la moulée.

-       Super, j’aime bien la baguette moulée. Oh ! vous avez des Carambars, trois Carambars s’il vous plaît.

Je pourrais continuer cette scène de vie et écrire un roman, mais ce n’est pas mon propos. Ce que je désire vous présenter ici, c’est que cette maquette dans la vitrine nous a entrainés bien loin et je n’étais plus là, tout en étant là. Mon corps a fait un choix, la rêvasserie d’un côté, le trajet de l’autre. Un rêveur à droite un automate à gauche. J’ai déconnecté un court instant, ma vision du réel s’est transformée en vision irréelle, en rêve. Mon environnement réel à disparue et a laissé la place à un rêve, pourquoi ?

 

Je pourrais multiplier ce type de scène et rapidement remplir un lourd et épais ouvrage avec les scénarios de ces rêvasseries. Dans ce cas qui illustre mon propos, il faut se poser la question ; pourquoi cette petite voiture dans la vitrine m’a fait quitter le « réel » pour me faire faire un rêve ? Un rêve debout, un rêve diurne. J’ai été transformé durant un certain temps en zombi déambulant dans les rues de la ville au volant d’une maquette de 2CV, parlant avec ma femme qui n’était pas là. Plusieurs questions peuvent être posées ici avec cet exemple, mais pour commencer faisons simple, alors en premier lieu, pourquoi je pars en rêvasserie et qu’est-ce qui c’est vraiment passé ensuite. Tout cela peut sembler idiot et puéril, se poser ce type de questions peut ne sembler n’avoir aucun sens. Pourquoi faire temps d’histoire pour une petite rêvasserie ?

 

Je dirais, dans un premier temps : -- Juste pour savoir… Alors, allons-y, cherchons.

 

Mais en fait est-ce que j’étais réveillé avant de voir la maquette ? À quel moment j’estime que j’étais réveillé, « droit dans mes bottes » ? Et à quel moment ai-je dérapé, et pourquoi en regardant la maquette, et pas sur un autre objet de la vitrine ?

 

Il me semble que pour répondre à ces questions, il faut repartir en arrière et décomposer les événements. Bien sûr, ici tout cela est virtuel et l’exercice est en réalité à votre destination. Un truc pour vous, un truc à faire lorsque vous vous surprendrez en plein délit de rêvasserie, ou de fantasme torride.

 

Je vous propose une sorte de chasse, la chasse à la « pensée première ». Vous êtes le chasseur qui va traquer son gibier, un gibier particulier qui est caché en vous, et qui a la capacité de vous faire rêver debout. Un gibier si fort qu’il peut à tout moment vous transformer en « Zombi », et vous faire disparaitre du réel, de votre réel.      

Dans cet exemple, nous avons dans l’ordre d’apparition (en simplifiant):

 

1.    Je me promène en ville

2.    Je regarde une vitrine de librairie

3.    Mon regard est attiré par une maquette de 2CV

4.    Un ensemble de souvenirs vient dans ma conscience et se superpose avec ma vision.

5.    J’assemble les souvenirs et un décor apparait dans mon esprit qui me place en situation.

6.    Un personnage virtuel que je connais apparait dans mon champ de conscience.

7.    Un dialogue virtuel s’installe avec le personnage.

8.    Des événements viennent agrémenter l’histoire.

9.    Je rêve.

10.  Je reviens à la réalité et je m’aperçois que j’ai raté la boulangerie.

11.  Je reviens en arrière et je rentre dans la boulangerie.

12.  Je repars rapidement dans une mini rêvasserie plus subtile, autour de la baguette moulée et les Carambars.

13.  J’intègre mon envie de Carambars à la réalité, en en achetant trois.

14.  Etc…

 

À quel moment suis-je dans le rêve et à quel moment je suis dans la « réalité » ?

 

Je serais tenté de dire que le point numéro trois est l’élément déclencheur. Et que je reviens à MOI, au point 10. Détaillons tout ça :

 

Point 3 : Mon regard est attiré par la maquette de 2CV, à ce moment ce n’est qu’une maquette, mais déjà mon regard est attiré par elle. Pourquoi ? Quelque chose d’inconscient a déjà fait une sorte de choix, et a focalisé mon attention sur cet objet. Cet objet ressort du tas des autres objets, il doit donc y avoir un mécanisme qui a réalisé un pré trie, une sorte de sélection. Il doit y avoir un point 2bis invisible dans mon déroulé, qui se place entre « Je regarde la vitrine » et « je suis attiré par la maquette de 2CV ».

 

Point 4 : Ce point est particulier, car il n’est pas une rêvasserie, mais des souvenirs, des choses logiquement réelles, mais des choses qui viennent du passé, des choses mortes, en stock quelque part et qui sont revenues instantanément dans mon champ de conscience. Je n’ai rien demandé et déjà à la vue de cette maquette, j’ai des associations d’idées, des souvenirs, qui remontent. Mais pourquoi pour cette maquette, et pas pour un autre objet dans la vitrine ? Les souvenirs arrivent dans mon champ de conscience et me font re-visualiser un ensemble de souvenirs, il y a un mécanisme en boucle.

Point 5 : Il y a une sorte de glissement, et mon esprit assemble ces souvenirs, dans une sorte de décor virtuel. Le décor devient cohérent et est en phase avec ces souvenirs.

 

Point 6 : Un personnage apparait dans le décor, je me divise, je deviens deux, moi et ma femme, une image de ma femme.

 

Point 7 : J’engage une conversation, tout est maintenant cohérent, les souvenirs, le décor, la logique de l’ensemble.

 

Point 8 : Je ne suis plus maitre de la situation, des événements viennent faire leurs cinémas de manière autonome dans la rêvasserie.

 

Point 9 : Je rêve, je ne suis plus qu’un Zombi qui vient de rater la boulangerie. Je suis au volant d’une maquette qui est maintenant une voiture, et je discute avec ma femme.

 

Etc…

 

J’ai reconstruit dans cette rêvasserie une partie de mes souvenirs que j’ai remis en scène à travers un fantasme qui me flatte (cela aurait pu être angoissant). J’entretiens un moi virtuel, qui doit être construit à l’image de mon jardin, de mon salon, ou de mon décor. Ce « moi » n’est pas vivant, mais il est maintenue continuellement en vie par des artifices, des trucs. L’histoire du jardin en friche qu’il faut entretenir me semble très similaire à nos mécanismes de pensée, qui en permanence entretiennent l’illusion d’un moi en perpétuel mouvement. Pourquoi et comment est construit ce personnage, ce « moi ». Je suis un être « de chair et de sang », qui accueille un mécanisme, qui est capable de « créer », attention, pas créé au sens du créateur, de Dieu. Créer au sens de faire un truc, une extension d’un principe, « une sorte d’image », quelque chose d’impermanent, qui est déjà mort, en dégradation dès sa création, et qu’il faut entretenir pour le maintenir péniblement en état.

5.7.      Qu’est-ce que je fais vraiment ? 

Lorsque je parle de mon jardin ou de la décoration de mon salon, il est difficile de les comparer avec MOI/moi. « Il n’y a pas photo ». C’est-à-dire que si je mets côte à côte ma photo et celle de mon jardin ou de mon salon, bien malin celui qui verra là une ressemblance. Hormis des cas flagrants, des personnages typés, des « caricatures » ambulantes, qui projettent leurs fantasmes autour deux, à travers toutes leurs actions, il sera bien difficile de percevoir ces ambiances miroir, à travers les lieux de vie ou d’actions d’un individu. En plus, la personne est en général inconscient de ses mécanismes et vie sa vie d’une façon réelle sans se poser de questions : « elle fait avec ». L’individu aime bien telle ou telle chose, mais ne se rend pas compte de la raison de cette attirance. Il fréquente des milieux qui lui conviennent, et qui le mettent à laisse. Il se sent bien dans ce type de chaussure, aime bien la couleur de ce pull qu’il met depuis plus de dix ans...

 

Il faut entreprendre un travail sur soi, pour percer à jour ces bribes de réalités, pour comprendre la réalité ou la logique se cachant derrière une maquette de 2CV, ou une chanson que l’on fredonne sans raison apparente.

 

Plusieurs méthodes existent pour essayer de démêler ces énigmes, faire apparaitre les raisons primaires de tel ou tel actes, tendances, attirances, répulsions et autres affects divers. Les travaux de Freud ont permis de prendre conscience au niveau du grand public de certains mécanismes, et bien d’autres, avant lui et depuis, ont ajouté leurs pierres à la compréhension de ces modes de fonctionnement. Les travaux actuels sur l’ « inconscient cognitif » n’apportent pas leurs soutiens à de nombreux aspects de la théorie Freudienne, telle qu’un Inconscient « intelligent » doté d’intentions et de désirs qui lui sont propres ; l’infantile est la source de l’inconscient ; refoulement et censure[26].

 

L’analyse simple par association d’idées décrite par Freud permet avec un peu d’entrainement de faire ressortir des informations, la psychanalyse ajoute à la méthode une structure d’écoute à travers un tiers. Les sciences cognitives analysent[27] nos réactions, nos actions, dans une démarche objective.

 

Pour ma part, j’ai commencé une psychanalyse dans les années 80, qui s’est étalée sur plus d’une décennie, et qui m’a permis de réaliser un travail de fond, qui se prolonge encore aujourd’hui de manière automatique. Parallèlement, je suis très curieux sur ces sujets, je lis et j’écris beaucoup, en essayant de mettre en pratique les idées et pistes de recherches, qui me traversent l’esprit à travers mes lectures ou réflexions. Après quelque temps (années), je me suis aperçu que j’étais dans une sorte de construction mentale emboitée, où des stratégies ont été mises en place, pour stabiliser des peurs, des angoisses. Une sorte de système en couche d’oignons, ayant quelque chose de fractal dans sa logique, des stratégies de stratégies, de stratégies… Mon travail actuel[28] se concentre sur la résolution de mes conflits internes, et surtout sur la compréhension des mécanismes mis en œuvre par le mental, ou plus globalement par l’individu, ou la nature au sens large. J’essaye de remonter au plus près de la source, du pourquoi, du pourquoi, du pourquoi, pour découvrir la stratégie première et surtout la raison de la mise en place de ces stratégies.

Je fais couler de l’eau chaude pour la première fois sur ma main, ça me brule, ça fait mal, la solution du problème est simple, ma stratégie est de retirer ma main du jet d’eau chaude. 

Tout cela se fera instantanément, car cette stratégie est certainement déjà intégrée. Mais imaginons qu’ici je découvre la notion du mal, de la douleur. Je viens de créer en moi une notion binaire, mal, pas mal. J’ai deux états possibles, j’ai divisé quelque chose en deux, j’ai créé une dualité.

 

Cet exemple pose la question de l’homme mécanique décrit par Descartes[29], avec ses reflets acquis ou innés. Ici, il faut voir le thème de cet exemple comme une sorte de poteau indicateur, un contenant, pour expliquer une chose et pas forcément comme un exemple formel à prendre au pied de la lettre.

 

Dans tous les cas, à l’avenir j’éviterais de mettre ma main sous l’eau bouillante. L’expérience pourra se reproduire avec une flamme de bougie, un dessus de poêle, etc. Il y aura une sorte d’association entre ses événements, et une stratégie associée. Tout ceci est variable, fait partie du vécu de chacun, cela se présente pour tous dans des logiques et des époques différentes. Nous ne faisons pas tous les mêmes expériences, alors parler de ses choses rentre dans la logique des faits subjectifs. Si je vous parle d’expériences que j’ai vécues, vous allez essayer de faire des liens avec les vôtres, et en fonction de vos souvenirs, mon propos sera plus ou moins crédible. Nous irons jusqu'à des concepts de confiance, ou de doute, en fonction de la cohérence de mes propos, qui seront validés ou non par vos référentiels. Si vous perdez pied et que vous ne savez vraiment pas de quoi je parle, vous allez « cogiter, ratiociner » cette information, pour essayer de l’intégrer, de la comprendre. Si nous dépassons un certain seuil, vous préférerez lâcher le morceau en bloc, mais si des propos ont touché quelque chose en vous, le questionnement risque de continuer en mode sous-jacent (inconscient) pour réapparaitre plus tard lors de pensées de types diverses.

 

Par exemple si je vous raconte la chose suivante :

Je suis dans le ventre de ma mère, il se passe quelque chose, je suis poussé vers quelque chose de nouveau, et je subis une forte pression au niveau de la tête. Mon environnement change, tout change. Je cherche une solution pour re-stabiliser le système, mais rien ne marche. Je recherche une échappatoire, je ne trouve pas, je subis une chose inconnue, alors je crée des solutions, des trucs, mais qui ne marche pas vraiment…

On est dans du fantasme ou bien dans du vécu ?  Ça vous parle ? Cela vous rappelle des souvenirs ? ... Ici, cette histoire est une affabulation, une reconstruction intellectuelle d’un moment de vie qui a été oublié, c'est une verbalisation au présent d’un événement mi-réel, mi-fantasmé. Mais, il y a des chances pour qu’en lisant ce texte des souvenirs vous soient remontés à la conscience, des points d’accroches, qui eux, ont pour vous une importance et certainement une réalité.

 

L’idée est d’analyser ces faits, ces rêves, ces pensées, pour rechercher d’où viens tel ou tel problème, quel est la raison d’un acte, d’une action, d’un sentiment, d’une émotion, peut-être allons-nous découvrir une mauvaise programmation, ou tout du moins une programmation non satisfaisante, non efficace, basée souvent sur une mauvaise interprétation d’un fait de base. Des faits qui peuvent être situés chronologiquement à une époque, où la parole n’est pas encore disponible, ce qui rend la recherche plus complexe. Rechercher le point de départ d’un processus en chaine.

 

Ce travail arrivé à un certain stade permet d’apercevoir des choses récurrentes, des structures identiques reproduites à des échelles différentes, et avec des thèmes parfois en apparence très éloignés. Tout cela dans une parfaite inconscience et sous des prétextes divers, souvent en décalage avec la structure de référence. Cela permet de prendre conscience de faits et gestes réalisés, en réalité, dans une inconscience totale de leurs réelles finalités.

 

Je suis le jouet de mes stratégies de vie, mise en place à des moments divers de mon existence pour exister. Des stratégies, qui ont débordées de MOI, pour se répandre sur mes vêtements, mon décor, mes relations, ma vue, mon ouïe et plus généralement sur ma perception globale du monde.

 

Plus subtilement, je suis aussi le jouet de chose subliminal, qui se situe avant la conscience et qu’il est impossible de percevoir, car elles sont complètement intégrées et non verbales, de l’ordre des stimuli. Tout le système d’équilibre du corps est basé sur ce fonctionnement subliminal, par exemple les perceptions du toucher, au niveau de la plante des pieds, qui nous aide à équilibrer votre posture[30].

 

Tout ce verbiage, ce texte, ces informations sont une forme du fruit de mon travail. Un travail qui ne peut être que personnel. Je ne suis pas vous et vice et versa, chacun s’est auto-construit à travers son vécu, et chacun a mis en place ses stratégies. Il ne sert à rien que je vous raconte mon contenu, car cela ne serait que de l’expérience, du souvenir pour moi et des mots, un roman de plus pour vous. Vous rechercheriez dans mon expérience des traces de la vôtre, vous vous identifierez à tels ou tels passages, quitte à le fantasmer pour que la pilule passe mieux. Enfin bref, vous seriez devant un nouveau film, à la recherche d’éléments en résonnances avec votre moi. Vous vous identifieriez aux héros de la série, vous seriez absorbés par ses problèmes qui ne sont pas les vôtres, il faudrait pour bien faire que ça colle avec votre histoire, alors il y aurait une alchimie qui se mettrait en place, pour faire rentrer la pièce dans le puzzle. De mon côté, en étalant mon histoire je la validerais à mes yeux dans une sorte « d’acte magique », me donnant l’illusion que j’ai raison et que ma stratégie est la bonne. Je pourrais ainsi pour un temps souffler un peu, en me racontant que je sais, la preuve serait ce document, qui rend cohérent (pour moi) des éléments entre eux. Je serais une sorte de maitre et vous un disciple, écoutant l’HISTOIRE et sa face cachée, la Révélation, le Mystère dévoilé pour vos oreilles en recherche. Vous êtes déjà là, à lire ce texte, je vous sais présent, et déjà sans vous connaitre, je vous utilise pour rédiger cette phrase. Je vous fais lisant, d’un œil, d’une oreille, d’une « voix intérieure » attentive, à la recherche du point d’appui qui vous permettra de placer un levier pour ouvrir la boite, votre boite. J’aurais tout simplement fait un nouvel acte inconscient, pour me rassurer de mes peurs, et dans un élan salvateur, mes pensées auront été se matérialiser dans ce document.

 

Je le répète, ce document est écrit pour MOI, il n’apprend rien, ne donne aucune réponse, il est simplement une ruse de MOI, pour découvrir moi, le prendre à son piège, stimuler des mécanismes qui devraient permettre l’émergence de nouvelles informations. J’accumule des phrases qui contiennent des réflexions, ces réflexions perturbent mon esprit qui cherche des réponses, et les mets en formes, cela travaille pour moi en tâche de fond et finalement fait émerger une synthèse, une prise de conscience, du neuf.

 

Par exemple, la parole est un mécanisme de chute, les mots tombes de votre bouche et forme des phrases, « Magie », vous venez de produire quelque chose. Une phrase en aspire une autre, et une autre, et une autre..., et vous voici avec un concept sur les bras, quelque chose que vous défendez et qui finit bien souvent par quelque chose de construit, qui peut même, peut-être, vous étonnez par sa teneur et sa logique.

 

Vous marchez dans la rue, votre premier pas est une chute, vous rentrez en déséquilibre, votre corps se déplace, et vous fait avancez, « Magie ». Vous avez parcouru une distance, mais au-delà, vous avez fait un geste symbolique, fondamental, pour atteindre les choses du monde, pour aller à leurs rencontres.

 

Non, vous devez aller à la rencontre de vos structures vous-même, vous seul avez les réponses, les solutions de votre puzzle. C’est vous qui l’avez construit, à vous de chercher. Vous, vous êtes auto construit, et cela depuis la première cellule, vous êtes la duplication de cette première cellule, tous comme vous êtes certainement la duplication de la « première pensée ».

 

Dans ce document, je vois des traces de mes angoisses, des traces de mes peurs personnelles, qui transparaissent, à travers ce dialogue entre moi/vous et moi, car ce texte est sorti d’un système : le mien et pas un autre. Un système, qui s’est construit, et qui utilise son acquit pour faire, et pour avancer.

 

Une autre méthode consiste à ne pas s’intéresser aux contenus et leur analyse, mais uniquement au contenant. Rechercher les faits, les phases, les éléments visibles des structures, découper tout cela en modes opératoires, en événements liés, dissociés, et à travers l’ensemble des éléments collectés trouver des récurrences, des règles, des pistes, des lois…

 

La suite du document contient des informations tirées d’expériences de ma vie de tous les jours, qui ont été analysées dans une logique de contenant. Forcément, il risque d’y avoir du contenu de décrit à travers ces expériences, mais le jeu est plus de voir les structures sous-jacentes de l’Être que de percevoir qui je suis, dans mes rapports aux autres. Il vous faut voir « le comment je fais », et non pas le « ce que je fais ». Donc tout ce qui suis, et précède, est mon expérience, une expérience que j’essaie de transcrire avec mes mots. Je n’en ai pas d’autres, alors on doit obligatoirement retrouver mes problèmes, ma coloration, mes projections. Écoutez ce texte comme une conversation et rester attentif à vos réactions internes, et externes, « cherchez vos maquettes de 2CV », faites-en collection, notez vos découvertes dans un document. Faites surgir les idées qui se cache derrière ces collections, votre collection, votre monde, votre décor, faite confiance à votre intuition, aux idées saugrenues, qui vont se présenter dans votre conscience. Laissez se dérouler les fantasmes, les rêvasseries, les pensées, qui vont apparaitre et regarder où ils vous emmènent. Noter, noter, noter… Dater vos notes, revenez dessus, en cas de coïncidence corréler les dates, les apparitions d’idées, les rencontres synchrones avec des individus ou des lectures. Partez à la chasse, soyez un guerrier attentif aux événements, écoutez vos émotions, vos pensées, et toutes autres choses.

 

-       QUI, QUE QUOI, COMMENT, QUAND, Tiens bizarre ?

-       Pourquoi je parle de ça ?

-       Je me sens bizarre dans cette pièce !

-       Elle me fatigue avec ses histoires.

-       Sympa sa robe.

-       J’ai l’air con comme ça.

-       J’ai eu peur.

-       Cette histoire est vraiment triste…

 

Si vous réagissez à quelque chose, dites-vous que cela répond à un «       » qui vous échappe peut-être. Il y aura la réponse toute faite, puis des souvenirs divers en relation avec l’événement, à vous de voir. C’est un jeu, un jeu où, tout ce que vous dite ou faite viens de vous, est fabriqué avec du vous, le contenu, le contenant, le contenant du contenant, tout. Si vous répétez une phrase que je viens de dire, c’est vous qui la répétez avec les mots que vous dîtes, des mots que vous avez mémorisés, et qui maintenant sont en vous, sorte de vous. Si vous voyez quelque chose, c’est vous qui voyez, vous voyez ce que vous voyez, vous êtes le seul, à voir ce que vous voyez il n’y a donc que vous qui puissiez utiliser ce matériel. Idem pour tout le reste, vous entendez ce que vous entendez, vous êtes le seul à entendre ce que vous entendez, même si je suis à côté de vous. En imaginant que nos oreilles soient collées l’une contre l’autre, nous entendrons pourtant chacun notre version. Plus l’information sera complexe et plus nous aurons deux versions différentes, mais même pour quelque chose de très simple il y aura deux versions.

 

Un accident vient d’avoir lieu au coin de la rue, s’il y a dix témoins il y aura dix versions de l’accident. Au cinéma, un même film pour tous, une histoire différente pour chacun. Faites l’expérience, en sortant du cinéma avec des amis, échanger des informations sur ce que vous venez de voir.

 

Tout cela pour dire que le monde qui vous entoure est votre monde, vous êtes le seul à le voir d’où vous êtes, et vous êtes le seul à pouvoir le voir, personne ne peut le voir à votre « place ». Si un ami filme un lieu en votre absence et que vous vous repassez la vidéo, vous verrez ce lieu avec les yeux de votre ami (la caméra), mais surtout avec vos yeux à vous. Votre vision sera simplement limitée par les images prises par votre ami. Vous verrez d’ailleurs certainement des choses dans ce film que votre ami n’a pas remarquées. Il n’aura pas fait attention d’avoir filmé essentiellement des portes de granges et des portails. Vous, vous verrez peut-être simplement des poignées de porte, et passerez à côté du trésor de votre ami : « les portes ».

 

Tout ce qui vous entoure est perçu par vos cinq sens et passe par le filtre de VOUS, et finalement deviens du VOUS.

 

La vie vient de me fournir une coïncidence qui va me servir d’exemple pour aborder un nouveau sujet. Après avoir rédigé le chapitre précédent où je criais haut et fort que tous passaient par vous, et rien que vous, dans l’apprentissage et l’appréhension de votre monde. J’ai été me coucher et le lendemain matin j’ai continué la lecture d’un ouvrage que j’ai commencé il y a moins d’une semaine. Il s’agit du livre de Stephen Jourdain « Première Personne »[31] . J’entame la lecture du chapitre 10, « Nouvelles précisions sur la nature de la pensée naissante »  et là, je tombe sur un plaidoyer où il est dit : « Il n’est que vous ».

 

Voici un extrait de la page 97 :

 

Vous êtes l’unique moi. Votre moi, pour l’éternité, est tout les sens du mot « moi ». Vous êtes l’unique veille. Votre veille, pour l’éternité, épuise le sens du mot « veiller ». Vous êtes l’unique vie. Votre vie, pour l’éternité, épuise le sens du mot « vie ».

Il n’est que vous.

Il n’est que vous.

Il n’est que vous.

Surtout, n’en déduisez rien ! Ce serait extrêmement dangereux.

Vous êtes l’Unique.

 

Pourquoi, cet exemple ? C’est une sorte de coïncidence de thème qui semble se recouper. Il est bien entendu que je n’avais pas lu ce chapitre du livre de Stephen Jourdain avant de rédiger mon chapitre. Par contre, j’avais lu les chapitres précédents de ce livre. Les chapitres précédents ne sont pas aussi explicitement en coïncidences que le texte reporté ici, ils sont peut-être en synchronicité avec mon document, mais avec moins d’évidence. Il y a ici une sorte de rencontre entre mon texte et celui de Stephen Jourdain, de mon point de vue, bien sûr, je vous rappelle que je n’ai que celui-là sous la main. De votre point de vue, vous ne voyez peut-être absolument pas le rapport entre les deux textes, ce qui serait juste, de votre point de vue.   Je raconte cette coïncidence pour plusieurs raisons, la première c’est que je trouve que c’est un bon exemple de chose bizarre, qu'il peut être bon de noter dans son cahier (avec la date). Deuxièmement, j’ai pour ma part déjà noté des centaines de pages d’exemples de ce type, ce qui me laisse penser que cela cache une structure ou un mécanisme. Encore une fois, cet exemple est quelque chose de personnel qui ne correspond à rien pour vous, vous devez trouver vos bizarreries et les noter, vous verrez que rapidement vous allez avoir sous la main, une collection de choses étranges, à la limite de la « Magie ». Avec certains de ces exemples et en accumulant des cas, vous allez faire émerger des choses, vos choses.

 

Dans le cadre de cet exemple, je savais par expérience qu’à un moment X, mon document allait présenter ce type de coïncidence, de synchronicité avec mes lectures.

 

Pour moi, le schéma d’apparition est le suivant, je peux bien sûr me tromper, car dans l’absolu, je ne peux pas prédire le texte que je vais lire, nous sommes donc dans ce qui suit dans une logique subjective, mais une logique subjective corroborée par une certaine récurrence, une récurrence édifiée par une collection de cas de ce type.

 

Lorsque j’écris un document, je suis dans une sorte d’acte créateur, la rédaction est un processus assez proche de la parole, les phrases coulent de ma pensée et elles viennent s’inscrire sur l’écran de mon ordinateur à travers mon clavier. Il y a une sorte de délai, qui apparait entre ma pensée et ça retranscription sur l’écran, ce délai est lié à la vélocité de mes doigts, qui n’assurent pas le débit, ce qui me permet de modifier ma phrase, à la différence de la parole qui elle coule plus librement. Mais reprenons ce processus, remontons en amont ; le livre de Stephen Jourdain est un dialogue avec un interlocuteur qui se pose des questions, des questions auxquels il répond. Stephen est une sorte de machine a donnée des réponses, il a figure de maitre.

 

Chronologiquement que se passe-t-il :

 

·         Je lis quelques pages du livre de Stephen…

·         Je reprends mes activités…

·         Je discute de choses et d’autres, avec ma femme…

 

Généralement, le sujet d’une conversation contient des préoccupations récentes ou des commentaires issus des actions du moment, comme cette lecture. Durant la journée, je trouve un moment pour continuer ce document, qui est lui aussi une sorte de dialogue intérieur. Bien souvent, je rédige dans ce document le fruit de mes cogitations, que je réalise seul, ou durant mes conversations. Mes cogitations intérieures sont très proches d’un dialogue avec moi-même et si je pars dans de la rêvasserie, des personnages virtuels peuvent apparaitre pour mettre en situation les concepts. En écrivant ce texte, je pars dans une sorte d’envolée lyrique sur le VOUS. Le lendemain, je suis surpris de trouver à la suite de ma lecture de la veille des propos qui ressemblent aux miens, mais dans la bouche (littéraire) de Mr Jourdain. Quelle coïncidence ?!

 

Reprenons plus prosaïquement les éléments de ce puzzle :

 

1.    Je lis le texte d’un auteur qui traite d’un sujet qui m’intéresse.

2.    J’arrête ma lecture.

3.    Je participe à des événements, qui peuvent être le prétexte à des réflexions.

4.    Je rédige les résultats de mes cogitations « personnelles ».

5.    Je continue la lecture du texte de l’auteur, qui rentre en phase avec mes cogitations.

 

D'une manière générale, nous avons :

 

1.    Je suis interpelé par quelque chose.

2.    Du temps passe.

3.    Je suis le jouet d’une coïncidence ayant un rapport avec la chose.

 

La notion de coïncidence ne peut exister que si le point 1 existe. Si le point 3 boucle sur le point 1, il y a alors une logique de synchronicité et de mouvement qui peut apparaitre.

Dans le cas précis du texte en coïncidence, il y a mon avis une explication simple, mais qui a une certaine profondeur que nous traiterons plus en détail plus loin. Si je présente les choses différemment, on peut appréhender cette coïncidence comme quelque chose de normal. Reprenons : je lis un livre qui présente pour moi un intérêt certain, ce livre est une conversation entre deux individus, Jourdain et le journaliste. Non après réflexion, ce livre est une conversation entre trois personnes : MOI, Jourdain, Le journaliste. Je suis là à côté des auteurs, je participe comme eux à cette discussion, j’entends clairement les phares de Stephen, comme celle du journaliste, j’ai même peut-être un décor dans ma tête. Je suis avec eux, je me fais des réflexions, je cherche des références personnelles à ce que j’entends. Certains propos me renvoient à des souvenirs, d’autres m’interpellent, car je n’ai pas de référence, je suis en train d’accumuler de nouvelles données, et déjà un mécanisme en moi essaie d’organiser tout cela, de rendre intelligible cette discussion. Un mécanisme essaie de rendre tout cela cohérent, acceptable, ma balance interne est en vibration, ce qui fait des ondulations à la surface de mon océan intérieur. Un mécanisme est enclenché, il est en partie inconscient, il cherche simplement à assurer mon intégrité, ma stabilité. Pour des raisons diverses, je quitte mes deux interlocuteurs et me dirige vers le salon, où se trouve ma femme. Il ne reste en mouvement que le mécanisme en activité qui essaie d’intégrer les données, et un des trois participants, c’est à dire : MOI. Les deux autres participants sont restés dans le livre, et ils continuent certainement leurs conversations, sans se rendre compte que je viens de les quitter. Je croise donc ma femme, qui m’adresse la parole, nous discutons et finalement je deviens un participant de sa conversation, et vise et versa. Inévitablement, le mécanisme d’intégration qui continue son action vient d’incorporer le nouvel intervenant, qui peut lui fournir des éléments de corrélations, pour terminer ce travail d’intégration. La conversation commencée il y a quelque temps avec Jourdain et le journaliste continu donc avec ma femme. De nouveaux développements du thème, en cours d’unification, apparaissent. Ils sont réalisés en dehors de la lecture du livre, et semble donc bien personnelle, et comme ne devant rien à Jourdain ou au journaliste.   En réalité, la conversation précédente continue avec ma femme, le point commun de ces deux conversations c’est MOI : je suis toujours là où je suis. Plus tard, je rédige mon document, ma femme n’est plus présente, ni Jourdain, ni le journaliste. Seulement MOI, MOI et vous, cher lecteur virtuel, en fait vous voilà maintenant mêlé de « mon plein gré »  à cette rêvasserie, ce fantasme. OUI, vous êtes avec MOI, en train de discuter de ce problème dû : « Il n’est que VOUS ». Nous rédigeons ensemble, toutes ces petites mises au point, ces extensions de ma conversation avec Jourdain et le journaliste. Et le lendemain matin, je suis surpris de voir que la conversation entre Jourdain et le journaliste, que j’avais laissé seul durant la nuit, à dérivée sur le même thème que ma conversation avec MOI et ma femme, et plus tard, MOI et VOUS !! Quelle coïncidence !

 

Finalement, nous sommes, VOUS et MOI, arrivés à des conclusions similaires à celle de l’auteur du livre. Pour mémoire, j’ai acheté le livre de Mr Jourdain, car il était censé contenir de l’information qui avait pour MOI un certain intérêt. Ce livre répondait déjà à une recherche précédente de réponse. Nous sommes peut-être ici dans une logique de boucle, car il semble bien que le point trois vient de rejoindre le point un. Vous avez sans doute remarqué que je suis seul à écrire ce document, tout comme vous êtes seul à le lire, ici : « il n’est que vous ».

5.8.      Qu’est-ce que mes idées ?

Le chapitre précédent pose un problème, ce document que vous avez entre les mains est écrit par qui ? Je ne parle pas de la personne qui frappe sur le clavier. Pour ça, j’ai une réponse précise. Nous sommes très exactement le 16 mai 2009 et il est 16 heures 36 et je viens d’appuyer sur la touche « E ». Cette action est la mienne, MOI, Ludovic, « ici et maintenant », j’ai appuyé sur la touche « E ». J’ai écrit le mot « touche », et la phrase qui va avec. Non, je parle du contenu, cette histoire de : « Il n’est que VOUS », c’est MOI qui l’ai écrit ou bien Stephen Jourdain ? Ma femme ? Le Journaliste ou encore vous ? Chronologiquement, je l’ai écrit avant de la « relire » dans le livre de Stephen, mais si j’avais lu le livre avant, j’aurais clairement eu l’impression de « pomper » les idées d’un autre. Si ma femme avait émis cette sentence durant notre conversation, alors je l’aurais spolié, paraphrasé. Il faudrait que je remonte en arrière pour retrouver le point de départ de cette conclusion. Malheureusement, trouver les origines de cette réflexion risque de nous demander pas mal de travail, d’ailleurs vous, souvenez-vous comment tout cela est arrivé ? Allons, aidez-moi, faite un effort, vous étiez là, vous avez bien dû y mettre un peu de votre grain sel, vous n’êtes pas un Zombi. Vous n’aviez pas loupé la boulangerie et la Superette, vous étiez avec MOI dans la « maquette de 2CV », rien ne vous a échappé, sinon reprenez la lecture du document et partez en boucle. Il vous manque, peut-être, des données, celles d’avant ce document, vous ne me connaissez que depuis le début de cette lecture, tout le reste n’est qu’une illusion. D’ailleurs le fait de dire que vous me connaissez est en soi une illusion. Je ne vous ai pour la plupart jamais rencontré, un seul livre, plusieurs lecteurs, un arbre de lecteurs qui vont discuter avec leurs femmes, leurs amis et, qui vont continuez cette prose si, comme je le désire, elle éveille en vous des interrogations, un malaise, un besoin de mise au point, une nécessité de rééquilibrage.

Vous allez certainement à un moment donné arrêter votre lecture, pour vaquer à vos occupations, mais votre mécanisme interne lui va continuer à tourner, il lui faut trouver une stabilité, une cohérence à tout cela. Des pensées vont surgir avec des sortes de liens en rapport avec ce texte, peut-être que ce seront des souvenirs ou des associations d’idées. Plus tard, une phrase dite par un de vos collègues rentrera en résonnance avec ce que vous avez lu et hop : vous pourrez ajuster votre réflexion, ou encore un article de journal vous apparaitra comme parlant de ce type de sujet (mon Dieu, mais quel est donc le sujet ? Vous ferez peut-être un rêve cette nuit et en l’analysant tout cela apparaitra en filigrane, le rêve mettant en scène une sorte de réponse à tout ça. Peut-être que, comme par « Magie », plus tard, en continuant ce document, vous allez être surpris qu’il parle de ce que vous avez pensé vous-même. Oui, des idées à vous risquent d’apparaitre dans ce document !

 

Alors là, cela ne va plus du tout. C’est mon document, écrit pour MOI, pour échanger avec moi, comment êtes-vous arrivé à me doubler ? Vous êtes vraiment très fort.

 

Plus sérieusement, il va être difficile de savoir qui « de l’œuf ou de la poule » est arrivé le premier. Imaginons, que j’ai lu un ouvrage classique d’un auteur célèbre par exemple, « Candide ou l’Optimisme » de Voltaire[32], et bien d’autres sur des sujets divers. Mais bon, c’est un exemple, j’ai lu cet ouvrage durant ma période scolaire, comme beaucoup de jeune français[33]. Vous l’avez lue aussi ? Bien. Si pour une raison quelconque une partie de ce document s’appuie sur ce texte, à mon insu bien sûr, alors vous avez, vous aussi, quelques informations préalables à l’écriture de ce document. Vous aviez de l’information sur le contenu de ce texte avant même sa rédaction, et peut-être même avant l’idée que j’ai eue de l’écrire. Je vais même plus loin, vous avez peut-être eu l’idée d’écrire ce document avant moi et vous êtes surpris de cette coïncidence extraordinaire ; « Quelqu’un l’a écrit pour vous ! »

 

Si vous êtes un critique littéraire[34], vous risquez même de me reprocher d’avoir oublié un chapitre, ou tel aspect de la chose en question. Vous m’en voyez vraiment désolé, je ne savais pas que le métier de « nègre » était si difficile. Il est vrai que nous avons beaucoup discuté jusqu'à présent, mais je ne vous ai pas laissé beaucoup la parole.

Il y a quelque temps, la vie m’a fait un "croque en jambe" qu’il me semble utilise de vous présenter ici et maintenant. Encore une fois, le contenu de ce texte n’a pas en soi une importance fondamentale, ce qui va nous intéresser c’est le contenant, le mécanisme mis en œuvre dans cette anecdote.

 

Je reprends ici le texte noté dans un de mes journaux[35], j’ai modifié le texte de manière à supprimer certaines informations personnelles ou incohérentes avec le sujet de ce document.

 

L’action se passe le 31 décembre 2008 :

 

Avant-hier, nous avons discuté avec ma femme de notions sur la 2e dimension, la 3e, la 4e, etc..., liée à des visions. Nous avons discuté de cela le matin, à table, au petit déjeuner, et durant l’après-midi lors d’une promenade à Fontainebleau (28 décembre). Un peu plus tard en retournant sur un site Internet, je suis tombé sur un article qui donnait des explications en rapport avec le sujet de notre conversation, et en proposait même une définition : « des signes de dissolution des vents ». En recherchant sur internet des informations sur ce nouveau concept, je suis tombé sur le seul lien existant[36] (à l’époque) semblant traiter du sujet.

J’ai parcouru très rapidement quelques pages de ce site et je suis passé à autre chose.

Sur ce lien, il est beaucoup question de visions tronquées par la dimension utilisée, pour visualiser l’information. Pour résumer, il n’est pas facile de voir des informations de la quatrième dimension dans un monde en trois dimensions. Ces histoires de dimensions m’ont fait réfléchir le soir dans mon lit avant de m’endormir, et je me suis souvenu d’un très vieux rêve fait entre 7 et 10 ans. Ce rêve était simple, en voici un résumé :

Je rêve que je remplis une bouteille de vin qui a son bouchon, dans le rêve cela ne représente pas un problème et la bouteille se remplit. Au réveil impossible de se souvenir comment faire pour remplir la bouteille sans enlever le bouchon alors que dans le rêve cela était évident.

Le lendemain à table, j’ai raconté à ma femme, les cogitations de la veille autour de mon vieux rêve, en oubliant totalement l’histoire du site web. Pour illustrer mon propos, il m'est revenu en mémoire un dessin animé extrait du film : « Que sait-on vraiment de la réalité !? »[37] Où un humain, vivant dans un monde en trois dimensions, fait une blague à une sorte de « Pacman », qui lui vie dans un monde à deux dimensions, et ne voit pas l’humain qui l’interpelle. Le « Pacman » prend peur, car il entend la voix de l’humain, mais ne le voit pas, alors il se cache dans une de ses pièces, mais l’humain continue de tout voir de la 3e dimension. Tout cela est facile pour lui, car il est dans une dimension au-dessus du Pacman.

Le dessin animé avait pour titre « Dr. Quantum visits Flatland »[38]. Mais à ce moment de l’histoire, je ne connaissais pas le titre de ce dessin animé. Voici un extrait de notre conversation avec ma femme.

En fait, effectivement on peut extrapoler cette histoire du dessin animé à une forme 3D fermée quelconque et se demander comment remplir une forme creuse sans l’ouvrir ? On se dit alors que si on était dans la quatrième dimension cela devrait être possible. En creusant un peu cette question, il m’est venu à l’esprit qu'il était possible de remplir ma bouteille tout simplement par la pensée, dans un état de conscience qui me le permette.

J’avais enfin la solution de mon rêve d’enfance, trente ans plus tard, l’esprit était toujours en recherche d’une solution ! Il suffit effectivement que dans un rêve, s’il est lucide, je pense simplement que la bouteille soit pleine, pour qu’elle le soit, sans avoir nullement besoin de l’ouvrir. C’est un peu comme de la magie, la magie des rêves. Dans le monde du rêve ou de la pensée créatrice, il est possible de projeter des formes 3D complètes. Certaines personnes prétendent arriver à projeter devant leurs yeux des formes 3D non matérialisées, mais qu’elles peuvent cependant voir.

 

La pensée ou quelque chose de cette nature permet de réaliser des choses qui ne sont pas possibles dans notre monde à trois dimensions. Cela se traduit dans le cas le plus simple par une vision de type 3D dans le champ de conscience de l’individu. Cette vision n’existe pas dans notre monde 3D matérialisé, mais présente une forme de réalité, pour celui qui la pratique. Cette réalisation reste dans le cadre de la personne qui la crée, nous ne voyons pas le rêve d’une personne qui dort, pourtant pour le dormeur il est physiquement dans le monde de son rêve. Nous ne voyons pas le rêve du dormeur, comme nous ne pouvons pas voir en réalité un monde en deux dimensions, car sans épaisseur, il n’y a pas de matière.

 

Ce dessin animé n’est qu’une vue de l’esprit, présentant un personnage en trois dimensions, qui observe un autre personnage, qui lui est dans un univers en deux dimensions. La pensée, ou quelque chose de ce genre seraient donc peut-être une porte vers la quatrième dimension, ou tout du moins vers une dimension supérieure à la dimension matérielle, dans laquelle nous nous déplaçons. Nous avons de plus, certainement un usage tronqué de nos pensées liées à nos habitudes, dans notre monde en trois dimensions.

 

Si la pensée est effectivement une porte, vers des dimensions supérieures, il est alors envisageable que notre pensée telle que nous l’utilisons, ou la percevons, n’est qu’une projection en trois dimensions de nos capacités. En réalité, pour la pensée il n’y a pas de notion de temps, d’espace, de lieux, comme dans les rêves. Lorsqu’au réveil je ne retrouve plus comment remplir la bouteille, c’est certainement parce qu’une fois revenues dans une réalité de type trois dimensions, j’ai perdu certaines évidences de la quatrième dimension, possible elle lors du rêve. L’analyse ou le souvenir de la solution donnée par le rêve devient alors impossible, car le raisonnement tenu dans le rêve est un raisonnement trouvant son expression dans la quatrième dimension, dimension que j’ai perdue au réveil.

 

Dans l’après-midi, j’ai voulu faire voir à ma femme le site traitant « des signes de dissolutions des vents ». J’avais un peu oublié cette histoire de rêve et de passage de la quatrième vers la troisième dimension. En consultant ce site, ma femme me fait remarquer qu’une des images (alors que nous cherchions l’image d’un Mandala) reprenait le titre du film d’animation cité en référence plus haut.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Flatland_cover.jpg

 

Il s’agissait de la couverture d’un ouvrage[39] de « Edwin A.Abbott », FlatLand, « A Romance of Many Dimensions ». Voici un court extrait de ce site[40].

L’analogie avec la représentation sensible d’objets topologiques non identifiés :

Ce type de problème est représenté de façon analogique par les difficultés que posent les représentations sensibles d’objets en plusieurs dimensions en géométrie projective et en topologie. Aujourd’hui, grâce aux ordinateurs et aux programmes informatiques, on peut faire des formalisations et des simulations qui permettent de visualiser des objets et des transformations topologiques très abstraites, mais au temps plus lointain des précurseurs, tel le révérend abbé Edwin Abott, il était difficile de faire passer au grand public l’idée de l’existence d’autres dimensions hors de l’espace euclidien et de leur possible relation avec notre existence quotidienne.

Je ne me rappelais nullement de l’article. Seule l’image me disait vaguement quelque  chose, je me rappelais que la forme en hexagone au centre m’avait interpellé. Encore plus étrange était la suite de l’article, qui utilisait comme exemple une bouteille de Klein[41], pour faire la démonstration d’une vision en quatre dimensions de certains objets. Dans une autre logique, qui a son importance, mais que nous ne développerons pas ici. De plus, les images de bouteilles utilisées sur le site, pour représenter la bouteille de Klein, proviennent d’un site WEB où j’ai des habitudes de visites régulières.

 

Voici un autre extrait de cette page Web (copié elle-même du site Wikipédia) :

Il est possible de comprendre la structure de la bouteille de Klein à partir de la représentation fournie dans cet article, et au prix d'un effort intellectuel moins important que ce que l'on pourrait croire.

 

Imaginons un individu vivant dans un monde plat, à deux dimensions. On essaye alors d'expliquer à l'individu ce qu'est un nœud. Pour cela, on lui dessine un nœud sur le plan : il ne voit qu'une courbe, qui s'auto-intersecte. On lui explique alors que ce ne sont pas des points d'intersection qu'il voit, mais que la courbe passe « dessus » et « dessous ». Notre individu est interloqué : vivant dans un monde plat, il ne comprend pas ce qu'est le dessus ni ce qu'est le dessous. Il lui manque une dimension (le haut et le bas) pour pouvoir visualiser le nœud. Nous rencontrons le même problème lorsque nous essayons de visualiser la bouteille de Klein, puisque nous voyons une surface, qui s'auto - intersecte. Néanmoins, si nous raisonnons avec une quatrième dimension, il suffit d'imaginer qu'à cet endroit, la bouteille passe « dessus » et « dessous » au sens de cette quatrième dimension, et donc : ne s'auto – intersecte pas. On peut en quelque sorte considérer que la bouteille de Klein est une surface qui fait un « nœud ». En tant que surface (objet à 2 dimensions), il lui faut 4 dimensions pour faire un nœud, de même que pour une courbe (objet à une dimension) il faut 3 dimensions pour faire un nœud.»

Visiblement, j’avais certainement utilisé les propos de ce site pour construire ma réflexion de la veille. Mais dans mon esprit cela n’était pas vrai, c’était mon idée, pas la simple répétition d’un texte lue la veille. De plus, je ne me rappelais pas d’avoir vraiment lu cette page du site. Je m’étais simplement attardé sur la notion « des signes de dissolution des vents ».

De toute évidence soit cet article a guidé ma réflexion, soit nous sommes en face d’une coïncidence énorme. Ce site et ce texte apparaissent dans un des chapitres du tome trois de mes journaux, la chronologie n’est pas très claire et je ne peux pas dire si j’ai déjà lu ce texte, ou si je l’ai simplement vue, ou bien juste entrevue. À t-il  provoqué les associations d’idées et l'apparition de mes souvenirs concernant le dessin animé et le rêve, ou bien ces informations ont ’elles été raisonnées avant la lecture du texte.

En relisant le chapitre, il m'apparait que la discussion sur la vision des dimensions a été commencée à table avec ma femme, ensuite il y a eu la prise de connaissance de l’article du site Web avec le thème « des signes de dissolution des vents », puis la lecture de l’article sur le site web (www.clarte.eu.com), viens ensuite le souvenir du rêve de bouteille, et enfin le souvenir du dessin animé qui est annoncé pour hier ?

Ce questionnement a fait remonter des souvenirs plus précis :

La rêvasserie du soir avant de dormir, cette cogitation autour du passage de la 2D à la 3D, qui fait référence au dessin animé ou je visualisais le « Pacman » bloqué dans sa pièce, avec le personnage en trois dimensions qui lui parlait. À ce niveau, le titre du dessin animé n’a pas été évoqué, je l’avais d’ailleurs complètement oublié. J’ai ensuite visualisé un cube et je me suis demandé comment le remplir alors qu’il n’y avait pas d’ouverture. J’ai fini par trouver que la pensée pouvait faire cette chose. Le souvenir du rêve de bouteille a suivi. Le lendemain matin en faisant la liste des courses (31 décembre) j’ai réutilisé le papier de la liste pour faire un dessin à ma femme, sur ce dessin il y a la pièce et le cube, qui a été l'objet de ma réflexion datant au minimum de la veille au soir (30 décembre).

Un scan d’une portion de la liste des courses

Sur le scan de la liste des courses du 31 décembre au matin, On peut voir deux dessins qui sont sur la couverture du livre d’A Abbott, Flatland.

En réalité, les éléments de cette affaire, qui peut sembler un peu confuse, sont un peu plus complexes. Je vous livre ici la conclusion que j’ai réalisée à l’époque pour essayer de reconstruire le puzzle.

En analysant l'ensemble, de nouvelles informations vont apparaitre, concernant l’achat d’un livre du Dr Lefebvre que je n’avais pas trouvé utile de préciser précédemment. Je vous montre cette partie du document simplement pour que vous ayez une idée du travail de recherche réalisé pour corréler tout cela.

Le titre du dessin animé, « DR Quantum visits Flatland », a été vu entre-temps lors de recherches sur internet, concernant ce document.

Pour résumer, il semblerait que la suite logique soit:

1.    11 décembre : Réception non sollicitée, d’une proposition d’achat d’un livre du Dr Lefebvre « Les homologies ». Après quelques recherches sur ce document, je décide de le commander.

2.    24 décembre : Réception de l’ouvrage du Dr Lefebvre et début de lecture, tranquillement.

3.    Samedi 27  décembre : il y a un article sur le site Web qui introduit l’idée que la 3D réduit la vision de phénomène spirituelle (certainement repris de sa part sur www.clarte.eu.com). Cet article amène un commentaire d’un internaute sur des points lumineux violets. Je m’attarde moi sur le commentaire de l’article, car l’histoire de point lumineux violet m’interpelle.

4.    Dimanche 28 décembre au matin : Il y a notre discussion avec ma femme sur les univers 2D 3D, etc.. Qui s’est poursuivi dans l’après-midi à Fontainebleau.

5.    L’article sur du site Web, sur la dissolution des vents est daté du dimanche 28 décembre (pas d’heure) et n’a pas pu être lue avant le petit déjeuné. Je ne sais plus à quelle heure je l’ai lue (avant ou après notre promenade à Fontainebleau avec ma femme).

6.    Ma première lecture de la page de www.clarte.eu.com (Flatland) ne peut dater que du 28 au 29 décembre minimum, car je n’ai pas fait la recherche sur les « dissolutions des vents » avant de connaitre leurs existences, soit après la lecture de l’article du site Web. Cela peut-être dans l’après-midi du 28 décembre (avant ou après la promenade).

7.    29-30 décembre au soir : La rêvasserie sur le dessin animé du film et le passage de la 3D, à la 4D, date du 29 au 30 au soir minimum. Avant ce moment, je n’avais pas trouvé ou avait le souvenir que la 4D peut être la pensé, puisque c’est l’objet de la découverte de la rêvasserie. En fait, j’ai fait l’effort d’imagination du passage de la 3D à la 4D demandé dans l’article et j’ai trouvé une réponse, la pensée.

8.    Le 31 décembre au matin : Discussion avec ma femme, avant d’aller en courses sur le passage de la 2D à la 3D, à la 4D, par la pensé, avec la trace du dessin sur la feuille des courses.

9.    Le 31 décembre au soir : Lecture du livre « des homologies », qui énonce dans le texte de l’ouvrage que la pensée est la 4D.

Nous sommes dans un réseau de synchronisations, d'associations, des mixages de pensées, et il est difficile de se souvenir de la chronologie exacte des choses.

Il est intéressant de voir qu’un mécanisme mental se détache de cette anecdote. Si on considère que les articles du site Web du 27 et 28 décembre sont la « graine »  de la réflexion, et que l’article du site www.clarte.eu.com contient la matière, alors on perçoit une sorte de « vampirisation » inconsciente de l’idée d’autrui.

Le mécanisme de vampirisation étant basé sur la transformation des exemples de base (Livre « Flatland » de A.Abbott et bouteille de Klein) se trouvant sur la page web, par des exemples personnels (Souvenir d’un dessin animé « Flatland », un rêve vieux de plus de 35 ans).

À partir des exemples personnels, il y a une reconstruction des idées, qui sont réalisées durant une sorte de rêvasserie, et l’ensemble aboutit à une nouvelle conclusion non explicitement, qui elle est déjà formulée dans l’article de base : « la pensée est la 4e dimension ».

Si par la suite j’oublie l’article du site www.clarte.eu.com et la graine des articles du site Web, il reste tout le matériel nécessaire pour m’attribuer la paternité de l’idée, car tous les exemples qui ont servi à la reconstruction de l’idée me sont personnels. L’idée a été ensuite débattue avec ma femme en utilisant mes exemples personnels ce qui en confirme la paternité à ses yeux. La conversation avec ma femme, qui était en dehors de la connaissance des articles de base des sites web, et qui n’ont pas été cités durant la conversation, renforce l’idée de la paternité. Pour ma femme, ce sont mes idées, mes exemples, mon raisonnement, et pour dire la vérité c’est aussi ce que je crois (encore aujourd’hui). Il n’en reste pas moins vrai que la réflexion et l’idée d’utiliser la pensée, pour remplir la bouteille, et que la pensée soit une porte vers la 4D semble être personnelle. Il faudrait creuser plus profondément le passé pour voir, si d’autres informations, lues où acquissent précédemment, ne sont pas elles aussi des graines, qui ont germé ce soir-là.

Peut-être que le film complet : « Que sait-on vraiment de la réalité !? » Vu aux alentours du 30 aout 2008, contient cette information de façon explicite.

Du coup, on peut se poser la question de la véracité de nos idées, croyances, et autres certitudes que nous pensons être personnels, et qui sont en fait peut-être construit de toutes pièces, à partir de cette logique de vampirisation.

Dans tous les cas, la lecture du passage du livre « Les homologies » du Dr Lefebvre, traitant du sujet, n’était logiquement pas prévu, mais il arrive au bon moment, surtout que j’ai sauté une centaine de pages qui ne m’inspirait pas, pour arriver directement à la lecture d’un nouveau chapitre, qui était lui bien synchrone avec ces concepts. Maintenant, les raisons de la lecture de cet ouvrage ont des ramifications qu’il faudrait creuser plus en profondeur et qui nous amèneraient peut-être à prendre conscience que si je lisais cet ouvrage, c’était justement parce qu’il traitait du sujet qui m’intéressait à ce moment-là, à savoir : les mécanismes de la pensée. Mécanismes, qui étaient la raison de mon intérêt, pour les articles du Site Web.

Il est vrai que je n’ai pas demandé aux éditions « Le Phosphénisme » de m’envoyer un mail d’information dans ma boite le 11 décembre. Mais si j’ai reçu ce mail, c’est parce que je me suis inscrit en passant par hasard sur leur site il y a beaucoup plus longtemps.

En fait dans cette histoire la lecture du livre « Les homologies », reste l’événement venant de l’extérieur, qui vient comme par magie s’insérer dans l’événementiel du moment, et déclenche des coïncidences supplémentaires. Il est pratiquement impossible de reconstruire le « tapis » que représentent nos actions, et dans ce cas je n’ai pas pu trouver de corrélation entre la lecture de ce document, et les événements synchrones qui lui sont associés. Je suis devant une coïncidence qui n’a pas de réponse « consciente ».

Nous allons essayer de faire une sorte de résumé du schéma dégagé par cette tranche de vie. Le contenu ne vous intéressant certainement pas, il n’est pas nécessaire de s’attarder plus en avant sur lui. Je pense que cette histoire a même dû vous barbez, elle ne correspond à rien pour vous, vous n’avez peut-être jamais cherchez à remplir une bouteille bouchée ou même cherchez à visualiser un monde en deux dimensions. Cela ne fait pas partie de vos occupations journalières. Cherchons plutôt la structure, qui est apparue dans cette tranche de vie banale.

1.    Je m’intéresse à un sujet et je collecte des informations diverses sur la question.

2.    Je vois rapidement quelques informations, auquel je ne prête pas vraiment attention consciemment.

3.    Quelques idées me viennent, et des souvenirs personnels leur sont rapidement associés.

4.    Je rentre dans un mode « d’analyse intellectuel », en utilisant mes souvenirs.

5.    L’ensemble fait émerger en moi des solutions, des réponses.

6.    Je communique ces résultats autour de moi, en les présentant comme étant le fruit d'une découverte personnelle. (je suis content de moi).

7.    Par hasard, je revois les éléments du point 2.

8.    Je me pose des questions et j’essaie de comprendre ce qui s’est vraiment passé.

9.    Je suis dans le doute sur la paternité de mes découvertes. (je pense toujours que ce sont mes idées)

Évidemment dans la réalité, nous sommes rarement en mode introspectif et il y a peu de chance que les points 7 à 8 apparaissent. De plus, le point 2 risque de rester invisible à tout jamais. Ce qui nous donne le schéma simplifié suivant :

1.    Je vois, je lis, j'écoute, plein de choses que j’oublie.

2.    Une idée me traverse l’esprit.

3.    Rapidement, des souvenirs personnels viennent s’associer à l’idée qui est apparue, et ils me permettent de la finaliser et de la valider. Ces souvenirs sont des clones des choses oubliés.

4.    J’ai le sentiment, d’avoir trouvé quelque chose tout seul grâce à mon expérience et peut-être mon travail.

En réalité, il y a eu un travail inconscient de synthèse, qui a émergé à un moment donné dans mon champ de conscience. Il est intéressant ici d’essayé de donner des explications sur les interphases, que ce passe-t-il réellement entre les points un et deux, entre les points deux et trois.

Les points un, deux, trois, et quatre ne sont que la partie immergée de l’iceberg.

·         Le point un est une sorte de résumé, en réalité vous pouvez accumuler des lectures, des discutions, ou tous autres processus vous permettant de capter de l’information.

·         Le point deux, en général, est plutôt unitaire, une idée surgit de nulle part, c'est une sorte de prise de conscience rapide. Avant l’idée, pas d’idée, et après l’idée, une idée.

·         Les points trois et quatre sont une sorte de conséquence du point deux.

On peut donc faire une sorte de résumé du schéma.

1.    J’accumule des choses.

2.    Une idée émerge.

3.    Je dispose du fruit de cette émergence.

5.9.      Pourquoi J’accumule des choses ?

On peut se poser la question pour laquelle « J’accumule des choses » ?

Visiblement, ce processus est à la fois conscient, et inconscient, il doit donc répondre à un besoin. Dans l’exemple précédent, je suis à la recherche d’informations de façon consciente, je suis dans une logique de travail intellectuel, on ne peut pas dire que ce soit une situation courante de tous les jours, le ronron de la vie. Si j’accumule des choses, c’est peut-être parce que je recherche quelque chose. Ici, j’ai fourni des explications sur ce qui me semblait être la genèse de cette recherche. Mais, comment être sûr que cette explication est la bonne ? Finalement, pourquoi je cherche des informations, des informations que je cherchais peut-être déjà avant l’achat du livre, et avant encore. À ce stade du questionnement, il est très peu probable qu’il soit possible de remonter le fil conducteur, le fil d’Ariane de toute cette histoire. Il aurait fallu être vigilant depuis l’enfance, pour reconstruire la logique nous menant, ici et maintenant.

La réponse à la question précise, pourquoi « J’accumule des choses » ? Est donc certainement voué à l’échec. Si j’accumule pour répondre à un besoin, un questionnement primaire, ce qui, je pense, est le cas, il y a de fortes chances pour que cette question soit noyée, dans une longue suite d’autres questions, qui ont dû se diversifier. Ce questionnement doit présenter actuellement un visage ne devant plus rien à la première question. Cette notion de question primaire n’est qu’un concept intellectuel, utilisé ici pour me permettre de m’exprimer dans ce document. Peut-être que dans votre esprit il a déjà pris la forme d’autre chose et que vous commencez à raisonner différemment de moi. Des souvenirs qui vous sont personnels ont peut-être remonté de votre mémoire, et vous avez déjà eu des idées différentes des miennes, vous avez créé votre propre branche de réflexion ? Vous voilà, encore en train de réécrire mon document.

5.10.  Pourquoi je suis intéressé ?

Le premier point du schéma du chapitre précédent ; « J’accumule des choses. », soulève des questions. En fait pourquoi je m’intéresse à telle ou telle chose et depuis quand ? Quel impact cela a-t-il sur MOI ?

Pour l’impact, l’exemple précédent donne une sorte de réponse, à travers un contenu, un contenu qui m’appartient, mais le mieux serait que vous travaillez sur vos contenus. Il est possible et même fort probable que vous vous soyez auto construit différemment que moi. Pour comprendre vos structures, il est souhaitable que vous travailliez sur vos contenus et leurs modes de fonctionnement. Mais bon ici, on parle de MOI, alors continuons.

 

D’autres exemples vont peut-être nous fournir une nouvelle piste. Depuis quelque temps, je suis en chasse du point de départ de mes pensées.

Ma méthode est simple, si je prends conscience que je rêvasse, je cherche le point de départ de cette rêvasserie. Ce n’est pas toujours facile, et ça devient rapidement un jeu qui peut être marrant. Vous êtes le chasseur, qui est attentif à son environnement, pour voir bouger la bête et remonter à sa tanière. L’idée est encore une fois d’accumuler des expériences, des trames de rêvasserie, pour faire surgir des mécanismes internes. Le problème dans ce type de chasse c’est que lorsque nous rêvassons, ou que nous sommes dans nos nuages, nous ne sommes plus tout à fait là. Il est parfois difficile, de remonter la chaine, le fil d’Ariane de la rêvasserie, depuis combien de temps je rêvai ? Une rêvasserie en entraîne une autre, et une autre, qu’elle est la première ?

Pour ce type de chasse, il est préférable d’avoir un mental relativement calme, vide de pensée, pour permettre une capture au plus près de la source. Encore une fois, les exemples donnés ici ne sont pas à analyser, mais simplement à prendre comme des exemples de déroulés de pensée.

Bien évidemment, ces exemples m’étant personnels ils sont colorés par mon MOI et ses problèmes. Si, je fais une bêtise, j’ai peur de me faire disputer par papa, ou maman, et je me justifie pour être tranquille. Le contenu n’a ici qu’un intérêt secondaire.

 

Voici des extraits du Tome 5 de mes journaux:

 

Exemples :

Je suis dans ma voiture bloquée dans les embouteillages et je vois une bosse sur la portière d’une voiture à côté de la mienne. Aussitôt cela me renvoie à la bosse sur la portière de ma propre voiture. Cette bosse maintient une certaine pression en moi, car la voiture nest pas à moi, et il va falloir que je gère ce problème, lorsque je rendrais la voiture. Ce point est en suspens, et il est revenu plusieurs fois dans mon champ de conscience ces derniers temps. Lors d’une visite chez un garagiste, qui n’a rien voulu faire, car il nétait pas mandaté pour réparer ma carrosserie, la pression a augmenté. Idem lors d’une autre visite chez un carrossier, qui n’a pas voulu le faire, car il était hors du périmètre dun accident.

Je vois un triangle de signalisation sur le bord de la route, c’est un triangle jaune à bord rouge, avec une voiture qui glisse au centre. Presque automatiquement, cela me provoque une association d’idées avec le logo dun logiciel que je suis en train d'écrire, et j’entame une rêvasserie.

Une idée ou une prise de conscience arrive, alors pour l’analyser et la faire vivre, j’entame de façon automatique une sorte de dialogue intérieur, ou je mets en scène plusieurs participants, qui simulent une sorte de débat où j’ai le rôle du maître et les autres sont des disciples. Cette rêvasserie me permet de faire évoluer le concept perçu vers un niveau de compréhension.

En me rendant à mon travail le 26 avril 2009 ; je venais de passer un passage à niveau, et  j’ai regardé un véhicule de la poste garé sur le bord de la route, plus précisément sur le trottoir. De mon point de vue, ce véhicule avait un clignotant allumé pour quitter son emplacement, alors je me suis arrêté pour le laisser retourner sur la route. J’ai attendu un peu et j’ai remarqué qu’en fait il était en warning. J’ai dépassé le véhicule et regardé s’il y avait quelqu’un à l’intérieur. En passant devant j’ai vu que le véhicule était vide. Cela m’a fait penser que les conducteurs devaient être chez l’occupant du lieu. Chez les occupants du lieu, comme dans le film : « Bienvenue chez les Ch’tis [42]», lorsque le directeur va avec l’acteur « Dany Boon[43] » faire sa tournée. J’ai revu quelques scènes du film dans mon champ de conscience et j’ai commencé à faire un mixte avec la réalité. Cela s’est transformé en une sorte de rêvasserie mettant en scène les personnages précédents dans le contexte actuel. Tout cela a duré quelques secondes (10 – 20 ?).

J’ai pris la route allant à Carré Sénart, pour rentrer de Moissy-Cramayel. Cette route est limitée à 50 km heures, mais il est difficile de maintenir cette vitesse, car elle est très large et très roulante. Je faisais attention, car je sais qu’il est difficile de respecter cette limitation et qu’il y a des contrôles fréquents. À plusieurs reprises, j’ai refait attention à ma conduite. En sortie d’un virage, il y avait une voiture de police, qui avait arrêté une voiture et visiblement verbalisait. Je me suis posé quelques questions intérieur sur la scène elle-même, et très rapidement je suis parti dans un dialogue interne, une rêvasserie, avec des policiers virtuels qui m’arrêtaient. Dans cette rêvasserie, je leur disais ne pas comprendre le pourquoi de mon arrêt, car j’avais bien respecté les limitations de vitesse. Tout cela a duré à partir de la vision de la voiture de police, 10 ou 20 secondes.

Quelqu’un est venu chez moi faire du porte-à-porte pour me vendre un abonnement à des livraisons de surgelé. J’ai discuté avec lui quelques minutes et je lui ai expliqué que cela ne m’intéressait pas. Je suis parti ensuite dans la cuisine pour faire à manger, et tout en épluchent des légumes j’ai refait une portion de la conversation avec la personne, dans une rêvasserie où j’ai reformulé de nouvelles raisons de ne pas prendre cet abonnement.

Je fais une légère infraction au Code de la route, je sais que ce n’est pas bien, je pars dans une sorte de rêvasserie de commentaire qui justifie l’acte.

L’analyse résultant de cet exercice, qui demande à être confirmé par le temps, semble montrer que les éléments du décor provoquent des associations d’idées très rapides, qui sont aussitôt récupérées par le mental, pour initier un dialogue intérieur. Les éléments du décor sont les générateurs de trais de pensés, qui semblent se rattacher à des points délicats de notre quotidien, des souvenirs d’une scène ou d’une situation non stabilisés, ils renvoient toujours à un questionnement intérieur. Quelque chose qui serait encore en mouvement dans linconscient, et quun détail aléatoire extérieur viendrait bousculer. Le prétexte à une remise à plat dun événement, ou dune interrogation ancienne.

 

Le point de départ de la période que jappellerais, « la graine » semble très rapide, de plus elle a l’air de s’oublier rapidement au profit d’une escalade de concept ou de sujet, qui nous entraine vers une rêvasserie, voir un fantasme, ou quelque chose de virtuel. Lanalyse dun nombre important de déroulements de pensées me montre le schéma général suivant.

 

1.    Point de départ

2.    Apparition de souvenirs réels

3.    Association des différents souvenirs

4.    Mise en relation des souvenirs

5.    Apparition de personnages virtuels dans le champ de conscience.

6.    Mise en place dun décor.

7.    Dialogue ou rêvasserie en relation avec lensemble.

 

Attention, la structure suivante nest quune moyenne, certaines phases peuvent ne pas être vues et le point de départ nest pas toujours présent ou détecté. Nous sommes très proches d’un mode de fonctionnement identique à celui de l’endormissement. Dans ce cas, le corps reste dans une sorte de vigilance automatique (hypnotique), et la conscience s’efface au profit de la pensée et du mental, qui occupe tout le champ. Les perceptions (les sens) sont ralenties et une prise de conscience de cet état de somnolence (qui peut être très rapide) provoque une sorte de réveil. Le réveil est moins brusque que celui qui apparait le matin entre le sommeil et la veille, mais est assez similaire dans sa forme. Le chasseur prend de plus en plus conscience de ces états intermédiaires avec un peu de pratique. La prise de conscience du déclenchement de la rêvasserie provoque en général son arrêt, car arrivée au stade de la rêvasserie, la cohérence est de lordre du rêve et lintérêt de la chose devient analytique. Bizarrement, le fait dêtre attentif semble ralentir les mouvements de la pensée, ce qui facilite la chasse, car le silence entre les pensées est plus important et permet de les repérer plus facilement.

 

D’autres exemples de chasse aux pensées sont légèrement différents, et ne provoque pas une rêvasserie, mais réveille en moi une chansonnette connue.

 

Par exemple :

Je suis dans la cuisine, j’épluche des légumes pour un couscous, j’entends un bruit de coucou et quelques instants après je fredonne une des musiques du disque « Par les fils de mandrin » du groupe Ange[44]. Je m'en fais la remarque, et quelques instants après ça recommence, alors je me dis qu'il faudrait que je note ça, mais je n’ai pas le temps. Ce matin (le lendemain) venu de nulle part, une pensée me rappelle qu’il faut que je note cela, arrivée au soir une autre pensée me rappelle à l’ordre. Alors voilà, c’est noté.

De la même manière, la sonnerie de notre maison me fait penser à la chanson de Renaud « Md Thatcher », et lorsqu’elle sonne je fredonne machinalement le refrain de cette chanson.

Lorsque je chantonne intérieurement, si je m’arrête et que j'analyse le texte de la chanson, les paroles sont la plupart du temps en phase avec mon état d’esprit ou l’ambiance du moment.

 

Voici un autre exemple qui a été analysé, et permet peut-être de comprendre ce qui se passe. Le début de cette chasse commence avec un rêve fait durant la nuit.

 

Rêve Ludovic du 4 mai 2009 :

Je suis au bord de la mer (mère) et un bateau arrive dans le port, c’est le paquebot France qui arrive. Il doit faire une manœuvre délicate pour se garer, pour accoster. La manœuvre consiste à poser la pointe, l’avant du bateau sur une sorte de support. Si la pointe du bateau ne se met pas correctement sur ce support, alors il s’enfonce dans les eaux du port et soulève une vague, qui vient submerger la rive. Je suis sur la rive et je vois le bateau qui arrive, visiblement il va trop vite et il va rater le support. On le voit qui commence à glisser du support. Je suis avec plusieurs personnes, trois au total (mais il y a eu plusieurs versions de ce passage du rêve). Je suis chargé et j’essaie de monter en rampant sur un gros rocher, pour me mettre en sécurité par apport à la vague que va produire le bateau lorsqu’il va riper de son support. Cette progression sur le rocher est difficile et pénible, j’ai une sorte de sac à dos (doc) , qui me gêne dans ma progression. Il y a une sorte de suspens et le rêve est un peu comme bloqué ; j’ai du mal à gravir la pente du rocher et le bateau est en équilibre instable ; il y a un doute, une crainte, sur la suite des événements. Dans le rêve, il semble que de toute façon, la vague passera au-dessus du rocher et que tout cela est vain. Dans une des versions de la fin de ce rêve, nous sommes trois sur le rocher, Une personne qui est déjà au-dessus, moi qui suis presque arrivé, et une autre qui est en dessous de moi. Les trois personnes s’aident plus ou moins, mais sans succès.

 

Une analyse Freudienne de ce rêve y verra certainement un rapport sexuel, avec le bateau qui arrive dans le port ! Mais dans ce rêve, en le notant j’ai laissé mes souvenirs remontés à la surface. En réalité, ils ne m’ont pas demandé mon avis et se sont présentés tous seuls à moi instantanément.

 

La portion du rêve, où le bateau se met en position, pour ne pas tomber, est une scène réelle de la veille, qui avait attiré mon attention (vision) et provoqué des remarques mentales. C’était une sorte de rêvasserie, mais je ne l’avais pas noté, car je ne pouvais pas savoir qu’elle me serait utile, elle a été provoquée par ceci :

J’ai vu hier, durant ma visite dans une brocante, une maquette de bateau, un voilier à la coque verte, que le vendeur avait mis entre deux tables de jardin en tôle blanche. Le bateau tenait par la pointe de sa proue sur une des tables, et par l’autre extrémité de la coque posée sur l’autre table. Tout cela donnait à la scène un caractère de future catastrophe et m’avait interpelé.

J’avais entretenu mentalement, pour la personne qui avait réalisé ce montage improbable, quelques réflexions. Tout cela faisait incongru, car le moindre mouvement d’une des deux tables pouvait provoquer la chute du bateau. Le point de départ de ce rêve de la nuit trouvait donc certainement là, sa graine ou son matériel.

 

Ce rêve est certainement plus profond que la simple mise en scène d’un souvenir de la veille, mais il illustre la relation entre une réalité vue, qui interpelle sur le moment pour une raison inconsciente, plus profonde que le bon sens.

C’est certainement la même raison inconsciente, qui a été réutilisée dans le rêve, pour s’exprimer. Les deux événements sont certainement liés et montrent que mon angoisse face à ce voilier, qui était posé entre les deux tables et qui risquait de tomber, n’était pas vraiment liée au bateau, mais certainement au symbolisme de la scène. La scène a réveillé en moi un schéma inconscient, qui s’est développé et a généré une angoisse. Cette même angoisse, c’est reproduit dans le rêve de la nuit, où une solution a été recherchée, pour résoudre le problème symbolique de la chute du bateau. Dans le rêve, d’autres éléments non présents dans la réalité ont été mis en scène, et permettent certainement une analyse plus fine du schéma mental, l’aspect psychanalytique du rêve.

 

Pour moi, ce rêve reprend les grands thèmes d’autres rêves récents et plus anciens où il y a une sorte de pression, ou l’eau est présente et risque à tout moment de déborder, et de tout emporter, de tout détruire sur son passage. Ce document n’étant pas le lieu pour faire ma psychanalyse, je ne vous ennuierais pas avec ça. Trop tard, ça vient d’être fait, et certains commencent déjà à chercher ou à avoir des souvenirs qui remontent, mais bon, il faut bien que je m’exprime pour essayer de présenter les choses.

 

La vue de la scène de bateau à la brocante était une sorte « de flèche, qui visait l’arc, qui visait la cible ». En réalité, le bateau ne visait personne, et c’est moi qui ai transformé cette scène en problème, symboliquement elle est rentrée en résonnance avec quelque chose de personnel, elle m’a fait réagir. Sur le coup, je n’ai pas réagi à cette scène comme quelque chose d’interne, mais comme quelque chose d’externe. Je me suis raconté une histoire en voyant ce bateau coincé entre deux tables, parce que cela m’arrangeait. Les autres objets sur la table n'ont eu aucun effet de la sorte sur moi, il y avait certainement d’autres choses à voir à cet endroit. La vision de ce bateau était un reflet de mon âme à ce moment-là, ce bateau et la situation dans laquelle il se trouvait ont provoqué une réaction interne, qui s’est exprimée de façon décalée à l’extérieur.

 

Ce que j’essaie de dire, c’est que la maquette de 2CV, la bosse sur la voiture, les policiers sur le bord de la route ou le bateau entre deux tables ne sont que des prétextes à faire remonter à la surface des questionnements intérieurs. Visiblement des questionnements qui posent problème, des choses nom intégrées. En fait, ces éléments du décor extérieur, ici la réalité d’un lieu, sont comme des morceaux de moi qui m’interpellent, comme des petites statuettes posées là par le destin.

 

Je fais parler mon décor, comme je fais parler les choses qui m’entourent, je donne vie virtuellement à mon environnement à travers un mécanisme mental. Si je me sens bien là, il y a de fortes chances pour qu’autour de moi il y ait des éléments qui me rassurent, si je me sens mal il doit certainement y avoir des éléments qui me perturbent. Je me suis auto programmée pour réagir à des éléments du décor. Je me suis positionné, à l’extérieur de MOI, à travers des éléments de mon environnement à qui je prête des intentions. Le bateau coincé entre les deux tables n’a JAMAIS EU AUCUNE PENSÉE OU INTENTION à mon égard, de plus il n’a JAMAIS EU L’INTENTION DE TOMBER. Un bateau est un objet inerte, fruit de la pensée humaine, et donc c’est quelque chose de mort, nous n’avons pas le pouvoir de créer de la vie. Nous avons, juste le pouvoir d’organiser, de déplacer, d’assembler, d’adapter, des éléments de notre environnement et nous le faisons très bien.

 

L’exemple du bateau n’est peut-être pas le plus explicite. Si je regarde le nombre de commentaires mentaux que je peux faire dans une journée en regardant telles ou telles personnes, je peux dire que je fais parler pas mal de monde, je « taille des costars » comme on dit. Cette personne m’attire, celle-ci me fait peur, etc...

 

Mes illusions ne s’arrêtent pas aux objets inanimés, « Regarde il est sympa ce poisson dans la vitrine », « cette voiture est plus jolie en rouge », « il fait intello avec ses lunettes », « j’espère qu’il va faire beau »…

 

Personne ne nous parle, hormis d’autres êtres humains, et quand nous parlons à quelqu’un il faudrait être sûr que nous ne le faisons pas parler. Nous entendons que ce que nous voulons entendre ce qui finalement reviens au même. Jamais un objet n’a eu d’intentions à notre égard, et un arbre, ou une fleur, qui vous enchante se moque éperdument de votre présence. C’est vous qui avez ce sentiment, et pas l’objet. Je « m’enchante » de regarder cette plante, ou si vous préférez je me jette de la poudre de « Perlimpinpin » au visage. Cet habit noir vous rend triste, le même en jaune vous rend joyeux ? Le même en bleue vous met à laisse, auprès de vos collègues ? Et avec un tissu écossais, cela donne quoi ? En habit pieds-de-poule, en velours, en guenille, en Nike, en Adidas, en Lacoste… Vos vêtements sont simplement des morceaux d’étoffes qui recouvrent votre corps, ce ne sont pas des morceaux de vous, qui se sont matérialisés à l’extérieur.

 

Si je remarque un fait étrange, il faut certainement se demander pourquoi ce fait m’interpelle. Je dois quelque part me parler à moi-même, mais pour me dire quoi ? L’ensemble des éléments qui m’entoure alimente un mécanisme interne, qui se parle à lui-même. Je tourne en boucle, dans une logique fractale. Je me suis construit tout seul. Je voie et j’intègre tous les stimuli de mon environnement à travers moi, je rapporte tout à moi lorsque vous me parlez. Si je ferme les yeux le monde disparait, si j’ouvre les yeux le monde apparait. Je suis mon seul référentiel, même les éléments extérieurs que je vois, que j’entends, que je touche, que je goute, et qui peuvent me servir d’exemples passent par la machine à sélection, la moulinette à faire du MOI.  

 

Attention, je ne dis pas que tout est MOI, je dis que je fais comme si tout était MOI, en plaçant du moi autour de MOI. En fait, si nous sommes cinq personnes autour d’une table avec une bouteille et cinq verres, la bouteille est réelle ainsi que les cinq personnes et les verres, la table, les chaises, le jardin, les arbres… Il y a de fortes chances pour que chacun utilise la bouteille commune, son verre, et une chaise du jardin. L’impression de tranquillité, de joie, que je ressens à ce moment-là est par contre certainement du moi, dirigé vers MOI, ou plus simplement une réalité à qui je donne l’illusion quelle proviens de l’extérieur de MOI. Je me créer une réalité qui est en fait une illusion. Le terme illusion n’étant pas utilisé dans le sens que je ne ressens rien, mais que c’est moi qui génère cet état et pas l’extérieur.

 

Si un des personnages me sourit, j’interprète ce sourire, je lui donne un sens, j’imagine ce qu’il veut dire, dans certains cas cela peut même aller jusqu’au fantasme. Si un des personnages se tient mal à table, alors cela va me déranger, car mon moi extérieur (le personnage) doit se tenir correctement, alors je vais lui faire une remarque, pour qu’il joue correctement mon rôle. Le cas est flagrant avec les enfants, vos enfants, des petits vous, peut-être qu’ils tournent autour de la table et font du bruit, perturbent la conversation ou disent des bêtises, qui finalement sorte de votre bouche.

 

Un des personnages autour de la table fait des commentaires déplacés que vous n’auriez pas dit, alors ça vous dérange et vous argumentez son propos pour rattraper "le tir", comme s’il s’agissait de vous. La veille le décor du jardin était identique, et vous n’aviez pas ce sentiment que vous éprouvez actuellement en présence des cinq personnages.

Je ne remets pas en cause le réel, je dis que nous interprétons le réel à travers le filtre du MOI, c'est-à-dire en nous prenant comme référentiel.

 

Lorsque vous lisez ce texte, obligatoirement, vous avez dû visualiser, ou fait des références, à des scènes de rencontre entre amis, avec des enfants qui chahutent, dans un jardin ou ailleurs, en fonction du point, qui vous aura fait « tilt » pour vous. Lorsque votre souvenir est arrivé, vous avez peut-être fait des associations avec d’autres souvenirs, et si vous n’avez pas été très attentif au texte et à votre lecture, votre souvenir est peut-être apparu dans votre champ de conscience sous la forme d’une image fixe ou mobile, et avec un peu « de chance », vous avez rejoué la scène mentalement.

 

Vous avez peut-être rejoué la scène qui vous avait perturbé, et vous avez essayé de la recadrer. Si tout ceci vous est effectivement arrivé, alors vous venez de faire comme d’habitude, vous avez refait votre monde à partir d’une illusion, d’un souvenir. Ce Moment est maintenant une nouvelle pierre dans votre océan intérieur, et peut-être qu'elle réapparaitra dans quelques minutes, dans quelques heures ou bien plusieurs années. Nous avons fabriqué un souvenir de souvenir, et nous lui avons attaché un petit plus. Vous vous êtes construit un petit peu.

 

Si tout cela vous a laissé froid, froid comme une pierre que l’on sort du frigo, alors chercher quand même pour voir si vous n’avez pas un petit souvenir en réserve.

 

Il y a une autre façon simple de présenter tout cela. Finalement, je dis que tout s’exprime dans une sorte de logique avec un point de départ que j'appelle une « graine », et que cette « graine » va être mise en mouvement par un mécanisme qui va entrainer un déroulement, un enchainement, ininterrompu de croissance. La graine pouvant être une pensée, une idée, un mouvement (la marche), la graine d’un arbre, une cellule humaine…

Une sorte de principe de vie qui se déploie, et nous force à nous déployer de même. Si je prétends que nous passons tout notre environnement à notre machine à translater du moi, et que nous faisons en permanence référence à dû NOUS, pour appréhender notre monde. Cela veut dire que si je tombe nez à nez avec quelque chose de complètement nouveau, alors, je ne pourrais pas l’appréhender. Je vais faire des associations et essayer de le faire rentrer dans une case, mais si la chose est totalement neuve pour moi, et qu’il faut que je passe par cette chose, alors je vais être dans une problématique de résolution. Quand une nouvelle information est portée à ma connaissance, et qu'elle est perçue comme une chose inconnue et non classable, et bien, elle va rester en place et elle sera référencée comme un élément « perturbateur » dans mon esprit. Mon système interne continuera, hors du temps, à chercher un référencement plus précis, pour que cette information soit enfin stabilisée, classée. Si cette chose vous interpelle, alors, logiquement, c’est qu’elle est déjà certainement un lien avec autre chose que vous ne pouvez résoudre pour l’instant. Mais l’interpellation qui apparait dans votre conscience, sous la forme de pensées diverses, doit bien faire référence à quelque chose ? Quelque chose de complètement inconnu, sans référence mémorielle aucune. Vous reconnaitrez peut-être une zone de couleur, une forme, une matière, mais rien de connu. Une pierre est comme une autre pierre, une goutte d’eau dans un verre est de l’eau…

 

Voici quelques exemples de chose neuve, que moi je comprends, à vous de jouer :

 

1.    Je dis, toutes les rouges.

 

2.    22:22

 

3.     

 

4.    Cett->enn(la)

 

Vous ramenez tout à vous, car il n’y a que vous en vous. Même les choses apprissent à l’école, ou durant des expériences de vie, sont devenues du vous. Vous les avez en partie intégrées. Vous êtes une sorte de conglomérat de toutes ces choses. Si vous prenez comme référence l’action d’une autre personne que l’on vous aura racontée, c’est que vous l’avez au préalable intégrée en la mettant en relation avec votre expérience. Lorsque vous regardez un film, une émission de télévision, une pièce de théâtre, ou que vous écoutez un ami, vous intégrez ces informations et elles font partie de vos souvenirs. Toutes ces informations peuvent vous permettre de corréler d’autres faits, elles font partie (d’une certaine manière) de vos expériences. Même vos rêvasseries en font partie.

 

On pourrait presque dire que les choses qui nous interpellent sont du moi, qui est en rapport avec MOI. Donc ces choses sont sous le coup d’une sorte d’illusions, alors que les choses qui ne me font rien sont ce qu’elles sont, et elles sont donc dans leur statut de choses réelles. Le réel serait alors ce qui ne m'interpelle pas, ou tout du moins : ce que je ne fais pas parler. Ce qui, « je ne m’illusionne pas », est plus réel que le reste, puisque je le prends comme il vient et donc comme il est.

 

Les remarques qui précèdent montrent qu’un point de départ (graine) provoque la floraison d’une illusion mentale, avec un développement plus ou moins détaillé, par notre imaginaire. Les éléments de départs sont situés dans les stimuli que nous recevons, ou semblent arriver à la conscience de façon automatique, un peu à la manière d’une roue qui tourne. Il faut être très vigilant, très attentif, pour s’assurer de tout cela. Mais, les points de départ visibles (les graines) sont précédés d’une logique qui semble bien inconsciente. Une sorte de sous-marin qui recherche certains éléments dans tous les « sens » pour pouvoir déclencher la suite perçue. Ou alors : cette suite, tel qu'elle est définie ici n’est qu’une suite, et ce que nous pensons être notre conscient n’est que le prolongement d’un processus enclenché plus tôt en amont. Ici, la chasse est plus difficile, car nous ne voyons pas le gibier. Il va falloir procéder d’une autre manière pour voir l’invisible.

 

Si le gibier n’est pas visible, il laisse cependant des traces sur le sol, et à force de suivre ses traces nous devons trouver sa tanière. Nous allons donc utiliser les traces, laissées par tous ces éléments au plus près de leurs apparitions, et dans la logique de leur développement. Métaphoriquement, nous allons accumuler du gibier visible, de la nourriture, pour en comprendre la nature.

 

De quoi disposons-nous ?

 

Tout ce que nous avons fait et faisons au quotidien est logiquement issu de cet inconscient invisible. Nous sommes à travers nos gestes et nos actes un prolongement de ce monde invisible, un prolongement qui finalement est très visible. Nous avons donc comme matériel d'analyse tout le déroulé de notre vie comme « trace » potentielle, tous nos souvenirs, en fait VOUS et vos VOUS. Tous les éléments déjà notés sont de bonnes pistes de départ.

 

Vos styles d’habillement.

Vos goûts dans tous les domaines.

Vos créations, décorations, constructions.

Vos émotions, vos sentiments.

Vos rêves, vos fantasmes…

Vos hobbies, vos idoles…

Vos habitudes, vos  tiques…

 

En fait, vous pouvez utiliser tous vos « VOUS », la liste est longue, mais malgré cela il est difficile de débusquer ce type de gibier. Il faut souvent faire appel à un professionnel qui saura voir avec vous. Attention, je n’ai rien à vendre, et tout ici n’est que fariboles, inventions, illusions, constructions de sable…

 

Il est difficile au début de trouver seul les traces, même si tout ce que vous faites est porteur de réponses. Même, si vous ne connaissez rien à rien, la lecture de Freud[45], même si certains de ses ouvrages sont un peu poussiéreux, peut vous mettre sur des pistes. J’ai bien aimé il y a longtemps maintenant la lecture des ouvrages de Rober Desoille[46] sur le rêve éveillé, et son exemple de psychothérapie concernant une de ses patientes : Marie Clotilde.

 

Plus la portion d'information que vous analyser est proche de votre inconscient, de vos rêves, de vos rêvasseries, de vos fantasmes, et plus vous êtes dans de l’information facile à traduire, pour qui sait voir et entendre. Plus vous êtes réveillé, conscient, plus la chose est cachée, car vous considérez dans ces moments-là que vous faites face à la réalité, et que vous réagissez en conscience avec les stimuli. Vous pensez que votre action est dictée par le présent, que cela n’est pas un choix libre, mais un choix imposé par la situation. On pense qu’à ce moment-là notre geste n’a rien à voir avec une intériorité quelconque, c’est une erreur de raisonnement. Ce que vous faites dans votre état le plus réveillé est peut-être bien la chose la plus cachée en vous. J’aime bien l’expression, « ça se voit comme le nez au milieu de la figure », mais il y a une sorte d’ironie dans cette phrase, c’est que vous êtes la seule personne au monde à ne pas voir votre visage.

Voici peut-être quelques pistes, je dis bien peut-être, car chacun d'entre nous, à un mode de fonctionnement qui lui est propre, et c'est donc à vous de voir.

 

Souvent, nous sommes dans des logiques compensatoires, une forme de rééquilibrage. J’ai déjà évoqué ce concept à plusieurs reprises depuis le début. Nous avons aussi une sorte de logique de reproduction de schémas ou de structures, et ces schémas ou ces structures peuvent être utilisés avec des contenus divers, lors de situations très différentes. Il est important de bien comprendre, la technique de projection de notre MOI dans tout ce qui nous entoure. La projection n’est pas que la reproduction de notre corps ou notre visage sur des photos, ou des vidéos, mais la projection vers l’extérieur de notre inconscient, avec ses structures et ses schémas. Si vous comprenez ou découvrez un de vos schémas, alors vous ouvrez une porte qui vous permet d’avancer vers la suivante.

 

C’est une sorte de pelote de laine emmêlée, vous tirez le fil où vous voulez, de toute manière la bobine est derrière, et petit à petit vous la rendez utilisable, en la rembobinant. Mais encore une fois, chacun a son propre monde intérieur, construit depuis le tout début, et chacun doit faire ce travail lui-même, s’il veut connaitre des parcelles de son monde intérieur, un monde intérieur, qui fait la « couleur » du monde extérieur.

 

En réalité, il n’y a pas de barrière, mais plus tôt une sorte de continuité, un peu comme un son que vous ne pouvez entendre, qu’à partir d’un certain volume sonore. Depuis le départ, c’est le même son. Si je joue une note de musique avec un synthétiseur, et que je tourne doucement le volume de zéro au maximum devant dix personnes, il y en aura certainement une de ces personnes qui entendra la note avant les autres.

 

Penser, agir, bouger, vivre… Plus vous découvrirez cette partie invisible, plus les éléments de votre vie vont vous apparaitre comme étant inscrits dans une logique. Ils vous apparaîtront comme faisant partie d’une grande structure. Accumuler des faits, des pensées, des cogitations, ou tous types d'informations peut faire apparaitre les pourtours de la forme cachée. Imaginez que vous êtes une goutte d’eau dans une bouteille, et qu'en vous déplaçant le long des parois vous pourrez redessiner la forme interne de votre lieu d’habitation. J’aime bien le onzième aphorisme du TAO-THE–KING[47] :

 

Trente rais se réunissent autour d'un moyeu. C'est de son vide que dépend l'usage du char.
On pétrit de la terre glaise pour faire des vases. C'est de son vide que dépend l'usage des vases.
On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison. C'est de leur vide que dépend l'usage de la maison.
C'est pourquoi l'utilité vient de l'être, l'usage naît du non-être.

 

Parallèlement en évitant de projeter votre moi sur les autres, vous allez certainement voir ces schémas apparaitre dans les agissements de vos proches, vos relations, de simples passants… Le monde autour de vous va devenir un livre ouvert à tous ces mécanismes.

 

Quelques petits exercices, pour « voir », et pour détendre l’atmosphère.

   

 Voici cinq personnages, l’exercice consiste à les classer par ordre de méchanceté, mais attention, il y a un piège. 

 

   

 Exercice deux, où se trouve le médecin ? Attention piège !

   

 Exercice trois, où se trouve le médecin ? Attention piège !

5.11.  Mises au point

Je parle d’observation, de chasse à la pensée, d’une forme d’introspection pour remonter au point de départ d’un acte physique ou mental. Cela revient à vous diviser en deux pour être à la fois celui qui fait et celui qui voit, celui qui commente. Sérieux challenge !

En fait, vous faite déjà cela en permanence, mais pensée vous que cela soit possible ? Et puis, voulez-vous être deux en vous ? Voir plus que deux ! Mais bon, il faut bien utiliser les outils que nous avons sous la main, et celui-là nous l’avons depuis, depuis, depuis quand déjà ? 

 

Ces actions d’observations m’apportent certaines informations que je vous livre ici un peu en vrac. Attention, ce sont mes observations, donc c’est du moi pas du vous.

5.12.  Des « trous dans la raquette »

J’ai remarqué que pour observer, le mieux est d’être simplement attentif, attentif aux bruits, aux odeurs, à nos gestes, attentif tout simplement. Je tiens la poignée d'une porte, je laisse « venir à moi » la sensation de la présence de la poigner dans ma main. En fait, cela doit être une sensation en temps réel, n’est-ce pas ? Dans le même temps, un oiseau chante, mais je ne m’attarde ni sur la sensation de présence de la poignée, ni sur le chant de l’oiseau. Je suis une sorte de micro qui capte tout : ma « caméra yeux » film, et mes « oreilles micro » enregistre, et ma « peau capteur » ressent, etc. J’essaie d’être conscient de tout en même temps, puisque ça arrive en même temps, sans sélection. Hop, une pensée, je la laisse se dérouler, mais déjà, j’ai vu le point de départ : un livre dans ma bibliothèque qu’il faut que je rende à son propriétaire et je suis en retard. Hop, j’ai décroché, je suis entré en mode pensé, souvenir du prêt, association d’idées (l’ordre peut varier), si j’avais été moins attentif, j’aurais peut-être fini ça dans une rêvasserie avec un bibliothécaire, accompagné d’un dialogue, où j’aurais trouvé une bonne excuse pour mon retard. Désolé pour cet exemple, mais c’est du moi : j’ai surement un problème avec les réglementations et les contraintes de temps. À vous de faire vos propres expériences, pour avoir du vous à vous, et pas du moi à moi.

Le titre de ce chapitre est : « Des trous dans la raquette » ?

 

De quoi je veux parler en utilisant cette expression? Eh bien ! Voilà, pour ma part, je remarque que l’attention que je porte durant cet exercice n’est pas fluide, mais découpée en séquences. C’est-à-dire : qu’entre deux actions, deux mouvements, à la jonction de deux attentions, il y a un « blanc », un glissé, un fondu enchainé rapide, comme dans un film de cinéma. Ici, c’est plus dur à voir que dans un film d’action américain, car nous sommes dans une sorte de « plan-séquence », l'action que je réalise est logiquement continue. Mais, en réalité, je passe d’une action à une autre et entre ces deux actions, qui semblent continues, j’ai du mal à être attentif à ce qui se passe entre ces deux actions ?

 Il y a « un trou dans la raquette », une sorte de perte de l’attention. Surtout lorsque la tête change de point de vue. Pour expliquer le phénomène, je vais vous fournir un exemple ou le terme « hop » dans le texte représente des trous. J’ai forcé le trait dans cet exemple pour que vous perceviez de quoi je parle. En réalité cela peut-être un peu plus difficile à observer même si vous êtes calme et attentif, mais en insistant un peu cela devrait apparaitre.

Je suis en train de manger (hop), je porte ma fourchette à ma bouche (hop), je la sors (hop), je mastique (hop), Je prends mon verre (hop), je le porte à ma bouche (hop), un brui à gauche, je tourne la tête (hop)…

Si je veux éviter les trous, il faut que je ralentisse le rythme de mes actions, que je devienne plus lent. Je me transforme alors en un personnage de film tourné au ralenti, pour me permettre d’être attentif au mouvement plus brusque se trouvant entre deux actions, pour voir la commutation de pensée liée à la commutation d’action. Je suis dans une sorte de méditation active, où la pensée est elle aussi ralentie, la rêvasserie logiquement est stoppée, je suis vigilant, très attentif.

 

Pour moi, l’important ici est la détection du « Trou dans la raquette ». Le monde qui m’entoure va à la vitesse qu’il veut (en réalité la même que la mienne), mais tout cela n’est qu’un point de vue, c’est relatif comme dirait Einstein[48].

 

Donc, relativement à MOI, si une moto passe devant MOI, à 50Km/h et que je regarde les roues de cette moto, je ne verrais pas les rayons de la roue. Je verrais une sorte de flou, le même type de flou que celui entre deux actions. Plus étonnant encore : si, tout en regardant les roues aux rayons flous, je tourne rapidement la tête sur le côté, j’aurais durant une fraction de seconde encore l’image de la roue dans mon champ visuel, mais avec la vision des rayons de la roue, qui m'apparaissent nette, comme bloqués, comme si j’avais la dernière image prise par ma « camera yeux ». Faites des essais, soyez attentif à VOUS, faites-vous votre propre idée sur ces remarques.

 

Ce que MOI je constate à travers ces faits simplissimes (à vous d’en trouver d’autre), c’est que visiblement :

JE N’AI PAS ASSEZ « D’ATTENTION » POUR ÊTRE ATTENTIF AU MONDE QUI M’ENTOURE.

Certaines parties de mon existence sont gérées par MOI sous la forme de flous, des sortes de « Trous dans la raquette de l’attention ». Portant, je suis à table et tout se passe bien, je mange. Je vois la moto s’éloigner, tout va bien. Il semblerait seulement que mon attention n’a pas le potentiel de tout absorber. Il y a comme une limite à ma capacité d’être attentif à tout, là, ici et maintenant. Faites l’expérience, regarder si pour vous c’est pareil ? Mon processus « Observateur » n’a pas la capacité de tout observer, il faut qu’il fasse un choix. Si je suis conscient et attentif, quelle est la nature de ce choix ? Quel est le critère qui va choisir pour moi d’observer telle ou telle chose en priorité ? Surtout, qu’est-ce qui « passe à la trappe », par ce manque de potentiel d’attention ? Qu’est-ce qui fait le tri avant l’utilisation de cette ressource « Observateur » ?

 

Tout cela nous oblige aussi à constater que « l’observateur », n’est qu’un ersatz de l’action, du mouvement, du réel. L’observateur arrive en deuxième position, c’est un second rôle, Il se passe quelque chose, « hop », je l’observe, autre chose, « hop », je l’observe.

 

Je suis au milieu de la foule, une masse d’information arrive vers moi à travers mes cinq sens, un tri est fait, et il en suit l’observation, et la réaction le cas nécessaire. Tout cela joue sur des vitesses de résolution à la limite de « l’observable ». J’ai l’impression, lorsque je m’observe en train de taper sur le clavier de mon ordinateur, que je suis en direct, mais il y a obligatoirement un très léger décalage. De plus, lorsque je m’observe taper sur mon clavier, j’oublie un peu les bruits de la pièce, je n’ai pas assez d’attention pour tout faire. L’observateur m'a tout l’air de n’être qu’un maillon de la chaine déjà évoqué plus haut.

 

Il y a quelque chose avant l’observateur qui acte, puis vient l’observation de l’acte, et éventuellement une évolution de l’acte. Une fois engagée, l’action est suivie avec un léger différé, comme pour une retransmission de télévision. De la même manière, j’écris ce texte, mais j’ai un différé entre ma pensée et la frappe du texte avec le clavier, car mes mains ne vont pas aussi vite que mes pensées. Dans ce cas de figure apparait un usage naturel de ce décalage, ma pensée a le temps de modifier le texte qui devait être frappé. Ce léger décalage temporel est mis à profit par ma pensée et donc par MOI, pour améliorer l’orthographe ou la syntaxe du texte, voir le contenu du texte lui-même. Ce décalage est une sorte de mécanisme de rétroaction, un superviseur, un vérificateur, un mouchard. Si je reprends le phénomène de la vision des rayons de la roue de moto, qui est évoqué plus haut, j’ai constaté que la dernière image visible de la roue est stable, complète, cette vision contraste avec le flou perçu juste avant la coupure. Cela semble montrer qu’en réalité, j’ai capturé tous les moments de rotation de la roue, simplement, mon système de rétroaction n’a pas vocation, ni le potentiel, de travailler en temps réel. Il a fait de l’à-peu-près. Cet à-peu-près est relatif, car c’est notre niveau de conscience normal, nous n’avons pas de référentiel en amont. La capture de l’ensemble des événements arrivant aux organes des sens n’est pas disponible pour la conscience. Ce niveau « observation » est donc le niveau conscient, et je dois faire avec. Si une pensée m’entraine vers une rêvasserie, alors je déconnecte du réel, tout en laissant les systèmes placés en amont mener la barque. Le cas est fréquent, lorsqu’au volant d’un véhicule vous partez dans une rêvasserie, vous immergez quelques kilomètres plus loin en vous demandant où vous êtes.

 

Ceci suppose qu’en réalité, lorsque nous pensons être conscients nous sommes simplement dans un mode de supervision de quelque chose qui a déjà commencé. Je serais tenté de dire que ce MOI conscient, qui peut ou non jouer le rôle d’un observateur, n’est pas le seul décideur. Il est là pour assurer un rôle qui reste à définir, mais il n’est finalement pas MOI. Il doit y avoir un MOI avant la conscience de veille, qui est capable via la pensée, et d'autres mécanismes, de se diviser en une multitude de moi. Soit virtuellement dans des rêvasseries, ou bien matériellement, à travers des actes, des créations, etc…

 

Le MOI inconscient doit avoir une vigilance constante. On doit pouvoir cerner la logique de fonctionnement de cette partie invisible en collectant des faits, en observant des modes de fonctionnement apparaissant au niveau du conscient. Le conscient est comme un passage, une émergence de choses situées en amont, qui pour certaines apparaissent et pour d’autres restes dans une logique d’automatisme ou d'actes inconscients. Un tic[49] est à la limite du conscient et de l’inconscient  

 

JE -> MOI -> moi

Le niveau conscient est-il indispensable pour communiquer, est-il utile pour assurer la mémorisation des souvenirs ?

 

Bien que la communication entre individus soit souvent traitée à un niveau inconscient, comme nous le montrent la PNL[50] ou d’autres techniques, la mémorisation de faits non conscients est certainement aussi possible. L’analyse qui utilise la pensée verbale semble être réalisée au niveau conscient, la pensée est consciente, même si elle peut se dérouler dans un rêve, où alors nous sommes dans une forme de conscience relative. L’outil « Observateur » dont je parle n’est rien d’autre que de la pensée au travail sur du réel, le réel pouvant être ici dans une logique de virtualité. Si j’observe une rêvasserie, je pense sur du virtuel, mais qui a une certaine forme de réalité lors de sa réalisation.

5.13.          Souvenirs et « trou de raquette » élastique

Voici un autre exemple de « trou dans la raquette » qui est assez parlant, pour nous permettre une nouvelle remarque. Je simplifie volontairement l’histoire qui va suivre en la modifiant légèrement.

Il y a quelque temps, j’étais avec des collègues, installé à une table de restaurant et nous dissertions sur des sujets divers. Lors du repas, nous avons évoqué le film Mémentos[51] où l’action traite de la mémoire à court terme. Quelques jours plus tard, un collègue qui se trouvait à cette table m’a prêté le DVD du film. Par manque de temps, j’ai regardé le film un mois plus tard. Lorsque j’ai rendu le DVD à mon collègue en lui faisant un commentaire sur le film, nous sommes retournés manger ensemble et avons discuté du scénario. J’ai prétendu que nous étions tous des Mémentos en puissance. Pour essayer de prouver mes dires, je lui ai proposé de retrouver à quelle date et dans quelle circonstance ce film m’avait été prêté. Mon collègue a joué le jeu et nous avons noté séparément sur un papier ce qui nous semblait être la réalité. Lorsque nous avons confronté nos documents, qui pour chacun semblaient contenir une information cohérente, Nous avons vu qu’à quelques détails près, nous n’étions pas d’accord. Un des plus gros désaccords pour moi était que mon collègue avait pris ma place ! Les noms des collègues présents à la table n’étaient pas les mêmes. Les seuls points d’accord étaient le nombre et l’endroit, nous étions quatre dans une pizzeria. Après une discussion animée, nous avons réussi à retrouver les noms des convives. Nous avons trouvé une sorte de consensus et de nouveau nos souvenirs nous semblaient cohérents. Un des collègues que nous avions retrouvés mentalement était présent dans la pièce, et nous lui avons demandé de faire le même travail que nous. Malgré sa bonne volonté, il ne se souvenait pas de ce repas ? Nous avons apostrophé un autre collègue, qui lui aussi était logiquement là ce jour-là, et nous lui avons demandé de faire le même exercice. Il avait un souvenir qu’il disait précis de ce repas pour différente raison. Pour lui, nous étions six, et les places occupées étaient différentes. Avec ces nouvelles informations, nous avons réorganisé notre mémoire et de nouveau cela nous a semblé cohérent. D’autres détails revenaient maintenant dans notre champ de conscience. Par contre, notre autre collègue ne se souvenait toujours pas de ce repas. Un autre collègue, attiré par notre discussion, est venu nous voir, et à notre grand étonnement il nous a dit qu’il était lui aussi à la table avec nous. Il était en face de moi ! De nouveau, ma mémoire s’est réorganisée et tout est redevenu cohérent une nouvelle fois. De plus effectivement, notre collègue en manque de souvenir avait raison : il n’était pas là ce jour-là !

Cette histoire est banale, et vous en avez certainement d’autres à me raconter du même genre, mais elle montre un point qui me semble important : À chaque modification des informations fournie par tels ou tels collègues, le souvenir a été reconstruit et c’est retrouvé dans mon champ de conscience comme quelque chose de cohérent, de logique, de vrai, malgré les erreurs qui apparaitront plus tard. Cela a été vrai, de la même manière, pour mes autres collègues, qui eux aussi avaient au départ un souvenir différent. Que pensée de la réalité de se souvenir, il y en a eu quatre versions très différentes en l’espace de quelques minutes ! Et surtout, que penser des souvenirs en général, des souvenirs que nous avons à longueur de journée sur des événements bien plus anciens et où nous sommes seuls pour les qualifier ? Ces souvenirs, qui arrivent dans les processus de pensés décrit plus haut, qu’elles valeurs ont’ il vraiment ? Un des points de départ de cette discussion avec mes collègues était la perte de mémoire, et les inconvénients liés à ce problème. Finalement, nous sommes tous un peu comme le héros du film Mémentos, sans nous en rendre compte.

 

Je retiens de cette anecdote que le souvenir me semblait vrai à partir du moment où cela me semblait COHÉRENT. Je retiens aussi que les informations avaient été comme compressées. Une autre remarque, plus subtil peut-être, c'est qu’en nous mettant à quatre sur six nous avons, je pense, reconstruit assez fidèlement le souvenir. Chacun avait mémorisé une portion de la scène et avait simplifié le reste, tout cela dans une logique de cohérence personnelle. La présence de tel ou tel collègue n’avait visiblement pas d’importance pour nous, alors cette information avait été supprimée, voire déformée. Nous n’avons pas tous fait le même travail de compression, et le fait de travailler ensemble sur la question nous a permis de reconstruire le souvenir.

5.14.  Une histoire de disque dur ?

En fait, si l'on est poète, j’ai l’impression que dans cette histoire nous ne sommes pas six autour de la table, mais sept. En effet, je trouve qu’il a fallu se mettre à quatre pour reconstruire notre souvenir et arriver à un consensus. Mais la réunion de nos quatre ou cinq souvenirs peut être considérée comme une entité virtuelle constituée de ces quatre ou cinq souvenirs. Un être virtuel existant à travers nous et disparaissant doucement à travers le temps qui passe…

 

En écrivant cette histoire, j’ai fait une sorte de parallèle par la pensée avec un système de sauvegarde de données utilisé par les ordinateurs, le procédé « RAID 5 ». Douglas Hofstadter[52] dans son livre « Je suis une boucle étrange », que je lisais au moment de cette anecdote, reprend lui aussi le concept d’homme ordinateur (chapitre 18), mais plutôt dans une capacité de lancer des programmes et donc de reproduire des structures. Ici, je pensais moi à quelque chose de plus concret qui est utilisé dans les systèmes de gestion des disques durs des ordinateurs. Il existe plusieurs modèles de sécurité dans le "hardware" des disques durs, et ces différents modèles sont appelés communément de RAID 1 à RAID 51. Le modèle RAID 5[53] basique utilise un ensemble minimum de trois disques durs, pour répartir les informations, et si un disque dur tombe en panne le système sera capable de reconstruire l’information à partir des deux autres. Ce système s'appelle un cluster, ou une grappe, de disques. Dans ce modèle, nous avons un système qui se sécurise lui-même à travers l’ensemble de ses ressources de stockage.

 

Ici le cluster c’est l’ensemble des 6 personnes présentes à la table ce jour-là, et nous avons à peu près reconstruit la scène avec 4 personnes.

 

Ce concept peut être affiné et on peut concevoir que je possède une sorte de noyau d’informations interne (ma mémoire), et qu'il existe une multitude d’informations périphériques plus ou moins en lien avec ma personne. En fait, je serais Ludovic et un peu tout le monde en même temps à travers ces souvenirs divers. Du coup, par extension, nous formons une sorte de "cluster" géant, avec une répartition de la mémoire mondiale dans l’ensemble des individus de la planète. Nous sommes tous connectés et formons un "cluster", qui maintient la cohérence mémorielle du genre humain. Notre décor, n’étant lui aussi que la projection de notre pensée, le concept peut être étendu au niveau matériel de l’humanité (nos constructions et créations). Notre JE, ne pourrais bien n’être en fait que la moyenne de nos souvenirs, ou tout du moins nos souvenirs les plus personnels, l'ensemble de ceux qui n’ont pas été partagés avec notre entourage, et qui ne sont dont pas dupliqués dans le "cluster". Maintenant ces souvenirs vont certainement transparaitre par projection dans notre décor ou notre attitude, et ils seront perçus par des tiers, qui mémoriseront une forme dégradée de ces souvenirs. Si je suis écrivain, je vais certainement projeter mes souvenirs dans mes écrits de façons plus ou moins cachées et l’information ira dans le "cluster" où elle se répartira tranquillement.

 

Une autre question se pose à travers cette banale histoire de souvenir de table. Pourquoi une partie de ma mémoire se trouve-t-elle dans une autre entité ? En effet, ici une partie de ma mémoire n’était plus vraiment accessible, une partie de MOI était chez un autre. Il est vrai que ce souvenir est commun et qu’il y a plusieurs souvenirs, d'une part les miens, sous une forme morcelée, et ceux de mes collègues sous une forme eux aussi morcelés. La réunion de ces souvenirs nous a permis de reconstruire la scène, soit, mais je peux dire aussi que mes collègues sont les témoins d’une partie de ma vie, qui est aussi la leur, à ce moment donné. Ils sont une sorte de mémoire de « moi », comme je suis une mémoire d’eux. En cas de problème, vos amis seront peut-être vos témoins. Les témoins de votre vie, les témoins de votre mariage, ils pourront être les garants de vos faits et gestes. Ils sont une sorte d’extension, d'expansion de vous. Une garantie très relative, quand on constate la qualité de l’outil mémoire chez certains, mais finalement cette qualité n’est pas forcement meilleure chez vous, que chez vos témoins.

 

Tout cela pour dire que : nous sommes ici aussi, la cible, des flèches, tirées par les arcs de nos relations. Ou plus simplement, nos relations sont des « moi » (vous) en puissance. Vous êtes entouré de « vous », plus ou moins fiable, plus ou moins performant en fonction de critères de durées, d’intimités, etc. Inversement, vous avez en stock des tonnes d’informations concernant d’autres « vous » (moi). Tout cela formant allègrement à l’intérieur de vous une sorte de conglomérat de souvenirs divers. Notre comportement vis-à-vis de certaines relations sera d’ailleurs très différent en fonction du niveau d’intimité relative avec ces relations. La perte d’un « être cher », au-delà des sentiments propres à cet événement, sera aussi une perte d’une partie importante de votre mémoire, votre mémoire externe. À ce moment, un lien invisible vient de rompre, vous avez perdu une partie de vous-même.

 

Tout cela est banal, et tout le monde a certaines déjà ressentit ce sentiment de pertes, un sentiment qui n'est pas forcement lié au décès d’un proche, mais qui peut se présenter simplement lors du départ d’un collègue en retraite, ou même lors du départ d’un ami en vacance ? Tout cela est à pondérer, en fonction des événements qui vous reviennent en mémoire en lisant ces lignes.

 

Ici, ce qui me questionne, c’est ce lien invisible qui s’est rompu, et qui a provoqué en moi une émotion, du chagrin, de la peine, ou d’autres sentiments connexes.

 

Si j’inverse le processus, je sais que je vais éprouver une émotion, de la joie, du plaisir, si je retrouve une personne perdue de vue depuis longtemps. De la même façon, cette émotion sera graduée par des paramètres qui nous sont propres. J’imagine que tout le monde a déjà vécu ces types de situations qui sont très banales. Il y a un lien invisible qui se créer lors d’une rencontre, une sorte de fusion des êtres, une fusion pouvant être physique pour certaines retrouvailles. Vous êtes de nouveau : «la cible, des pensées (flèches) de l’autre. Dans la poésie, notre ami Cupidon[54] a fait beaucoup pour les amoureux !

 

 

L'Amour victorieux, par Le Caravage (1602–1603). Représentation classique d'Éros/Cupidon en jeune garçon avec ses ailes et ses flèches[55].

 

Vous avez certainement déjà remarquerez les flèches utilisées par Cupidon, pour crée un lien entre les amoureux, je vous laisse creuser ce mythe vous-même.

 

Je veux faire ici un lien, entre ce sentiment courant et la « maquette de 2CV », qui a été vu dans la vitrine de la librairie, ou bien les statuettes dans mon salon. La question était : pourquoi cette maquette et pas autre chose ? Un lien invisible me relie à mes statuettes, des statuettes mémoire d’une création, des statuettes représentation de « moi », des statuettes flèches, visant l’arc de mes émotions, ayant pour cible MOI.

 

Je suis attiré par des formes, des objets, qui tissent des liens invisibles entre eux et moi, ou plutôt entre MOI et moi. Inconsciemment, par associations de formes, de souvenir, je suis attiré par des éléments de mon décor, qui sont en résonnance avec MOI. En résonnance sur des niveaux divers, par apport à des préoccupations différentes. Si je suis en face d’un ensemble d’éléments, certains auront ma préférence. Ils pourront faire émerger des souvenirs, des associations, des rêvasseries, qui me permettront de reconstruire mes souvenirs, de les bonifier, de les faire cadrer avec des besoins plus profonds. Les éléments de mon décor, de mon environnement, sont des sortes de miroir de MOI. Imaginer que vous êtes dans une sorte de boule à facettes, cette boule ayant l'ensemble de ses facettes à l’intérieur tourné vers VOUS placé au centre. La magie de cette boule à facettes étant de ne pas vous renvoyer directement votre image comme une glace classique, mais des formes pensées de vous. Une multitude de vous, placées autour de VOUS. Les facettes magiques pouvant changer de taille, de poids, de sentiments, en fonction de la forme pensée qui y est accrochée.   Excusez-moi, de la forme pensée que vous projeter dessus, car n’oublions pas que nous parlons d’un miroir, nous ne sommes pas dans le conte de « Blanche Neige[56] », le miroir lui ne parle pas. Le miroir c’est simplement, le reflet de votre image, une projection qui part de VOUS, pour aller vers le miroir, pour VOUS permettre de vous voir par réflexion. Attention, ici le miroir en réalité n’est pas votre âme, il n’est qu’un objet, une chose, techniquement un miroir est un objet possédant une surface suffisamment polie, pour qu'une image s'y forme par réflexion, il est conçu à cet effet. C'est souvent une couche métallique fine, qui pour être protégée est placée sous une plaque de verre, pour les miroirs domestiques (les miroirs utilisés dans les instruments d'optique comportent une face métallique au-dessous, le verre n'étant qu'un support de qualité mécanique stable)[57]. La maquette de 2CV est un objet en plastique ou en fer, ne possédant aucun mécanisme ou capteur, pour vous voir, pour vous sentir, pour communiquer avec vous. Cette maquette de 2CV est juste un reflet de votre âme, un des miroirs de la boule à facettes, c'est une chose qui vous permet de faire « sortir de vous » un souvenir, une pensée, une émotion, un sentiment. Du coup, cet objet dans la vitrine a votre préférence par apport à d’autre, qui n’ont pas ou moins ce pouvoir de réflexion. Ils "brillent" moins que cette maquette, ils attirent moins votre "œil", qui est en recherche de VOUS.

 

Nous sommes en pleine poésie. Attention, tous ceci ne sont que des constructions mentales pour faire émerger des choses.

 

Revenons sur l’idée du disque dur. Considérons l’être humain comme un système équipé de simples micros (les sens), avec un ordinateur équipé de programme (structure mentale), et une logique de stockage (mémoire).

 

Nos rôles :

 

1.    Exister

2.    Stocker le plus d’informations possible.

3.    Sauvegarder cette information, par tous les moyens possible.

 

Déroulement des opérations :

 

Dès la mise en marche, nos sens remplissent nos unités de stockages d’informations diverses. Rapidement, plusieurs problèmes se posent : principalement, le stockage brut des données collectées est difficile à assurer, car nos unités de stockage sont limitées en taille. De plus, notre durée de vie est limitée dans le temps.

 

Tout le reste n’est que stratégie pour faire face à ces deux problèmes :

 

Des programmes internes sont là de façon innée pour compresser l’information.

 

            Classement par association (pattern, analogie, symétrie).

            Concept réducteur (Langage, mot, abstraction).

 

Des duplications du système sont créées, pour sauvegarder l’information dans des unités identiques (procréation). 

 

            Cycle de mort et naissance (arbre de la vie).

 

Du coup, l’information va être répartie et en même temps morcelée.

 

L’information peut être redistribuée sur d’autres systèmes identiques, pour assurer une sécurité (duplication) :

 

            Dialogue avec d’autres (Langage).

            Créations d’objets qui reflètent l’information stockée

Concept

Symbole        

            Écriture

 

Des duplications des structures sont créées, pour sauvegarder les informations dans des unités immortelles (humanité). 

 

Famille

Clan

Nations

Religions

 

Des duplications des systèmes/structures sont créées pour sauvegarder les informations dans des unités de stockages virtuelles (Globalisation). 

 

Grandes entreprises

Internet

Data base mondiale (Wikipedia)

Mondialisation

Clonage

 

Etc…

 

À chaque étape, on peut trouver des logiques qui peuvent être interprétées comme des mécanismes de sauvegardes de l’information. À chaque niveau de virtualisation, l’ensemble de ces mécanismes n’est pas traité comme une logique globale, mais comme des logiques individuelles. L’ensemble des éléments à chaque niveau est découpé, compartimenté, sécurisé. Une sorte de concurrence existe entre chaque élément du puzzle à tous les niveaux. L’individu à son niveau personnel doit assurer la règle numéro 3 : « Sauvegarder cette information par tous les moyens possible. » Ce qui implique qu’il y a une diffusion, mais pas forcément une fusion instantanée, avec une information extérieure, qui peut venir troubler le système, le déstabiliser.

 

Des mécanismes se mettent donc en place pour faire face à la contradiction subtile entre la règle numéro 2 et la règle numéro 3. À savoir : « sauvegarder l’information par tous les moyens possible » et donc en assurer la sécurité. Du coup, une nouvelle information a incorporé va, comme un caillou jeté dans l’océan, faire une sorte de tension de surface, qui va remettre en question la stabilité de la construction actuelle. Il va donc y avoir un mécanisme d’intégration pour que cette information soit mixée, validée, et que l’édifice sous-jacent déjà constitué reste cohérent. La règle 1 elle oblige la continuité de l’existence et sa stabilité. Visiblement, le mieux : c'est que cette information soit intégrée comme quelque chose appartenant au système.

 

Il y a là un début d’illusion, qui va se mettre en place et qui nous fait croire, par exemple, que des idées émergentes nous appartiennent, alors qu’elles ne sont que le résultat de l’intégration des nouveaux éléments. Cela va donner lieu à un ensemble de désordres et de cristallisations divers.

 

D’autres logiques simples, comme entretenir des réflexions en parallèle, peuvent donner l’impression de vivre une coïncidence ou d'avoir des idées communes. Par exemple, je lis actuellement le livre « Je suis une boucle étrange », et étrangement le livre est en retard sur mes analyses personnelles, ce qui fait qu’à chaque nouveau paragraphe (ou presque) que je lis je constate qu’il traite du même sujet que mes réflexions avant lecture. Ceci m’étonne et je crie à la coïncidence et à la synchronicité. En fait, il se passe la plupart du temps la chose suivante : je lis un paragraphe du livre, ce qui intègre en moi de nouveaux éléments de réflexion. J’arrête la lecture pour des raisons pratiques et automatiquement je continue la réflexion dans ma tête, et je provoque le thème en cours lors de discussions avec ma femme ou un collègue. Le temps passe et à travers ce travail, j’intègre de nouveaux éléments que je fais miens à travers différents types de réflexions. Cela est normal puisque ces réflexions sont le fruit de mon travail, et qu’elles sont réalisées en dehors du livre. Quelque temps après, je reprends ma lecture, et je suis surpris de constater qu’étrangement le texte de l’auteur est en phase avec une discussion récente ou tous autres événements. En fait, j’oublie que le livre de l’auteur est lui aussi le contre rendu d’un travail similaire au mien, et que si je suis dans la même logique que les idées de l’auteur, je vais arriver à des conclusions certainement identiques ou très semblables. J’aurais simplement utilisé des exemples ou des procédés différents de lui, pour arriver aux mêmes structures, ou bien j’aurais eu les mêmes intuitions que lui, et là la coïncidence sera totale.

 

Notre système est le résultat d’un mécanisme toujours en mouvement recherchant un état interne stable pour exister. Cet état est continuellement perturbé par les informations que nous recevons à travers nos sens. Nous devons gérer ces informations diverses et les intégrer pour les faire notre. Cette intégration doit être réalisée en assurant au système déjà existant la continuité de son intégrité, simplement pour que les données des différents niveaux de consciences soient sauvegardées et en sécurités. 

 

Nous utilisons des moyens divers pour compresser toutes les informations reçues et intégrées. Nous reproduisons à chaque occasion nos structures internes dans des éléments externes, simplement pour en assurer la diffusion et la sauvegarde. Acte divers, création, discussion, écrit, ce document, vous… 

 

Cela joue sur notre décor personnel et crée la société (les choses) à un niveau supérieur. Nous reproduisons nos schémas acquits dans nos créations et nos actes, qui ne sont que la matérialisation de ces schémas, qui nous façonnent.

 

Ces procédés sont récursifs, et conçus pour assurer la plus large diffusion possible des schémas, pour assurer leurs sauvegardes et leurs sécurités.

 

Arrivé à un certain point de récursivité le système supérieur généré par ce processus de duplication peut se détacher du système pour devenir « pseudo » indépendant, et assurer sur une plus grande échelle la sauvegarde et la sécurité de l’information. Le système supérieur ainsi créer, peut, si le sous-système qui la généré le met en danger, mettre en place un contrôle pour le rendre inoffensif, simplement pour appliquer la règle numéro 1.

 

Un pays, peut donc contraindre ses sous-éléments, ici l’individu, si ceux-ci peuvent mettent en danger sa structure.

 

Deux pays peuvent se faire la guerre si leur intérêt diverge, etc.

 

Une société commerciale va racheter une société concurrente pour reprendre ses parts de marchés…

 

Comme me la fait remarquer ma femme, tout cela ressemble à mon histoire d’accumulation !!

 

En fait, je suis en train de décrire ma structure interne et de réaliser une super compression de mes schémas mentaux dans ce document. Ce qui semble logique !! C’est mon document, écrit par MOI, avec du moi, pour déposer du moi, de toute façon je ne possède que du moi, même s'il est vampirisé d’autre source. En lisant ce document, vous devenez un peu du moi aussi, je sauvegarde mes données dans vos esprits. Vous allez intégrer ces informations, elles provoqueront des discutions, des pensées, des interrogations, tout ce que vous allez intégrer deviendra une partie de vous, ce rattachant à du vous déjà intégré. Nous sommes devant une sorte de processus de type boule de neige, comme cette boule de neige des dessins animés, où la toute petite boule partant du haut de la montagne grossit en descendant la pente.

Si vous regardez autour de vous, vous verrez peut-être que d’autres éléments de vie sont aussi dans une logique d’expansion.

5.15.  Il y a quelqu’un là-dedans ?

En écrivant ce chapitre, j’ai continué la lecture du livre « je suis une boucle étrange » de Douglas Hofstadter, et bien sûr, j’ai cru y retrouver lors de la lecture des éléments un peu déformés des écrits du paragraphe précédent. Comme prévu dans le paragraphe précédent. Le chapitre 20 du livre de Douglas est une sorte d’historiette « Duel à fleuret moucheté ». Voici le commentaire de l’auteur sur ce chapitre de son livre :

 

 « Je crois qu’il est temps de permettre à mes différentes voix intérieures sceptiques de fusionner en un seul personnage de papier (fort heureusement pas un tigre de papier !) Et de la laisser mener une joute oratoire avec un autre qui représentera, pour l’essentiel, les idées de ce livre. Page 369»

 

En fait, l’auteur au chapitre 20 reproduit ce qui pourrait être un dialogue intérieur de type rêvasserie ou un des personnages « boucle étrange 641 » le représente (le maitre) et où « boucle étrange 642 » fait le sceptique (le disciple).

 

La lecture de ce texte me montre un exemple de pensée comme celle que j’ai perçue ces derniers temps. Une sorte de conversation mentale entre entités virtuelles où l’entité me représentant (je) fait la leçon à l’autre entité (il). Dans les grandes lignes, je retrouve dans ce texte une synthèse des idées élaborées par moi en parallèle de la lecture de cet ouvrage. L’intérêt ici, c’est que l’auteur fait référence pour expliciter son propos à des éléments de son texte permettant de donner une logique à son raisonnement. Il les présente comme des souvenirs, des souvenirs qui deviennent des sortes de références. Il est évident que j’ai moi-même pris connaissance de ces informations en lissant le livre, ce qui veut dire qu’avant de lire ce chapitre j’avais tous les éléments d’une réflexion possible. J’aurais très bien pu « me faire à moi-même » cette rêvasserie ! J’ai les éléments de cette « rêvasserie littéraire » en mémoire. Mon texte du chapitre précédent est une pensée du type analytique, mais elle a été élaborée à travers le même type de démarche. De plus, je ne comprends en lissant le texte de l’auteur que ce que « je veux bien », ou peux bien comprendre. En fait, je me suis synchronisé sur la pensée de l’auteur en lisant son texte. J’ai passé mon temps à chercher à comprendre et à intégrer ses idées. Ce processus d’intégration m’a obligé à recourir à des réflexions, à des pensées internes, à des discussions externes, etc. Des procédés qui m’ont permis d’intégrer ces informations, mais en même temps à les fusionner avec mon stock d’idées, une partie de mes croyances déjà intégrées en moi. Il y a ici une sorte de vampirisation des idées de l’auteur, qui viennent « se retourner » sur le texte de l’auteur (une boucle étrange). J’intègre la structure de l’auteur et j’essaie de la faire correspondre chez moi à quelque chose de cohérent, de connue. Si je prends connaissance de l’information sur une longue période, de manière morcelée, je laisse le temps à mes structures internes d’intégrer la nouvelle structure. La structure en cours d’intégration est donc complétée avant finalisation par mon système interne (fin de la lecture) pour permettre une sorte de cohérence intermédiaire. Ce mécanisme intègre lors de la phase de réflexion, des éléments personnels ne faisant pas partie du livre, mais faisant partie de ma mémoire. Ce simple fait crée une sorte d’illusion, qui me fait croire que l’idée ou le concept en cour d’intégration est de moi. (Je pense effectivement que cela est de moi, mais j'utilise ici le livre de Douglas comme un prétexte. En réalité, j'ai acheté le livre de Douglas, car il parle d'un sujet qui me passionne et nous sommes peut-être en phase dans nos recherches respectives.)

 

Des éléments non cohérents doivent aussi exister dans ma mémoire et sont en perpétuel réajustement pour la stabilité de mon système. Ces éléments non intégrés peuvent être réactivés par le système, à la lumière de nouveaux concepts élaborés, pour les rendre cohérents. Si ces éléments sont des structures qui ne sont pas pleinement intégrés, ils vont influencer l’intégration des nouvelles structures en leur donnant une « coloration », voir ils vont influencer la compréhension et l’intégration de ces structures.

 

Exemple :

 

J’ai un problème interne non résolu de relationnel avec mes parents. Cette structure interne forte, non cohérente, non résolue, va influencer l’intégration d’une nouvelle structure. Elle va lui donner une « coloration », car je vais essayer de l’utiliser pour résoudre la cohérence de la structure déséquilibrante. Il est ainsi fort possible que dès le départ je recherche des réponses à la résolution de cette structure déséquilibrante dans cette nouvelle structure. Dans ce cas, la nouvelle information est utilisée dans ce but, et il ne s’agit pas de l'intégration d’une nouvelle structure, mais d’une sorte de pansement de l’ancienne avec la nouvelle, et cela pose problème. Par exemple, je présente le chapitre 20 de Douglas comme une rêvasserie entre un maitre et un disciple, alors que ce type de pensée m’appartient et que je cherche sa solution depuis un certain temps. 

5.16.  Ça sert à quoi ce truc qui boucle ?

À la fin de son livre Douglas Hofstadter évoque des concepts qui me laissent perplexe. J’ai l’impression finalement que d’après l’auteur nous évoluons au fil du temps en fonction de… Nous donnons et prenons par des mécanismes divers un peu de nous-mêmes et des autres, et que tout cela fait notre JE.

 

Ce livre a éveillé en moi certaines réflexions et il m’a permis d’évoquer dans ce document, sous la forme d’un exemple vivant, certaines structures mentales en rapport avec les phénomènes de synchronicités.

 

J’ai quand même l’impression que ces mécanismes de dissolutions, de constructions permanentes, ne sont pas le fruit d’une suite de hasards, et qu’ils répondent à des lignes de conduite, inconsciente pour la plupart, mais identifiable. L’expérience et l’analyse me montrent au quotidien que l’ensemble de mes actions et de mes communications sont guidées par des structures profondes, que j’ai du mal à m’expliquer, mais qui sont présentent, en moi, depuis des temps très anciens, voire peut-être même depuis le début. J’observer mes enfants depuis leur naissance, et je constate chez eux les mêmes structures. Il est évident que nous prenons l'ensemble de ce que nous percevons, et que nous adaptons notre compréhension du monde à partir de ces informations, qui nous modèle, mais pas n’importe comment. Nous avons visiblement des objectifs (désir ?), et ces objectifs réalisent une sorte de sélection structurée, dans la masse des informations que nous avons à gérer ou à transmettre.

 

Il y a de toute évidence un fils conducteur à nos actions, qui vont s’adapter aux événements du moment. Ce fils conducteur est une forme de psychose, qui nous « guide » de manière inconsciente. On peut parler de tempéraments, de types psychologiques, mais ce ne sont en réalité que des faces visibles de ce principe conducteur.

 

Ce principe est en réalité le moteur du mouvement de notre vie, la mécanique de nos actions et réactions, et tout va s’organiser autour de lui. Nous allons nous mettre dans une sorte d’état d’équilibre autour de ce principe, et tous événements, toutes informations, toutes visions, tous sons, etc..., qui perturberont ce principe, provoqueront une procédure de rééquilibrage.

 

Cette procédure de rééquilibrage, lié à ce principe fonctionnel personnel, se déroulera soit dans le réel, soit par la pensée. Dans le réel, cela se présentera à travers nos actions, nos créations, nos choix, de façon inconsciente, et en respectant les règles sociales pour un individu normal. Les règles sociales, de convenances, de coutume, d’éducation, d’un milieu peuvent d’ailleurs entrainer des conflits par apport au principe qui essaie de s'exprimer à travers nous, et dans ce cas il y aura un « mal-être ». Ce mécanisme perdurera temps que le principe n’est pas mis à jour, et il continuera certainement après. Par la pensée, l’équilibrage sera réalisé à travers des rêvasseries au sens large. Des rêves restructurant durant la nuit, des pensées diverses, des rêvasseries diurnes, des fantasmes durant le jour....

 

Nous allons effectivement « donner » de notre personne, et nous répandre autour de nous, tout comme nous allons « prendre » des autres, et cela au maximum de nos capacités (en fonction du principe qui nous habite). Notre « JE » n’est alors, comme le prêtant Douglas Hofstadter, qu’un conglomérat de choses diverses prises ici ou là. Une construction réalisée inconsciemment depuis le début, et qui s’est concentrée avec notre logique de raisonnement. Notre cerveau, « notre boucle étrange », lui donne un semblant « d’être-té », et l’assemblage que nous sommes lui donne un caractère unique. Mais, cet assemblage ne sait pas construit n’importe comment : il a été téléguidé par un principe sous-jacent de notre Être. Et ce principe est positionné avant notre "JE". Je ne suis pas sûr que le terme JE puisse lui être attribué, car quand je dis « Je crée », en fait, « le principe me fait, Je créer ». Le principe n’est pas le contenu, le JE, le MOI, mais le contenant, et le contenant n’a pas ici de forme, il est le générateur de la forme, sa raison d’être. C’est le principe générateur du mouvement de notre existence. Il est la raison de notre existence, la réponse à la question du JE : « Pourquoi je suis ici ? ». Bien qu’ici, on ne puisse pas parler de réponse, mais d’un concept de réponse du JE, le principe ne répond pas il « est », c’est tout.

 

Le JE n’aura jamais la réponse, il aura seulement le contour de la réponse, l’empreinte du contenant, le percevable, le visible, de sa place de contenue. Pourquoi suis-je ici ? Demande le vin, à « l’intérieur » de la bouteille, mais « l’intérieur » de la bouteille ne répond pas. Nous sommes ici encore devant une sorte de TAO[58].

 

Principe -> JE -> MOI/EGO

 

On peut positionner un autre principe avant ce principe, qui serait de façon plus générale la raison d’être, le principe de l’univers. Si l'on regarde les choses avec un peu de recul on s’aperçoit que nous construisons l’univers à notre image. Il y a deux types d’univers, l’univers crée par l’homme à travers ses projections de pensées, ses créations, ses constructions, et l’univers existant réellement dans lequel nous cohabitons. L’univers de l’homme repousse l’univers réel dont nous faisons partie, le principe décrit plus haut est extériorisé et il nous fait modifier l’univers réel, pour le faire adhérer à lui-même (le principe). L’univers réel est en déséquilibre par apport au principe qui nous habite, alors nous le modifions. Cette modification est à l’image de notre attitude, toutes nos créations de la plus simple, comme un vase, à la plus complexe, comme cet ordinateur, ne sont en fait qu’une projection de notre pensée, qui est téléguidée par le principe. Notre société est elle-même construite sur ce modèle, et la société n’est que la projection de notre pensée en relation avec le principe. Nous reproduisons notre structure dans l’humanité, qui n’est qu’une projection de notre pensée. L’internet, son réseau, ses machines, ses programmes… ne sont que le reflet de nous-mêmes et de notre mode de fonctionnement, un reflet de nos mécanismes de pensées. Une ville n’est que le reflet de notre corps avec ses bâtiments, ses avenues, ses rues, etc... L’humanité possède elle aussi ses formes pensées, à travers ses modes, ses rumeurs, ses tendances. Une société commerciale est une sorte de corps, c'est un individu virtuel ayant à l’heure actuelle les mêmes statuts qu’un individu de chair.

 

Un principe est là, au niveau individuel construisant notre JE, qui par extension construit notre univers. Notre JE personnel est au centre de notre décor, nous sommes au centre de nos villes elles-mêmes au centre de nos pays, etc. Nous vivons dans une « illusion » créée par notre pensée, cette « illusion » s’est matérialisée autour de nous, et cela la rend réelle. La question est de savoir si ce principe existe aussi pour l’univers réel dont nous faisons partie (la nature). Si ce principe existe pour nous, il doit exister pour tous les autres éléments de la nature et de l’univers connu et inconnu. Quelque chose doit permettre au reste de l’univers de se mouvoir, de progresser ou tout simplement d’être. Si ce n’est pas le cas, alors nous sommes un bug, un accident de la vie, et nous allons à terme détruire notre univers ou simplement nous détruire, car tout cela s’arrêtera avec nous.

 

Si je m’intéresse au monde du vivant et plus particulièrement aux plantes, on peut aussi voir chez elles des principes, qui sont en fait semblables aux nôtres :

 

Elles poussent, se reproduisent.

Elles ont un mouvement, qui les pousse à rejoindre la lumière, et tout chez elles va dans ce sens.

Elles déploient des stratégies, pour leur reproduction, ce qui pour certaines espèces est un plaisir pour nos yeux et un simulacre pour les insectes (je ne sais pas si on peut parler de plaisir pour les insectes).

 

Les insectes ont eux aussi des principes :

 

Ils vivent, se reproduisent

On retrouve chez les insectes diverses pratiques, qui laissent à supposer qu’ils suivent des principes.

Ils produisent des objets simples ou de structures (abeilles, fourmis, termite..).

 

Les animaux :  

 

Ils vivent, se reproduisent

Certains animaux ne sont pas très loin des pratiques de l’homme.

Ils produisent des objets simples et des structures (nids, barrages…).

 

Les minéraux :

 

Ils évoluent, se décomposent, se transforment, il utilise des réseaux cristallins, qui sont des duplications de structures.

 

Il y a le « principe » du mouvement, qui entraine un d’équilibre, qui entraine le besoin d’équilibre. Qui permet de se sentir ce qui entraine le besoin de se reproduire et d’être pour rester.

 

Si je retourne la lorgnette, et qu’au lieu de considérer nos créations comme des extensions de notre pensée, je vais dans l’autre sens, alors je peux envisager que je ne suis qu’une étape de ce système. Je rejoins alors la logique de Douglas Harding[59] avec sa « vision sans tête ». Finalement, « je suis » à l’image de la couche inférieure, à savoir mes cellules, qui elle-même pointe sur la couche d’avant, pour aller je ne sais où. Ces cellules qui composent mon corps, un corps qui n’est que la duplication de mes cellules, des cellules qui sont certainement elles aussi guidées par « le principe » sous-jacent. Peut-on parler de pensée pour les cellules ? Qui peut le dire ? Cela a-t-il une importance ? La cellule est guidée par un principe, qui fait que « JE suis » et que « CELA EST ». La cellule à un niveau individuelle a certainement un mécanisme de survie, une logique, qui va la faire se créer, se développer en bras, en jambe, en muscle, en peau… Mais il y a un principe qui fait que « je suis » constitué.

 

Ne suis-je que la projection des pensées de mes cellules ?

 

De la même manière, je peux descendre au niveau inférieur et constater la même chose. De couche en couche, je vais arriver au principe. Tout ne serait alors qu’une expression du principe !

 

Cette expression du principe n’est pas linéaire comme pourrait le faire penser ce zoom vers l’infiniment petit ou vers l’infiniment grand, mais est dans toutes les directions. Comme les branches d’un arbre, qui se déploie, ou une cristallisation. Le principe n’a pas de limite, il se diffuse, dans toutes les directions possibles, des directions qui existent à travers lui. Un niveau est produit par le principe, un niveau qui lui-même en créera un nouveau en l’encapsulant, etc. Le principe se déploie avec une logique fractale, pas une logique fractale à deux dimensions, comme sur les dessins ou les images d’ordinateur, mais à x dimensions. Nous ne percevons à notre niveau que l’expression 3D du principe, mais on peut imaginer que cela se déploie dans toutes les dimensions. La pensée, qui est aussi inclus dans le principe se déploie dans une dimension non physique, et donc or de notre 3D.

 

Qu’elle est ce principe de base qui fait mouvoir « L’UNIVERS », lui donnant vie, qu’elle est le point commun de tout ce qui nous entoure, qu’elle est le principe qui génère ce déséquilibre, qu’elle est le principe qui nous met en mouvement, qu’elle est le principe qui met l’univers en mouvement. Ce déséquilibre permanent le force à se redresser, « à survivre ». L’impulsion originale ! Le choc initial qui a mis en marche le principe qui se déploie. Cet éternel basculement, cette chute, qui nous maintient « en existence ». Ce CHAOS, générateur de mouvement, de déséquilibre, de redressement, de VIE. Tout est pris dans ce principe, TOUT EST VIE. Chaque niveau à ses capacités, ses propriétés, ses logiques, mais tous n’est qu’une image une conséquence, une expression du principe. Tout participe au principe, du simple grain de poussière, à la plus délirante forme (à nos yeux), en passant par ce texte, ce clavier, MOI. « JE SUIS » dans le principe, en suit une excroissance, une représentation, elle-même mue par le principe, reproduisant le principe. « NOUS SOMMES » le principe, en somme une excroissance, mue par le principe, reproduisant le principe.

 

« JE suis » le principe, et le principe est JE.

 

Je peux disparaitre, l’humanité peut disparaitre, mais le principe sera toujours là, prêt à repartir, à cristalliser de nouveau la poussière résultante de sa disparition, à l’image du phénix qui renait de ses cendres. En fait, il n’y aura pas d’arrêt, pas de notion de départ, tous cela ne sont que des notions humaines, des illusions, il y aura simplement continuité du mouvement, et continuation des choses selon le principe. Un cristal de glace aura simplement fondu pour disparaitre dans l’océan, une autre forme du principe. Le cristal réapparaitra à la prochaine glaciation, qui est elle-même une forme du principe ! Ou bien, il n’apparaitra jamais sous cette forme, mais le principe sera encore là continuant sont mouvement, la VIE. Une impulsion sans limites, dans toutes les dimensions, un BIG BANG primordial où le GÉNÉRAL est comme le PARTICULIER, la graine comme l’arbre, la cellule comme l’homme, la cité comme le corps humain…

 

Chaque élément dissocié par l’homme dans sa logique de division est en réalité une perception possible, pour l’homme, du principe. C'est un ensemble cohérent, la cohérence étant une image, une excroissance du principe, un pattern, une représentation… En réalité, il n’y a pas de compétition au niveau du principe, chaque élément (vue de l’homme) utilise son environnement pour croitre, tout œuvre dans le même but. Comme un cristal de glace qui se déploie sur la surface d’un étang, une branche de cristallisation va venir vampiriser une autre branche, qui sera elle-même vampirisée, et servira de point de départ à d’autres branches. Le but ici, n’est pas de faire des branches de givre, mais d'obtenir la cristallisation de l’étang, qui lui-même n’a pas d’autre objet que de respecter le principe. L’eau, arrivée à une certaine température, applique le principe et se cristallise, puis en chauffant elle va exprimer un autre état du principe. Elle participe au principe dans le corps humain, etc... Tout n’est que le déploiement du principe, un mouvement infini, qui cherche un équilibre, d’équilibre, d’équilibre, etc.

 

Principe, Atome, matière, planète, système solaire, galaxie…

Principe, Atome, matière, vivant, cellule, humain, pensée, décor, ville, pays, humanité…

 

Etc.

 

ATTENTION, Tout ICI n’est que de la POÉSIE.

5.17.  Une étrange continuité 

Dans les chapitres précédents, je laisse à penser que finalement nous sommes une sorte de boule de neige qui descend une pente infinie, en accumulant sur elle-même les empreintes de la vie, pour les incorporer à la boule et les réutiliser en fonction des cailloux rencontrés. Des cailloux qui sont venus perturber le roulement. De la même manière, la boule laisse son empreinte partout où elle passe. C’est de la poésie, L’expérience me montre, qu’effectivement je vampirise, ou j’intègre si vous préférez, des informations à longueur de temps et que ces informations vont à travers différents mécanismes modifier mon potentiel, et mon orientation de vie. Plus d’un publicitaire, d'un gourou, ou d'un homme politique, a bien compris ces mécanismes, et il les utilise à longueur de journée contre vous ou plutôt pour eux, à votre insu.

 

J’ai personnellement fait mes classes militaires dans un centre renommé dans les années 80 et j’ai pu y apprécier la méthode. J’en remercie d’ailleurs les instigateurs de l’époque, qui m’ont permis un certain nombre de prises de conscience que je n’aurais pas pu faire sans eux. Je ne suis pas sûr qu’ils fussent conscients de la portée de leurs actes, ils appliquaient le règlement et la méthode. La question est de savoir dans quel sens tout cela fonctionne ; je laisse mon empreinte, et je récupère des empreintes pour faire une sorte de mixe de tout cela ? Que je laisse mon empreinte, cela me semble évident, par contre, dire que je récupère tout pour faire une sorte de mixe de l’ensemble ne me semble pas juste. L’expérience m’a montré qu’effectivement nous faisons face aux événements, nous n’avons pas le choix, mais nous avons le CHOIX dans notre façon de faire face, nous avons très souvent le choix, certainement toujours. Alors, qu’est-ce qui motive ce CHOIX ? Est-il adapté à la situation ? Certainement, car sinon nous aurions des problèmes. Mais si vous avez le choix dans le choix, qu’est-ce qui motiverait ce choix ? Lorsque vous réalisez une création, un projet, un travail, bien souvent vous avez le choix de la méthode.

 

Pour essayer de répondre à cette question, je vais vous soumettre, encore une fois, quelques éléments personnels. Vous trouverez certainement les vôtres. Donc comme précédemment voyer ici juste des exemples, qui me semblent utiles. C’est une piste que j'exploite, pour vous donner des idées en rapport avec la découverte de vos propres structures.

 

J’ai à ma disposition un important stock de création, de cahiers, de documents, que j’ai réalisés depuis la classe maternelle jusqu'à maintenant. Je jette très rarement mes réalisations, certainement dans l’idée de faire ce travail de mémoire et cela depuis toujours. Cela encombre ma cave, mais me permet, lorsque je détecte quelque chose, qui me semble récurrent, de revenir en arrière et de voir si cette récurrence était présente, et depuis quand. Évidemment, vous fournir des éléments de ma vie intime va vous permettre de vous projeter la tête la première dans ces informations. Vous allez pouvoir y découvrir ce qui vous conviendra le mieux, noter ce qui vous vient à l’esprit. Si vous êtes un professionnel, cela vous fera un nouveau cas à traiter, un autre exemple de la liste déjà longue de vos classifications.

 

Pourquoi faites-vous ce métier ?

Qu’est-ce que vous cherchez chez moi en lisant ce texte ?

 

Bref, voici l’histoire. J’essayais de refaire une sorte d’historique, de synthèse, des événements marquants de ma vie, et je classais des peintures et des documents réalisés sur plusieurs décennies. J’avais entrepris ce travail durant la lecture de l’ouvrage de Georges Romey[60], « Le Rêve éveillé libre ». Ce livre m’a fait me poser des questions sur les conditions de ma naissance et de son déroulement. Georges Romey, avance que la naissance laisse des traces au niveau psychologique, le « traumatisme de naissance »[61]. il donne dans son ouvrage certains exemples, comme des grossesses arrêtées avant terme ou bien allongées, pour des raisons diverses. La lecture de ce passage m’a fait me souvenir de l’épisode de ma naissance, qui visiblement avait marqué ma mère, qui à intervalles réguliers me rappelait l’histoire. Elle avait écrit un petit fascicule racontant tout le déroulement de l’accouchement avec ses angoisses et l’ensemble des problèmes, qui ont eu lieu ce jour-là. Je lui ai demandé un jour ce fascicule (un petit cahier rouge) pour le lire, elle ne l’a pas retrouvé, alors elle m’a rédigé une lettre pour me raconter l’histoire, mon histoire.

 

Pour résumer, je suis né en 1959, « dans » l’angoisse de ma mère, qui ne voyait pas venir le médecin et avec une difficulté technique à l‘accouchement : j’avais le cordon ombilical qui avait fait trois tours autour de mon cou, techniquement j’étais coincé et je commençais à manquer d’air. 

 

Voici quelques réalisations faites dans des occasions particulières étalées sur la période allant de 1966 à 2009. Je ne m’étalerais pas en détail, sur l’analyse de ces travaux, je veux faire ressortir une constante, qui n’est pas le contenu, mais le contenant. L’un étant bien sûr intimement associé à l’autre, mais le côté analytique du contenu ne me semble pas nécessaire.

  

1966-1970

 

Ce tableau a été réalisé entre les années 66 à 70. Une particularité de la toile en dehors du motif est que tout a été créé à partir d'un bout de chiffon. La toile a été enduite, la peinture  a été faite avec des pigments et des huiles. En fait, le squelette c’est quelque chose qui est mort ou bien qui n’est pas capable d’être vivant. La couleur jaune à la lumière des informations précédentes est de plus complètement à sa place, le 3éme chakra, il y a comme une fuite. On peut voir deux autres têtes qui président à la scène. Même le nom de famille en bas à droite n’est pas complet, il est en deux morceaux comme une coupure (opération du phimosis ?). La tête est touchée aux yeux. Il y a un point rayonnant jaune au-dessus du squelette.

 

1988

 

Ce vitrail avait été réalisé en 1988 (le dessin est daté) pour équiper notre maison de campagne. Le symbole du centre représente ma famille. Dans mon souvenir le dessin était conçu de la sorte ; les deux triangles formant un losange au centre qui doit être mes parents, la sphère jaune me représente, et les deux sphères violettes représentent mes frères. Je ne suis plus sûr et certain de l’association des formes du centre. On retrouve le rond jaune plutôt sur le triangle bleu, le rouge étant en dehors et vers le bas. On peut remarquer les deux dragons, avec le bleue à droite et le rouge à gauche, qui symbolique certainement mes parents ou quelque chose de plus profond. Le tout est sur un échiquier en forme de losange, entouré d’une ligne ondulante, entre le bleue et le rouge. La grappe de raisin et les deux feuilles de vigne font peut-être référence à notre intérêt de l’époque pour le bon vin.

 

1992-1993

 

Cette image de synthèse avec les deux sphères reprend la symbolique évoquée dans l’ouvrage de Georges Romey. On peut facilement y voir la représentation du père et de la mère. Une colonne est à terre et a été remplacée par une pièce de jeux d’échecs. Le vélo s’est rangé du côté de la mère ou de la colonne argentée (la lune). Une roue est là, à côté du vélo énorme ? Je ne vois pas très bien son rôle si ce n’est celui de roue de rechange. Le petit roi a fait tomber la colonne en face du père (son reflet, son image ?). Il s’est placé en face de la mère et a garé son vélo contre elle, lui proposant une solution de rechange ? Le tout se déroule entre ciel et terre sur un plateau de jeux sans marque ni repère.

1996-1997

J’ai réalisé cette sculpture pour un anniversaire, celui de mon père en 96 ou 97. On retrouve ici le thème du vitrail. Le centre au départ contenait un écusson vide. Cela me dérangeait, car il y avait dans mon esprit un vide, alors j’y ai ajouté une petite épée, qui rapidement à pris forme humaine.

 

 

Je pense que c’est moi sur l’écusson. Cette épée ressemble un peu à une épine et est faite dans un bois foncé très dur.

 

L’année précédente, j’avais offert à mes parents, une plaque sculptée à mettre sur leur cheminée, qui représentait deux chevaliers qui se battent.

 

 

 

J’aurais pu ajouter d’autres réalisations, et analyser certaines des  œuvres, mais ce n'est pas ma psychologie que je veux faire apparaitre. Ici, c’est la récurrence d’un thème et pas mon analyse, qui nous intéresse. Donc si certains voient dans certaines représentations un complexe d’Œdipe ou d’autres joyeusetés, super.  

 

Moi, ce que je veux faire apparaitre ici, c’est qu'il y a un schéma, qui transparait dans ces différents objets, des objets, qui sont du moi matérialisé. Des objets qui ont été réalisés sur plus de quarante ans. Des objets, qui expriment du moi. Des objets, que j’ai choisis de faire, en toute liberté, avec les éléments à ma disposition, sans contrainte. Ce ne sont pas des réalisations liées à des commandes, j’y ai mis du moi sans retenue.

 

Je discutais de ces dessins et d’autres choses analogues avec une collègue, pour lui expliquer une logique de structure mentale, j’ai alors réalisé une sorte de graffiti sur une feuille de papier. Après notre conversation, j’ai regardé mes gribouillis et j’ai constaté avec étonnement que j’avais reproduit sur ce document le même type de schéma que dans les travaux présentés plus haut à savoir :

 

Une forme humanoïde, en croix et/ou en blason, ou couronnée, entourée de deux principes assurant une logique de pression vers le centre. J’avais de plus reproduit dans mes graffitis un petit vélo où j’avais précisé qu’un vélo : c’est un type au centre de deux roues qui pédale pour faire avancer le truc. 

 

Un extrait des graffitis

 

On voit sur le dessin à gauche, la symbolisation du vélo et à droite cela représente un cône de vie avec une accumulation de choses. J’ai instinctivement placé des flèches à droite et à gauche du cône, qui assure une sorte de pression. On remarquera les croix dans le cône qui représentait des problèmes. Pour le cône, il faut tourner l’image de 90°. Tout cela n’est peut-être pas très visible ou compréhensible, pour vous, mais forcement c’est du moi, pas du vous.

Le vélo

 

J’ai été étonné de revoir ce schéma présent dans un vulgaire graffiti que j’avais fait presque « machinalement ». Je me suis posé la question de savoir si les graffitis, qui devaient orner mes cahiers depuis des décennies contenaient ce type de schéma ? Avant d’entreprendre cette chasse aux graffitis, j’imaginais que j’allais trouver des tonnes de petits dessins faits durant des dizaines d’années. J’ai donc repris un certain nombre de cahiers, et je me suis amusé à un jeu proche de la chasse aux papillons. (L’expression, « chasse aux papillons[62] » m’est venue comme ça, naturellement).

 

Dès le départ, j’ai été surpris de ne pas trouver beaucoup de graffitis dans mes cahiers, j’avais pourtant l’impression d’en faire régulièrement. J’ai parcouru une cinquantaine de cahiers allant de la maternelle à maintenant. Les cahiers sont pour la plupart des cahiers de brouillon, des cahiers d’écoles ou d’études. Les cahiers contenaient entre zéro (le plus courant) et une quinzaine de graffitis maximum. Je peux dire que 90 % des graffitis vus me semble représenter ce schéma. Voici quelques exemplaires, avec la date approximative de leurs réalisations. Cela vous paraitra peut-être un peu long, mais ça a été long, pour les retrouver. Et j’aime bien accumuler des données pour faire émerger des choses.

 

 

Cahier de 1971

Les graffitis d’un cahier de 1971

 

 

Les graffitis d’un cahier de 1976

 

  

 

  

Les graffitis d’un cahier de 1977.

 

Les losanges haut et bas sont colorés en rouge (un cahier de 1978 ?)

 

“Suis nul part” écrit au-dessus d’un graffiti de 1985.

 

 

 

Un autre graffiti tiré d’un cahier de travail de 1994.

 

 

 

Les graffitis d’un cahier de 1999

 

Un cahier de travail de 2002

 

 

Un cahier de 2008 (l’ensemble des graffitis du cahier)

 

  

Un cahier récent qui représente des équipements d’un réseau informatique de 2009.

 

J’aurais pu en mettre plus, mais je pense que ça devrait suffire. Forcément, il faut me croire lorsque je dis que pour MOI, visiblement, 90 % des graffitis représentent la même chose. À vous de voir et de vous faire votre idée sur ces graffitis.

 

Je vois, MOI, dans ces graffitis, un schéma récurrent ou un élément central est pris entre deux autres éléments symétriques, qui assurent une sorte de pression sur l’élément du milieu. En fonction des graffitis ou des créations, l’élément du milieu apparait être une représentation de moi ou de personnages, avec une logique de croix, qui peut avoir l’apparence d’une épée. Nous avons donc au centre un élément sur la croix qui est pris entre deux autres éléments, qui assurent une pression, un maintien en place du centre, qui assure une sorte de compression. L’ensemble de ces documents et d’autres ont donné lieu à de très nombreuses analyses, qui donnent à l’ensemble une cohérence d’une autre ampleur. Mon objectif n’est pas de faire ici la psychanalyse ou même l’analyse de ces représentations. Je veux simplement vous montrer des exemples de réalisations faites dans des moments de libertés, qui ont été guidées par quelque chose d’invisible. Lors de tous ces moments, étalés sur plus de quarante ans, j’avais le choix de faire ce qui me plaisait, tout cela aurait pu être totalement différent. À vous de voir ou non dans ce matériel une sorte de fil d’Ariane ou pas. Je ne veux pas mettre ici du matériel tel que des rêves ou des textes, car cela nous ferait entrer dans une logique analytique. J’espère cependant avoir mis assez de graffitis et d’œuvre pour soulever en vous une interrogation.

 

Un dernier exemple, pour la route. Dans le même ordre d’idée, j’ai réalisé pas mal de collections durant les dernières 49 années de ma vie, certainement un besoin d’accumulation, comme déjà évoqué plus haut. Petit à petit, j’ai vu des liens apparaitre entre ces collections, des sentiments, des ambiances ou même le schéma présenté plus haut. De la même manière vous parlez de mes collections, n’a de sens ici qu'à travers le fait de vous montrer qu’une collection peut en cacher une autre, et que ce qui semble être un hobby, détaché de la routine quotidienne, une évasion, est peut-être en réalité qu’une nouvelle expression de votre MOI. Il n’est pas possible de présenter ici toutes mes collections, et les liens existant entre ces collections et MOI, je vais donc être bref, à vous de voir.

 

J’ai fait collection de pierres, de pierres taillées, de timbres, de pièces, de baïonnettes, de statuettes, de jetons de caddies, et bien d’autres choses encore. Je vais apporter quelques précisions, qui devraient vous mettre sur des pistes.

 

J’ai commencé ma collection de pierres avec ma mère, qui les utilisaient pour faire des décors. Ma collection de timbres était spécialisée dans les petits timbres français. Ceux que l’on trouve sur les enveloppes et qui représentent bien souvent des têtes. J’étais surtouts attiré par les séries de timbre non dentelé français, tel que les Cérès et les Napoléon III. Les pièces m’ont moyennement attiré, mais j’avais quelques pièces françaises. Ce qui m’intéressait dans les pierres taillées, c’était essentiellement la taille des bifaces, j’ai d'ailleurs pratiqué la taille de ces bifaces durant quelques années. La collection de baïonnettes a été très peut suivit, mais j’ai encore tout cela à la cave, pour que mes enfants ne se blessent pas avec. La collection de statuettes est récente, j’en ai réalisé moi-même quelques-unes, durant quelques années, j’étais essentiellement attiré par la réalisation de têtes. La collection de jetons de caddies s’est faite toute seule, mais c’est une autre histoire que je raconterais peut-être plus loin.

 

Tout cela a peut-être l’air banal, ce sont des collections d’enfants, des collections classiques, standard... Tout cela semble ne pas avoir vraiment de rapport avec le chapitre précédent, et pourtant. Tout cela, ici, est encore du MOI, du moi, qui a pris forme à travers mon intérêt, pour telle ou telle chose. Y a-t-il un fil conducteur dans tout ça ? Y a-t-il un lien avec ce schéma présenté plus haut ?

 

Je vais essayer sans trop partir dans une analyse lourde de vous expliquer quelques points de liaisons.

 

La collection de pierres du départ, ainsi que le nom « Pierre », n’est pas anodine. Au départ donc, ces pierres servaient à ma mère pour faire des représentations dans des décors en plâtre. Voici un décor qui m’était destiné, pour ma première communion, cela est un peu kirsch,  c'est du moi brut produit par ma mère, mais réalisé avec des pierres que j’ai dû lui fournir. Ce n’est pas un simple truc, lorsque j’ai pris cette photo, j’ai décroché le plâtre du mur et là en le retournant, j’ai vu qu’il y avait un message derrière. Quand j’ai lu ce message avec plus de 35 ans d’intervalle, j’ai été très ému.

 

 Cette collection de pierres a duré de nombreuses années et a eu des extensions complexes, qui ne sont pas le propos de ce document. Vous remarquerez ici la pierre en forme de croix entre ciel et terre.

 

Concernant la collection de timbres, j’ai constaté que les timbres qui m’attiraient représentaient des têtes de personnages. Je mets ici quelques un de ces timbres parmi mes préférés, et je les place à côté de quelques pièces pour que vous constatiez le caractère similaire de ces collections.

 

Cérès

 

Napoléon III

 

Semeuses

 

Une petite précision concernant les pièces de monnaies françaises, presque toutes les anciennes pièces des Louis I à XXXX parlent d’un Ludovicus Roi. Certainement un usurpateur, Ludovic c’est MOI.

 

LUDOVICUS XV REX

 

Essayé de faire tenir une pièce en équilibre sur sa tranche, inévitablement elle tombera sur le côté pile ou bien le côté face, mais lequel ?

 

Les pierres taillées et surtout mon attirance pour les « bifaces », ou tout simplement les pierres à deux FACES, comme une pièce de monnaie. Pour l’anecdote, le premier biface que j’ai eu a été trouvé par ma mère.

 

 

Biface trouvé avec ma mère, retrouvé à la cave le 28 août 2008

 

Voici quelques une des sculptures de têtes que j’ai réalisées, juste un échantillon pour vous faire une idée.

 

Statuette réalisée entre 1998 et 2004

 

 

Concernant les baïonnettes, je vous ferais grâce de mes dessins d’enfant ou elles servent à couper des têtes. 

 

Si nous reprenons une des représentations du schéma et faisons des correspondances :

 

 

Nous retrouvons ici, la baïonnette au centre, la tête coupée formant la poigné du poignard, deux têtes de chimère en symétrie ce faisant face, ayant visiblement été coupées comme les personnages sur les timbres ou les pièces. Les têtes de chimère dirigent leurs souffles vers le centre, avec un regard particulier. Nous sommes ici, encore une fois en pleine poésie, je vous laisse faire des liens, qui seront les vôtres dans ces différents éléments. Tout ceci est un compressé d’extension de MOI, répartie sur un nombre important d’années, mais où je vois moi une certaine constance dans le sujet, le schéma. Une partie invisible répartie sur l’ensemble de ces éléments commence à faire son apparition.

 

 

 

Si vous êtes observateur, vous verrez le schéma dessiné en dessous de la tête poignée. Ceci est intéressant et nous montre une sorte de schéma dans le schéma. Du moi, dans du moi, cela donne un petit côté fractal à la chose. 

 

Je vais arrêter là les exemples, ce qu’il faut voir ici c’est la constance d’un thème, qui peut être schématisé dans un graffiti, exprimé dans une sculpture, ou bien qui va diriger la logique de réalisation d'un travail, et cela sur une période extrêmement longue. Si nous étions rentrés dans des détails concernant ces créations, cela vous aurait donné des éléments complémentaires, pour percevoir les logiques sous-jacentes à ces réalisations, et aurait tissé un grand tapi, une trame de vie. L’important ici, c’est vous, pas moi, faite vos propres recherches sur vous, posez-vous les questions, « Qui suis-je », « Qu’est-ce qui me motive », etc.

 

Comme aurait dit Socrate[63] : « Connais-toi toi-même ».

 

Je reviens à présent sur la question posée plus haut : qu’est-ce qui se passe avant la conscience de faire quelque chose, et qu’est-ce qui me décide à voir une maquette de 2CV dans une vitrine plutôt qu’autre chose, qu’est-ce qui guide mes choix. Visiblement, quelque chose chez MOI (chez vous je ne sais pas) m’influence dans mes créations, dans mes collections, et certainement dans l'ensemble des actes courants de la vie de tous les jours.

Si je reprends le rêve du bateau raconté plus haut à la lumière de ces nouveaux éléments, je peux me dire que le bateau encadré par deux tables de jardin, et qui risque de tomber, peu facilement, avec un peu de poésie, coller lui aussi au schéma. C’était un voilier avec son grand mat, et un mat transversal formant une croix.

 

J’ai essayé de reproduire la scène en collant des images.

 

 

Plus troublant et pouvant servir plus tard à un autre chapitre, le fait suivant. Nous étions à table un midi, avec deux de mes enfants et ma femme, et je m’amusais à commenter l’évolution de nos conversations en fonction des données fournies par chacun (je fessais des commentaires). J’essayer de faire ressortir une sorte d’arbre de vie, de l’évolution de la conversation. De son côté, un de mes enfants était en train de graver le couvercle en aluminium de son pot de yaourt. Une fois son travail fini, il me l'a présenté et il m’a demandé : ce que je voyais. Je lui ai dit « un homme avec un bonnet d’âne ». Quand je lui ai demandé ce que cela représentait pour lui, il m’a dit : « C’est le miroir de l’âme », ou « C’est le miroir de l’homme ».

 

 

À la vue du graphique, j’ai été très surpris et je lui ai demandé des précisions, il m’a dit que c’était un homme avec un bonnet d’âne. Je lui ai demandé ce que représentaient les formes symétriques à droite et à gauche. Pour lui, c’était simplement le prolongement de la croix que l’on peut voir centrée au niveau de la tête. Je lui ai demandé pourquoi il avait dessiné une croix. Il m’a répondu que c’était juste pour l’aider à faire le dessin. Je lui ai fait voir l’ensemble des graffitis et travaux basés sur la même logique depuis plus de trente ans, pour lui confirmer qu’effectivement cela devait représenter quelque chose. Je ne lui avais pas fait voir ce document avant.

 

Bizarrement, j’étais justement au début de l’écriture de ce chapitre et aucun exemple n’avait encore été incorporé. Nous avons ici une nouvelle coïncidence troublante et une synchronicité. La seule explication que je vois, mais vous en verrez peut-être une autre, est celle-ci : le début de l’écriture de ce chapitre est peut-être à l’origine de mon petit jeu à table. Ce jeu a provoqué chez un de mes enfants le besoin de s’exprimer autrement qu’avec des mots, il a inconsciemment cherché une réponse au problème que mon jeu soulevait en lui. Chronologiquement en tout cas cela se tient, mais pourquoi ces éléments ? Cette ressemblance avec les exemples, qui allait faire la suite de mon chapitre ?

 

Si vous avez été attentif, vous avez peut-être remarqué que sur la photo de la cheminée de la maison de mes parents présentée plus haut, il y a une décoration fixée sur la poutre maitresse. Cette décoration a été, bricolée, retapée, fixée, par mon père, qui la trouvait à sa place. Cette décoration date de l’époque du cadeau présenté plus haut, elle avait été un des éléments, qui m’avait décidé dans le choix de mon cadeau. J’avais l’idée que cela ferait un ensemble.

 

C’est, une partie d’une balance Roberval qui a fini sa vie là, comme décor pour mon père. Du LUI, qu'il a fixé là en plein centre du « foyer », du lui, qui le fixait à chaque fois qu’il était assis devant cette cheminée. Avec par la suite du « moi », qui le regardait LUI en parallèle.

Au  centre se trouve le blason de la ville de paris[64]. Tout ceci est certainement lié au hasard, et il est facile de faire des associations et de partir dans des rêvasseries. C’est d’ailleurs ce que nous savons faire le mieux. Ce que j’aime dans cette photo c’est le côté « équilibre », que représente une balance de Roberval[65]. D’ailleurs une balance c’est le symbole même de l’équilibre, de la recherche d’équilibre. Voici la description des pièces d’une balance : il y a deux « fléaux », et des « couteaux », qui assurent les centres d’équilibre.  

 

La balance[66] Roberval comprend un fléau à 3 couteaux, dont les deux extrémités supportent les 2 plateaux découverts. Les déplacements des plateaux sont guidés par des tiges verticales liées à un contrefléau. L'ensemble fléau, contrefléau, tiges verticales, constitue un parallélogramme articulé. Lorsque les 2 bras du fléau sont égaux, des masses égales placées sur les 2 plateaux sont en équilibre. De façon à améliorer la sensibilité des balances à plateaux, les fléaux et les couteaux sont dimensionnés en fonction de la capacité maximale de la balance. C'est pourquoi la capacité maximale est clairement indiquée sur chaque balance.

 

La balance est aussi le symbole de la justice[67], voici une représentation qui me plaît bien.

 

 

Je ne vois pas très bien les deux personnages entourant le blason, mais je pense qu’ils doivent avoir un rapport avec une série de timbres que j’aimais bien, et qui est en bonne place dans ma collection.

 

Groupe allégorique Paix et Commerce dit "type Sage" (1876 à 1878)

On aura bien sûr remarqué aussi les deux chimères aux extrémités des branches de la balance Roberval aux armes de la ville de Paris. Je pourrais continuer comme cela un moment, et rapidement remplir des centaines de pages. Tout est relié à tout. Nous sommes ici au niveau des structures, et il est facile de trouver des contenues liées les uns avec les autres.

5.18.  Est-ce cohérent ?

J’aimerais revenir, sur une réflexion faite plus haut au sujet de la notion de COHÉRENCE. Vous êtes-vous déjà demandé, ce qui fait que vous adhérez ou non à une idée, à une situation, à la vie… ?

 

Pourquoi dans un rêve ne vous rendez-vous pas compte que vous dormez, et que vous êtes dans votre lit en train de rêver ? Pourquoi dans la réalité vous trouvez-vous parfois piégée, « Désolé je vous avais pris pour un ami », « Si, si, je t’assure ça doit être sa voiture », « Je suis sûr, de ce que je dis »… En fait, il semblerait bien que certains critères fassent basculer notre conscience dans une sorte de lâcher-prise, une chose est supposée être vraie à partir de quoi, à partir de quand ? Je suis actuellement en train d’écrire ce texte, et tout m’a l’air normal, je suis dans mon salon, entouré de mes grigris. Sur la table, il y a les lettres que je dois poster, et quelques affaires personnelles que je possède depuis des années. J’entends ma femme à l’étage, qui parle à nos enfants, je reconnais sa voix. J’ai mes lunettes sur mon nez et tout va bien. En fait, tout est cohérent et correspond à mes souvenirs de ce qui doit être. L’ensemble des éléments que je viens de citer sont rattachés à des souvenirs, et l’ensemble est cohérent, je ne me pose pas de questions. Je suis bien, ici et maintenant, devant mon ordinateur. Dans le rêve, j’ai aussi cette évidence que je suis, ici et maintenant, je suis devant le château de la princesse, je suis avec le cheval que mon père, le Roi, qu'il m’a offert, pour mon anniversaire. Nous sommes dans la forêt magique et l’ensemble des arbres, qui m’entourent à une belle couleur voilette comme de coutume dans cette région. Quand vous lisez ces lignes, vous devez vous dire, c’est un rêve, et vous avez peut-être visualisé des arbres violets, mais vous savez pertinemment que cette scène ne peut être qu’un rêve. Pourquoi ?   Certainement, parce que tout ceci n’est pas très cohérent vue de votre place. La première partie de ce chapitre vous a certainement posé moins de problèmes d’intégrations, vous êtes peut-être vous-même en ce moment dans votre salon entouré de vos grigris. Pourtant, vous ai-je dit la vérité ? Il est cohérent d’être devant un ordinateur pour taper ce texte, mais pour le reste ?

 

J’aime faire une expérience le soir lorsque je m’endors : j’essaye de rester conscient dans le début d’un rêve, ou tout du moins j'essaie de reprendre conscience rapidement. Lorsque je réussis cet exercice, je suis toujours étonné de m’apercevoir que je me suis laissé piéger.

 

Par exemple, durant un court instant, j’avais la cohérence, d’être en présence d’un ami de longue date, un ami, qui lui-même était le parrain de ma sœur, et nous discutions de notre sortie de la veille, dans le salon au siège de cuir noir. Tout cela sans le moindre doute, dans une logique de réalité évidente. Tout semblait cohérent, j’avais même le sentiment d’avoir vécu des choses au paravent avec cette personne. Ma sœur pouvait en témoigner et raconter nos souvenirs en commun. Tout cela ne faisait aucun doute. Le problème, c’est que je ne connais pas cette personne, que je n’ai pas de sœur et que ce salon n’est pas le mien. Alors, d’où venait le fait qu’ici et maintenant, dans le rêve tout était cohérent ? Si je ne suis pas capable de répondre à cette question, dans ce cas, suis-je en train de rêver ? Quel est la logique ou le référentiel qui me permet de dire que je suis réveillé et non endormi ? Vous vous rappelez certainement le chapitre où je raconte mon souvenir à tiroir autour du film Mémentos. Dans cet exemple, nous avons eu plusieurs niveaux de souvenirs, qui à chaque étape paraissaient cohérents, et seraient restés en l’état si un nouveau collègue n’avait pas apporté de nouveaux éléments. Dans le rêve de la forêt d’arbre violet, cela n’est pas cohérent, et devrait me réveiller, ou tout du moins me permettre de prendre conscience dans le rêve que ceci est un rêve, et le cas échéant faire un rêve de type lucide. Mais, hormis quelques personnes, il est très rare de prendre conscience dans ses rêves que vous rêvez, en général vous vous laissez prendre par le rêve. Un cauchemar peut vous réveillez en sursaut et vous faire vous retrouvez en un instant dans vos draps, mais dans ce cas ce serait plutôt un excès de réalité, qui vous a sortie de votre imaginaire. Un événement extérieur, comme votre réveil matin, ou un bruit, une alerte peut aussi vous faire sortir d’un rêve. Au moment d’un réveil, essayer de voir la cohérence, qui se dégageait du rêve, cela est « hallucinant ».

 

Je n’ai pas investigué énormément cette histoire de cohérence, mais il me semble que si un élément est incohérent dans une situation, ici et maintenant, cela suffit pour générer un doute et par un effet de type boule de neige, cela me fait prendre conscience que quelque chose ne colle pas.

 

Par contre le nombre d’éléments nécessaire, pour rendre un souvenir ou une situation cohérente à l’air d’être assez faible. Dans le cas des souvenirs, très peu d’informations peuvent vous faire penser qu’un souvenir est vrai. Un souvenir est quelque chose, qui vous est personnel, ce qui le rend d’une certaine manière cohérent de base. Dans le cas des situations de tous les jours, nous sommes amenés à rechercher la cohérence des propos d’un collègue ou d’une personne qui vous fournit de l’information, ou bien il nous faut évaluer la cohérence d’une situation.

 

Quels sont les éléments nécessaires pour assurer la cohérence ? La cohérence d’une situation est-elle quelque chose de supposé acquis par défaut, et peut-elle être mise à mal par un simple élément ne cadrant pas avec la situation ? La cohérence d’une situation doit-elle être prouvée pour être validée ? Les informations reçues par les sens sont-elles de base considérée comme vraie ? « Si je le vois, c’est que ça existe », « si je l’entends c’est qu’il fait du bruit », « je le tiens dans ma main, c’est que cela est réel »… Si vous faites l’expérience déjà énoncée plus haut de demander à dix témoins d’un fait ce qui s’est passé, vous aurez dix versions de l’histoire. Des versions, qui seront certainement en contradiction les unes avec les autres. Quels sont les éléments d’une situation, par ordre de valeur de cohérence, qui fait que cette situation est cohérente ? Où se trouve la cohérence la plus fiable, et la moins fiable ? Pour moi actuellement je suis dans mon décor, et mon salon est pour moi cet endroit où je perçois la quasi-totalité de mes perceptions sensorielles, tout cela est très cohérent, viennent ensuite mes pensées, ma réflexion, mes idées, qui ne sont que des supputations. Je cherche mes mots, pour rédiger cette phrase que je ne trouve pas cohérente, mais je ne remets pas en question mon décor, il est là autour de moi, il est stable et bien à MOI. D’ailleurs si vous avez suivi ce document dans l’ordre classique de lecture, ce lieu est un peu « moi ».

 

Si une nouvelle statuette, qui m’est inconnue, me regarde depuis une étagère, j’aurais certainement un trouble, une interrogation, j’appellerais ma femme, pour lui demander qui a placé là cet objet. Mais là, nous sommes dans l’affabulation, logiquement tout va bien de ce côté-là, et une incohérence sera perçue comme un événement à gérer dans sa réalité d’événement. Si un dragon apparait dans mon salon, et que je ne suis pas coutumier de ce type d’apparition, je risque d’avoir très, très peur, je vais certainement sortir de ce rêve.

 

Si on reprend l’évolution d’une rêvasserie à partir de l’émergence d’une pensée, telle que décrite plus haut, on peut remarquer qu’à partir de la « graine », que représente la première information, se développe, à travers des souvenirs, des associations, des mises en relations, et d’autres mécanismes, qui provoque la mise en scène de la rêvasserie. En fait, tout dans cette rêvasserie, qu’elle, qu’elle soit, est l’évolution d’une graine de pensée, une graine qui s’est nourrie de souvenirs, en a fait une sorte de conglomérat, et finalement vous a entrainée dans une chose illusoire. Mais tout est bâti sur des bases  « vous » appartenant, du « moi ». La rêvasserie est quelque chose de particulier, car votre corps continue d’assurer des mouvements et des fonctions semi-automatiques, vous pouvez conduire et rêvasser en même temps, pensée à votre travail, gérer un problème avec un collègue, etc. Vous savez que vous êtes réveillé, mais vous êtes aussi dans un rêve, qui à une certaine cohérence, vous êtes dans votre propre construction mentale, même si votre rêvasserie vous a entrainé dans une illusion totale. Dans le rêve, votre corps n’est plus géré par votre conscience. La liberté d’évolution de cette graine de départ est donc plus grande, et en fonction de votre état d’esprit et du point de départ, vous allez construire de bric et de broc une illusion collant au plus près à vos sentiments, ou vos besoins internes. Tout ceci sera extrêmement cohérent à l’intérieur du rêve, car tout sera basé sur l’évolution d’une situation, qui, quelle que soit la poésie qu’elle contient, sera dans une cohérence de cheminement, de construction. Chaque moment du rêve sera emboité dans le suivant, ce qui lui donnera un caractère de réalité, une cohérence. 

 

L’analyse d’un rêve nous montre que son contenu est souvent (à chaque fois que l’on trouve) l’expression symbolique de problèmes ou de situations déséquilibrantes, un beau rêve sera après analyse une sorte de contraire d’une situation stressante, ou un désir réalisé symboliquement. Enfin, quels que soient le type de rêve et son contenu, l’analyse montrera qu’il a un sens par apport à votre vécu, et souvent votre vécu du moment. Ceci pour dire, que non seulement le rêve va se déployer dans une sorte de cohérence d’images et de scénario à partir d’une « graine », mais en plus il aura une cohérence symbolique par apport à des aspects de votre personnalité. Du coup, ce rêve sera du VOUS, il sera une représentation de vous dans un monde d’apparence romanesque, un monde perçu comme romanesque uniquement une fois que vous serez sortie du rêve.

 

Vous, ici et maintenant dans le rêve, « vous êtes ». Vous êtes, tout comme vous êtes ici et maintenant dans la « réalité », mais dans un monde de la pensée, de l'imaginaire. Dans le rêve, vous êtes dans la cohérence de votre pensée qui se déploie, et tout va bien. Une information extérieure pourra perturber votre rêve, un bruit de volet, une voiture au loin… Tout le monde a vécu des réveils ou le rêve avait magiquement travesti la réalité d’un événement extérieur, l’utilisant comme un élément cohérent. En général, cela nous amuse de constater, ce type de lien entre le rêve et la réalité. Ce lien, qui vous aura certainement réveillé. En fait tout le rêve est construit de cette manière, simplement il utilise des informations plus anciennes et utilise vos angoisses, vos peurs, vos phobies, vos questionnements, votre stress, vos désirs et d’autres sentiments, pour écrire les scénarios, et au réveil on ne fait pas forcement la liaison avec tout ceci.

 

Interpréter un rêve est un travail qui s’apprend, il vous permet de vous connaitre sous des aspects parfois étonnants. Encore une fois, il y a un piège, vous n’êtes pas extérieur au rêve, cet observateur qui note le rêve ne doit pas perdre de vue que ce rêve c’est vous, ce rêve est un concentré de vous, et dans ce rêve l’ensemble des éléments sont du vous, des reflets de votre « âme ». Le rêve est une construction qui logiquement n’a pas eu à gérer le réel, l’extérieur, l’impondérable, votre mécanisme interne a pu durant le rêve étaler du « vous », sans avoir à gérer des événements extérieurs. Le mécanisme de rêvasserie a donc marché à fond, sans entrave ni contrainte d’assimilations extérieures.

Tout cela nous donne des pistes de réflexion sur la question de la cohérence.

 

Une autre piste, que je trouve étonnante, c’est qu’en général, en tout cas pour moi, je ne fais jamais deux rêvasseries en même temps. De même, je ne me rappelle pas avoir fait deux rêves en simultanée. Tout comme je n’ai pas deux vies en parallèle (simultanément). Logiquement, je suis donc, sois en rêvasserie soit en mode « éveillé », ou bien je suis dans une logique intermédiaire. Le mode rêvasserie étant un mode diurne particulier où le corps continue d’assurer sa tâche, il y a une sorte de division de la conscience ? Si je suis dans une bonne grosse rêvasserie, le « réel » conscient est en général "shunté". Je suis en fait dans un état plus ou moins « éveillé ». Mais, il y a une commutation, je bascule de la rêvasserie à l’éveil. Encore une fois, il me semble, ne pas avoir assez de potentiel pour faire les deux choses à fond et à la foi. Mon déploiement mental est soit dans le réel, soit dans la pensée, sous des formes diverses, mais observables, car déconnectées de la cohérence événementielle, du réel et vise et-versa. Où est la référence ? Qui, quoi, sert de base à la notion de cohérence[68].

  

En fait, ce que l’on appelle la conscience est une sorte de système, qui bascule du réel au rêve, du matériel à l’immatériel. La conscience disparait avec le sommeil profond, émerge avec le rêve, et nous suis dans la journée. La conscience n’est pas forcement placé dans le réel, elle est là à chaque instant, et elle est focalisée par le mental, un mental qui peut être très actif, comme dans une rêvasserie, ou en arrière-plan dans un état méditatif ou contemplatif. La conscience est une sorte de témoins de l’ici et maintenant, un ici et maintenant, qui peut être une rêvasserie, ou une action. De même, la conscience a l’air d’être un système à sens unique, cette notion de témoins ne semble pas être inversible, la rêvasserie n’est pas un point d’observation de la conscience. Je peux être témoin du témoin, mais pas l’inverse, mon reflet dans la glace m’observe, et j’observe mon reflet dans la glace qui m’observe, etc.

 

On est dans une sorte de système sans fin de reflet de reflet, mais s’il y a un « emboitage » de type poupées russe, la grande n’est pas dans la petite. La conscience semble s’éteindre avec le sommeil profond et réapparaitre avec le rêve et le réveil. Pourtant je suis toujours là le matin. Il y a donc un système en arrière-plan de la conscience, un système qui contient la conscience et permet au corps d’exister. On doit pouvoir vivre sans la conscience, consciente. Ceci explique peut-être pourquoi je peux être à mon volant au milieu de la ville, et en pleine rêvasserie simultanément. Par contre, visiblement, je n’ai pas deux consciences. Les choses s’emboitent, les unes à la suite des autres et ma conscience, parcourt le fil d’Ariane de ce déploiement, qui bascule du réel à l’irréel, comme une barque prise dans les remous des vagues. Une sorte de sinusoïde entre un état qui semble vigilant et un autre ou nous somme dans la Lune. La cohérence étant en fait la logique de transition de nos pensées et perceptions.

 

Si des événements transgressent notre logique de transitions ou d’apparition, alors il y a incohérence. Mais si nous nous enfonçons à partir d’un élément cohérent dans une suite de fantaisie, cette progression est cohérente et nous mène à un rêve. Nous sommes dans une sorte de variante du jeu du « téléphone arabe[69] ». Certains éléments vont certainement maintenir la cohérence à un niveau assez important, pour que tout cela passe inaperçu.

 

Je pense au lieu, qui est notre contenant, et ce lieu est moins vaste que nous ne nous l’imaginons. En fait, nous sommes en permanence dans une forme de cohérence spatiale, qui nous tient, comme le vin reste dans sa bouteille. En effet, je suis, ici, dans cette pièce, dans ma maison, située dans cette ville, de mon beau pays, intégré dans l’Union européenne, sur cette Terre, satellite du soleil, située dans une galaxie, etc. En réalité, en ce moment, mon regard ne porte pas plus loin que les quatre murs de la pièce, je vois un morceau de mon jardin par la fenêtre, tout le reste n’est qu’illusions, c'est-à-dire une vue de l’esprit. En ce moment, j’ai conscience d’être situé dans un endroit plus vaste que ce que je vois. Bizarrement, je n’ai pas la même conscience virtuelle de mon microcosme, c’est-à-dire les éléments subatomiques qui forment mon corps, mes cellules, mes acides aminés, mes atomes, etc. Qui eux pourtant, sont bien présents dans la pièce au-dedans de moi. J’ai une conscience plus grande de l’extérieur que de l’intérieur ? En fait, encore une fois, je n’ai pas le potentiel d’appréhender l‘ensemble des éléments, et j’ai fait une sorte d’approximation de la réalité, une compression des choses qui m’entourent, une « cohérence », qui va bien, du coup, il y a des éléments dans cette cohérence qui sont virtuels, comme la présence de mon pays ou de ma planète ici dans cette pièce. Si une deuxième Lune apparaissait dans le ciel, ce qui serait incohérent j’aurais peut-être une réaction, mais de mon emplacement actuel je ne vois pas le ciel, alors s’il s’y trouve une deuxième Lune, ce n’est pas mon affaire, pour moi actuellement, il n’y a qu’une lune dans ma cohérence.

  

Dans un rêve, je retrouve le même principe, une partie de l’information est sous-entendue, et le décor que je vois n’est qu’une partie de l’ensemble, qui doit certainement exister. Le rêve peut faire l’économie de la création de son univers total. Seule la création de la zone perceptible par les sens est utile et nécessaire, pour nous faire croire que nous sommes, ici et maintenant, le reste n’est qu’illusion et reconstruction mentale. Si je me déplace, je peux aller vérifier que mon illusion n’en est pas une, comme dans le rêve, si je me promène dans ma forêt d’arbre violet, il y aura un château derrière avec un parc, etc.  

Hors de mes perceptions directes, toutes représentations d’un ailleurs n’est qu’illusions, reconstructions mentales. Dans certains rêves, le décor est minimaliste, personnellement j’ai très rarement des sensations olfactives dans mes rêves et pratiquement jamais de sensations physiques. Dans mes rêves, je suis, en général, limité à des perceptions visuelles et auditives, pourtant, lorsque je rêve je suis dans une cohérence, qui me satisfait et me fait croire que je suis réveillé.

 

Durant la période de veille, il arrive parfois que nous ayons un trou de vigilance. En général, cela intervient lorsque nous « perdons connaissance », dans ce cas, il y a une rupture dans la suite des événements, et en général dans la suite de nos pensées. Nous avons une rupture dans la cohérence de notre vie. L’effet est encore plus saisissant, si vous vous réveillez dans un endroit autre que celui de votre perte de vigilance, il vous faut alors faire une sorte de mise au point, pour reprendre le fil de votre histoire. Je me suis déjà personnellement réveillé dans un lit que je ne reconnaissais pas, il m’a fallu plusieurs minutes pour analyser la situation, qui devenait angoissante. Le fil d’Ariane s’est cassé pour un certain temps. Le phénomène arrive tous les matins de façon plus classique, lorsque vous passer du rêve au réveil, instantanément ou presque, nous repartons en mode veille et nous oublions bien vite le dernier rêve de la nuit, nous avons changé de cohérence.

 

La cohérence serait alors, une sorte de suite logique d’événements s’emboitant les uns dans les autres dans une sorte de fluidité soumise à la logique de notre connaissance, ou reconnaissance du décor ou de la situation. Si la fluidité est perturbée, alors il y a incohérence et le système essaie de se rééquilibrer, il émet un doute qui dévie le cours des choses, comme dans le cas d’une pensée qui va apparaitre en fonction de perceptions extérieures ou intérieures. Votre mère vous appelle, en utilisant le téléphone, mais elle n’a pas sa voie habituelle, cela ne cadre pas avec votre mémoire, cela vous génère un doute, cela vous questionne, et vous allez certainement demander à votre mère des explications sur ce fait. En fonction de sa réponse, vous allez plus ou moins intégrer la chose pour stabiliser en vous la cohérence de ce moment. Le doute peut persister, si l’explication donnée par votre mère n’est pas logique, le doute s’installe, si cela ne cadre pas avec votre mémoire, vos souvenirs. Le doute c’est un début d’incohérence.

 

Dans un rêve, vous pouvez avoir des souvenirs, des doutes intégrés au rêve avec leurs logiques propres. Dans le rêve, vos souvenirs personnels (de veille) ne sont pas des éléments qui vont déstructurer le rêve et vous réveiller, ils sont mis en veilleuse, et ne semble pas pouvoir générer d’incohérences, qui provoqueraient un réveil. Le rêve est construit à partir de vos souvenirs, de vos affects, de vos peurs, de vos désirs, de vos angoisses. Le rêve, c’est du « VOUS » à l’état pur, un rêve est donc super cohérent vue de votre lorgnette de dormeur, même s’il n’y a pas grand-chose en terme de sensations, et que l’imaginaire y est visuellement fade, vous êtes chez « VOUS ». Le scénario peut même paraitre idiot une fois transcrit dans un cahier, mais c’est du « VOUS », du « VOUS », qui vous colle à la peau lors de son exécution, lors de son expression. Même l’ambiance du rêve, et les sensations qui sont ressenties sont dues « VOUS ».

 

Dans « la réalité », il faut composer avec l’extérieur, un extérieur que nous allons percevoir à travers nos filtres, mais un extérieur tout de même. L’apparition d’un collègue dans le réel n’est pas un besoin attendu comme dans le rêve pour symboliser un concept, mais une situation nouvelle qu’il va falloir gérer. Nous allons cependant percevoir ce collègue à travers nos perceptions, lui attribuant inconsciemment un rôle comme dans un de nos rêves, nous allons rechercher chez lui des représentations de « NOUS ». Mais notre collègue n’est pas un personnage de nos rêves, un « NOUS » déguisé, qui serait là, pour exprimer une idée ou un concept, c’est un être de chair et de sang qui a un certain niveau de liberté dans ses mouvements et son attitude. Il va falloir composer, nous allons chercher chez lui un reflet de « NOUS », et nous allons certainement essayer de le faire entrer dans un de nos schémas de cohérence interne, comme dans un rêve.

 

Pour résumer, nous allons certainement faire en sorte qu’il réponde à notre besoin interne, pour faciliter la cohérence de la scène. Le décor du réel étant lui une sorte d’évidence, qui nous place dans ce réel, nous sommes ici et maintenant au centre de notre monde sans limites, il ne sera logiquement pas remis en cause, il sera même certainement le garant de notre éveil. Si un dragon apparaissait au coin de la rue, nous penserons avoir affaire à une hallucination, et aurions certainement peur de cette incohérence. Par contre, nous devons faire en permanence des erreurs d’appréciations concernant les éléments qui nous entourent, mais nous n’y prêtons pas attention, car cela reste dans une sorte de cohérence acceptable.

 

Faites l’expérience suivante ; prenez un magnétophone et lisez à haute voix un texte tout en vous enregistrant. Faites vérifier votre lecture par un tiers, pour confirmer que vous avez bien lu ce qui était écrit. Il y a de fortes chances pour que votre lecture contienne des mots ou des expressions qui sont les vôtres et non pas celle de l’auteur. Vous vous êtes certainement approprié le texte en pensant le lire et des déviations liées à votre appropriation vont transparaitre dans l’enregistrement, ou bien pour des raisons de cohérence avec votre monde intérieur, vous allez transformer sans vous en rendre compte légèrement le texte. Si le texte vous touche particulièrement, vous risquez de déclencher des souvenirs, qui engendreront des pensées, des associations et peut-être des rêvasseries, qui risquent de rendre votre lecture aléatoire. Si vous avez été très attentif lors de votre lecture et que vous avez fait un sans-faute pouvez-vous vous souvenir du contenu du texte ? De quoi parlait-il ?

 

Nous avons vu plus haut dans ce document que nous nous étions entourés de « Nous » Virtuel, à l’insu de notre plein gré. Nous avons vu que notre environnement n’était que prétexte à nous percevoir, recherchant inlassablement notre image dans notre décor immédiat, imaginant un écho de nos idées dans les informations qui pouvaient parvenir à nos oreilles.

 

En fait, nous sommes au centre de « NOUS », et tout ne va être qu’un prétexte pour nous révéler à nous-mêmes et aux autres, dans une logique simple d’adhésion à « Nous ». 

Je ne peux comprendre une phrase que l’on m’adresse que si cette phrase contient du « moi », sinon je ne vois pas de quoi "on me parle" (on-parle-de-moi). Un collègue va vous raconter sa soirée de la veille, et en l’écoutant vous allez automatiquement faire des rapprochements avec votre vécu, pour comprendre ce qu’il essaie de vous dire. Si vous engagez une conversation avec un extra-terrestre, cela risque d’être dur à suivre. Je suis celui qui valide toute chose, personne ne peut juger à notre place, nous validons (au sens large) tout ce que nous recevons comme étant plus ou moins : « vrai ou faux ».

 

Peut-on dire que lorsque nous sommes dans une sorte de cohérence, que les choses sont perçues comme vrais, mais dans ce cas nous sommes dans une sorte d’illusions où nous nous croyons entourer de « NOUS ». Est-ce que nous voyons à travers le regard de l’autre et notre environnement, est le reflet de notre âme ?

 

La vérité, la cohérence, d’un « ici et maintenant » est certainement quelque chose de personnel, comme tout le reste, c’est un ressenti, donc du « NOUS ». La sensation de cohérence semble aussi liée à la conscience, qui dans ce cas serait un peu à l’image du « MOI ». La conscience est le jouet de nos structures mentales, elle s’adapte à notre MOI, qui lui sers de grille de simplification, pour pouvoir appréhender le réel.

La conscience n’est pas très loin, en principe du fonctionnement, du mental, mais elle peut être trompée, elle est le témoin du filtre du mental et du réel, qu’elle perçoit à travers le petit trou de la lorgnette de nos structures. La conscience a-t-elle des envolées lyriques comme le mental ?

 

Quelques illusions d’optique nous montrent que la conscience peut être trompée par son mode de fonctionnement, elle verra des choses qui n’existent pas. La conscience doit elle aussi utiliser la mémoire, pour exprimer notre perception de l’ici et maintenant ?

 

Illusion d'optique : Regarder le point central tout en avançant et en reculant la tête[70].

La notion de cohérence est obligatoirement quelque chose qui passe par nous. Il doit être possible de rendre cohérente aux yeux d’un tiers une information qui n’aura de cohérence que pour lui et l’émetteur du message. Si je parle Bengalais, seul un autre Bengalais comprendra ce que je dis, et cela aura une certaine cohérence pour lui.

 

La cohérence d’un événement n’est que la mise en « équation » de cet événement par notre conscience. Elle va réaliser un véritable travail d’expert, avec une évaluation de l’événement, qui sera réalisé en utilisant notre matériel personnel, à savoir, tous nos acquits innés et vécus et peut-être plus. Ce travail va se faire, en pseudo temps réel, puisque des éléments de l’événement peuvent arriver sur une période plus ou moins longue. Dire qu’il y a une « mise en équation » n’est pas la bonne formule, car en réalité, il doit y avoir l’application d’une « équation », la présence d’un principe d’expertise.

 

Qui dit expertise, dit comparaison, ce qui ne peut être fait qu'avec un vécu, une connaissance, l’événement va donc être comparé à des souvenirs, des schémas mentaux, des symboles. La conscience va faire entrer les données de l’événement dans des « moules », des « formes » de reconnaissance. Si l’événement ne rentre pas exactement dans ces formes, il sera à peu près comme ceci ou comme cela, et nous ferons avec. 

 

Lisez ce texte :

 

 

Soeln une éudte d´une uvriseinté agnliase
l´odrre des lttrees dnas un mot n´est pas ipmrtnaot,
ce qui cmptoe c´est la pmereire et la dinreere lertte.
Le rtsee puet erte n´ipmrote qoui,
tu puex qnaud mmee le lrie snas pbolrmee.

 

 

Non, ce texte n’est pas écrit en Bengalais, et vous avez logiquement pu le lire. Votre conscience ou votre mental a du faire quelques adaptations pour le rendre cohérent. Plus fort encore, vous avez translaté ces formes de couleurs, ces pixels, en lettres qui ont pris un sens et ont formé dans votre esprit des mots et des phrases. On peut imaginer que plusieurs niveaux de « moules » ont dû être employés pour donner une cohérence à ce nuage de point. Lorsque je vois une scène ou que j’entends un son, peut ton parler de lecture de la scène comme une sorte de lecture d’un texte ?

 

La musique de Bach a-t-elle une cohérence en elle-même ou seulement à travers ma conscience qui lui donne vie, qui lui donne un sens ?

 

Je suis sûr que si un oiseau voit le texte mis en encart plus haut, il ne verra que des points, des formes. Si ce même oiseau écoute Bach, entendra-t-il de la musique ?

 

Quelle cohérence cela aura-t-il pour lui ?

 

À partir de quels âges suis-je capable d’écouter Bach, et d’entendre de la musique ?

 

Pour lire ce texte, il faudra que j’attende d’être en CP (cours préparatoire), et d’avoir assimilé la lecture, soit d’avoir environ 6-7 ans. Plus simplement, suis-je capable de créer du « non-moi » ou d’appréhender du « non-moi » ?

 

Tout arrive vers moi, je n’y peux rien, l’ensemble de mes sens sont des mécanismes de réception, si je fais quelque chose je créer du « moi », donc je ne peux créer du « non-moi ». Je n’ai aucun pouvoir « créateur », ni possibilité d’agir sur le « non-moi ». Je n’ai pas d’action possible sur le « non-moi », alors je projette du « moi » sur le « non-moi », pour pouvoir agir dessus, ou le comprendre. Mais cela est une illusion, car une fois le « moi » projeté sur le « non-moi », il est vu comme une copie de « moi », ce qui est faux et trompeur, car alors je crois comprendre le « non-moi » à travers cette image de « moi », et je lui donne du sens, mais ce sens c'est le mien.

 

Je créer cette interprétation du « non-moi », à partir d’une partie de « moi », en réalisant une division de « moi », une reproduction de « moi », car ce que je créer c'est du « moi » déguisé, de l’essence de « moi ». Puis-je créer ou appréhender du « non-moi » sans le transformer ?

 

Si je veux créer des choses neutres, en utilisant par exemple un processus intégrant du hasard, pour éviter une construction mentale, il faut que j’utilise un intermédiaire, qui va mettre du « lui » dans la création. Il me faut trouver un système qui va assurer le non-usage de mes structures passées. Cette intermédiaire ne devra pas avoir été guidée par « moi » pour assurer sa neutralité, donc ; ce n’est plus moi qui crée, mais lui, et il ne peut pas non plus créer du neuf par lui-même. Si je m’accapare d'une forme extérieure, et que je décide qu'elle est ma création, le simple fait d'avoir choisi de cette forme fait qu’elle est aussi une projection de « moi », une propriété. Il faut donc que je choisisse une forme au hasard, sans la voir au préalable, sans la connaitre, une forme sans créateur préalable, et qui n’existait pas avant que je la créasse à partir de mon « non-moi » ?

 

Tous ces propos ne commencent-ils pas à devenir incohérents ? Peut-on voir une feuille de chêne, en l’air, à proximité d’un orme, non attaché à une branche de l’arbre, poussé par le vent et bougeant comme ses sœurs, les feuilles de l’orme, au rythme de la brise ?

Un orme fait des feuilles d’orme et elles sont, soit attachées à ses branches, soit par terre en train de se décomposer. Les fourmis ne procréent pas des termites et un couple de sardines ne font pas des bébés requins. Personnellement, je ne fais pas du Victor Hugo, mais du Ludovic. Ma cohérence est quelque chose, qui doit m’être très personnel, en fait elle est MOI, même si elle s’appuie sur des apprentissages, qui n’ont certainement été eux aussi que des outils que j’ai intégrés pour produire du « moi ». Lors des apprentissages divers que j’ai pu faire, j’ai certainement dû prendre « les outils » qui m’étaient les plus appropriés, ou me représentaient le mieux, j’ai fait des choix.

 

L’incohérence serait alors une faille dans la projection de notre « moi » dans le « non-moi », un truc qui ne nous représente pas correctement ou qui rentre en opposition. Quelque chose que l’on perçoit comme du « non-moi », une chose qui ne reflète pas quelque chose d’intégré, ou qui reflète une mauvaise image de la chose intégrée.

 

Je cherche mon visage dans le miroir et la glace me revoit celui d’un autre, tout cela ne colle pas. Du coup, moins il y aura d’information dans une scène, plus la projection, l’identification avec quelque chose d’intégré, de personnel, sera facile, et l’incohérence difficile à déceler. Si je fais un décor de théâtre, je n’ai pas forcément besoin de surcharger la scène, mais simplement de placer le minimum d’objets ou choses, permettant à la projection mentale du spectateur de reconstruire ce qui y manque par lui-même, il va s’identifier à travers le décor en y ajoutant mentalement ses référentiels personnels. Il faudra simplement placer quelques objets clefs dans le décor, des objets qui valident la réalité des propos tenus par les acteurs dans le spectacle. Si, une scène se passe chez un médecin, je mets un bureau et une chaise, ou bien l’acteur porte une blouse blanche, j’évite de mettre un bleu de travail au médecin. Je ne m’imagine pas en tant que médecin avec un bleu de chantier.

  

À partir du moment où je vais me projeter dans un lieu, ce lieu va me mettre de fait, dans forme structurelle relative à un besoin de cohérence, de plus je serais dans une logique « d’encapsulation », je serais un contenu (MOI) dans son contenant (LE LIEU). Je suis virtuellement à l’intérieur d’une structure, qui a été validée inconsciemment à tort ou à raison, et donc j’hérite de la cohérence de cette structure. Si, je suis convoqué dans le bureau du tribunal de commerce d’une ville, je serais dans un niveau de cohérence du LIEU qui va donner du poids à la cohérence du personnage en face de moi, même s’il tient des propos incohérents. Ce principe est utilisé dans le cadre des émissions de caméras invisibles[71] ou le piégeur est souvent habillé en agent de la force de l’ordre, ce qui créer une encapsulation, l’uniforme contient l’agent ce qui fait une cohérence forte. Dans le rêve ou la rêvasserie, je construis mon décor avec des informations de première main comme des souvenirs ou des pensées, puisque c’est du « moi » brut cela me place instantanément dans un premier niveau de cohérence, et m’emporte dans une autre réalité faite de « moi » imaginaire.

 

Lorsqu’on observe la création d’une rêvasserie, le point de commutation entre le rêve et la réalité est souvent associé à l’apparition dans le champ mental d'un décor, qui va donner vie à la scène et emporter notre conscience en dedans de nous-mêmes, lui faisant oublier l’extérieur. Je suis rentré dans la rêvasserie, j’ai franchi le seuil, j’ai intégré le LIEU de l’illusion, je suis dans l’illusion, je me confonds avec elle, ce n’est plus une illusion, « dans » ce nouveau référentiel, c’est cohérent.

 

Si je passe la « porte du rêve », je suis dans le lieu du rêve, j’ai intégré un contenant et je suis devenu un contenu pour ce contenant. Le même phénomène se présente lors de la lecture d’un roman ou nous allons créer le décor avec les éléments du texte, « je me plonge dans un roman ». La question est de savoir si, ici et maintenant, je suis aussi encapsulé dans une structure qui me ment ?

Ce thème est exploité dans de nombreux films. Le film Matrix[72] en est un très bon exemple. En fait, le réel ne me ment pas, il ne s’exprime qu’à travers le sens que je lui donne. Je suis moi-même le garant du réel, je suis le seul juge ! Même si un tiers m’avertit d’un problème de réalité, je serais encore le juge de cette information. Un escroc peut essayer de faire mentir le réel, pour me faire croire des choses, mais si je suis face à cette escroquerie, en finale, je suis le seul juge de sa réalité. Un spectacle ou encore un roman est une escroquerie, une fable, une sorte de rêvasserie et nous savons qu’il en est ainsi lorsque nous sommes spectateurs, il est cependant difficile de ne pas se projeter, de s’identifier à tel ou tel personnage, de rentrer dans le spectacle. On va même certainement raisonner sur le contenu du spectacle, qui n’est qu’une illusion, un pastiche de réalité, des concepts mis en scènes. On va donner au spectacle une sorte de réalité, une cohérence qui va nous porter à raisonner dessus !

 

Nos diverses illusions sont en grande partie les éléments validateurs de la cohérence, dans le cas du rêve cela est certain. Dans le rêve, il est fort probable que les images fournies pour créer l’illusion soient soutenues par un substrat plus profond, qui figure des schémas de vies, des schémas que le rêve recherche à reproduire à travers sa mise en scène. Le rêve reproduit une « ambiance », il exprime un concept de vie, et les images qui peuvent sembler incohérentes, une fois sorties du rêve, sont dans l’espace du rêve l’expression de ces schémas, et en réalité elles collent au plus près de notre logique interne, qui est une logique non verbale.

 

De ce fait en étant dans l’espace du rêve nous sommes au plus près de la cohérence de notre mental, et nous nous trouvons placés dans une réalité intérieure, qui nous déconnecte de la veille. Il ne doit pas y avoir d’incohérences majeures dans un rêve, car le rêve est notre, c'est nous, peut-être qu'un stimulus extérieur pourra provoquer le réveil, en forçant une interruption de cette construction. Dans le réel, on ne peut pas parler d’incohérence « native », car le réel est la réalité, on peut parler d’incohérence de perception ou d’interprétation du réel. Les informations qui apparaissent dans notre conscience viennent percuter nos croyances, notre potentiel à donner du sens aux choses. Si quelqu‘un me montre un bâton et qu'il me dit que c’est une canne, ma conscience me faire voir cette forme et je vais comparer cette forme à ma collection de cannes interne, ma collection personnelle, je cherche à transformer ce bâton en quelque chose de présent dans ma mémoire (du moi). Si je ne reconnais pas ce bâton comme étant un modèle de canne connu, je vais évaluer ce bâton pour déterminer en fonction de critère de tailles de formes (association, similitude) qu’effectivement il rentre dans le schéma de forme et de volume des cannes de ma collection mentale. Si ce bâton ne correspond pas, j’ai le choix du doute ou du rejet. Si j’ai un doute, c’est qu’il me manque des informations et je peux rejeter la proposition qui m’est faite. Par exemple si le bâton est court je me dirais qu’il est possible que ce soit une canne de nain, etc. Dans presque tous les cas, j’aurais finalement essayé mentalement ce bâton, pour valider le fait qu’il peut faire une canne, je me serais identifié, à l’utilisateur potentiel de cet objet, et du coup il sera devenu virtuellement le mien.

 

Ce mécanisme est global et immédiat pour l’ensemble des informations de notre perception, du coup nous ne pouvons pas englober notre environnement total, et les choses perçues sont automatiquement simplifiées, pour répondre à ce mode opératoire. Un arbre est tout élément vert avec un tronc des branches et des feuilles. Une forêt est un ensemble d’arbres. Une voiture, un truc avec des portes et logiquement quatre roues. Un BUS, une grosse voiture avec plus de roues. Si vous voyez une voiture à six roues, vous serez étonné, mais vous l’assimilerez à une voiture par similitude et association.

 

Quand j’étais enfant, j’aimais bien dans le journal de Mickey le jeu de l’« image mystère », où il fallait trouver ce que représentait une photo. Il était impossible de trouver la réponse si vous n’aviez jamais vu la chose, ou quelque chose de similaire. Quand je vois un arbre, j’ai l’avantage d’avoir le modèle devant les yeux, si je dis, « tient un arbre », je le réduis à sa définition, si je parle d’un arbre que je n’ai pas devant les yeux, c’est une illusion totale. Cela permettra à la personne qui m’écoute, ou à la pensée que j’entretiens, de créer une rêvasserie ou de communiquer, mais cet arbre n’existe pas, pourtant la conversation est certainement cohérente. Par exemple si je dis lors d’une conversation : « j’aime bien m’assoir sous les arbres du jardin public », cette phrase ne présente pas d’incohérence, mais elle est une abstraction, les personnes qui m’écoutent vont visualiser un jardin public (leurs jardins publics intérieurs), et ils me placeront (leurs représentations de MOI), sous des arbres (leurs arbres mentaux à eux).

 

Ce matin (6 juin 2009), j’ai vu sur la table de notre cuisine les boites de cachets que je prends actuellement. Automatiquement, l’information comme quoi je dois prendre ces cachets m’est venue à l’esprit, sous la forme d’un souvenir. Ici, la mémoire a fait son travail de rappel, en utilisant comme point de départ la vision des boites. Elle m’a décoché une flèche (pensée) vers moi, la cible de la boite. Bien sûr en réalité la boite est inerte, et c’est un mécanisme interne qui a fait en sorte que la vision de la boite me rappelle à mon besoin de prendre ces cachets, le matin et le soir. D’ailleurs, j’avais mis les boites sur la table, pour « qu’elles me fassent penser » à prendre ces cachets. Quelque part, j’avais donc posé de la pensée sur de la matière (boites), et cette pensée est revenue à moi, par le regard que j’ai porté sur elles (les boites).

 

Ici, je constate que la cohérence de l’événement est corrélée par la mémoire. Dans notre recherche de réponse autour des questions sur la cohérence, il n’avait pas été vraiment question jusqu'à présent du rôle de la mémoire[73] dans ce processus. Il a été surtout question de souvenirs, qui sont bien sûr une le fondement de notre mémoire. La mémoire est en quelque sorte le garent, de la cohérence d’un événement. Si je n’ai pas la mémoire des choses, ou même une similitude de souvenir, en relation avec l’événement, dont je cherche la cohérence, alors j’aurais un doute. Ce doute pourra me faire percevoir une incohérence. Si je reprends l’exemple de la phrase du paragraphe précédent avec « les arbres dans un jardin public », il est évident c’est leurs mémoires, qui va permettre aux personnes présentes de visualiser une scène, avec leur mental. Nous avons ici une sorte d’intrication entre le physique et le mental, intrication ayant comme support les informations contenues dans notre mémoire. Dans le cas des boites de médicaments, le physique (les boites) sert de support à la pensée, à travers la mémoire de l’injonction de la prise du médicament. Dans le cas des arbres, la pensée essaie de reconstruire une scène physique avec la mémoire, ici le déclencheur c’est la parole extérieure, qui sert à formuler des abstractions. En aucun cas, nous ne verrons pousser un jardin public autour de nous lorsque nous visualiserons par la pensée les propos de l’auteur. On pourrait presque dire que les boites de cachets sont douées de la parole, elles me disent, « Tu dois nous prendre, le matin et le soir ! » Imaginons deux secondes que les souvenirs fournis par notre mémoire soient faux. Nous aurions alors un problème de jugement sur l’ensemble de notre perception consciente et nous ne pourrions pas affirmer si la situation est cohérente ou non.

 

Le chapitre qui évoque une anecdote entre amis autour du souvenir du film Mémentos est un bon exemple de ce type de problématique. En fait, lorsque je rêve, il est évident que ce mécanisme est présent d’une certaine manière. L’action du rêve est une illusion, qui est nourrie par d’autres illusions, ce qui rend le rêve cohérent et nous maintient endormies.

 

Nous avons encore ici la description d’une logique d’encapsulation. Pour être plus précis : la seule illusion, c'est la présence d'un contenant qui nourrit un contenu qui est cohérent pour ce contenant, même si une fois replacé dans un autre contenant, comme la réalité, ce contenu est alors considéré comme incohérent. Si je mets en doute mes souvenirs, alors c’est qu’ils ne sont pas en lien avec d’autres, ou que leurs « apparences » ne cadrent pas avec quelque chose de logique.

 

La chronologie apparente des souvenirs peut nous permettre de réaliser une sorte de classification, qui donne de la cohérence, et ici, apparait le temps psychologique. En réalité, un souvenir de demande pas plus de temps pour apparaitre dans le champ de la conscience, qu’il soit récent ou ancien. J’ai l’impression d’avoir moins de souvenirs anciens que des récents, mais cela reste une impression, et tous les jours j’ai des souvenirs que je classe comme très anciens qui « remontent » pourtant à ma conscience instantanément. En réalité, la notion de temps que j’associe à mes souvenirs ne semble pas liée au temps qu’ils mettent pour apparaitre dans ma conscience.

 

Ces propos sont un peu fallacieux, car je ne prends conscience du souvenir que lorsqu’il est là, et je n’arrive pas à observer le mécanisme d’apparition, mais statistiquement, je n’ai pas réussi à déceler un delta de temps d’apparition, qui serait relatif à la vétusté d’un souvenir. Bien souvent, un souvenir apparait sans avoir été sollicité consciemment, comme dans le cas de la perception d’un détail extérieure, qui va déclencher automatiquement l’apparition d’un souvenir. Si je cherche consciemment le nom d’un ancien collègue, je pense à ce collègue et des souvenirs remontent comme par magie, il va y avoir une sorte de chaine de souvenirs, qui vont remonter durant la période de temps où je porte une attention pour ce collègue. Ces souvenirs en feront remonter d’autres associés de près ou de loin à ce collègue, et aux souvenirs précédents. Par contre, je n’arriverais peut-être pas à faire remonter le souvenir du nom de ce collègue, et malgré mon énervement devant cet oubli le souvenir lui n’en fera qu’à sa tête. Peut-être que ce nom apparaitra plus tard dans mon esprit, alors que je ne l’attends plus. Tout cela pour dire que la mémoire[74] et ses souvenirs est un mécanisme automatique, un mécanisme géré par des « représentations mentales »[75] et autres logiques psychologiques, reportez-vous aux articles du site http://fr.wikipedia.org mis en note, pour plus d’informations sur ces différents mécanismes.

 

Ici, l’idée est simplement de se poser des questions sur la relativité de ce que nous croyons être sûr, être cohérent, pour faire émerger des réflexions internes, qui trouveront peut-être des réponses dans des ouvrages de psychologies ou de neurosciences cognitives[76]. Ce que je note, c’est qu’un vieux souvenir, peut-être plus vivace, pour la mémoire, qu’un acte réalisé il y a quelques minutes. Le temps chronologique, qui devrait être respecté, apparait comme une illusion, et visiblement ma mémoire qui caractérise le temps, ne range pas mes souvenirs dans cet ordre, mais avec des critères autres. Ma notion du passé est subjective et dictée par des critères autres qu’un empilage ordonné de mes souvenirs. 

 

Encore plus fou, je peux très bien dire que cette réalité n’existe que dans l'instant, qu’il n’y ait pas de passé ou de futur, mais seulement un ici et un maintenant. Je peux imaginer que ma réalité se construit en temps réel, décor compris, me donnant l’illusion d’un passé et d’un futur potentiel, qui fait la cohérence du moment présent.

 

Je me questionne sur un sujet et hop instantanément, je lis un livre qui traite du sujet, mais en fait je me parle à moi-même par l’intermédiaire de ce livre et de cet auteur que je viens de créer, avec en plus le sentiment qu’il existe, qu’il a existé et qu’il existera (comme dans un rêve). Mais en fait, non, à cet instant précis, j’ai créé cet univers, pour recevoir cette réponse de moi à moi (comme dans un rêve). Comme un dialogue intérieur qui serait extériorisé à travers le « réel ». Bien sûr, dans ce fantasme, le réel tel que nous le concevons n’existe pas, nous serions dans une illusion totale, ce modifiant en temps réel (Film Matrix).

 

Ce qui voudrait dire que ce document que je crois écrire, et que vous, vous croyez lire, n'est peut-être en réalité qu’une illusion, pour nous deux. Il n’est là que pour s’adapter à notre recherche intérieure de réponses, l’intention étant peut-être le moteur du système. Cette illusion, où nous serions au minimum deux, avec moi faisant une illusion de type écriture et vous une illusion de type lecture, n’est pas cohérente. Actuellement, je vous imagine, vous n’êtes qu’un concept une vue de mon esprit, une illusion. Vous actuellement vous êtes en train de me lire, vous ne me connaissez pas, vous ne m‘avez jamais vu, je ne suis qu’un concept, une illusion. Il reste ce document que nous avons tous les deux sous les yeux en ce moment, pour moi dans ma réalité actuelle et pour vous dans votre réalité actuelle !! Actuelle, pour tous les deux, et pourtant certainement à des moments différents du temps physique, car nous ne sommes pas dans le même temps. Pour moi nous sommes le 6 juin 2009 16h15 (révisé le 31 mars 2014) et pour vous ... ? Il y a là, ici et maintenant, une sorte d’illusion.

5.19.  Qu’est-ce que je mange ?ou suis-je ?

Dans un restaurant de Lyon, durant le mois de février 2009 en buvant ma bière, j’ai vu en un éclair, devant moi, au bout de mon bras, dans ma main, mon corps en devenir, dans le verre. J’avais dans la main du « moi » en devenir, du corps liquide sous la forme de bière. Du « moi », qui était déjà dans ma main et qui allait dans quelques instants être ingurgité, pour fusionner avec mon « moi physique ». Penser à mon corps en devenir à la vue de cette bière m’a fait penser à plein de choses. J’ai bien sûr, rapidement pensé au phénomène contraire, à savoir celui du corps en partance avec mes déjections. Ce mouvement de haut en bas m’a donné un sentiment bizarre, un mouvement de matière qui passe à travers moi, de la matière qui devient du « moi », et du « moi » qui retourne à la matière. Une sorte de « moi », qui rentre et sort. Du « moi » qui serais dehors, et du « moi » qui serait dedans, mais qui en fait ne serait pas très différent. Il y aurait du « moi » en devenir, du « moi » situé géographiquement dans mon corps, et du « moi » en partance, voir partie. La question s’est alors posé de savoir à quel moment cette bière allait vraiment être du « moi » ?

 

Quel est le critère, me permettant de dire « maintenant cette bière c'est du « moi » », ce n’est plus de la bière. De la même manière, à partir que combien de temps mes déjections[77] peuvent-elles être considérés comme ne m’appartenant plus, n’étant plus du « moi » ? Effectivement, la plus grande partie de ce que je mange va être directement éliminée par le corps, et on ne peut pas vraiment dire que ce soit du « moi » au sens génétique du terme. Mais une certaine quantité de la matière absorbée va être transformée en cellules, des cellules qui pourront être perdues par la suite. Si je perds un cheveu, et que 100 ans plus tard, on réalise une analyse ADN[78] de ce cheveu pour savoir s’il vient de mon corps, on risque de me l’attribuer sans problème, c’est une empreinte génétique[79]. Donc, en ce qui concerne ce cheveu perdu, il semblerait bien que ce soit en partie du « moi », en dehors de « moi ».

 

Avec une vision poétique, on peut voir une sorte de similitude avec l’arbre (celui que vous voulez, sauf un sapin) qui prend de la matière et la rend en partie, lorsque ses feuilles tombent pour aller faire du compost à « ses pieds » (Pour les pieds, c’est une image, un concept, les arbres non pas de pieds). On peut se poser la même question avec l’air que je respire[80], pardons que nous respirons, effectivement, peut-être avons-nous partagé le même air. Finalement, nous avons aussi peut-être partagé la même eau ? Le cycle de l’eau[81] est un peu long par apport à une vie humaine, mais bon, allez savoir ? Si nous nous trouvons dans la même pièce que nos collègues de travail, sur les sept à huit heures que nous allons passer ensemble dans la journée, il y a de fortes chances pour que nous échangions un peu de notre air, en plus de notre pensée à travers nos conversations.

 

Bref, je suis un peu en dehors de mon corps, et il y a du « moi » d’une autre nature que de la pensée matérialisée autour de moi, dont nous avons déjà parlé. Bien sûr, je peux sans problème considérer que « je suis » est situé à la limite de « l’enveloppe » de mon corps, idem pour une plante ou un animal.

 

·         Les graines produites par une plante, sont-elles des morceaux découpés de la plante ou des choses indépendantes ?

·         Les fruits de l’arbre sont-ils des morceaux de l’arbre, ou bien des éléments indépendants ayant trouvé une sorte d’autonomie ?

·         À quel moment la pomme est-elle une pomme, c'est avant d’être cueillie ou juste après, une fois dans le cageot, ou bien en tombant naturellement par terre comme une feuille ?

·         La fleur qui a donné la pomme après fécondation était-elle déjà dans la graine, avant que l’arbre ne soit visible dans le verger ? L’arbre qui peut pousser si je plante une des graines trouvées dans la pomme sera-t-il la suite de celui qui a donné la pomme ?

·         Vous avez l’âge de votre carte d’identité ?

·         Combien avez-vous de doigts ?

·         La pensée que vous avez en ce moment est-elle à vous, alors que c’est moi qui l’ai provoquée ? 

 

Je vous ai prévenue dans l’introduction, vous lisez ce livre sous votre responsabilité, il n’apprend rien, et ne contient que des questions que je me pose, alors tout doit y être vue comme de la poésie. Je ne suis pas un scientifique et je n’ai aucune compétence particulière. J’aligne simplement des signes « aquuel Vuos Doennz » un sens, le « Snes qui vuos Aarrnge ».

 

En tant qu’homme je me nourris essentiellement d’autres êtres vivants, de plantes, d’animaux. Je peux aussi assimiler quelques minéraux et d’autres éléments, mais en quantité bien moindre. Je sers de résidence à une foultitude d’êtres vivants plus petits que moi, qui séjourne dans mon corps. Certains sont de simple parasite[82] ne m’apportant pas grand-chose, alors que d’autres sont indispensables à ma vie. Il y a différentes symbioses[83] plus ou moins élaborées dans mon organisme. Mon enveloppe ne contient donc pas que du « moi ». Il est évident pour tout le monde que si je mange une pomme je n’ai pas un morceau de pommier dans le ventre, je ne risque pas non plus de voir pousser un pommier dans mon ventre si j’avale un pépin de pomme. Tout ce qui rentre va être traité, recyclé par mon corps pour être utilisé de diverses manières, enfin presque tout. Le destin de cette pomme ne sera pas de faire un pommier, mais un Ludovic du futur en contribuant à la génération de nouvelles cellules, voire peut-être, ironie du sort, un « petit Ludovic », si cette matière vient à être utilisée pour faire un spermatozoïde. Un spermatozoïde qui aurait la chance d’être l’heureux gagnant du jeu de la vie. Je suis peut-être moi-même, pommier du côté de mon père, mandarine du côté de ma mère, bœuf du côté de mon grand-père paternel, et mouton du côté de mon grand-père maternel. J’ai peut-être respiré le même air que mon arrière, arrière, arrière-grand-mère que je n’ai jamais connue ni vue, ni entendue, et tout cela dans le plus grand respect dû aux personnes âgées.

 

Ce qui est vrai pour moi l’est certainement pour vous et nous avons peut-être certaines parties de notre corps physique respectif en provenance du même pommier. Si vous avez acheté le même jour que moi des pommes dans le même magasin, pour faire simple nous partageons alors peut-être de cette matière. Ou tout simplement si vous avez mangé une pomme une fois dans votre vie, pour faire compliquer. Nous partageons donc à présent de manière tout aussi illusoire que le reste une partie de notre corps. Certainement une infime partie, mais une partie tout de même, et je ne mange pas que des pommes, alors peut-être que si nous nous sommes loupé avec la pomme nous nous sommes croisé avec un autre aliment. Peut-être m’avez-vous croisé dans le métro sans le savoir et que nous avons partagé le même air ?

 

Nous allons finir par devenir plus qu’intimes, nous allons faire partie de la même famille, mais peut-être que cela est normal lorsque l’on participe au jeu de la vie. Mangé et « être mangé » (au sens recyclé) est le grand mouvement du vivant, nous sommes dans une multitude de cycles imbriqués, et actuellement nous sommes nous même un élément d’un cycle qui en son sein contient d’autres cycles en mouvement. Nous sommes dans une logique fractale de cycles dans des cycles de cycles...

 

Il peut être intéressant de porter notre conscience à un autre niveau que notre corps et que notre « MOI » centré sur lui-même, et d’essayer d’avoir un point de vue décentré ou nous ne serions que l’expression d’un cycle. L’expression d’un mouvement cyclique en cours, un principe universel respecté par tous les éléments de l’univers. Notre individualité actuelle ne serait alors qu’une expression de notre cycle humain, une sorte d’illusion, notre matière étant recyclé après notre mort et même déjà de notre vivant, cela n’aurait aucune conséquence sur la continuité du mécanisme, car ce cycle lui est éternel, ou tout du moins existe depuis le « début des temps ».   Il suffit de regarder autour de soi pour voir que tout participe à l’expression du même principe, un principe dont nous ne sommes qu’une expression parmi des multitudes d’autres. Notre individualité n’est qu’une illusion locale que nous entretenons grâce ou à cause de la capacité de nos outils mentaux. Outils, dont nous disposons certainement en réalité pour assurer le « feedback » de cette représentation physique du principe. À bien y regarder, nos outils mentaux sont d’ailleurs eux aussi à l’image du principe de vie, avec leurs mécanismes de déploiement emboités et récursifs de type fractal.

 

Cette rêvasserie permanente qui nous caractérise doit avoir une utilité dans l’expressivité du principe de vie qui nous échappe, car notre conscience est limitée et ne peut donc tout englober simultanément. Cette capacité de synthèse qui nous permet d’appréhender des systèmes ou des structures est en réalité un mécanisme de compression par pattern (division en élément semblable), cela nous permet une simplification de notre environnement pour un traitement plus rapide. Ce système est efficace et permet des temps de traitement compatible avec le rythme de notre réalité, par cette compression des éléments mémorisés nous avons un temps d’accès à notre base de souvenir plus rapide. Le mécanisme permet une reconstruction d’un souvenir par addition de motifs en relation avec le schéma structurel du souvenir. 

5.20.  Avec quoi je communique ?

L’échange d’information entre entités se fait par échange de structures emboitées, en utilisant un langage fait de mots ou de signes, qui cachent en réalité des index d’entrés dans la base de références de chaque interlocuteur. Le mot « arbre » n’est qu’un pointeur sur une structure mentale propre à l’individu. L’évocation de ce pointeur à travers les informations fournies par les sens, réveille la structure mémorielle associée, qui est elle-même une chaine d’associations multidimensionnelles, où se confondent des éléments et des structures approchantes, ou reliées entre elles par des logiques diverses, une sorte de « mémoire cache[84] ».

La pensée est calquée sur le modèle du langage, la pensée est du langage en mouvement.

 

En tout lieu du globe, les hommes utilisent le principe du langage pour communiquer, cela n’est certainement pas un hasard, mais une obligation. L’enfant n’acquiert l’usage du langage[85] qu’après quelques années d'existence. On peut se demander comment il communique et comment sa pensée est structurée durant la période précédant cette capacité. Dans tous les cas, le langage présente plusieurs défauts majeurs qui nous posent problème, le premier de tous est son caractère simplificateur. Le langage n’est pas la réalité, mais simplement un système de codage, un codage réducteur qui provoque une perte d’information énorme et transforme le réel en une illusion. « La carte n’est pas le territoire », même si elle permet de trouver son chemin.

La pensée[86] est souvent une simple expression verbale interne qui présente les mêmes défauts et avantages que le langage.

 

Lors d’une conversation, les différents participants donneront un sens au propos des autres et visualiserons des motifs qui leur sont personnels, au lieu de visualiser les motifs des émetteurs. De nouveau, il y aura obligatoirement confusion et illusion, même si la conversation aboutie à un consensus satisfaisant. En dehors des éléments visibles ou captés par nos sens, nous rentrons dans un mode illusoire, qui s'appuie sur des interprétations. Même en présence du réel, nous allons projeter nos motifs internes, car le principe s’est généralisé et il y aura une interprétation du réel. Si nous voyons un chêne nous dirons certainement : voici « un chêne », plutôt que de ne rien dire ce qui serait la bonne méthode, car pourquoi nommer quelque chose de présent.

 

Quand j’arrive à destination avec ma voiture, je n’ai plus besoin de la carte qui m’a amené à cet endroit, je suis ici et maintenant, pas ailleurs, et je range la carte. Visiblement, pour la pensée, la conscience, je ne sais pas très bien, je ne suis jamais vraiment quelque part, c'est-à-dire ici et maintenant, mais toujours dans une simulation, une logique interprétative du réel. Je donne du sens à ce qui est déjà présent et se suffit à lui-même. Je ne suis pas dans le réel, mais dans une sorte de fiction ayant comme support le réel, et comme sens ma collection de motifs.

 

Je vois une masse de signes sur un mur et automatiquement j’entreprends dans ma tête la lecture du texte, alors que le mur ne parle pas ne s’exprime pas. Une fois le texte lu, l’illusion va continuer en faisant remonter en moi des souvenirs en relation avec le texte. Des souvenirs, qui ne sont pas accrochés au mur et que je traine en réalité avec moi depuis leurs points de départ, qui remontent peut-être à des décennies ou simplement à quelques heures.

Une autre remarque, qui me trouble, lorsque je vois les signes de l’écriture, je leur donne un sens en verbalisant dans ma tête le texte, mais les mots que j’entends, ces mots que je forme dans ma tête ou avec ma bouche, ce verbiage, ce babillage, il est construit avec quoi ?

 

Du son, des phonèmes, des souvenirs ?

 

Je peux sans problème, parler sans savoir écrire, dans ce cas: sur quel substrat s’appuie ma parole ?

 

Le texte s’appuie sur la parole, mais la parole s’appuie sur quoi ?  La parole c’est le langage, pour Wikipedia, le langage[87] est un ensemble de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d'une sémantique, et le plus souvent d'une syntaxe (mais ce n'est pas systématique). Plus couramment, le langage est un moyen de communication.

 

Si, je veux conserver la trace de ma parole, sans avoir recourt à l’écrit ou à un magnétophone, comment je fais ? Je fais de la répétition, et toute l’information est maintenue par ce processus de répétition de ma parole auprès de tiers, qui vont eux-mêmes répéter ces propos sans que jamais cela ne cesse, sous peine de perdre la parole. La parole est alors une sorte de Feu qu'il faut maintenir. La parole va être dupliquée dans la mémoire des tiers, qui vont réémettre la parole à d’autres entités, c’est la tradition orale[88]. La parole c’est la traduction directe des choses sous la forme de « sons », émit à destination de l’autre pour communiquer, la parole utilise le son. Le son c’est comme l’encre du texte, l’assemblage des sons remplace les signes du texte. C’est juste une autre façon de représenter le monde à travers des concepts, des concepts que l’on va pouvoir échanger avec l’autre.

 

Il est aussi possible de s’exprimer avec des méthodes autres que les sons ou le texte, il y a par exemple le langage des signes[89] , qui assure toutes les fonctions de la langue orale, il y aurait environ 120 langues des signes différentes en fonction des pays concernés.

Personnellement, j’utilise plusieurs langages de programmation, qui me permettent de dialoguer avec des machines, ces langages sont très précis, mais n’évitent pas de tomber dans des pièges, comme le fameux bug et l’erreur de syntaxe.

 

Il y a le langage du rêve, qui est plutôt de l’ordre du symbolisme, il utilise un décor, des objets, des lieux, des situations, des subterfuges d’associations décalées, et bien d’autres logiques, pour transmettre son message à celui-là même qui le fabrique.

 

On peut presque se demander si le réel ne serait pas aussi une forme de langage, si je vois un ensemble de gens qui se dirigent vers moi avec des armes en criant, je vais lire la scène avec mes yeux et mes oreilles, tout du moins je vais lui donner un « sens », une sorte de doute et d’angoisse peut apparaitre. En fait, les informations fournies par mes cinq « sens » sont elles aussi une sorte de langage, qui parle à mon cerveau et l’informe, ce qui lui permet d’interpréter le réel et de produire ma conscience. Il interprète le réel de la même manière que je lis un texte, c’est-à-dire en remplaçant les mots formant le texte, qui ne sont que des concepts, par des structures internes ayant un sens pour lui. Lorsque je vois et entends les gens qui s’approchent de « moi », je lis la scène avec mes « sens ». Cette lecture est alors analysée, interprétée, et des associations sont faites pour comprendre ce qui est en train de se passer devant moi, je donne un « sens » au réel.

 

Il y a donc le réel et ma lecture du réel, une lecture réalisée avec mon contenu, du « MOI », classifié, structuré, ordonnée, compressé, donc virtuel. Je suis encore dans une sorte d’illusion concernant l’information que je crois exploiter, en réalité toujours la même. Si des gens arrivent près de « moi », et que je distingue que ce sont des chasseurs appelant leurs chiens, alors je vais certainement redonner un autre sens au réel, comme dans un souvenir qui s’affine. Mon angoisse va peut-être disparaitre avec mon doute, sauf si j’ai dans mes structures mémorielles une logique d’angoisse associée avec des éléments de ce réel. Par exemple une peur des chasseurs, acquis dans l’enfance à la suite d’un accident, et qui est peut-être actuellement oubliée, mais qui est encore en place dans les structures de ma mémoire. 

Plus tordu encore, les chasseurs associés à leurs chiens et au lieu peuvent former un contenue en syntonie avec une structure symbolique, qui me renvoie à une structure d’angoisse plus complexe. Une peur de la faute, avec les chasseurs symbolisant des policiers, des « gens d’armes », la faute inconsciente d’aimer ma mère au détriment de mon père (complexe d’Œdipe - voir plus haut).

 

Le contenu du réel avec ses formes, ses couleurs, ses odeurs... peut nous renvoyer très rapidement à un « contenant » mentalisé, un schéma symbolique. Il y a même de fortes chances pour que la symbolique de la scène, qui en est finalement la simplification la plus concentrée se présentant à mes schémas, soit perçue en premier et s’affine avec la perception des détails du réel, qui vont se révéler. Alors, je vais décoder la scène du plus symbolique vers le plus réel, mais je vais accueillir au passage en moi, les différents affects associés au symbolisme psychologique de base de ma personnalité. La conscience, ajoutant au réel les perceptions symboliques de ma psychologie fournie par ma mémoire, crée ainsi une ambiance.

 

Lorsque nous rentrons dans certains lieux, nous sommes pris par des logiques d’ambiances, vous avez alors un ressenti spécifique, un ressenti qui ne peut être que le fait d’une construction mentale. Ce ressentie, de type ambiance, n’a en réalité pas de lien direct avec le lieu, qui en lui-même est neutre, comme le texte sur le mur. L’ambiance que vous ressentez est simplement le résultat de la lecture que vous faites du lieu où vous vous trouvez à ce moment-là. Si vous traversez un cimetière de jour, vous ressentez une certaine ambiance. Si vous traversez le même cimetière la nuit, je pense que votre ressenti sera différent, alors que le lieu est complètement identique, même si le cimetière est très bien éclairé. Le lieu n’émet pas des ondes d’ambiances, c’est vous qui vous illusionnez différemment. Vous projetez votre ambiance dans le lieu en réalisant la lecture du lieu, vous lui donnez un sens. Vous êtes le jouet de vous-même, vous vous illusionnez tout seul.

 

La musique est aussi un langage, une expression du son, qui dialogue avec nous à un niveau non verbal, nous répondons par nos émotions aux structures culturelles de la musique. Si j’écoute un morceau de musique classique, je peux en parler, mais ça n’explique pas une situation entre amis, et ce ne sera pas un compte-rendu d’intervention. Même si le titre d’un morceau peut donner une piste de traduction pour l’auditeur, il faut faire preuve d’imagination pour voir un rapport entre notre réel et la musique jouer par un orchestre. Dans l’œuvre de Kartinki s vystavki, « Tableaux d'une exposition[90] », il faut faire preuve d’intuition, pour donner les titres des morceaux en écoutant la musique, ou l’inverse en lisant les titres. La musique exprime-t-elle le réel, ou simplement l’état d’âme du compositeur ? Mais c’est un langage, que nous utilisons tous les jours. Les bruits qui nous entourent sont aussi une sorte de musique, nous reconnaissons sans problème le bruit des transports en commun de celui de notre chat. Nous donnons un sens aux bruits, aux sons, qui nous entourent, au-delà de la parole, qui elle est codifiée.

 

Ce qui peut être remarqué, c’est qu’en ce moment vous lisez cette ligne tout comme moi je suis en train de l’écrire. Avant de la lire, vous faisiez autre chose et après vous ferez aussi autre chose. De la même manière, il y a quelque temps vous étiez très heureux, alors qu'il y a plusieurs mois vous étiez d’une humeur massacrante. Quelle que soit l’interprétation que vous êtes en train de donner à votre réel, ici et maintenant, ce n‘est qu’une interprétation. Quand vous étiez d’humeur massacrante, votre lecture du réel était d’être d’humeur massacrante. Quand vous étiez heureux votre lecture du réel était que vous étiez heureux. Quelles que soient les raisons de ces lectures différentes, la qualité de leurs contenus, je remarque simplement que vous aviez une lecture différente du réel, qui vous mettait dans des états très différents. Imaginons qu’en ce moment vous avez une lecture heureuse de ces lignes (merci), qu’est-ce qui vous empêche d’avoir une lecture de type malheureuse, ou haineuse, ou amoureuse, ou scandaleuse, ou peureuse, essayer. Ce texte est le même quelques soit votre logique de lecture, et l’effet qu’il produit en vous, alors amusez-vous, commutez votre ressentie en lisant ces lignes. 

Un petit effort, changez votre point de vue. Si un jour vous êtes malheureux sans trop savoir pourquoi, alors rappelez-vous que la veille au même endroit vous étiez heureux, et certainement que dans quelque temps vous serez de nouveau heureux à cet endroit, alors pourquoi être malheureux. Vous devez certainement faire une lecture de votre réel qui génère en vous cet état, mais êtes-vous sure de lire correctement votre réel ? 

5.21.  Qu’est-ce qui fait du réel ?

Vous pouvez même si vous le voulez ne pas lire (interpréter)  votre réel, ce qui fait qu’il ne pourra pas déclencher votre ressenti actuel. Votre présence dans ce réel déclenche en vous des commentaires, des souvenirs, des associations d’idées, des rêvasseries, des angoisses, des peurs, des joies, des peines, des émotions… Et vous voilà reparti sur les routes au volant de votre cher 2CV à six roues, à la moindre sollicitation visuelle, ou au moindre bruit de « Vrom, Vrom » qui va bien !!  Le réel est quelque chose de formidable, car il est en permanence dans une logique de mouvement, ça change en permanence. Vos pensées, et tous les mécanismes qui vont se déclencher à sa suite sont des mécanismes moins rapides que le réel. J’ai coutume à dire dans mon métier d’informaticien : « On met plus de temps à gérer un événement qu’à le recevoir ! ». La réception est instantanée, le traitement ne peut être fait qu’après la réception. Ce qui veut dire que si votre conscience ou votre esprit s’empare d’une portion du réel, pour faire résonner en vous une structure mentale en déséquilibre, alors il va falloir qu’il prenne le temps nécessaire pour traiter la chose. En fonction du traitement, qui va être choisi par votre système, vous allez commuter du monde réel vers le monde de l’interprétation, de l’illusion, du rêve. Logiquement, votre corps traite les événements urgents pour votre survit en priorité, on est là, dans le monde des automatismes, des reflets, ce qui veux dire que les événements non urgent, mais pouvant être l’occasion d’une bonne grosse rêvasserie, ou d’une émotion psychologique seront logiquement traités en second. L’astuce peut consister à se placer dans le réel, à la limite entre le traitement de l’urgence et le traitement de la pensée, ce qui empêcherait peut-être la génération d’affect[91], se placer juste au niveau de la conscience du réel, pas plus. Nous avons un outil de feedback formidable, car il nous permet d’être le témoin de notre activité. Il peut donc être utilisé pour apprécier notre situation concernant notre intrication avec notre lecture du réel. La conscience à l’air d’être limité techniquement dans sa capacité de gestion du réel, ce qui me laisse supposer que si « je » l’occupe, en utilisant sa fonction de témoin, je vais l’empêcher de traiter certains aspects évoqués plus haut. Si je suis concentré sur une chose, je vais limiter la gestion des autres choses, c’est une première possibilité, par contre cela me rend inapte à apprécier le réel, car je vais m’enfermer dans la chose sur laquelle je me concentre. Je peux aussi faire le contraire et être attentif au réel, me contenter de laisser mes yeux voir, mes oreilles entendre, et tous mes autres sens travailler de la même manière. Le réel étant en perpétuel mouvement je vais me fondre dans le mouvement du réel simplement en étant attentif. Cette attention de l’ensemble des informations me parvenant va occuper mon potentiel de conscience et limiter la génération d’interprétations. De plus, les mécanismes de déroulement de la pensée qui mène à la rêvasserie, ou à tous autres types d’affects, vont être ralentis par manque de potentiel.

 

Le temps lui-même, qui est une sensation psychologique engendrée par la pensée va être perçu différemment, et logiquement seul le présent est. Il faut donc ne s’attacher à rien, mais simplement rester par la conscience dans l’attention du réel, le réel qui est la vérité unique du moment présent. Si un souvenir remonte à la surface, il faut le laisser pour ce qu’il est, un événement du réel, et continuer à être attentif au réel.

  

Nous sommes ici dans les techniques de méditation[92] classique. Le témoin qu’est l’attention, n’est pas différent de la conscience qui est ce témoin, c’est une sorte de système imbriqué, qui s’auto régule, la question est peut-être simplement de savoir qui est celui qui fait cela. Si l'on est conscient de partir dans une rêvasserie ou de sortir du réel, on revient sur l’attention du réel. Évidemment, au début on est en perpétuel verbiage intérieur quand on fait cela. On se fait des commentaires internes par apport à ce que l’on fait, des reproches ou des compliments, et hop on est rentré dans une nouvelle rêvasserie, sans, sans rendre compte, alors ça commente, ça commente. Petit à petit, on se rend compte des modes de fonctionnements de notre pensée, alors on analyse le processus, et hop on sort encore du réel. C’est un témoin bavard, très bavard. Mais on s’habitue, et le fait d’être attentif ralentit le flux des pensées, ce qui laisse des moments de silence, qui finissent par prendre de la place, ça fait des blancs, où il y a le réel.

 

On s’aperçoit après un certain temps du mode de fonctionnement de l’apparition de ses pensées et de leurs déroulées, ce qui finit par faire une sorte de cartographie des mécanismes, qui nous habites. C’est un jeu !! On voie une partie du système, une partie de la bouteille, qui nous contient.

  

Attention, ce document n’est pas une méthode, ni un mode d’emploi pour quoi que ce soit. Si vous voulez faire de la méditation, consultez un professionnel. Je ne vous demande pas d’essayer de retrouver par la pratique ce que je raconte ici. Bizarrement, mon réel n’est pas votre réel, ce texte n’est qu’une interprétation poétique de souvenir. Il y a de fortes chances pour que votre structure mentale soit différente de la mienne. Par exemple, pour moi, si je pense à un objet associé à la couleur rouge je vais visualiser une canette de Coca, pour vous cela sera certainement différent, une fraise peut-être, ou le petit chaperon rouge. Si j’évoque un arbre, il a très peu de chance que nous ayons le même référentiel « arbre », dans nos mémoires. De toute façon, pour moi l’arbre sera attaché à des souvenirs de ma vie, qui ne peuvent pas être la vôtre, même si nous étions à la même table pour manger ce jour-là. Alors, faites ce que vous voulez, et trouvez vos propres structures par vous-même (ceci n’est pas une demande).

 

Nous sommes ici, dans le même cas de figure que pour l’usage des livres de type « clef des songes », ou de symbolismes, qui ne sont que des manuelles pour aider le lecteur dans leurs interprétations, dans une logique d’inconscient collectif, mais qui ne peuvent en aucun cas prétendre interpréter votre rêve. Vos rêves sont un tout, une construction complexe, qui vous représente au plus près de votre structure, du nectar de VOUS, qu’il serait idiot de découper en petit morceau.

 

Pour finir avec le langage voici un exemple, qui reprend le cas de la carte routière ; lorsque vous tenez une carte dans vos mains, il faut comprendre que vous avez là devant vous, l’exemple d’un langage structuré, complexe, mais circonscrit dans une logique à deux dimensions. L’écriture elle est de type linéaire, soit une logique à une dimension, en Europe, vous lisez de gauche à droite. Ce langage qui est déployé sur une carte, qui n’est qu’une feuille de papier colorée, vous permet de vous rendre d’un point à un autre, grâce au « plan », « mais, attention la carte n’est pas le territoire ». Une carte est très exactement une projection en deux dimensions d’un espace à trois dimensions, sur un support n’ayant plus de rapport physique avec le réel, le terrain. C’est une compression de l’information sur un nouveau support, une sorte de souvenir du territoire fait à une époque précise, en utilisant de l’encre et du papier. Si vous découpez la carte en petits morceaux, et faite des tas de tronçons de routes, de villes, de forêt en papier, de montagnes, et bien vous avez toujours la carte devant vous, mais plus le « plan », idem pour ce texte, si vous mélanger les mots il aura un autre « sens ».

 

Pour vous c’est pareil, vous êtes une sorte de plan, de carte, mais la dimension c’est vous. Il y a le réel, qui est là devant vous et qui alimente un plan caché quelques parts, dans votre mémoire, et là aussi la carte n’est pas le territoire. Vous projetez en permanence votre plan intérieur sur le territoire, pour vous faire croire que vous êtes chez vous, faisant de la réalité un monde à l’image de votre carte. Votre carte intérieure n’est pas une carte routière, mais la carte de vos questionnements, de vos déséquilibres, de vos schémas de vies. Le réel est alors perçu comme une matrice à sensations, une machine à affect. Un lieu, un événement, une situation déclenchent en vous la carte intérieure, le mode programmé du langage des choses à suivre pour faire face.

 

C’est une sorte de fonctionnement à l’envers. Vous êtes une sorte de topoguide, que vous utilisez en permanence pour connaitre votre position, physique, psychologique, sociologique dans le réel. Un topoguide multi sujet, avec une structure de lecture, qui s’impose à vous lors du décodage de l’information. Nous sommes notre propre mode d’emploi, notre mode d’emploi de notre univers, stocké en nous, qui est fait avec du nous. Pour chercher votre chemin, vous utiliser la carte papier, et une fois arrivé  vous la rangez. Ici et maintenant, vous utilisez votre topoguide interne pour donner du sens au réel. 

 

En allant à mon travail au volant de ma voiture, j’étais attentif aux paysages, et je regardais avec un regard panoramique les images du dehors se présenter à ma conscience. Mon regard fut attiré par le mouvement de l’herbe dans les bas-côtés, du fait de ce regard panoramique j’ai presque instantanément perçu l’ensemble des brins d’herbe, qui ondulait devant mon champ de vision, et donc dans mon champ de conscience. Cela ressemblait aux champs de blé, qui ondulent sous les coups de rafales du vent, et qui forment une mer de pailles jaunes déchainées. Rapidement, j’ai pris conscience que les arbres à l’étage du dessus participaient eux aussi à ce ballet. Il y avait une sorte de synchronicité de l’ensemble qui formait un mouvement unique parmi une multitude « d’individus » du monde végétal. J’étais le témoin de l’empreinte d’un géant invisible jouant avec les végétaux. J’étais au milieu de cela, dans ma voiture, à l’abri de ce mouvement général. Je n’avais que la vision, la conscience de ce mouvement généralisé, un mouvement semblant n’exister qu’à l’extérieur de mon véhicule. Une pensée a surgi, me disant que le brin d’herbe n’avait pas vocation à bouger. Puis la même pensée a continué son chemin, à travers la vision de l’ensemble des brins d’herbe, puis des arbres. Rien dans ce tableau ne pouvait bouger de la sorte tout seul. Mais, il n’y avait rien d’autre devant moi. En fait, ce mouvement était dû au vent, cela est une évidence, bien sûr. Une évidence telle que je dis que le brin d’herbe bouge, et l’arbre aussi. Mais, le brin d’herbe ne bouge pas, on le pousse, il est soumis à une pression qui le fait se déplacer. En réalité, le brin d’herbe résiste au mouvement. Ce mouvement des végétaux en dehors de ma voiture est le résultat d’une sorte de lutte dont je ne vois qu’un intervenant.

 

Lorsque je marche, pour me rendre d’un point à un autre, je bouge ou bien je résiste à la chute de mon corps, ce qui provoque un déplacement dans la direction de la chute. Nous sommes ici encore dans une logique d’interprétation inverse, nous donnons un sens aux choses. Une remarque, si ce n’est pas le vent qui fait bouger le brin d’herbe quels sont les entités ou le processus, qui peuvent faire bouger le brin d’herbe ?

 

Si c’est l’herbe de mon jardin, il y a ma tondeuse à gazon, un râteau, un objet, mes pieds, mon corps, un animal qui passe par là, un tremblement de terre…

 

Ceci me rappelle une expérience vécue il y a une trentaine d’années lors de mon service militaire, et qui à l’époque m’avait bien étonné. Elle m’est revenue à l’esprit ou à la conscience au choix, à la suite de cette vision de l’ « herbe folle », ou plutôt devrions-nous dire du « vent fou ». 

Il y avait une fête foraine et une des attractions était un cinéma panoramique à 360°, je n’avais à l’époque jamais été dans ce genre d’attraction et j’étais pour ainsi dire sans idées préconçues sur ce type de spectacle. La particularité de cette attraction, que j’ai compris une fois la séance démarrée était qu’il n’y avait pas de chaise, mais simplement une scène avec un écran faisant le tour de la pièce. Nous pouvions nous déplacer dans ce cercle, pour observer le film projeté autour de nous sur 360°. L’intégralité de mon champ visuel était donc prise par l’écran sphérique, et j’étais au milieu d’un décor virtuel, couvrant mon champ de vision, et ne me laissant pas apparaitre de limites sur les côtés autres que celle de l’image projetée. J’étais dans un décor cinématographique couvrant l’étendue de mon champ visuel, à l’exception du sol et de la surface au-dessus de ma tête. Lorsque le film a commencé, j’ai tout de suite été perturbé par des petits mouvements incontrôlés de mon corps, qui m’ont étonné, j’avais l’impression de ne pas tenir vraiment sur mes jambes. Rapidement, la mise en scène du film m’a positionné dans l’espace à la place de la caméra, une caméra qui était elle-même à la place d’une autre personne que moi. La caméra était placée au niveau des yeux de cette autre personne, j’étais de ma place, à la place d’un autre. Le film est rapidement parti dans des visualisations de scènes d’acrobaties les plus diverses, en mode troisième personne. Des acrobaties aériennes, avec des scènes de piquées, de loopings, de virages rapides, pris depuis l’avion en lieu et place du pilote, avec des angles inconnus du bipède terrien que je suis. Une autre scène, où j’étais le passager virtuel d’une attraction foraine, un grand huit géant. Un survol du Grand Canyon, avec des effets de passage au-dessus de gouffres vertigineux. Les images étaient très belles, et les acrobaties s’enchainaient à un rythme très rapide. J’étais pris de mouvement incontrôlable, à chaque nouveau mouvement du personnage que je représentais virtuellement. Ces mouvements n’avaient rien d’anodin, mais étaient pour certains assez violents pour me projeter en arrière, et me faire tomber. Je n’avais pas comme le personnage du film un siège de voiture de course, ou d’avion, pour me contenir, alors j’étais balancé à droite ou à gauche en fonction des images, qui englobaient totalement mon champ visuel, et du coup peut-être aussi ma conscience. J’étais dans un décor mouvant, qui se jouait de moi, me déplaçait de-ci de-là. Une sorte de rêve ou le rêveur était mon corps, qui répondait aux injonctions de mouvements apparents que lui suggérait la vision. Après quelques minutes de spectacle, ayant compris la source du problème, j’essayais alors de lutter contre l’effet du corps emporté par des illusions, mais c’était très dur de résister. Lorsqu’une image inattendue de chute apparaissait, il était quasi impossible de résister à une sorte de force invisible, une force semblant venir de nulle part et luttant contre ma volonté de ne pas tomber. J’étais pris entre ces deux forces, celle d’une chute évidente et celle d’une résistance à cette chute ?  Mais en réalité, j’étais simplement là, au milieu d’une salle sans personne autour de moi pour me bousculer. J’observais simplement que l’ensemble des spectateurs de la salle ressentait les mêmes genres de phénomènes, et les cris de stupeurs des personnes tombant à terre contribuaient à amplifier l’illusion. J’étais le fruit physique d’un mouvement sans actions apparentes sur mon corps, et sans volonté de mouvement. Je bougeais, alors que je ne voulais pas bouger. Le décor crée par le film, qui couvrait mon champ de vision, générait une cohérence telle, que malgré ma connaissance de l’illusion dans laquelle je me trouvais, j’étais bercé par des secousses invisibles, semblant venir de l’extérieur, mais ne pouvant en réalité ne venir que de l’intérieur. J’étais à ce moment-là dans une logique de conscience, où la simple vision d’un mouvement provoquait en moi une réactivité, une énergie, d’une force étonnante. Peut-être même le même type de force que si j’avais été réellement à la place de ce personnage virtuel.

 Il est possible de constater ce type de phénomènes par vous-même au cinéma la géode au parc de la Villette[93] , ou dans différents parcs d’attractions. Depuis l’époque de mon expérience, de nouvelles technologies sont apparues telles que l’IMAX, et il est possible de faire l’expérience de ces différentes illusions au parc du Futuroscope[94] par exemple.

Pour faire une petite digression, et en même temps vous faire remarquer un point, qui me semble important, j’aimerais revenir sur l’histoire des graffitis présentés avant ces chapitres. Dans cette histoire de graffitis il est montré une répétition de schéma graphique, qui eux-mêmes peuvent être reconnue dans des travaux créatifs, ou des centres d’intérêt divers. À mon avis, les deux chapitres précédents sont encore une représentation de ces schémas, on y retrouve un élément central pris entre deux forces exerçant une pression vers le centre. Le centre étant bien entendu, votre serviteur ou une représentation de moi. Ici, le brin d’herbe qui a attiré mon attention est certainement une représentation de moi luttant contre la force du vent, le brin d’herbe est pris entre deux forces, une qui le couche à terre et une autre qui le « pousse » à rester droit, une force intérieur et une force extérieure. Il y a un déséquilibre au sein du brin d’herbe, qui provoque le mouvement. Dans la vision, du cinéma panoramique, nous avons le même type de schéma avec cette fois-ci, moi-même au centre pris dans une pression virtuelle, qui me fait tomber et en même temps résister à la chute. Dans le cas de la vision panoramique nous avons deux forces, qui finalement sont toutes les deux intérieures, ce qui est étonnant. Étonnant, et en même temps instructif, car dans ce cas je vois qu’une information extérieure peut avoir des effets physiques réels sur moi, sans aucune réalité extérieure, mais simplement une information, une fiction. Lorsque l'on rêvasse, il peut être intéressant de se poser la question de l’impact de ces rêvasseries sur notre corps.

De la même façon, on peut se demander quel est le réel impact sur notre psychisme des informations que nous pouvons voir à la télévision ou ailleurs.

 

En fait, j’ai introduit cette remarque, pour me poser la question de savoir si ces deux derniers paragraphes avaient leurs places dans ce document, et avaient une réelle logique d’informations, ou bien s’ils avaient été placés là en réalité simplement, pour me permettre une fois de plus de reproduire un schéma structurel interne.

 

Plus prosaïquement, mes verbiages sont-ils le fruit d’une réflexion objective, ou tout simplement un prétexte à reproduire une fois de plus un schéma interne qui me structure ? Qui suis-je en dehors de ces schémas ? Visiblement, dans ce document vous ne pouvez trouver que du moi, du moi, et encore du moi. Par contre, mon « moi » peux devenir du « vous », si vous accrocher mes réflexions, à la lumière de vos structures internes, alors il y a de fortes chances pour que vous fassiez votre ces informations. Si pour vous ce texte est comme une sorte d’herbe folle bougée par le vent, alors vous vous y reconnaitrez, sinon vous n’êtes peut-être plus là pour vous lire. Ce texte ne peut vous parler que s’il existe déjà en vous un emplacement pour qu’il prenne racine. Par contre, s’il prend racine, alors il pourra comme une petite graine se développer, pour faire un arbre.

 

Une autre remarque me vient aussi à l’esprit, dans le cas de l’écran panoramique de toute évidence mes mouvements incontrôlés étaient le fruit du « sens » que je donnais aux images qui défilaient devant mon champ visuel[95]. De la même manière, ce paragraphe au sujet de « l’herbe folle » est mon interprétation, quel que soit la réalité de mes propos, c’est moi qui leur donne du sens. Nous avons vu d’ailleurs que dans les deux exemples, j’ai inconsciemment donné du sens, dans « mon sens », ma direction, celle d’une structure mentale personnelle, qui est plus vaste que le simple contenu des deux exemples. Il y a donc deux choses, l’extérieur physique avec l’herbe, ou les images panoramiques, et l’intérieur avec le sens que je leur donne à l’extérieur. L’extérieur est en face de moi dans mon champ visuel, sur le bord de la route, physiquement cela existe comme l’herbe, ou sont virtuelles comme les images du film, mais c’est en dehors de moi physiquement. En dehors de moi, si je considère que mon corps correspond à une limite formée par ma peau, une limite, qui me permet de dire ceci est en dehors de moi, en dehors de mon corps.

 

Je peux apprécier la distance entre mon corps et la chose à laquelle je donne un sens. L’herbe est à dix mètres de moi, et comme je suis dans ma voiture et que je roule, cette distance évolue d’instant en instant. Par contre, le sens que je donne à la scène peut évoluer, mais la distance physique ne change rien à l’affaire. C’est moi qui donne un sens à la scène, et donc la distance physique entre le « sens » que je donne à la scène, et la scène elle-même, est un « non-sens ». Je ne peux pas calculer une distance entre un objet et une pensée, ou une idée. Il n’y a pas de distance possible entre un objet, une chose et une pensée. Alors, la distance existante entre l’objet et le sens que je lui donne n’existe pas[96]. La distance n’existant pas cela veut dire que « je suis le sens », que je donne à la scène, cela se passe « en moi ». Le sens que je donne à la scène, c’est « MOI ». Je ne suis pas physiquement le brin d’herbe, je ne suis pas physiquement le film, qui défile devant mon champ visuel, et pourtant « je suis le sens » que je donne à tout cela. Dans le cas du film panoramique, je vais même jusqu'à me jeter à terre tout seul !!!! Je crois que je suis dans la scène physiquement, mais en réalité j’y suis uniquement par le sens que je donne à ce que je vois, je me joue un film du film ! Je ne vois pas très bien comment je pourrais être physiquement dans des images qui défilent sur un écran. Les images sur l’écran ne sont même pas physiques comme les brins d’herbe, ce n’est que de la lumière colorée, qui rebondit sur une toile blanche, pour arriver à mes yeux ! Le brin d’herbe se moque royalement de moi, il plie sous l’action du vent, et n’a peut-être aucune conscience du phénomène. Le vent se moque royalement du brin d’herbe, il se déplace simplement et ne sait pas qu’il vient de percuter un brin d’herbe. Ce que je viens d’écrire est fou !! Comment un brin d’herbe, ou même le vent peuvent-ils se « moquer » de quelque chose ?

 

J’ai prêté au vent et au brin d’herbe une capacité qui m’appartient : « se moque royalement ». J’ai une fois de plus donné un sens à des éléments du décor. Il n’y a pas ici de distance entre le vent et le brin d’herbe, et cette idée qu’il s’en moque. Tout s’est passé dans cette pièce, ici et maintenant, et le vent a cessé de souffler depuis bien longtemps maintenant, le brin d’herbe a peut-être été coupé par une tondeuse à l’heure actuelle. Lorsque j’étais dans ma voiture ou au centre de la scène, il y avait ces décors physiques ou virtuels, et le sens que je leur donnais. Le sens que je leurs donnaient était du MOI, et rien d’autre que du MOI, à ce moment-là, le sens que je me donnais du monde c’était MOI. Le brin d’herbe en train de fléchir, c’était une projection d’une de mes structures mentales. Attention, le brin d’herbe courbait bien l’échine à cause du vent, ça c’est le côté physique de l’opération, la vérité de l’action du vent, par contre, mon intérêt pour la scène c’est du MOI, du MOI pris dans un schéma que l’inconscient a remarqué pour MOI, dans cette représentation visuelle. Je suis les brins d’herbe et les arbres pris par le vent qui résistent à la pression. Je suis cette scène panoramique qui s’offre à ma vue. Nous sommes encore une fois face à nos grigris, dans ces deux histoires je suis en face de mes grigris, des grigris que « je me fais » me regarder, pour me raconter une histoire. J’utilise le physique qui m’entoure pour projeter mes histoires, ce physique me sert de miroir, un miroir aux alouettes, où nous sommes les premiers à venir nous piéger. Et si vous êtes attentif, vous avez remarqué que pour vous expliquer cela j’ai réutilisé le même schéma que précédemment, avec un système central MOI, et deux éléments qui le compresse, à savoir : l’intérieur (ma pensée, mon esprit, ma conscience) et l’extérieur (le physique).

 

Des contenus différents, mais un contenant unique.

 

On peut ressentir aussi l’expression d’un désir contrecarré par une interdiction morale ou psychique. Ici je rentre dans un processus analytique du contenu ce qui n’est pas le propos de ce document, mais il permet de voir comment des fils invisibles contenus en nous nous dirigent vers telles ou telles directions. Le fil d’Ariane de notre existence semble suspendu à des structures, des mécanismes d’identifications, des projections, qui nous maintiennent dans une sorte d’illusion. Une illusion de réalité où nous donnons du sens aux choses, notre réalité collée au réel.

 

J’ai repensé en écrivant le dernier passage, au chapitre ou je vous ai présenté quelques une de mes collections d’enfances. J’ai repensé que finalement : faire une collection c’est rechercher quelque chose, alors je me suis posé la question, quoi ?

 

Qu’est-ce que je recherchais à travers ces collections ?

 

Presque instantanément, j’ai revu deux exemples que je vous ai donnés au début de ce document ; la collection de timbres et la collection de pièces. Je n’avais pas fait vraiment attention, mais j’ai présenté pour illustrer mon propos, trois timbres, qui étaient à l’époque de cette collection l’objet de mes recherches les plus assidues. Il faut savoir que ces trois timbres font partie de trois séries de timbres aux valeurs faciales différentes, dont certaines sont très rares. Cette rareté donnait un certain piment à la collection. Mais reprenons la représentation de ces trois timbres, qui sont en réalité les mêmes représentations que pour les pièces de monnaie. Nous avons trois personnages, deux têtes, qui sont un homme et une femme, et une troisième qui sème (s’aime ?) des graines, pour récolter le blé.

 

    

   

En bricolant un peu un des timbres.

 

 Je ne rentrerais pas plus avant dans cet exemple, à vous d’y voir ce que vous voulez. Concernant la collection de pierres taillées, j’ai parcouru du regard, durant des années les bas-côtés des champs fraichement labourés croisés durant nos promenades à travers la France. Un peu à l’image de la semeuse dans son champ.

 

C’est aussi une sorte de représentation d’une dualité, avec comme personnage central, moi-même. Une dualité oscillante entre deux extrêmes ou deux principes complémentaires, le bien et le mal, l’intérieur et l’extérieur, etc.… Je suis le fruit, la graine, de mes parents. 

5.22.  Je vis dans un monde à combien de dimensions ?  

Dans une logique proche, on peut aussi remarquer qu’il y a une notion de distance entre nous et les choses. Si je veux me rendre dans le fond de mon jardin, il faut que physiquement je marche vers le fond du jardin. Par contre, mon regard couvre le fond du jardin sans que j’aie besoin d'y aller, l’information que je vois, m’arrive à la vitesse de la lumière ce qui fait que j’ai une vision de ce qui m’entoure, qui n’est pas en rapport avec la distance. De la même manière, j’ai une vision qui est uniquement limitée par ma position, par rapport aux objets, et l’endroit où je me trouve. Mais, dans tous les cas la vision de mon environnement est directe. Je vois le « près », et le « loin », de mon univers physique en même temps, je n’ai pas besoin de déplacer mon regard de la base de mon nez vers le fond du jardin. En fonction de la distance entre moi et les choses, et en fonction de mon acuité visuelle je verrais simplement les choses plus ou moins grandes et plus ou moins floues, mais toutes en même temps, pas l’une après l’autre, en fonction de la distance. Si je me place dans un environnement sans objet et de couleur uniforme, il est fort probable que je n’arrive plus à déterminer « la distance ». Lorsque je regarde des étoiles dans le ciel, je n’apprécie pas leurs distances par rapport à moi, je vois des points plus ou moins lumineux. Lorsque je vois des étoiles[97] dans le ciel je peux me poser la question, quel est ma limite de vision ? Si je veux voir quelque chose de précis comme la tour Eiffel[98], il faut bien sûr que je me déplace vers cette chose, sinon je suis dans mes pensées, je visualise une construction mentale. Lorsque je regarde un paysage, je peux être conscient d’un élément situé physiquement plus loin qu’un autre, ma conscience d’un lieu n’est pas liée à la distance ou la profondeur de mon regard. Du coup, il y a une sorte d’illogisme entre le monde physique et la conscience, le physique définit des distances, implique une notion de déplacement alors que la conscience n’a pas besoin de se déplacer, elle fonctionne d’où elle est. Si l'on reprend l’exemple de la vision, lorsque l’on regarde quelque chose on ajoute une notion de distance, il y a des perceptives, une vision stéréoscopique, mais en réalité, la vision est directe, la notion de distance est une réalité physique, mais nous la simulons lors de la vision. La distance perçue lors de la vision est une évaluation mentale, une illusion. Lorsqu’on observe un décor il est techniquement vu en trois dimensions, mais l'information reçue elle n'est pas en trois dimensions, c'est une projection, une double projection à travers mes deux yeux, qui fournissent à ma conscience une information, qui lui permet de reconstruise l’univers[99], qui est devant moi en trois dimensions. L’exemple des images de type stéréogramme[100] montre à l’inverse, comment la conscience, le cerveau, peut visualiser une image 2D, et en faire une représentation en trois dimensions.

Il y a la lettre PI en relief dans cette masse de points 2D[101].

 

Les tigres sont sur plusieurs plans de profondeur alors que l’image est à plat[102].

Je peux à l’heure actuelle facilement simuler avec un logiciel adapté un décor en trois dimensions, mais si je veux simuler la vision je vais avoir une projection en deux dimensions de mon univers 3D sur l’écran de l’ordinateur, ce qui n’est plus vraiment un univers en trois dimensions, mais une illusion, une représentation, une projection de cet univers. En réalité, la 3D du monde virtuel de l’ordinateur n’est pas constituée de formes, mais simplement de coordonnée de vecteur dans un espace normé (euclidien), les vecteurs sont stockés dans la mémoire de l’ordinateur sous la forme d’information électrique invisible. La vision de cet univers de vecteurs passera obligatoirement par des algorithmes mathématiques divers de projection vers la surface 2D de l’écran, ça allumera simplement des pixels de couleur[103] en utilisant un interrupteur électronique.

 

Cet univers de points et d’équations de formes, contenu dans la mémoire de l’ordinateur n’est pas visible directement avec nos yeux, et il faut obligatoirement réaliser une projection mathématique de l’ensemble des points vers l’écran, pour pouvoir visualiser la scène calculée. Il faudra de plus calculer la scène en simulant la position du spectateur. Il n’existe pas de distance sur la surface de l’écran, tous les pixels sont au même endroit, sur le même plan, ils sont étalés sur l’écran les uns à côté des autres. Lorsque nous regardons une scène avec nos yeux, c’est un peu pareil, il n’y a pas de distance pour la conscience, mais uniquement une simulation de la distance physique, ce qui n’est pas la même chose. La perception de mon environnement commence avec la perception de mes sens, dont les récepteurs sont attachés à mon corps. Mes yeux ne sont pas au fond du jardin et mes oreilles ne sont pas au niveau de l’oiseau qui chante sur sa branche.

 

La distance n’existant pas, il n’y a pas de coupure possible entre moi et la perception de mon environnement. Il peut y avoir un mur devant moi qui me cache une partie de mon environnement, mais ce n’est pas une coupure, c’est simplement la limite de mon champ de vision. Je peux mettre des bouchons dans mes oreilles, ce qui va atténuer la réception du bruit, mais ce n’est pas vraiment une coupure, et que j’entende le son ou pas, mes oreilles marchent pareilles. Entre ma vision et les choses que je vois ou que j’entends, il n’y a pas de néants, pas de coupures. Soit, je vois, soit je ne vois pas, j’ouvre les yeux, je vois tout, de moi jusqu’à ma limite visuelle, instantanément. Je ferme les yeux, je ne vois plus rien, instantanément, aux phénomènes de rémanences près. Seul un objet physique opaque, comme mes paupières ou un mur, peut limiter ma perception. En fait, il n’est pas possible d’isoler une partie de ma vision : avoir par exemple en haut à gauche la vision de ma cave, et en même temps en bas à droite celle de mon salon, ou utiliser les deux autres zones pour réaliser une conversation avec un ami et lire un livre. Je peux voir un bosquet d’arbres et me dire qu’ils sont deux, mais cette division est virtuelle, je vois le bosquet dans son ensemble et c’est moi qui découpe les éléments en deux arbres, je peux aussi découper virtuellement l’ensemble des feuilles des deux arbres. Je peux être conscient d’un événement se déroulant devant moi et oublié le bosquet d’arbre, qui est pourtant dans mon champ de vision, mais c’est moi qui réalise cette occlusion.

 

C’est une illusion, une perte de conscience vis-à-vis du bosquet d’arbre au profit de l’événement qui a capté mon attention, l’événement pouvant être intérieur comme un rêve. Je ne suis pas coupé du monde, je suis physiquement dans le monde et logiquement conscient. On peut aussi se poser la question de ma non-présence dans la vision, en effet mon corps ne fait pas barrière à la vision. Je peux avoir des problèmes physiques qui vont perturber ma vue, mais dans une situation classique je ne me positionne pas physiquement dans mon champ visuel. Personnellement, j’ai des petites masses en mouvement dans l’humeur vitrée de mes yeux qui viennent se promener dans mon champ visuel. Cela me permet d’avoir une sorte de point de départ de ma vision, mais en fait ils se superposent, et ils font obstacle à la vision des éléments situés derrière, en temps réel, pas avant, ni après.

 

Lorsque je mange, je porte ma nourriture à la bouche avec une fourchette, je vois à tout instant et à toute distance la fourchette qui se dirige vers ma bouche, avec sa cargaison de nourriture. Ma main physique se déplace dans la pièce ainsi que la fourchette, et je suis conscient d’instant en instant de la scène, ma conscience ne perd pas la conscience de la fourchette. La fourchette ne tombe pas durant son trajet dans un néant de conscience (bien que, si vous n'êtes pas attentif), elle peut simplement quitter mon champ de vision lorsqu’elle arrive près de ma bouche. Mais si je pars dans une rêvasserie durant le trajet de la fourchette, il est possible que je perde la conscience de la vision de la fin du trajet, alors que physiquement la fourchette est bien devant moi !

 

Personne n’a jamais vu ma conscience, elle n’est pas dans notre monde à trois dimensions, pourtant c’est avec elle que je perçois ce monde. Je suis physiquement dans ce monde tout comme la fourchette, donc je fais partie de ce monde, je suis un élément du monde, mais je ne le sais qu’à travers ma conscience. Ma conscience, qui peut en un instant se projeter dans une rêvasserie et laisser le corps physique continuer sa tâche comme un zombi ou un robot. Ma conscience entretient une relation bien étrange avec mon corps physique. Le corps est comme une sorte de capteur qui fournit des informations, qui vont servir à la conscience, mais mon corps peut aussi réagit tout seul. Nous avons déjà vu que la conscience se raconte bien des histoires avec ces informations.

 

On peut presque se demander par moment, si la conscience contrôle le corps, ou bien si la conscience est une sorte de truc, qui interprète ce qui se passe en fonction de besoins divers. Lorsque je tape ce texte sur mon ordinateur, le corps traduit ma pensée par des gestes en utilisant mes doigts, qui tapotent sur mon clavier, ce qui me laisse penser que je dirige mon corps avec ma volonté, ma volonté d’écrire ce document. Il faudrait certainement distinguer les différences entre tous ces termes : volonté, conscience, pensée…Pour y voir plus clair. Enfin encore une fois je crois qu’il faut simplement retenir qu’il ne faut pas confondre la chose avec le sens que l’on donne à la chose.

Imaginons que je sois un arbre. Je reçois des événements générer par mon entourage. J’ai certainement une conscience d’arbre de ces événements, mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire pour moi la notion de distance évoquée plus haut ? Depuis mon état de graine, je suis là, je pousse vers la lumière, la seule distance que j’ai parcourue, c’est la distance entre l’extrémité basse de mes racines et l’extrémité haute de mes branches. Vous m’avez dit la tour Eiffel ? Non, « je ne vois pas ».

 

6.     Méthodes

Dans cette partie du document, je vais rassembler ce que l’on pourrait appeler les méthodes de travail ou des mécanismes que j’applique pour essayer de capturer de la matière à réflexion. Ces méthodes sont des choses découvertes au fil du temps, qui se sont transformées en habitude, ont été modifiées, bonifiées, déformées… Certaines sont simplement des méthodes données par d’autres ou des évidences adaptées à mes besoins. Faites des expériences, créez vos propres méthodes, adaptez-vous à vous. Je ne sais pas ce que vous recherchez et c’est votre problème, pas le mien. Ces chapitres sont pour moi une sorte de mise en forme de mes méthodes, il y a de fortes chances pour que je n’applique moi-même jamais réellement ces méthodes. Ce ne sont que des pistes de travail que je couche sur le papier, pour permettre l’émergence de nouvelles informations et de nouvelles méthodes. Tout ceci est très simple et découle du bon sens qui doit toujours accompagner ce type de travail. Le nombre de chapitre de cette partie de l’ouvrage va donc être très court.

6.1.      Équipement de base

Quel est l’équipement de l’aventurier que je suis ; je dirais que le minimum à avoir sur soi pour commencer ce travail est l’« ÊTRE ». Sans ce truc de base, vous ne pouvez rien faire. Heureusement, nous sommes équipés à la naissance d’un « ÊTRE », cela est bien pratique. Chercher où vous l’avez rangé, vous allez en avoir besoin. En attendant un bon cahier et un stylo est un autre minimum. Personnellement, j’utilise un ordinateur portable pour rédiger ce texte en direct, c’est beaucoup plus souple à utiliser qu’un cahier, et les modifications sont plus faciles à apporter. On ne peut malheureusement pas se promener avec son portable sous le bras, et dans ce cas le cahier et le crayon sont encore les instruments les plus pratiques. J’ai personnellement un petit calepin à spirale sur moi et un crayon. J’ai aussi un cahier dans ma salle de bain, pour noter mes rêves quand il m’arrive de me lever la nuit.

 

Concernant le calepin à spirale, j’aimerais apporter une précision qui a son importance. Vous allez certainement être amené à noter des informations très personnelles, voire très, très personnelles alors prévoyez un calepin discret que vous rangerez dans un endroit sûr. Ce calepin est un instrument de travail qui vous est personnel, plus il sera sûr, et plus vous pourrez espérer y voir apparaitre des « informations profondes ». Il ne doit pas devenir une source de soucis ou de tracas pour vous. Ou alors, soyez attentif à ce souci ou ce tracas, et noter tout cela quelques parts. Si au moment de noter votre souci des associations d’idées apparaissent, et bien noter les, noter toutes les informations, qui viendraient dans votre champ de conscience à ce moment-là, et laisser l’ensemble mijoter. Le mieux est quand même de sécuriser l’accès à ce calepin. Enfin moi, c’est ce que je fais.

 

Un super outil pour trouver des associations, ou des informations sur les questions qui apparaissent est bien sûr Internet. Vous avez une interrogation sur l’emplacement d’un lieu, d’une filiation, d’un texte d’auteur, d’un concept, d’un mot… En trois clics, vous pouvez vous retrouver sur un site qui vous apportera des informations nouvelles et une piste de recherche. Il faut simplement faire attention aux logiciels de "profiling" en action sur les sites comme YouTube, Google, Facebook ou autres, et qui vous fournissent une information ciblée, qui peut vous occulter des choses et vous induire en erreur.

6.2.      Lecture de livre

J’ai pris l’habitude lorsque je lis un livre d’avoir un crayon, et de faire des annotations directement dans la marge à l’endroit même de l’apparition d’une réflexion sur les propos de l’auteur, ou les points de départ en mode rêvasserie. Je regrette quelquefois de ne pas avoir noté la date et l’heure avec mon annotation. J’ai remarqué que la lecture d’un roman ou d’un ouvrage romancé me procurait lors de la lecture des émotions, des sentiments, de la peine, de la joie, du bonheur, etc. En fait, c’est certainement pour cela que nous lisons ce type d’ouvrage. Maintenant pour moi l’exercice est de mettre en lumière les passages d’un livre, qui provoque des sentiments plus importants que les autres. Un simple trait de crayon sur le côté du texte qui vous a provoqué une petite larme ou un léger émoi, avec le cas échéant un petit commentaire, et si vous avez le temps une petite analyse rapide. Laissé venir à vous des souvenirs et noter tout ça dans votre cahier, même si ça peut ne paraitre n’avoir aucun rapport avec le contenu du texte. L’idée ici est de trouver les choses qui provoquent en vous des émotions, c'est-à-dire des pensées non verbales, ici nous ne sommes plus dans le commentaire et le mental, mais dans le physique, qui réagit à quelque chose.

7.   Conclusion

Si vous n’avez jamais gouté une poire, il est impossible que vous en connaissiez le gout. Plus vous aurez de réponses à la question « Quel est le gout d’une poire ? » plus vous pourrez appréhender la chose. Mais, vous pouvez lire tous les ouvrages écrits sur ce fruit, jamais vous n’en connaitrez réellement le gout, alors que le simple fait de porter un fruit à votre bouge vous donnera une réponse, je dis bien une réponse.

 

Ce document est le lieu du contre rendu de certaines de mes expériences de vie. Vous ne pourrez jamais refaire ces expériences. Je vous dis bien, jamais. De toute manière, je serais bien incapable de transcrire la chose avec assez de précision pour que vous puissiez la revivre. Une expérience est unique, elle a lieu « ici et maintenant », dans le présent. Pour moi, c’est un souvenir plus ou moins fidèle, pour vous c’est une fiction totale. Si vous vous surprenez à rêvasser sur une de mes expériences, alors prenez conscience que vous êtes en train de dormir. Vous n’êtes pas moi et rien ne vous garantit que ce que j’ai écrit soit vrai. Par contre si vous avez généré une rêvasserie, des réflexions internes, ou tous autres types de logiques mentales à partir de mon compte-rendu d’expériences il est intéressant pour vous de voir, ce qui dans mes récits d’expériences vous a fait faire des rêvasseries, qui elles, sont vos expériences. Ces expériences que vous avez faites sont à vous, c’est vos expériences, vous les avez faites « ici et maintenant », dans le présent, c’est des expériences. Ces expériences ont été générées par quelque chose, par un besoin, une envie, une logique… chercher de ce côté-là, prenez des notes, creusez… 

 

J’espère que ma prose rugueuse ne vous a pas trop provoqué de rougeurs, et que vous avez peut-être à votre manière expérimenté des moments, qui n’appartiennent qu’à vous. J’espère que vous les avez construits sur un modèle agréable, pour votre meilleure satisfaction. Si vous avez trouvez une forme de plaisir à lire ce petit ouvrage je ne serais que vous conseiller de lire les suivants, plus copieux. Ils vous permettront de continuer ce voyage avec moi. Ils reprennent de différentes manières les sujets effleurés ici afin d’approfondir graduellement notre recherche. Ce premier tome est comme une sorte de mise en bouche qui annonce le déploiement futur des différents thèmes et d’autres que vous avez entrevue ici. Ils y sont traités de manière plus approfondie et forme les autres étapes de notre voyage vers nous-même.

 

 

 

 

8.   Référence des ouvrages cités ou liens en rapport

Douglas Hofstadter

·         « je suis une boucle étrange », éditeur Dunod, 2013, ISBN : 2-10070-211-4

Georges Romey,

·         « Le rêve éveillé libre » Une nouvelle voie thérapeutique de Georges Romey aux éditions Albin Michel ISBN : 2-226-12136-6

Edwin A. Abbott

·         Flatland editeur Librio, ISBN 2-290054097

Lefebure, Dr.Francis

·         « Les Homologies Ou La Lumière De L'Asie Devant La Science de Lefebure », 1978 éditeur Le courrier du livre ; EAN 978-2702900482

Sur Internet :

Wikipédia

·         WWW.WIKIPEDIA.ORG



[1] Extrait de : Journal des Synchronicités, coïncidences, événements – Tome 13 chapitre 17 (Je n’ai pas de compte à rendre au temps (10 décembre 2011 9h35 rédigé le 31)) modifier janvier 2014 en ajoutant l’espace et le temps

[2] http://www.llecointe.com/ludovic/book/SMT1/Structures_mentales_Tome_1.pdf

[3] http://www.llecointe.com/ludovic/book/SMT2/Structures_mentales_Tome_2.pdf

[4] http://www.llecointe.com/ludovic/book/SMT3/Structures_mentales_Tome_3.pdf

[5] http://www.llecointe.com/ludovic/book/SMT4/Structures_mentales_Tome_4.pdf

[6] http://wikimediafoundation.org/wiki/Conditions_d’utilisation  http://fr.wikipedia.org/wiki/Œuvre_libre

[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d’auteur

[8] Au 1 mars 2015 il existe 4 tomes de synthèses, qui présentent une analyse de nos structures mentales, et au-delà de certains mécanismes universels.

[9] En cherchant sur internet pour voir si cette phrase idiote pouvait être en résonnance avec un quelconque concept, j’ai trouvé qu’elle trouvait un sens dans un ouvrage.

"Parmi les dix mille chose entre le ciel et la terre, l'homme est cette créature suprême faisant cette trinité avec le ciel et la terre. Le ciel est rond et la terre carré; cette position est particulière à l'homme, puisqu'à l'exception des autres créatures du ciel et de la terre, sa tête est ronde et ses pieds carrés. Par l'harmonieuse interaction du yang qui descend du ciel et du yin qui monte de la terre s'accomplit ainsi l'ordre naturel des choses..." tirée de : Le Confucianisme par A. C. Graham. Extrait tiré de "The Concise Encyclopedia of Living Faith" (1959), page 381. Traduction libre de l'auteur.

http://pagesperso-orange.fr/jean-paul.barriere/univers/code27.htm

Je tiens à préciser que je ne connais pas cet auteur et que mon propos n’a aucune logique consciente avec ce texte.

[10] Il a été corrigé courant juin 2013 pour la deuxième édition

[11]  Ce chapitre a été récrit en 2013 lors de la rédaction du tome deux. J’ai réutilisé la version du tome deux en lieu et place ici, car elle est très similaire, mais mieux écrite.

[12] http://fr.wikipedia.org/wiki/Limite_de_Hayflick

[13] http://fr.wikipedia.org/wiki/Immortalité

[14] http://les.arbres.free.fr/origine.php http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre

[15] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Douglasie2.jpg

[16] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Stammbaum_Bluntschli.jpg

[17] http://fr.wikipedia.org/wiki/Genealogie ; http://www.geneawiki.org/index.php/Accueil

[18] Chroniques de David Ciussi, Pratiquer L’instant Présent éditions E.F.P.A & Soleil-Levant page 120-121 au chapitre « Hasard ou providence : Déterminisme ou liberté intérieur » http://www.davidciussi.net .

[19] http://fr.wikipedia.org/wiki/Procréation ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Fécondation

L’embryon se développe dans l’utérus de la mère, à l’intérieur d’une poche remplie de liquide qui le met à l’abri des chocs. L’embryon est relié au placenta par le cordon ombilical. La grossesse dure 9 mois. Au début, l’embryon est plus petit qu’une tête d’épingle. À l’âge de 3 semaines, sa taille est celle d’un grain de blé. À la naissance, le bébé pèse 3 kg. À l’âge de 8 semaines, l’embryon ressemble déjà à un être humain en réduction et devient un fœtus. Au niveau du placenta, le sang de la mère et celui de son fœtus ne se mélangent pas. Cependant, les aliments et l’oxygène contenus dans le sang de la mère passent dans le sang du « bébé ». En sens inverse, les déchets (l’urée) contenus dans le sang du fœtus passent dans le sang maternel. La naissance d’un bébé n’est possible que si un ovule de la mère est fécondé par un spermatozoïde du papa. L’œuf se fixe dans l’utérus de la maman et devient le bébé. À la naissance, un nouveau-né est un être inachevé. La « construction » de son système nerveux se poursuit encore pendant plusieurs années. La croissance d’un enfant est très lente : elle dure un quart de la vie ! À quatre mois et demi, le fœtus mesure 25 cm environ. Il peut plier et détendre ses jambes et la maman commence à le sentir bouger. Le placenta est une zone d’échanges entre le sang de la mère et celui du bébé. De fortes contractions de l’utérus entraînent la rupture de la poche des eaux et poussent le bébé dehors. Le col de l’utérus se dilate et le bébé sort, la tête la première normalement. Dix minutes après la sortie du bébé, de nouvelles contractions de l’utérus expulsent le placenta. L’accouchement représente, pour le nouveau-né, un changement considérable de ses conditions de vie. Dès que sa tête apparaît, l’enfant aspire d’abord un grand bol d’air qui déplisse ses alvéoles pulmonaires puis il expire profondément en poussant son premier cri. Le bébé n’a plus besoin du placenta pour respirer, manger… À partir de maintenant, il respire avec son nez, mange avec sa bouche, urine grâce à ses reins…

[20] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Sperm-egg.jpg

[21] http://fr.wikipedia.org/wiki/Oeuf_(biologie) :

[22] http://fr.wikipedia.org/wiki/Embryogenèse

[23] http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet :

Objet (du latin objectum, 1361) désigne:

Une entité (une chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit naturelle, soit fabriquée par l'homme (un artéfact), qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale (un nom). En ce sens, l'objet est sensible, c'est-à-dire qu'il est ou doit pouvoir être perceptible par au moins un des cinq sens ou par un dispositif ad hoc (instrument de laboratoire en physique, par exemple). Il est défini par les relations externes qu'il entretient avec son environnement, par son état et les mouvements ou modifications qu'il subit ou qu'il cause. De ce fait, puisque rien n'est permanent, il évolue dans le temps.

[24] http://fr.wikipedia.org/wiki/Objectif :

Le mot objectif possède plusieurs significations :

Un objectif, c'est un but (ou une finalité) que l'on s'est fixé(e) et qui se doit d'être réalisé(e) au travers d'un projet ;

En optique, un objectif est un système optique constitué d'un ensemble de lentilles simples ou composées (doublets, triplets) en verre minéral, organique ou composite. Ils sont utilisés notamment en photographie (voir objectif photographique).

Être objectif c'est donner un point de vue exempt de tout jugement personnel (voir objectivité).

[25] Genèse 1:14

[26] Stanislas Dehaene, premier Cours, « L’inconscient cognitif : Une introduction critique ».

[27] Voir les travaux de Stanislas Dehaene sur le site du collège de France : http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/psy_cog/audio_video.jsp

[28] Ce texte a été écrit en 2009.

[29] René Descartes (1596-1650): actions mécaniques involontaires :  « Tous les mouvements que nous faisons sans que notre volonté y contribue (comme il arrive souvent que nous respirons, que nous marchons, que nous mangeons, et enfin que nous faisons toutes les actions qui nous sont communes avec les bêtes) ne dépendent que de la conformation de nos membres et du cours que les esprits, excités par la chaleur du cœur, suivent naturellement dans le cerveau, dans les nerfs et dans les muscles, en même façon que le mouvement d'une montre est produit par la seule force de son ressort et la figure de ses roues. »

 

[30] Voir les travaux du Docteur Gérard Hatesse : http://www.posture.fr/

 

[31] Stephen Jourdain, « Première personne », Les deux Océans Paris. ISBN : 2-86681-029-X édition de 1990.

[32] Candide, ou l’Optimisme est un conte philosophique de Voltaire paru à Genève en janvier 1759. Il a été réédité vingt fois du vivant de l’auteur (plus de cinquante aujourd’hui) ce qui en fait un des plus grands succès littéraires français. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pangloss

[33] Voici une piste, je suis français, hop le mécanisme interne, viens d’intégrer une nouvelle information qui peut peut-être lui être utile.

[34] Je viens de passer d’une notion de document à celle d’ouvrage de littérature. Restons modestes, ceci n’est qu’un document.

[35] Cette anecdote est tirée du Tome 3 de mes journaux et est daté du 31 décembre 2008, le titre du chapitre (74) est intitulé : « 4e dimension ».

[36] http://www.clarte.eu.com/religions/Questions et indices%A0.htm

[37] http://fr.wikipedia.org/wiki/Que_sait-on_vraiment_de_la_réalité_!%3F

Ce film a donné lieu à controverses, mais cela n’est pas le propos de l’anecdote.

[38] L’extrait de ce film était visible sur : http://www.dailymotion.com/relevance/search/Dr.+Quantum+visits+Flatland+/video/x27gjs_dr-quantum-visits-flatland_tech

 

[39] https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flatland_cover.jpg

[40] http://www.clarte.eu.com/religions/Questions et indices%A0.htm : lors de la rédaction de la deuxième édition de ce livre le site n’était plus disponible. Et il est impossible de retrouver l’auteur de ce texte  j’espère, le webmaster me pardonnera, d’avoir copié de texte et qu’il se fasse connaitre s’il y a un problème de droit pour ce court extrait.

[41] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouteille_de_Klein : Une explication sur la bouteille de Klein est visible ici : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Klein_bottle.svg auteur : http://commons.wikimedia.org/wiki/User:Tttrung

[42]  http://fr.wikipedia.org/wiki/Bienvenue_chez_les_Ch’tis : Bienvenue chez les Ch’tis est un film français réalisé par Dany Boon, sorti le 20 février 2008 dans le Nord-Pas-de-Calais et dans quelques salles de la Somme, le 27 février 2008 dans le reste de la France, en Belgique et en Suisse, un jour après au Luxembourg, et le 25 juillet 2008 au Canada. Le film raconte les aventures de Philippe Abrams, directeur d’une agence de La Poste dans le sud de la France qui, par mesure disciplinaire, est muté pour une durée de deux ans à Bergues, dans le Nord-Pas-de-Calais. 

[43] http://fr.wikipedia.org/wiki/Dany_Boon : Dany Boon, de son vrai nom Daniel Hamidou puis Daniel Boon, est un acteur, humoriste et réalisateur français, né le 26 juin 1966 à Armentières (Nord).

 

[44] http://www.musikiwi.com/paroles/ange-par-fils,mandrin,27042.html

 

[45] http://fr.wikipedia.org/wiki/L’interprétation_des_rêves

[46]  http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Desoille : Marie-Clotilde, une psychothérapie en rêve éveillé dirigé (présenté par Nicole Fabre) Payot, 1971

[47] http://fr.wikipedia.org/wiki/Dao_De_Jing ; http://taoteking.free.fr/interieur.php3?chapitre=11

 

 

[48] http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Einstein : Albert Einstein (14 mars 1879, Ulm (Wurtemberg) - 18 avril 1955 Princeton (New Jersey)) est un physicien qui fut successivement allemand, puis apatride (1896), Suisse (1901), et enfin helvético-américain (1940). Il publie sa théorie de la relativité restreinte en 1905, et une théorie de la gravitation dite relativité générale en 1915. Il contribue largement au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie, et reçoit le prix Nobel de physique en 1921 pour son explication de l’effet photoélectrique. Son travail est notamment connu pour l’équation E=mc², qui établit une équivalence entre la matière et l'énergie d'un système.

 

[49] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tics

[50] http://fr.wikipedia.org/wiki/Programmation_neuro-linguistique : La programmation neuro-linguistique (PNL) est un ensemble de modèles et de techniques de développement personnel originaires des États-Unis et destinées à améliorer la communication entre individus et à s’améliorer personnellement. Elle peut être employée dans des cadres personnels, ou d’entreprises. Le terme a été inventé par John Grinder et Richard Bandler dans les années 1970 et s’inspire du travail d'autres psychothérapeutes, dont Milton Erickson, Virginia Satir et Fritz Perls.

[51] http://fr.wikipedia.org/wiki/Memento_(film) : Memento est un thriller américain, réalisé par Christopher Nolan, sorti en 2000. La particularité du film Memento (« souviens-toi » en latin) est qu'il alterne scènes en noir et blanc et scènes en couleurs, et que les premières sont montées en ordre chronologique alors que les scènes couleurs sont montées dans un ordre antichronologique. Ce traitement est particulièrement adapté au thème principal du film : la mémoire.

 

[52] http://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Hofstadter  : Douglas Richard Hofstadter (né le 15 février 1945) est un universitaire américain. Il est connu surtout pour son ouvrage Gödel, Escher, Bach, les brins d'une guirlande éternelle, publié en 1979, et qui obtint le Prix Pulitzer en 1980. Ce livre, dont le titre est souvent abrégé en « GEB », a inspiré des milliers d'étudiants à se lancer dans une carrière dans les domaines de l'informatique et de l'intelligence artificielle.

[53] http://fr.wikipedia.org/wiki/RAID_(informatique) : En informatique, le mot RAID désigne une technologie permettant de stocker des données sur de multiples disques durs afin d'améliorer, en fonction du type de RAID choisi, la tolérance aux pannes et/ou les performances de l'ensemble. RAID était à l'origine l'acronyme de Redundant Array of Inexpensive Disks, ce qui signifie « matrice redondante de disques bon marché ». Aujourd'hui, le mot est devenu l'acronyme de Redundant Array of Independent Disks, ce qui signifie « matrice redondante de disques indépendants », car les disques durs sont de bien meilleure qualité qu'à l'époque.

 

 

[54] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cupidon : Dans la mythologie romaine, Cupidon, fils de Vénus, est le dieu de l'amour. Il présente la même origine et la même histoire que le dieu grec de l'amour Éros.

[55] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Amor_Victorious.jpg

[56] http://fr.wikipedia.org/wiki/Blanche_Neige : Blanche-Neige (Schneewittchen en version originale allemande) est le titre d'un conte célèbre en Europe et en Amérique du Nord, dont la version la plus connue est celle de Jacob et Wilhelm Grimm parus en 1812. Les frères Jacob et Wilhelm Grimm auraient été inspirés par un mythe germanique. Plusieurs mythes européens peuvent correspondre à ce personnage. Bruno Bettelheim écrit à ce propos :     « Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur et des démarches qu'exige notre passage de l'immaturité à la maturité. Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d'abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur, ce qui nous récompense de nos efforts. »

[57] http://fr.wikipedia.org/wiki/Miroir 

 

[58] Tao Te King. onzième aphorisme :
Trente rayons se rencontrent dans le moyeu.
Mais c’est le vide en lui qui crée la nature de la roue.
Les vases sont faits d’argile.
Mais c’est le vide en eux qui fait la nature du vase.

 

[59]  http://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Harding : Douglas Harding est un auteur engagé dans une spiritualité non dualiste à la suite de personnalités comme Ramana Maharshi, Krishnamurti, Eric Baret, Arnaud Desjardins, Ma ananda moyi ou Jean Klein. Douglas Harding est l'auteur de Vivre sans tête.

[60] Georges Romey, « Le rêve éveillé libre » Une nouvelle voie thérapeutique de Georges Romey aux éditions Albin Michel ISBN : 2-226-12136-6

[61] Idem. Page 99-100

[62] http ://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier :LA2-Blitz-0407_cropped.jpg

 

[63]   Empruntée à l'inscription gravée au fronton du temple d'Apollon à Delphes, cette devise ne reflète pas la sagesse de Socrate dont la véritable maxime était en réalité « Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Socrate

 

[64]  « De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or ». Le navire représenté est le symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge. La devise de la ville, « http://fr.wikipedia.org/wiki/Blason_de_Paris : Fluctuat nec mergitur » (« Il est battu par les flots sans être submergé » ou encore « Il flotte, mais ne sombre pas ») est également une référence à ce bateau.

[65] http://fr.wikipedia.org/wiki/Balance_de_Roberval : La balance Roberval à deux fléaux est un instrument de pesage qui doit son nom à son inventeur Gilles Personne de Roberval, mathématicien et physicien français né en 1602, connu sous le nom de Roberval, car il était originaire de Roberval dans l'Oise.

[66] http://fr.wikipedia.org/wiki/Balance_(instrument)

[67] http://fr.wikipedia.org/wiki/Balance_(emblême_justice)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Grossrudestedtwappen.jpg

 

 

[68]  http://fr.wikipedia.org/wiki/Schéma_conceptuel : Un article intéressant sur Wikipedia sur les schémas conceptuels  Un autre sur les métaphores : http://fr.wikipedia.org/wiki/Métaphore 

 

[69] http://fr.wikipedia.org/wiki/Téléphone_arabe : Le téléphone arabe, ou du téléphone sans fil, est un jeu de société. De trois minimum à plusieurs centaines de joueurs, à partir de 3 ans, pour une durée de une à deux minutes environ par partie à cinq à dix joueurs. L'origine du jeu est incertaine. 

 

[70] http://fr.wikipedia.org/wiki/Illusions_d’optique : http://www.artsquebec.net/fr/html/oeuvre.asp?ide=13344&ida=147

Extrait d’une pyrogravure de Sylvain Bolle : Pyrogravure sur placage de merisier

 

[71] http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Caméra_invisible : La caméra invisible est une émission de télévision française humoristique de Jacques Rouland réalisé par Igor Barrère et diffusée sur la deuxième chaîne de la RTF puis de l’ORTF à partir du 30 avril 1964.

[72] http://fr.wikipedia.org/wiki/Matrix : Matrix (en France), La Matrice (au Québec) (The Matrix) est un film de science-fiction réalisé par les frères Andy et Larry Wachowski et sortit en 1999. Inspiré du livre le Neuromancien, il est le premier volet d'une trilogie qui se poursuivra avec les films Matrix Reloaded et Matrix Revolutions.

[73] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémoire : D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information, subjectivement le souvenir. La mémoire désigne à la fois la capacité d'un individu ou d'un groupe humain de se souvenir de faits passés et de se souvenir lui-même.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémoire_(sciences_humaines)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Corps-esprit :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Règles_pour_la_direction_de_l’esprit : Les Règles pour la direction de l'esprit (Regulae ad directionem ingenii, vers 1628 - 1629) est une œuvre inachevée de Descartes. Il y expose des règles pour diriger son esprit. Elles sont au nombre de 21.

[74] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémoire_(psychologie)

[75] http://fr.wikipedia.org/wiki/Représentation_mentale : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image_mentale : Une représentation mentale ou représentation cognitive est l'image qu'un individu se fait d'une situation. Elle est au confluent des sensations et de la mémoire. Dans une situation donnée, les sensations vont susciter l'activation d'informations contenues en mémoire ce qui provoquera les réactions du sujet. Comme toute activité humaine est organisée en vue d'une fin, la notion de représentation est proche de celle d'état mental, et donc du concept d'intentionnalité.

[76] http://fr.wikipedia.org/wiki/Neurosciences_cognitives : Les neurosciences cognitives (ou psychobiologie) désignent le domaine de recherche dans lequel sont étudiés les mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent la cognition (perception, motricité, langage, mémoire, raisonnement, émotions...) C'est une branche des sciences cognitives qui fait appel pour une large part aux neurosciences, à la neuropsychologie, à la psychologie cognitive, à l'imagerie cérébrale ainsi qu'à la modélisation.

[77] http://fr.wikipedia.org/wiki/Excrément : Les excréments sont toutes les matières naturellement évacuées par un organisme animal, sous forme solide ou liquide : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matières_fécales

[78]http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_ADN : Une analyse génétique est une technique d'analyse du génome des cellules d'un organisme. Les analyses génétiques se pratiquent sur tout type d'organisme. Chez les humains elles sont utilisées dans un cadre médical ou juridique (enquête criminelle).

[79] http://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_génétique : L'empreinte génétique repose sur le fait suivant : bien que deux humains aient une large majorité de leur ADN identique, un certain ensemble de séquences dans l'ADN restent spécifiques à chaque individu. Ce sont ces séquences que l'analyse d'empreinte génétique se propose d'étudier. En effet si un échantillon de cellules présente la même empreinte génétique qu'un individu, on peut affirmer que ces cellules proviennent de cet individu, ou de son éventuel jumeau monozygote.

[80] http://fr.wikipedia.org/wiki/Respiration : Dans le langage courant, la respiration désigne à la fois les échanges gazeux (rejet de dioxyde de carbone, CO2, appelé parfois de façon impropre « gaz carbonique », et absorption de dioxygène O2, ou appelé couramment « oxygène ») et la respiration cellulaire qui permet, en dégradant du glucose grâce au dioxygène, d'obtenir de l'énergie. Les échanges gazeux assistent la respiration cellulaire en lui fournissant le dioxygène et en le débarrassant du dioxyde de carbone produit.  

[81] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_l’eau : Le cycle de l'eau (ou cycle hydrologique) est un modèle représentant les flux entre les grands réservoirs d'eau liquide, solide ou gazeuse, sur Terre: les océans, l'atmosphère, les lacs, les cours d’eau, les nappes souterraines, les glaciers. Le « moteur » de ce cycle est l'énergie solaire qui, en favorisant l'évaporation de l'eau, entraîne tous les autres échanges.

[82]http://fr.wikipedia.org/wiki/Parasite_(biologie)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Parasite

[83]http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbiose : La symbiose est une association intime et durable entre deux organismes hétérospécifiques (espèces différentes), parfois plus. Les organismes sont qualifiés de symbiotes, ou, plus rarement symbiontes ; le plus gros peut être nommé hôte.

[84] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémoire_cache : Une mémoire cache ou antémémoire est, en informatique, une mémoire relativement petite et rapide qui stocke les informations les plus utilisées d'une autre mémoire plus grande et plus lente. Elle sert à accélérer les traitements, afin de retrouver des données plus rapidement. Les données peuvent par exemple être un programme, un bloc d'image à traiter, etc... La source peut par exemple être un disque dur, la mémoire centrale, etc... Elle n'affecte pas le nombre d'opérations par seconde qu'un processeur est capable d'effectuer à moins que l'algorithme à exécuter implique des accès répétitifs à de petites zones de mémoires (un bout de programme qui se répète, un travail sur une sous partie d'un fichier son, etc...) ou qu'on soit capable de prédire les besoins futurs pour remplir la mémoire cache en parallèle d'un calcul (prefetching), de sorte qu'elle contiendra au moment venu une copie locale des données à accès beaucoup plus rapide. Pour des raisons de coût, les ordinateurs bas de gamme (consoles, ...) possèdent généralement un cache de taille moins élevée.

[85] http://fr.wikipedia.org/wiki/Language : Le langage est un système de signes identifiés permettant une communication entre une ou plusieurs entités. Chez l'homme, c'est la capacité observée d'exprimer une pensée et de communiquer au moyen d'un système de signes par un support extérieur ou non.

[86] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pensée : Au sens large, la pensée est l'activité psychique consciente dans son ensemble, les processus par lesquels l'être humain élabore, au contact de la réalité, des concepts qu'il associe pour apprendre ou pour créer. C'est aussi, une représentation psychique, un ensemble d'idées propres à un individu ou à un groupe, une façon de juger, une opinion (façon de penser), un trait de caractère (avoir une pensée rigoureuse), etc. Souvent associée au célèbre cogito ergo sum de Descartes, la notion de pensée est aussi un héritage de l'Antiquité, philosophie antique grecque et romaine, et traditions judéo-chrétiennes.

[87] http://fr.wikipedia.org/wiki/Langage

[88] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tradition_orale : La tradition orale (également culture orale, patrimoine oral ou encore patrimoine immatériel pour l'UNESCO) est une façon de préserver et de transmettre l'histoire, la loi et la littérature de génération en génération dans les sociétés humaines (peuples, ethnies, etc.) qui n'ont pas de système d'écriture ou qui, dans certaines circonstances, choisissent ou sont contraintes de ne pas l'utiliser. La tradition orale est parfois considérée comme faisant partie du folklore d'un peuple. Ce serait sans doute plus juste d'y voir l'une des formes principales de l'éducation (initiale et continuée) des sociétés humaines, avec ou sans écriture. http://fr.wikipedia.org/wiki/Conte_(oral)

[89] http://fr.wikipedia.org/wiki/Langage_des_signes : La langue des signes désigne l'une ou l'autre des langues gestuelles (il est produit par les mouvements des mains, du visage et du corps dans son ensemble) que les personnes atteintes de surdité ont développées pour communiquer. Elle assure toutes les fonctions remplies par les langues orales.

[90] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tableaux_d’une_exposition: Kartinki s vystavki (en russe : Картинки с выставки), traduit en français par Tableaux d'une exposition, est un cycle de pièces pour piano écrites par Modeste Moussorgski entre juin et juillet 1874, et orchestrées postérieurement par divers musiciens, dont Maurice Ravel, en 1922 qui est l'auteur de l'orchestration la plus connue. Elles ont été inspirées par une série de dix tableaux peints par Victor Hartmann, un ami du compositeur décédé un an auparavant.

[91] http://fr.wikipedia.org/wiki/Affect : L'affect correspond à tout état affectif, pénible ou agréable, vague ou qualifié, qu'il se présente sous la forme d'une décharge massive ou d'un état général. L'affect désigne donc un ensemble de mécanismes psychologique qui influence le comportement. On l'oppose souvent à l'intellect.

[92] http://fr.wikipedia.org/wiki/Méditation voir l’ouvrage de Krisnamurti : Le livre de la méditation et de la vie de Jiddu Krishnamurti, Livre de poche

[93] http://www.lageode.fr/

[94] http://www.futuroscope.com/

[95] http://blogs.univ-paris5.fr/hanneton/weblog/4751.html : Voir cet article sur la simulation du mouvement humain :

[96] Cette émergence que j’essaie d’expliquer m’est apparue lors du visionnage d’un DVD de Stephen Jourdain, regardé récemment. Le camp de base de l'éveil. Double DVD. Enregistré le 3 septembre 2005 à Montréal.

[97] http://fr.wikipedia.org/wiki/Etoile : Le Soleil semble beaucoup plus gros que toutes les autres étoiles, car celles-ci sont bien plus éloignées : l’étoile la plus proche de la Terre après le Soleil, Proxima du Centaure, est située à environ quatre années-lumière de nous, soit près de 250 000 fois la distance qui nous sépare du Soleil (l’unité astronomique).

[98] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_Eiffel : La tour Eiffel, initialement nommée tour de 300 mètres, est une tour de fer puddlé construite par Gustave Eiffel et ses collaborateurs pour l'Exposition universelle de Paris de 1889. Situé à l'extrémité du parc du Champ-de-Mars, en bordure de la Seine, ce monument parisien, symbole de la France et de sa capitale est le neuvième site le plus visité du pays en 2006 et le premier monument payant visité au monde avec 6,893 millions de visiteurs en 2007.

[99] http://fr.wikipedia.org/wiki/Vision : La vision est le sens dédié à la perception de la lumière, autrement dit la partie dite visible du rayonnement électromagnétique soit, pour l'œil humain, les longueurs d'onde comprises environ entre 350 et 750 nm. La vision recouvre l'ensemble des mécanismes physiologiques et psychologiques par lesquels la lumière émise ou réfléchie par l'environnement détermine des impressions sensorielles de natures variées, comme les formes, les couleurs, les textures, le mouvement, la distance et le relief. Ces mécanismes font intervenir l'oeil, organe récepteur de la vue, mais aussi des processus cognitifs complexes mis en œuvre par des zones spécialisées du cerveau (voir cortex visuel).

[100] http://fr.wikipedia.org/wiki/Stéréogramme :

Un autostéréogramme, ou parfois simplement stéréogramme est une représentation créée par ordinateur, permettant de voir une image en trois dimensions, moyennant un effort oculaire de convergence ou de divergence, dissocié de l'accommodation. L'effet de relief de ce type d'image peut aussi être perçu grâce à un instrument d'optique approprié, à miroirs ou à prismes.

[101] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Stereogramme_PI.jpg : Il est possible d'observer les stéréogrammes sans instrument, avec un peu d'entraînement, en regardant dans le vague, loin derrière l'image, pour diminuer la convergence des yeux et ainsi s'approcher de la vision parallèle. Pour débuter, le plus simple est de s'approcher très près de l'image sans chercher à chercher à la regarder, puis de s'en éloigner progressivement. On perçoit alors l'image en relief.

[102] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Stereogram_Tut_Highlight.png

[103] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ecran_a_cristaux_liquides