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Commentaires et Cogitations sur l’Évangile de Thomas

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Commentaires et Cogitations sur l’Évangile de Thomas

Connais-toi toi-même, par toi-même, pour toi-même.

Va au cœur de toi-même et trouve le Royaume… Va vers Toi.

Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Début : Jeudi 15 juin 2017

Release : 1.40 - 07/09/2017

Ce document est gratuit et il est placé dans le domaine public sous certaines conditions : il peut être librement utilisé dans le cadre d’un usage privé, il peut être utilisé en référence et sous forme de cours extraits dans d’autres documents, il ne doit cependant pas être modifié ou détourné de son but premier. Tous droits de reproduction ou de diffusion à des fins commerciales ou promotionnelles sont interdites sans l’accord écrit de l’auteur ou de ses aillant droits. Le site de référence pour ce document est : www.llecointe.com : Tous droits réservés.

La traduction de l’évangile de Thomas utilisé, pour la rédaction de ce document, est celle mise en ligne sur le site : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/thoma02.html    

Peut-être existe-t-il des droits d’auteurs sur cette traduction. Je n’ai pas réussi à trouver son origine exacte. Dans tous les cas de figure, si le choix de l’usage de cette traduction devait présenter un problème quelconque de droits d’usage, je vous remercie de m’en tenir informé, afin que je règle ce point. Le texte de cette traduction utilise la police suivante dans le corps du texte.

Jésus dit :

Bienheureux l'homme qui a peiné : il a trouvé la Vie !

Les extraits de la bible utilisées sont ceux de la traduction de Louis Segond de 1910, logiquement libre de droits, téléchargeable sur : http://www.info-bible.org/bible/telechar.htm. Le texte de cette traduction utilise la police suivante dans le corps du texte.

Luc

12:2 Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.

Pour illustrer certains chapitres, il a été fait appel à des extraits de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. L’ensemble de ces ajouts placé dans le cœur du texte est identifié par cette police de caractères et l’usage d’une encre de couleur violette de manière à les différencier sans ambiguïté possible du texte principal. Les sources de ces textes sont généralement indiquées sous forme de notes de bas de page[1].

Tous les droits d’auteurs associés à ces différentes portions restent la propriété intellectuelle de leurs auteurs respectifs et conservent leurs logiques de droits de diffusions et de copies d’origines. Les URL placées en bas de page permettent de retrouver le document d’origine ainsi que leurs auteurs. Les droits de reproduction de ces parties sont conservés tels que définis par leurs auteurs respectifs. Ces insertions sont considérées comme étant des informations permettant d’illustrer notre propos ou bien le rendre plus fluide. En aucun cas le texte de fond qui fait l’objet de ce document ne peut être considéré comme un travail dérivé de ces portions de texte qui ne sont là que pour illustrer le propos principal et aider le lecteur à situer certaines connaissances du domaine public dans un mode de type dictionnaire encyclopédique. Logiquement, tous ces extraits sont utilisables en regard de leurs copyrights respectifs, cependant, il est possible que certains textes soient soumis à des droits d’usages restrictifs qui nous auraient échappés. Nous nous en excusons par avance et rectifierons le problème lors d'une nouvelle édition sur simple demande. Concernant le copyright appliqué à l’ensemble du texte principal, il est soumis aux dispositions légales internationales en vigueur concernant les droits d’auteurs[2].

 

Préface

« Vous êtes à la campagne, il pleut, il faut tuer le temps, vous prenez un livre, le premier livre venu, vous vous mettez à lire ce livre comme vous liriez le journal officiel de la préfecture ou la feuille d’affiches du chef-lieu, pensant à autre chose, distrait, un peu bâillant. Tout à coup vous vous sentez saisi, votre pensée semble ne plus être à vous, votre distraction s’est dissipée, une sorte d’absorption, presque une sujétion, lui succède, vous n’êtes plus maître de vous lever et de vous en aller. Quelqu’un vous tient. Qui donc ? Ce livre.

Un livre est quelqu’un. Ne vous y fiez pas.

Un livre est un engrenage. Prenez garde à ces lignes noires sur du papier blanc ; ce sont des forces ; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l’une dans l’autre, pivotent l’une sur l’autre, se dévident, se nouent, s’accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue. Les idées sont un rouage. Vous vous sentez tiré par le livre. Il ne vous lâchera qu’après avoir donné une façon à votre esprit. Quelquefois les lecteurs sortent du livre tout à fait transformés. Homère et la Bible font de ces miracles. Les plus fiers esprits, et les plus fins et les plus délicats, et les plus simples, et les plus grands, subissent ce charme. »

Victor Hugo : Proses philosophiques, Du Génie.[3]

« Ne croyez pas sur la foi des traditions alors même qu'elles sont en l'honneur depuis de longues générations et en beaucoup d'endroits. Ne croyez pas une chose parce que beaucoup en parlent. Ne croyez pas sur la foi des sages des temps passés. Ne croyez pas ce que vous vous êtes imaginé, pensant qu'un Dieu vous l'a inspiré. Ne croyez rien sur la seule autorité de vos maîtres ou des prêtres. Après examen, croyez ce que vous aurez expérimenté vous-même et reconnu raisonnable. Ce qui est conforme à votre bien et à celui des autres. »

Attribué à Siddharta Gautama, Bouddha (vers 623-543 av. J.-C )[4]

« SOCRATE — C’est en somme une espèce de vice qui tire son nom d’une habitude particulière, et cette partie du vice en général est une disposition contraire à celle que recommande l’inscription de Delphes.

PROTARQUE — C’est du précepte : Connais-toi toi-même, que tu parles, Socrate ?

SOCRATE — Oui, et le contraire de ce précepte, dans le langage de l’inscription, serait de ne pas se connaître du tout. »

Platon (vers 428-348 av. J.-C) : Philèbe [ou Du plaisir ; genre éthique][5]

 

 


 

 

 

 

 

Dit papy, c’est quoi ça ?

Ça ma petite aurore, c’est une poire.

Ça se mange ?

Bien sur ma petiote, et c’est très bon !

Quel goût ça a papy ?

Ah ça ! Goûte, tu verras bien !

Initiation au jardin (juin 2017)

 

 

 

Table des matières

 

Préface. 3

Table des matières. 5

Introduction. 10

Avertissement !. 10

Que s’est-il passé ?. 10

Qu’est-ce que l’évangile selon Thomas ?. 11

Qui est Didyme Jude Thomas ?. 13

Qui suis-je ?. 15

Pourquoi ce document ?. 16

Nature des commentaires. 17

Règle du JE. 19

Forme du propos. 19

Structure du document. 20

Traduction utilisée. 20

Mise en page et conventions d’écritures. 22

ÉVANGILE APOCRYPHE DE THOMAS. 23

1.      La recommandation pour le voyage. 24

2. Les faux prophètes sur le chemin. 25

3. les aides sur le chemin. 26

4. La direction à prendre. 27

5. Tu es déjà au centre de tout. 28

6. Rester juste, tout simplement. 29

7. Le débordement de l’Ego. 30

8. Prend ton temps. 30

9. Comment interpréter les paraboles. 31

10. La puissance des paraboles. 38

11. Il faut changer de paradigme et s’éveiller. 38

12.  Où suis-je vraiment ?. 39

13 Les guides sur le chemin. 40

14. De la dangerosité de l’usage des images. 41

15. Des pratiques qui nous captent. 43

16. Les maitres sur le chemin. 45

17. Ceci est une vraie aventure, faite de larmes et de sangs. 45

18. Jésus affirme la puissance des paraboles. 46

19. Qui suis-je. 46

20. Avant Qui suis-je. 48

21. La parole est Vivante. 48

22. Je suis. 49

23. Comment faire. 49

24. Il faut être le maître dans son royaume. 50

25. Être le maître est un travail 51

26. La moisson n’attend pas. 52

27. Rester dans le réel, pas dans l’image. 53

28. La chose unique. 55

29 Je suis l’univers. 56

30. Il est moi, je suis lui 57

31. Fais le ménage chez toi avant toute chose. 57

32. Reste dans le réel 58

33. Rien n’est impossible, il faut juste cuver notre vin. 58

34. La grande illusion sortie du néant. 59

35. Le multiple et le UN.. 61

36. Les liens qui nous figent. 62

37. L’élévation nous libère. 63

38. Le devoir de transmission. 64

39. De l’obligation de faire par soi-même. 65

40. Du risque de se laisser berner. 66

41. Lâcher-prise - tout va tout seul 67

42. Christ est en devenir en nous. 69

43. Christ nous traverse sans filtre. 70

44. Laisser faire sans apports inutiles. 71

45. Seul le Vivant est Véridique. 73

46. Cultive ta terre. 74

47. Soyez passants. 75

48. Le bon fruit. 75

49. Ne produit pas d’image du mystère. 76

50. Soit vigilant et logique. 77

51. Grimpe et/ou disparaît. 78

52. Soyez Vivant. 80

53. Inversion au sommet. 81

54. Qui sont-ils ces pèlerins. 81

55.  Dieux en nous, par nous. 82

56. Le chemin débute : Ici et Maintenant. 86

57.  La parole est Vivante : Ici et Maintenant. 86

58. Connais-toi toi-même. 87

59. Va pèlerin et soi simple. 88

60. Tout abandonner. 88

61. Cadavre : ressuscite à la Vie !. 90

62. Prend ton temps. 90

63. Vivre la Vie. 91

64. Être Vivant de son vivant. 92

65. Ouvert, transparent, non saisissable, passant. 93

66. Faire confiance au mystère. 95

67. Agit maintenant. 95

68. Arrête d’accumuler. 96

69. C’est ta Vie, alors Vie là !. 98

70. Retourne sur tes pas et regarde ce qui te fait peur. 100

71. Connais-toi, toi-même, par toi-même, pour toi-même. 101

72. Toute peine est profitable. 102

73.  Il faut être fort, sur le chemin. 102

74. Collecte du Réel 103

75. Tu ne te retourneras pas. 103

76. Ne te disperse pas. 104

77. Travaille à ta libération, et libère tes frères. 105

78. Soit persévèrent. 105

79. Tu es seul 106

80. Tout bien matériel est périssable. 107

81. Tu es Tout. 107

82. Cherche en Toi 109

83. Ne nourris pas ton mental 110

84. Tourne-toi vers toi 111

85. Soit Juste. 111

86. Médite la Parole donnée (les paraboles). 112

87. La parole du Père est en toi 112

88. Le trouble de la découverte. 115

89. Ce travail n’est pas contournable. 116

90. Cherche le vrai repos, sans béquille. 116

91. Lâche ton ego. 118

92. Il y a de l’aide sur le chemin. 119

93. C’est un tout. 119

94. La méthode est simple. 120

95. Regarde à l’intérieur de toi 121

96. Cherchez et vous trouverez. 122

97. Restez discret. 122

98. Le mystère. 123

99. Donnez sans attente de retour. 123

100. Cultive ta terre. 124

101. Fais le vide en toi 125

102. Deux devient UN.. 126

103. Ce n’est pas une affaire de famille. 126

104. Jésus sert de modèle. 127

105. Soit dans la réalité. 128

106. Donner. 130

107. L’esprit sain. 130

108. Le travail sur soi à une fin. 131

109. Nous ne sommes qu’UN.. 132

110. Soi Christ. 132

111. Reste entier. 133

112. L’arrivée du pèlerin à Christ. 134

113. Travaille ta terre, un trésor y est caché. 134

114. Ne te trompe pas de quête. 135

115. Une fois arrivé au Royaume. 136

116. Rejoins l’Unité. 136

117 Cela arrivera. 137

118. La noce Sacrée. 138

Lexique. 140

Images. 140

Mystère. 142

Morts. 146

Réel 147

Royaume. 147

Vivants. 148

Proposition d’une trame narrative. 149

Mise en place de l’accroche. 149

Présentation de ce qui est proposé. 150

Mise en garde avant le départ. 153

Des aides sont données pour avancer. 154

….. 155

Synthèse générale. 156

Introduction. 156

Annexes. 158

Où trouver des traductions de l’évangile. 158

 

Introduction

Avertissement !

Tous commentaires sur des textes dits sacrés seront toujours sujets à controverses. Dans ce document, les commentaires associés aux Logia n’ont pas pour objet de vouloir démontrer ou prouver quoi que ce soit. Ils doivent être pris pour ce qu’ils sont : le résultat d'un simple travail méditatif, issu de quelqu’un qui n’y connaît rien en religion et qui ne tient surtout pas à parler de religion.

Si certains de ces commentaires ou propos venaient à contrevenir à des règles de bienséances, ou même peut-être à des lois que j’ignore, je m’en excuse par avance. N’hésitez pas à me tenir informé de tout propos que pourrait contenir ce document et qui ne serait pas respectable ou en conformité avec des réglementations, afin que je le corrige.

De même si ce document devait enfreindre des copyrights ou des droits d’auteurs, je vous remercie par avance de me contacter pour corriger ce point.

L’objet de ce document n’est pas de réaliser une biographie de Thomas. Que cet évangile ait été écrit ou non par Thomas l’Apôtre ou un inconnu, qu’il utilise ou non des propos de Jésus qui sont vrais, modifiés ou faux, n’est pas le sujet de cet essai.

Je ne suis en aucune manière spécialiste des textes dits apocryphes ou canoniques, et l’objet de ce document n’est pas de produire une quelconque recherche sur les origines réelles ou supposées de ce texte.

Ce qui nous intéressera dans la suite du document n’est pas l’aspect historique ou la position du texte, par rapport à tel ou tel mouvement religieux, mais son actualité et l’information toujours Vivante qu’il renferme en son sein.

Ces commentaires donc, ne parlent pas de religion, ils essaient juste de donner un éclairage personnel, en considérant que cet assemblage de Logia propose une méthode d’éveil.

Que s’est-il passé ?

Récemment, la providence m’a fait acheter un livre sous blister dont le titre m’avait interpellé : « Les enseignements secrets du maître Jésus » de Vincent Derkaoui. Arrivé chez moi, après avoir ouvert le film plastique, j’ai pu prendre connaissance du contenu et constater qu’il s’agissait d’un commentaire sur l’évangile de Thomas. En lisant cette traduction de l’évangile, j’ai porté toute mon attention à la lecture des Logia et essayé de les relier aux commentaires de l’auteur. Bizarrement, mon intuition m’emmenait vers d’autres interprétations. J’ai donc continué à lire simplement les Logia et à noter ce qui me venait à l’esprit, afin de continuer cette sorte de dialogue intérieur qui s’était installé.

J’ai bien conscience que ce type de texte est en résonnance avec notre structure mentale personnelle et que mes lectures sont obligatoirement décodées à partir d’elles. Il était donc bien normal que l’interprétation de l’auteur ne soit pas la mienne. Chacun voit ce qu’il peut voir à l’aune de son ouverture personnelle et de l’ensemble de ses points de vue. Des points de vue qui peuvent s’exercer consciemment ou inconsciemment, afin de décoder l’information qui est soumise à la psyché du lecteur. Cette première lecture m’a fait prendre conscience que les Logia devaient être lus d’une certaine manière. J'ai alors pratiqué une lecture de type méditative qui consiste à être concentré, à bien lire le texte, à écouter les intuitions en écho, à faire attention à ses sentiments et aux impressions provoquées par la lecture/relecture. Prendre son temps, bien mâcher le texte, le faire résonner. Prendre conscience de tous les phénomènes connexes liés à la lecture qui participent eux aussi, au décodage du message. Des lâcher-prise fréquents lors de la lecture ont été nécessaires pour laisser la psyché travailler. C'est une lecture à plusieurs niveaux qui a été réalisée, où même le physique participe à sa manière à la lecture. Il ne faut pas prendre pour argent comptant ce qui est lu directement, même si cela semble de prime abord évident. Enfin, le travail d’écriture a permis de peaufiner cette méditation.

Le document que vous avez entre vos mains ne s’appuie pas sur les commentaires de Mr DerKaoui, mais uniquement sur la lecture des Logia et de la méditation qui a accompagné leurs lectures. J’ai aussi utilisé une autre traduction de l’évangile[6] que l’on peut facilement trouver sur Internet, et j’ai refait ce travail méditatif sur le nouveau texte brut. Ce qui est transcrit ici est le fruit de ce travail, issu des différents phénomènes d’ordre de la psyché qu’ils ont produit en moi et que j’ai consignés.

Je ne porte ici aucun jugement, d’aucune sorte, sur l’ouvrage et les commentaires de Mr Derkaoui, que je remercie inconditionnellement pour son travail. Il aura été l'initiateur d’un projet semblable au sien. La Providence a porté à ma connaissance son travail, et comme il le dit lui-même, en quatrième de couverture : "Celui qui appliquera les principes très simples indiqués dans cet ouvrage recevra AIDE ET ASSISTANCE PERMANENTE émanant de la PROVIDENCE".

Qu’est-ce que l’évangile selon Thomas ?

De son vrai titre : « Voici les paroles du secret, Jésus le Vivant les a dites, Didyme Jude Thomas les a transcrites ».

Comme indiqué au début, ce document n’a pas la prétention d’être un ouvrage spécialisé, traitant de l’aspect historique de cet évangile.

Nous vous renvoyons à la lecture des encyclopédies en ligne, ou aux ouvrages plus érudits, qui font référence et qui proposent ce type d’information. Des liens sur d’autres sites sont proposés dans l’annexe de ce document, pour vous aider dans vos recherches, si vous avez besoin d’accompagner votre lecture d’images du passé, ou de garanties d’experts. Pour situer sommairement l’origine du texte présenté dans ce document, voici un résumé rapide, réalisé à partir des informations fournies par l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Cette compilation est juste là pour vous proposer une information simple et communément admise.

Wikipédia[7] le 25/07/2017, nous propose les commentaires suivants 

Découvert en décembre 1945 à Nag Hammadi, en Haute-Égypte, associé dans le même codex à d’autres textes également rédigés en copte, le manuscrit date du IVe siècle mais a probablement été rédigé sur base d'un original grec dont on a retrouvé des traces dans des papyri d'Oxyrhynque datés du IIIe siècle.

L’évangile selon Thomas est un évangile qui ne comporte que des paroles de Jésus. Il a probablement été écrit en grec et contient des logia antérieurs à l'écriture des plus anciens évangiles canoniques. Il a par la suite été déclaré apocryphe par la Grande Église au point de totalement disparaître.

C’est un recueil de logia (terme grec signifiant « paroles »), c’est-à-dire d'expressions de Jésus, au nombre de cent quatorze, qui se suivent sans ordre apparent et sont le plus souvent précédés de la mention « Jésus a dit ». Ces paroles relèvent de plusieurs types littéraires : « apophtegmes (adages, maximes), logia (dits de sagesse), paroles prophétiques et apocalyptiques, paroles sur la loi et sur la communauté, paroles à la première personne et paraboles ».

Ce « cinquième évangile » pourrait provenir d'un milieu syriaque ou palestinien, rédigé par une série de rédacteurs entre le Ier et le IIe siècles. Certains chercheurs y détectent des éléments pré-synoptiques. Toutefois, ce point de vue ne fait pas consensus.

Il s'agit d'un recueil de sentences — des logia — qui, selon l’incipit du texte, auraient été prononcées par Jésus et transcrites par « Didyme Jude Thomas », c'est-à-dire l'apôtre Thomas. Au nombre de 114, les logia sont ainsi le plus souvent précédés de la mention « Jésus a dit ». Bon nombre ont leur parallèle dans les évangiles selon Matthieu et selon Luc ainsi que, dans une moindre mesure, dans l’évangile selon Marc. Ces parallèles ayant souvent une rédaction et une conclusion différentes de ce que l'on trouve dans les synoptiques. Les fragments que l'on a retrouvés en grec datant du IIe siècle présentant eux-mêmes des différences avec la version copte.

Aux côtés du codex sur lequel figurait cet évangile, se trouvaient onze autres codex en papyrus datant du IVe siècle rassemblant cinquante-deux écrits20 que les hérésiologues chrétiens antiques qualifiaient de gnostiques. Comme les couvertures de certains des écrits étaient formées de papyrus documentaires dont certains étaient datés, il a été possible de déterminer précisément après quelle date ces manuscrits ont été cachés. Les textes retrouvés dans cette amphore figuraient sur la liste d'un décret de l'évêque Athanase d'Alexandrie qui ordonnait leur destruction. On estime donc qu'ils ont été cachés là à la fin du IVe siècle pour tenter de les sauver de la destruction après ce décret d'Athanase, confirmé par la suite par le Code théodosien (Théodose Ier).


 

Qui est Didyme Jude Thomas ?

Figure 1 : Thomas l'incrédule (miniature du XIIe siècle)[8]

Jean

20.19 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous!

20.20 Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur.

20.21 Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.

20.22 Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit.

20.23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.

20.24 Thomas, appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint.

20.25 Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.

20.26 Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit: La paix soit avec vous!

20.27 Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois.

20.28 Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit:

20.29 Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru!

20.30 Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre.

Thomas c’est celui qui doute, celui qui vérifie par lui-même et pour lui-même ce que l’on lui dit. Thomas en grec c’est Didymos, ou le jumeau en Araméen. Thomas c’est l’Archétype du pèlerin qui est double au début de son cheminement et qui va progressivement devenir UN, en vérifiant par lui-même ce qu’il est vraiment.

Je vous propose un rapide résumé réalisé avec l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Simplement pour nourrir d’images ceux qui ont besoin d’appui pour s’établir dans une tâche.

Wikipédia[9] le 19/07/2017, nous propose les commentaires suivants :

Thomas (Teʾoma en araméen), est un Juif de Galilée et un des douze apôtres de Jésus. Son nom figure dans les listes d'apôtres des trois évangiles synoptiques et du livre des Actes des Apôtres. L'évangile selon Jean lui donne une place particulière. Il doute de la résurrection de Jésus-Christ, ce qui fait de lui le symbole de l'incrédulité religieuse. Diverses traditions le présentent comme envoyé (apostolos) en Adiabène à Nisibe, puis dans le royaume indo-parthe du Taxila. Il aurait porté la « Bonne nouvelle » jusqu'en Inde du Sud où il est considéré comme le fondateur de l'Église. Arrivé en Inde en 52, il y serait mort, martyr, aux environs des années 70, sur la colline qui s'appelle aujourd'hui Mont Saint-Thomas, près de Mylapore. Son tombeau se trouve dans la crypte de la basilique Saint-Thomas de Chennai. L'apôtre Thomas est présent dans la plupart des textes chrétiens antiques, et deux apocryphes lui sont attribués : l'évangile de Thomas et les Actes de Thomas.

Son nom, inconnu avant lui, signifie « jumeau » en araméen (Teʾoma), traduit en grec Didymos. C'est pourquoi il est appelé Thomas le didyme dans l'évangile selon JeanNote 1, et Judas Thomas dans la tradition syriaque1 et les Pères de l'Église comme Eusèbe de Césarée. L’Évangile attribué à Thomas le désigne sous le nom de Didyme Jude Thomas. Thomas ne semble pas être un nom avant le IIe siècle, il est donc probable que le prénom Thomas vienne du personnage historique des débuts du christianisme.

Qui suis-je ?

Je ne suis pas un spécialiste des religions ou des évangiles. Je n’ai qu’une culture chrétienne très simpliste, issue de l’éducation de mon enfance. J’allais dans les années 65-68, avec mes autres camarades de classe suivre le mercredi soir[10] les cours de catéchisme, pour faire ma communion. C’était le souhait de mes parents, et je l’ai fait sans animosité. Je ne connais rien aux mouvements gnostiques, chrétiens ou autres et je ne les fréquente pas. Je suis simplement un curieux de la Vie. Mon cheminement personnel, fait de haut et de bas, m’a amené à réaliser très tôt un travail en profondeur sur moi-même. Ce travail c’est avéré indispensable, afin d’y voir plus clair et que toutes ces tensions qui existaient en moi se calment. Après bien des années de questionnements disparates, cachés depuis mon enfance derrière des passions dévorantes pour ceci ou cela, les tensions internes devenant trop fortes, j'ai suivi principalement une psychanalyse qui s’est étalée sur plus de deux décennies. Elle continue maintenant en moi son activité en mode autonome. En parallèle, j’ai pratiqué et je pratique encore au quotidien de nombreuses méthodes de connaissances de soi opératives, que les années ont petit à petit mises à jour en moi. J’ai vécu ce que je considère être plusieurs types d’éveils et des moments de « fortes » prises de conscience. Certains de ces événements ont généré de profondes dépressions, d’autres des moments d’euphorie et de libération, d’autres encore des moments particuliers, difficiles à expliquer ici. Mais, le plus souvent cela n’a été que de simples moments de compréhensions libératrices, comme à la sortie d’un rêve où on constate que « cela fait du bien quand ça se termine ». Je n’ai pas souvenir d'avoir rêvé de fusion avec le tout, comme le rapportent certains témoignages, ou semble l'évoquer cet évangile dans certains Logia. Ce que je constate de plus en plus fréquemment, c’est une forme d’interaction entre le Tout et mes besoins du moment. Cela se présente sous la forme de réponses inattendues, de formes diverses, formulées de manière précise. Je constate un mécanisme subtil, mystérieux, situé hors du corps de chair, qui laisserait penser que le Tout participe de manière réfléchie à l’existence même de ce que je suis. Métaphoriquement, Je serais comme un Roi dans son Royaume… De toute évidence, il m'apparaît avec les années que je suis déjà, depuis toujours, dans le Tout, et je ne cherche plus à y être deux fois. Ma place est celle où je me trouve : ici et maintenant, dans mon Royaume, que je préfère sans centre ni circonférence. Je ne prétends surtout pas être Christ, Jésus, ou quelqu'un d'autre. Je préfère être Rien, car c'est certainement la meilleure incarnation. Je ne détiens aucune Vérité sur tout ceci. Je suis juste une créature comme les autres, que l’on peut interpeller par le nom qui lui a été donnée, avec ses petits rêves dans le grand Rêve. Le rêve se fait donc ici commentateur, afin d’essayer d'éclairer de sa pauvre Lumière des propos qui résonnent en lui… À l’heure actuelle, je pense être sorti de mon ancien rêve, tout en sachant pertinemment qu’un rêve en cache toujours un autre. D’ailleurs, dire, je pense, est une forme de rêve donc : je rêve d’être sorti de mon rêve... Je commence cependant à percevoir un mécanisme général du Rêve, et à faire avec…

Pour résumer, je fais le constat que tous ces moments charnières de ma vie pointent finalement vers la même chose : une meilleure compréhension, de plus en plus affinée, de mes mécanismes de Vie et la reconnaissance de mécanismes universels[11]. Pour autant, je ne prétends pas être un spécialiste de l’éveil, de la psychanalyse, ou d’autres types de thérapies ou pratiques… Disons que ce cheminement m’a permis d’acquérir une certaine vigilance, ainsi qu’une Paix et une Joie intérieure appréciable qui se bonifient au fil du temps. Ces ressentis et coïncidences heureuses qui émaillent mon quotidien sont une forme de guidance que je suis libre de suivre ou non. Cela m'indique simplement que tout ceci va pour le mieux de mon point de vu.

J’utilise les termes « Je » dans ce document pour me désigner, par facilité d’écriture. Ce personnage, qu’est le «JE » usuel, s’est un peu effrité avec les années, pour laisser place à un personnage plus composite. Les commentaires, associés aux Logia, permettront de vous faire une idée de tout cela. Ces informations succinctes, données ici sur certains aspects de cette expérience de Vie, sont juste là pour bien faire comprendre le cadre dans lequel ces commentaires ont été réalisés.

Pourquoi ce document ?

Ce qui m’a poussé à faire ce document c’est que dès la lecture des premiers Logia, j’ai eu la forte impression qu’il parlait, de manière plutôt sympathique, de différentes prises de conscience que j’ai traversées durant toutes ces années. Je n’ai à aucun moment eu l’impression de lire l’histoire de Jésus, mais en permanence d’avoir entre les mains un topoguide, une méthode, des recommandations, pour permettre au lecteur de s’éveiller. J’ai revu en souvenir des moments de mon cheminement et je les ai liés aux Logia. Mais surtout, ce qui m'a étonné c'est que : plus fort qu’un livre parlant d’éveil et essayant de décrire les phénomènes ou mécanismes qui y sont liés, ici Thomas a réalisé un fantastique montage, en utilisant simplement des paroles dites par Jésus. La question de savoir si l’ensemble des paroles de cet évangile sont ou non réellement de Jésus n’a pas d’importance à mes yeux. Il apparaît clairement qu’aucun texte apocryphe ou canonique ne contient les paroles exactes de Jésus. Il suffit de comparer les paroles retranscrites dans les quatre évangiles canoniques, pour voir que ce sont des reconstructions plus ou moins similaires de leurs auteurs respectifs, afin de transmettre une même idée. Ce qui nous intéresse ici c'est bien sûr l'idée, pas le texte.

Ce montage réalisé par Thomas, qui semble n’être qu’une simple liste de parole de Jésus placé dans le désordre, aux dires de certaines analyses de traducteur ou de commentateur, me semble à moi, au contraire, très construit. Il y a une progression, de Logion en Logion, qui propose comme un cheminement, afin de propulser la psyché du lecteur dans un mode particulier. Un mode propice à déclencher des phénomènes de prises de conscience en lui. De mon point de vue, ce qui est cherché par ces paroles, c’est de faire émerger dans celui qui les médite, s’il a bien préparé sa terre, de profondes prises de conscience sur lui-même. Chaque Logion est une sorte de Koan[12] qui doit provoquer, chez celui qui le médite, des mécanismes de découvertes. Des découvertes qu’il fera personnellement de lui-même, par lui-même, pour lui-même, et qui seules pourront le faire avancer. Les Logia présentes aussi, à leur manière, la description de l’évolution naturelle du processus interne qui va se déployer cher celui qui cherchera sincèrement à comprendre qui il est vraiment en suivant la voie de la connaissance de soi par soi-même.

Tous commentaires de tiers sur le travail de Thomas viennent immanquablement perturber l’effet recherché par l’auteur, car c’est un peu comme s’il était proposé à chaque fois une solution à l’énigme qui est posée. En fait, avec mes commentaires, je vous empêche de jouer tout seul au jeu de la Vie qui vous habite, et auquel Thomas et Jésus vous invitent. Mes propositions de solutions, que sont ces commentaires que vous allez lire ne vous conviennent peut-être pas, ou encore, sont peut-être erronés pour vous. Mon parcours de Vie, n’est pas le vôtre… et je ne veux pas vous l’imposer. Prenez donc le temps, après avoir lu la section Logion, et avant de lire les sections suivantes, de laisser venir à vous des pensées, ou tous autres phénomènes de l’esprit, et seulement après ce moment de méditation, qui n'en est pas un, passer à la section commentaires. Cela vous permettra de réaliser facilement un travail sur vous-même, un travail de première main, avant de gober le mien qui ne sera que des images de seconde main pour vous. Il est plus agréable de manger la poire, que d'en entendre simplement parler.

Nature des commentaires

Ce qui est proposé ici n’est pas un travail mystique ou historique sur le contenu des Logia, j’en serais d’ailleurs bien incapable. La première lecture que j’en ai faite m’a surtout renvoyé à mes pratiques de tous les jours et à mon expérience de vie au quotidien. J’ai reconnu, à travers ces Logia, composés de Paroles paraboliques de Jésus, des propositions simples, concernant notre vie d’ici-bas, notre vie de tous les jours. Ces Logia sont proposés sous une certaine forme, propre à la transmission active, enfin qu’ils agissent en profondeur sur le pèlerin qui viendrait à les lire, quel qu’ils soient. Du fait du principe même de la parabole et de la métaphore, il est possible, voire indispensable, de lier ces propos à ses propres connaissances. Pour certains, qui ont vécu des choses dites extraordinaires, hors du commun, comme celles pouvant être captées lors de processus de type initiatiques, des NDE, des transes sous hypnose, ou encore lors de rêves lucides... il est possible que l’ouverture que leur ont communiqué ces événements les amène à comprendre les Logia dans un cadre hors norme. Mais, mon sentiment est qu’ici nous avons un mode d’emploi destiné au plus grand nombre. Ce sont les bases des processus à intégrer pour se mettre en route, les étapes à suivre pour cheminer vers une libération de l’être.

Je pense que Thomas - Jésus - ne s’adressait pas ici essentiellement à des personnes au fait de mécanismes de réincarnation, de Vie au-delà de la Vie terrestre, ce que certains appellent des Initiés et que sais-je encore. Il est possible que certains de ces dits, intègres des liens sur des connaissances de ce type, ou soient liés à des mystères qui m'échappent totalement. Ma conviction c’est qu’ici, il s’agit de fondamentaux qui justement permettront à chacun de cheminer vers ce qui se doit d'être juste pour eux. Il est recommandé d’avoir raison garder sur tous ces phénomènes où participent l'imaginaire et parfois l'hallucination et rester simple, le plus simple possible. Rien n’est vraiment caché nous dit-il, c’est que tous peuvent être instruits et que ces propos s’adressent à tous.

Matthieu

5:14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

5:15 et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

Luc

12:2 Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.

Pour permettre de faire un lien et de mieux cerner les différences de propos entre cet évangile et les évangiles canoniques, les extraits des évangiles canoniques, en lien direct ou évoquant le contenu des Logia, sont directement placés dans le corps du texte. L’habitude des traducteurs de l’évangile de Thomas est de placer ces références dans les bas de page en indiquant uniquement l’auteur de l'évangile et la place de l’extrait dans le chapitre, ce qui oblige le lecteur à lire les commentaires avec une Bible sur les genoux. Rapidement, le lecteur se lasse et il pense que les références données pointent sur des textes équivalents, ce qui est très rarement le cas. Cela introduit du faux dans l’esprit du lecteur, perturbe sa logique analytique, fournit à sa psyché des informations erronées. Nous désirons que le lecteur possède en lui les faits réels, à travers le texte brut, et non des idées et fausses croyances produites par son imaginaire. Nous n'avons pas d'affinité pour les présupposés, je pensais que, je croyais que, etc... Nous nous méfions plus que tous des évidences qui nous voilent le réel.

Cependant, les commentaires contenus dans ce document ne tiennent généralement pas compte de la version proposée par les évangiles canoniques ou des textes approchant. Ces inclusions de textes référencés ne sont là que pour permettre au lecteur de se faire une idée concrète de la relativité des propos tenus dans tous ces documents. En ce qui me concerne, il m’apparaît comme évident que ce qui est recherché par leurs auteurs n’est pas la lettre, mais le fond. Ces différentes versions, canoniques, synoptiques, officielles ou apocryphes, cherchent à exprimer une chose commune et elles ne sont que des propositions, à l’intention de leurs lecteurs, pour qu’ils intègrent un message d’un autre ordre. Ce document commente essentiellement l’évangile de Thomas et n’est pas un travail de synthèse ou comparatif des propos de Jésus tels qu'ils sont reportés dans les quatre évangiles ou les documents en rapport. Ce qui est cherché ici, c’est le fond, à travers l’émergence, en soi-même, par soi-même, pour soi-même, de prise de conscience que la lecture des Logia de cet évangile provoque. Une étude des paraboles telles qu'elles sont proposées dans la Bible à la lumière de ces commentaires pourrait faire l'objet d'une autre étude.

De même, lorsqu’un Logion fait référence à un autre Logion, ou bien que le commentaire fait apparaître un lien avec un autre Logion, il est replacé dans le corps du commentaire, afin que le lecteur conserve par lui la parabole ou le propos de Jésus, par réitération. Cette réitération de la lecture du Logion permet de le relier à soi une nouvelle fois, sous un nouveau point de vue, et ainsi d’augmenter son potentiel. L’idée de tout ceci est de renforcer en soi les données brutes du texte de base et de générer d’éventuelles prises de conscience nouvelles. Les références données pour ces réitérations correspondent au numéro du Logion concerné, tel qu'il est numéroté dans cette même traduction. 

Un titre est donné à chaque Logion, afin de créer une proposition de chemin parcouru de Logion en Logion.

Règle du JE

Bien sûr, en fonction de l’avancement de chacun, certains verront, ou croiront voir, plus loin ou différemment que ce qui est proposé. Ou encore : ils penseront peut-être que « l’auteur de ces commentaires a fumé la moquette ». C’est parfait, s’ils pensent ceci, ou toute autre chose. Dans ces commentaires, il n’y a aucune prétention à vouloir détenir une quelconque vérité. D’ailleurs, si ces commentaires ne vous conviennent pas, vous serez de fait dans la même attitude que moi par rapport à ma première lecture et vous reconstruirez alors, vous aussi, à votre manière, le sens de ces Logia, intégrant ainsi, en vous et par vous, votre vérité qu’ils auront éveillée. Ce texte aura alors le mérite de vous avoir « titillé », et croyez-moi ; j’en serais très content. 

Comme l’annonce simplement Thomas :

Celui qui parvient à l'interprétation de ces paroles ne goûtera point de mort !

À vous donc d’interpréter, comme cela est fait ici, ou à votre manière, ces Logia pour votre propre édification.

Attention, dans les commentaires le conditionnel sera que rarement utilisé. Ce qui est posé là est avant tout le fruit de mon intuition et de mon expérience que je respecte, c'est mon vécu, pas le vôtre. Si j’ai été dirigé vers l'écriture de tels ou tels propos, j’en assume la transcription. Néanmoins, vous devez avoir vos propres certitudes et ne pas prendre pour argent comptant ce qui est écrit ici. Rien n’est en réalité imposé et c’est à vous de méditer, pour votre propre compte, ces Logia. Vous devez même faire très attention à toutes ces images qui vont être propulsées dans votre psyché, en complément d’un texte qui n’en a pas forcément besoin. L’évangile de Thomas réfute l’usage des images, le pèlerin qui chemine doit être dans le Réel, le Vivant, pas dans le monde des morts !

Ce travail de commentaire sur les Logia a été quelque chose de Vivant pour moi, car : à tout moment, tout s’ajuste, sans trêves ni repos, et ce qui est peut-être vrai, ici et maintenant, en ce qui me concerne, ne le sera peut-être plus dans quelques instants. Donc, le mode affirmatif utilisé ici peut et doit réveiller en vous de petites lumières de désapprobations, vous mettre en garde en quelque sorte. Je vous conseille alors d’écouter ce qui apparaît en vous, et, si cela vous est possible, de répondre à la question : pourquoi ai-je réagi à ce commentaire[13] ?

Vous devez sortir vainqueur de cette aventure ! C'est-à-dire : ne pas contrer systématiquement les commentaires par jeu, mais trouver ici ce qui est le mieux pour vous. J’espère que tout ceci vous sera profitable. Ce document n’a pas d’autre but.

IL FAUT VIVRE LES CHOSES POUR QU’ELLES DEVIENNENT VRAIES.

Forme du propos

Pour que le style de l’écriture n’apparaisse pas comme étant trop personnel et pour permettre au lecteur de s’identifier plus facilement, j’ai préféré rédiger mes commentaires et mes cogitations, en utilisant un personnage à la troisième personne. Je n’ai pas réutilisé le terme de disciple qu’utilise Thomas, car ; lors de la méditation des Logia, il m’a semblé que Jésus était très clair sur le fait qu’il n’a pas de disciple et qu’il n’est pas un maître. Il ne veut pas devenir une simple image qu’on adule. Celui qui s’engage avec lui va devenir son égal, ils ne feront qu’UN. Le personnage du pèlerin m’a semblé mieux convenir, il est aussi plus intemporel, alors qu’un disciple est bien souvent en contact direct avec le maître, ce qui n’est plus possible de nos jours, Jésus n’étant plus de chair parmi nous. Le pèlerin c’est celui qui, très facilement et sans crier gare, peut du jour au lendemain prendre son bâton et partir sur le chemin en quête de lui-même. Dans ces commentaires, le pèlerin est celui qui chemine en destination de son destin. Nous sommes tous des pèlerins en puissance. L’homme mort à la Vie, le Cadavre, peut, s’il entend la Parole, se tourner vers le Vivant de lui-même. Il cheminera alors de fait vers le Royaume. Il ressuscitera en quelque sorte, simplement en tournant ses pas dans la bonne direction, celle qui le dirige vers le dedans de lui-même. Le pèlerin est celui qui a entendu la Parole à travers les paraboles et les actes de Christ et qui suit, de Logion en Logion, les diverses représentations qui lui sont proposées. Des représentations qui pointent toutes vers le Royaume. Il chemine donc sur le chemin que forment ces paraboles, tout en lâchant-prise sur les commentaires incessants de son mental. Il devient attentif au Vivant en lui, afin que s’exprime en lui, par lui, et pour lui, le mystère qui l’habite et qui le dirige vers la Source, vers le Royaume. 

LOG 21 : Si vous devenez pour moi des disciples et que vous écoutiez mes paroles, ces pierres vous serviront.

Structure du document

La structure de l’ouvrage est simple, les Logia se trouvent les uns à la suite des autres dans le corps du texte, à l’identique de l’original. Chaque Logion forme un paragraphe. Chaque paragraphe, numéroté et titré, contient à la suite : le Logion, une section de textes de références s’ils existent et qui m’ont semblé utiles, une section de commentaires et cogitations issues de ma méditation et enfin parfois une section de synthèse. La rédaction a été réalisée directement après la méditation du Logion, ou bien reçue plus tard dans mon esprit au moment choisi par le mystère qui m’habite. Bien sûr, mon mental et mon ego participent aussi à la rédaction de ce document, j’ai fait ce que j’ai pu pour qu’ils ne soient pas trop présents... Certains commentaires vont vivre au fil du cheminement que représente ce travail et ils seront réajustés à chaque réitération, à chaque nouveau message reçu. Finalement, ils seront tous le fruit d’une maturation, issus de réitérations diverses. Leurs mises en forme seront essentiellement dues à des prises de conscience ou à des intuitions provoquées par la méditation des Logia.

C’est donc un travail de méditation sur les Logia de l’évangile de Thomas, complété de commentaires et diverses cogitations, qui est présenté ici. Les Logia étant les agents psychopompes qui vont permettre à ma psyché de s’exprimer par l'écrit, ici et maintenant.

Traduction utilisée

Pour assurer la base de référence, à savoir une traduction de l’évangile de Thomas, j’ai utilisé le texte mis en ligne sur le site :

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/thoma02.html

Cette version peut être aussi téléchargée sur :

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-inconnu-118.html

http://seigneurjesus.free.fr/evangilethomas.htm

Peut-être existe-t-il des droits d’auteurs sur cette traduction. Je n’ai pas réussi à trouver son origine exacte.

Un site indique qu’il s’agirait d’une traduction de l’Église Gallican, traduction dite de Bassinet.

https://gallican.org/repos.htm  https://gallican.org/thomas.htm

Dans tous les cas de figure, si le choix de l’usage de cette traduction devait présenter un problème quelconque, je vous remercie de m’en tenir informé, afin que je règle ce point.

La particularité de cette traduction est qu’elle divise en 118 Logia l’évangile de Thomas, alors que la plupart des autres traducteurs la découpent en 114 Logia. Ce découpage n’est pas présent dans le texte original. Voici un lien sur des fac-similés des originaux en Copte, compilé par Dr. T. Paterson Brown qui montre qu’il n’y a pas de séparation ou de numérotation :

http://www.gnosis.org/naghamm/GTh-pages/index.html

Si vous désirez faire des comparaisons entre les différentes traductions en vous référant à la numérotation d'un Logion, il vous faudra faire attention aux différents décalages possibles.

Par exemple, pour Jean-Yves Leloup, le premier Logion est :

JYL 1:1

Il disait :
Celui qui se fera herméneute de ces paroles
ne goûtera plus de mort.

Alors que dans cette traduction, le premier Logion est :

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Le choix d'un découpage en 114 Logion peut faire penser qu’il y aurait une logique symbolique ou métaphysique, un secret. Personnellement, cela ne me semble pas présent ni voulu. Ce découpage en 114 Logion a été fait à l’initiative du premier traducteur en 1959. Quelle est l'intuition qui lui a fait choisir ce découpage... ? Le Coran a 144 sourates et 144 est égal à 12 x 12 etc.… Cela a donné lieu à des recherches... Mon opinion est que cet évangile ne contient pas de symbolisme de ce type ou d’intentions métaphysiques de cet ordre, il est destiné essentiellement à justement en sortir, afin d’Être en Vérité. Pour moi, le but de cet évangile est de sortir de toutes ces images délétères qui encombrent notre psyché.

Certains Logia de cette traduction sont difficiles à lire, dans certains cas, un court extrait d’autres traducteurs sera donné, pour permettre de mieux saisir le dit. Pour la traduction de Jean Yves Leloup l’extrait sera identifié par l’acronyme JYL, suivi du numéro de Logion correspondant à sa traduction.

Les extraits de la bible utilisée sont ceux de la traduction de Louis Segond de 1910, logiquement libre de droits, téléchargeable sur :

http://www.info-bible.org/bible/telechar.htm

Mise en page et conventions d’écritures

Chaque Logion est commenté dans un paragraphe qui lui est dédié et auquel il a été assigné un titre.

Les Logia de la traduction sont représentés dans la police suivante :

Jésus a dit :

Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

Les extraits de la bible, ou des extraits de textes d’autres ouvrages, illustrant les Logia, débutent par une section et sont représentés par la police suivante :

Textes en rapports

Luc

12:2 Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.

Le nom de l’évangile ou du document correspondant à l’extrait est indiqué en début de bloc, ou sur la première ligne, ici Luc Chapitre 12 :2.

Les commentaires débutent dans la section :

Commentaires

Les commentaires sont représentés dans la police suivante :

Ceci est un commentaire.

Les renvois sur les Logia, présents dans les commentaires, sont représentés dans la police suivante :

LOG 25 : Il faut être vigilant face à l’univers.

Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre;

Ici, LOG 25 : Indique qu’il est fait référence au Logion 25 dont le commentaire est disponible au chapitre 25.

S’il est possible ou souhaitable de proposer une synthèse au Logion, elle est placée après la section :

Synthèse

Un lâcher-prise est donné

Arrête de courir dans tous les sens et regarde simplement ce qui est, ici et maintenant. Jésus décrit donc un exercice de présence à soi. Le pèlerin doit simplement avoir confiance et tout va bien se passer.


 

 

 

 

 

Figure 2: L'Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634.[14]

 

 

ÉVANGILE APOCRYPHE DE THOMAS
 

Voici les paroles cachées que Jésus le Vivant a dites et qu'a transcrites Didyme Jude Thomas.

Et il a dit :

Celui qui parvient à l'interprétation de ces paroles ne goûtera point de mort !

Textes en rapports

Jean

8.51 : En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.

Commentaires

Qui est celui qui peut interpréter ces paroles ?

De quel mort parle ton ?

Les mots nous mentent, car ils ne font que pointer sur nos souvenirs et nos références personnels. Chaque phrase que nous construisons n’est qu’un assemblage de liens vers nos profondeurs. Interpréter correctement ces paroles, celle des Logia, c’est en quelque sorte être Jésus lui-même, car c’est seulement en étant comme lui, qu’il sera possible de vraiment comprendre ce qui est dit. Si nous arrivons à cela, comme lui nous ne goûterons plus la mort.

Ce qui est proposé ici est donc de parvenir à interpréter ces paroles, et pour cela il va falloir devenir Christ soi-même. La somme du texte qui nous est donnée ici est donc un ensemble d’informations issues des profondeurs de Jésus, en fait Christ lui-même. Cela requiert de parvenir à interpréter, à assimiler, à fusionner au plus profond de nous ces paroles, afin de nous permettre de rentrer en communion d’esprit avec Christ et donc de devenir UN avec lui. À travers le temps et l’espace, nous formerons alors un couple sacré pointant sur les principes mêmes de la Vie.

La mort n’est pas toujours la disparition du corps physique. Il est possible d’être mort bien avant que de mourir et bien des individus n’ont de vivant que les agitations mécaniques qui les habitent. Notre conscience standard ne peut embrasser l’immensité du réel et notre passage sur terre n’est qu’un chemin étroit. Un chemin qui nous est montré de voir. Éveiller notre conscience, c'est éclairer les zones d’ombre du chemin, c’est, d’une certaine manière, goûter à la Vie qui s’expose à nous, via ces nouvelles lumières. Et, de lumière en lumière, les zones d’ombre disparaîtront, la mort ne pourra alors plus être goûtée. Ce n’est pas la mort qui est à vaincre, car elle n’existe pas, mais c’est la Vie qu’il faut réaffirmer en nous en redevenant Vivant.

Ce qui est donné ici est donc un moyen de ne faire qu’UN avec Christ, afin de le rejoindre en principe, dans le royaume du Père. Ne faire qu’UN avec Christ à travers des préceptes à assimiler, c’est suivre un cheminement. Un cheminement nous mènera de facto dans un lieu. Ce lieu est appelé ici le Royaume du Père, nous verrons de quoi il s’agit à travers les Logia. 

1.    La recommandation pour le voyage

Jésus dit :

Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Textes en rapports

Matthieu

7.7 Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira.

7.8 Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe.

Commentaires

Nous voici dans les pas de Christ, en lisant ce premier Logion, nous nous sommes engagés de facto avec lui. Nous sommes devenus un pèlerin et il nous prévient que le voyage risque de nous prendre un certain temps. Il nous donne alors un premier conseil avant de prendre réellement la route. Ce conseil est une formule, un énoncé, ou il affirme que tous ceux qui chercheront trouveront s’ils persévèrent (il ne faut point cesser de chercher). Il confirme aussi que ce qui va suivre est bien la voie à suivre, il en donne pour preuve, à l’image d’un topoguide, la synthèse des étapes du chemin à parcourir.

Cherche –> Trouve -> Trouble -> Admiration -> Règne.

Cette suite, donnée ici, est comme une formule de vie, un ordonnancement qui suit une logique qui nous est déjà connue. En effet, toutes pratiques sont de fait encapsulées dans cette simple formule. Cette formule est donc transcendante et peut être appliquée à tous nos questionnements, du plus petit au plus grand. Cette formule apporte un premier soulagement au mental, car elle lui dit de ne point douter de la méthode, de ne point craindre de perdre son temps avec tout ceci. Cette formule permet, si elle est appliquée dans notre quotidien, de déléguer nos peurs d’échecs, car une force supérieure est en œuvre et Jésus nous garantit qu’il y aura une fin heureuse à toutes recherches. Si notre recherche est nourrie correctement, en juste temps, par nos intentions et notre persévérance.

Trouvé c’est aussi assimiler la chose cherchée. Assimiler une chose, c’est en quelque sorte la manger, l’ingérer. Nous sommes construits à partir de ce que nous mangeons. Le chemin de cette transformation sera ponctué de modifications aussi bien intérieures qu’extérieures. Chacune de ces modifications nous permettra d’acquérir un nouveau point de vue, un nouvel éclairage, qui, à chaque fois, provoquera en nous une prise de conscience, plus ou moins forte, avec tous les aléas psychologiques que cela pourra entraîner. Qui a déjà vécu une prise de conscience, même minime, sait qu’elle a pour particularité de nous troubler et de nous obliger à reconsidérer nos croyances.

Nous apprenons donc ici qu’avant que d’être Christ, nous allons traverser des épreuves, des mises en lumière, qui risque de nous troubler. Ces troubles, provoqués par la lumière qui révèle, nous permettrons de voir, de comprendre de réajuster ce que nous sommes, au diapason du modèle qui nous est transmis ici. Cette recherche va donc nous transformer et cette transformation, de lumière en lumière, lorsqu’elle arrivera à son terme nous mettra à égal avec Christ, car ce qui est cherché est de régner sur l’Univers, pas d'être le Roi de notre moi-JE restreint. Le pèlerin régnera, non point comme un chef de guerre, mais comme un Être qui n’a plus aucune zone d’ombre et donc plus aucune peur. Ce qui est promis ici c’est, à terme, la Paix sur le Tout réunifié.

2. Les faux prophètes sur le chemin

Jésus dit :

Si ceux qui vous guident vous disent : " Voici, le Royaume est dans le ciel ! »

- alors les oiseaux du ciel y seront avant vous.

S'ils vous disent. " Il est dans la mer ! "

- alors, les poissons y seront avant vous.

Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est à l'extérieur de vous !

Commentaires

Jésus nous donne ici un nouveau conseil, pour nous préciser la nature du chemin et son but. Il ne faut pas que le pèlerin s’égare dès le départ.

Ce qui est limité ne peut être le Tout illimité.

Comment régnez sur l’Univers, en n’occupant qu’une simple portion ?

Sur le chemin, le pèlerin rencontrera de nombreuses informations erronées ou incomplètes qui risquent de lui faire perdre du temps. Jésus le met donc en garde et lui précise la nature du Royaume vers lequel ses pas le mènent. Il ne s’agit pas de devenir un spécialiste de ceci ou de cela, de courir à droite ou à gauche. Nous sommes déjà en relation intime avec ce que nous cherchons, cela nous englobe totalement. Nous ne sommes pas, par rapport au Royaume, dans une logique d’espace-temps, de position géographique. Notre rapport avec cette recherche est d’une autre nature. Le chemin ne sera pas un pèlerinage physique et le Royaume n’a pas sa place sur une carte routière, il est d’une autre nature. Une autre nature, que le pèlerin va découvrir en méditant les Logia. Ce travail n’est pas le fait des propos de tels ou tels maîtres de chair, un maître qui transmet en réalité ses propres images du chemin, même si elles sont justes pour lui. Le maître ne pourra qu’essayer de décrire son vécu et éventuellement des conceptualisations verbales de sa compréhension de son vécu. Au pire, le maître n’en sera pas un, il n’est pas Christ en lui, il conceptualise simplement ses analyses des paroles et actes du Christ, qu’il mélange avec son imaginaire. Néanmoins, il existe des personnes éveillées qui se comportent volontairement, ou bien malgré elles, comme des panneaux indicateurs pour le pèlerin en chemin.

Synthèse

Un lâcher-prise est donné

Arrête de courir dans tous les sens et regarde simplement ce qui est, ici et maintenant. Jésus décrit donc un exercice de présence à soi. Le pèlerin doit simplement avoir confiance et tout va bien se passer.

3. les aides sur le chemin

Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

Commentaires

Jésus réaffirme ici la recommandation donnée au Logion précédent et la précise. La connaissance vient de nous-mêmes, par une reconnaissance, par nous-mêmes, de ce que nous sommes. Lorsque le chemin aura été parcouru, le pèlerin ne fera plus qu’UN en Christ. Il sera alors facile pour ceux qui se sont reconnus Christ de reconnaître leurs égaux, car ils ne feront qu’UN. Étant en Christ et donc Christ, ils seront fils du Père qui est Vivant, car ils seront sortis de la mort. Ils auront quitté le monde des morts-vivants qui ne sont pas en Christ, pour rejoindre les vivants-Vivants. Nous sommes exactement ce que nous sommes et tant que le pèlerin ne sera pas arrivé au terme de son chemin, il continuera à expérimenter des moments hors de la Lumière. Seul celui qui ne voit pas comment sortir de sa condition est dans le dénuement, il est dans les ténèbres. Et, étant dans le dénuement, il est le dénuement. Si le pèlerin se jette dans les flammes d’un feu, alors il va brûler et sera feu lui-même.

Synthèse

Une direction est donnée

Il faut se connaître par soi-même et alors nous pourrons être reconnus par ceux qui ont déjà parcouru le chemin.

Une méthode de connaissance de soi est donnée

Nous sommes exactement ce que nous croyons être. Si notre croyance est erronée, du fait que nous ne connaissons pas, alors nous vivrons l’expression de cette croyance erronée.

Un lâcher-prise est donné

Le pèlerin n'est pas seul sur le chemin en Christ, son voyage sera accompagné par Christ et ses avatars. Le pèlerin doit simplement avoir confiance et tout va bien se passer.

4. La direction à prendre

Jésus dit :

Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un !

Commentaires

Le temps terrestre limite la durée de notre cheminement et il ne faut pas perdre de temps en chemin. Le simple en esprit, le non encore perdu, l’être encore Vivant, peut aider le pèlerin dans son cheminement. Le premier en thèmes, celui qui a acquis beaucoup de savoir, n’a pas forcément acquis la connaissance utile pour revenir au Royaume. Jésus nous rappelle que la connaissance vient de nous-mêmes, par une reconnaissance, par nous-mêmes, de ce que nous sommes. Il ne recommande pas, dans aucun Logion, l’étude de livre ou de pratiques diverses. Le mot connaissance étymologiquement veut dire : avec la naissance. C'est-à-dire que nous avons déjà de base, de manière innée, la connaissance en nous. L’enfant de sept jours n’a pas encore acquis le savoir des hommes et pourtant, il est là devant le vieillard, près pour la Vie. Il est déjà complet et prêt à déployer la Vie qui l’habite déjà, sans avoir besoin d’un quelconque savoir supplémentaire. Il est lui-même déjà la Vie et il possède donc, en lui, sans aucune transmission extérieure l’essentiel des connaissances du Royaume. Tous ceux qui rejoindront le Lieu de la Vie vivront et ne seront qu’UN, car ils ne seront pas différenciés par des croyances diverses et donc en dehors du Réel. Nous avons tous été des enfants de sept jours. Cette connaissance est notre donnée commune, tout comme nous avons tous deux bras et deux jambes.

Synthèse

Une direction est donnée

Il ne s’agit pas d’acquérir des savoirs, mais de revenir aux choses simples de la Vie. De revenir, de redécouvrir par nous-mêmes, les logiques qui nous permettent d’exister, car ces logiques sont universelles.

Une méthode de connaissance de soi est donnée

Le chemin n’est pas de type croissance vers un point distant, mais est un retournement vers un point de départ.

Un lâcher-prise est donné

Rien ne sert d’acquérir des sciences ou des savoirs particuliers pour trouver le Royaume. Nous avons déjà en nous les clés qui depuis le premier instant nous ont permis d’être opérationnel ici et maintenant. Il n’y a donc pas besoin de construire quoi que ce soit, mais simplement de les reconnaître en nous et d’en faire bon usage. Le pèlerin doit simplement avoir confiance et tout va bien se passer.

5. Tu es déjà au centre de tout

Jésus dit :

Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Commentaires

La magie du miroir permet de révéler ce qui est mis devant. Lorsqu’un miroir est présent et que l’on tourne son regard vers lui, instantanément la conscience peut constater qu’une image occupe l’emplacement du miroir et qu’elle est la symétrie de ce qui se trouve en face. Il est utile de s’émerveiller de cette magie. Il existe dans l’univers un type de surface extraordinaire qui ne montre pas sa face, ou sa couleur, mais celle de ce qui se place devant elle. Cette surface est une zone de non-droit, d’où une image unique est retournée à celui qui la regarde. Nous avons intégré, depuis l’enfance, que lorsque nous présentons notre face devant un miroir, l’image qui apparaît nous représente, qu’elle n’est pas celle d’un autre. C’est l’image de nous-mêmes, dans toute sa perfection. Du fait de l’existence de cette surface magique, qui nous a émerveillés, nous avons cru que nous étions séparés du reste. Nous sommes en quelque sorte le maître du miroir et cela nous semble logique que tout mouvement de nous-mêmes en sa direction soit immédiatement répliqué. Un reflet exact de notre action est visible sur cette surface magique. Une simple grimace faite devant un miroir et instantanément nous pouvons constater qu’il nous renvoie son reflet. Un reflet qui n’est autre que nous-mêmes, en train de faire une grimace.

Un peu de bon sens ou de curiosité nous ferait prendre conscience qu’en réalité, il n’y a rien à la surface du miroir. Il suffit d’être plusieurs à regarder un miroir, pour constater que l’image perçue par les autres expérimentateurs ne nous est pas visible. Le miroir fournit à notre conscience une surface magique qui lui permet de projeter vers elle-même des informations qui ne peuvent pas être perçues autrement. En réalité, il n’y a rien à la surface du miroir et seule une conscience peut s’y mirer. Le pèlerin doit prendre conscience que le miroir est sans tain et que quelque chose en nous fait apparaître le visage sans aucun effort du mental.

Nous n’avons, par contre, pas du tout intégré que la zone autour du miroir pouvait, elle aussi, être un reflet, une image de nous-mêmes. Que toutes grimaces faites en sa direction pouvaient trouver sa juste réponse dans ce qui est donné à voir. Et que l’ensemble de l’Univers qui nous fait face n’est en réalité lui aussi qu’une expression de notre conscience qui utilise, à notre insu, ce médium pour nous communiquer de l’information. Par extension, que tous événements que nous pouvons appréhender ne seraient en réalité que la résultante de notre grimace intérieure et/ou extérieure. Connaissant ou reconnaissant ce fait, il devient alors facile de se voir soi-même à travers Tout ce qui nous entoure. Comprendre que ce qui se passe autour de nous n’est que le reflet exacerbé de nos diverses grimaces, nous permet d’agir sur notre environnement, afin de le pacifier à notre convenance. Reconnaître que ce qui nous est renvoyé par les autres pèlerins n’est que le reflet déformé de notre propre comportement vis-à-vis d’eux est une aide appréciable pour se connaître soi-même.

Le miroir de notre âme s’exprime à travers le sens et les réactions que nos actes provoquent. Ils sont à méditer, car ils nous donnent à voir ce que nous sommes en Vérité.

Synthèse

Une direction est donnée

Le royaume où tu te débats, n’est que le reflet de ton royaume intérieur. Si tu chemines vers l’un ou l’autre les deux seront modifiés de concert pour ne faire qu’UN.

Une méthode de connaissance de soi est donnée

Regarde-toi à travers tout ce qui t’entoure, cela te permettra de découvrir ce que tu caches en toi et que tes yeux ne peuvent voir sans un miroir. Le monde est le miroir de ton âme.

Un lâcher-prise est donné

Si tu cherches la Paix, commence par la produire en toi et elle apparaîtra par reflet partout autour de toi. Le pèlerin doit simplement avoir confiance et tout va bien se passer.

6. Rester juste, tout simplement

Ses disciples l’interrogèrent ; ils lui dirent :

Veux-tu que nous jeûnions ? Quelle est la manière dont nous prierons, dont nous ferons l'aumône, et quelle façon de se nourrir respecterons-nous ?  

Jésus dit :

Ne dites point de mensonge et, ce que vous avez en haine, ne le faites point : car toutes ces choses sont manifestes à la face du ciel ; rien de ce qui est caché ne manquera d'être révélé et rien de ce qui est dissimulé ne tardera à être publié !

Commentaires

Il faut simplement suivre sa voix intérieure, son intuition et ne pas produire de dysharmonie. L’objectif n’est pas de produire telle ou telle action à destination du monde des hommes, mais de s’intégrer dans le Royaume de manière évidente et naturelle. Tout est déjà là et ne demande qu’à se mettre en place. Toutes agitations ne pourront que venir perturber le bon déroulement du cheminement. Il est recommandé de se couler dans le flux de la Vérité de l’instant présent et ne pas déformer le Vivant par des mensonges, ou des propos imaginaires.

Synthèse

Une direction est donnée

Le chemin pour arriver au Royaume n’est pas le fruit d’une pratique, mais juste la Vie sans s’imagrées ni mensonges.

Une méthode de connaissance de soi est donnée

Il n’y a pas de pratique particulière, autre que de rester dans la justesse de nos actes par rapport à nous-mêmes et des différentes situations qui arrivent sur le chemin.

Un lâcher-prise est donné

Il ne sert à rien de prendre une posture particulière, car ce n’est pas cela qui est utile pour cheminer vers le Royaume. Le pèlerin doit simplement avoir confiance et tout va bien se passer.

7. Le débordement de l’Ego

Jésus dit :

Bienheureux est ce lion que l'homme mangera en sorte que le lion devienne homme. Mais maudit est l'homme que le lion mangera en sorte que le lion devienne homme !

Commentaires

Si le lion est notre Ego et l’homme la partie divine en nous, alors Jésus nous recommande d’être vigilants et de bien contrôler nos pulsions et nos désirs. Afin que l’Ego puisse être pacifié et que le pèlerin jouisse pleinement de l’état d’homme. Par contre, si nous laissons aller l’Ego, il croîtra et viendra pervertir Christ en nous, coupant ainsi le chemin du pèlerin vers la source de lui-même.

Synthèse

Une direction est donnée

L’Ego doit être surveillé, car il est un risque pour le pèlerin qui chemine.

8. Prends ton temps

 Puis il dit que :

L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer ; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Commentaires

Il y a un temps pour tout et il faut laisser le temps aux choses pour qu’elles arrivent à maturité. Alors seulement, les fruits qu’elles portent pourront nourrir l’homme pleinement. Dans l’intermède, il ne faut pas saccager ce qui est là en gestation, mais laisser la source parfaire son travail de maturation. Seul le grand poisson nous intéresse. Nous cherchons à faire surgir en nous des compréhensions, seules celles qui apparaissent en nous et qui ont une certaine valeur nous intéressent. Seules les vraies prises de conscience ont une valeur pour le pèlerin et vont le nourrir. Les nombreuses ratiocinations de notre mental n’ont pas de valeur.

Synthèse

Une direction est donnée

Le chemin est en croissance et certaines parties ne peuvent en être parcourues tout de suite. Il faut attendre que les portes s’ouvrent et surtout ne pas abîmer ce qui n’est pas encore mûr.

Un lâcher-prise est donné

Prends ton temps, ou le temps de prendra.

9. Comment interpréter les paraboles

Jésus dit :

Voici ; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté, certains sont tombés sur la route : les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D'autres sont tombés sur le roc : ils n'ont point trouvé à s'enraciner dans la terre et n'ont point produit d'épis vers le haut. D'autres sont tombés sur les épines qui ont étouffé la graine, et le ver les a mangés. D'autres sont tombés sur la bonne terre et ceci a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu'à soixante par mesure, même cent vingt par mesure.

Commentaires

Cette parole de Jésus est reportée dans trois des évangiles canoniques. Afin que le pèlerin puisse interpréter correctement ce qui est dit et sur la demande des apôtres qui en avaient besoin, Jésus a donné l’interprétation de cette parabole.

Bien sûr, les explications de Jésus peuvent donner lieu à de nouvelles explications et chacun peut en rajouter, pensant mieux comprendre que l’auteur lui-même ce qu’il a voulu dire. Je ne vais pas échapper à cela, puisque je produis ici des commentaires…

Cette parabole est reportée dans : Matthieu 13:1-8, Marc 4:1-9, et Luc 8:4-8. Cela donne lieu à trois versions approchantes. Ces trois versions nous permettent d’apprécier la précision toute relative des paroles attribuées à Jésus. En effet, car si les textes semblent similaires, ils sont cependant différents par les termes employés. Ceci nous montre que ce n’est pas vraiment les paroles exactes prononcées par Jésus qui sont portées dans ces textes, mais les paroles rapportées par les évangélistes qui les ont retranscrites avec leurs styles. Nous n’avons pas la garantie que cette information soit de première main, et comme dit le sage : « traduction, trahison ». Le texte n’est donc pas à prendre au pied de la lettre, mais il est à méditer. C’est l'idée et l’ambiance que la parabole évoque qui sont à saisir par le pèlerin. L'esprit contenu dans la parabole va se lier à lui. La parabole est une forme de poésie qui permet d’ouvrir une porte intérieure chez le pèlerin. C’est une porte qui s'ouvre, à partir de laquelle le pèlerin va pouvoir recevoir de l'information en provenance de ses profondeurs. Cette ouverture va permettre la mise en place d'une certaine forme de résonnance psychique[15] entre lui-même et la parabole. Cette résonnance peut être, de manière métaphorique, comparée à de la Lumière. La lumière est une vibration, tout comme une résonnance. Cette résonnance est de la Lumière, car l’information reçue, formant l’enveloppe de la résonnance, va éclairer le propos exprimé par la parabole. Mais plus encore, car si la porte ne s'ouvre pas lors de la lecture, et que rien n’apparaît dans la conscience de celui qui la lit, l’esprit va tout de même continuer à maturer l’information reçue. Cela, jusqu'à ce qu’il puisse produire une réponse qui permette à sa psyché de se syntoniser avec la parabole.

Une parabole, c’est aussi une graine qui contient en elle une compréhension à paraître. Tout comme un fœtus humain ne donne pas une souris, une parabole contient une formule, une structure particulière, que l’esprit va pouvoir utiliser comme un aimant à idées, à souvenirs… elle n’est donc pas donnée au hasard, elle contient une charge particulière. Bien souvent, elle est utilisée pour provoquer une prise de conscience précise chez celui qui la reçoit. Paradoxalement, cette prise de conscience peut être souterraine chez le pèlerin… elle peut être donnée pour réajuster de manière discrète la structure mentale de celui qui la reçoit. La parabole est un catalyseur, qui va permettre l’émergence d’une compréhension chez celui à qui elle est transmise. L’émergence sera plus ou moins « violente » en fonction de la structure mentale de celui chez qui elle va percer. L’émergence, c’est une prise de conscience, c’est l’étincelle, c’est la Lumière, c’est le Euréka[16], c’est le « Mais, c’est bien sûr ! ». Diverses thérapies s’appuient de nos jours sur l’usage de parabole et/ou de métaphores pour recadrer des patients en souffrance.

Voyons ce que nous dit Jésus :

Matthieu

13:1 Ce même jour, Jésus sortit de la maison, et s'assit au bord de la mer.

13:2 Une grande foule s'étant assemblée auprès de lui, il monta dans une barque, et il s'assit. Toute la foule se tenait sur le rivage.

13:3 Il leur parla en paraboles sur beaucoup de choses, et il dit :

13:4 Un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent, et la mangèrent.

13:5 Une autre partie tomba dans les endroits pierreux, où elle n'avait pas beaucoup de terre : elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva pas un sol profond ;

13:6, mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines.

13:7 Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l'étouffèrent.

13:8 Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente.

13:9 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

13:10 Les disciples s'approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?

13:11 Jésus leur répondit : Parce qu'il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné.

13:12 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

13:13 C'est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils n'entendent ni ne comprennent.

13:14 Et pour eux s'accomplit cette prophétie d'Ésaïe : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.

13:15 Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, Qu'ils ne comprennent de leur cœur, Qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.

13:16, Mais heureux sont vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles, parce qu'elles entendent !

13:17 Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.

13:18 Vous donc, écoutez ce que signifie la parabole du semeur.

13:19 Lorsqu'un homme écoute la parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur : cet homme est celui qui a reçu la semence le long du chemin.

13:20 Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie ;

13:21, mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute.

13:22 Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse.

13:23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente.

Marc

4:1 Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Une grande foule s'étant assemblée auprès de lui, il monta et s'assit dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre sur le rivage.

4:2 Il leur enseigna beaucoup de choses en paraboles, et il leur dit dans son enseignement :

4:3 Écoutez. Un semeur sortit pour semer.

4:4 Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent, et la mangèrent.

4:5 Une autre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n'avait pas beaucoup de terre ; elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva pas un sol profond ;

4:6, mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines.

4:7 Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l'étouffèrent, et elle ne donna point de fruit.

4:8 Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit qui montait et croissait, et elle rapporta trente, soixante, et cent pour un.

4:9 Puis il dit : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

4:10 Lorsqu'il fut en particulier, ceux qui l'entouraient avec les douze l'interrogèrent sur les paraboles.

4:11 Il leur dit : C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu ; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles,

4:12 afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés.

4:13 Il leur dit encore : Vous ne comprenez pas cette parabole ? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles ?

4:14 Le semeur sème la parole.

4:15 Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée ; quand ils l'ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.

4:16 Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux ; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d'abord avec joie ;

4:17, mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute.

4:18 D'autres reçoivent la semence parmi les épines ; ce sont ceux qui entendent la parole,

4:19, mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l'invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse.

4:20 D'autres reçoivent la semence dans la bonne terre ; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un.

4:21 Il leur dit encore : Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit ? N'est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ?

4:22 Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour.

4:23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.

Luc

8:4 Une grande foule s'étant assemblée, et des gens étant venus de diverses villes auprès de lui, il dit cette parabole :

8:5 Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent.

8:6 Une autre partie tomba sur le roc : quand elle fut levée, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité.

8:7 Une autre partie tomba au milieu des épines : les épines crûrent avec elle, et l'étouffèrent.

8:8 Une autre partie tomba dans la bonne terre : quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

8:9 Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole.

8:10 Il répondit : Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils ne comprennent point.

8:11 Voici ce que signifie cette parabole : La semence, c'est la parole de Dieu.

8:12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent ; puis le diable vient, et enlève de leur cœur la parole, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés.

8:13 Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation.

8:14 Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s'en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité.

8:15 Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.

8:16 Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase, ou ne la met sous un lit ; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

8:17 Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour.

8:18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir.

Jésus évoque une problématique liée au mode de transmission de l’information. En fonction de la méthode utilisée, l’esprit de celui qui écoute va ou non capter ce qui lui est dit et cela de manière indélébile ou temporaire. Pour atteindre son but, transmettre la Vérité, Jésus se doit donc d’utiliser une méthode particulière et cette méthode c’est l’usage de la parabole. Les contes et histoires de notre enfance sont aussi des techniques de transmission d’une information cachée. Un proverbe nous dit que : La Vérité toute nue se cache au fond du puits, car sa Lumière, trop vive, n’est pas supportable pour la vue de l’humain qui est encore mort. 

Alors, bien souvent, la Vérité empreinte les habits que lui prête le poète, pour pouvoir se montrer sous des apparences plus colorées[17] .

Une parabole c’est une graine qui va être déposée par le maître dans l’esprit du pèlerin. Qu’elle soit comprise sur le moment ou bien plus tard, elle sera cependant captée par le pèlerin. Jésus nous dit qu’il y a plusieurs types de pèlerins sur le chemin et lorsqu’ils rencontrent un maître qui enseigne, le semeur, plusieurs comportements types vont apparaître. Jésus distingue quatre types de pèlerins :

1.      Ceux qui sont le long du chemin.

a.      Ils sont venus écouter la parole, ils entendent, mais ne retiennent pas vraiment ce qui est dit. Les résonnances provoquées par la parabole peuvent avoir un certain attrait à leurs yeux. Mais, ils n’ont pas encore assez travaillé sur eux-mêmes. Ce sont des sortes de curieux, qui rapidement passeront à autre chose. Si quelques lumières intérieures ont été générées par la parabole, elles seront de facto intégrées à la psyché du pèlerin et elles pourront par la suite donner du fruit.

2.      Ceux qui sont sur le roc.

a.      Ils sont venus écouter, car ils ont une envie de comprendre, mais ils n’ont pas encore vraiment en eux de références leur permettant de capter la profondeur qu’exprime la parabole. Cependant, l’écoute du semeur éveille en eux des étincelles éphémères, suffisamment puissantes pour les porter un moment. Elles resteront comme un souvenir, qui pourra, plus loin sur le chemin, leur apporter une certaine lumière s’ils persévèrent. Toutes étincelles laissent une trace au contact de la surface où elles apparaissent.

3.      Ceux qui sont parmi les épines.

a.      Ils sont venus écouter, ils ont bien compris les propos du semeur, mais ils n’ont pas d’intérêt pour tout ceci. Voir, cela n’arrange pas leurs affaires. Ils passeront vite à autre chose et ils chercheront, peut-être, à faire obstruction à la diffusion du message qu’ils ont capté.

4.      Ceux qui sont dans la bonne terre.

a.      Ils sont venus écouter, le travail intérieur préalable qu’ils ont déjà réalisé leur a permis de faire résonner pleinement en eux la parabole et ils en ont reçu la Lumière à l’aune de leur ouverture actuelle. Cette Lumière, qui peut n’être qu’une simple prise de conscience ou une compréhension nouvelle, va systématiquement transformer la structure mentale du pèlerin. Lorsqu’une information nouvelle est corrélée de cette manière, notre psyché doit obligatoirement se restructurer. Elle doit ajuster les nouvelles informations qu’elle vient de recevoir pour ne pas être trop perturbée. Ce travail va prendre un certain temps à la psyché du pèlerin et l'on peut dire que ce travail portera du fruit, car il vise à réajuster la posture interne du pèlerin. Lorsque la Lumière apportée par la compréhension de la parabole est violente pour le pèlerin, il lui est possible de vivre un état physique particulier.

Jésus nous dit que cela requiert d’être dans une certaine disposition d’esprit pour capter la graine contenue dans une parabole. Il nous met aussi en garde contre ceux qui sont capables de comprendre la parabole et qui peuvent, si cela va à l’encontre de leur intérêt, perturber la diffusion du message.

Ce Logion, est à la fois une explication de ce qu’est une parabole, et un descriptif de l’état d’esprit dans lequel il faut être pour en recevoir le contenu. C’est le mode d’emploi des propos de Jésus, donné par Jésus lui-même. De plus, l’explication donnée par Jésus reste simple à comprendre, tout du moins c’est ce qui apparaît au premier abord. Ces paraboles ne sont pas forcément à transcender, elles ne sont pas forcément des représentations de choses mystiques incongrues réservées à une élite. Elles sont juste des images qui vont permettre au pèlerin de s’approprier le message à partir de lui-même, plutôt qu’à partir d'un autre. Si le pèlerin est prêt, c'est-à-dire, s’il a travaillé sa terre, s’il se connaît lui-même suffisamment, il va y avoir un processus mystérieux[18] qui va pouvoir se produire. Lorsque le pèlerin est prêt, le maître apparaît.

Le mécanisme mis en œuvre est simple

Si le propos du maître est directif, le pèlerin reçoit une forme d’ordre, de conseil, de l’information, et il peut y résister, pour diverses raisons. S’il résiste, la porte de son esprit intérieur restera close et seul le mental sera connecté pour un décodage sommaire (je t’entends). De plus, lorsque le propos est directif, il n’est plus transcendant et il ne s’applique alors qu’à un contexte particulier qui peut être en dehors du centre d’intérêt du pèlerin. Dans tous les cas de figure, l'information reçue de cette manière est un savoir extérieur, en provenance de l’émetteur, même si le pèlerin croit pleinement au propos tenu. Elle n’est pas intégrée comme une connaissance, ce sera juste un savoir de plus.

-          « C’est lui qui m’a dit cela !»

Si le semeur propose une parabole, le pèlerin, qui est attentif et veut capter les propos du maître, est alors dans l’obligation[19] de construire en lui une logique où il va devoir mettre en rapport les propos du semeur à sa propre base de connaissance. Il doit chercher et faire des liens avec son potentiel intérieur pour décoder le message qui n’est pas direct. Cette opération n’est pas réalisée par le mental, mais par un autre centre cognitif plus subtil qui travaille de manière invisible pour le mental du pèlerin. À partir du moment où la parabole va s’associer avec des portions de lui-même[20], cela va créer intérieurement une connexion subtile entre la charge contenue dans la parabole et lui-même. Il ne peut comprendre la parabole que s’il apporte une partie de lui, personnelle, qui la complète. Plus la parabole sera obscure pour le pèlerin et plus il sera obligé de laisser s’exprimer les différentes sphères de sa psyché. Il est même possible que le contenu apparent de la parabole semble disparaître durant ce travail.

Arrive alors un moment où la psyché du pèlerin a suffisamment corrélé de manière inconsciente la parabole avec ce qui lui est apparu, il y a alors une solution qui apparaît dans l’esprit du pèlerin et qui verrouille dans un premier temps le processus de décodage. Si le pèlerin lâche prise (n’utilise pas son mental) et laisse les sphères hautes de sa psyché faire ce travail, il pourra recevoir l’expression d’un décodage qui le surprendra peut-être. C’est lors de la prise de conscience, lors de l’Insight, que le pèlerin s’appropriera complètement le message, mais ce message reçu aura été écrit à partir de portions de lui-même (la structure insufflée par la parabole, restant invisible à ses yeux). La charge que contenait la parabole a alors pleinement été intégrée par le pèlerin qui sans s’en rendre forcément compte, vient aussi de modifier profondément la structure de sa psyché. Lorsque la parabole est pleinement intégrée, le pèlerin la vie comme une certitude, car elle est validée par lui-même à partir de lui-même. Ce n’est plus un savoir extérieur, mais c'est une connaissance intérieure qui participe au principe de la méthode connais-toi toi-même proposée au pèlerin. Plus le pèlerin comprend le processus de lâcher-prise, nécessaire à la connexion avec les « sphères hautes » de sa psyché[21], plus les messages reçus sont profonds et restructurants. Certains Logia vont donc nous apporter des informations, pour parfaire ce lâcher-prise et améliorer cette connexion.

Nous retrouvons le cheminement évoqué en début d’évangile :

Cherche –> Trouve -> Trouble -> Admiration -> Règne.

10. La puissance des paraboles

Jésus dit :

 J'ai jeté un feu sur l'univers, et voici : je veille sur lui jusqu'à ce qu'il embrase.

Textes en rapports

Luc

12.49 Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà allumé?

Commentaires

Jésus nous confirme que ses propos sont des charges actives et qu’elles sont bien conçues pour embrasser l’Univers du pèlerin et au-delà de lui, l’ensemble de la communauté des hommes. Les paraboles, propos et actes de Jésus contiennent en germe, en leurs seins, des charges qui vont provoquer une Lumière intense comparable à un feu global. Ce feu couve déjà à l’intérieur des pèlerins qui sont dans la bonne terre et à terme il s’étendra à tous. Ce mécanisme mis en place est d’ordre universel et il ne peut pas échouer, car il utilise le mode de fonctionnement même de notre psyché. Il participe aux mystères que le mental ne peut résoudre et donc circonscrire, car il est situé dans un ailleurs qui lui est inaccessible. Jésus affirme ici que ces propos sont actifs et qu’ils contiennent en eux, via un mystère, la garantie de la bonne réalisation du chemin pour et par le pèlerin.

11. Change de paradigme et éveille toi

Jésus dit :

Ce ciel passera, et celui qui est au-dessus de lui passera : mais ceux qui sont morts ne vivront point, et ceux qui vivent ne mourront point.

Textes en rapports

Matthieu

5.18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.

Luc

16.17 Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber.

Commentaires

La vie et la mort du corps physique ne sont pas la question qui nous occupe ici. Il y a un travail unique à accomplir qui est celui de s’éveiller à la vie. Il faut sortir de ce qui nous rend comme morts à nous-mêmes. Un simple regard sur notre mode de vie, nos habitudes, nos manières de réagir, devant telle ou telle situation, nous montre rapidement que nous sommes des sortes de marionnettes qui ont intégré un ensemble de logiques réactives stéréotypées. Nous ne faisons, la plupart du temps, pas face au réel avec des réactions adaptées au moment présent, mais nous appliquons des protocoles déjà préprogrammés en nous, issus de notre passé ou introduits par d’autres sources. Que ces protocoles soient issus de nos expériences personnelles ou bien qu’ils soient le fait d’apprentissages théoriques, ils sont des schémas, des abaques, des images, des étiquettes, des trucs, que nous allons coller sur les événements.

Bien sûr, nous avons besoin d’expérimenter et à travers ces expérimentations, nous allons apprendre à nous comporter de mieux en mieux. Mais, il ne faut pas que ces protocoles soient figés, ils doivent être actualisés et pour ce faire, il faut qu’ils soient réitérés à chaque occasion. Nous devons donc nous observer, nous connaître nous-mêmes en profondeur, afin d’ajuster, de jour en jour, de minute en minute, tous ces protocoles pour arriver au Juste[22]. Par cette attention portée, nous allons nous éveiller de plus en plus à ce qui se passe vraiment. Si vous comparez les trois versions de ce Logion reporté ici, Thomas, Matthieu et Luc, vous pouvez facilement observer qu’ils sont rédigés de manière différente, mais qu’ils expriment le même thème.

Mais au-delà, il va aussi falloir apprendre à lâcher-prise sur ces automatismes et arrêter de coller des étiquettes sur tout ou pour n’importe quoi. Lorsque nous regardons un arbre, il faut arriver à intégrer qu’il n’a jamais été un arbre ! Car, tant que nous voyons un arbre, qu’il n’a jamais été, nous ne pouvons pas vraiment le voir lui, ce mystère vivant devant notre face. Cet être unique, là devant nous, dont nous ne connaissons rien, si ce n’est qu’il est Vivant, comme nous.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Synthèse

Un lâcher-prise est donné

Avant de pouvoir lâcher-prise, nous devons travailler sur ce qui nous lie, nous tient prisonnier, nous laisse mort à nous-mêmes. Le simple fait de comprendre, progressivement, jour après jour…, la nature de toutes ces ficelles, plus ou moins fines, plus ou moins subtiles, qui nous lient à une multitude de choses, nous permet de procéder de manière naturelle à un lâcher-prise qui va s’imposer de lui-même, par nous-mêmes, pour nous-mêmes.

12.  Où suis-je vraiment ?

Aujourd'hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant ; et quand vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là, étant un, vous devenez deux ; et lorsque vous deviendrez deux qu'est-ce alors que vous ferez ?

Commentaires

Il y a quelques années, en portant un simple verre de bière à ma bouche, j’ai eu une prise de conscience où il s’est imposé à moi que :

Ce que j’allais ingurgiter était du moi en devenir.

Cette bière que j’allais boire était du moi en devenir, il suffisait que je l’ingère pour qu’elle vienne alimenter mon corps en nutriments. Des nutriments qui seraient utilisés pour me construire. La notion de barrière entre moi (mon corps physique), et l’extérieure (la bière) a alors été modifiée. La mécanique de traitement habituel pour ce type d'action venait d’être touchée et cette bière avait maintenant un autre potentiel que simplement me désaltérer. D’ailleurs, si cette bière devait me désaltérer, c’est qu’elle avait aussi un impact sur mon état d’esprit. Elle n’était pas qu’un corps en devenir, mais elle devait aussi participer à une modification de mon ressenti. À y regarder de plus près, elle avait finalement déjà participé à une modification de mon état avant même que je ne l’ingère…

Il y a l’expression d’une dualité qui est portée en permanence sur tout, car nous nous croyons en dehors de ce qui est de fait déjà là. Nous plaçons en permanence des frontières, afin de découper le Tout en portion que la logique de notre esprit va pouvoir saisir. Nous avons besoin de poignées, réelles ou virtuelles, pour capter et cogiter les choses. Nous sommes limités dans la saisie de toute chose par l'empan de nos mains. Certains parlent d'ailleurs en déplaçant leurs mains, comme s’ils tenaient les concepts qu’ils expriment devant eux. Le terme « Les choses » exprime de fait une frontière floue. Notre langage est le champion de la division et de la séparation, car il ne peut fonctionner que s’il a d’abord procédé à un morcellement de la chose à décrire. La chose ne peut exister que s'il y a une frontière qui la définit. Mais ce morcellement, qui s’impose à nous, est très souvent complètement arbitraire.

Ces mécanismes cognitifs sont en grande partie liés à notre physiologie qui a mis en place des équations, à partir des perceptions que nous captons via notre corps. Nous analysons et appréhendons ce qui nous entoure à l’aune de notre capacité intrinsèque à le capter. Il faut parfois arrêter de construire des frontières et rester simplement dans ce qui EST, sans faire appel à notre pensée ou à des cogitations qui inévitablement vont nous diviser. Le pèlerin doit rester dans le UN, tout mouvement du mental le propulsera inévitablement dans le DEUX.

Synthèse

Un lâcher-prise est donné

Mais tout ceci n’est pas grave, il faut juste lâcher-prise… pour retourner dans le UN.

13 Les guides sur le chemin

Les disciples disent à Jésus :

Nous savons que Tu nous quitteras : qui sera grand au-dessus de nous[23] ?  

Jésus leur dit :

Là où vous irez, vous vous rendrez vers Jacques le Juste, celui à cause duquel le ciel ainsi que la terre ont été créés.

Commentaires

Le pèlerin doit savoir qu’il devra à un certain moment faire le chemin seul. Mais, où que le pèlerin se rende, il pourra rencontrer Jacques le Juste. Comme son nom l’indique Jacques le Juste est quelqu’un qui a atteint un certain niveau : il est Juste, c’est-à-dire qu’il œuvre avec justesse et non par automatismes. Jacques c’est celui qui a cherché et qui a trouvé, il est l’archétype du chercheur / trouveur, il a été comme tous les pèlerins. Nous sommes tous des Jacques en devenir, mais tous ne sont pas encore « Juste ». Jésus nous dit aussi que ce monde, dans lequel nous cheminons tous, n’est qu’une construction pour justement apprendre à maîtriser la justesse. Il ne faut alors pas trop s’inquiéter, car nous sommes ici pour apprendre. Il n’y a qu’un seul but ici-bas, cheminer et devenir Vivant.

Synthèse

Un lâcher-prise est donné

Lâcher-prise et simplement accueillir ce qui vient à nous, afin que ce qui nous touche, nous enseignent en profondeur, par l’action vrai, par les faits, qui seront Vérité en nous.

« C’est la Vérité, je l’ai vu de mes yeux vu… »

La providence nous accompagne, car tout ceci est un jeu Divin, où, quels que soient le lieu et le moment, il y aura un Jacques le Juste pour nous aider. Alors : pars, n’ai pas peur, lance-toi, tu n’as rien à craindre.

14. De la dangerosité de l’usage des images

Jésus dit à ses disciples :

Comparez-moi, et dites-moi à qui je suis semblable.

Simon Pierre lui dit :

Tu es semblable à un ange juste ! 

Matthieu lui dit :

Tu es semblable à un homme sage et philosophe ! 

Thomas lui dit :

Maître, à qui tu es semblable, pour que je le dise, mon visage ne parvient absolument point à le saisir.

Jésus dit :

Je ne suis point ton maître, car tu as bu ; tu t'es enivré de la source bouillonnante qui est à moi et que j'ai répandue. Puis il le prit et s'écarta ; il lui dit trois mots.

Et, lorsque Thomas revint vers ses compagnons, ils le questionnèrent :

Qu'est-ce que Jésus t'a dit ?

et Thomas leur répondit :

Si je vous dis une seule des paroles qu'il m'a dites, vous prendrez des pierres et me les jetterez, et un feu sortira des pierres et vous consumera[24] !

Commentaires

Ce Logion met en scène l’auteur de cet évangile et nous apprend qu’il a été choisi par Jésus pour recevoir une information particulière. Mais ce n’est pas tout, car le comportement de Thomas, relaté dans ce Logion, nous montre aussi qu’il a compris le sens des propos de Jésus et qu’il est apte à les transmettre. Seulement, la transmission ne peut pas être littérale. Il n’est pas possible de simplement répéter ce qui a été entendu. Le message n’est pas transmissible, car ce n’est pas un objet, c’est tout autre chose…

Tous, sauf Thomas, pour répondre à la demande de Jésus proposent une réponse de type image (« tu es semblable à… »). Mais, rien n’est semblable, tout est toujours différent. Il n’y a donc pas vraiment de réponse à cette question, sauf si on l’intercepte au niveau du mental, qui lui, passe son temps à créer et utiliser des étiquettes. Or, nous avons vu, dans les premiers Logia, que celui qui utilise des étiquettes utilise les outils de la mort et ne peut donc pas être Vivant.

 Thomas qui doit utiliser une sphère plus élevée de sa psyché, attend une réponse en lui et ne voit rien venir. Il ne peut alors rien dire, car ce n’est plus son mental qui parle, mais le Saint-Esprit[25] en lui, et là, la connexion se tait (justement, car il n’y a rien à dire). Il fait aussi référence à son visage qui serait un instrument lui permettant de répondre. Cela nous renvoie au Logion 5 qui indique clairement une technique à suivre.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Les propos que tient Thomas, lorsque Simon et Matthieu l’interrogent, sont voilés et ouvrent la porte à toutes les interprétations possibles. Mais, cette réponse est aussi là pour « titiller » le pèlerin qui va la lire. Il est informé que Thomas a compris quelque chose et que cela était de la plus haute importance. Il va donc chercher ce que Jésus a bien pu dire à Thomas, une charge est posée, la psyché du pèlerin a intégré qu’il y a un secret, un trésor à découvrir. Cette phrase étrange va servir de propulseur, d’énergie psychique pour le pèlerin. Jésus dit simplement trois mots à Thomas et cela semble être une révélation des plus importantes, ce qui renforce le propos et augmente le niveau énergétique. Thomas augmente encore la pression en précisant qu'une seule des paroles de Jésus suffirait à déclencher un événement pouvant les anéantir.

Il faudrait être Thomas pour connaître et répéter ce que Jésus a dit, il n’est donc définitivement pas possible de donner une image Juste des propos donnés à Thomas par Jésus. Car, si nous le faisons, nous serions comme Simon ou Matthieu qui ont fait marcher leur mental. Ici, ce n’est pas une devinette qui peut être percée par le mental, cela requiert des dons de voyance. Nous ne serons jamais Thomas, lui seul sait, et surtout, nous voulons rester Vivant, nous ne voulons pas être anéanti en nous plaçant dans le monde de l’image donnée. Se mettre sous la coupe figée du monde de l’image qui n’est pas réel, c’est soi-même devenir une simple image.

Mieux, nous ne voulons pas que Thomas nous donne l’information, car même si elle est de première main, elle ne serait tout de même qu’une image des paroles de Jésus.

Si Thomas nous dit, ne serait-ce qu’une parole, alors il va faire entrer en nous cette image qui risque de nous pervertir, il méritera alors qu’on lui jette des pierres. Mais, s’il nous donne cette image et que nous lui jetons des pierres, c’est que nous aurons compris que notre volonté d’obtenir cette image est finalement délétère. Alors, cette compréhension va nous apporter une Lumière qui consumera notre mental, tout comme il a été consumé chez Thomas qui ne la pas utilisé pour répondre à Jésus.

Cependant, en interpellant Jésus, pour lui donner sa réponse Thomas utilise l’image du maître (« Maître, à qui tu es semblable… »). Jésus le rappelle alors à l’ordre, car il vient d’utiliser une représentation pour l’interpeller.

LOG 14 : Je ne suis point ton maître, car tu as bu ; tu t'es enivré de la source bouillonnante qui est à moi et que j'ai répandue.

15. Des pratiques qui nous captent

Jésus leur dit :

Lorsque vous jeûnerez, vous engendrerez pour vous-mêmes un péché; lorsque vous prierez, on vous condamnera, lorsque vous ferez l'aumône, vous accomplirez un mal pour vos esprits ! Quand vous pénétrerez en n'importe quelle contrée et que vous parcourrez les campagnes, lorsque l'on vous accueillera mangez ce que l'on mettra devant vous; ceux qui sont malades dans ces endroits, guérissez-les. Car ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera point, mais ce qui sort de votre bouche, c'est cela qui vous souillera !

Commentaires

Jésus nous avertit que certaines pratiques cachent, en elles même, une problématique. De prime abord, il peut paraître bizarre de s’entendre dire que :

Lorsque vous jeûnerez, vous engendrerez pour vous-mêmes un péché ;

Lorsque vous prierez, on vous condamnera.

Lorsque vous ferez l'aumône, vous accomplirez un mal pour vos esprits !

Mais, il faut avoir à l’esprit qu’une pratique est réalisée pour un contexte donné. Si je fais quelque chose, c’est que je pense bien faire, je réponds à un besoin. Une pratique est une sorte de métaphore qui accompagne un besoin, c’est donc aussi une image du besoin. Si je m’attache à ma pratique, alors je suis lié à elle et à l’image de ce qu’elle représente. De plus, une pratique est une habitude de vie, et comme toutes habitudes, elle nous endort et lorsque nous la mettons en œuvre, ce n’est pas forcement pour répondre avec justesse au moment présent.

Il est nécessaire de savoir se déconnecter de ses habitudes et à tout moment s’adapter au plus juste à l’instant présent et au besoin réel qu’il peut provoquer. Il est nécessaire d’aller à l’essentiel et accepter ce que la vie nous présente.

Nous devons lâcher-prise sur nos habitudes, même celles qui représentent pour nous un mode de vie caractéristique d’une certaine recherche spirituelle.

Ce qui est important, c'est ce qui se passe, ici et maintenant. Si, ici et maintenant, votre hôte vous propose tel ou tel mets, c’est que la Vie vous apporte ce type de nourriture. Il ne faut pas trop réfléchir à chercher à entretenir des habitudes, respecter des dogmes, mais il faut aller à l’essentiel : GUÉRIR CELUI QUI EST MALADE.

Ce qui est apporté par la Vie vient du réel, c’est du « vous » en devenir, ce qui est produit par la parole n'est que des images produites par le langage[26]. À choisir entre les deux types d'informations : réelle ou imagée, une seule est véridique et doit être prise en compte.

De plus, ces images, associées à nos pratiques, peuvent cacher des subtilités psychologiques.

Si je jeûne, alors je me restreins, je me prive peut-être et cela peut être interprété comme une peine que je m’inflige pour répondre inconsciemment à une faute que j’aurais commise. On met le prisonnier qui a commis un péché au pain sec et à l’eau pour lui apprendre à vivre.

Si je prie, alors il est possible que ce soit pour me faire pardonner consciemment ou non, une quelconque bêtise. Je veux me faire pardonner mon péché, par l’entremise de celui que j’invoque. Je veux être absous, j’ai besoin d’aide. Mais, quel est donc ce péché que j’aurais commis et qui nécessite que je prie ?

Si je fais l’aumône, alors c’est peut-être parce que j’ai trop pris et que j’ai lésé quelqu’un.

Je quémande à d’autres la résolution de mes problèmes. Pourquoi ne puis-je pas résoudre par moi-même mes problèmes ? Je ne suis pas capable en esprit d’analyser et de résoudre ce qui me manque ?

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir de pratiques, mais qu’il est bon de se connaître très intimement pour pouvoir faire la part des choses. Il ne faut pas se laisser prendre en otage par des failles psychologiques que nous allons compenser inconsciemment à travers des pratiques. Des pratiques qui à terme seront délétères, car elles vont nous maintenir dans nos problèmes. L’objectif est d’être éveillé à soi-même et à l’instant présent qui toujours imposera sa réalité, alors que nos désirs sont secondaires et nos élucubrations inutiles. 

Synthèse

Une direction est donnée

Le Réel, ici et maintenant, est prioritaire.

Un besoin de connaissance de soi est montré

Il faut absolument aller au fond des choses et s’assurer que nos actions récurrentes ne sont pas de simples cache-misère. Nos habitudes doivent être passées au crible. C'est à dire identifiées, analysées et corrigées en connaissance de cause, le cas échéant.

Un lâcher-prise est donné

Privilégier l’instant présent à nos constructions mentales, même les plus spirituelles.

16. Les maîtres sur le chemin

Jésus dit :

Lorsque vous voyez celui qui n'a pas été engendré de la femme, prosternez-vous, visage contre terre, et adorez-le : Celui-ci est votre Père !

Commentaires

Celui qui n’a pas été engendré de la femme, c’est le principe Divin, ou tout autre processus qui est au fait de notre présence ici. Plus prosaïquement, c’est aussi celui qui s’est libéré des attaches qu’il avait enfantées en lui et qui est retourné au UN. Jésus nous annonce qu’il est possible de rencontrer des pèlerins très avancés sur le chemin. Il faudra les reconnaître pour ce qu’ils sont et en faire bon usage. 

17. Ceci est une vraie aventure, faite de larmes et de sang

Jésus dit :

Certainement les hommes pensent que je suis venu pour jeter une paix sur l'univers. Mais ils ne savent pas que je suis venu pour jeter sur terre des discordes, le feu, l'épée, la guerre. Si en effet il y a cinq dans une maison, ils se trouveront trois contre deux et deux contre trois, père contre fils et fils contre père- et ils se lèveront solitaires.

Commentaires

La Paix sur l’Univers du pèlerin sera certainement au rendez-vous, mais elle doit être conquise par les armes. Il va lui falloir pétrir sa propre terre intérieure et ajuster sa relation extérieure avec les autres pèlerins. Tout changement de paradigme dans la psyché[27] du pèlerin, que ces Logia vont provoquer dans son for intérieur, déclenchera, inévitablement, une modification des liens qu'il entretient avec le réel.

La première guerre qu'il va mener sera intérieure et ces conséquences seront de facto la modification de ses relations basées sur des conventions virtuelles. Un nombre important de nos conventions, loi, et mode de vie sont des sortes d'images qui ne s’appuient pas sur le réel. Ce travail de connaissance de soi va ajuster l’ensemble de nos mécanismes auto-installés et au final nous reformater totalement. Tant que l’ensemble des pèlerins ne seront pas arrivés au but, le retour au UN, il y aura des frictions, des guerres intestines, et tous les mécanismes formant résistances au grand ménage nécessaire, s’exprimeront pour que rien ne change. Chaque pèlerin allant à son rythme, en fonction de son profil[28], de manière non synchrone, il ne peut en résulter que l’apparition de dissonances fortes. Il y aura donc toujours des groupes en conflit avec d’autres, car ce travail est un travail solitaire ou chacun à sa manière doit se découvrir et s’ajuster pour remettre de l’ordre dans sa maison, afin que la Paix y règne.

18. Jésus affirme la puissance des paraboles

Jésus dit :

Je vous donnerai ce que jamais il n'a vu, et ce que jamais oreille n'a entendu, et ce que jamais main n'a touché, et cela qui n'est jamais monté au cœur de l'homme.

Commentaires

Jésus réitère ici la nécessité de ne pas être dans les images, mais bien dans le réel, ici et maintenant. Ce qui est donné n’est pas montré, dit ou présenté, à partir d'une chose morte. C’est concret, cela tient dans la main, c’est unique et tout bruit qui en sort est neuf. Jésus s’inscrit dans l'ici et maintenant et propose un enseignement direct. Un enseignement qui n’est pas quelque chose de préparé ou de déjà formulé quelque part. Ce n’est pas une liste des prophètes venus avant lui ou toute autre chose figée, mais quelque chose de plus intime, quelque chose d’unique, de non reproductible pour toujours. L’usage de la parabole, comme nous l’avons déjà vu, permet de rendre Vivant l’enseignement qui ne peut être saisi que s’il est vécu par celui qui le reçoit, cela chacun à sa mesure. Des paraboles sont donc données, mais chacun en fait obligatoirement une alchimie qui lui est personnelle. Une alchimie qui va s'exprimer, qu’il le veuille ou non. Jamais personne ne réalisera en lui la même alchimie que son voisin, car chaque psyché à un contenu qui diffère. Ce qui sera vu par le pèlerin le sera par ses yeux, par lui-même, ce qui sera entendu le sera avec sa psyché. Ce qui sera touché c’est l’intérieur même du pèlerin, qu’aucune main ne peut saisir, pas même celle du pèlerin lui-même. Enfin, cette alchimie va faire remonter dans le cœur de l’homme, notre pèlerin, des réponses qui lui seront utiles et personnelles. Elles auront la qualité de la Lumière et proviendront directement d’un ailleurs qui l’habite et qu’il ne peut saisir par le mental.[29] 

19. Qui suis-je

Les disciples disent à Jésus :

Dis-nous comment notre fin sera.

Jésus dit :

Avez-vous donc dévoilé le commencement, pour que vous questionniez sur la fin ? Car là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux est celui qui atteindra le commencement : il connaîtra la fin, et il ne goûtera point de mort !

Textes en rapports

Matthieu

16.28 Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne.

Marc

9.1 Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

Luc

9.27 Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu.

Commentaires

Jésus répond aux pèlerins en leur expliquant qu’ils doivent dans un premier temps remonter à la source d’eux-mêmes. Ils doivent faire le chemin de la fin, c’est-à-dire : d’ici et maintenant, vers le commencement, c'est-à-dire le plus proche possible de la réponse « qui suis-je ». Ce cheminement à rebours, de leur existence actuelle vers le début de leur incarnation, va leur permettre de voir (par eux-mêmes) ce qui ne fonctionne pas chez eux et pourquoi. Voyant par eux-mêmes ce qui ne va pas, ils pourront par eux-mêmes s’auto-modifier. Ce n'est pas une option que nous propose Jésus, nous sommes réellement les seuls capables de remettre de l'ordre en nous. Ce travail doit être réalisé et alors seulement, ils pourront avoir une idée de ce que sera la fin de leur cheminement. Puisque s’ils font ce travail, ils n’auront plus vraiment à cheminer, ils pourront être sur le chemin sans chemin, ils se contenteront d’Être éternellement. Ils seront Christ, car ils auront rebroussé chemin jusqu'au commencement d'eux-mêmes et ce commencement est le même pour tous, ce sera alors une forme d'UNification.

Ici, Jésus résume la méthode du « qui suis-je », que l’on retrouve dans toutes les traditions et thérapies en vue d’un mieux-être, d’une libération. La méthode, très simple en apparence, est cependant donnée à travers une parabole qui introduit un propos contenant une charade, une énigme, une complication verbale, etc…. La réponse est voilée pour « titiller » la psyché du pèlerin et l’obliger de la digérer, comme expliqué dans un commentaire précédent. 

Cette technique s’impose d’elle-même, car à partir du moment où l’on traîne un problème, il est nécessaire de remonter à la source pour en comprendre l’origine et réellement le régler. Toute autre méthode ne serait qu’un pansement qui finirait par tomber et derrière lequel la plaie s’ouvre à nouveau. Seulement, ici, le problème, c’est nous dans notre globalité, cela implique donc de remonter le plus loin possible en arrière et de corriger ce qui n’a pas été correctement implémenté directement en nous.

C’est ici que certains parlent de devoir remonter dans des vies antérieures pour régler des problèmes du passé propres à perturber notre vie actuelle. Notre vie actuelle n’étant que l’expression d’une logique expiatoire des précédentes. Certains parlent de Karma[30]. Je ne veux pas déployer ce type d’informations, car il me semble que cet évangile est écrit à destination du pèlerin que chacun est et je ne vois pas ce type d’allusion à travers le texte donné. De plus, malgré diverses expériences curieuses que j'ai traversées, je ne suis pas convaincu que ces moments particuliers ont une réalité autre que du rêve d'un genre particulier. Tout ce qui est proposé ici par Jésus est simple, mais est apporté dans un mode particulier, qui peut permettre l’incarnation d’un mystère qui nous habite et qui sera libérateur. Il faut passer la barrière de l’Ego et du mental, afin que s’exprime ce mystère qui nous habite au plus près de nous et qui possède les réponses libératrices qui nous font défaut. Si l'on demande comment sera la fin, c'est que nous ignorions de fait comment était le début, nous n'avons donc pas de racines pour ajuster l'arbre que nous sommes et la fin ne saurait venir. Qui ne maitrise pas les racines, ne maitrise pas les feuilles.

Synthèse

Une direction est donnée 

Ce travail ne peut être réalisé qu’en nous-mêmes, par nous-mêmes, pour nous-mêmes. Les paraboles de Jésus sont un catalyseur de ce processus naturel.

20. Avant Qui suis-je

Jésus dit :

Bienheureux celui qui a existé avant qu'il ait été créé !

Commentaires

Jésus nous propose de remonter de plus en plus en arrière, toujours à destination du commencement, sous sa forme la plus extrême : avant même le « Qui suis-je » proposé dans le Logion 19. Il nous propose cela sous la forme d’une énigme, où il prétend qu’il est possible d’avoir existé, avant même que d’avoir existé. C’est une sorte de Koan[31], mais il est possible qu’il trouve une réponse au sein de celui qui va l’ingérer. De même, celui qui a été, avant que d’être, a connu une période sans problème. Retrouver cette période, c’est exprimer en quelque sorte un Paradis. Retomber dans cette période, c’est être au Paradis.

LOG 4 : Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un !

21. La parole est Vivante

Si vous devenez pour moi des disciples et que vous écoutiez mes paroles, ces pierres vous serviront.

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On retrouve ici une allusion au Logion 14. Jésus ne veut pas de disciple, car il sait que s’il se pose en maître, alors il deviendra pour eux une machine produisant des images mortes. Des images que l’on pourra faire graver sur des pierres, afin qu’elles demeurent à jamais. Le nombre important de traductions existantes pour cet évangile nous montre de facto qu’aucune n’est réellement identique à l’autre. Certains de ces Logia sont aussi présents, de manière récurrente, dans plusieurs évangiles canoniques, où, à chaque fois, ils sont aussi proposés de manières différentes. La parole n’est ainsi pas figée, malgré l’impression d’un nombre incroyable d'écrits canoniques ou apocryphes. Actuellement, on ne connaît pas, officiellement, d’écrit attribué directement à Jésus. Seule la parole Vivante semble avoir été captée, et chez chacun des auteurs à sa manière, elle a produit du fruit, qui lui-même produit en ce moment même ce document.

22. Je suis

Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

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La Paradis est peut-être bien nous-même et les cinq arbres peuvent être une métaphore de nos cinq sens qui nous permettent, quelle que soit la saison, de construire un réseau de souvenirs qui sont des sortes d’arbres organisés. L’histoire de notre vie, construite à partir de nos perceptions, est un cheminement permanent où de nouvelles branches nous sont continuellement proposées. Remonter à « Qui suis-je », c’est aussi prendre conscience que tout ce que nous avons mémorisé et engrangé a pour origine une information que nous avons un jour captée et ajustée à notre structure mentale. Cela s'est fait naturellement, afin de rester dans une certaine posture, aussi bien physique que mentale. Comprendre comment nous avons capté cette information et comment cela a été ensuite organisé en nous, nous permettra de remettre de l’ordre dans le Paradis que nous sommes et qui ne demande qu’à s’illuminer. N’oublions pas qu'au centre du paradis il y a un arbre qu'Adam doit garder.

23. Comment faire

Les disciples disent à Jésus :

Dis nous à quoi est semblable le Royaume des cieux.

Il leur a dit :

Il est pareil à une graine de sénévé; elle est la plus petite de toutes les semences, mais, lorsqu'elle tombe sur la terre labourée, elle produit une grande tige et devient un abri pour les oiseaux du ciel.

Textes en rapports

Matthieu

13.31 Il leur proposa une autre parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ.

13.32 C'est la plus petite de toutes les semences; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches.

Marc

4.30 Il dit encore: A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous?

4.31 Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu'on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre;

4.32 mais, lorsqu'il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre.

Luc

13.18 Il dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je?

13.19 Il est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches.

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Le Royaume des cieux n’est pas un lieu bien défini, mais il est une information permettant de faire apparaître ledit royaume pour « les oiseaux du ciel »[32]. Le Royaume est donc une chose en croissance qui pourra s’exprimer si le terrain est bien labouré. Le terrain c’est nous, le Royaume est en devenir en nous, et il ne peut apparaître que si nous avons réalisé un travail intérieur qui va permettre à la graine de croître au mieux. Cette graine de sénevé, c’est ce que Jésus va déposer en nous par l’utilisation de paraboles par l'usage de la parole directe. Nous avons déjà vu qu’une parabole doit se lier avec des choses spécifiques déjà captées par le pèlerin, afin de réaliser une alchimie en lui et exprimer le mystère. Ce que le pèlerin doit acquérir, ou tout du moins retrouver, pour que la graine pousse correctement, c’est une connaissance approfondie de lui-même, une connaissance de ses mécanismes intérieure, une compréhension des rouages de son histoire de vie… qu’il va pouvoir reconnaître et ajuster en cheminant. Ainsi, les graines posées par Jésus vont pouvoir se déployer en créant du sens en lui et par lui, afin qu’émerge en lui, par lui et pour lui le Royaume des cieux, des cieux de sa psyché et de son univers tout entier, afin qu'il soit enfin maître dans son Royaume.[33]

24. Soi le maître dans son royaume

Marie dit à Jésus :

À qui tes disciples sont-ils semblables ?

Il lui a dit :

Ils sont semblables à de petits enfants qui ont pénétré dans un champ qui ne leur appartient pas. Quand les propriétaires du champ viendront en disant " Quittez-nous notre champ ! " ils se dépouilleront devant eux pour leur laisser leur champ et le leur rendre. "

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On demande à Jésus de produire des images représentant ses disciples, mais Jésus ne produit pas d’images et n’a pas de disciple. Il répond donc encore une fois en utilisant une parabole qui cette fois-ci est de type champêtre. Le pèlerin, qui lit ce Logion, est obligé de visualiser en son esprit la scène et il va certainement rêvasser à la présence du propriétaire du champ, ou à tout autre sujet métaphoriquement en rapport. Faisant cela, il va créer en lui un scénario où il sera présent à côté des disciples dans le champ. Or, cette scène champêtre introduit la logique d’une infraction commise par les pèlerins, « qui ont pénétré dans un champ qui ne leur appartient pas ». Cette infraction commise par les disciples doit logiquement faire apparaître de la peur en eux. Une peur qui pourra être captée et analysée par le pèlerin attentif qui s'identifie aux disciples, afin qu’il puisse réajuster sa connaissance de lui-même. Il va alors automatiquement chercher une solution visant à se protéger lui-même, même virtuellement, du propriétaire, car il est aussi un disciple en herbe ou en devenir. La question : qu’aurait-il fait, lui-même, dans une pareille situation ? Va s’imposer à lui. Il devient alors en quelque sorte disciple de fait, par cette simple réaction interne. Il va alors devoir prendre position, même virtuellement, et une solution sera donnée (par le mystère) afin que cela soit stabilisé en lui. S’il observe tout ce mécanisme, qui vient de se déployer en lui, il pourra se libérer de certains types de peurs qui visiblement l’habitent et perturbe son Royaume.

Synthèse

Le pèlerin n’est pas maître dans son Royaume, il doit pratiquer, pour faire sortir les mécanismes de peur qui l’habite.

25. Être le maître est un travail

C'est pourquoi je vous dis ceci : Si le maître de maison sait que le voleur vient, il veillera avant que celui-là arrive et il ne laissera pas se percer une entrée dans la demeure de son royaume pour en emporter ses meubles. Vous donc, soyez vigilants face à l'univers. Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre; car le profit que vous guettez, ils le trouveront !

Textes en rapports

Matthieu

24.43 Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.

24.44 C'est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas.

Luc

12.39 Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.

12.40 Vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas.

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Ici Jésus, par l’intermédiaire d’une autre parabole, va fournir des indications, pour aider le pèlerin à devenir maître dans son Royaume.

LOG 25 : Il faut être vigilant face à l’univers.

Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre;

On retrouve cette injonction de devoir faire face, ou encore d’être vigilant à ce qui se présente. Nous devons être ici et maintenant, dans le réel et pas dans nos rêves. Il faut être vigilant, ce qui implique de ralentir les cogitations incessantes du mental pour être plus attentif.

Les brigands ici peuvent être de chair ou d’esprit. S’ils sont de chair, alors nous ferons physiquement face, si cela est nécessaire. Mais, ils peuvent aussi être d’esprit, ils seront alors représentés par nos pensées délétères, insufflées par nos peurs conscientes ou inconscientes. La peur de l’inconnu ou de ce qui se présente à nous, et que nous cogitons et re-cogitons continuellement. Ce qui est perçu en première instance, nos perceptions, est ce qui est le plus neutre, mais aussitôt que nous donnons du sens, par le mental, cela devient énergétique. Aussitôt qu’une étiquette est posée, aussitôt que le réel devient une image qui porte en son sein des caractéristiques relatives virtuelles, nous sortons du royaume. Aussitôt que le décodage est réalisé, par nos divers centres cognitifs et qu’il remonte à la conscience, nous nous emparons de ces caractéristiques relatives et nous les plaquons au réel qui lui, n’y répond peut-être pas. C'est l'œuvre quotidienne du mental, nous posons des images plus ou moins complexes sur le Réel. Un grand contrôle de soi est nécessaire pour ne pas décoder systématiquement tout ce qui se présente à nous. Rester dans la Vérité du Royaume est chose difficile. Nos reins filtrent en permanence notre sang afin d’y découvrir ce qui doit être rejeté dans les urines ou dans les selles. Nous devons faire de même avec une grande vigilance et une volonté sans faille pour rester dans le Réel ici et maintenant et arrêter de ratiociner en permanence. Mais, une fois ce travail mis en mouvement, l’énergie nécessaire à son maintien va décroître au fur et à mesure que le Réel apparaîtra[34]. Le pèlerin aura alors la surprise de constater, au fil du temps, la disparition, comme par enchantement, de ratiocinations, d’émotions qui auparavant lui encombraient la vie. Ce n’est que le résultat palpable de son travail, qui ne se présentera à lui qu’à son juste temps, c'est-à-dire lorsque la Vie lui présentera une situation qu’il pourra alors appréhender à l’aune de sa nouvelle psyché. Il sera alors étonné de ne pas réagir à tel ou tel stimulus qui auparavant le mettait dans tous ses états. Le travail de connaissance de soi et les fruits qu’il porte ne sont pas systématiquement quantifiables directement. Il faut que la Vie nous apporte les expériences nécessaires à leur reconnaissance pour qu’ils puissent s’exprimer à notre conscience. Certains parlent alors de grâce, car il ne voit pas toujours le lien entre leur travail sur eux-mêmes qu'ils réalisent au quotidien et les modifications importantes qu’il provoque au plus profond d’eux-mêmes. Le pèlerin constatera alors une paix et un silence intérieurs, fruits de son travail de compréhension concernant son fonctionnement et des rectifications que cela a apportées. Cette paix et ce silence intérieurs, qu'il pourra constater à partir d'un certain temps de travail, l'aideront à poursuivre sa démarche vers plus de paix et de silence intérieurs. La logique veut qu’arriver à un certain point d’ancrage dans le Réel, le pèlerin trouve la Paix, le plein d’énergie et certainement d'autres choses...

26. La moisson n’attend pas

Qu'il y ait au milieu de vous un homme avisé : lorsque le fruit est venu, en précipitation, sa faucille à la main il est allé et il l'a moissonné. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

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On retrouve ici une allusion au Logion 8. Il faut moissonner à son terme, ni avant ni après.

LOG 8 : L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer ; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Il ne sert à rien de faire des projections mentales concernant l’avant, ou l'après des événements. Ce qui compte, c’est d’être prompt à répondre aux sollicitations du Réel, au moment même où cela est nécessaire. Il ne faut pas être mort, pris en permanence dans ces rêves, mais Vivant dans le réel, ici et maintenant.

27. Rester dans le réel, pas dans l’image

Jésus vit des petits qui tétaient; il dit à ses disciples :

Ces petits qui tètent sont semblables à ceux qui entrent dans le Royaume.

Eux lui dirent :

Si nous sommes petits, entrerons-nous dans le Royaume ? 

Jésus leur dit :

Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

Textes en rapports

Matthieu

19.4 Il répondit: N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme

19.5 et qu'il dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair?

19.6 Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.

Marc

10.6 Mais au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme;

10.7 c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme,

10.8 et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.

10.9 Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.

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Une nouvelle fois Jésus nous indique qu’il faut retourner à la source de nous-mêmes afin de resynchroniser, ré harmoniser ce qui est déviant. Il n’est pas question d’être un enfant ou un adulte, il ne s’agit pas ici d’une logique temporelle, mais d’une position stratégique dans l’organisation de notre psyché. Il nous faut acquérir une posture particulière au sein de notre Royaume.

Ces petits enfants sont là, ici et maintenant, et ils réalisent pour eux-mêmes, par eux-mêmes, une action concrète, afin d’être nourris et donc d'exister. Pour eux c’est une question de vie ou de mort, pas des palabres incessants issus de leur mental, pour savoir si : ceci ou cela. Non, ce n’est ni ceci ni cela, Neti Neti[35] comme disent les hindous, cela est : ils tètent.

Nous devons remonter en nous-mêmes, avant le décodage de notre mental basé sur tout le fatras des croyances en place, remonter même avant le décodage de nos systèmes cognitifs. Ne plus exprimer de division entre les choses. Il nous faut être dans l’action, dans la Vie, dans le Réel, pas dans nos rêvasseries. Oser vivre, d’instant en instant, sans mettre sur nos gestes des images ou des étiquettes particulières.

Jésus nous donne ici une méthode pour parvenir à cela.

LOG 27 : Lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image…

Les yeux ont la particularité d’être deux, alors que je n’ai en face de moi qu’une seule image résultante (l’œil qui voit). Il est tout à fait possible de déconnecter volontairement cette fusion des deux yeux en une seule image et de voir le monde en double. C’est juste un geste physique à réaliser, certains diront qu’ils louchent. Une certaine volonté et un peu de détermination est indispensable, car la conscience n’a pas l’habitude d’afficher deux images dans notre champ visuel et une résistance va apparaître. Mais, lorsque l’on a l’habitude de déconnecter l’œil, cela libère en réalité de l’énergie et repose la vue. Ces exercices sont proposés couramment par les ophtalmologistes. Plus fort encore, cette technique permet de voir de magnifiques images lumineuses, les stéréogrammes. Ces images magnifiques, aux couleurs irréelles, n’existent pas pour l’œil unique. 

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Stéréogramme[36]

Jésus complique alors l’information donnée, qui prend l’aspect d’une énigme :

 LOG 27 : …une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image…

Le pèlerin va alors être surpris par ces propos et il va devoir, une fois de plus, exprimer le mystère en lui, par lui, pour lui.

Avec ma conscience, j’ai toujours plusieurs points de vue possibles. Je peux voir extérieurement ma main ou bien la ressentir intérieurement. Si j’attrape un objet, je vais ressentir le contact de mes doigts sur cet objet en même temps que je peux me regarder faire. Ma main et son mouvement peuvent être perçus par plusieurs de mes sens. Avec ma vue, ou bien directement par le toucher. Lorsque je tiens un objet, ce qui est important c’est le ressenti direct que ma main me fournit et qui me permet de doser mon effort, son image ne m’est pas d’un grand secours.

C’est la même chose pour mes pieds ou toute autre partie de mon royaume, je peux avoir à tout moment une information directe et des informations de type image, ou plus secondaires. Regarder mes pieds ne m’aide pas à tenir debout.

Ce qui est important, ce n’est pas d’utiliser l’image de l’image, comme regarder ma main en train de faire, mais c’est d’utiliser l’Image la plus précise, celle du contact avec le Réel. Le Réel ce situe, ici et maintenant, pas dans nos souvenirs ou nos visions plus ou moins chimériques. Le système mémoriel est associé à notre imaginaire, ensemble ils fabriquent des images. La production de ces images peut être comparée à un sens supplémentaire, un sens virtuel : ils apportent à la conscience des informations d’un certain ordre, ils donnent du sens à la situation. Il ne faut pas confondre le résultat de cette production d'images avec l'intuition ou encore les idées et autres productions du Mystère qui nous habitent.

Ces informations virtuelles sont secondaires par rapport au Réel fourni par le contact physique et les perceptions reçues qui en découle. Notre contact avec le Réel est assuré par nos cinq sens principaux.

LOG 22 : Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

Si je veux que le lait coule dans ma bouche, il me faut sentir, non pas les tétons de ma mère, mais cette chose molle et humide que je sens physiquement et qui est concrètement pressée par mes lèvres. Je me moque que cela soit des tétons, je me moque que ce soit des lèvres (je n’ai pas encore l’âge pour cela…).

28. La chose unique

Jésus dit :

Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille et ils se lèveront étant un !"

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Jésus nous dit que l’éveil Unifie les pèlerins. C'est-à-dire qu’une chose Unique, qui nous caractérise, veille en nous et qu'il faut que nous soyons éveillés, afin que sa place et son rôle soient reconnus.

29 Je suis l’univers

Ses disciples lui disent :

Instruis-nous sur le lieu où tu es, car il nous est nécessaire de questionner à son sujet ! 

Il leur dit :

Que celui qui a des oreilles entende ! Si une lumière existe à l'intérieur d'une créature lumineuse, alors elle illumine l'univers tout entier, et si elle n'illumine point, elle est une ténèbre.

Textes en rapports

Matthieu

6.22 L'oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé;

6.23 mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres!

Luc

11.34 Ton oeil est la lampe de ton corps. Lorsque ton oeil est en bon état, tout ton corps est éclairé; mais lorsque ton oeil est en mauvais état, ton corps est dans les ténèbres.

11.35 Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres.

11.36 Si donc tout ton corps est éclairé, n'ayant aucune partie dans les ténèbres, il sera entièrement éclairé, comme lorsque la lampe t'éclaire de sa lumière.

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Jésus nous propose une nouvelle énigme. Que peut bien être une créature lumineuse ?

Une créature lumineuse peut l’être parce qu’elle laisse passer la lumière de l’intérieur d'elle-même vers l’extérieur, ou parce qu’elle diffuse directement de la lumière. Pour nous aider, Jésus précise que c’est la lumière intérieure qui participe à l’illumination. Cette créature est alors à l’image d’une lanterne où intérieur comme extérieur ne font qu’UN, car elle est comme translucide. Rien n’est caché et tout la traverse. La puissance de la lumière contenue dans cette lanterne illumine la totalité de l’univers. La lumière étant partout, il devient impossible d’en connaître le centre. Christ est donc partout, il n’est pas le fruit d’une division. S’il stoppe d’illuminer l’univers, alors il survient une ténèbres.

30. Il est moi, je suis lui

Jésus dit :

Aime ton frère comme ton âme, veille sur lui comme sur la prunelle de ton œil.

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Jésus nous informe à travers une exhortation que nous devons aimer l’autre comme nous-mêmes.

On retrouve ceci dans ce passage de l’évangile de Jean :

Jean

15:12 C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

15:13 Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

L’autre c’est nous, c’est notre miroir, il nous permet d’être et de constater le fruit de notre lumière. Nous devons réunir l’intérieur et l’extérieur, pour ne faire Qu’UN.

S’aimer les uns les autres, c’est Unifié l’extérieur. Plus simplement, et plus prosaïquement, le fait de déployer un Amour inconditionnel stoppe de fait, en nous, la production de problématique d’ego et nous propulse dans la non-dualité. Si tout le monde déploie l’Amour inconditionnel, alors le Royaume qui pourrait n’être qu’individuel et donc non complet va pouvoir s’étendre à l’humanité.

31. Fais le ménage chez toi avant toute chose

Jésus dit :

La paille qui est dans l'œil de ton frère, tu la vois; mais la poutre qui est dans ton œil, tu ne la vois point ! Lorsque tu auras rejeté la poutre qui est dans ton œil, alors tu y verras pour rejeter la paille hors de l’œil de ton frère.

Textes en rapports

Matthieu

7.3 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?

7.4 Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien?

7.5 Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère.

Luc

6.41 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?

6.42 Ou comment peux-tu dire à ton frère: Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère.

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Avant toute chose il est indispensable de se connaître soi-même et de faire ainsi le ménage, alors seulement il sera possible d’aider l’autre, afin qu’il participe lui aussi au grand ménage. Car, l’intérieur doit être comme l’extérieur, pour ne faire qu’UN.

32. Reste dans le réel

Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne trouverez point le Royaume. Si vous ne faites point du Sabbat le Sabbat, vous ne verrez point le Père.

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Il faut être dans le réel et pas dans l’image du réel. Peu importe le nom donné à un exercice, ce qui compte c’est de pratiquer l’exercice. Le pèlerin doit être dans le Vrai, dans l’action directe et pas dans la parole. Il doit donc limiter ses ratiocinations qui décrivent le monde de manière chimérique et être simplement ici et maintenant dans le Royaume.

Une publicité des années 90 exprime bien la chose :

« Les frites Mc Cain, c'est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus.[37] »

33. Rien n’est impossible, mais va cuver ton vin

Jésus dit :

 Je me suis tenu au milieu de l'univers et, dans la chair je me suis manifesté à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres, je n'en ai trouvé aucun assoiffé parmi eux. Et mon âme s'est affligée pour les enfants des hommes. Parce qu'ils sont des aveugles dans leur cœur et qu'ils ne voient pas, parce que vides ils sont venus au monde, et vides ils cherchent encore à sortir du monde ! Qu'il vienne cependant quelqu'un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront.

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Christ est un principe, il s’incarne. Il nous exhorte à nous remplir, nous serions vides… mais de quoi pouvons-nous nous remplir ?

Jésus constate :

Nous sommes tous ivres, mais personne n’est assoiffé.

Nous sommes aveugles et nous ne voyons pas, car nous ne savons pas utiliser notre cœur.

Jésus donne une explication :

Nous sommes venus vides au monde, et nous n’avons rien fait pour nous remplir.

Jésus donne une solution :

Si les enfants des hommes suivent les préceptes se trouvant dans cet évangile, alors après avoir cuvé leur vin, ils seront sauvés.

Cuver sont vin, c’est aussi faire en sorte qu’il soit évacué de nous. Que restera-t-il alors une fois ce vin cuvé ? La structure que nous sommes en Vérité, celle qui nous fut donnée, au commencement. Une structure déjà toute prête pour nous permettre de vivre. Cette structure dans laquelle se déploient actuellement nos extravagances et nos croyances erronées d’homme ivre. Tout le monde sait qu’un homme ivre raconte n’importe quoi, et lorsqu’il revient à lui (ici en Vérité), il se repent de ce qu’il a dit. Cette parabole nous offre une note d’espoir, elle nous dit qu’il est possible de cuver notre vin pour revenir à la Vie. Rien n’est donc perdu, tout est encore possible pour tous, il suffit d’écouter les événements qui nous poussent aux changements.

34. La grande illusion sortie du néant

Jésus dit :

Si la chair a été créée à cause de l'esprit, c'est un miracle. Mais si l'esprit a été créé à cause du corps, c'est un miracle de miracle. Mais moi, je m'émerveille [] comment cette grande richesse être qui est peut-elle habiter la pauvreté ?

Textes en rapports

JYL : 1:29[38]

Jésus disait :
Si la chair est venue à l'existence à cause de l'esprit,
c'est une merveille,
mais si l'esprit est venu à l'existence à cause du corps,
c'est une merveille de merveille.
Mais moi, je m'émerveille de ceci :
Comment cet Être qui Est,
peut-il habiter ce néant ?

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Jésus nous interroge sur un mystère en introduisant un choix binaire entre deux filiations possibles :

chair -> esprit ou esprit -> chair.

Il pointe la proposition chair -> esprit, comme étant plus improbable que la proposition, esprit -> chair, car si cette sentence est la bonne alors, elle serait deux fois plus extraordinaire et donc finalement deux fois plus improbable. Jésus nous propose les deux choix mathématiques possibles, il exprime la dualité de nos analyses habituelles. Cette dualité qui nous force à une logique où seul un certain nombre de cas possibles est envisageable. Jésus exprime cela pour un esprit commun - un homme Mort. Il déploie une forme de philosophie existentielle, telle qu’elle puisse exister lors d’une discussion entre penseurs ou amie, certains diront lors d’une conversation de comptoir.

Mais lui, le Vivant, propose un autre niveau d’étonnement, il sort du cadre de la logique, afin de nous étonner et de transformer son propos en une énigme. Il introduit une zone de non-droit de la pensée analytique : le néant. Le néant pour la pensée analytique est une non-zone, personne n’a jamais vu le néant. Le néant, pour le mental, se trouve dans un ailleurs qui ne serait être exprimé, et pourtant Jésus prétend que cet Être qui Est, nous-mêmes en sorte, habite ce néant. 

Soit Jésus se joue du pèlerin et propose une métaphore, en prétendant que l’homme est mort à la Vie et qu’il est donc dans un néant, pour la Vie, même s’il y déploie son Être. Soit il parle effectivement d’un ailleurs que lui le Vivant reconnaît comme étant la source de l’Être.

Jésus interpelle le pèlerin sur la nature de ce néant, dans lequel il se déploie afin de devenir Vivant. Il va devoir trouver par lui-même de quoi Jésus parle en réalisant un saut dans un inconnu pour son mental. Jésus nous dit de manière détournée que la chair provient de l’esprit ou bien l’inverse n’est pas le type de recherche à réaliser en priorité. Dans tous les cas, le pèlerin doit cerner ce néant dont parle Jésus, qu’il soit réellement un néant au sens de la logique de la pensée ou bien un néant d’un autre ordre. Le pèlerin va faire ce travail, de manière consciente ou inconsciente, tout simplement pour ne pas rester saisi en son for intérieur par un illogisme. Cette énigme est de type initiatique, car elle nous pousse à trouver la porte de sortie qui permettra à notre psyché, qui a été touchée par la question de Jésus, de se reconstruire en intégrant cette information de manière viable pour notre mental. Tous les Logia intègrent, plus ou moins, ce de type de mécanisme.

Si l'on observe simplement ce qui fait notre quotidien et la manière dont cela s’exprime, on peut constater qu’en permanence nous captons et exprimons un ensemble de perceptions. Toutes ces perceptions s’expriment principalement à travers nos cinq sens et sont ensuite relayées par notre cerveau qui les met en formes dans notre conscience.

LOG 22 : Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

Par exemple, le son se propage dans l’air sous la forme d’une onde sinusoïdale. Lorsque l’onde pénètre dans nos oreilles, nous avons un son qui apparaît dans notre champ de conscience. Ce son qui est apparu n’est pas l’onde qui s’est propagée dans l’air, mais l’expression de cette onde. Le cerveau, par l’intermédiaire des oreilles qui ont capté l’onde, a décodé cette sinusoïde sous la forme de musiques, de mots, de phrases, etc…

Encore plus évident. Nous avons deux yeux et pourtant nous ne voyons qu’une seule image dans notre champ visuel. De plus, tout le monde sait qu’une pupille inverse l’image, pourtant, nous voyons une seule image à l’endroit (même si nous retournons la tête). Cette image unique est le fruit du traitement réalisé par le cerveau. Ce que nous voyons n’est pas l’information réelle, mais son interprétation au mieux des capacités de notre corps. Nous pouvons loucher et faire apparaître les deux images simultanément. Mais, il y a peu de chance que vous arriviez à renverser l’image ! Notre contrôle est limité.

Ce que notre conscience nous présente n’est qu’une construction réalisée à partir de nos perceptions. Notre Être est perçu à travers l’observation de notre conscience, mais cette construction est un néant, car elle est éphémère et n’est pas le Réel, c’est juste une image. Et Jésus nous exhorte à ne pas être dans l’image de la chose perçue, mais à être dans le réel.

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

La question n’est alors pas de savoir qui de l’œuf ou de la poule est sorti le premier du néant. Mais il faut comprendre comme cela est possible, comment cela fonctionne. Et pour comprendre, il y a la nécessité de remonter à la source de tout ceci en s’observant fonctionner. Pour à terme, éliminer les filtres qui produisent les images qui sont certainement erronées et pour Être le plus possible en face de ton visage.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

35. Le multiple et le UN

Jésus dit :

 Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où ils sont deux ou un, je suis avec lui !

Textes en rapports

Matthieu

18.20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux.

Commentaires

De nouveau, une proposition de fusion de deux vers UN est proposé.

Si je vois trois dieux, c’est que je suis dans la division et qu’alors j’observe des images du Tout, je suis dans le multiple et un arbre est un arbre.

Si je vois deux ou un, je suis avec lui ! Est un jeu de mots qui fait énigme et va nous forcer à trouver une solution pour Être en silence.

 Il suffit de poser les équations pour s’apercevoir que cette proposition est la même.

·         Si il y a deux alors, je suis avec lui, donc nous ne faisons qu’UN.

·         Si il y a un, nous ne faisons qu’UN. 

Ici, l’arbre n’est pas un Arbre et c’est pour cela qu’il est un Arbre[39]

36. Les liens qui nous figent

Jésus dit :

Un prophète n'est pas reçu dans sa ville, et un médecin n'opère point de guérison sur ceux qui le connaissent.

Textes en rapports

Matthieu

13.57 Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison.

Marc

6.4 Mais Jésus leur dit: Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison.

Luc

4.24 Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.

Jean

4.44 car il avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie.

Commentaires

À partir du moment où il existe des liens entre des individus, des images se sont mises en place, et elles se sont renforcées avec le temps. Ces images, entre le pèlerin et l’autre, le formateront[40] à tout jamais dans cette sorte d’imaginaire structuré qui l'habite. Il y aura en Vérité Lui devant sa face, mais pour l’homme mort il y aura, avant toute chose, l’image qui lui sert de référence et qui a priorité sur le Réel. Bizarrement, plus nous connaissons une personne, ou toute autre chose, et plus ces images vont se renforcer. Elles vont devenir plus réelles que le Réel. Si une de nos connaissances nous propose son aide, nous irons chercher en nous son image et les informations connexes qui lui sont attachées, afin d’évaluer si sa proposition est fiable ou non. L’image de l’autre, que nous maintenons en nous, possède une logique de notation complexe, mystérieuse, qui va permettre d’évaluer l’autre dans son quotidien[41] de manière automatique. Si l’image de l'autre ou de l'événement présent ne nous fournit pas de donnée, alors il y aura une alchimie intérieure de réalisée avec des abstractions analogiques plus ou moins sérieuses. Tout ceci est de l'ordre des automatismes, et le pèlerin devra les observer, les reconnaître, et les ajuster, afin de se connaître vraiment par lui-même et de pouvoir se libérer.

Si, étant enfant, j’étais ami avec un futur prophète et qu’à cette époque nous avons fait des bêtises, comme tous les enfants, et bien, il ne pourra jamais être pour moi un prophète, il restera cet ami d’enfance, capable du pire comme du meilleur. Ou alors, il devra me fournir des images de lui réalisant des miracles, pour que je me convertisse, mais les images de mon enfance seront toujours là, pour moi, devant sa face, entre lui, en Vérité, et moi.

Dans notre civilisation, un chirurgien n’a pas le droit d’opérer les membres de sa famille. Le propos de Jésus n’est pas de cet ordre. Ce n’est pas une loi des hommes dont il est question ici, mais du biais cognitif évoqué plus haut et qui introduit en nous cette manière erronée d’appréhender le réel.

Un verre qui a contenu de la ciguë[42], peut très bien contenir à présent le plus parfait des nectars. Si l’on me présente ce verre contenant le nectar et que je ne sais pas à quoi il a servi précédemment, je boirai son contenu sans réserve. Par contre, si je sais que ce verre a été utilisé pour contenir un poison alors jamais je ne boirai le nectar qu’il contient. L’image est forte et s’intercale entre nous et le Réel.

La Vie est, ici et maintenant, et dans la majorité des cas, le passé n’a pas de prise sur le présent. Si vous vous êtes tapé sur le doigt avec votre marteau en voulant planter un clou, il n’est pas obligatoire que cela arrive à chaque fois que vous planterez un nouveau clou.

La moindre image, concernant quelque chose, gravée en nous, viendra perturber notre vision du Réel et elle gâchera la Vérité qu’il contient, en y ajoutant des données périmées. Pour des choses d’une certaine importance, où notre croyance doit être sans faille, la moindre image, forcément erronée, nous fermera l’accès à ces choses. Ce mécanisme peut bizarrement sembler s’inverser, car l’image peut aussi donner un pouvoir à quelque chose qui n’en a pas. Les médecins nous parlent de l’effet placebo, où la croyance en l’image d’une chose permet d’obtenir des résultats impossibles.

Tout ceci est subtil, car c’est à partir de nos expériences que nous évoluons. Et, même si la démarche qui consiste à se connaître soi-même pour s’ajuster de plus en plus est une manière de se libérer des images erronées qui nous habitent, elle pourra être aussi l’occasion d’en mettre des nouvelles en place.[43] 

37. L’élévation nous libère

 Jésus dit :

Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher !

Textes en rapports

Matthieu

5.14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

Commentaires

Plus nous allons nous élever dans la compréhension de nous-mêmes, plus nous allons pouvoir embrasser l’existant. Une montagne peut être vue comme une pyramide dont la base est bien ancrée au sol. Cette forme géométrique est celle qui présente la plus forte stabilité. Généralement, plus une montagne est haute et plus sa base est importante. Il est gravé dans l’inconscient de l’homme que s’il monte plus haut, il pourra y voir plus. Ceci n’est pas une simple lubie de l’homme, mais le fait des lois de l’Univers. C’est la constitution même de l’individu et de son système de vision qui implique cela. La ville, c’est logiquement une communauté où l’ordre est établi, c’est donc une structure ordonnée ou les choses qui l’habitent circulent correctement. Une ville, c’est une analogie de l’homme qui se structure, qui s’ajuste, qui contrôle ces mécanismes internes. Cette ville une fois unifiée, forte, analogie de l’homme qui chemine, du pèlerin, possède alors tout comme lui une vision et elle augmentera son champ de vision en s’élevant. Le pèlerin utilisera le meilleur des supports pour s’éveiller : ici la montagne, qui est une autre analogie. Si la montagne a une forte base, son point haut, où se situe la ville, lui, n’est qu’un point. Cette forme nous dit que plus nous montons et plus la section horizontale de la pyramide correspondant à l’endroit où nous nous trouvons est petite[44]. Il a donc une perte de surface, de matière, qui accompagne la montée, cette perte c’est toutes nos images qui disparaissent. Car lorsque je monte, si je ne regarde pas en arrière, je vois de moins en moins de choses et arrivé au sommet, je ne vois plus que le ciel et la lumière du Soleil. Je suis alors totalement illuminé et plus rien ne peut me faire de l’ombre, d’une certaine manière je disparais moi-même dans cette lumière. Il n’y a plus d’image, mais simplement de la lumière et si je me retourne je vois toutes les images que j’ai lâchées en m’affinant. Et enfin, je comprends, par le voir direct que m’offre ma position, où mène ce chemin où j’étais, il y a encore quelque temps. Je vois aussi les autres chemins que je ne connaissais pas et je prends conscience de manière directe de la nature du Tout.

Mais, tout comme le phare dans la mer qui ramène à lui les marins égarés, cette ville sera vue de tous ceux qui se trouvent dans son champ de vision. Il y a donc un mouvement vers le haut qui transparaît dans ce Logion et qui nous dit que si nous travaillons à notre édification (en suivant les préceptes de l’évangile), nous n’avons rien à craindre et que cela nous permettra d’atteindre un point haut de conscience.

LOG-38 : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière.

38. Le devoir de transmission

Jésus dit :

Ce que tu entendras de ton oreille, et de l'autre oreille, proclame-le sur vos toits ! Car personne n'allume une lampe et ne la met sous le boisseau ou ne la met dans un endroit caché : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière.

Textes en rapports

Matthieu

5.14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

5.15 et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

5.16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

Luc

8.16 Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

Luc

11.33 Personne n'allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

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Ce Logion fait naturellement suite au précédent. Il précise au pèlerin quoi faire une fois qu'il est arrivé au point haut, d’où il peut contempler le Tout.

Les différents niveaux de compréhension sont ici atteints par le pèlerin qui est devenu Christ. Le niveau des perceptions (intuitives, ou autres) et son information correspondante, directe, non déformée font partie intégrante du pèlerin, il ne fait qu’UN. Lorsque tu percevras le Réel, que tu pourras alors parler en Vérité, il te faudra la propager.

Rien ne serait justifié de ne pas révéler la Vérité aux autres et de leur faire comprendre comment atteindre cet état de perception Unifié.

LOG 38 : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière.

Cette information ne doit pas être diffusée sous forme d’images qui pourraient la trahir (écrits, conférences, etc…). Mais, elle doit être placée sur le chemin de celui qui doit la capter, afin qu’il soit éclairé. Cette lumière doit être perçue directement par celui qui peut la capter. Elle doit passer à travers lui pour ne faire qu’UN.

39. De l’obligation de faire par soi-même

Jésus dit :

Si un aveugle conduit un autre aveugle, tous les deux tombent dans une fosse.

Textes en rapports

Matthieu

15.14 Laissez-les: ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.

Luc

6.39 Il leur dit aussi cette parabole: Un aveugle peut-il conduire un aveugle? Ne tomberont-ils pas tous deux dans une fosse?

Commentaires

Jésus nous met en garde des faux prophètes qui peuvent nous entraîner dans leurs folies, leurs délires. Mais, il nous dit aussi peut-être que le simple fait de suivre quelqu’un n’est pas recommandé. Comment savoir si celui qui nous conduit est bien déjà en haut de la montagne ?

LOG 12 : Aujourd'hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant ; et quand vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là, étant un, vous devenez deux ; et lorsque vous deviendrez deux qu'est-ce alors que vous ferez ?"

La seule manière d’en être sûr, et bien c’est justement d’être aussi en haut sur la montagne. Il faut donc faire soi-même, par soi-même et pour soi-même le travail. Cette accession ne peut pas être déléguée à un autre. Chaque chemin est unique et le seul point de rendez-vous possible, pour chacun, est au point d’arrivée, où tous ne font qu’UN. 

LOG 28 : Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille et ils se lèveront étant un !

40. Du risque de se laisser berner

Jésus dit :

Il n'est pas possible que quelqu'un entre dans la maison du puissant et qu'il lui fasse violence s'il ne lui a point lié les mains : alors il dévalisera sa maisonnée

Textes en rapports

Matthieu

12.29 Ou, comment quelqu'un peut-il entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.

Marc

3.27 Personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort; alors il pillera sa maison.

Luc

11.21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde sa maison, ce qu'il possède est en sûreté.

11.22 Mais, si un plus fort que lui survient et le dompte, il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il se confiait, et il distribue ses dépouilles.

Commentaires

Les mains sont l’interface principale nous permettant d’avoir une interaction avec le réel. Pour que nos mains soient opératives, il faut que la chose à saisir possède un empan[45] suffisant ou bien qu’elle soit équipée d’une poignée. Cela est tellement vrai que le mental s’est construit autour de cette notion de poignée qui permet de saisir les choses. Il n’est pas possible de raisonner ou de produire une analyse si nous n’avons pas d’accroche sur ce que nous voulons comprendre. Les images et autres étiquettes sont des formes que notre mental appréhende à travers le langage. Toutes les images et étiquettes sont des sortes de poignées qui permettent de saisir le Réel. La première chose à faire pour analyser un phénomène inconnu est de le découper en morceaux, qui seront ainsi saisissables pour le mental.

Alors, la première chose à faire pour limiter la possibilité d’agissement d’un individu, physiquement et psychologiquement, c’est effectivement de lui lier les mains. Tous les policiers sont équipés d’une paire de menottes à cet effet. La deuxième chose est de l'isoler entre quatre murs.

Voici donc un point de faiblesse…physique. Mais au niveau de l’esprit, cela est-il vraiment un point de faiblesse ? Soit, le voleur dévalisera la maisonnée, mais il n’est rien dit des connaissances du puissant qui lui sont acquisse intérieurement.

Et si la maison du puissant n’était qu’une métaphore de la structure mentale du pèlerin, et que les aléas de la vie l’obligent à déléguer la gestion de ses affaires à un autre. Alors, il se retrouve lié à l’autre : liée à une banque à travers un emprunt, liée à un employeur à travers son travail, lié à un maître à penser, lié à des écrits, lié à ses propres images mentales… Une fois les mains liées, qu’il est enchaîné aux croyances de l’autre, des croyances fausses pour lui, l’homme perd alors sa capacité à raisonner. Dans ce cas, il va devenir un fantôme à lui-même et il perdra toute capacité à agir, il sera comme mort à lui-même. Il n’est plus le maître dans sa maison, il a suivi un aveugle, qui par la force, la ruse, ou une pseudo-nécessité, l’a entraîné dans la fosse en le sortant, en le dépouillant, de sa propre maison, c'est à dire lui-même.[46]

LOG 39 : Si un aveugle conduit un autre aveugle, tous les deux tombent dans une fosse.

41. Lâcher-prise - tout va tout seul

Jésus dit :

N'ayez point souci, du matin au soir et du soir au matin, de ce que vous vous vêtirez !

Textes en rapports

Matthieu

6.25 C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

6.26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux?

6.27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?

6.28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;

6.29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.

6.30 Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?

6.31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?

Luc

12.22 Jésus dit ensuite à ses disciples: C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus.

12.23 La vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.

12.24 Considérez les corbeaux: ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier; et Dieu les nourrit. Combien ne valez-vous pas plus que les oiseaux!

12.25 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?

12.26 Si donc vous ne pouvez pas même la moindre chose, pourquoi vous inquiétez-vous du reste?

12.27 Considérez comment croissent les lis: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.

12.28 Si Dieu revêt ainsi l'herbe qui est aujourd'hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas, gens de peu de foi?

12.29 Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas inquiets.

12.30 Car toutes ces choses, ce sont les païens du monde qui les recherchent. Votre Père sait que vous en avez besoin.

12.31 Cherchez plutôt le royaume de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.

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Il n’est pas utile de toujours programmer son futur[47], de construire des images de nous-mêmes qui nous projettent de facto en dehors de nous-mêmes. Pour se voir, nous devons nous objectiver et donc se transformer en image, que notre psyché pourra saisir, afin de nous permettre de raisonner. Notre mental a besoin de ces images virtuelles, pour produire des analyses.

Jésus nous propose ici de lâcher-prise par rapport à ce système de projection constant, que nous nourrissons d’une multitude de fantasmagories, d’images d’autres nous-mêmes. Il nous fait bien sentir la mise en action continuelle de ce mécanisme. C’est comme dans un système tournant en roue libre, c’est une forme de folie, quelque chose d'étrange qui nous habite du matin au soir et du soir au matin, soit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cette parabole ne parle pas du choix de nos vêtements, elle nous parle de tout ce qui nous touche au plus près. Là, tout contre notre peau, juste à l’extérieur de nous, toutes ces constructions virtuelles ratiocinées en prévision de ceci ou cela, qui, comme des pancartes routières, balisent le Réel de propositions irréelles. Ce besoin de tout baliser pour ne pas se perdre dans l’immensité de l’extérieur sature notre psyché au point d’en saturer aussi notre monde intérieur. 

Jésus nous exhorte à ne point faire tourner cette roue : « N'ayez point souci ».

Il nous informe qu’il n’est pas nécessaire de produire des images et que ce qui nous pousse à le faire est à comprendre et à ajuster.

Une chose est donc à chercher et à comprendre :

Pourquoi, du matin au soir et du soir au matin, nous soucions-nous de savoir de quoi nous allons nous revêtir ?

Il nous faut donc encore une fois nous observer et par nous-mêmes résoudre cette sorte d’énigme.

42. Christ est déjà en nous

Ses disciples lui disent :

Quel jour nous apparaîtras-tu, et quel jour te verrons-nous ?

Jésus dit :

Lorsque vous vous dépouillerez sans que vous ayez honte, que vous oserez vos vêtements et les déposerez à vos pieds à la manière des petits enfants, et que vous les piétinerez ! Alors vous serez les fils du Vivant, et vous n'aurez plus de crainte.

Textes en rapports

JYL 1:37

Ses disciples demandaient :
Quel sera le jour de ton apparition ?
Quel sera le jour de notre vision ?
Jésus répondit :
Le jour où vous serez nus
comme les enfants nouveau-nés
qui marchent sur leurs vêtements,
alors vous verrez le Fils du Vivant.
Pour vous, il n'y aura plus de crainte.

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Les pèlerins cherchent à savoir comment atteindre la Vérité, comment la voir et la comprendre. Jésus leur répond par une parabole qui fait écho à la précédente et la complète.

LOG 41 : N'ayez point souci, du matin au soir et du soir au matin, de ce que vous vous vêtirez !

Lorsque les pèlerins arrêteront de produire des projections fantasmagoriques d’eux-mêmes, ils se seront alors dépouillés des images qu’ils ont mises en place et qui trahissent la Vérité de leur Être. Les pèlerins doivent comprennent qu’ils ne sont pas leurs vêtements ni toutes ces identifications, qu’ils nourrissent 24h sur 24 à partir de la dualité qui habite encore leur mentale. Toutes ces images doivent être comprises, afin qu’elles ne soient plus attachées à l’Être. Elles ne doivent plus être que de simples paillassons qu’ils pourront fouler des pieds, pour pénétrer dans leur vraie demeure. Lorsqu’ils auront réalisé cela, ils seront comme des petits enfants, qui eux vivent dans la Vérité de leur Être sans souci du paraître.

N’ayant plus d’image d’eux-mêmes, il ne leur restera que la Vérité d’eux-mêmes. N’ayant plus d’évaluation d’eux-mêmes pour faire virtuellement face à leurs peurs, ils n’auront plus de crainte.

LOG 4 : Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un !

Mais ici, les pèlerins avaient posé une question :

LOG 42 : Quel jour nous apparaîtras-tu, et quel jour te verrons-nous ?

La réponse intégrée à la parabole ne pointe pas vers un Être de chair, un objet ou un lieu, elle pointe sur un résultat qui ne pourra s’incarner que si une action à réaliser et à faire est comprise correctement. Un nombre très important de Logion, exprime la nature de cette action à réaliser, de différentes façons, afin que la psyché du pèlerin finisse par décoder par elle-même de quoi il s’agit et que, faisant cela, le pèlerin devienne cela.

LOG 7 : Bienheureux est ce lion que l'homme mangera en sorte que le lion devienne homme. Mais maudit est l'homme que le lion mangera en sorte que le lion devienne homme !

Christ est donc déjà en eux-mêmes, et il ne se révélera dans sa nature la plus aboutie que s’ils y travaillent. Christ n’est donc pas un homme ou un pèlerin, Christ est la résultante de leur cheminement. Christ c’est eux-mêmes, au terme de leur croissance, s’ils croissent dans la bonne direction. Mais qu’ils croissent bien ou mal, Christ est de facto en eux, et ils sont tous Christ en devenir, s'ils montent en haut de la montagne. 

LOG 37 : Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher !

Arriver en haut, ils seront l’image Christ recherchée par le mental, il faudra peut-être alors qu'ils fassent un dernier pas, pour quitter l'image de la montagne et de Christ, afin de devenir UN.

43. Christ nous traverse sans filtre

Jésus dit :

Vous avez désiré bien des fois entendre ces paroles-ci que je vous dis, mais vous n'avez pas eu un autre de qui les entendre. Il viendra des jours où vous me chercherez, et où vous ne me trouverez pas.

Textes en rapports

Luc

17.22 Et il dit aux disciples: Des jours viendront où vous désirerez voir l'un des jours du Fils de l'homme, et vous ne le verrez point.

Commentaires

Voici encore une énigme qui va obliger le pèlerin à chercher. 

Si, lorsque le pèlerin entend les paroles, il n’y en a pas un autre de qui les entendre : alors, c’est qu’elles sont entendues par le pèlerin lui-même, directement en son esprit. Donc, par lui-même, pour lui-même. Christ serait cette inspiration, ce mystère, qui va s’exprimer en nous à la lecture des paraboles. Nous avons déjà évoqué ce mécanisme dans les commentaires du Logion 9[48].

Mais Christ nous met en garde :

LOG 43 : Il viendra des jours où vous me chercherez, et où vous ne me trouverez pas.

Aussitôt que le pèlerin va chercher Christ, son mental dualiste va reprendre le pouvoir et il va créer au moins deux images fantomatiques représentant un Christ imaginaire et un lieu potentiel où le placer. Faisant cela, il sera dans son imaginaire, dans le monde des images mortes et pas dans le Réel du Vivant. Christ ne pourra alors pas se manifester, car il serait décodé par les filtres du mental qui le mélangera avec les images produites.

Ce Logion nous informe sur la nature et sur la manière donc Christ insuffle ses paroles au pèlerin. Il met en garde le pèlerin de ne pas rationaliser ce qui lui arrive et surtout de ne pas chercher à le faire apparaître à tout prix en lui. Ce n'est pas le mental qui fait apparaître Christ, mais un Mystère que la graine posée dans la parabole va déployer. Jésus nous propose ici à travers cette parabole un nouveau lâcher-prise.

La parole de Christ apparaît au pèlerin sans effort, s'il a bien travaillé sa terre. Une terre qu'il doit travailler, afin qu’elle soit bonne à recevoir les graines que Jésus a semées en lui via sa parole. D’une certaine manière, l'équation Christ est introduite dans les dits de Jésus de manière subtile. Ces dits, sont des sortes de graines de Christ en devenir, afin que ; captant ces dits, le pèlerin les fasse grandir en lui, avec sa propre terre, pour ne faire en final qu’UN avec Christ.

LOG 9 : D’autres sont tombés sur la bonne terre et ceci a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu'à soixante par mesure, même cent vingt par mesure.

44. Laisser faire sans apports inutiles

Jésus dit :

Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées : ils ne sont point entrés et ils n'ont pas, non plus, laissé ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes !

Textes en rapports

Matthieu

23.13 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer.

Matthieu

10.16 Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes.

Luc

11.52 Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n'êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui le voulaient.

11.53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses,

11.54 lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche.

Luc

10.3 Partez; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

Commentaires

Il a été donné à l’homme les clés du royaume, mais elles ont été cachées par des individus qui ne désiraient pas qu’elles soient connues.

LOG 9 : D'autres sont tombés sur les épines qui ont étouffé la graine, et le ver les a mangés.

Jésus nous met en garde contre certaines personnes à travers une parabole qu’il va lui-même interpréter et qui est reportée dans trois des évangiles canoniques.

Matthieu

13:22 Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse.

Les pharisiens comme les scribes sont des producteurs d’images. Qu’elles soient de pierre ou bien écrites, elles vont venir filtrer les paroles en Vérité du Christ et les transformer en religion ou croyance. Ce qui aura pour effet de les figer dans des dogmes non Vivants. La parole de Jésus, elle, est Vivante et adaptée à chacun, c’est pour cela qu’elle peut et doit s’exprimer à travers le pèlerin, par lui et pour lui, elle ne peut pas être saisie et posée là comme quelque chose d’immuable pour tous. C’est un Mystère toujours neuf, c’est la Vie en mouvement, ce n’est pas une photo prise tel ou tel jour et qui devrait représenter les siècles passés, présents ou futurs. La statue de marbre d’apollon n’est pas Apollon. La carte n’est pas le Territoire. Nous ne sommes pas la Vérité de nos fantasmes, de nos identifications, de nos projections diverses, nous sommes le Vivant qui produit cela.

LOG 44 : Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées

En produisant des images de pierre dans les temples, ils n’ont pas permis au Mystère de les pénétrer eux-mêmes.

En diffusant leurs images dans des écrits, ils n’ont pas permis au Mystère de s’exprimer chez ceux à qui ils les ont transmis.

Le texte que vous lisez actuellement est une image que je produis à partir de ce que le Mystère qui m’habite exprime en moi. Il ne faut pas que vous considériez mon dit comme étant la Vérité. Mon dit présent, est juste comme une collection d'images qui, quel que soit le niveau que j’ai atteint dans ma montée vers le sommet de la montagne, exprime ce qui parle en moi ici et maintenant. En lisant tout ceci, soyez à l’écoute de votre propre Mystère intérieur et profitez de ce qu’il vous apporte pour affiner le Vivant qui vous habite. Rien ici n’est à apprendre par cœur, car ici rien n’est Vrai pour vous. Ce qui est Vrai c’est ce qui apparaîtra en vous lors de la lecture, ou ce qui apparaîtra en vous plus tard, lorsque vous aurez lâcher-prise et que la grâce du Mystère vous traversera.

Plus mon dit sera précis et explicatif, plus il sera dense, et plus il va figer le Mystère dans une boîte au contour bien dessiné. Une jolie boîte, qui n’aura en final plus de portes. Si vous vous projetez dans la boîte, vous risquez alors de ne pas pouvoir en sortir.

Plus la parole est ouverte, plus la graine qu'elle contient aura de chance de déployer le Mystère de sa croissance en vous, car la terre sera bien aérée.

LOG 44 : Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes !

Alors, soyez prudent en lisant des textes qui pourraient vous statufier. Faufilez-vous entre les images de pierre et laisser votre esprit s’envoler en haut de la montagne, afin qu’il exprime du mieux possible le Mystère qui nous habite. Restez dans le Vivant et prenez garde à ne pas vous retourner, de peur d’être transformé en statue de sel.

45. Seul le Vivant est Véridique

Jésus dit :

Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s'est point fortifié : on l'arrachera jusqu'à sa racine et il périra.

Commentaires

Si une idée trouve son origine dans des images erronées, alors elle ne pourra pas croître, car au départ elle ne s’appuie sur rien de Réel. 

LOG 37 : Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher ! "

Pour pouvoir croître, la graine doit être plantée dans la bonne terre et qu’elle-même soit porteuse de Vérité, c'est-à-dire que la graine soi Vivante et pas morte.

Seul ce qui est Vivant est Véridique et ne peut être Vivant que ce qui vient du Vivant et croit dans le Vivant. Tout ce qui est faux ne peut que finir par disparaître totalement.

46. Cultive ta terre

Jésus dit :

Celui qui a dans sa main on lui donnera. Mais celui qui n'a pas, le peu qu'il a lui sera enlevé !

Textes en rapports

Matthieu

13.12 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

Matthieu

25.29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

Marc

4.25 Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

Luc

8.18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir.

Luc

19.26 Je vous le dis, on donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

Commentaires

Celui qui a les outils en lui pour saisir ce qui se produira sera servi et le Mystère l’honorera. Par contre, celui qui n’a pas les outils va produire des images fausses et il se perdra de plus en plus.

Jésus exhorte une fois de plus le pèlerin sur la nécessité qu’il travaille sa terre, afin que la graine y pousse. S’il n’a pas une bonne terre en lui, pour saisir sa parole, alors il ne pourra rien retenir et il va perdre le peu qu’il a peut-être.

Si j’arrose une plante, mais que l’eau que je lui donne traverse la terre du pot sans s’arrêter, alors la plante va dépérir rapidement et le peu qu’elle avait pu grandir va lui aussi se flétrir et elle disparaîtra. 

LOG 45 : Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s'est point fortifié : on l'arrachera jusqu'à sa racine et il périra.

47. Soyez passants

Jésus dit :

Vous, soyez des passants !

Commentaires

Jésus indique au pèlerin une méthode pour ne pas produire d’images. Il lui conseille de ne pas figer les choses, mais au contraire de les laisser couler, d’être passant. C’est un nouveau type de lâcher-prise qui est proposé au pèlerin.

On retrouve ici une technique de méditation classique où il est conseillé de laisser passer les pensées qui nous traversent, à l’image des nuages qui passent dans le ciel. Bien sûr, l’image que je viens de donner fige l'esprit du Logion dans un exemple précis, donc je viens d’une certaine manière de le tuer pour vous. Jésus lui, propose en réalité quelque chose de Vivant, car il ne nous dit pas ce que nous devons laisser-passer. Non, ce qui est dit, c’est que c’est nous-mêmes qui devons être passants. Voilà qui renverse la logique dualiste : nuage-pensée. Ici, tout est alors passant, et étant passant, le pèlerin passe tout, lui-même inclus, il n’y a plus de dualité. Il ne fait plus une chose, il l’incarne, il est cette chose, il n'est plus une image de la chose, il est le Réel en action, la Vérité. Le pèlerin est la lumière qui produit et transporte l’image vers le lieu où elle va se figer, s'il n’y prête pas attention.

48. Le Fruit

Ses disciples lui dirent :

Qui es-tu, toi qui nous dis ces choses ?

Jésus dit :

Par les choses que je vous dis, ne reconnaissez-vous pas qui je suis ? Mais vous êtes, vous-mêmes, devenus pareils aux Juifs : ils aiment l'arbre et ils détestent son fruit, ils aiment le fruit et ils détestent l'arbre !

Commentaires

Jésus confirme que sa parole porte en elle les réponses aux questions que les pèlerins se posent. S’ils ne sont pas capables de l’entendre, c’est qu’ils sont encore dans la dualité et qu’ils fabriquent des images pour saisir ses propos, alors que lui leur répond directement et de manière Vivante.

 LOG 41 : N'ayez point souci, du matin au soir et du soir au matin, de ce que vous vous vêtirez !

Il leur a pourtant recommandé de ne pas perdre leur temps, en vaine palabre.

LOG 47 : Vous, soyez des passants !

Leurs terres ne sont pas encore suffisamment préparées, pour que la graine de sa parole puisse y pousser, qu'elle produise un arbre vigoureux, et qu’ils en tirent le bon fruit.

Ils sont comme des homes ivres qui ne comprennent rien.

LOG 33 : Je me suis tenu au milieu de l'univers et, dans la chair je me suis manifesté à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres, je n'en ai trouvé aucun assoiffé parmi eux. Et mon âme s'est affligée pour les enfants des hommes. Parce qu'ils sont des aveugles dans leur cœur et qu'ils ne voient pas, parce que vides ils sont venus au monde, et vides ils cherchent encore à sortir du monde ! Qu'il vienne cependant quelqu'un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront.

49. Ne produit pas d’image du mystère

Jésus dit :

Qui a blasphémé contre le Père on lui pardonnera, et qui a blasphémé contre le Fils, on lui pardonnera : mais celui qui a blasphémé contre l'Esprit Saint on ne lui pardonnera point, ni sur terre ni dans le ciel.

Textes en rapports

Matthieu

12.31 C'est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné.

12.32 Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.

Marc

3.28 Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu'ils auront proférés;

3.29 mais quiconque blasphémera contre le Saint Esprit n'obtiendra jamais de pardon: il est coupable d'un péché éternel.

Luc

12.10 Et quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais à celui qui blasphémera contre le Saint Esprit il ne sera point pardonné.

Commentaires

Jésus met le pèlerin en garde : il lui est possible de produire des images du père ou du fils. Mais, il ne lui est pas possible d’en faire du Mystère, car s’il en produit, alors il figera le mécanisme mystérieux qui permet la connexion au Royaume et il ne pourra plus recevoir les propos de Christ. Si le pèlerin fige l’Esprit saint à travers des images, alors l’Esprit saint ne sera plus Vivant en lui, car l’image produite réduira les capacités de l’Esprit Saint à une simple boîte sans portes. Mettre l’Esprit Saint dans une boîte, blasphémer contre lui, interdira à tout ce qui n’est pas dans la boîte d’interagir avec le pèlerin. De plus, si le pèlerin a construit une boîte remplie de vent, alors il coupera complètement la connexion avec le Père et il fermera la porte du Royaume.

LOG 41 : Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées : ils ne sont point entrés et ils n'ont pas, non plus, laissé ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes !"

50. Soit vigilant et logique

Jésus dit :

On ne récolte point de raisin sur les ronces, et l'on ne cueille point de figues sur l'épine blanche; elles ne donnent pas de fruit ! [...] l'homme bon tire de son grenier des choses bonnes, mais l'homme pervers tire de son grenier pervers - qui est dans son cœur - des mauvaises, et il en sème de mauvaises parce qu'il tire des mauvaises de l'outrance de son cœur.

Textes en rapports

JYL 1:45

Jésus disait :
On ne récolte pas des raisins sur des épines.
On ne cueille pas des figues sur des chardons,
Ils ne donnent pas de bons fruits.
L'homme bon, du secret de son cœur,
il produit de la bonté.
L'homme pervers, du secret de son cœur,
il produit de la perversité.
Ce qui s'exprime,
c'est ce qui déborde du cœur.

Matthieu

7.15 Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.

7.16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons?

7.17 Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.

7.18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.

7.19 Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.

7.20 C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

Matthieu

12.33 Ou dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l'arbre par le fruit.

12.34 Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l'êtes? Car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle.

12.35 L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l'homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.

12.36 Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront proférée.

12.37 Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.

Luc

6.43 Ce n'est pas un bon arbre qui porte du mauvais fruit, ni un mauvais arbre qui porte du bon fruit.

6.44 Car chaque arbre se connaît à son fruit. On ne cueille pas des figues sur des épines, et l'on ne vendange pas des raisins sur des ronces.

6.45 L'homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor; car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle.

Commentaires

Ce Logion débute par des propos de bon sens, d’ordres, de logiques que le mental peut capter. Le pèlerin se dira peut-être qu’effectivement il faut arrêter de rêver à des choses non réelles. La nature à des règles et des lois qui répondent du Vivant et pas des images mortes. On ne peut produire que ce que nous avons en nous et pas autre chose. Un chat ne donne pas des chiens. Il est impératif de respecter l’ordre naturel des choses.

S’il n’est pas possible de contredire les lois naturelles, Jésus nous met tout de même en garde sur le fait que notre terre, au sens propre comme au figuré, est capable de faire pousser tous types de graines.

LOG 25 : Il faut être vigilant face à l’univers.

Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre;

En effet, la loi naturelle qui s’applique, lorsque l’on plante une graine en terre, c’est qu’elle pousse. La terre, l’eau le Soleil, ne s’occupe pas de savoir si la graine est de ceci ou de cela et si elle a ou non le droit de pousser dans cette terre. Toutes ces lois naturelles sont régies par le principe de l’Amour inconditionnel. Le pèlerin doit donc faire un travail sur lui, par lui-même et pour lui-même, pour arracher la mauvaise herbe avant qu’elle n’envahisse sa terre.

LOG 45 : Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s'est point fortifié : on l'arrachera jusqu'à sa racine et il périra.

51. Grimpe et/ou disparaît

Jésus dit :

Depuis Adam jusqu'à Jean-Baptiste parmi ceux qui ont été engendrés de femmes il n'en est point de plus grand que Jean-Baptiste ! Mais, de crainte que ses yeux ne se perdent j'ai dit :

« Celui qui parmi vous sera petit connaîtra le Royaume et sera plus élevé que Jean ! »

Textes en rapports

Matthieu

11.11 Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.

Luc

7.28 Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'y en a point de plus grand que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.

7.29 Et tout le peuple qui l'a entendu et même les publicains ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean;

7.30 mais les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu.

Commentaires

Jean-Baptiste s’est élevé en haut de la montagne et il a atteint une altitude certainement importante. Mais, Jésus nous propose une nouvelle énigme. Il inverse les proportions, et il prétend que celui qui sera petit sera plus grand que Jean, qui était lui-même le plus grand de tous.

Pour résoudre ce type d’énigme, il faut ouvrir la porte au Mystère et arrêter de raisonner avec son mental, à partir du centre de son ego. Dans ce Logion, il y a plusieurs points de vue possibles qui sont cachés par un brouillage de genre, que le mental ne perçoit pas directement. Par exemple :

·         On ne sait pas quelle est la référence de grandeur de Jean : il est grand de quoi ?

·         On ne sait pas quelle est la référence de petitesse du pèlerin : il est petit de quoi ?

Jean est grand par la hauteur qu’il a atteinte en gravissant la montagne. Le pèlerin qui atteindra le sommet lui : deviendra invisible, pour les yeux des ceux qui sont restés à la base de la montagne. Et, effectivement, leurs yeux se perdront à essayer de le voir.

LOG 37 : Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher !

Lorsque le pèlerin aura atteint le sommet, tout le monde saura qu’il est plus élevé que Jean.

Jésus nous dit aussi que celui qui atteint le sommet n’est plus vraiment visible, mais ce qui n’est plus visible n’est pas forcément la chair du pèlerin. Ce peut être l’esprit qui l'habite qui est devenu UN avec Christ. Le pèlerin a fini de travailler sa terre. Il est donc aussi de ce point de vue devenu petit sans avoir besoin de montée sur la montagne.

Jean

5:36 Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les œuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé.

52. Soyez Vivant

Jésus dit :

Il n'est pas possible qu'un homme monte deux chevaux, ni qu'il tende deux arcs. Et il n'est pas possible qu'un domestique serve deux maîtres : sinon il honorera l'un et l'autre le rudoiera ! Jamais homme ne boit du vin vieux et ne désire au même instant boire du vin nouveau; on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, pour qu'elles ne se fendent point, et l'on ne verse pas du vin vieux dans des outres neuves, afin qu'il ne se gâte. On ne coud pas un vieux morceau a un vêtement neuf, car une déchirure se produirait.

Textes en rapports

Matthieu

6.24 Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.

 Matthieu

9.16 Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit; car elle emporterait une partie de l'habit, et la déchirure serait pire.

9.17 On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent.

Luc 16.13 Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.

Luc

5.36 Il leur dit aussi une parabole: Personne ne déchire d'un habit neuf un morceau pour le mettre à un vieil habit; car, il déchire l'habit neuf, et le morceau qu'il en a pris n'est pas assorti au vieux.

5.37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fait rompre les outres, il se répand, et les outres sont perdues;

5.38 mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.

5.39 Et personne, après avoir bu du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit: Le vieux est bon.

Commentaires

Arrêter de vivre dans le monde des images, car on ne peut pas être Vivant, si l’on est mort.[49]

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

53. Inversion au sommet

Jésus dit :

Si deux sont l'un avec l'autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne : " Déplace-toi ! " et elle se déplacera. "

Commentaires

Ce Logion renforce le précédent et réitère d’une autre manière la nécessité pour le pèlerin de sortir de la dualité mortifère qu’engendrent les images.

Le pèlerin doit se réunifier et atteindre un état de paix, une sorte de sommet en lui. Alors, il sera le maître de la montagne, et il habitera en son sommet. Le sommet est le lieu de réunion de l’ensemble de la surface de la montagne, les versants, nord, sud, est, et ouest, qui ne sont que des constructions mentales, permettent de saisir la montagne par le langage, au sommet ils ne font plus qu’UN, pour la vision et l'esprit du pèlerin. Il peut tout observer de là où il est maintenant. Il peut très simplement observer tous les détails qu’il désire, sans avoir besoin de se déplacer. C’est donc la montagne qui maintenant : se déplace par rapport à lui, il est au centre, à la pointe, il voit tout. La logique de vision est inversée, un individu qui se trouve à la base doit lui se déplacer pour connaître les différentes faces du mont. 

54. Qui sont-ils ces pèlerins

Jésus dit :

Bienheureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume ! Parce que vous êtes issus de lui, de nouveau vous y retournerez.

Commentaires

Les élus ce sont ceux qui auront été touchés d’une manière ou d’une autre par la grâce. Ils auront été projetés en dehors de leur train-train habituel, par la providence, la Vie.

Les élus ce sont ceux qui auront compris suffisamment la parole de Jésus, pour se mettre en route.

Les élus ce sont ceux chez qui existe un besoin de comprendre, un besoin de trouver la lumière. Ceux chez qui la parole de Christ a résonné et s’est reconnue dans un écho.

Les élus ce sont ceux chez qui l’écoute de la parole aura réveillé en eux le Mystère, afin qu’il les éclaire et leur montre la voie. 

Les élus ce sont ceux chez qui un Logion aura touché les profondeurs de leur âme.

Les élus ce sont ceux qui auront pris conscience de la manière dont Jésus transmet les clés du Royaume.

Les élus ce sont ceux-là qui auront du mal à partager avec les morts la parole qui les a traversés et qui les a éveillés à eux-mêmes. Ils iront, solitaires parmi les morts, à la recherche du Vivant en eux. Ils seront sur la voie, sur le chemin, solitaire, pèlerin en eux-mêmes, par eux-mêmes, pour eux-mêmes.

55.  Dieux en nous, par nous

Jésus dit :

Si les gens vous demandent : D'où êtes-vous venus ? - dites-leur :

Nous sommes venus de la Lumière, du lieu où la Lumière se produit d'elle-même jusqu'à ce qu'elle manifeste l'image.

Si l'on vous dit : qu’êtes-vous ? - dites :

Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père qui est vivant.

S'ils vous demandent : quel signe de votre Père est en vous?  - dites-leur :

C'est un mouvement et un repos

Commentaires

L’image, affichée sur l’écran de cinéma, a été véhiculée par la lumière du projecteur à partir de l’image présente sur la bobine du film. L’image que nous présente la télévision a été véhiculée par les ondes électromagnétiques, mais elle est issue d’une captation réalisée avec une caméra. Si l'on détaille la genèse de l’image sur l’écran de cinéma ou de notre téléviseur, on constate qu’elle se trouve en réalité dans un autre lieu, la pellicule. Ce que l’on voit à l’écran n’est qu’une simple copie agrandie ou diminuée de ce qui se trouve sur la pellicule. L’image sur la pellicule est elle-même issue d’une captation faite en studio de l’image qui nous est donnée de voir. Il y a donc une boucle, où ce qui a été capté est reproduit à nouveau sur l’écran. Il est d’ailleurs possible en pointant la caméra vers l’écran de produire une boucle folle qui apparaîtra à l’écran comme une superposition infinie d’images de plus en plus petite. C’est le même effet que lorsque nous nous plaçons entre deux miroirs. Cela nous renvoie à l’énigme paradoxale suivante : qui de l’œuf ou de la poule est né en premier.

Jésus dit que nous sommes venus de la Lumière, mais il précise que cette Lumière vient d’un endroit où elle se produit elle-même. Il supprime alors la possibilité qu’il existe, dans ce processus qui nous a produits, une boucle. L’image, ce qui s’incarne, est toujours le fruit d’une information qui a permis son apparition. D’ailleurs, le mot incarné[50] nous le dit : c’est le UN qui se fait chair. Et cette Lumière est la première Lumière, celle qui vient de l’Origine. Si nous remontons à cette Lumière, il n’y aura plus de boucle possible. De retour dans ce lieu originel, nous serons UN, sans aucune autre copie de nous-mêmes. L’image ce n’est pas nous, c’est juste la manifestation de ce que nous sommes en Vérité. Si nous voulons nous connaître vraiment, nous devons remonter vers le lieu de cette Lumière.

LOG 55 : …Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père qui est vivant.

La seule chose qui est Vivante ici, c’est ce qui produit l’image. Nous pouvons : soit nous considérer comme des éléments individualisés et vivre dans le monde des images mortes. Soit, remonter au lieu de la Lumière, afin de nous reconnaître dans l’image source qui est celle du Père. La seule image Vrai, celle de la Source Vivante. La copie, l’image, fils par nature, du Vivant primordial peut rejoindre le Père, devenir un élu et fusionner avec lui pour redevenir Vivant. Nous sommes tous les fils du Père en devenir. Celui qui a entendu la parole et qui remonte vers cette Lumière pour devenir UN est un élu.

LOG 55 : …quel signe de votre Père est en vous? … C'est un mouvement et un repos

Nous voici devant une énigme où le signe du Père qui est en nous est représenté par deux opposés. Ce qui alternativement dort et est éveillé c’est nous, dans notre corps de chair. Tout ce qui nous fait Être et nous maintient en Vie dans ce corps de chair, est basé sur la nécessité d’un mouvement, constitué par un inspire suivit d’un expire, eux-mêmes pris dans une boucle perpétuelle[51], d’inspire - expire. C'est une respiration universelle, qui s'exprime à plusieurs niveaux. Nous avons aussi quatre besoins vitaux minimum à honorer tout au long de notre vie : manger, boire, respirer et nous maintenir éveiller. Un cinquième besoin vital est caché en nous, il correspond à l’inspire / expire de notre cœur, que nous pouvons capter en écoutant tout simplement ses battements. Il y a aussi le besoin vital de la reproduction et le besoin vital de s’éveiller à soi-même, ce qui pour certains ne sont que des options qu’ils ne réaliseront peut-être jamais. Certains choisiront l’immortalité de la chair par la reproduction sexuée, et d’autres opteront pour l’immortalité tout court par l’éveil. D’autres encore réaliseront les deux options de leur Vivant. Nous sommes morts (au repos), tant que nous ne nous sommes pas éveillés, en mouvement (Vivant). Ces Logia sont là pour nous éveiller, pour nous mettre en mouvement, pour nous sortir de notre léthargie.

Celui qui est éveillé, ou même simplement élu devient un signe pour celui qui cherche.

LOG 3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

 

LOG 13 : Là où vous irez, vous vous rendrez vers Jacques le Juste, celui à cause duquel le ciel ainsi que la terre ont été créés.

Il deviendra un témoignage, pour celui qui comme lui est sur chemin, et en fonction de son avancement, il participera, à sa hauteur, à l’œuvre commune.

LOG 51 : Depuis Adam jusqu'à Jean Baptiste parmi ceux qui ont été engendrés de femmes il n'en est point de plus grand que Jean-Baptiste ! Mais, de crainte que ses yeux ne se perdent j'ai dit : « Celui qui parmi vous sera petit connaîtra le Royaume et sera plus élevé que Jean ! »

Pour illustrer mon propos concernant les besoins vitaux et mettre en lumière le cycle mouvement / repos qui les compose, voici un extrait du chapitre 4.3, tiré du tome 3 de la série d’ouvrages traitant des Structures mentales[52] de l’homme.

Les besoins vitaux s’inscrivent dans différentes logiques de Symétrie nécessaires à leur déploiement. Pour rappel, l’être humain, se déploie de sa première cellule à ici et maintenant, c’est un processus de croissance ininterrompue. L’humain se doit d’apporter à son corps, pour sa survie, un ensemble d’éléments. Il a des besoins vitaux à honorer pour survivre. Chacun de ces besoins vitaux est inscrit dans une cyclicité constante qui débute par une inspiration, et qui est suivie par une expiration... Ce mécanisme physique, non négociable, génère métaphoriquement des dualités fortes au niveau de l’esprit. L’ensemble de nos actions, basé sur des besoins, des désirs, est métaphoriquement transposable à ces besoins vitaux.


 

 

 

Besoin vital

 

 

État 1

Inspire

 

 

État 2

Expire

Se nourrir

manger

déféquer

S’hydrater

boire

uriner

S’oxygéner

inspirer

expirer

Être conscient

veiller

dormir

L’expression d’une action va pouvoir se réduire en « dernier lieu » à des actes simples et fondamentaux comme avoir, être, ou faire… ou métaphoriquement à une addition, ou à une soustraction, en rapport avec le corps. Si on réduit les sources des affects de l'humain aux trois couches classiques que sont le physique, l’émotionnel, et le mental, les rapports possibles de l’individu avec son environnement nous proposent une grille de décodage en douze cases, une dodécalogie. Cette grille nous permet de décoder l’ensemble de nos actions[53].

Mental

 

 

 

 

Émotionnel

 

 

 

 

Physique

 

 

 

 

Expression/besoins

Se nourrir

S’hydrater

S’oxygéner

Être conscient

 


 

Les quatre besoins vitaux ont pour Symétrie symbolique les quatre éléments :

Se nourrir

La Terre

S’hydrater

L’Eau

S’oxygéner

L’Air

Être conscient

Le Feu

Il existe bien évidemment d’autres besoins vitaux, comme se reproduire (avoir), ou assurer notre sécurité (être), ou être reconnu par le groupe (être), ou faire de l’exercice (avoir) …. La pyramide de Maslow, propose un ensemble de besoins vitaux hiérarchisés, présenté en couches. Mais en réduisant à l’essentiel, à l’Universel, nous trouvons ces quatre besoins énoncé plus haut.

56. Le chemin débute : Ici et Maintenant

Ses disciples lui dirent :

Quel jour le repos de ceux qui sont morts se produira-t-il, et quel jour sera-ce que le monde nouveau viendra ? 

Il leur a dit :

Ceci que vous attendez est survenu, et vous ne l'avez point reconnu.

Commentaires

Il n’y a pas besoin d’attendre quoi que ce soit pour entendre la parole et se mettre en chemin. Tout un chacun peut se mettre au travail dès maintenant. Nombreux sont ceux qui l’ont entendu et ont déjà parcouru le chemin. Certains sont en route, d’autres sont arrivés. Beaucoup sont à venir.

Celui qui pose cette question n’a pas entendu la Parole, il ne la pas comprise, car sinon : il serait lui-même un élu et cheminerait vers la source en travaillant à la connaissance de lui-même, par lui-même, pour lui-même, afin de rejoindre la Lumière. 

Celui qui est mort à la Vie, doit mourir à sa mort, avant que de mourir, pour redevenir Vivant. Il ne faut pas attendre un événement extérieur particulier, mais Vivre cela en soi, par soi-même, pour soi-même.

57.  La parole est Vivante : Ici et Maintenant

Ses disciples lui dirent :

Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et tous, ils se sont exprimés en toi.

Il leur a dit :

Vous avez délaissé celui qui est vivant en face de vous, et vous avez parlé des morts !

Commentaires

Seul, ce qui est ici et maintenant est Vivant, le reste n’est que souvenir et images mortes. Christ est là en face d’eux, capable de transmettre la Parole Vivante qui leur permettra d’exprimer le Mystère en eux, par eux, pour eux.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Rien ne peut égaler la Parole de fait, la parole dite en situation, la Parole Vivante, celle qui est donnée ici par Jésus fait Christ, Incarnation de la Lumière Source. Il ne faut pas, lorsque Jésus parle, comparer ces Paroles avec celle d’autres prophètes, car sinon, la Pure Parole de Christ, donnée ici et maintenant de manière Vivante, vas être souillée par d’autres Paroles qui ne sont plus que des images liées à d’autres faits qui sont morts. Si plusieurs images sont données au même moment, le mental va automatiquement faire une synthèse de ces paroles et la pureté originelle de chacune va être perdu dans une fade gadoue. C’est comme lorsque l’on utilise, pour faire sa peinture, la couleur directement à la sortie d’un tube, elle est pure et éclatante de luminosité. Si je la mélange à une autre couleur, elle-même éclatante de luminosité, je vais cependant l’affadir. Que dire du mélange simultané de vingt-quatre couleurs, je ne pourrais obtenir qu’un gris sale, sans aucune des couleurs visibles de l’arc-en-ciel[54].

58. Connais-toi toi-même

Ses disciples lui dirent :

La circoncision est-elle utile ou non ?

Il leur a dit :

Si elle était utile, c'est circoncis que leur Père les engendrerait de leur mère. Mais la véritable circoncision dans l'esprit donne tout le profit !

Commentaires

Jésus rappelle que nous arrivons complets et qu’il n’est pas nécessaire de modifier cette structure que nous sommes. Un enfant de sept jours est plus près de la Source qu’un vieillard qui cherche sa route.

LOG 4 : Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un !

Jésus, en répondant ainsi, confond les lois instaurées par les pharisiens et les scribes en affirmant qu’ils ont établi de fausses pratiques.

LOG 44 : Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées : ils ne sont point entrés et ils n'ont pas, non plus, laissé ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes !

Il précise que la véritable circoncision est celle qu’il faut réaliser en son esprit par l’application des préceptes de la Parole donnée. Connais-toi-toi-même et ajuste-toi de fait, ici et maintenant, en supprimant tout ce qui est faux en toi et te voile l’accès à la Source.

LOG 3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

59. Va pèlerin et soi simple

Jésus dit :

Bienheureux les pauvres, car le Royaume des cieux est à vous !

Textes en rapports

Matthieu

5.3 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!

Luc

6.20 Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous!

Commentaires

Avoir des richesses, c’est automatiquement avoir à les gérer et donc à devoir produire des projections, des images, pour les mettre en sécurités. Celui qui n’a rien, peut plus facilement s’occuper de ce qu’il possède de fait, c’est-à-dire juste lui-même. Le pèlerin ne possède bien souvent qu’un seul vêtement, son bâton, et lui-même. Il va là où la providence le porte et il accueille ce qui jaillit devant sa face.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Être pauvre en esprit, c’est aussi être simple dans ses analyses, c’est ne pas faire tournoyer son mental dans des joutes verbales incessantes, afin de faire briller le blason de son ego. C’est être capable de recevoir la Parole, sans avoir besoin de la comparer avec celle de vingt-quatre prophètes. C’est croire en la parole donnée directement en soi-même et être capable de la mettre en œuvre, sans perdre de temps en veines analyses destructives. Accueillir ce qui se présente, tout simplement.

60. Tout abandonner

Jésus dit :

Celui qui ne trahira pas son Père et sa mère ne pourra être mon disciple, et s'il ne hait point son frère et sa sœur et ne prend pas sa croix comme moi, il ne deviendra pas digne de moi !

Textes en rapports

Matthieu

10.37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi;

10.38 celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi.

Luc

14.26 Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple.

14.27 Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon disciple.

Commentaires

Nous sommes éduqués par nos parents, ce qui veut dire qu’ils nous ont communiqué leurs croyances et la tradition ayant cours dans le lieu où nous avons vu le jour. Inévitablement, lorsque le pèlerin va se retourner vers lui-même, il va abandonner, devant l’évidence des faits qu’il va vivre, devant sa face, une grande partie des enseignements reçus. La simple raison et la logique vont l’amener à se reconstruire à l’aune de ses prises de conscience. Se dirigeant vers la Source, avec l'aide de la Parole Vivante donnée, il va simplifier en lui et par lui-même les différentes logiques qui habitaient son esprit, pour ne garder que ce qui est Vrai. Il arrivera un jour, où il ne sera plus en phase avec l’éducation (la tradition) qui lui a été donnée, car cela ne peut être qu’une image figée. Il arrivera un autre jour, où, si ses parents ne sont pas des élus ayant parcouru eux-mêmes le chemin, il se détournera d’eux, car ils seront alors morts à la Vie dans laquelle marche le pèlerin.

Les parents voyant cela, s’ils n’entendent pas en eux la Parole donnée, resteront dans leur condition et ils crieront à la trahison du fils. Le pèlerin devra donc trahir l’enseignement de ses parents, pour être en Christ, car il lui faut rompre toutes ses chaînes, s’il veut être totalement libre et Vivant.

Le pèlerin devra aller jusqu’au bout du chemin et ne rien laisser en lui qui pourrait le lier à des images mortes. Il devra s’épurer, se connaître lui-même et en tirer tous les fruits. Ses frères et sœurs de sang, ou même d’humanités le détourneront de son chemin, mais il lui faudra être ferme et porter sa croix, jusqu’au jour de la délivrance.  

Le pèlerin ne reniera pas le monde, c’est le monde qui reniera le pèlerin. Le pèlerin lui n’aura de cesse que d’aider le monde à comprendre la parole de Jésus, pour que Christ résonne en eux.

LOG 15 : Lorsque vous jeûnerez, vous engendrerez pour vous-mêmes un péché; lorsque vous prierez, on vous condamnera, lorsque vous ferez l'aumône, vous accomplirez un mal pour vos esprits ! Quand vous pénétrerez en n'importe quelle contrée et que vous parcourrez les campagnes, lorsque l'on vous accueillera mangez ce que l'on mettra devant vous; ceux qui sont malades dans ces endroits, guérissez-les. Car ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera point, mais ce qui sort de votre bouche, c'est cela qui vous souillera !

 Ici, Jésus, appelle le pèlerin à un lâcher-prise au plus près de ses racines filiales. Il nous indique avec ce Logion un nouveau niveau de lâcher-prise, il nous montre la profondeur du travail à réaliser.

61. Cadavre : ressuscite à la Vie !

Jésus dit :

Celui qui a connu le monde est tombé dans un cadavre; et, celui qui est tombé dans un cadavre le monde n'est plus digne de lui !

Commentaires

Nous voici devant une figure de style où une mise en abîme nous est proposée. Les deux parties de la parabole se répondent, semblant former une boucle. Une boucle comme celle qui apparaît lorsque l’on se place entre deux miroirs mis face à face.

Celui qui a reconnu son état, en se connaissant lui-même, a pu constater à quel point il était mort à la Vie. Il était dans le monde et il ne vivait pas. Il était comme un cadavre, un zombie, il n‘était que le jouer des mécanismes qui l’animaient au quotidien, la plupart de ces mécanismes s'exprimaient à l’insu de son plein gré.

LOG 33 : Je me suis tenu au milieu de l'univers et, dans la chair je me suis manifesté à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres, je n'en ai trouvé aucun assoiffé parmi eux. Et mon âme s'est affligée pour les enfants des hommes. Parce qu'ils sont des aveugles dans leur cœur et qu'ils ne voient pas, parce que vides ils sont venus au monde, et vides ils cherchent encore à sortir du monde ! Qu'il vienne cependant quelqu'un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront.

Mais le pèlerin a entendu la Parole, l’a suivie et il est devenu Vivant en travaillant sur lui-même à sa déification. Lorsqu’il a pris conscience de son état cadavérique, il s’est éveillé à la Vie, il a ressuscité. Il a alors travaillé à se connaître et il a rejoint la Source de lui-même. Il ne fait maintenant plus qu’UN avec Christ. Il connaît, par sa chair même, l’odeur du cadavre qu’il était, il est dans la certitude de son état présent et passé, il le sait lui-même, par lui-même et pour lui-même. Mais, il est maintenant dans la Lumière et le monde qui est encore couvert de cadavre n’est plus digne de lui. Il a gravi la montagne et se trouve dans le Royaume. 

LOG 37 : Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher !

62. Prends ton temps

Jésus dit :

Le Royaume du Père est pareil à un homme qui a une semaille. La nuit, son ennemi est venu et a semé de l'ivraie par-dessus la semaille qui est bonne. Et cet homme n'a pas laissé qu'on arrache l'ivraie, " De crainte - leur a-t-il dit - qu'en allant ôter l'ivraie vous n'enleviez avec elle le froment. En effet, au jour de la moisson, les ivraies seront devenues reconnaissables : on les ôtera et on les brûlera ".

Textes en rapports

Matthieu

13.23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend; il porte du fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente.

13.24 Il leur proposa une autre parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ.

13.25 Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie parmi le blé, et s'en alla.

13.26 Lorsque l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi.

13.27 Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire: Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie?

13.28 Il leur répondit: C'est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent: Veux-tu que nous allions l'arracher?

13.29 Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé.

13.30 Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et, à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier.

Commentaires

Celui qui chemine vers sa source, vers la Source, se reconnaît de plus en plus. Au début de son cheminement, il manque de discernement et il lui est encore difficile de comprendre l’ensemble des mécanismes qui l’habitent et qui le tiennent prisonnier, il est mort à la Vraie Vie. Arrive un jour, où il prend conscience de ce qu’il est vraiment, le fruit est mûr, son travail sur lui-même a porté ces fruits. Parmi ces fruits, il y a celui du discernement qui s’est déployé en lui et qui lui a permis de connaître ce qui était bon pour lui. Il peut maintenant facilement reconnaître ce qui est mort de ce qui est Vivant. Il n’aura aucun mal à faire le tri entre l’ivraie et la bonne semaille. 

LOG 26 : Qu'il y ait au milieu de vous un homme avisé : lorsque le fruit est venu, en précipitation, sa faucille à la main il est allé et il l'a moissonné. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Savoir lâcher-prise, et ne pas vouloir aller trop vite en besogne. Chaque chose arrive en son juste temps, qui est celui de son terme. Il ne faut pas réagir trop précipitamment aux sollicitations incessantes de notre mental, qui ne supporte pas d’être en résonnance. Il est nécessaire d’avoir du recul sur les sollicitations du mental et de notre ego. L'expression populaire : il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de dire une bêtise pointe aussi vers cette recommandation. 

LOG 8 : L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer ; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

63. Vivre la Vie

Jésus dit :

Bienheureux l'homme qui a peiné : il a trouvé la Vie !

Textes en rapports

Matthieu

10.39 Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.

Luc

17.33 Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera.

Jean

12.25 Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.

Commentaires

Celui qui a vu sa peine a pu en prendre toute la mesure. Cette observation lui a été utile pour se parfaire, afin de circonscrire les erreurs qui en étaient la cause. Ce connaître soi-même, c’est aussi voir l’ensemble de ses modes de fonctionnements et observer l’impact qu’ils génèrent en termes d’émotionnel sur nôtre Être. Lorsque le Vie nous apporte des peines, il est bon de chercher la source réelle de ces peines, afin de les comprendre et de les ajuster du mieux possible à la situation Réelle du moment. Celui qui a cheminé a fini par décortiquer l’ensemble de ses mécanismes et il a trouvé le Royaume. Il est dans la Lumière et il n’a plus de peine, il y a juste la Vie qui s’écoule à travers lui. Il a bien plus que le fait d’avoir trouvé la Vie, car ce n’est pas comme si on trouvait un lieu ou un objet. Ici, il a trouvé qu’il était la Vie, et il est maintenant éternellement Vivant. Dans le bouddhisme c’est un Bienheureux[55]

64. Être Vivant de son vivant

Jésus dit :

Tournez vos regards vers le Vivant, tant que vous êtes vivants, afin que vous ne mouriez point, et cherchez à le voir !

Voyant un Samaritain qui porte un agneau et qui entre dans la Judée, Il questionna ses disciples au sujet de l'agneau, et ils lui ont répondu :  

Il le tuera et le mangera ! ",

Mais il leur a dit :

Il ne le mangera point encore vivant, mais seulement s'il le tue et que celui-ci devienne cadavre.

Ils lui dirent :

En nulle autre occasion il ne le blessera ! 

Il leur a dit :

Vous-mêmes, cherchez-vous donc un lieu de repos, afin que vous ne deveniez point des cadavres et que l'on ne vous mange point !

Commentaires

Jésus utilise encore le terme de cadavre, mais à travers des significations et des modes différents, transformant ainsi son propos en une nouvelle énigme. L’agneau ne pourra pas être mangé vivant et il sera donc à l’état de cadavre lorsqu’il sera ingurgité par le Samaritain. C’est le sens littéral, un être mort dans sa chair est un cadavre. Concernant les pèlerins, il n’est pas question qu’ils soient à l’état de cadavre comme l’agneau. Le mot cadavre est ici une métaphore qui indique qu’ils ne sont pas encore éveillés. Ils sont morts à la Vie. Ils ne sont pas capables de discerner le vrai du faux, ils sont dans la dualité. 

Jésus les exhorte à trouver un lieu du repos, afin de ne point devenir des cadavres. Ce lieu de repos n’est pas celui du sommeil ou de la sieste. Ce lieu de repos est la métaphore d’un état de l’Être, où les mécanismes qui habitent le pèlerin sont aux repos et ne peuvent plus métaphoriquement le manger, le perturber. Ce lieu est le Royaume où le pèlerin doit par sa pratique se rendre, pour ne faire qu’UN avec Christ.

Jésus leur a donné une piste pour trouver ce lieu, qui n’en est pas un, au début du Logion :

LOG 64 : Tournez vos regards vers le Vivant, tant que vous êtes vivants, afin que vous ne mouriez point, et cherchez à le voir !

Ici aussi, Jésus utilise le terme vivant dans deux assertions différentes. Il utilise le sens littéral du terme être vivant, qui vient en opposition au sens littéral du mot cadavre, et il utilise le mot Vivant qui est une métaphore qui veut dire être éveillé, vivant en dehors des images.  

Ici, le Vivant, est le principe Christ qui s’exprime par la Parole et les Actes de Jésus devant leurs faces. Ou encore, c'est le Mystère christique qui s’exprime en eux-mêmes, par eux-mêmes, pour eux-mêmes et qui leur apporte directement les réponses à leurs questionnements. Que ce soit à l’écoute de ses paraboles ou toutes autres situations inspirantes. Il faut qu’ils tournent leurs regards, donc qu’ils regardent en eux-mêmes. Qu’ils regardent en eux-mêmes ce qui est Vivant et qu’ils prennent conscience de tous ces mécanismes, qu’ils arrivent à se connaître eux-mêmes, par eux-mêmes, pour eux-mêmes. Cela doit être fait avant que d’être morts au sens littéral, afin qu’ils ne meurent point au sens métaphorique. C’est-à-dire qui faut qu’ils s’éveillent au Vivant, qu’ils deviennent UN avec le tout et donc qu’ils deviennent immortels de leur vivant. Le Tout ne peut pas disparaître, il est donc immortel.

65. Ouvert, transparent, non saisissable, passant

Jésus dit :

Deux se reposeront là sur un lit : l'un mourra, l'autre vivra.

Salomé dit :

Qui es-tu homme; de qui es-tu né, pour être monté sur mon lit et avoir mangé à ma table ?

Jésus lui dit :

Je suis celui qui a été créé de Son égal ; on m'a donné de ce qui est à mon Père.

Je suis ta disciple !

A cause de cela, je dis ceci :

Lorsqu'on deviendra ouvert, on sera plein de lumière; mais lorsqu'on se trouvera composé, on sera plein de ténèbres.

Commentaires

Celui qui se repose sur le lit est ici appelé « Celui ». Bien évidemment celui que l’on nomme Celui n’est pas son nom, ce n’est qu’une étiquette. Celui est fait de chair et n’est pas une vue de l’esprit que l’on nomme Celui.

Jésus décrit les problèmes posés par un regard, une pensée dualiste. Il y a pour le mental toujours ce qui est vu directement : le Réel et l’étiquette qui est posée dessus. Cette dissociation permet au mental de manipuler le monde grâce à la pensée et au langage. Bien entendu, seul le Vivant est vivant et Celui n’existe pas, il n’a jamais existé, c’est juste une référence utile pour communiquer. Malheureusement, avec le temps, ce simple outil de communication qu’est l’étiquette est devenu plus important que le Réel qu’elle désigne. Un Arbre est devenu un arbre et l’Arbre a fini par disparaître pour l’œil.

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

Jésus ne répond pas en donnant son nom, car alors il serait dans la dualité en fournissant une simple étiquette qui n’est pas lui. Il propose une énigme :

LOG 65 : Je suis celui qui a été créé de Son égal ; on m'a donné de ce qui est à mon Père.

Christ n’est pas une copie ou un élément particulier qui pourrait être dissocié. Il a été créé de lui-même, par lui-même, pour lui-même : Je suis celui qui a été créé de Son égal. Pour se créer, il a utilisé ce qui était là, présent ici et maintenant, à sa disposition, dans le cas de Christ : on m'a donné de ce qui est à mon Père.

Lorsque l’individualité sera brisée, que le pèlerin sera ouvert, il sera sans nom, et il sera alors insaisissable, plein de Lumière, invisible pour le mental qui ne sait pas discerner Lumière sur Lumière ! Par contre, aussitôt que l’on pourra le dissocier à nouveau, car étant constitué de parties, alors il redeviendra ténèbres, mort au Vivant.

S’ouvrir à l’autre procure un sentiment particulier et l’apparition d’un phénomène singulier. Étant ouvert à l’autre, sans barrière, en écoute, sans jugement ni commentaires intérieurs, l’interlocuteur va finir par s’écouler en nous. Ses propos vont aller contacter notre part de Christ en nous et des réponses peuvent alors surgir par notre bouche, en esprit, ou encore par diverses représentations. Cela, sans effort particulier, hors de la logique de notre mental. Le Mystère va s’exprimer ainsi, par une autre voie que celle de l’interlocuteur, qui n’est peut-être pas capable de faire silence en lui, pour contacter lui-même le Mystère qui l’habite.

LOG 47 : Vous, soyez des passants !

66. Faire confiance au mystère

Jésus dit :

Quand je dis mes mystères [] mystère ; quand ta main droite fera, que ta main gauche ignore qu'elle le fait.

Textes en rapports

Matthieu

6.3 Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,

6.4 afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

JYL1:62

Je révèle mes mystères à ceux qui se font capables.
Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite.

Commentaires

Tout ceci est de l’ordre du Mystère, et en aucun cas le mental ne peut raisonner le Mystère. La Parole donnée, en le pèlerin, par le pèlerin, pour le pèlerin, n’est pas une nouvelle divagation de son mental ou de son imaginaire. La réponse fuse en lui par toutes les formes possibles, sans préalable analytique. Un besoin est apparu dans son quotidien et une réponse, s’il a été attentif, lui a été donnée. Qu’il demande et il recevra ! Il ne faut pas essayer de raisonner le Mystère, il faut le laisser s’exprimer et être simplement attentif, car on ne sait pas à l’avance qu’elle sera la réponse donnée ni sa forme. Lâcher-prise et faire confiance, tout besoin sera d’une manière ou d’une autre honoré, que ce soit de la main gauche ou bien de la main droite.

67. Agis maintenant

Jésus dit :

Il y avait un homme riche qui avait beaucoup de biens. Il songea : " J'userai de mes biens afin d'ensemencer mon champ, de planter, de remplir mes greniers de récoltes, de sorte que le besoin ne me touche pas. " Telles étaient les choses qu'il pensait en son cœur. Mais, pendant cette nuit-là, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende

Textes en rapports

Luc

12.16 Et il leur dit cette parabole: Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté.

12.17 Et il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je? car je n'ai pas de place pour serrer ma récolte.

12.18 Voici, dit-il, ce que je ferai: j'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands, j'y amasserai toute ma récolte et tous mes biens;

12.19 et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi.

12.20 Mais Dieu lui dit: Insensé! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il?

12.21 Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu.

Commentaires

Cet homme a accumulé des richesses et il n’a toujours pas mis en place la solution de son salut. Il en est encore à rêvasser à ce qu’il fera demain. Demain n’existe pas, n’a jamais existé, n’existera jamais. Cet homme rêve au lieu de travailler, ici et maintenant, à son salut. Maintenant, il est mort dans sa chair et il ne peut plus cheminer vers le royaume.

LOG 26 : Qu'il y ait au milieu de vous un homme avisé : lorsque le fruit est venu, en précipitation, sa faucille à la main il est allé et il l'a moissonné. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Il ne faut pas remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même. « Demain, on rase gratis » nous dit le barbier…

On ne vit pas de ses rêves, mais de ses actes.

LOG 45 : Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s'est point fortifié : on l'arrachera jusqu'à sa racine et il périra.

68. Arrête d’accumuler

Jésus dit :

Un homme avait des hôtes. Lorsqu'il eut préparé le festin, il envoya son serviteur pour appeler ces hôtes. Celui-ci alla chez le premier et lui dit : " Mon maître t'invite ! "

Il répondit : " J'ai de l'argent à recevoir de marchands, ils viennent vers moi ce soir et j'irai pour leur donner des ordres. Je m'excuse pour le festin. "

Il alla chez un autre et lui dit : " Mon maître t'a invité. "

Il lui dit : " J'ai acheté une maison et l'on me demande une journée : je ne suis pas libre. "

Il alla vers un autre et lui dit : " Mon maître t'invite ! "

Il lui répondit : " Mon ami va se marier, et c’est moi qui ferai le festin. Je n'irai pas ; je m'excuse pour le festin ! "

Il alla vers un autre et il lui dit : " Mon maître t'invite ! "

Il lui dit : " J'ai acheté un champ, et je ne suis pas encore allé percevoir le fermage. Je ne viendrai pas ; je m'excuse pour le festin ! "

Le serviteur revint et dit à son maître : " Ceux que tu as invités au festin se sont excusés. "

Le maître dit à son serviteur : " Va dehors, dans les rues, et ceux que tu trouveras, amène-les pour qu'ils dînent. " Les acheteurs et les marchands n'entreront pas dans les lieux de mon Père.

Textes en rapports

Matthieu

22.1 Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en parabole, et il dit:

22.2 Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils.

22.3 Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces; mais ils ne voulurent pas venir.

22.4 Il envoya encore d'autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voici, j'ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces.

22.5 Mais, sans s'inquiéter de l'invitation, ils s'en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic;

22.6 et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent.

22.7 Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville.

22.8 Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes; mais les conviés n'en étaient pas dignes.

22.9 Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez.

22.10 Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives.

Luc

14.16 Et Jésus lui répondit: Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens.

14.17 À l'heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés: Venez, car tout est déjà prêt.

14.18 Mais tous unanimement se mirent à s'excuser. Le premier lui dit: J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir; excuse-moi, je te prie.

14.19 Un autre dit: J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais les essayer; excuse-moi, je te prie.

14.20 Un autre dit: Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller.

14.21 Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur: Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.

14.22 Le serviteur dit: Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place.

14.23 Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie.

14.24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.

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Nous sommes continuellement pris par nos charges et obligations, au point de ne pouvoir être attentifs aux signes que le destin et la providence placent sur notre route. Nous ne sommes plus libres et nous ne pouvons plus réagir au Vivant par le Vivant. Tout est programmé à l’avance, alors que nous ne sommes en réalité maîtres de rien. Nous sommes attachés, liés, à nos plannings qui nous formatent. Nous ne laissons plus de place à l’expression du Mystère, il semble alors s’éloigner de nous. Ceux qui vagabondent sont dans une disposition d’esprit leur permettant de répondre aux signes qui se présentent, ici et maintenant. Ils ne vivent pas dans le prévisible, le programmé, mais dans le mouvement incessant du Vivant.  

Un lâcher-prise est nécessaire, pour nous permettre de reprendre un peu d’air au quotidien. Nous n’avons pas forcément besoin de toutes ces choses qui nous encombrent.

LOG 67 : Il y avait un homme riche qui avait beaucoup de biens. Il songea : " J'userai de mes biens afin d'ensemencer mon champ, de planter, de remplir mes greniers de récoltes, de sorte que le besoin ne me touche pas. " Telles étaient les choses qu'il pensait en son cœur. Mais, pendant cette nuit-là, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende

Pour se retourner en soi-même, afin de se connaître, il faut être disponible. Si nous sommes surchargés de travail ou de contraintes, il ne sera pas possible de devenir un pèlerin, qui doit être disponible, présent dans le Vivant. 

Le maître qui invite ses amis et n’obtient pas de réponse est lui aussi pris par ses rêvasseries. Il est encore dans le désir de faire ceci ou cela selon sa propre volonté. Il n’obtient pas de réponse positive, car il n’a pas à compter sur les autres pour réaliser son travail de connaissance de lui-même. Il lui faut lâcher-prise et faire avec ce qui se présente et qui répondra par le Vivant à son besoin du moment.  

LOG 66 : Quand je dis mes mystères [] mystère ; quand ta main droite fera, que ta main gauche ignore qu'elle le fait.

69. C’est ta Vie, alors Vi la !

Il a dit :

Un personnage avait un vignoble qu'il avait donné à des cultivateurs pour qu'ils le travaillent et qu'il en reçoive d'eux le fruit. Il envoya son serviteur pour que les cultivateurs lui donnent le fruit du vignoble ; et ceux-ci s'emparèrent de son serviteur, le frappèrent et il s'en fallut de peu qu'ils ne le tuent. Le serviteur revint et le dit a son maître. Son maître songea : " Peut-être ne les a-t-il pas reconnus ? " Il envoya un autre serviteur : cet autre aussi, les cultivateurs le frappèrent. Alors, le maître envoya son fils ; il se dit : " Sans doute respecteront-ils mon enfant ? ", Mais, quand ils surent que celui-ci était l'héritier du vignoble, ces cultivateurs le saisirent et le tuèrent. Que celui qui a des oreilles entende.

Textes en rapports

Matthieu

21.33 Écoutez une autre parabole. Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, y creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays.

21.34 Lorsque le temps de la récolte fut arrivé, il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir le produit de sa vigne.

21.35 Les vignerons, s'étant saisis de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, et lapidèrent le troisième.

21.36 Il envoya encore d'autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers; et les vignerons les traitèrent de la même manière.

21.37 Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant: Ils auront du respect pour mon fils.

21.38 Mais, quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux: Voici l'héritier; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage.

21.39 Et ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent.

21.40 Maintenant, lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons?

21.41 Ils lui répondirent: Il fera périr misérablement ces misérables, et il affermera la vigne à d'autres vignerons, qui lui en donneront le produit au temps de la récolte.

Marc

12.1 Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays.

12.2 Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la vigne.

12.3 S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide.

12.4 Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l'outragèrent.

12.5 Il en envoya un troisième, qu'ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuèrent.

12.6 Il avait encore un fils bien-aimé; il l'envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils.

12.7 Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l'héritier; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous.

12.8 Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.

12.9 Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres.

Luc

20.9 Il se mit ensuite à dire au peuple cette parabole: Un homme planta une vigne, l'afferma à des vignerons, et quitta pour longtemps le pays.

20.10 Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour qu'ils lui donnent une part du produit de la vigne. Les vignerons le battirent, et le renvoyèrent à vide.

20.11 Il envoya encore un autre serviteur; ils le battirent, l'outragèrent, et le renvoyèrent à vide.

20.12 Il en envoya encore un troisième; ils le blessèrent, et le chassèrent.

20.13 Le maître de la vigne dit: Que ferai-je? J'enverrai mon fils bien-aimé; peut-être auront-ils pour lui du respect.

20.14 Mais, quand les vignerons le virent, ils raisonnèrent entre eux, et dirent: Voici l'héritier; tuons-le, afin que l'héritage soit à nous.

20.15 Et ils le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, que leur fera le maître de la vigne?

20.16 Il viendra, fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d'autres. Lorsqu'ils eurent entendu cela, ils dirent: À Dieu ne plaise!

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Personne ne peut faire faire ce travail de connaissance de soi à sa place. Cette transformation du jus de raisin en vin, la boisson des dieux, représente métaphoriquement la transformation de l’être brut, encore dans son jus, en Christ, celui qui est habité par le Saint-Esprit. Le pèlerin n’arrivera à rien et il mourra s’il ne fait pas lui-même, par lui-même et pour lui-même le chemin. Sa terre doit être labourée et préparée par lui-même, s’il veut en récolter les fruits. Il ne lui est pas possible de faire autrement. Tant qu’il délèguera, il ne connaîtra que la mort comme réponse, quelle que soit la méthode qu’il utilise.

LOG 9 : Voici ; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté, certains sont tombés sur la route : les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D'autres sont tombés sur le roc : ils n'ont point trouvé à s'enraciner dans la terre et n'ont point produit d'épis vers le haut. D'autres sont tombés sur les épines qui ont étouffé la graine, et le ver les a mangés. D'autres sont tombés sur la bonne terre et ceci a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu'à soixante par mesure, même cent vingt par mesure.

70. Retourne sur tes pas et regarde ce qui te fait peur

Jésus dit :

Qu'on me montre cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée ! C'est elle la pierre d'angle.

Textes en rapports

Matthieu

21.42 Jésus leur dit: N'avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle; C'est du Seigneur que cela est venu, Et c'est un prodige à nos yeux?

21.43 C'est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits.

Marc

12.10 N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle;

12.11 C'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue, Et c'est un prodige à nos yeux?

Luc

20.17 Mais, jetant les regards sur eux, Jésus dit: Que signifie donc ce qui est écrit: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle?

20.18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.

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Un travail d’introspection sur soi-même, de quelque nature qu’il soit, permet de prendre conscience que nous avons tendance à rejeter ce qui nous fait peur. Faisant cela, nous n’allons jamais à la source de nos problèmes. Nous tournons alors en rond continuellement et nous restons morts à nous-mêmes. Arrivé à un certain emplacement du chemin, on peut prendre conscience qu’il faut aller voir ce qui nous fait peur de plus près. Alors, on regarde ce que l’on rejetait habituellement, pour constater que cela contient le germe de notre problème. Nous avons enfin vu notre problème, le germe, en face, par nous-mêmes et pour nous-mêmes et cela va nous permettre d’avancer et d’être Vivant.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé !

71. Connais-toi, toi-même, par toi-même, pour toi-même

Jésus dit :

Celui qui connaît le Tout, quand il est privé de lui-même, il est privé de tout !

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Cette sentence, une fois redistribuée correctement, nous dit simplement que si nous sommes privés de la connaissance de nous-mêmes, nous sommes comme morts. Jésus exhorte une fois de plus le pèlerin à partir à la connaissance de lui-même, afin de redevenir Vivant et de le rejoindre en Christ.

LOG 3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

72. Toute peine est profitable

Jésus dit :

Bienheureux serez-vous lorsque l'on vous traira et que lion vous persécutera; mais ils ne trouveront pas de place dans le lieu tant qu'ils vous auront persécutés !

Textes en rapports

Matthieu

5.11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

Luc

6.22 Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu'on vous chassera, vous outragera, et qu'on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme!

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Au moment de la trahison, le pèlerin pourra en profiter pour tirer une compréhension profonde de la situation qu’il est en train de vivre. Il aura par le Vivant de lui-même accès au discernement du mécanisme qui a permis à cette situation délétère, pour lui, de se produire. Il pourra alors rectifier en lui les éléments qui en sont à l’origine. Il pourra ainsi éliminer les parties qu’il croyait utiles, mais qui en réalité étaient asphyxiantes. Le lion peut être une métaphore de nos pensées ratiocinantes.

LOG 70 : Qu'on me montre cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée ! C'est elle la pierre d'angle.

Jésus précise que les persécuteurs, réels ou virtuels, ne trouveront pas de place dans le lieu, c'est-à-dire en nous-mêmes, tant que nous ne les aurons pas intégrés. Si le pèlerin veut être ouvert et plein du tout, Vivant, il faudra qu’il accueille ces informations et qu’il les remette à leurs justes places. Le pardon est une des formes les plus puissantes de lâcher-prise. Tant que nous n’avons pas pardonné, nous ne sommes pas pleins. Nous entretenons contre nous-mêmes, une partie de nous-mêmes, que nous considérons comme morte à nous-mêmes, alors nous sommes nous-mêmes morts partiellement.  

LOG 3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

73. Soi fort, sur le chemin.

Jésus dit :

Bienheureux sont-ils, ceux que l'on a persécutés dans leur cœur. Ce sont ceux-là qui ont connu le Père ! Bienheureux ceux qui sont affamés, parce qu'ils se rassasieront le ventre à volonté !

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Ici Jésus monte d’un cran, notre capacité à lâcher-prise. Dans le Logion précédent, il n’était question que de trahison de tiers, là ce sont des problèmes liés à des êtres chers. Ce Logion précise de nouveau au pèlerin l’avantage qu’il y a à traverser des épreuves qui vont lui permettre de s’ajuster au mieux, en constatant par le Vivant, en sa chair, de manière concrète, ses points forts et ses points faibles. Il Vivra directement la persécution, ce ne seront pas des images d’Épinal.

Seul celui qui a vraiment soif, lorsqu’il porte un verre d’eau à sa bouche, connaît un soulagement Véridique. Le pèlerin doit rester maître de lui-même et profiter de tout ce que le Vivant lui apporte pour le rejoindre et ne faire qu’Un avec lui.

74. Collecte du Réel

Jésus dit :

Lorsqu'il vous reste de quoi partager, à vous, cela que vous possédez vous sauvera. Mais si vous ne pouvez partager, cela, que vous n'avez point en vous, cela vous tuera.

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Le pèlerin sur le chemin acquiert des connaissances premières, sur lui-même et sur le Vivant. Il se dirige vers la Lumière du Royaume. Plus il gravit la montagne et plus il reconnaît le faux pour ce qu’il est. Cette reconnaissance du faux, par lui-même est une capacité intrinsèque acquise définitivement. Il pourra donc, s’il est avancé sur le chemin, répandre à tout jamais la parole qui le sauvera. Si le pèlerin n’a pas entrepris le travail de reconnaissance de ce qu’il est, alors il ne pourra pas partager, transmettre, ce qu’il n’a pas révélé en lui, il sera alors avec les morts.

LOG 38 : Ce que tu entendras de ton oreille, et de l'autre oreille, proclame-le sur vos toits ! Car personne n'allume une lampe et ne la met sous le boisseau ou ne la met dans un endroit caché : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière.

75. Tu ne te retourneras pas

Jésus dit :

 Je []rai [ ] et personne ne pourra [].

Textes en rapports

JYL 1:71

Jésus disait :
Je renverserai cette maison et nul ne pourra la rebâtir.

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Le pèlerin qui chemine vers la source, par la connaissance qu’il acquiert de lui-même, jour après jour va se reconstruire, par lui-même et pour lui-même totalement. L’histoire qui était la sienne restera son histoire à jamais et il pourra toujours la conter. Par contre, la manière dont cette histoire s’est construite va être vue par lui-même, dans ses moindres détails. Le pèlerin va comprendre ce qui l’a poussé à agir de telle ou telle manière, dans telle ou telle situation. Il a maintenant la connaissance de ce qu’il est réellement. Il est Vivant, il a quitté le monde des morts. Il ne peut plus se laisser berner par le monde des images. Le pèlerin, s’il devait revivre les événements de sa vie à partir de sa nouvelle vision, agirait certainement d’une autre manière. Plus important encore, avec la nouvelle structure qui l’habite maintenant, et qui est le Véridique de lui-même, il est impossible que son histoire ancienne se répète, comme cela était peut-être le cas auparavant. Il a arrêté la grande majorité de ses mécanismes internes erronés, des mécanismes qui étaient contraires à la bonne marche de ses affaires. Il est toujours dans ce monde, mais il n’est plus de ce monde. Il lui est impossible de se rebâtir à partir de ses erreurs, car elles sont renversées, à tout jamais, par le travail que propose Jésus et qui l’a fait Christ.

76. Ne te disperse pas

On Lui dit :

Parle à mes frères pour qu'ils partagent avec moi les biens de mon Père !

Il lui a répondu :

Homme, qui m'a fait partageur ?

Il se retourna vers ses disciples et leur dit :

Que je ne sois point un partageur !

Textes en rapports

Luc

12.13 Quelqu'un dit à Jésus, du milieu de la foule: Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.

12.14 Jésus lui répondit: O homme, qui m'a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages?

12.15 Puis il leur dit: Gardez-vous avec soin de toute avarice; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance.

Commentaires

Partager c’est diviser. Christ ne divise pas, il rassemble.

LOG 12 : Aujourd'hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant ; et quand vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là, étant un, vous devenez deux ; et lorsque vous deviendrez deux qu'est-ce alors que vous ferez ?

La parabole si elle est lue rapidement peut choquer le pèlerin par son contenu apparent, et c’est bien ce que veut faire Jésus. Ce dit doit frapper la psyché de celui qui le lie afin que cela s’intègre à lui-même. Comment refuser d’aider cette personne qui vient demander justice ? Ayant été frappé par la nature de la réponse, le pèlerin cherchera la raison des propos de Jésus, afin d’être libéré lorsqu’il comprendra. Il n’y a pas de compromission possible, le travail n’est pas la séparation, le partage. Le travail c’est la réunification des biens du pèlerin pour ne faire qu’UN.

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

77. Travaille à ta libération, et libère tes frères

Jésus dit :

La moisson est grande, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le Seigneur pour qu'Il envoie des ouvriers à la moisson.

Textes en rapports

Matthieu

9.37 Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers.

9.38 Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.

Luc

10.2 Il leur dit: La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.

Commentaires

Il y a beaucoup d’âmes en peine au royaume des morts, mais peu d'entre elles travaillent à leur libération, afin de rejoindre le monde du Vivant. Travaille à ta libération pèlerin, afin que ton travail porte ses fruits et qu’il devienne un exemple Réel, en Vérité, pour les autres qui pourront alors eux-mêmes te rejoindre.

LOG 28 : Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille et ils se lèveront étant un !"

78. Soit persévérant

Il a dit :

Seigneur, beaucoup sont autour de l'ouverture, mais personne dans le puits !

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« La Vérité est au fond du puits », nous dit l’expression populaire. Beaucoup creusent ici et là sans jamais vraiment approfondir le travail. Ils produisent des ouvertures en eux-mêmes, des petits instants de Lumière, mais ils n’ont pas la foi qui leur permettrait de continuer le travail jusqu'à l’obtention du fruit. Il ne moissonne pas, car il ne laisse pas le blé pousser à son terme. Ils ne sont pas persévérant (perce et tu verras, perce-voir, nous dit la langue des oiseaux).

LOG 26 : Qu'il y ait au milieu de vous un homme avisé : lorsque le fruit est venu, en précipitation, sa faucille à la main il est allé et il l'a moissonné. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

La moisson arrive à son terme, ni avant ni après.

LOG 8 : L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer ; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

79. Tu es seul

Jésus dit :

Beaucoup se tiennent dehors à la porte, mais ce sont les solitaires seuls qui entreront dans la chambre nuptiale.

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Un accouplement dans la chambre nuptiale est l’affaire de deux entités, pas d’un groupe. À ce moment-là le deux deviendra UN. Mais ici, le deux ne fait qu’UN dès le départ, mais il ne le sait pas. Le solitaire va se trouver par lui-même, ils seront alors deux, cela qu’il était et celui qu’il est devenu. Il pourra alors définitivement devenir vraiment UN et devenant UN, il sera le Tout. Étant le Tout, il sera dans le Royaume, Lumière sur Lumière, pour enfin disparaître.

LOG 54 : Bienheureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume ! Parce que vous êtes issus de lui, de nouveau vous y retournerez.

Se connaître soi-même est l’affaire du pèlerin, pas de ses connaissances ou amis. Il doit, par lui-même, et pour lui-même apprendre à se connaître. C’est un travail solitaire, où il rencontrera certainement, sur le chemin qu’il a emprunté, des guides et des maîtres qui lui serviront simplement de poteaux indicateurs.

LOG 2 : Si ceux qui vous guident vous disent : " Voici, le Royaume est dans le ciel ! »

- alors les oiseaux du ciel y seront avant vous.

S'ils vous disent. " Il est dans la mer ! "

- alors, les poissons y seront avant vous.

Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est à l'extérieur de vous !

C’est seul et par lui-même que le pèlerin doit travailler à sa libération, afin d’entrer dans la chambre nuptiale. Il entrera seul dans le Royaume. Il sera Lumière sur Lumière, sans taches visibles, il se fondera alors dans l’Unité.

LOG 29 : Que celui qui a des oreilles entende ! Si une lumière existe à l'intérieur d'une créature lumineuse, alors elle illumine l'univers tout entier, et si elle n'illumine point, elle est une ténèbre.

80. Tout bien matériel est périssable

Jésus dit :

Le Royaume du Père est pareil à un homme négociant, qui a un fardeau et qui a trouvé une perle. Ce négociant est un sage : il a vendu le fardeau et s'est acheté la perle seule. Vous aussi, cherchez son trésor qui ne périt point, qui demeure, dans lequel la teigne ne pénètre pas pour ronger et que le ver ne détruit point.

Textes en rapports

Matthieu

13.45 Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de belles perles.

13.46 Il a trouvé une perle de grand prix; et il est allé vendre tout ce qu'il avait, et l'a achetée.

Matthieu

6.19 Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent;

6.20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.

6.21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

Matthieu

19.21 Jésus lui dit: Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.

Commentaires

Tout bien matériel est périssable. Ce qui est le plus précieux au monde, pour chacun d’entre nous, c’est nous-mêmes. Le pèlerin doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour se connaître lui-même, car cette connaissance va lui permettre de mettre fin à tous ses questionnements le concernant. Rien ne pourra alors venir le perturber, car il aura connaissance du tout, il sera en Paix et en Vérité. Il sera Vivant, car tout ce qui était faux en lui sera définitivement mort. La perle c’est une sorte de point, d’épicentre, c’est aussi une sphère, une forme équidistante par rapport à son centre, c'est quelque chose qui roule bien….   

81. Tu es Tout

Jésus dit :

Je suis la Lumière, celle qui est sur eux tous. Je suis le Tout, et le Tout est sorti de moi et Tout est revenu à moi. Fends le bois, je suis là, soulève la pierre et tu m'y trouveras !

Textes en rapports

Jean

8.12 Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

Commentaires

Il faut que le pèlerin se libère de lui-même et qu’il se fonde dans le tout qu’il est déjà de fait. Il est nécessaire qu’il retourne à la Source. Aussitôt que le pèlerin considère qu'il a des limites, il se chosifie, se divise. Nos sens nous apportent des perceptions qui de fait, nous procurent des limites qui vont honorer des formes. Cette forme première que nous conceptualisons par nos perceptions, c’est notre corps de chair. Mais à aucun moment, il n’y a un néant entre notre corps et notre environnement. Personne d’ailleurs n’a jamais vu où constater un néant. La limite que nous constatons est de type logique, pratique, conceptuel, elle est le fruit de choix conscients ou inconscients. Cette limite n’est qu’un choix réalisé par notre système cognitif, afin de lui permettre de saisir une portion du tout et de pouvoir la manipuler. Une fois cette portion du Tout isolée, nous allons lui donner une étiquette, pour l’uniformiser et donc la chosifier encore plus. C’est le processus de l’étiquetage qui nous habite de manière automatique et qui nous fait vivre dans une multiplicité de découpages plus ou moins extravagants. 

Si je regarde une pomme, je conceptualise que sa peau est sa limite et cela me permet de lui donner un emplacement, une forme et des caractéristiques. À aucun moment, en regardant la pomme, je ne conceptualiserais le pommier, alors que quelque temps auparavant, lorsque cette pomme était encore attachée à l’arbre, je conceptualisais un arbre avec des fruits, un pommier. Si je découpe la pomme en deux, je vais chosifier les pépins qui se trouvent à l’intérieur, la pomme vient de disparaître. Si je plante ces pépins dans une bonne terre, ils vont donner des pommiers. Les pépins ont maintenant disparu et je chosifie de nouveau des pommiers. Bien sûr, ces nouveaux pommiers que j’observe n’ont, dans mon esprit, aucun rapport avec le premier, alors qu’à aucun moment il n’y a eu une coupure, un néant. C’est de toute évidence, le même pommier qui vient simplement de continuer de croître à un autre endroit. Etc… Il en est de même pour nous. En fait, je suis simplement le déploiement d’un ovule et d’un spermatozoïde qui ne m’appartenaient pas vraiment… Je suis un morceau de ma mère et un morceau de mon père qui ont fusionné. Le résultat de cette fusion s’est reproduit par duplication[56] selon une alchimie qui m’échappe totalement. Mon mental – « mon Je », ne maîtrise absolument rien de tout ce mécanisme. Ce que mon mental – « mon Je », appelle mon corps s’est développé à partir de la nourriture que ce même corps à capté autour de lui. En fait, mon père, ma mère, mon grand-père, ma grand-mère… c’est déjà moi, avant que d’Être.

Tout ce qui m’entoure a permit à cette forme que je suis de croître et de prospérer. C’est le tout qui m’entoure qui a nourri par lui-même, pour moi-même, cette forme que je fais actuellement mienne… La science nous apprend que l’ensemble du corps se renouvelle constamment, à partir des nutriments absorbés et qu’un cycle complet de renouvellement du corps est d’environ sept ans. 

Où suis-je dans tout cela, rien n’est à moi… suis-je même né ?

LOG 12 : Aujourd'hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant ; et quand vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là, étant un, vous devenez deux ; et lorsque vous deviendrez deux qu'est-ce alors que vous ferez ?

Il apparaît que je ne sais pas vraiment qui je suis, car ce Je, que je pense être, n’est même pas au fait de sa propre création. Ce Je n’est qu’une étiquette qui a été mise sur quelque chose de bien différent, quelque chose qu’il me faut découvrir, pour que Deux devienne UN. Qui connaît vraiment les méandres de ses veines, le fonctionnement intime de son corps… Le pèlerin doit remonter en lui, apprendre à se connaître au plus près de lui-même, ainsi il remontera à la Source de lui-même. Une fois à la Source, il sera dans le Royaume, partout et nulle part, aussi bien dans ce verre de bière que dans cette pomme.

LOG 53 : Si deux sont l'un avec l'autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne : " Déplace-toi ! " et elle se déplacera. "

82. Cherche en Toi

Jésus dit :

Pourquoi êtes-vous sortis dans la campagne ?

Pour voir un roseau agité par le vent, pour voir un homme enveloppé de beaux atours ?

Ils sont chez les rois et chez vos notables, ceux qu'enveloppent de beaux atours, et ils ne connaissent pas la vérité !

Textes en rapports

Matthieu

11.7 Comme ils s'en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu'êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?

11.8 Mais, qu'êtes-vous allés voir? un homme vêtu d'habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois.

11.9 Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.

11.10 Car c'est celui dont il est écrit: Voici, j'envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.

Luc

7.24 Lorsque les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu'êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?

7.25 Mais, qu'êtes-vous allés voir? un homme vêtu d'habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits magnifiques, et qui vivent dans les délices, sont dans les maisons des rois.

7.26 Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.

7.27 C'est celui dont il est écrit: Voici, j'envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.

Commentaires

Le Royaume n’est pas à l’extérieur du pèlerin. Il ne lui est pas nécessaire pour le trouver de parcourir la campagne ou d’aller auprès des rois. Ce Royaume est en lui et celui qui s’expose extérieurement, en donnant des signes de Royauté ou de pouvoir, n’est qu’un attrape-mouche, un miroir aux alouettes. 

LOG 71 : Celui qui connaît le Tout, quand il est privé de lui-même, il est privé de tout !

Jésus nous a déjà mis en garde.

LOG 41 : Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées : ils ne sont point entrés et ils n'ont pas, non plus, laissé ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes !

83. Ne nourris pas ton mental

Dans la foule, une femme lui dit :

Bienheureux le ventre qui t'a porté et le sein qui t'a nourri !

Il lui a dit :

Bienheureux ceux qui ont entendu la parole du Père et qui la gardent ! En vérité, des jours viendront où vous direz :

" Heureux le ventre qui n'a point engendré et ces mamelles qui n'ont point allaité " !

Textes en rapports

Luc

11.27 Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t'a porté! heureuses les mamelles qui t'ont allaité!

11.28 Et il répondit: Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent!

Luc 

23.29 Car voici, des jours viendront où l'on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n'ont point enfanté, et les mamelles qui n'ont point allaité!

Commentaires

Un Bienheureux est une personne qui a atteint un niveau de Paix intérieure durable, stable. Ici le Bienheureux, c’est le pèlerin qui a entendu la parole et qui maintenant chemine vers la Source de lui-même. Il gravit la montagne et les choses fausses se raréfient autour de lui.

LOG 37 : Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher !

Le ventre c’est une métaphore du pèlerin en tant que corps et esprit. Un pèlerin heureux, qui ne produit plus de nouvelles images et qui ne nourrit plus celle qui pourrait apparaître. Il a atteint un nouvel état de lui-même, par lui-même, pour lui-même, une Paix intérieure, caractérisée par une mise sous silence de son mental. Il n’est plus dans le monde des morts, il est dans le monde Vivant.

84. Tourne-toi vers toi

Jésus dit :

Celui qui a connu le monde est tombé dans le corps; et celui qui est tombé dans le corps, le monde n'est pas digne de lui.

Commentaires

Si le pèlerin porte son regard à l’extérieur de lui, il voit le monde et cherche dans les images, les apparences que lui projette le monde. Il est dans le miroir aux alouettes. Celui qui est tombé dans le corps cherche en lui-même, il est alors dans la démarche demandé par la Parole donnée : connais-toi toi-même.

LOG 66 : Celui qui a connu le monde est tombé dans un cadavre; et, celui qui est tombé dans un cadavre le monde n'est plus digne de lui !

85. Soit Juste

Jésus dit :

Que celui qui s'est fait riche règne, et que celui qui a une force soit miséricordieux !

Commentaires

Il ne s’agit pas ici de richesse matérielle, mais d’une connaissance approfondie de soi-même qui va permettre au pèlerin de régner sur son Royaume. Il est le maître dans sa propre maison.

LOG 82 : Ils sont chez les rois et chez vos notables, ceux qu'enveloppent de beaux atours, et ils ne connaissent pas la vérité !

Celui qui règne sur lui-même, est Vivant et agit en Vérité, il a de fait une force en lui, car ses actions sont basées sur le Vivant, le Véridique, et pas sur des images qu’il a produites ou qu’on lui a projetées à la figure. Il voit le Vivant, le Véridique, mais aussi la mort de ceux qui ne sont que cadavre.

LOG 61 : Celui qui a connu le monde est tombé dans un cadavre; et, celui qui est tombé dans un cadavre le monde n'est plus digne de lui !

Il lui faut alors faire son possible pour venir en aide à ceux qui sont morts, afin qu’ils retournent à la Vie. Le pèlerin qui comprend toutes ces choses, et dont la force monte en lui doit être miséricordieux et doit savoir communiquer avec le monde.

LOG 33 : Je me suis tenu au milieu de l'univers et, dans la chair je me suis manifesté à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres, je n'en ai trouvé aucun assoiffé parmi eux. Et mon âme s'est affligée pour les enfants des hommes. Parce qu'ils sont des aveugles dans leur cœur et qu'ils ne voient pas, parce que vides ils sont venus au monde, et vides ils cherchent encore à sortir du monde ! Qu'il vienne cependant quelqu'un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront.

86. Médite la Parole donnée (les paraboles)

Jésus dit :

Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume.

Commentaires

Le pèlerin n’est pas physiquement près ou loin de Jésus. La question est de savoir si le pèlerin à l’entendement, en lui, de la Parole donnée à travers ces paraboles et les actes de Jésus. Il faut qu’il les digère, qu’il les médite. S’il entend en lui l’expression du Mystère, en réalisant ce qui lui est demandé : il va brûler en lui, par lui-même et pour lui-même, l’ensemble des images délétères qui l’habitaient et qui lui voilaient le Royaume. Si le pèlerin n’entend pas la Parole, alors il restera avec les morts et il ne s’éveillera pas en son Royaume. 

87. La parole du Père est en toi

Jésus dit :

Les images apparaissent à l'homme, mais la Lumière qui est en elles est cachée. Dans l'image de la Lumière du Père, elle se révélera, et son image sera voilée par sa Lumière.

Commentaires

La carte n’est pas le territoire. Une image ne sera jamais le Vivant, mais une image peut pointer vers le Vivant. Et pour qui sait regarder, qui sait faire parler les images, elle peut servir de poteau indicateur. Il y a un Mystère en nous qui nous permet d’accéder à une logique d’analyse non mentale. Certain l’appelle le haut mental, d’autre l’intuition, certain les petites cellules grises… une sorte de Saint-Esprit, d'esprit sain.

Au Logion 9 une explication a été donnée sur ce mécanisme :

 Une parabole, c’est une graine qui contient en elle une compréhension à paraître. Tout comme un fœtus humain ne donne pas une souris, une parabole contient une sorte de formule, de structure particulière, que l’esprit va pouvoir utiliser comme un aimant à idées, à souvenirs… elle n’est donc pas donnée au hasard, elle contient une charge particulière. Bien souvent, elle est utilisée pour provoquer une prise de conscience chez celui qui la reçoit. Paradoxalement, cette prise de conscience peut être souterraine chez le pèlerin… elle peut être donnée pour réajuster la structure mentale de celui qui la reçoit. La parabole est une sorte de catalyseur, qui va permettre l’émergence d’une compréhension. L’émergence sera plus ou moins « violente » en fonction de la structure mentale de celui chez qui elle va émerger. L’émergence, c’est une prise de conscience, c’est l’étincelle, c’est la lumière, c’est le Euréka[57].

Lorsque la prise de conscience arrive en nous, elle nous semble évidente, parfois surprenante. Dans la majorité des cas, elle va déployer en nous une énergie qui va nous électriser. Parfois, c’est une idée qui émerge, et certaines de ces idées ont révolutionné le monde. La puissance que peut avoir la Parole[58] qui émerge en nous est comme une Lumière qui va nous éclairer et qui balayera le questionnement qui a provoqué sa venue. C’est LA réponse attendue. Pour communiquer avec cette partie de nous capable de faire apparaître des réponses, il faut pouvoir faire silence. Pour pouvoir faire pleinement silence en soi, il est impératif d’apprivoiser son mental. Pour apprivoiser son mental, il est nécessaire de se connaître soi-même, afin de détricoter l’ensemble des mécanismes automatiques qui ont été mis en place dans notre psyché au fil de notre Vie. Le détricotage de ces mécanismes va passer par des techniques que le pèlerin découvrira au fur et à mesure qu’il se connaîtra mieux. Il lui faudra travailler différents niveaux de lâcher-prise.

LOG 63 : Bienheureux l'homme qui a peiné : il a trouvé la Vie !

Jésus, à travers un nombre très important de paraboles contenu dans cet évangile, fournit des pistes au pèlerin pour qu’il comprenne les différents niveaux de lâcher-prise qu’il doit explorer, pour se libérer de ses peurs et affects, enfin de trouver la Paix intérieure et le Royaume.

Cette Paix intérieure va lui permettre d’être zen comme l'on dit, et aussi d’utiliser sa psyché d’autres manières. Il y a une sorte de propriété de l’humain qui fait que lorsque son mental est saturé d’informations sur un thème donné et que le pèlerin est dans un questionnement actif[59], alors cela provoque la connexion avec ce haut mental et augmente la possibilité que ce processus naturel se déploie en lui. Néanmoins, dans cette logique, le mental n’a pas d’autre possibilité que de ratiociné sur sa recherche et d’attendre que la réponse arrive, si elle arrive, car ce n’est plus lui qui fait le travail. La solution à un questionnement, en pratiquant cette méthode non analytique, arrive donc de manière inattendue. Il faut que le pèlerin soit très attentif intérieurement et extérieurement, car le haut mental est un Mystère qui peut répondre en utilisant tout type ce support. Une réponse peut par exemple arrivée en écoutant une émission de radio, en lisant un magazine, en vous promenant dans une brocante… Tout ceci peut très vite devenir irrationnel pour certains, la plus grande vigilance est de rigueur, pour ne pas succomber à une forme de délire qui ferait voir des réponses partout et en tout.

Bien souvent, pour permettre au haut mental de produire une réponse, il faudra passer par une phase, une période, dite de lâcher-prise. 

Par exemple, un problème apparaît, qu’il faut résoudre. La première phase consiste à collecter le plus d’informations possible en provenance du Réel, c'est-à-dire du Vivant, plus simplement il vous faut collecter les faits.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Il ne faut pas à ce moment-là succomber au mental qui va automatiquement produire des images, des hypothèses, des rêvasseries, des délires. Il faut rester dans les faits, et passer par les sens, les perceptions, le concret.

LOG 22 : Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

C’est-à-dire qu’il faut par exemple se rendre sur place pour voir de vos yeux, entendre par vos oreilles, toucher avec vos mains, parcourir le chemin. Une fois que tout ceci a été fait, lâcher-prise, en allant, par exemple, boire un thé ou toute autre chose. Ne cherchez pas à trouver des solutions en produisant des processus analytiques. Logiquement, à un certain moment, des idées, des connexions vont se réaliser en vous et seront perçues à travers des pensées, des idées, des visions, ou toutes autres logiques internes ou externes.

Si vous êtes honnête avec vous-mêmes, vous pourrez constater, par vous-mêmes, que la solution qui vient d’apparaître en vous, pour vous-mêmes, n’est pas le fruit d’une analyse de votre mental qui n’a servi, dans cette logique, qu’à collecter l’information. C’est un autre centre cognitif qui a été utilisé, ce centre cognitif n’a pas traité les données de manière consciente et ne vous a pas demandé d’effort particulier. Attention, ce qui est communiqué par ce centre cognitif n’est pas forcément très complexe, cela peut être banal, voire très banal… c’est juste une réponse possible au problème en cours. Cela est très similaire, au classique problème du nom que l’on ne trouve pas, et plus on cherche analytiquement, moins on trouve. Il suffit d’arrêter de chercher et quelque temps plus tard, le nom cherché apparaît sans effort.

La méthode qu’a utilisée ce centre cognitif pour traiter les informations est un Mystère, que le mental ne peut pas percer facilement. La réponse a fusé dans votre esprit, sans crier gare en produisant une forme de Lumière métaphorique qui a balayé le problème. Plus le pèlerin sera dans le silence, plus il lui sera facile d’entendre ce qui arrive.

Alors : 

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

Ce qui peut être facilement constaté, c’est que les idées, visions, ou autres informations qui arrivent, sans la participation analytique du mental, dans notre conscience, sont toujours des réponses qui sont utilisables. Ce ne sont jamais des bêtises (en tout cas en ce qui me concerne). Ce centre cognitif n’est pas là pour générer de la rêvasserie, ou de l’imaginaire. Il est là pour faire de la Vérité, sous forme de solutions pratiques. Ce mécanisme n’est pas à confondre avec les ratiocinations du mental, ou les rêvasseries délétères engendrées par nos désirs égoïstes ou nos peurs, qui, elles, sont à réduire à zéro. Si les informations qui ont été captées au début du processus ne sont pas totalement fiables, alors lors de leurs mises en œuvre, de nouvelles apparitions préciseront la solution. Ce mécanisme va vers la solution, pas vers un faux résultat. Les solutions fournies, par ce Mystère en nous, vont au plus juste possible, en fonction de ce qui a été fourni dans la première phase de recherche. Cette Parole reçue, quelle que soit sa forme, est Vrai, en quelque sorte, c’est un fait, une solution réaliste, pas une interprétation, un pourquoi pas. 

Vous voulez faire un bricolage dans votre jardin, et après avoir regardé les différents éléments de votre bricolage, hop, une idée apparaît sans avoir été précédée d’une quelconque analyse. Vous mettez en œuvre l’idée reçue, car elle vous semble bonne. En réalisant le montage (par vous-mêmes), de nouvelles données, issues de vos actes (de vous-mêmes) sont produites, ce sont des faits. Si quelque chose coince, vous le constatez par vous-même. Alors, de nouvelles solutions peuvent émerger, pour parfaire votre travail, jusqu'à son point final. 

Tout ceci est vécu par chacun d’entre nous au quotidien, et tout le monde peut facilement le constater. Il n’y a rien de mystique dans tout ceci, c’est juste normalement ce qui s’exprime lorsque nous réalisons un bricolage[60] quelconque. À tout moment, des idées et commentaires intérieurs nous traversent, certains arrivent de manière asynchrone et ne sont pas issus d’une cogitation mentale. Parfois ce sont des pensées délétères, et parfois ce sont des aides pour notre quotidien. Il faut travailler sur la connaissance de nous-mêmes, pour pouvoir faire facilement le tri, dans toutes ses communications.

Constater que la solution qui apparaît (si vous avez suivi la méthode proposée) n’est pas le fruit de la cogitation de notre ego, ou de notre mental. Elle est autre ! Alors maintenant vous pouvez prendre conscience que ce n’est pas : JE qui a fait, c’est LUI. JE, n’a été qu’un scribe, qui a fait des commentaires. LUI, va proposer de mieux en mieux, si JE le laisse faire. Alors, il va falloir apprendre à lâcher-prise, à faire silence… afin que LUI puisse s’exprimer sans entrave. Pour que JE fasse silence, il faut que JE me connaisse moi-même, afin de réduire en moi tout ce qui est agité. LUI et JE, doivent devenir UN – Que JE s’efface et laisse LUI agir. C’est très simple en théorie, mais faire silence en soi est plus dur à obtenir qu’il n’y paraît et cela prend du temps, c’est un des fruits du connais-toi-toi-même.

88. Le trouble de la découverte

Jésus dit :

Maintenant, quand vous voyez votre apparence, vous vous réjouissez. Mais, lorsque vous verrez vos images qui se sont produites avant vous, qui ne meurent point et qui ne se manifestent point, quelle grandeur supporterez-vous ?

Commentaires

Avec le travail de connaissance de soi que réalise le pèlerin, il va petit à petit passer de ses apparences illusoires à ses réalités. Il va prendre de plus en plus conscience de la nature des mécanismes qui l’habitent et il va voir de plus en plus finement cette partie imaginaire de lui-même qu’il entretient inutilement. Une partie de lui-même, qui après sa découverte lui apparaîtra certainement comme délétère, et en action en lui-même depuis de très longues années.

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Il sera de plus en plus éveillé à la Réalité, arrivé à l’éveil, là où il ne peut plus mourir, il constatera ce qu’il a été avant que d’Être autre. Lors de l’éveil, il peut être vu que le moi JE, n’est qu’une chimère entretenue au quotidien à grand renfort d’énergie, pour qu’il ne disparaisse pas. C’est en cela que celui qui est encore dans cet état illusoire est métaphoriquement mort, car il n’existe qu’en rêve. Le personnage illusoire passe son temps à essayer de se grandir, de se maintenir, pour ne pas disparaître. Le Vivant en lui-même qui est apparu lui a permis de transcender ce personnage virtuel. Son travail sur lui-même lui a fait prendre conscience du rêve dans lequel il évolue et il a reconnecté l’ensemble de son Être qui est devenu UN, il est en Vérité.

89. Ce travail n’est pas contournable

Jésus dit :

Adam a été produit par une grande puissance et une grande richesse, mais il n'a pas été jugé digne de vous, car s'il avait été digne vous n'auriez pas été soumis à la mort.

Commentaires

Adam est le prototype de l’Homme, l’Homme originel. D’une certaine manière, nous sommes tous des Adam. Nous avons deux mains, deux pieds, une tête… comme lui. Qu’Adam ait existé ou non, qu’il soit mythique ou réel, nous sommes, de fait, tous construit sur un modèle morpho-physiologique similaire, dont le processus de création nous dépasse. Nous pouvons avoir des couleurs de peau différente, être plus ou moins grands… mais intrinsèquement nous sommes tous des humains. Nos histoires de vie sont en apparence toutes différentes, mais parfois aussi bien similaires. Il y a un de paradoxe dans le fait que nous sommes tous pareils et pourtant aussi tous différents. Jésus nous dit que même Adam a connu la mort. La mort de la chair certainement, mais surtout la mort au Saint-Esprit en lui. Ce travail de retour à la source est donc à réaliser par tous, il n’y a pas vraiment d’exception, car même le modèle s’est trouvé dans la nécessité de le réaliser.     

90. Cherche le vrai repos, sans béquille

Jésus dit :

Les renards ont des tanières et les oiseaux ont des nids; mais le Fils de l'Homme n'a pas de lieu où incliner sa tête et se reposer.

Textes en rapports

Matthieu

8.19 Un scribe s'approcha, et lui dit: Maître, je te suivrai partout où tu iras.

8.20 Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête.

Luc

9.57 Pendant qu'ils étaient en chemin, un homme lui dit: Seigneur, je te suivrai partout où tu iras.

9.58 Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l'homme n'a pas un lieu où il puisse reposer sa tête.

Commentaires

Les animaux ont leurs propres problèmes à résoudre, afin de mener leurs existences aux mieux de leurs intérêts. L’observation de la nature nous montre que les animaux respectent, en ce qui concerne leur mode de vie, des logiques qui leur sont propres. Ils ne semblent pas exprimer le besoin de réaliser des églises ni de bâtir des constructions qui pourrait être associées à un besoin de compréhension de leurs psychés. Leurs observations montrent au contraire qu’ils sont très pragmatiques. Leur psyché à l’air d’être en partie près structurée, de manière à pouvoir faire face à leurs besoins vitaux et immédiats. Certains parlent de mécanismes innés. Il est en réalité impossible de prétendre quoi que ce soit vis-à-vis des animaux. Je ne connais pas de témoignage de dialogue entre des humains et des animaux qui permettraient d’en savoir plus[61]. Par contre, il est certain que l’humain lui présente des troubles profonds en ce qui concerne sa psyché et l’usage de sa raison. Les travaux de personnage comme Freud, ou encore Jung ont mis en évidence la complexité de la psyché humaine. Un simple travail sur soi-même, par exemple une simple introspection va tout de suite mettre en évidence des dysfonctionnements. Chaque humain, à travers son parcours de Vie, qui lui est personnel, va construire des structures mentales complexes qui vont, à coup sûr, être en partie délétères, car non rationnelles. Tout humain traîne donc avec lui une part de malheur, qu’il entretient au quotidien croyant bien faire, et sur lequel il s’appuie comme on s’appuie sur une béquille. Malheureusement, ces béquilles construites au fil de nos existences, et que le pèlerin va découvrir le long de son cheminement ne sont pas des lieux où il doit incliner sa tête ou se reposer. Il doit au contraire se connaître lui-même, afin de faire disparaître de lui tous ces faux appuis qui, en réalité, l’entraînent jour après jour vers la mort. C’est un travail long et fastidieux, qu’il doit réaliser en lui-même, par lui-même et pour lui-même. Il doit, par son travail personnel, découvrir la présence de toutes ses béquilles et les réduire à leur juste nécessité. Il ne trouvera pas de repos avant d’avoir fait cela, car toute béquille encore présente en lui est un dysfonctionnement qui l’entraîne vers la mort. Il ne trouvera le repos qu’une fois arrivé dans le Royaume, qui est le seul lieu où il pourra enfin poser sa tête, mais arrivé là, il se pourrait bien qu’il n’est plus de tête.[62]

91. Lâche ton ego

Il a dit, lui, Jésus :

Le corps qui dépend d'un corps est un malheureux et l'âme qui dépend de ces deux est une malheureuse !

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Ici, Jésus réutilise dans sa parabole, le mot corps à plusieurs reprises, mais il est utilisé, une nouvelle foi, dans des contextes différents, afin de la transformer en une énigme.  

LOG 61 : Celui qui a connu le monde est tombé dans un cadavre; et, celui qui est tombé dans un cadavre le monde n'est plus digne de lui !

Le corps de chair est la partie physique de l’homme, ce corps peut être perçu comme la partie principale et honorée de diverses manières. Le plus souvent, l’individu va construire l’histoire du corps, il va lui donner un nom, l’habiller de riches vêtements, le doter d’attributs plus ou moins complexes en fonction de ses états de services. Plus tard, il ne voudra pas qu’il vieillisse et il fera tout pour retarder sa disparition. Il voudra tout naturellement conserver l’usufruit des différents attributs qu’il aura pu acquérir au fil des ans. L’individu se confondra rapidement avec cette énumération d’attributs qu’il a collectionnés, et qu’il sera de fait devenu. Il est par exemple médecin, s’appelle Antoine et il joue très bien du piano[63]… Il y aura alors deux corps, un corps de chair qui est présent ici et maintenant, qui est réel, en Vérité et un autre virtuel issu de cette construction mentale. Ce corps virtuel sera un amas d’images composites, constitué à partir des mémoires concernant l’individu qu’il voudra bien y mettre. Bien souvent, ce corps virtuel sera une idéalisation construite de bric et de broc au fil des années. Le maintien en état de ce corps virtuel, au fur et à mesure qu’il va se construire, va devenir de plus en plus complexe à gérer. D’instant en instant, le corps de chair, qui lui, est réel, se modifie et subit les altérations du temps. Le corps virtuel lui, doit continuer d'assumer la charge des attributs qui lui sont attachés. Bien évidemment, avec le temps, la concordance entre la réalité du corps de chair et l’aspect imaginaire du corps virtuel est presque impossible à maintenir. Et, vouloir à tout prix maintenir cette synchronisation oblige le pèlerin à faire des concessions délétères pour le corps de chair.

LOG 34 : Si la chair a été créée à cause de l'esprit, c'est un miracle. Mais si l'esprit a été créé à cause du corps, c'est un miracle de miracle. Mais moi, je m'émerveille [] comment cette grande richesse être qui est peut-elle habiter la pauvreté ?

L’âme, l’esprit, de la personne dont le corps virtuel est différent du corps de chair, doit en permanence trouver des biais pour maintenir cet improbable montage. Les proverbes nous disent : « on ne peut pas être et avoir été » ou encore « on a l’âge de ses artères ».

Le pèlerin devra rapidement se rendre compte qu’il est double en lui. Il faudra qu’il travaille sur la nécessité de ce corps virtuel en lui et il devra en définir les contours adéquats. Pourquoi entretenir un corps mort, n’ayant aucune existence réelle, alors qu’il possède un corps bien Vivant qui lui permet réellement de vivre ?

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

92. Il y a de l’aide sur le chemin

Jésus dit :

Les anges et les prophètes viennent vers vous ; ils vous donneront les choses qui vous appartiennent. Vous-mêmes, donnez-leur ce que vous possédez et dites-vous :

" Quel jour vont-ils venir et prendre ce qui est à eux ? "

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Les pèlerins avancés sur le chemin qui mène au royaume, que le pèlerin va rencontrer durant son propre cheminement, vont lui apporter une aide qui pointera inévitablement sur ce que le pèlerin cherche. Ce que le pèlerin cherche, d’autres l’ont déjà trouvé. Tout simplement parce que nous sommes tous des Adam et que ce cheminement conduit tous les pèlerins au même endroit.

LOG 89 : Adam a été produit par une grande puissance et une grande richesse, mais il n'a pas été jugé digne de vous, car s'il avait été digne vous n'auriez pas été soumis à la mort.

Tous les pèlerins convergent vers l’unique point haut de la montagne, même s’ils partent tous de leur base unique. Ils fusionneront au sommet, pour ne faire qu’UN. Ce que ces personnages vont apporter au pèlerin, ce sont des informations nouvelles qui l’aideront à faire le vide en lui. Il pourra alors plus facilement se débarrasser du superflu, du virtuel, qui le maintenait encore dans ses rêves. Le pèlerin sera grandement aidé par ces « autres lui-même » que sont ses compagnons qu’il rencontrera sur la route et qui l’élèveront. Le jour de la rencontre avec un maître, qui pourra aider le pèlerin à se découvrir, est un Mystère, mais le pèlerin peut en espérer la réalisation, car il sait que cette rencontre lui sera favorable. Alors cette rencontre sera mouvement et le pèlerin exprimera certainement ses défauts auprès du maître qui les captera et il aidera naturellement le pèlerin à les découvrir, par sa parole libérée, afin qu’il s’en libère lui-même.

93. C’est un tout

Jésus dit :

Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe et ne pensez-vous pas que celui qui a fait l'intérieur, c'est lui aussi qui a fait l'extérieur ?

Textes en rapports

Matthieu

23.25 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance.

 Luc

11.37 Pendant que Jésus parlait, un pharisien le pria de dîner chez lui. Il entra, et se mit à table.

11.38 Le pharisien vit avec étonnement qu'il ne s'était pas lavé avant le repas.

11.39 Mais le Seigneur lui dit: Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l'intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté.

11.40 Insensés! celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas fait aussi le dedans?

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La coupe, c’est la structure que l’individu a construite au fil du temps, comme un deuxième corps. Ce corps virtuel que nous avons entre aperçu au Logion 91.

LOG 91 : Le corps qui dépend d'un corps est un malheureux et l'âme qui dépend de ces deux est une malheureuse !

Nous ne pouvons exister pour le mental que si nous nous trouvons quelque part. Nous nous situons de fait dans un lieu. Le néant n’existe pas, c’est juste un concept. Nous passons notre temps à nous inscrire, consciemment ou inconsciemment, dans divers types de récipients virtuels ou non. Il nous faut donc en premier lieu, être quelque part, dans quelque chose, dans une situation. Une situation qui nous situe et en même temps qui nous tue. Une fois dans ce lieu, réel ou virtuel, nous ne nous y intéressons plus. La chose qui prend de l’importance alors, c’est le contenu du récipient, que nous venons de produire. Nous oublions le décor, qui est bien souvent faux, et nous déployons nos chimères dedans. Nous nous auto-encapsulons, et très souvent nous sommes dans un décor, de décor, de décor…

Je croyais qu’il habitait là et qu’il avait été hier au marché, alors j’ai pensé que c’était lui…

C’est un peu comme dans une pièce de théâtre ou très rapidement, nous oublions le décor en carton-pâte, qui sert aux comédiens à déployer l’imaginaire de l’auteur. Nous suivons le contenu de la pièce et sommes le jouet du décor qui nous dit : tu es dans une chambre, dans un parc… Nous passons ainsi le plus clair de notre temps dans des rêvasseries éveillées ou endormies, dans lesquelles nous déployons nos histoires. Est fait, nous sommes le plus clair de notre temps, totalement en dehors de la réalité. Nous sommes morts au Vivant. Le pèlerin doit dans un premier temps se connaître lui-même. Il va donc analyser ses différents types de contenus (d’activités), et il s’apercevra certainement avec le temps qu’ils apparaissent de manière répétitive sous des formes diverses. Dans un second temps, il va s’apercevoir que les décors[64], qu’il invente pour déployer sa folie douce, participent très activement à cette même folie. 

Lorsque le Pèlerin travaillera sa matière, il lui faudra être vigilant au type de contenant dans laquelle il la place, pour réaliser son ouvrage. Le vase est loin d’être un simple décor, il est bien souvent le maître d’orchestre. On ne boit pas un bon vin dans un pot de yaourt.

94. La méthode est simple

Jésus dit :

Venez à moi, car mon joug est excellent et mon autorité est douce, et vous trouverez pour vous le repos !

Textes en rapports

Matthieu

11.28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

11.29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

11.30 Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

Commentaires

Le pèlerin trouvera lui-même, par lui-même et pour lui-même le repos de son âme. Cependant, cela sera beaucoup plus simple à réaliser, s’il suit les recommandations qu’il va trouver à travers la Parole Vivante de Jésus. Rien ne lui est vraiment demandé en retour, il lui suffit de suivre les recommandations qui lui sont données, elles sont la Vérité. 

95. Regarde à l’intérieur de toi

Ils lui dirent :

Dis-nous qui tu es, afin que nous croyions en toi.

Il leur a dit :

Vous scrutez l'aspect du ciel et de la terre, mais Celui qui est par-devant vous, vous ne le connaissez pas et, cette conjoncture-ci, vous ne savez pas comment la scruter.

Textes en rapports

Matthieu

16.1 Les pharisiens et les sadducéens abordèrent Jésus et, pour l'éprouver, lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel.

16.2 Jésus leur répondit: Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin:

16.3 Il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps.

Jean

7.27 Cependant celui-ci, nous savons d'où il est; mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d'où il est.

7.28 Et Jésus, enseignant dans le temple, s'écria: Vous me connaissez, et vous savez d'où je suis! Je ne suis pas venu de moi-même: mais celui qui m'a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas.

7.29 Moi, je le connais; car je viens de lui, et c'est lui qui m'a envoyé.

7.30 Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue.

Jean

8.19 Ils lui dirent donc: Où est ton Père? Jésus répondit: Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père.

Commentaires

Encore une fois, ce Logion fait remarquer au pèlerin qu’il cherche dans la mauvaise direction. Le royaume n’est pas à l’extérieur de soi, dans les différents aspects des choses, dans le multiple. Mais, il est à l’intérieur de soi-même et il faut apprendre à se scruter, pour le découvrir.

96. Cherchez et vous trouverez

Jésus dit :

Cherchez et vous trouverez ! Mais les choses sur lesquelles vous m'avez interrogé en ces jours et que je ne vous ai point dites à ce moment, je veux maintenant les dire, et que vous ne les cherchiez plus.

Commentaires

Jésus affirme que si le pèlerin cherche, il trouvera. Mais, il nous dit aussi que si le pèlerin écoute ses propos, la Parole Vivante que véhiculent les paraboles, alors ils éveilleront en lui les réponses à ses questions.

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

97. Restez discret

Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens pour qu'ils ne le jettent point sur le fumier, et ne jetez pas les perles aux pourceaux de peur qu'ils n'en fassent de l'ordure.

Textes en rapports

Matthieu

7.6 Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent.

Commentaires

Tout le monde n’est pas prêt à entendre les récits des pèlerins. Personne n’a le même chemin de Vie, et pour quelqu’un qui est mort à la Vie, les découvertes que réalise le pèlerin peuvent venir le perturber profondément. S’il n’est pas prêt à entendre la Parole donnée, alors il est préférable de se taire.

Lorsque le pèlerin va reconnaître en lui, par son travail, les mécanismes délétères qui l’habitent, il va comprendre qu’il y a une guerre en lui. Pour simplifier mon propos, nous dirons que : d’un côté, il y a le corps virtuel et de l’autre, le corps Réel. Le corps virtuel, que maintiennent en vie le mental et l'ego ne doit pas mourir et ils vont tout mettre en œuvre pour qu'il continue d’exister. Une personne qui n’a jamais entendu la Parole et qui est totalement investie par le personnage virtuel fera tout pour ne pas disparaître, pour conserver cette apparence virtuelle, qu'elle pense être la bonne. Plus dérangeant encore, la connaissance de soi et la recherche de l'acte juste sont antinomiques avec la volonté de posséder un pouvoir sur les autres. Ce qui est recherché c’est la Source commune pour ne faire qu’UN, afin de trouver la réunification, la Paix et la Joie. La Parole est là pour libérer le pèlerin de toutes entraves et ainsi lui donner un énorme pouvoir sur lui-même. Tous les pouvoirs en place ont régulièrement lutté contre les différents mouvements ou individus qui ont cherché à diffuser cette Parole. UN individu libéré est le contraire d’un individu totalement intégré dans une société où il n’est qu’un pion sans initiative, et où il a totalement délégué son propre pouvoir à une élite. Il est mort au Vivant, un Vivant qu'il a délégué à d'autres morts. L’évangile de Thomas a d’ailleurs fait l’objet d’une mise à l’index et il devait être détruit. Nous pouvons le lire aujourd’hui que parce qu’il a été placé, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, dans une jarre et enterré pour le mettre en sécurité.  

98. Le mystère

Jésus dit :

Celui qui cherche trouvera, à celui qui voudra entrer, on ouvrira.

Commentaires

Il n’y a pas d’énigme ici, mais simplement un constat que tout pèlerin pourra vivre par lui-même, afin d’en avoir la confirmation. C’est un Mystère, qu’il vivra par lui-même s’il chemine suffisamment.

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

99. Donnez sans attente de retour

Jésus dit :

Si vous avez de l'argent, ne le donnez pas à intérêt, mais à celui qui ne donnera rien en retour.

Commentaires

Jésus nous propose ici un exercice de lâcher-prise qui doit devenir une pratique de Vie pour le pèlerin. Le don inconditionnel est une bonne méthode pour se libérer des liens qui nous enchaînent au quotidien. Si le pèlerin attend quelque chose en retour de son action, quelle qu’elle soit, alors il est lié par cette attente et il reste dans le temporel, il reste prisonnier du passé. Cette attente va lui provoquer inévitablement des ratiocinations et des soucis qui vont perturber sa Paix intérieure. S’il donne sans compter ni attendre, en retour le pèlerin reste totalement libre. Cela ne veut pas dire que le pèlerin doit donner tous ses biens à la première personne qui passe, mais que, s’il donne, il ne doit rien attendre en retour.

Si le pèlerin attend en retour, voire demande des intérêts, alors celui qui va attendre en lui, c’est le personnage virtuel que cette attente nourrit. Or, le pèlerin ne veut surtout pas nourrir ce personnage virtuel, car il sait qu’il participe à la mise en mouvement des mécanismes délétères qu’il désire voir disparaître. 

100. Cultive ta terre

Jésus dit :

Le Royaume du Père est pareil à une femme qui a mis un peu de levain dans des mesures de farine et qui en a fait de grands pains. Que celui qui a des oreilles entende !

Textes en rapports

Matthieu

13.33 Il leur dit cette autre parabole: Le royaume des cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée.

Luc

13.20 Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu?

13.21 Il est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte.

Commentaires

La Parole est comme une graine, c’est un principe qui se déploie en fonction de la pâte (la terre) dans laquelle elle est plantée.  

LOG 9 : Voici ; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté, certains sont tombés sur la route : les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D'autres sont tombés sur le roc : ils n'ont point trouvé à s'enraciner dans la terre et n'ont point produit d'épis vers le haut. D'autres sont tombés sur les épines qui ont étouffé la graine, et le ver les a mangés. D'autres sont tombés sur la bonne terre et ceci a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu'à soixante par mesure, même cent vingt par mesure.

Si la graine est plantée dans une bonne terre alors elle donnera du fruit.

Ici, le pain est une métaphore du fruit. Pour faire du pain, on mélange de la farine et de l’eau, mais pour que le pain gonfle, nous devons aussi lui ajouter une levure qui va l’aérer et le faire gonfler. Cette levure a été placée dans le mélange à un certain moment. Peut-être est-elle venue là spontanément, mais pour assurer le processus de fabrication du pain on force sa présence avec le levain. La levure se multiplie dans la pâte et il est possible d’utiliser une portion de la pâte qui a été inoculée, pour ensemencer une pâte neutre. Cette pâte ensemencée s’appelle le levain. Le levain ici est donc une portion de la pâte que l’on soustrait pour pouvoir ensemencer une pâte neuve. Lorsque la pâte neuve commence à lever, on en soustrait de nouveau une portion (le levain) qui servira pour le prochain pain, etc. Le levain c’est comme la graine trouvée dans le fruit qui a redonné l’arbre. Le Royaume du Père c’est le principe de Vie, qui préexiste et se perpétue de génération en génération, formant ainsi ce Royaume.

Le pèlerin ne cherche pas un objet, il cherche à rejoindre le principe de Vie, dans sa Vérité la plus Juste. Il doit se rendre compte qu’il est lui-même le principe et exprimer de tout son être la Vie, le Réel, Le Vivant dans sa plénitude. Alors, tout lui sera donné de fait en abondance, car il est l’abondance. Il est le levain et il doit donner du fruit.

101. Fais le vide en toi

Jésus dit :

Le Royaume du Père est pareil à une femme qui porte un vase plein de farine et qui s'en va par un long chemin. L'anse du vase s'est brisée : la farine s'est répandue derrière elle sur le chemin sans qu'elle le sache et sans qu'elle y remédie. Lorsqu'elle est arrivée à sa maison, elle a posé le vase et elle a trouvé qu'il était vide.

Commentaires

La Vie est faite d’événements qui parfois sont gais et parfois son tristes. C’est la dualité qui nous habite qui nous fait appréhender les choses, en les colorant de nos émotions. Ici, la farine qui tombe du vase n’est pas un malheur pour la femme, au contraire c’est une bénédiction pour l’inconscient du pèlerin qui va se vider de ses scories. Le pèlerin qui chemine va apprendre sur lui-même et il va lâcher, au fil du chemin, toutes les « farines » qui encombrent son vase (lui-même) et qui lui cachent la Lumière. Pour l’homme, la femme c’est sa partie inconsciente, certains diront sa partie féminine, qui conserve en elle toutes ses facettes de lui-même. Arrivé au terme du chemin, son vase sera vide et il sera arrivé au Royaume. Le pèlerin aura coupé ce grand personnage, il aura fait tomber de lui toute les images qui lui collent à la peau. Ce travail va se faire tranquillement, durant son cheminement, vers le haut de la montagne.

LOG 102 : Le Royaume du Père est pareil à un homme qui veut tuer un grand personnage. Dans sa maison, il a dégainé l'épée et il l'a plantée dans le mur pour s'assurer que sa main serait ferme. Ensuite il a tué le personnage.

Physiquement, le vase est tenu droit, vertical. Il indique une direction, la porte d’entrée se trouvant en hauteur. C’est une anse du vase qui est brisé et qui provoque la fuite de la farine. En toute logique, que l’anse soit brisée ne doit pas avoir d’impact sur le contenu du vase. L’anse, c’est l’anneau, la chose qui lie l'objet à l'humain, c’est la poignée qui permet à l’empan de la main de tenir un objet plus grand qu’elle. Si le Vase est du type vase à deux anses, alors deux est devenu UN.

102. Deux devient UN

Le Royaume du Père est pareil à un homme qui veut tuer un grand personnage. Dans sa maison, il a dégainé l'épée et il l'a plantée dans le mur pour s'assurer que sa main serait ferme. Ensuite il a tué le personnage.

Commentaires

Ici le pèlerin, qui cherche le Royaume du Père apprend qu’il y a en lui-même un grand personnage. Alors, en lui-même, il va devoir par lui-même et pour lui-même supprimer de lui-même ce grand personnage. La métaphore propose que cet acte soit une coupure d’une partie de lui-même. Mais, ceci ne peut être réalisé que si le pèlerin travaille à la bonne préparation de cette opération. Il faut que le pèlerin se connaisse bien, avant de pouvoir faire cet acte chirurgical, par lui-même, en lui-même.

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

Ce grand personnage, c’est le personnage virtuel que notre « moi JE » construis à longueur de temps et qui fige le Réel, le Vivant, sous la forme d’images. Ce personnage c’est le « moi JE ».

Il ne s’agit pas de couper une partie de notre corps avec une épée, il s’agit d’une métaphore. L’épée va être la méthode que le pèlerin va utiliser pour reconnaître en lui la présence de sa partie virtuelle et la profondeur de son emprise délétère… Une fois reconnue, il y a de fortes chances pour que la suppression de cette partie délétère se fasse naturellement. Les méthodes pour réaliser ceci sont nombreuses, quelques-unes sont données dans cet évangile.

103. Ce n’est pas une affaire de famille

Les disciples lui dirent :

Tes frères et ta mère sont là dehors.

Il leur a dit :

Vous et ceux qui font la volonté de mon Père, ce sont là mes frères et ma mère; ce sont eux qui entreront dans le Royaume de mon Père.

Textes en rapports

Matthieu

12.46 Comme Jésus s'adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler.

12.47 Quelqu'un lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler.

12.48 Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait: Qui est ma mère, et qui sont mes frères?

12.49 Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères.

12.50 Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.

Marc

3.31 Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l'envoyèrent appeler.

3.32 La foule était assise autour de lui, et on lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent.

3.33 Et il répondit: Qui est ma mère, et qui sont mes frères?

3.34 Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères.

3.35 Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère.

Luc

8.19 La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l'aborder, à cause de la foule.

8.20 On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir.

8.21 Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

Commentaires

Une fois de plus, des mots sont utilisés avec des sens différents, afin de surprendre le pèlerin et de l’amener à méditer la parabole. Il y a les frères de sang et les frères en humanité, tout comme il y a sa mère de sang et la Mère universelle. Il y a aussi un jeu de situation : le frère et la mère de Jésus se trouvant dehors cela génère automatiquement pour l’esprit le présupposé qu’ils désirent entrer. Jésus substitue ce présupposé « ils désirent entrer pour rejoindre le groupe », en un autre présupposé inattendu.  

Pour trouver le Royaume du Père, il ne s’agit pas de faire partie d’une famille ou d’un club, mais il faut entendre la Parole, adhérer à une démarche. Ceux qui suivront la Parole et la démarche deviendront UN. La démarche est exprimée dans une multitude de Logion : connais-toi toi-même.

104. Jésus sert de modèle

On montra à Jésus une pièce d'or et on lui dit :

Les gens qui appartiennent à César nous demandent les taxes.

Il leur a dit :

Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et, ce qui est à moi, donnez-le-moi !

Textes en rapports

Matthieu

22.18 Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit: Pourquoi me tentez-vous, hypocrites?

22.19 Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier.

22.20 Il leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription?

22.21 De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Marc

12.14 Et ils vinrent lui dire: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t'inquiètes de personne; car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer, ou ne pas payer?

12.15 Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit: Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier, afin que je le voie.

12.16 Ils en apportèrent un; et Jésus leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils.

12.17 Alors il leur dit: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l'étonnement.

Luc

20.22 Nous est-il permis, ou non, de payer le tribut à César?

20.23 Jésus, apercevant leur ruse, leur répondit: Montrez-moi un denier.

20.24 De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription? De César, répondirent-ils.

20.25 Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

20.26 Ils ne purent rien reprendre dans ses paroles devant le peuple; mais, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.

Commentaires

Jésus exhorte les pèlerins à trouver en eux la partie commune qui les relie tous. Il faut que le pèlerin écoute la parole et la reconnaisse en lui. Bien sûr, cela devra passer par un travail sur lui-même, afin que le pèlerin reconnaisse en lui, par lui-même et pour lui-même les informations nécessaires à son élévation.  

LOG 3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

105. Soit dans la réalité

Celui qui n'a pas comme moi haï son Père et sa mère ne pourra être mon disciple, et celui qui a comme moi aimé son Père et sa mère ne pourra être mon disciple. Ma mère, en effet a [] parce qu'en vérité elle m'a donné la vie.

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Ce Logion ressemble au Logion 60, sauf qu’ici Jésus nous en propose une nouvelle version qui se transforme en énigme. La sentence est composée de deux propositions identiques, mais qui sont formulées de manière à sembler opposées.

Log 60 : Celui qui ne trahira pas son Père et sa mère ne pourra être mon disciple, et s'il ne hait point son frère et sa sœur et ne prend pas sa croix comme moi, il ne deviendra pas digne de moi !

Pour être son disciple, le pèlerin doit comme lui :

1.      haïr son père et sa mère

2.      ne pas aimer son père et sa mère.

 

Attention, Jésus ne dit pas qu’il faut haïr ses parents, il dit qu’il faut avoir fait comme lui par rapport à ses deux propositions identiques.

 

Tout comme dans le Logion 60, il s’agit de la présentation d’un lâcher-prise vis-à-vis de nos croyances les plus ancrées en nous, qu’il faut réaliser. Il est nécessaire que le pèlerin se connaisse lui-même, par lui-même, pour lui-même et cela implique qu’il doit sortir de lui tout ce qui ne lui convient pas. Il doit retrouver ses propres racines, il doit se détacher de ses liens les plus intimes. Cela ne veut pas dire qu’il doit haïr ses parents. Il doit s’individualiser, devenir UN et couper ce qui, en lui, le limite et le projette dans les images du monde des morts. Inévitablement, nos parents projettent en nous des images qui leur semblent nécessaires pour nous construire. Ce sont les images de l’éducation, de la tradition, des lois du pays… Malheureusement, toutes les images qui sont transmisent ne sont pas toujours bonnes pour nous. Ou tout du moins, ce qui a été bon pour nos parents ne l’est pas forcément pour nous. Il est indispensable que le pèlerin revisite la bonne adéquation de tous ses savoirs et qu’il les remette en perspective, afin de se rectifier. Faire ce travail va obligatoirement créer des tensions autour de lui et certainement chez ses parents qui eux, voudront qu’il reste comme ils en ont décidé pour lui.  

 

JYL 1:101

Jésus disait :
Celui qui ne haïra pas son père et sa mère,
comme moi,
ne peut pas devenir mon disciple.
Et celui qui n'aimera pas son père et sa mère,
comme moi,
ne pourra devenir mon disciple,
car ma mère m'a fait pour mourir,
mais ma mère véritable,
elle, m'a donné la vie.

La traduction de Jean Yves Leloup nous permet de mieux comprendre la fin du Logion, où Jésus nous donne la raison de cette dissension d’avec les parents génétiques.

La mère génétique en transmettant son savoir, a plongé le pèlerin dans le monde des morts vivants, dans le monde des images et des modèles. Même si la mère génétique a transmis au pèlerin lors de son éducation une information scrupuleusement vérifiée, elle sera pour lui toujours de seconde main. Il devra la valider en lui-même, par lui-même et pour lui-même, pour qu’elle devienne Vivante. Ce ne sera pas toujours possible et certaines informations, fournies par les parents, ne pourront jamais être réellement intégrées.

La Mère Universelle elle, le Réel, le Vivant, présente exactement là où le pèlerin se trouve, ici et maintenant, lui donne en permanence de l’information sur ce qui ce passe en lui et à l’extérieur de lui. La Terre qui nourrit et maintient le pèlerin Réellement en Vie, à travers ses perceptions, lui donne à saisir des connaissances de première main directement assimilables.

106. Donner

Jésus dit :

Malheureux ces Pharisiens, parce qu'ils sont pareils à un chien qui est couché sur sa ration et qui fait ce mal de ne point manger et de ne point en laisser les restes à manger.

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Ce Logion fait écho au Logion 44 :

LOG 44 : Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées : ils ne sont point entrés et ils n'ont pas, non plus, laissé ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes !

Jésus décrit une attitude que le pèlerin pourra reconnaître en lui afin de la réduire si elle existe. C’est une nouvelle forme de lâcher-prise à pratiquer qui est fournie par ce Logion. Jésus demande au pèlerin d’être passant, de ne pas retenir ce qui vient à lui ou ce qu’il peut donner de lui.

LOG 47 : Vous, soyez des passants !

C’est aussi une exhortation qui est faite au pèlerin de donner ce qu’il possède, s’il n’en a pas l’usage. Dans L’évangile de Jean, Jésus va plus loin et annonce qu’il est possible de se sacrifier pour ses amis.

Jean

15:12 C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

15:13 Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Le don inconditionnel est un moyen simple de ne pas créer de liens qui inévitablement génèrent en l’esprit des ratiocinations délétères. 

LOG 99 : Si vous avez de l'argent, ne le donnez pas à intérêt, mais à celui qui ne donnera rien en retour.

107. L’esprit sain

Jésus dit :

Bienheureux cet homme qui connaît à quel point les voleurs vont entrer. Qu'il veille, qu'il rassemble sa force, et qu'il ceigne ses reins avant que ceux-ci soient entrés.

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Jésus rappelle au pèlerin qu’il est nécessaire de se connaître soi-même, afin d’être le maître dans sa maison. Une fois que le pèlerin aura accompli le travail de connaissance de soi, il aura par la même occasion fait le ménage en lui de tous ces mécanismes délétères qui lui volaient sa Vie. De mort il va devenir Vivant. Cette Vie qu’il va retrouver, va le préparer à faire face à ce qui se passe Réellement ici et maintenant. Il pourra voir l’instant présent et comprendre ce qui est bon pour lui. Il aura alors une juste action et un Saint-Esprit (un esprit sain).

LOG 25 : C'est pourquoi je vous dis ceci : Si le maître de maison sait que le voleur vient, il veillera avant que celui-là arrive et il ne laissera pas se percer une entrée dans la demeure de son royaume pour en emporter ses meubles. Vous donc, soyez vigilants face à l'univers. Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre; car le profit que vous guettez, ils le trouveront !

108. Le travail sur soi à une fin

Ils dirent :

Allons; prions et jeûnons aujourd'hui !

Jésus dit :

Quel est donc le péché que j'ai commis, ou en quoi ai-je été défait ? Mais, tant que l'époux n'est pas sorti de la chambre nuptiale, jamais alors on ne jeûne, et jamais on ne prie !

Textes en rapports

Matthieu

9.14 Alors les disciples de Jean vinrent auprès de Jésus, et dirent: Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous, tandis que tes disciples ne jeûnent point?

9.15 Jésus leur répondit: Les amis de l'époux peuvent-ils s'affliger pendant que l'époux est avec eux? Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.

Marc

2.18 Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient. Ils vinrent dire à Jésus: Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent point?

2.19 Jésus leur répondit: Les amis de l'époux peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux? Aussi longtemps qu'ils ont avec eux l'époux, ils ne peuvent jeûner.

2.20 Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront en ce jour-là.

Luc

5.33 Ils lui dirent: Les disciples de Jean, comme ceux des pharisiens, jeûnent fréquemment et font des prières, tandis que les tiens mangent et boivent.

5.34 Il leur répondit: Pouvez-vous faire jeûner les amis de l'époux pendant que l'époux est avec eux?

5.35 Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là.

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Ce Logion nous revoit au Logion 15 en nous fournissant  de nouvelles précisions.

LOG 15 : Lorsque vous jeûnerez, vous engendrerez pour vous-mêmes un péché; lorsque vous prierez, on vous condamnera, lorsque vous ferez l'aumône, vous accomplirez un mal pour vos esprits ! Quand vous pénétrerez en n'importe quelle contrée et que vous parcourrez les campagnes, lorsque l'on vous accueillera mangez ce que l'on mettra devant vous; ceux qui sont malades dans ces endroits, guérissez-les. Car ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera point, mais ce qui sort de votre bouche, c'est cela qui vous souillera !

Jésus est Christ, c'est-à-dire qu’il a atteint l’état d’éveillé. Il est dans le Royaume et il est le Royaume. Il est Lumière sur Lumière. Il n’a pas besoin de continuer à travailler à son édification, car il est UN. S’il pratique le jeune ou toute autre ascèse, alors c’est qu’il n’est pas établi dans la Source, dans l’Unité et qu’il n’est pas encore Christ.

Nous arrivons à la fin de l’évangile de Thomas, l’auteur, de toute évidence, a disposé les Logia pour qu’ils suivent de nouveau une logique progressive. Tout comme dans les premiers Logia où nous avons trouvé une mode d’emploi, nous apprenons ici que nous arrivons à la fin du voyage. Cette quête a une fin, et cette fin est d’être comme Christ, ou en Christ. 

LOG 35 : Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où ils sont deux ou un, je suis avec lui !

109. Nous ne sommes qu’UN

Jésus dit :

Celui qui connaîtra Père et mère, l'appellera-t-on : " Fils de prostituée " ?

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Un fils de prostituée sera toujours dans le doute concernant son origine paternelle. Le pèlerin qui aura trouvé le Royaume, lui sera avec certitude ce qu’est la Source, le Royaume du Père. Il sera certain de ses origines et tous doutes seront sortis de lui, il sera dans la Paix intérieure et son esprit n’aura plus de questionnements, mais des réponses. 

110. Soi Christ

Jésus dit :

Lorsque vous ferez que les deux soient un vous deviendrez fils de l'Homme et si vous dites : " Montagne, déplace-toi ! "- elle se déplacera.

Commentaires

Ce Logion nous revoie au Logion 53 en nous fournissant de nouvelles précisions.

Log 53 : Si deux sont l'un avec l'autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne : " Déplace-toi ! " et elle se déplacera. "

Dans le Logion 53 le pèlerin était encore en relation, une relation de Paix intérieure. Ils n’avaient pas totalement fusionné, mais avaient trouvé un accord, une harmonie. Ici, Jésus propose d’aller plus loin et de devenir Christ, pour ne faire plus qu’UN avec l’unité[65].

111. Reste entier

Jésus dit :

Le Royaume est pareil à un pasteur qui a cent brebis. L'une d'elles, qui est la plus grande, s'est égarée. Il a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres et il a cherché cette seule brebis jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. Après avoir pris cette peine, il a dit à la brebis : " Je t'aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf ! "

Textes en rapports

Matthieu

18.12 Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée?

18.13 Et, s'il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.

18.14 De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits.

Luc

15.4 Quel homme d'entre vous, s'il a cent brebis, et qu'il en perde une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve?

15.5 Lorsqu'il l'a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules,

15.6 et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue.

15.7 De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance.

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Ce Logion nous revoit au Logion 8 en nous fournissant de nouvelles précisions.

LOG 8 : L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer ; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Cette brebis est arrivée à maturité, c’est le « fruit » du troupeau. Seul le fruit que donne l’arbre nourrit l’homme. Cette brebis est la plus mature, elle est en quelque sorte Christ, le pasteur, et Christ ne veut pas se multiplier par division, mais il veut maintenir l’Unité en lui. 

" Je t'aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf ! "

Il faut s’aimer plus que tout, et tout faire pour rester entier, pour ne pas se diviser. Les autres brebis ne sont pas encore mûres, elles sont encore mortes à la Vie et elles morcellent Christ.[66]

112. L’arrivée du pèlerin à Christ

Jésus dit :

Celui qui boira de ma bouche deviendra comme moi. Quant à moi, je deviendrai ce qu'il est, et ce qui est caché lui sera révélé.

Textes en rapports

Jean

6.53 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.

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Ce Logion nous revoit au Logion 7 en nous fournissant de nouvelles précisions.

LOG 7 : Bienheureux est ce lion que l'homme mangera en sorte que le lion devienne homme. Mais maudit est l'homme que le lion mangera en sorte que le lion devienne homme !

Le pèlerin qui a suivi l’enseignement dispensé dans ces paraboles, ces Logia… s’il a pratiqué les recommandations, se transformera intérieurement et modifiera sa structure mentale de manière à ce qu’elle soit à l’Image de Christ. Une Image qui n’est pas une image, car justement c’est une Image. Christ restera Christ, car arrivé à ce point de rectification, ils sont UN. Arrivant à l’Unité le pèlerin sera Christ et connaîtra ce que Christ connaît, alors que Christ savait déjà ce qui est caché et ce que le pèlerin était avant que de devenir Christ[67].

113. Travaille ta terre, un trésor y est caché

Jésus dit :

Le Royaume est pareil à un homme qui a dans son champ un trésor caché et qui ne le sait pas. Il ne l'a pas trouvé avant de mourir, et il a laissé son champ à un fils qui ne savait pas cela. Celui-ci a pris ce champ-là, il l'a vendu, et celui qui l'a acheté est allé le labourer ; il a trouvé le trésor, et il a commencé de prêter à intérêt à ceux qu'il veut.

Textes en rapports

Matthieu

13.44 Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il a, et achète ce champ.

Commentaires

Jésus nous fournit une dernière mise en garde : seul le pèlerin qui travaille sa terre verra pousser la graine que le semeur a placée dedans.

LOG 9 : Voici ; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté, certains sont tombés sur la route : les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D'autres sont tombés sur le roc : ils n'ont point trouvé à s'enraciner dans la terre et n'ont point produit d'épis vers le haut. D'autres sont tombés sur les épines qui ont étouffé la graine, et le ver les a mangés. D'autres sont tombés sur la bonne terre et ceci a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu'à soixante par mesure, même cent vingt par mesure.

Seul celui qui aura médité et travaillé sur ces paroles verra son travail récompensé.

Nous voici arrivé au terme du voyage et Thomas qui a classé les Logia avec une logique de cheminement nous renvoie avec celui-ci, à l’affirmation du début de l’évangile :

Et il a dit : " Celui qui parvient à l'interprétation de ces paroles ne goûtera point de mort ! "

114. Ne te trompe pas de quête

Jésus dit :

Celui qui a trouvé le monde et qui s'est fait riche, qu'il renonce au monde !

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Le but de ce travail de connaissance de soi n’est pas un travail, mais c’est la Vie à exprimer en soi, par soi et pour soi. Cela n’a rien à voir avec le fait de devenir riche matériellement. Il ne faut pas croire que ce qui est enseigné ici va fournir une base pour devenir riche, ou encore, pour disposer de pouvoirs qui permettront de s’enrichir financièrement. Ici, il est question de reconnaître la Vrai Vie et de sortir de la mort, avant que de mourir. Ce n’est pas un objectif matérialiste, c’est une chose de l’ordre de l’esprit, de l’esprit sain en soi. C’est la libération finale, la fin de l’emprisonnement, pour des siècles et des siècles. Le monde que nous connaissons est un lieu de mort, pour l’esprit qui y tourne en boucle. Ce que propose Jésus, c’est de sortir de cet enfermement qui nous ment, afin d’être entier, en Paix, sans résonnance inutile. 

115. Une fois arrivé au Royaume

Jésus dit :

Les cieux et la terre dureront devant vous, et celui qui vit du Vivant ne verra pas mourir, parce qu'il est dit ceci : " Celui qui se tient à soi seul, le monde n'est pas digne de lui. [68]

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Les cieux et la terre dureront devant vous,

L’individu contemple la création dans sa Vérité, par le Réel qui est devant sa face, pas à travers son imaginaire. Il n’a plus d’images et de mécanismes délétères en lui. Il est en Vérité et deux est devenu UN, il n’y a plus les Cieux et la Terre. Il n’y a plus l’espace et le temps, mais un tout Éternel.

et celui qui vit du Vivant ne verra pas mourir

Celui qui vit par les faits, à travers ce qui est perçu avec les outils de la création qu’il a reçus en héritage, comme ses 5 sens… Celui qui ne vit pas de ses délires, de ses bas désirs…, de ses élucubrations, générées par son mental et son ego hypertrophié. Celui-là ne verra pas la mort, car il sera dans la Vie. Il ne verra pas la mort, car tout ce qu’il voit est maintenant : Vivant, Vrai, Véridique[69], Réel.

parce qu'il est dit ceci :

Jésus est Christ et il a atteint cet état de vérité. Il parle de ce lieu qui n’est pas un lieu, car il est un lieu. Il parle donc en Vérité.

Celui qui se tient à soi seul

Celui qui n’est plus divisé, qui a fait UN de deux, qui est lui aussi dans le fait, la Vérité, pas dans l’image est Christ.

le monde n'est pas digne de lui.

Le monde de l’image, celui de nos croyances et fantaisies mentales, ne peut pas le refléter. Le monde est juste capable de l’interpréter, comme une simple image. Une image indigne de la Vérité qu’Il est et qui ne peut être dévoyée.

116. Rejoins l’Unité

Jésus dit :

Malheur à cette chair qui dépend de l'âme et malheur à cette âme qui dépend de la chair !

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Ce Logion nous revoit au Logion 91 en nous fournissant de nouvelles précisions.

LOG 91 : Il a dit, lui, Jésus :

Le corps qui dépend d'un corps est un malheureux et l'âme qui dépend de ces deux est une malheureuse !

Tant que le pèlerin sera dans la dualité chair/âme ou corps/esprit, il devra subir les résonnances existant entre les deux centres de décisions. Il ne pourra trouver la Paix que lorsqu’il aura réintégré son Unité. Lorsque le deux sera devenu UN.

LOG 27 : Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.

117 Cela arrivera

Ses disciples lui dirent :

Quel jour le Royaume viendra-t-il ?

Il ne viendra pas quand on l'attendra. On ne dira pas : " Voici il est ici ! " ou " Voyez, il est là ! " mais le Royaume du Père est répandu sur la terre et les hommes ne le voient point.

Textes en rapports

Luc

17.20 Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit: Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards.

17.21 On ne dira point: Il est ici, ou: Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.

Le Royaume n’est pas une chose matérielle, c’est un état d’être qui n’est pas quantifiable, mesurable»… il ne peut être acquis que par la pratique et une compréhension intérieure qui va se développer petit à petit chez le pèlerin. Cette compréhension va percer en lui, à travers des prises de conscience ou/et des signes surs qu'il reconnaîtra, et dont l’apparition ne peut pas être contrôlée par le pèlerin. Par contre, il est certain qu’ils apparaîtront aux justes moments et au fur et à mesure que le pèlerin va cheminer en cherchant à se connaître lui-même, par lui-même et pour lui-même. C’est le Mystère, la partie Divine, le Vivant, la Lumière qui révèle. Cet état d’être, cet état christique, n’est pas achetable, il n’est pas possible de prédire à quel moment il percera par lui-même au cœur du pèlerin. Cela se fera, lorsque cela se fera, la seule chose qui est sûre, c’est que lorsque le pèlerin sera prêt le maître apparaîtra. 

118. La noce Sacrée

Simon Pierre leur dit :

Que Marie sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie !

 Jésus dit :

Voici ; moi, je l'attirerai pour que je la rende mâle afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux.

Commentaires

Marie, c’est la partie féminine du pèlerin, une partie de lui-même qu’il ne doit pas rejeter, afin de ne faire qu’UN en lui-même.

LOG 70 : Qu'on me montre cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée ! C'est elle la pierre d'angle.

Tant que Simon Pierre niera la Vie en Marie, il niera la VIE en lui, car la Vie est UNE, non divisible.

LOG 76 : …Que je ne sois point un partageur !

En suivant les Paroles de Christ, le pèlerin va unir en lui ses différentes parties qu’il rejette, il sera alors solitaire, car il sera complet et n’aura alors pas besoin de plus. Il va se rassembler, s’unir à lui-même et ne faire qu’UN, il sera alors le TOUT, il sera arrivé au Royaume. 

LOG 89 : Beaucoup se tiennent dehors à la porte, mais ce sont les solitaires seuls qui entreront dans la chambre nuptiale.

 

Synthèse

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

La réalisation n’est pas d’être mâle ou femelle, mais d’être la VIE.

Il ne faut pas se prendre pour quelque chose et mourir à tout le reste, mais se laisser Vivre et être Vivant.

Il ne faut pas créer d’images avec la Lumière qui nous arrive, mais laisser la Lumière nous éclairer de ses Images.

Le Royaume c’est Toi, une fois que tu n’es plus toi.

Être Rien, c’est être Tout.

Au-dessus de Dieu, il n’y a Rien et tu es ce Rien.

 

FIN DE L'ÉVANGILE SELON THOMAS

et de ces commentaires

Lexique

Ce chapitre précise le sens donné à certains termes utilisés dans ce document, tout en proposant une nouvelle trame narrative par thème, pour les Logia. Afin, une fois de plus, de les réitérer à l’intention des pèlerins, sous une autre forme et sous d’autres points de vue.

Images

L’image, c’est tout ce qui essaie de représenter le Réel dans l’esprit du pèlerin, mais qui n’est pas Réel. Il existe de très nombreux types d’images, pouvant pointer sur le même Réel, ou pire encore sur des Réels qui sont toujours différents. Ce qu’il faut retenir dans ce document c’est que l’image possède un pouvoir. Le pouvoir de se placer dans notre esprit entre nous et le Réel. Les images se plaçant entre nous et le Réel, nous en séparent de fait, car elles nous projettent alors dans un néant en nous séparant du Réel qui est Tout. De UN, l’unique, elles font apparaître Deux, le UN et sa copie. Bien sûr, la copie n’est pas Vivante, elle est morte.

LOG 12 : Aujourd'hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant ; et quand vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là, étant un, vous devenez deux ; et lorsque vous deviendrez deux qu'est-ce alors que vous ferez ?

De prime abord, les images sont pratiques, car elles permettent de faire de grossière copie d’une chose qui ne peut pas être déplacée, afin de la présenter à des personnes qui ne sont pas sur place. Ce système est tellement pratique qu’il est utilisé depuis la nuit des temps. L’image existe aussi sous des formes abstraites, que sont les étiquettes, les signes, les symboles... Il est plus facile de faire un simple signe distinctif d’un objet, ou d’une forme, que de réaliser une copie exacte de la chose que l'on cherche à représenter. L’humain aime bien les raccourcis pour se rendre d’un point à un autre, limitant ainsi la distance à parcourir. L’esprit humain aime, aussi, les raccourcies, alors il a donnée au fil des millénaires, à la totalité des formes existantes, des étiquettes diverses, afin de pouvoir facilement décrire quelque chose à une personne n’étant pas en face du Réel. La personne qui reçoit l’information sous la forme d’étiquette doit simplement faire un lien en elle avec ses propres souvenirs, afin de visualiser en esprit l’objet concerné. Il fait un lien entre une référence commune et un souvenir personnel, un souvenir qui n’est aussi, finalement, qu’une image. Malheureusement, l’objet vu en esprit par celui qui reçoit l’étiquette n’est jamais exactement le même que celui dont son interlocuteur parle. Il arrive même très fréquemment que l’interlocuteur n’ait jamais vu l’objet Réel dont il parle, mais qu’il se contente de véhiculer l’étiquette qu’il a reçue d’un autre. Mais Malheur des malheurs, il arrive que la personne qui se trouve devant une chose Réelle, la regarde, en lui donnant automatiquement son étiquette. La chose Réelle n’est alors plus directement captée par celui qui regarde, car il place des voiles entre lui et la chose Réelle. Et alors : l’arbre, image de l’Arbre, remplace l’Arbre qui n’est plus.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Le système d’images le plus performant, totalement intégré en nous, est le langage, il n’est qu’un système très élaboré de manipulation d’images. Avec le langage, il est possible de mettre des étiquettes les unes à côté des autres pour former des sortes de charades. Ces charades sont des phrases, des paragraphes, les livres, des films... que le langage permet de construire. Cette technique est très pratique, car elle permet de construire des décors, des ambiances, et toutes autres constructions virtuelles. Le procédé est tellement pratique que presque 100% de l’humanité l’utilise au quotidien en oubliant que derrière ces images, il y a le Réel. Ce procédé est presque totalement intégré en nous et il est devenu un automatisme inconscient. Le problème, c’est que l’image n’est pas le Réel, elle n'est qu'une pâle copie du Réel. De plus, le langage permet toute sorte de fantaisie constructive qui ne représente plus le Réel, mais juste des structures mentales sans limites vraiment définies. L’humain est donc perdu dans des concepts et constructions intérieurs de plus en plus compliqués qui s’appuient sur des étiquettes et images virtuelles et non sur le Réel. Le Royaume : c’est le Réel, et il s’agit ici à réapprendre à regarder ce qui est devant notre face sans mettre d’étiquette. Mais il y a bien plus grave, l’humain s’est vu et alors il s’est donné aussi une étiquette. Il a trouvé pratique de pouvoir appeler son voisin par une étiquette, mais il n’a pas pris conscience que lui aussi devenait, petit à petit, une étiquette. Le problème de l’étiquette c’est qu’elle fait référence à quelque chose de standardisé, quelque chose qui est logiquement fixe, afin que celui qui écoute puisse faire des liens viables. Une image ce n'est pas Vivant, une image est morte, car elle n’est pas le Réel. Nous sommes donc passés, petit à petit, du statut de Vivant dans le Réel, à mort dans le monde des images. Cette étiquette que nous sommes devenus a pu sans problème se lier à d’autres étiquettes et nous avons aussi, petit à petit encore, créé en notre esprit comme des chimères de lieux, des ambiances fantasques, des croyances en ceci ou cela… Nous sommes sortis du monde des faits, du Réel, pour rejoindre le monde du rêve, le monde des images mortes, mises en mouvement par notre seule imagination. Nous avons ainsi construit automatiquement des histoires sur le Réel, nous avons donné du sens, notre sens aux choses, alors que les sens du Réel sont nos perceptions.

LOG 22 : Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

Nous sommes sortis du paradis, pour entrer dans l’enfer des images. Des peurs diverses, basées sur des chimères, ont alors fait leurs apparitions. Les hommes ont construit d’autres images pour se protéger de ces peurs. Les images sont devenues menaçantes, elles se sont retournées contre nous, à l’insu de notre plein gré. Le Réel ne peut pas être représenté par une image, car il est en permanence changeant. Les images doivent rester dans les rôles simples qui leur sont dévolus : permettre de communiquer de l’information. Elles ne doivent en aucun cas remplacer le Réel.

Le Mystère utilise aussi les Images pour nous communiquer de l’information, c’est d’ailleurs ce procédé qui a dû être vu par l’homme et qui a conduit à l’usage d’images par son mental. Mais les Images émises par le Mystère, en provenance de la Source, sont d’une autre nature. C’est le travail du pèlerin de faire en sorte de les reconnaître et de séparer le bon grain de l’ivraie. Pour cela il faut qu'il se connaisse lui-même parfaitement, afin de pouvoir faire justement le tri.

LOG 62 : Le Royaume du Père est pareil à un homme qui a une semaille. La nuit, son ennemi est venu et a semé de l'ivraie par-dessus la semaille qui est bonne. Et cet homme n'a pas laissé qu'on arrache l'ivraie, " De crainte - leur a-t-il dit - qu'en allant ôter l'ivraie vous n'enleviez avec elle le froment. En effet, au jour de la moisson, les ivraies seront devenues reconnaissables : on les ôtera et on les brûlera ".

Nous nous sommes tellement égarés dans le monde des images que nous devons retrouver notre chemin vers le Réel et de nouveau être unis au Tout qui répondra alors à nos demandes, ce que ne peut pas faire une simple image.

LOG 110 : Lorsque vous ferez que les deux soient un vous deviendrez fils de l'Homme et si vous dites : " Montagne, déplace-toi ! "- elle se déplacera.

Le problème qui est posé ici, c’est que si l’individu n’est qu’une image entretenue par le mental, étiquetée par son nom aux yeux de la communauté, alors soit cette image pointe sur le Réel Vivant et c’est une copie fidèle, ou bien elle pointe vers une chimère composite, que chacun entretient à sa façon. Le pèlerin existe physiquement, et sous forme d’images, dans chacun des esprits de ses amis, mais nulle part il n’est Réel et stable, pas plus dans l’esprit de ses amis que dans le sien propre. Son corps, quant à lui, est en permanence modifié par ce qu’il ingère et jour après jour il se modifie. Ce qui est faux ne peut pas durer.

LOG 48 : Ses disciples lui dirent :

La circoncision est-elle utile ou non ?

Il leur a dit :

Si elle était utile, c'est circoncis que leur Père les engendrerait de leur mère. Mais la véritable circoncision dans l'esprit donne tout le profit !

Reste le personnage secondaire, d’arrière-plan, qui est apparu lors de la constatation du Mystère et qui lui n’est pas une construction mentale... nous ne savons rien de sa nature, car nous ne constatons que des réponses de sa part. Pour la plupart des hommes, ils n’ont pas fait attention à sa présence et ils errent, encore et toujours, dans leurs pensées délétères. Ils sont morts à la Vie.

LOG 71 : Celui qui connaît le Tout, quand il est privé de lui-même, il est privé de tout !

Nous allons essayer d’y voir plus clair au terme Mystère.

Mystère

Il est difficile d’expliquer ce qu’est un mystère, car justement, on ne sait pas comment cela marche. Mais, il est facile de constater un Mystère et c’est ce que nous allons faire ici. Dans notre conscience nous recevons l’ensemble des informations nous permettant de Vivre au quotidien. Notre corps dispose d’un volume d’informations très supérieur à ce que nous recevons dans notre conscience. Différents centres cognitifs assurent, en nous, le bon fonctionnement de l’ensemble et il a été montré que l’Être avait des dispositions pour traiter certains types d’informations en dehors de la conscience. Par exemple, la gestion de la posture du corps, la digestion, les battements de notre cœur… sont totalement assurés de manière autonome et inconsciente. Il est possible en réalisant des marches méditatives de prendre plus ou moins le contrôle sur le corps, ou tout du moins, d’observer le corps par la conscience accrue des sensations qu’il produit alors. Mais, bien malin est celui qui est capable d’expliquer comment il fait exactement, pour simplement lever son bras ou bien saisir un objet. Le mental a juste l’intention de saisir l’objet et le bras part de manière non réellement contrôlée par le mental. Le geste est réalisé de manière autonome, pour assurer l’intention qui a été émise. Si vous êtes attentif à vous-mêmes, afin de vous connaître par vous-mêmes… vous constatez que votre corps réalise en permanence des mouvements que vous n’avez pas sollicités avec votre mental. Hop, votre main gratte votre jambe, hop vous clignez de l’œil gauche… etc. Vous n’êtes pas réellement maître en votre demeure, et cela est en partie normal et fort souhaitable.

LOG 25 : C'est pourquoi je vous dis ceci : Si le maître de maison sait que le voleur vient, il veillera avant que celui-là arrive et il ne laissera pas se percer une entrée dans la demeure de son royaume pour en emporter ses meubles. Vous donc, soyez vigilants face à l'univers. Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre; car le profit que vous guettez, ils le trouveront !

Le mental, perverti par la manipulation des images produites par tout ce qu’il a pu diviser, pense qu’il est le maître dans la demeure et que tout n’est que le résultat de sa volonté propre. Il pense avoir main mise sur tout, car il est capable de créer des images de tout ce qu’il peut diviser. Lorsque l’individu, image produite par le mental, doit réaliser quelque chose ou répondre à un questionnement, il pense qu'il lui faut donc, par lui-même, procéder à diverses analyses et cogitations conscientes. Il est tellement sûr de cette croyance qu’il passe son temps à essayer de tout analyser et à tout contrôler. Il n’est pas vraiment attentif, car il est dans le monde simplifié des images, et il ne voit pas que, la plupart du temps, les résultats, les réponses à ses questions, qui apparaissent dans son esprit, ne sont pas de son fait, mais proviennent d’un ailleurs, d'une autre source. S’il analysait la provenance Réel de cette information, il s’apercevrait qu’elle n’est pas liée à son analyse et qu’il n’est pas capable de remonter à sa Source exacte. Il ne voit pas qu'il y a un Mystère, il pense réellement que c'est lui qui fait. Il y a des centres cognitifs silencieux en nous qui sont capables de traiter l’information et de nous fournir des résultats sans avoir besoin d’utiliser le mental. Or, nous considérons que c'est nous qui avons fait ceci ou cela, le mental construit une image erronée de l'origine du résultat et il s’identifie à elle en disant : c'est moi qui ai fait cela. Alors qui est cet autre, en nous, qui est capable de raisonner et de donner des réponses ? Cet autre est juste un biais cognitif, lié à la logique de traitement du mental, qui a besoin de diviser. Cet autre, nous le voyons comme autre, simplement parce que le mental en a fait une image étiquetée : « l’autre ». Mais, il faut être fou pour se diviser soi-même, car si nous le faisons : où sommes-nous, et qui sommes-nous ?

Alors, cela requiert de bien se connaître soi-même et de réintégrer dans sa Vérité l’ensemble des images qui nous composent, pour simplement admettre que ce que nous sommes est capable de produire de manière inconsciente des réponses. Des réponses, bien souvent de meilleures qualités que celles produites par le mental qui est plus un simple scribe, un bavard, qu’un scientifique ou un analyste. Nous devons admettre que nous ne sommes pas ce que nous pensons, car ce que nous pensons Être n’est qu’une image morte. En réalité, nous sommes Vivants et connectés au Réel et ce Vivant a, depuis le tout début de son histoire, toutes les capacités de faire face à toutes les situations.

LOG 4 : Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un !

Pour le mental, il apparaît donc, après un certain travail, qu’un Mystère peut exister en nous, et qu’il est capable de produire des réponses en dehors d’une analyse consciente. Déjà, le phénomène de la mémoire et des souvenirs que tout le monde expérimente est un Mystère en soi, mais un souvenir n’est pas un résultat d’analyse, c’est parfois un exemple, mais il ne présente pas les traits d’une computation logique. Lorsqu’une idée nous traverse, elle vient d’un ailleurs, et cet ailleurs ressemble à une intelligence autonome, donc à une image d’individu autre que nous. Lorsque l’idée ou l’information que nous captons est capitale pour notre existence, elle est alors colorée par une mesure métaphorique qui la rend Lumineuse, Divine. Pour certains, c’est la grâce divine qui a répondu, même si l’information apparaît dans leur conscience. Ceux qui constatent cela continue pourtant la plupart du temps à maintenir la division, pour ne pas disparaître dans une fusion qu’ils présentent, mais ne désirent pas, par peur d’anéantissement.

LOG 2 : Si ceux qui vous guident vous disent : " Voici, le Royaume est dans le ciel ! »

- alors les oiseaux du ciel y seront avant vous.

S'ils vous disent. " Il est dans la mer ! "

- alors, les poissons y seront avant vous.

Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est à l'extérieur de vous !

Nous devons réunifier nos parties et arrêter de nous diviser en produisant des images fausses de nous-mêmes.

LOG 32 : Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne trouverez point le Royaumes. Si vous ne faites point du Sabbat le Sabbat, vous ne verrez point le Père.

Je rappelle que ce qui est exposé dans ce document est juste un ensemble de commentaires. Personne ne détient la Vérité, car elle s’exprime ici et maintenant et n’est donc pas transmissible comme une simple image. L’ensemble de ce document n’est qu’une image proposée à votre regard, est-elle fidèle ou non à votre vérité intérieure, à vous d’exprimer le Mystère en vous pour le cerner. Dans le chapitre sur l’image, nous avons postulé que l’individu, en tant que construction chimérique de type image, n’existait pas vraiment. De ce fait, ce qui reste après la coupe faite par le feu et/ou l'épée, c’est le Mystère qui habite ce corps et que le pèlerin a découvert par son travail.

LOG 102 : Le Royaume du Père est pareil à un homme qui veut tuer un grand personnage. Dans sa maison, il a dégainé l'épée et il l'a plantée dans le mur pour s'assurer que sa main serait ferme. Ensuite il a tué le personnage.

Nous avons vu que ce Mystère : qu’il s’occupe du Corps, ou qu’il fournisse des réponses au mental, cherche à être opérationnel, efficace, juste, Vrai. Ce Mystère a tout d’un Père pour nous. S’il est un Père, alors nous sommes son Fils. Si l’information qui nous traverse n’est pas opérative, c'est-à-dire donnée en sorte d'être utilisée pour sortir d’un problème, alors c’est juste des ratiocinations du mental qui essaie de copier le Mystère. Le mental peut aussi produire des idées délétères, des pensées, des peurs, des angoisses… c’est en cela qu’il est dangereux.

Log 42 : Lorsque vous vous dépouillerez sans que vous ayez honte, que vous oserez vos vêtements et les déposerez à vos pieds à la manière des petits enfants, et que vous les piétinerez ! Alors vous serez les fils du Vivant, et vous n'aurez plus de crainte.

Ce qui nous permet de connecter ce Père en nous, c’est ce travail que propose Jésus. Un travail basé sur une simple connaissance de soi-même. Bien sûr, cela n’est pas si simple de se connaître en Vérité, car nous sommes alors nous-mêmes, Juge et partie, et parfois aussi bourreau. C’est pour cela que Thomas et Jésus nous propose de méditer la Parole libératrice qu'ils ont déposé sous forme de graine à travers ces Logia.

LOG 87 : Les images apparaissent à l'homme, mais la Lumière qui est en elles est cachée. Dans l'image de la Lumière du Père, elle se révélera, et son image sera voilée par sa Lumière.

L’esprit Sain, c’est celui qu’il faut acquérir par soi-même et pour soi-même, afin de mettre le Fils à sa bonne place en lui donnant les connaissances lui permettant d’utiliser l’épée libératrice. Une fois cela accompli, il pourra enfin renouer avec le Père en toute connaissance. 

LOG 17 : Certainement les hommes pensent que je suis venu pour jeter une paix sur l'univers. Mais ils ne savent pas que je suis venu pour jeter sur terre des discordes, le feu, l'épée, la guerre. Si en effet il y a cinq dans une maison, ils se trouveront trois contre deux et deux contre trois, père contre fils et fils contre père- et ils se lèveront solitaires.

Une fois le ménage fait en lui-même, l’individu devenu Fils pourra retrouver par l’intermédiaire du Saint-Esprit le Père et le Royaume où ils cohabitent pour ne faire qu’UN .

LOG 3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

Arrivé au terme de la re-connaissance, du chemin du retour vers lui-même, chez lui-même, le pèlerin sera dans le Royaume et il sera le Royaume. Le pèlerin est donc un assemblage tripartite indissociable :

Père – Fils – Saint-Esprit.

LOG 45 : Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s'est point fortifié : on l'arrachera jusqu'à sa racine et il périra.

Le Royaume du Père n’est pas un lieu dans le ciel ou au fond des océans, c’est la réunification des parties essentielles de l’Être, afin qu’il ne soit qu’UN.

LOG 117 : Ses disciples lui dirent :

Quel jour le Royaume viendra-t-il ?

Il ne viendra pas quand on l'attendra. On ne dira pas : " Voici il est ici ! " ou " Voyez, il est là ! " mais le Royaume du Père est répandu sur la terre et les hommes ne le voient point.

Jésus nous indique ici une autre particularité du Mystère. Celui qui a cheminé a pu constater de lui-même que le Père ne répondait, ne communiquait, pas toujours à travers le pèlerin, mais qu’il pouvait utiliser l’ensemble des éléments présents dans l’univers pour communiquer. Cela est un peu irrationnel, mais au fils des années, des surprises de toutes sortes, des plus simples aux plus folles, finissent par appuyer le fait, pour le pèlerin, que des réponses sont données, par l’intermédiaire de tout élément disponible, ici et maintenant. Même lorsque le questionnement ou le besoin est très complexe, il est possible que ce type d’événement se présente au pèlerin. C’est, à chaque fois, une nouvelle surprise et parfois un chamboulement pour la psyché. N’oublions pas que :

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Jung a travaillé ce fait, qu’il a lui-même reconnu en tant que pèlerin à sa façon. Il a proposé une théorie qui maintenant est devenue célèbre, et qui porte le nom de synchronicité. Je ne veux pas faire d’aparté sur le travail de Jung. Ce qui est important de comprendre c’est que des réponses, parfois très précises, en provenance d’un ailleurs, utilisant tous les médias disponibles, comme un inconnu, la radio, un magazine, etc. sont une réalité que le pèlerin va observer. Il lui faudra être très vigilant et faire bien attention à ne pas prendre des vessies pour des lanternes. Mais, même s’il est très prudent et s’il est honnête avec lui-même, il ne pourra pas faire l’impasse sur ce phénomène.

Le Royaume du Père, prend alors une tout autre dimension, car il devient le Tout, et un Tout partagé par les Fils.

LOG 103 : Les disciples lui dirent :

Tes frères et ta mère sont là dehors.

Il leur a dit :

Vous et ceux qui font la volonté de mon Père, ce sont là mes frères et ma mère; ce sont eux qui entreront dans le Royaume de mon Père.

Morts

La mort, ou le monde des morts, dont il est question dans cet évangile n’est pas la mort physique du corps, mais un état de l’Être où le mécanisme de relation avec le Réel est déformé par l’usage d’images. Le pèlerin voit le monde à travers des voiles, qui lui cachent le Réel. Plus ces voiles sont épais et moins il est en face du Réel.

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

L’individu est alors dit mort à la Vie, ou dans le monde des morts. Le travail du pèlerin va consister à s’étudier lui-même afin de se connaître et de découvrir la place que prend ce mécanisme en lui. Le plus compliqué sera pour lui de revenir au Réel, car il faudra qu’il abandonne en Vérité ce système de pensée. Mais pour faire cela, il devra dans un premier temps utiliser ce même système erroné qui ne veut pas disparaître. Un mort à la Vie, doit donc mourir à la mort qu’il s’inflige pour pouvoir être Vivant à nouveau. C’est l’éveil, le retour dans l’état originel, l’état d’avant la mise en place du paradigme délétère des images corruptrices.

LOG 115 : Les cieux et la terre dureront devant vous, et celui qui vit du Vivant ne verra pas mourir, parce qu'il est dit ceci : " Celui qui se tient à soi seul, le monde n'est pas digne de lui.

Ce schéma est conceptuellement facile à exprimer, mais cela ne peut pas être réalisé par le mental, car jamais il ne voudra, en quelque sorte, disparaître[70]. Alors, il faut utiliser des astuces, liées au mode de fonctionnement d'autres centres cognitifs, que le mental ne peut ni comprendre ni bloquer. Cependant, le mental peut pervertir les résultats fournis par les autres centres cognitifs, et le travail reste délicat. De plus, les informations qui vont être fournies par les autres centres cognitifs sont difficiles à produire sur demande et à capter, car ils ne répondent pas aux logiques que le mental connaît. Les résultats décisifs sont donc souvent reçus comme une grâce, car ils arrivent quand ils arrivent. Cependant, les Logia proposés par Thomas et Jésus permettent de « titiller » ces centres cognitifs, afin de provoquer la possibilité de réponses qui permettront au pèlerin qui aura bien travaillé sa terre de passer outre la barrière du mental.

LOG 113 : Le Royaume est pareil à un homme qui a dans son champ un trésor caché et qui ne le sait pas. Il ne l'a pas trouvé avant de mourir, et il a laissé son champ à un fils qui ne savait pas cela. Celui-ci a pris ce champ-là, il l'a vendu, et celui qui l'a acheté est allé le labourer ; il a trouvé le trésor, et il a commencé de prêter à intérêt à ceux qu'il veut.

Les Logia, avec leurs caractères énigmatiques, vont permettre de passer les portes du mental et ils vont atteindre les portes du cœur, le centre, le Père. Cela va provoquer des réponses dans l’esprit du pèlerin et mettre à mal la logique du mental. Si le pèlerin est touché par ses réponses, alors il sera un élu et le processus va se déployer progressivement en lui.

LOG 54 : Bienheureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume ! Parce que vous êtes issus de lui, de nouveau vous y retournerez.

Réel

Le réel est ce qui est Vivant, ce qui est perçu par les sens et qui est pour le pèlerin l’information primaire qui lui est fournie par sa conscience. Vient ensuite la mise en équation de cette information par le mental qui va en faire des images pour pouvoir l’analyser.

LOG 22 : Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

Nous sommes tous dans le Réel, de fait, mais nous en sortons aussitôt que nous utilisons l’image.

LOG 55 : Jésus dit :

Si les gens vous demandent : D'où êtes-vous venus ? - dites-leur :

Nous sommes venus de la Lumière, du lieu où la Lumière se produit d'elle-même jusqu'à ce qu'elle manifeste l'image.

Si l'on vous dit : qu’êtes-vous ? - dites :

Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père qui est vivant.

S'ils vous demandent : quel signe de votre Père est en vous?  - dites-leur :

C'est un mouvement et un repos

Royaume

Le Royaume c’est le lieu de la réunification du Pèlerin, c’est l’aboutissement de sa quête ou il va fusionner avec le Tout. Il sera là Lumière sur Lumière.

LOG 65 : Jésus dit :

Deux se reposeront la sur un lit : l'un mourra, l'autre vivra.

Salomé dit :

Qui es-tu homme; de qui es-tu né, pour être monté sur mon lit et avoir mangé à ma table ?

Jésus lui dit :

Je suis celui qui a été créé de Son égal ; on m'a donné de ce qui est à mon Père.

Je suis ta disciple !

A cause de cela, je dis ceci :

Lorsqu'on deviendra ouvert, on sera plein de lumière; mais lorsqu'on se trouvera composé, on sera plein de ténèbres.

Le royaume est partout, car il est tout, le pèlerin doit juste remonter à la source du Réel, s’ouvrir au monde, et voir à nouveau le Vivant.

LOG 117 : Ses disciples lui dirent :

Quel jour le Royaume viendra-t-il ?

Il ne viendra pas quand on l'attendra. On ne dira pas : " Voici il est ici ! " ou " Voyez, il est là ! " mais le Royaume du Père est répandu sur la terre et les hommes ne le voient point.

Il faut travailler sur soi pour voir le Royaume

LOG 93 : Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe et ne pensez-vous pas que celui qui a fait l'intérieur, c'est lui aussi qui a fait l'extérieur ?

Vivants

Un Vivant c’est un pèlerin qui a travaillé sur lui-même afin de se connaître et comprendre par lui-même ce qu’il est en Vérité. Il faut que le pèlerin comprenne qu’il s’est perdu dans les images qu’il a créées en utilisant son mental et qu’elles lui collent à la peau comme des habits. Il doit se dépouiller de ses anciens mécanismes de traitements de l’information, pour reconnaître le Réel et redevenir Vivant. 

LOG 42 : Ses disciples lui disent :

Quel jour nous apparaîtras-tu, et quel jour te verrons-nous ?

Jésus dit :

Lorsque vous vous dépouillerez sans que vous ayez honte, que vous oserez vos vêtements et les déposerez à vos pieds à la manière des petits enfants, et que vous les piétinerez ! Alors vous serez les fils du Vivant, et vous n'aurez plus de crainte.

Le Vivant c’est le Tout le Père le Réel.

LOG 115 : Les cieux et la terre dureront devant vous, et celui qui vit du Vivant ne verra pas mourir, parce qu'il est dit ceci : " Celui qui se tient à soi seul, le monde n'est pas digne de lui.

Proposition d’une trame narrative

Pour résumer mon propos, je vous propose une trame narrative simple du début de l’évangile. Rien d’ésotérique ou de mystique dans ces propos, mais simplement une description des étapes d’une classique recherche de soi-même. L’intention n’est pas de réitérer les commentaires déjà proposés dans cet essai, mais simplement de montrer que les Logia sont positionnés de manière à proposer un discours au pèlerin, une forme de cheminement. Attention, ce discours n’est pas celui de Thomas, mais le mien. Personne ne saura jamais qu’elle était l’intention exacte de Thomas. Cette trame est simplement une proposition de lecture à l’aune de mon histoire et des commentaires proposés. Pour plus de détails concernant les Logia proprement dit, reportez-vous aux commentaires des chapitres dédiés aux Logia.

Mise en place de l’accroche

Ce travail consiste essentiellement pour le pèlerin à remettre en question son mode de Vie, pour en adopter un autre qui doit le faire parvenir dans ce qui est nommé le Royaume. Quel que soit l’endroit où se trouve ce Royaume, il sera toujours inhérent à l’Être-té du pèlerin qui le constate. En fait, quel que soit le moment, le Royaume sera toujours là où est le pèlerin, il est en lui-même. Il s’agit en fait d’un état d’être, où le pèlerin se sentira pleinement Vivant. Plus subtilement, la plupart des individus sont totalement pris dans un réseau inextricable de liens délétères et de rêvasseries chimériques sur leur passé, qui les oblitèrent en permanence dans des rêves. De ce point de vue, ils ne sont pas Vivants, mais ils sont morts à la vraie Vie qui elle se déroule ici et maintenant. En général, celui qui s’engage dans ce type de travail est en recherche, en recherche d’un mieux-être. Bien souvent, il est au fond du gouffre, mort à la Vie, et il ne peut plus faire l’économie de cette recherche. Le titre de l’évangile est donc une enseigne avec sa lanterne qui lui indique qu’ici il pourra trouver ce qu’il cherche.

Voici les paroles cachées que Jésus le Vivant a dites et qu'a transcrites Didyme Jude Thomas.

Et il a dit :

Celui qui parvient à l'interprétation de ces paroles ne goûtera point de mort !

La base de ce travail commence par une observation de soi-même, de son quotidien, tel qu’il se présente. Le pèlerin doit réaliser un retournement de son regard vers lui-même, afin de se connaître lui-même, par lui-même. Ce travail ne peut pas être réalisé par un autre que le pèlerin lui-même, car il est le seul à posséder ses défauts, qu’il doit corriger. C’est sa propre structure interne avec toutes ces particularités sur laquelle il va devoir travailler, pas celle d’un autre. Ce travail va prendre un certain temps et apportera au pèlerin des réponses à ses questions. Certaines de ces réponses vont lui faire voir qu’il était totalement dans l‘erreur, ou encore qu’il n’avait jamais fait attention à la raison première de certaines de ses pratiques quotidiennes et cela va le troubler. Ce trouble sera accompagné d’une vision globale de son erreur, ou de sa découverte, et il admirera cette chose complexe, ou très simple, qu’il n’avait jamais remarquée et qui pourtant structurait sa propre Vie. Ayant réaligné sa Vie avec les bonnes informations, il régnera par lui-même, en conscience, sur son univers.

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Présentation de ce qui est proposé

L’information à capter et à travailler est à l’intérieur de lui et c’est elle qui fait de lui, ce qu’il Est. De très nombreux écrits ou personnes proposent des méthodes pour réaliser ce travail sur soi. C'est un genre littéraire qui existe depuis des millénaires. Certaines méthodes, très nombreuses, proposent des pistes qui privilégient une démarche extérieure, avec des ascèses plus ou moins complexes, la lecture de textes d’autres pèlerins à respecter à la lettre, etc., mais elles négligent de se retourner sur soi-même. Que dire des méthodes qui consistent à acheter des grigris à porter sur soi…

Le port de signes, ou/et d'objets magiques, peut être utile si l'on a compris leur véritable sens et mode de fonctionnement. Ou alors, si l’on n’a rien compris, mais que l’on y croit ! Mais tous ces accessoires ne permettent pas de se connaître soi-même, ils sont extérieurs à nous et nous rendent esclaves, en favorisant le rêve qui nous tue. Il existe des méthodes qui font abstraction de la recherche intérieure, elles proposent de travailler sur soi de manière plus globale, comme, par exemple, la méthode Ho’oponopono. Ce qui est cherché, au moins dans un premier temps, c’est la libération, la sortie du rêve, pas sa complexification. De même, la recherche de pouvoirs ou d'expériences mystiques qui viendraient rendre le schéma intérieur encore plus complexe, n'est pas ce qui est proposé ici. 

Log 2 : Si ceux qui vous guident vous disent : " Voici, le Royaume est dans le ciel ! »

- alors les oiseaux du ciel y seront avant vous.

S'ils vous disent. " Il est dans la mer ! "

- alors, les poissons y seront avant vous.

Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est à l'extérieur de vous !

Le Pèlerin doit chercher en lui, par lui-même. Une fois engagées dans ce travail personnel, les premières prises de conscience qu’il va Vivre, vont lui amener des certitudes sur le bien-fondé de la méthode qu’il a entreprise. Elles vont aussi lui permettre de se diriger dans son travail, et au fil des ans, il peaufinera sa propre méthodologie. Rapidement, il commencera à s’apercevoir qu’il n’est pas seul à réaliser cette démarche. Alors, le pèlerin cherchera certainement à obtenir de l’aide d’un qui aura déjà fait le chemin : soit en le rencontrant physiquement, soit en cherchant des lectures signifiantes. Mais, personne ne pourra faire le travail à sa place, tant qu’il n’aura pas compris cela, il sera dans le dénuement.

LOG3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et vous serez le dénuement !

En s’interrogeant profondément sur lui-même, il va remonter le plus loin possible, afin de chercher les informations sources, les informations originelles qui l’ont amené là et où il se débat actuellement. Ce travail va l’emmener très, très loin en arrière. C’est la recherche classique du fameux : « Qui suis-je ». Nous avons tous été des enfants, et le pèlerin dans sa quête[71] comprendra que dès le commencement, il était déjà complet et sans soucis apparents.

LOG 4 : Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un !

Le pèlerin est le seul à se connaître intérieurement, il n’y a donc que lui qui peut réaliser ce travail pour lui-même. Ce travail s’apparente dans un premier temps à une introspection. Il y a une multitude de méthodes disponibles pour commencer, chaque tradition propose des méthodes, des voies… Une des plus simples consiste à observer directement ce qui se passe dans les faits :

LOG 5 : Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d'être révélé' !

Ce travail va apporter au pèlerin, au fil du temps, une grande quantité d’informations sur lui-même et de premières prises de conscience sur les raisons de son état actuel. Il faut qu’il cherche en lui ce qui est vrai et ce qui est faux, afin de simplifier et d’ajuster sa structure mentale. Chaque nouvelle découverte le concernant va ajuster sa connaissance de lui-même et améliorer son humeur. C’est de ce type de retournement qu’il s’agit. Le pèlerin réalise une action, il se demande pourquoi il a fait cela : il remonte à la source, à ce qui a motivé l’action, il retourne en arrière pour voir. Une pensée le traverse, il la capte et il essaie de comprendre ce qui a bien pu la générer… il commence à comprendre que toutes ses actions / réactions : sont à la base des ratiocinations permanentes de son mental, et il se modère.

LOG 6 : Ne dites point de mensonge et, ce que vous avez en haine, ne le faites point : car toutes ces choses sont manifestes à la face du ciel ; rien de ce qui est caché ne manquera d'être révélé et rien de ce qui est dissimulé ne tardera à être publié !

Le pèlerin doit parvenir à comprendre le fonctionnement de son mental et de son ego, afin de s’ajuster au mieux. Le pèlerin doit reconnaître en lui ses différents centres cognitifs et comprendre leurs rôles, leurs avantages et leurs défauts. Cette compréhension lui donnera le dessus, sur les centres cognitifs qui par défaut ont tendance à prendre toute la place. 

LOG 7 : Bienheureux est ce lion que l'homme mangera en sorte que le lion devienne homme. Mais maudit est l'homme que le lion mangera en sorte que le lion devienne homme !

Ce travail va prendre du temps et sera aussi fait d’erreurs d’analyses et de compréhensions imaginaires. Les vraies prises de conscience seront rares, mais elles seront telles, généralement si puissantes et si fortes, qu’elles ne pourront pas être confondu avec une chimère du mental. De toute manière, lorsqu’une prise de conscience importante perce dans l’esprit du pèlerin, qu'il le veuille ou non, elle le transforme définitivement. Une prise de conscience n’est pas réellement à analyser, mais à vivre. Elle est l’aboutissement d’un processus de maturation interne, souvent inconscient, qui va provoquer une restructuration de la psyché. La restructuration de la psyché sera peut-être accompagnée de phénomènes conscients de types émotionnels, comme : la remontée de souvenirs enfouis qui éclairent une situation, des instants d’intenses compréhensions, des larmes, des pleurs, des tremblements… etc. Ou toutes autres choses. C’est le mystère qui s’exprime en nous, c’est à vivre pour Vivre. Le mort à la Vie se réveille et commence à devenir Vivant. Seules les vraies prises de conscience nous intéressent, pas les concepts imaginaires plus ou moins compliqués, qui ne sont que des petits essais du mental, pour flatter l'ego.

LOG 8 : L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer ; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

Bien sûr, la fréquence d’apparition de ces prises de conscience va dépendre (logiquement... bien que…) de l’intention que porte le pèlerin à ce travail. Il doit travailler sa terre, être dans un état de vigilance, d’observation active de lui-même. Le pèlerin doit s’interroger sur le bien-fondé de ses actions et du contexte dans lequel elles se produisent. Ce n'est pas qu'il doive donner du sens, et déployer encore de nouvelles histoires, mais il doit remonter à la source de ce qui a déclenché l’action et essayer de faire la part des choses de manière neutre. Il lui est indispensable d’être passant et factuel, sans émotionnel, il lui faut juste observer, ce mettre de côté. D’observation en observation, des informations récurrentes, qu’il n’avait pas remarquées dans un premier temps, vont apparaître à ses yeux, alors il sera troublé.

LOG 9 : Voici ; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté, certains sont tombés sur la route : les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D'autres sont tombés sur le roc : ils n'ont point trouvé à s'enraciner dans la terre et n'ont point produit d'épis vers le haut. D'autres sont tombés sur les épines qui ont étouffé la graine, et le ver les a mangés. D'autres sont tombés sur la bonne terre et ceci a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu'à soixante par mesure, même cent vingt par mesure.

Le pèlerin ne doit pas oublier la promesse qui lui a été faite au début de l'évangile : il doit être persévérant. Dans ce type de travail, il n’est pas possible de dire quand ni pourquoi, les révélations vont apparaître en nous, en juste temps. Mais, il est indispensable de maintenir une certaine pression[72], il faut être patient et assidu, tout comme nous le recommande le premier Logion :

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Seul celui qui a cherché à réaliser ce travail en lui-même, par lui-même et pour lui-même et qui a été suffisamment persévérant, est apte à comprendre ce Logion, à sa manière. Car, qui peut vraiment exprimer un trouble qui l’habite ? Le seul moyen de comprendre, c’est de partir dans cette aventure, afin de Vivre par soi-même de quoi il retourne ! Toutes recherches qui viseraient à essayer de comprendre ces Logia de manière uniquement analytique, à partir d’informations seulement livresques, ou de seconde main, sont vouées à l’échec. On ne peut pas faire l'économie de ce travail, pour comprendre ce texte de Thomas. Mais, chercher à comprendre ce texte, c’est aussi chercher à se comprendre soi-même. Et, se comprendre soi-même n’est pas sans danger.

Mise en garde avant le départ

En faisant ce travail sur soi, le pèlerin va petit à petit prendre conscience de l’ensemble de ses mécanismes fonctionnels, qu’ils soient physiques ou psychiques. Reconnaissant en lui des mécanismes, il va pouvoir en apprécier la finesse, le bien-fondé et les éventuels dysfonctionnements qu’ils produisent. Fort de ce premier travail sur lui-même, il va commencer à ajuster, consciemment ou non, ses propres mécanismes, il va travailler directement sur lui-même, par lui-même, pour lui-même. Il va alors approfondir cette recherche personnelle et découvrir, au fil de son cheminement, les schémas inconscients de plus en plus subtils qui dirigent sa vie à son insu. La lecture des Logia va l’aider dans sa démarche, en lui proposant de manière subtile des pistes de recherches.

Un combat, une guerre dirons certains, va alors se mettre en place en lui, car chaque nouvelle prise de conscience va mettre à mal la manière dont il appréhendait sa Vie. Il va s’apercevoir, de manière très concrète, qu’il était dans l’erreur. Un nombre très important de croyances qu’il véhiculait et qu’il entretenait au quotidien vont être abandonnées de manière presque automatique par sa psyché. Ce travail lui apportera une Paix intérieure de plus en plus profonde et une compréhension de plus en plus affinée du problème de base, pour finir dans le Royaume. Mais, dans un premier temps et durant une certaine période, ce travail va lui apporter la guerre, une guerre intérieure et extérieure. Il va métaphoriquement mettre le feu en lui et consumer l’ensemble de ses anciennes croyances.

LOG 10 : J'ai jeté un feu sur l'univers, et voici : je veille sur lui jusqu'à ce qu'il embrase

Les prises de conscience que provoque le travail du pèlerin vont, comme une épée virtuelle, couper en lui, par lui-même, pour lui-même, tout ce qui apparaît comme étant délétère, faux. Ce feu va en quelque sorte purifier le pèlerin qui va rapidement comprendre, par le vécu, que ce travail est vraiment nécessaire, s’il veut sortir de ce qu’il a entrevu le concernant. Il a discerné la puissance du rêve qui l’habite et qui l’empêche de Vivre réellement. Cela va le conforter dans sa quête et il va travailler à se réveiller, car cela est devenu pour lui un besoin crucial que de se réaliser.

LOG 11 : Ce ciel passera, et celui qui est au-dessus de lui passera : mais ceux qui sont morts ne vivront point, et ceux qui vivent ne mourront point.

Cette connaissance va lui permettre de commencer à pouvoir reconnaître ses pairs, les autres pèlerins qui sont comme lui dans ce travail.

LOG 13 : Là où vous irez, vous vous rendrez vers Jacques le Juste, celui à cause duquel le ciel ainsi que la terre ont été créés.

Certains pèlerins vont se tourner vers des maîtres véritables, ou qu’ils auront reconnu comme tels. Ce sont des pèlerins qui ont réalisé le travail et qui sont à une étape suffisante pour pouvoir lui venir en aide. Ils lui proposeront diverses avancées. Mais, n’est pas vraiment Vivant qui veut, et bien souvent, c’est l’ego du pèlerin qui lui fait croire qu’il est arrivé. Celui qui est arrivé n’est plus de ce monde des morts. Le pèlerin pourra aussi prendre conscience que c’est à travers lui-même que se produit le mystère des prises de conscience. Il comprendra qu’il est comme habité par une intelligence qui lui parle à sa manière. Il n’est pas seul, le Père l’habite et il est le fils du Père.

LOG3 : Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous les fils du Père qui est vivant….

 LOG 16 : Lorsque vous voyez celui qui n'a pas été engendré de la femme, prosternez-vous, visage contre terre, et adorez-le : Celui-ci est votre Père !

Petit à petit, le pèlerin change intérieurement et aussi extérieurement. Son comportement face aux situations de la vie de tous les jours évolue et ses proches ne comprennent pas pourquoi il a telles ou telles nouvelles attitudes, vis-à-vis de telles ou telles situations. La nouvelle posture du pèlerin devient étrange pour son entourage qui était habitué à d'autres choses. On le regarde d’un œil méfiant, devient-il fou ? Si le pèlerin a compris l’intérêt de ce labeur personnel, alors il va devenir solitaire et il va rechercher de nouvelles informations pour faire avancer son travail.

LOG 17 : Certainement les hommes pensent que je suis venu pour jeter une paix sur l'univers. Mais ils ne savent pas que je suis venu pour jeter sur terre des discordes, le feu, l'épée, la guerre. Si en effet il y a cinq dans une maison, ils se trouveront trois contre deux et deux contre trois, père contre fils et fils contre père- et ils se lèveront solitaires.

Des aides sont données pour avancer

Ce processus de libération n’est pas quelque chose de théorique, mais est totalement concret. Il s'appuie sur l’instant présent et ses mystères, qui permettent en permanence de se connaître réellement. Le pèlerin doit sortir des images issues de son passé, des images qu’il entretient en lui, en les réitérant à longueur de journée. Il doit percevoir comment il trahit les faits que lui apporte l’instant présent et qui sont en réalité toujours neufs. Étant neuf, ils demandent des actions neuves et ajustées à leurs spécificités.

LOG 18 : Je vous donnerai ce que jamais il n'a vu, et ce que jamais oreille n'a entendu, et ce que jamais main n'a touché, et cela qui n'est jamais monté au cœur de l'homme.

Il faut être capable d’appréhender le réel, et arrêter d’être dans des images issues de son passé. Il est exhorté de considérer les choses qui surviennent dans leurs Vérités premières. Un arbre n’est pas un arbre, c’est autre chose, car : avant que d’être nommé par cette simple étiquette, il était déjà. Celui qui est capable de voir l’Arbre directement, et pas l’étiquette arbre, a fait tomber le voile. Le voile qu'est cette étiquette, placé là devant l’Arbre.

LOG 19 : Les disciples disent à Jésus :

Dis-nous comment notre fin sera.

Jésus dit :

Avez-vous donc dévoilé le commencement, pour que vous questionniez sur la fin ? Car là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux est celui qui atteindra le commencement : il connaîtra la fin, et il ne goûtera point de mort !

Le pèlerin doit faire tomber tous les voiles qui le séparent du réel, du Vivant. Il doit retourner à la source de lui-même. Il doit se positionner avant même que son histoire commence, l'histoire qu'il se raconte. Avant même qu’il ne soit ceci ou cela, car il n’est ni ceci ni cela.

LOG 20 : Bienheureux celui qui a existé avant qu'il ait été créé !

Il faut comprendre que ce qui est dit ici n’est qu’une somme de propositions, le travail est personnel, cela doit venir du pèlerin lui-même. C’est son travail personnel qui va provoquer l’apparition du Père en lui, il sera alors lui-même le Fils du Père. Les paroles de Jésus ne sont que des images d’un type particulier. Une tradition nous dit : « Lorsque le maître montre la Lune du doigt, c’est la Lune qu’il faut regarder, pas le doigt. » 

LOG 21 : Si vous devenez pour moi des disciples et que vous écoutiez mes paroles, ces pierres vous serviront.

Si le pèlerin arrive à se regrouper suffisamment, à rester dans l’instant présent, ici et maintenant, sans faire appel à son mental, à ses souvenirs et à saisir les événements à leurs racines, il va revenir à son corps et à ses perceptions qui sont les portes d’entrée royales de l’information Vivante.

LOG 22 : Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point de mort !

…..

Il serait certainement possible de continuer ainsi de Logion en Logion jusqu'à la fin de l'évangile. L’objectif ici était simplement de montrer que ces Logia ne sont pas disposés au hasard et qu’ils proposent une progression dans la présentation de techniques de lâcher-prise de plus en plus subtil.

Synthèse générale

Introduction

Comme cela a déjà été souligné dans l’introduction de cet essai, l’évangile de Thomas a été analysé, dans l’ensemble des commentaires proposés, comme étant une méthode d’éveil. De notre point de vue, le but principal de Thomas est d’éveiller dans l’esprit du pèlerin une compréhension qui va lui permettre de devenir Vivant, de sortir du monde des morts. Cette méthode va transformer le pèlerin de manière subtile et définitive. Il ne sera plus le même s’il entreprend ce travail. Il passera du statut de mort à Vivant. Le Vivant ne pouvant pas retourner au statut de mort, du fait de ce qu’il aura découvert, il restera Vivant pour toujours.

L’auteur utilise une méthode de transmission basée sur l’usage de paraboles[73], d’énigmes, de métaphores et de techniques oratoires diverses. Tous les Logia sont, à notre avis, des clefs pour appréhender, intégrer et consolider des structures mentales subtiles, qui vont restructurer la psyché du pèlerin. La technique de base utilisée est proche de celle du conte, qui propose au lecteur de rêvasser ou mieux de méditer sur les thèmes proposés. La manière dont sont rédigés les Logia est contraire à la logique de raisonnement habituelle du pèlerin, et cela va le sortir de son train-train analytique. Plus subtile encore, l’information qui est véhiculée à travers ces Logia propose une restructuration de la psyché du lecteur. Les Logia semblent ne pas avoir de liens entre eux, car il n’y a pas de trame narrative qui les relie. Dans cet évangile, il n’est pas question de la Vie de Jésus, ce n’est pas une biographie, une histoire. L’ensemble des Logia forme, en réalité, une grille de décodage métaphorique qui va s’activer en fonction des expériences de vie que va, ou a déjà, traversé le pèlerin lui-même. La trame narrative manquante va être complétée par le pèlerin, à son insu, cela à chaque fois qu’il fera un lien entre un Logion et une information qui lui est personnelle. Un proverbe nous dit que « la nature a horreur du vide », ce qui est vrai pour la matière l’est également pour la psyché. Les Logia sont des petites équations de Vie, qui, par analogie, peuvent être transposées à des données personnelles. Par exemple : lors d’un moment de vie particulier du pèlerin, le texte d’un Logion, va de manière automatique revenir à sa mémoire et il pourra ainsi en comprendre la nature à l’aune de cette nouvelle expérience. C’est un peu comme quand une chanson apparaît sans raison apparente dans notre esprit et que nous la chantonnons sans y prêter trop d’attention. Si au moment où nous chantonnons nous sommes vigilants, alors simplement en analysant ces paroles nous verrons peut-être qu’elles sont en rapport direct avec la situation du moment.

De consolidation en consolidation, le pèlerin va expérimenter les dits proposés à travers sa propre expérience. Arrivé à un certain stade de fusion avec les paroles, et en fonction de sa structure mentale propre, le pèlerin aura des prises de conscience plus globales qui vont l’éveiller. Plus le pèlerin méditera cette grille de décodage, que sont les Logia, et plus le mécanisme d’association mémorielle sera puissant et opératif. Ce système d’enseignement est une forme de pédagogie, que l’on peut retrouver dans les contes, les chansons, les proverbes…etc. Cette méthode s’appuie sur des techniques, déjà évoquées dans les commentaires. Mais la lecture des Logia n’est pas le principal axe de travail. Ce qui est important c’est que le pèlerin cherche à se connaître lui-même intimement, par différents procédés et de manières réelles, il doit y mettre de la passion, du cœur à l’ouvrage.

LOG 1 : Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve ; lorsqu'il trouvera, il sera troublé ; et lorsqu'il sera troublé, il admirera, et il régnera sur l'univers !

Ce qui fait la particularité de ce document c’est que l’auteur a emprunté des dits, qui seraient attribués à Jésus, pour véhiculer une information cachée. En réalité, l’information n’est pas vraiment cachée, elle est simplement présentée de manière à ce que le pèlerin fasse un travail sur lui-même pour pouvoir l’interpréter et l’intégrer.

Ce document étant identifié comme faisant partie du corpus des textes religieux remontant au début de l’ère chrétienne, il a retenu l’attention de bon nombre de spécialistes des religions. Le cadre particulier dans lequel s’inscrit ce document fait supposer que l’information cachée ne peut être qu'en rapport avec le divin. Ce qui est d’ailleurs proposé c’est une fusion avec Christ, une place dans le Royaume du Père. Mais le Divin dont il s'agit ici n'est pas à l'extérieur, dans le ciel ou dans la mer.

Cette information qui est donnée ici n’est pas de l’ordre de la chose ou de l’objet, mais elle pointe vers des états particuliers de la conscience et de la psyché à reconnaître et à découvrir par la pratique. Le Divin dont il est question ici n’est pas extérieur au pèlerin, il est intérieur et extérieur. Le pèlerin est de facto lui-même au centre de son Royaume, qu'il lui faut voir par cette pratique.

Log 2 : Si ceux qui vous guident vous disent : " Voici, le Royaume est dans le ciel ! »

- alors les oiseaux du ciel y seront avant vous.

S'ils vous disent. " Il est dans la mer ! "

- alors, les poissons y seront avant vous.

Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est à l'extérieur de vous !

Ce dont il est question n’est pas quelque chose, comme une statue de pierre à trouver en haut de la montagne. Il s’agit du pèlerin lui-même qui doit changer de condition, il doit retrouver ce qu’il est réellement.

Le postulat de base est que : l’humain est mort à la Vie et il doit se réveiller pour redevenir Vivant. Le Royaume est là, juste derrière le voile de son sommeil.

LOG 33 : Je me suis tenu au milieu de l'univers et, dans la chair je me suis manifesté à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres, je n'en ai trouvé aucun assoiffé parmi eux. Et mon âme s'est affligée pour les enfants des hommes. Parce qu'ils sont des aveugles dans leur cœur et qu'ils ne voient pas, parce que vides ils sont venus au monde, et vides ils cherchent encore à sortir du monde ! Qu'il vienne cependant quelqu'un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront.

Annexes

Où trouver des traductions de l’évangile

Voici quelques sites qui proposent des traductions pouvant être lu en ligne.

Où trouver le texte :

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-presentation.html

L'Évangile selon Thomas existe dans plusieurs éditions ou traductions différentes :

Évangile selon Thomas divisé en 114 logia, traduction de A. Guillaumont, H.-C. Puech et Al., Paris 1959.

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-guillaumont.html

Évangile selon Thomas divisé en 114 logia, traduction de Jean-Yves Leloup, 1986.

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-leloup.html

Évangile selon Thomas divisé en 114 logia, traduction de Métanoïa (Yves Haas, Pierre Bourgeois, Émile Gillabert), Éditions Dervy Livres, Paris, 1979.

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-metanoia.html

Évangile selon Thomas divisé en 118 logia, traduction de Philippe de Suarez, Éditions Métanoïa (Marsanne), 1974.

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-suarez.html

Évangile selon Thomas divisé en 114 logia, traducteur inconnu (1).

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-inconnu-114.html

Évangile selon Thomas divisé en 118 logia, traducteur inconnu (2).

http://godieu.com/apocryphes/thomas/evangile-selon-thomas-inconnu-118.html

http://www.arsitra.org/yacs/files/article/145/evangile_de_thomas.pdf

http://www.jeanyvesleloup.eu/Bibliographie/levangile-de-thomas/

https://www.naghammadi.org/accueil/

https://www.naghammadi.org/traductions-2/

Voici des sites de langue anglaise qui propose différentes traductions et informations sur cet évangile.

http://www.sofiatopia.org/equiaeon/thomas.htm

Voici un site de lien sur des traductions en langue anglaises :

http://gnosis.org/naghamm/nhl_thomas.htm

Livre de Thomas : Traduction de Raymond Kuntzmann

Voici un autre texte attribué lui aussi à Thomas et qui est en lien avec cet évangile. Il est très court, sa lecture peut permettre de comprendre quelques points.

Il est consultable sur :

https://www.naghammadi.org/wp-content/uploads/2015/04/NH-II-7-Livre-de-Thomas.pdf


 

 



[1] http://wikimediafoundation.org/wiki/Conditions_d’utilisation  http://fr.wikipedia.org/wiki/Œuvre_libre http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d’auteur

[3] https://fr.wikisource.org/wiki/Proses_philosophiques/Du_Génie : Proses philosophiques des années 1860-1865 Du Génie page 539

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Kālāma_Sutta : voir Traduction : Alexandra David-Neel, Le bouddhisme du Bouddha - Kâmâla sutra

[5] http://ugo.bratelli.free.fr/Platon/Platon-Philebe.htm : Traduction Émile Chambry

[6] Voir plus loin

[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/évangile_selon_Thomas

[8] Par Inconnu — Bistum Hildesheim, Begräbnisfeier für Bischof Dr. Josef Homeyer, 10. April 2010, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9984056

[9] https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_(apôtre)

[10] À cette époque le jour de congé pour les écoliers était le jeudi et il y avait école le mercredi.

[11] Ceci a donné lieu à l’écriture d’une série d’ouvrages sur les Structures mentales consultables sur : http://www.llecointe.com

[12] https://fr.wikipedia.org/wiki/Kōan_(bouddhisme) : koan est une brève anecdote ou un court échange entre un maître et son disciple, absurde, énigmatique ou paradoxal, ne sollicitant pas la logique ordinaire.

 

Un lecteur nous met en garde : « Tu sais bien sûr, qu’en ultime, un Koan ne peut être commenté puisque son but est de couper le mental humain terrestre, le vider pour qu’il puisse accueillir le « Penser » cosmique, la réponse au niveau méta-physique...»

[13] Vous pourrez trouver dans les notes de bas de page des commentaires envoyés par des lecteurs qui ont laissé parler en eux le mystère, apportant ainsi un autre point de vue. Ce document sera repris de temps en temps pour y insérer les commentaires reçus d’autres lecteurs et apporter des précisions ou de nouvelles ouvertures qui se seraient fait entendre. La parole est Vivante, il lui faut un vase pour s’exprimer, pourquoi pas celui-ci !

[14] Domaine public : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rembrandt_-_The_Incredulity_of_St_Thomas_-_WGA19095.jpg#/media/File:Rembrandt_-_The_Incredulity_of_St_Thomas_-_WGA19095.jpg

[15] Parfois physique lorsqu’une émotion est produire par la lecture de la parabole.

[16] https://fr.wikipedia.org/wiki/Euréka

[17] Pastiche d’un propos de Démocrite : https://fr.wikipedia.org/wiki/Démocrite

« Nous ne connaissons en réalité rien de certain, mais seulement ce qui change selon la disposition de notre corps, et selon ce qui pénètre en lui ou ce qui lui résiste. […] Il a été démontré qu’en réalité nous ne savons pas ce que chaque chose est ou n’est pas. […] Il est impossible de connaître la nature réelle de chaque chose. » (Cité par Sextus Empiricus, Contre les professeurs, VII, 135) « En réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits. » 

[18] Car non contrôlé par le mental, non analysable avec précision, irrationnel.

[19] Ce mécanisme est automatique et n’est pas le fait du mental. C’est un processus cognitif.

[20] Conscientes ou inconscientes.

[21] Le terme « sphères hautes » est juste une expression qui permet de situer la logique de résolution, de la charge contenue dans la parabole, dans un ailleurs. Ce processus n’étant pas du fait du mental, la logique de ce même mental est de le situer en dehors de lui. Ces informations vont être qualifiées comme étant extérieures (psychologiquement et physiquement) au pèlerin par le pèlerin lui-même. Bien que ces informations puissent transiter par son intériorité lors de la prise de conscience. En fonction des croyances de chacun, il aura connecté le Divin ou toutes autres logiques proposant un niveau supérieur de décodage. L’humain n’a pas bien intégré les capacités cognitives qui l’habitent et qui s’expriment de manière silencieuse par ce que l’on appelle l’inconscient. Le mécanisme des coïncidences extérieures, des hasards heureux, complique l’analyse de ses mécanismes en introduisant effectivement des apports d’informations par l’extérieure qu’il est difficile d’ignorer. On parle alors de Providence… etc.

[22] Un lecteur nous précise : «L’ajustement est toujours une tentative, partielle, relative... (a privatif de juste). Le Juste est spontané, induit dans l’Instant, non le fruit du chemin, mais du seul pas de l’Instant vécu : il suffit de « recevoir » ce qui est donné par la Vie...»

[23] Matthieu 18,1 ; Marc 9,3 ; Luc 9,46

[24] Version approchante de : Matthieu 16,13-20 ; Marc 8,27-30 ; Luc 18-21

[25] Tout du moins une instance autre que le mental, le terme saint Esprit est utilisé ici juste pour indiquer un autre mode de cognition.

[26] Voir le Logion 12

[27] Un lecteur nous met en garde concernant l’usage du terme psyché : «Pour les Grecs, il signifie « âme ». Il est employé au sens bien spécial de la théorie de Freud, et de Yung en psychoanalyse : « ensemble des manifestations conscientes ou inconscientes de la personnalité et de l'intellect humain. » Une théorie particulière qui n’est pas une vérité universelle, loin de là ! L’évangile de Thomas va bien au-delà...»

[28] Voir Logion 9 :

[29] Une lectrice nous précise : « Exprime la nouveauté, même dans ce qui lui semble déjà connu. Regard neuf, esprit neuf, émerveillement de chaque instant. Être chaque matin comme un enfant devant le soleil qui se lève. Redécouverte à chaque fois, nouvelles sensations, nouvelles émotions. »

[30] https://fr.wikipedia.org/wiki/Karma

[31] https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C5%8Dan_(bouddhisme)

[32] Des informations présentes dans notre psyché.

[33] Un lecteur nous dit : «Ce royaume croît en nous à partir d’une petite graine, mais est Réel. Ce n’est en aucun cas le Royaume de sa « psyché » au sens de Freud ! Le véritable inconscient, c’est l’inconscience du Réel !!! »

 

L’auteur : On peut aussi voir cela de cette manière : La graine va se déployer à l’envers, au lieu de construire un nouveau rêve, elle va déconstruire le rêve existant (c’est un retournement). Alors, ayant permis de déraciner les mauvaises herbes le Réel apparaîtra.

[34] Une lectrice nous précise : « Si l'énergie décroît, il est utile de préciser comment, ou ce qu'elle devient (rien ne se perd ...) ; en l’occurrence, je dirais plutôt qu'elle est à nouveau disponible pour circuler et revenir dans le flot de la vie. Lorsqu'un schéma, une structure, est délétère, il forme un nœud, une agglutination qui capte de l'énergie, un peu comme des cellules cancéreuses qui deviennent les vaisseaux sanguins pour se reproduire sans limites, ou comme un caillot coincé dans le rein qui entrave la filtration. Au fur et à mesure que le nœud se délie, quel que soit le moyen (thérapie, yoga ...), le pèlerin retrouve de la sérénité, une paix intérieure, résultat d'une libération de l'énergie qui était piégée. »

[35] https://en.wikipedia.org/wiki/Neti_neti

[36] https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stereogram_Tut_Highlight.png#/media/File:Stereogram_Tut_Highlight.png https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7d/Stereogram_Tut_Highlight.png

http://commons.wikimedia.org/wiki/User:Fred_Hsu

http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 - CC BY-SA 3.0 

[37] http://www.ina.fr/video/PUB3784150073/mac-mc-cain-frites-surgelees-video.html  11 oct. 1990

Annonceur, Paris : Mac Cain , Producteur, Bobigny : TSF, réalisateur Vergne Jean Pierre

[38] La traduction de ce Logion dans la traduction choisie n’est pas facile à lire. La traduction de Jean-Yves Leloup est un peu plus claire.

[39] Pastiche du soutra du diamant : attribué à Bouddha...

[40] Lui donneront une forme statique.

[41] Voir équations de Bayes

[42] https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_ciguë

[43] Une lectrice nous propose : «Dans ce logion, d’après moi, le message est simplement d’accepter qu’on peut difficilement convaincre les proches et qu’il vaut mieux partir plus loin, se faire des relations neuves pour sortir des préjugés des personnes trop connues. »

[44] Le carré est de plus en plus petit… nous quittons la Terre…

[45] https://fr.wikipedia.org/wiki/Empan

[46] Une lectrice nous propose : « Pour moi, l’homme fort est le mental qu’il est nécessaire de lier pour se dépouiller, s’épurer des encombrants.»

[47] Un lecteur nous précise : «Il est inutile de programmer son futur... sauf si l’organisation sociale y oblige, mais alors avec la conscience de l’irruption d’une autre nécessité : « si Dieu veut »...»

[48] La parabole est un catalyseur, qui va permettre l’émergence d’une compréhension. L’émergence sera plus ou moins « violente » en fonction de la structure mentale de celui chez qui elle va émerger. L’émergence, c’est une prise de conscience, c’est l’étincelle, c’est la lumière, c’est le Euréka.

[49] Une lectrice nous propose : «On ne peut pas vouloir éclairer quelqu’un qui n’est pas assez « mûr », qui n’a pas eu l’expérience suffisante, car il ne comprendrait pas. A l’inverse quelqu’un qui s’est éveillé à la Vérité ne retournera pas à ses vieilles croyances.»

[50] La carne c’est la viande, la chair.

[51] Voir : Structures mentales tome 2 du même auteur.

[52] Structures Mentales Tome chapitre 4.3

[53] Voir Structures mentales tome 2-3-4 consultable sur ww.llecointe.com

[54] Dans la théorie toutes les couleurs réunies donnent du blanc, la lumière. Essayer, vous verrez bien.

[55] https://fr.wikipedia.org/wiki/Bhagavad-Gita Dans l’hindouisme c’est un Bhagavad.

[56] Par mitose

[57] https://fr.wikipedia.org/wiki/Euréka

[58] La parole peut être de tout ordre, ce n’est pas forcément une voie qui s’exprime en nous. Ce peut être un flash, une vision, une compréhension indéfinissable… Il arrive même que cela nous arrive de l’extérieures, se sera alors un signe, une coïncidence…

[59] Il a une intention et un besoin de comprendre, il cherche dans ce sens.

[60] Un bricolage est quelque chose de neutre psychologiquement (logiquement)

[61] Hormis peut-être dans le folklore, ou les écrits sacrés. Mais je parle ici de dialogue que nous pourrions avoir avec notre chat ou notre chien, pour lui demander ce qu’il en pense.

[62] Une lectrice nous propose : « Même lorsque l’homme pense avoir résolu ses problèmes et être en paix, il se présente toujours une situation qui le remet en cause. Donc point de repos mais un cheminement évolutif tout au long de la vie. Ne pas compter sur l’appui d’autrui non plus. C’est une chemin personnel.»

[63] Cette référence est totalement imaginaire, surtout en vous ne projetez pas dedans, si vous vous appelé Antoine, que vous êtes médecin et que vous jouez du piano… je ne parle pas de vous.

[64] Les contenants des contenus

[65] Une lectrice nous propose : "L'unité, le recentrage rend fort, crée l’énergie qui déplace des montagnes."

[66] Un lectrice nous propose : « Autre hypothèse : il existe plusieurs voies, chemins, que l’on emprunte jusqu'à trouver celui qui est le nôtre, approprié à notre vraie nature. »

[67]Un lecteur précise : « Car tout est déjà présent en nous. »

[68] JYL : 115 : Jésus dit : " Les cieux et la terre dureront devant vous, et celui qui vit de Celui qui est vivant ne verra pas mourir " —     parce que ? Jésus dit ceci : " Celui qui se tient à soi seul, le monde n'est pas digne de lui."

[69] Une lectrice fait la remarque suivante : « Le V de l’ouverture, pour accueillir la coupe… »

[70] Le mental ne disparait pas, il reprend sa juste place.

[71] Il y a une multitude de méthodes, les exposer, ou en faire la liste n’est pas le but recherché ici. Chaque pèlerin développera sa propre logique à partir de son chemin de Vie. Et, tous ceux qui par la suite, transmettent la réussite de leur cheminement, pour en faire une nouvelle méthode, ne feront que réitérer ce qui a marché pour eux. Le principal est que le pèlerin comprenne qu’il est lui-même l'emplacement de la seule Source qui peut lui fournir l’information qu’il cherche. Je reste dans une logique de type analytique, introspective, dans cette trame narrative.

[72] Un lecteur propose : « une vigilance souple »

[73] https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_(évangile) : Les paraboles (du grec παραβολή) des évangiles sont des récits allégoriques faits par Jésus de Nazareth et présentant un enseignement moral et religieux. Suivant un procédé emprunté à la tradition juive, ces récits entendent présenter des vérités au travers d'éléments de la vie quotidienne ou d'observation de la nature mais s'éloignent chez Jésus de la forme simplement pédagogique d'interprétation de la Loi par les rabbins pour évoquer le Règne de Dieu et les changements qui s'accomplissent au moment de sa venue.